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CAPES externe 2008 de Mathématiques Deuxième composition : CORRIGÉ

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(1)

CAPES externe 2008 de Mathématiques

Deuxième composition : CORRIGÉ

Alexis GONZÁLEZ & Martial LENZEN

[email protected]

. . . . Les mathématiques sont une gymnastique de l’esprit et une préparation à la philosophie−Isocrate

(2)

Partie A : Une estimation à la Tchebychev

I Une minoration de la fonction π

A.I.1 On considère deux entiers naturelsaetbvérifiant 16b6aet l’on pose : I(b,a)=

Z1

0 xb1(1−x)abdx.

A.I.1.a Sib=1, alors

I(b,a)=I(1,a)= Z1

0 x11(1−x)a1dx= Z1

0 (1−x)a1dx, aveca−1>0 (en particulier,a6=0), donc

I(1,a)=

·

−(1−x)a a

¸1 0= −

µ(1−1)a

a −(1−0)a a

= 1 a. Nous venons d’expliciterI(1,a) en fonction de l’entiera:

I(1,a)= 1 a .

A.I.1.b Supposons que l’on ait l’inégalité stricteb<a(doncab>0, ou encoreab−1>0). On a alors :

I(b+1,a)= Z1

0 xb+11(1−x)ab1dx= Z1

0 xb(1−x)ab1dx.

CalculonsI(b+1,a) en posant (remarquons queab6=0) :

½ u(x)=xb

v(x)=(1−x)ab1, d’où

u(x)=b xb1 v(x)= −(1−x)ab

ab (à une constante près).

Ces quatre fonctions étant de classeCsur l’intervalle [0,1], nous pouvons procéder à l’in- tégration par parties :

I(b+1,a) = Z1

0 u(x)v(x)dx=[u(x)v(x)]10− Z1

0 u(x)v(x)dx

=

· xb

µ−(1−x)ab ab

¶¸1

0− Z1

0 b xb1

µ−(1−x)ab ab

¶ dx.

= b

ab Z1

0 xb1(1−x)abdx

= b

ab I(b,a).

Ainsi,

sib<a, alorsI(b+1,a)= b

abI(b,a) .

(3)

A.I.1.c Utilisons le résultat de la question précédente pour calculer la valeur exacte deI(b,a). Puisque b−1<b<a, il vientab+16=0 et

I(b,a)= b−1

ab+1I(b−1,a).

De même,b−2<b<a, d’oùab+26=0 et I(b−1,a)= b−2

ab+2I(b−2,a).

En remplaçant dans l’expression deI(b,a) ci-dessus, on trouve alors I(b,a)= b−1

ab+1× b−2

ab+2I(b−2,a).

Ensuite, on itère ce raisonnement autant de fois que nécessaire pour obtenir le résultat sui- vant :

I(b,a) = b−1

ab+1× b−2

ab+2× ··· × 1

a−1I(1,a)

= (b−1)!

(a−b+1)× ··· ×(a−1)×a en effet, d’après A.I.1.a, on aI(1,a)= 1 a. On rappelle, d’après l’énoncé, que le coefficient binomial

µa b

est égal à a!

(a−b)!b!. Observons alors la série d’équivalences suivantes :

µa b

=1× ··· ×(a−b)×(a−b+1)× ··· ×a 1× ··· ×(a−b)×b×(b−1)!

⇔ µa

b

=(a−b+1)× ··· ×a b×(b−1)!

b µa

b

=(a−b+1)× ··· ×a (b−1)!

⇔ 1

b µa

b

¶= (b−1)!

(a−b+1)× ··· ×a.

Il s’ensuit que

si 16b<a, alorsI(b,a)= 1 b

µa b

¶.

Sib=a, alors : ⋄d’une part,I(b,b)= Z1

0 xb1(1−x)bbdx= Z1

0 xb1dx=

·xb b

¸1

0=1 b,

⋄d’autre part, 1 b

µa b

¶= 1 b

µb b

¶= 1 b. On en conclut que :

si 16b6a, alorsI(b,a)= 1 b

µa b

¶ .

(4)

A.I.2 On considère un réely∈[0,1[.

A.I.2.a Appliquons les formules du binôme de Newton. Rappelons que siuetv sont deux nombres réels etnun entier naturel, alors la formule du binôme de Newton s’écrit

(u+v)n= Xn k=0

µn k

unkvk. (1)

En particulier, siu=1−x,v=x yetn=a−1, alors :

¡(1−x)+(x y)¢a1

=

a1

X

k=0

µa−1 k

(1−x)a1k(x y)k. Effectuons le changement d’indicek=i−1. Il vient :

(1−x+x y)a1=

i1=a1

X

i1=0

µa−1 i−1

(1−x)a1(i1)(x y)i1=

a

X

i=1

µa−1 i−1

(1−x)ai(x y)i1. Ainsi,iétant une variable « muette » pouvant être remplacée park, on a :

Z1

0 (1−x+x y)a1dx= Z1

0 a

X

k=1

µa−1 k−1

(1−x)ak(x y)k1dx.

Et, par la linéarité de l’intégrale : Z1

0 (1−x+x y)a1dx=

a

X

k=1

µa−1 k−1

yk1

Z1

0 (1−x)akxk1dx.

Enfin, puisque 16k6aetI(k,a)=R1

0 xk1(1−x)akdx, il vient que : pour tout nombre réely∈[0,1[,

Z1

0 (1−x+x y)a1dx=

a

X

k=1

µa−1 k−1

yk1I(k,a) .

A.I.2.b Observons que Z1

0 (1−x+x y)a1dx= Z1

0

¡1+(y−1)x¢a1

dx, de sorte que Z1

0 (1−x+x y)a1dx =

"

1 y−1

¡1+(y−1)x¢a

a

#1 0

= 1 a

1 y−1

³¡

1+(y−1)×1¢a

−¡

1+(y−1)×0¢a´

= 1 a

1

y−1(ya−1a)= 1 a

ya−1 y−1 .

On reconnaît la formule de la somme dea termes consécutifs d’une suite géométrique de raisonyet de premier terme 1 :

ya−1

y−1 =1−ya

1−y =1+y+ ··· +ya1=

a

X

k=1

yk1. On obtient bien la formule demandée :

pour touty∈[0,1[, Z1

0 (1−x+x y)a1dx= 1 a

a

X

k=1

yk1 .

(5)

A.I.2.c Les résultats des deux questions précédentes nous permettent d’écrire pour tout réel y ∈ [0,1[ :

Z1

0 (1−x+x y)a1dx=

a

X

k=1

µa−1 k−1

yk1I(k,a)= 1 a

a

X

k=1

yk1. On a donc :

a

X

k=1

µa−1 k−1

yk1I(k,a)−1 a

a

X

k=1

yk1 = 0 Xa

k=1

·µa−1 k−1

yk1I(k,a)−1 a yk1

¸

= 0

a

X

k=1

·µa−1 k−1

I(k,a)−1 a

¸

yk1 = 0. (égalité⋆)

Nous pouvons donc considérer le polynômeP à coefficients réels défini pour toutX ∈Rpar P(X)=

Xa k=1

·µa−1 k−1

I(k,a)−1 a

¸ Xk1.

L’égalité (⋆) permet d’affirmer que le polynômeP peut se factoriser par (X −y) : en effet, y est une racine deP carP(y)=0. Rappelons que l’égalité (⋆) est vraie pour touty∈[0,1[.

En fixant l’entiera>1, le polynômeP admet alors une infinité de racines, ce sont tous les nombres réels y appartenant à [0,1[. P ne peut donc être que le polynôme nul. Tous ses coefficients sont donc nuls, ce qui s’écrit :

pour tout entierk∈{1,...,a}, µa−1

k−1

I(k,a)−1 a =0, ou encore

pour tout entierk∈{1,...,a}, µa−1

k−1

I(k,a)=1 a.

Par hypothèse,best un entier vérifiant 16b6a. Pour tout entierb∈{1,...,a}, on a donc : I(b,a)= 1

a µa−1

b−1

¶.

Puisque le coefficient binomial µa

b

est égal à a!

(a−b)!b!, il vient : a

µa−1 b−1

= a(a−1)!

(a−1−b+1)! (b−1)!= a!

(a−b)! (b−1)!= b a!

b(ab)! (b−1)!= b a!

(a−b)!b!=b µa

b

¶ .

Ainsi, pour tout entierb∈{1,...,a}, on a : I(b,a)= 1

a µa−1

b−1

¶ = 1 b

µa b

¶ .

(6)

A.I.3.a On sait queI(b,a)=R1

0xb1(1−x)abdx. Nous allons à nouveau utiliser la formule du binôme de Newton (1) (rappelée page 4) en prenantu=1,v= −xetn=ab, de sorte que

(1−x)ab=

ab

X

k=0

µab k

1abk(−x)k=

ab

X

k=0

µab k

(−1)kxk. Ainsi,

I(b,a)= Z1

0

à xb1

ab

X

k=0

µab k

(−1)kxk

! dx=

Z1 0

Ãab

X

k=0

µab k

(−1)kxk+b1

! dx.

Par linéarité de l’intégrale, il vient : I(b,a)=

ab

X

k=0

µab k

¶ (−1)k

Z1

0 xk+b1dx.

Or

Z1

0 xk+b1dx=

·xk+b k+b

¸1

0= 1k+b

k+b−0k+b k+b = 1

k+b. On obtient bien la formule demandée :

I(b,a)=

ab

X

k=0

(−1)k µab

k

¶ 1 k+b .

A.I.3.b Rappelons que siaetbsont deux entiers tels que 06b6a, alors le coefficient binomial¡a

b

¢ est le nombre de combinaisons debéléments d’un ensemble àaéléments.¡a

b

¢est donc un entier naturel. Ainsi, sik∈{0,...,ab}, alors tous les coefficients binomiaux¡ab

k

¢sont des entiers naturels.

La formule obtenue de I(b,a) à la question précédente permet de voir que I(b,a) est une somme de fractions dont les dénominateurs sont les entiers compris entrebeta. Par hypo- thèse, pour tout entiern>1,nest l’entier égal à ppcm(1,2,...,n). Doncaest un multiple de tous les nombres entiers compris entre 1 eta. Par définition d’un multiple, pour tout en- tier k ∈{0,...,ab} (c’est-à-direk+b ∈{b,...,a}⊂{1,...,a}), il existe un entiernk tel que

a=(k+b)nk. Il s’ensuit que : I(b,a)∆a=

ab

X

k=0

(−1)k µab

k

¶ 1

k+ba=

ab

X

k=0

(−1)k µab

k

nk. I(b,a)∆aest la somme de produits d’entiers relatifs, et est donc un entier relatif.

D’après A.I.2.c, on a que

I(b,a)= 1 b

µa b

est un nombre positif. En effet,b>1 par hypothèse et µa

b

est un nombre positif. De plus,

a étant un plus petit commun multiple, il est nécessairement positif, rendant le produit I(b,a)∆apositif. On peut maintenant conclure que :

I(b,a)∆a∈N .

(7)

A.I.3.c En reprenant le résultat de la question A.I.2.c, on obtient l’équivalence suivante en multi- pliant les deux membres de cette égalité par∆a:

I(b,a)= 1 b

µa b

¶ ⇔ I(b,a)∆a= ∆a

b µa

b

¶.

PuisqueI(b,a)∆a∈N(d’après la question précédente), il vient ∆a b

µa b

¶∈N, ou encore

l’entierb µa

b

divise l’entier∆a .

A.I.4 Soitn>1 un entier.

A.I.4.a On nous fait remarquer que pour toutk>1, l’entier∆kdivise l’entier∆k+1.

En effet, soitk >1 un entier. Par définition,∆k+1est égal à ppcm(1,...,k+1), ce qui implique que∆k+1est multiple de tous les entiers entre 1 etk. De plus, l’entier

kest égal à ppcm(1,...,k). Autrement dit,k est le plus petit multiple commun à chacun des entiers entre 1 etk. Il existe donc un entiermk tel que∆k+1=mkk. D’où le résultat de l’indication proposée, qui peut aussi s’écrire sous la forme :

pour tout entiern>1, l’entier∆ndivise l’entier∆n+1.

Dans la question précédente, nous avons démontré que siaetbsont deux entiers vérifiant 16b6a, alors l’entierb¡a

b

¢divise l’entier∆a. En prenant le cas particulier oùa=2netb=n, on a bien 16n62n(n’oublions pas que, par hypothèse,n>1 !) et l’entierb¡a

b

¢=n¡2n

n

¢divise l’entier∆2n.

Puisque, pour tout entiern>1, l’entier∆2ndivise l’entier∆2n+1, par lemme, l’entiern

µ2n n

divise l’entier∆2n+1.

Rappelons à présent le résultat de la question A.I.2.c : sia etb sont deux entiers vérifiant 16b6a, alors

1 b

µa b

¶ = 1 a

µa−1 b−1

¶.

Il s’ensuit que l’entier a µa−1

b−1

=b µa

b

divise l’entier ∆a. En prenant le cas particulier où a=2n+1 etb=n+1, on a bien 16n+162n+1 et

l’entier (2n+1)

µ2n+1−1 n+1−1

=(2n+1) µ2n

n

divise l’entier∆2n+1.

Ainsi, pour tout entiern>1, les entiersn

µ2n n

et (2n+1) µ2n

n

divisent l’entier∆2n+1 .

(8)

A.I.4.b On nous propose de vérifier que les entiersnet 2n+1 sont toujours premiers entre eux.

Prenons un diviseurdpositif commun aux deux entiersnet 2n+1. Il existe donc un entierd1tel quen=d d1et un entierd2tel que 2n+1=d d2.

Observons que 2n+1−2×n=1, et en remplaçant, on trouved d2−2d d1=1, c’est- à-dired(d2−2d1)=1. Cette égalité permet de dire que l’entierd est un diviseur de 1. Or les seuls diviseurs de 1 sont 1 et−1. Le pgcd denet 2n+1 est donc égal à 1 (on a prisd>0), autrement dit

les entiersnet 2n+1 sont toujours premiers entre eux .

Nous venons de voir dans la question précédente que pour tout entiern>1, les entiersn¡2n

n

¢ et (2n+1)¡2n

n

¢divisent l’entier∆2n+1.

Il existe donc un entier positifd3tel que∆2n+1=d3n¡2n

n

¢. Par suite, l’entier (2n+1)¡2n

n

¢divise l’entierd3n¡2n

n

¢, et en conséquence, l’entier 2n+1 divise le produitd3n.

Rappelons le théorème de Gauss :

Théorème de Gauss :

Soienta,betctrois entiers positifs.

Siadivisebc, et siaetbsont premiers entre eux, alorsadivisec.

n, 2n+1 etd3sont trois entiers positifs. Puisque 2n+1 divise le produitd3n et que (2n+1) etn sont toujours premiers entre eux, en appliquant le théorème de Gauss, on déduit que l’entier 2n+1 divise l’entierd3.

Il existe donc un entier positifd4tel qued3=d4(2n+1). En injectant ce résultat dans l’ex- pression de∆2n+1ci-dessus, on obtient :∆2n+1=n(2n+1)d4(2nn).

Cette dernière égalité prouve bien que l’entiern(2n+1)

µ2n n

divise l’entier∆2n+1.

A.I.4.c k,net 2nsont trois entiers tels que 06k62net 06n62n. On a donc : µ2n

k

= (2n)!

(2n−k)!k! et

µ2n n

= (2n)!

(2n−n)!n!=(2n)!

n!n!. L’inégalité à démontrer est alors équivalente à

(2n)!

(2n−k)!k!6(2n)!

(n!)2. Il revient au même de démontrer l’inégalité (n!)26(2n−k)!k!.

Étudions les trois cas suivants :k=n, 06k<netn6k<2n.

(9)

Cas n° 1 : Supposons quek=n. On a alors directement l’égalité : µ2n

k

= µ2n

n

¶ .

Cas n° 2 : Supposons que l’entierk vérifie 06k<n. Dans ce cas, on ak<2n−nou encore n<2n−k. Remarquons que

n!

k!=1× ··· ×k×(k+1)× ··· ×n

1× ··· ×k =(k+1)× ··· ×n.

Ce produit contientnk−1 facteurs. Remarquons encore que (2n−k)!

n! =1× ··· ×n×(n+1)× ··· ×(2n−k)

1× ··· ×n =(n+1)× ··· ×(2n−k).

Ce produit-ci contient 2n−kn−1=nk−1 facteurs également.

Puisquek<n, on a successivement les inégalités suivantes :

k+1<n+1 ; k+2<n+2 ; ... ; n<2n−k. En multipliant tous les termes membre à membre, on obtient l’inégalité

(k+1)× ··· ×n<(n+1)× ··· ×(2n−k), ce qui s’écrit aussi

n!

k!<(2n−k)!

n! ,

ou encore (n!)2<(2n−k)!k!. Nous pouvons donc dire que pour tout entierk∈{0,...,n−1},

µ2n k

¶ 6

µ2n n

¶ .

Cas n° 3 : Supposons que l’entierk vérifien<k62n. Dans ce cas, on a que 2n−n<k, ou encore 062nk<n. Puisque 2nk∈{0,...,n−1}, on peut appliquer le résultat du cas précédent et affirmer l’inégalité

µ 2n 2n−k

¶ 6

µ2n n

¶ . Or on sait que

µ2n k

= µ 2n

2n−k

¶ , de sorte qu’on puisse affirmer que

pour tout entierk∈{n+1,...,2n}, µ2n

k

¶ 6

µ2n n

¶ . Ainsi, nous venons de démontrer que

pour tout entierk∈{0,...,2n}, on a l’inégalité µ2n

k

¶ 6

µ2n n

¶ .

(10)

A.I.4.d On nous propose de développer l’égalité 4n=(1+1)2n.

En appliquant la formule du binôme de Newton (1) rappelée page 4, en prenant le cas particulier oùu=v=1, on obtient :

4n=(1+1)2n= X2n k=0

µ2n k

12nk1k= X2n k=0

µ2n k

= µ2n

0

¶ + ··· +

µ2n 2n

¶ .

Observons que 4n est est la somme de (2n+1) coefficients binomiaux. D’après la question précédente, nous pouvons écrire les inégalités suivantes :

µ2n 0

¶ 6

µ2n n

; ··· ; µ2n

2n

¶ 6

µ2n n

¶ .

En sommant membre à membre chacun des termes de ces inégalités, on obtient : µ2n

0

¶ + ··· +

µ2n 2n

¶ 6

µ2n n

¶ + ··· +

µ2n n

¶ .

Nous pouvons donc conclure que :

pour tout entiern>1, on a l’inégalité (2n+1) µ2n

n

>4n .

A.I.4.e Il suffit de reprendre les résultats précédents. En effet, en utilisant l’inégalité démontrée dans la question précédente, nous pouvons écrire l’implication

(2n+1) µ2n

n

>4n n(2n+1) µ2n

n

>n4n. Or nous avons démontré à la question A.I.4.b que l’entiern(2n+1)¡2n

n

¢) divise l’entier∆2n+1, d’où

2n+1>n(2n+1) µ2n

n

¶ .

On déduit de ces deux inégalités que :

pour tout entiern>1, on a l’inégalité∆2n+1>n4n .

A.I.4.f Il convient de distinguer les deux cas oùnest un entier pair etnest un entier impair : Cas n° 1 : supposons que l’entiernsoit impair. Il peut alors s’écriren=2m+1, oùmest un

entier positif ou nul. Dans ce cas, on a :∆n=∆2m+1et∆2m+1>m4mpourm>1 (d’après la question précédente).

Cherchons alors la valeur dempour laquelle on a l’inégalitém4m >22m+1: observons que cette inégalité est équivalente àm,22m>22m×2, ou encorem>2. De plus, sim>2, alorsn=2m+1>5.

Ainsi, sinest un entier impair tel quen>5, alorsn>2n.

(11)

Cas n° 2 : supposons que l’entiernsoit pair. Il peut alors s’écrire sous la formen=2m+2, oùm est un entier positif ou nul. Dans ce cas, on a∆n=∆2m+2. Rappelons que pour tout entierk >1, l’entier ∆k divise l’entier∆k+1(nous l’avons démontré à la question A.I.4.a). Donc, pour tout entier m>0, l’entier∆2m+1 divise l’entier∆2m+2, ce qui im- plique l’inégalité ∆2m+16 ∆2m+2. Or ∆2m+1 > m4m (d’après la question A.I.4.e). Par suite,∆2m+2>m4m.

Cherchons alors la valeur dempour laquelle on a l’inégalitém4m >22m+2: observons que cette inégalité est équivalente àm22m>22m×22, ou encorem>4. De plus, sim>4, alorsn=2m+2>10.

Ainsi, sinest un entier pair tel quen>10, alors∆n>2n.

On en déduit que pour tout entiern>9, on a l’inégalité∆n>2n. Vérifions encore que cette inégalité est vraie pourn=7 etn=8.

n=7 : L’égalité est vérifiée grâce au premier cas ci-dessus (nimpair).

n=8 : Déterminons ∆8 = ppcm(1,...,8). Rappelons que pour le calcul du ppcm de plu- sieurs nombres, il suffit de trouver leur décomposition en produit de facteurs premiers, puis de calculer le produit de chacun des facteurs premiers élevé à la plus grande des puissances trouvées dans chaque décomposition. Ainsi

4=22 ; 6=2×3 et 8=23.

D’où∆8=23×3×5×7=840. D’autre part, 28=256. L’inégalité est donc bien vérifiée pourn=8, puisque∆8=840>256=28.

Finalement,

pour tout entiern>7, on a l’inégalité∆n>2n .

A.I.5 Soitn>1 un entier.

A.I.5.a On nous propose d’exprimer l’entier vp(∆n) en fonction des entiersvp(1),...,vp(n).vp(∆n) est la valuationp-adique de l’entiern, il est égal à l’exposant depdans la décomposition en facteurs premiers de∆n. Étudions différents cas représentant différentes valeurs den.

n=1 :

- D’une part,vp(1)=0 pour tout nombre premierp>2,

- D’autre part,∆1= ppcm(1)=1, d’oùvp(∆1)=0=vp(1) pour tout nombre pre- mierp>2.

n=2 :

- D’une part,v2(2)=1 etvp(2)=0 pour tout nombre premierp>3,

- D’autre part,∆2= ppcm(1,2)=2, d’où v2(∆2)=1=v2(2) etvp(∆2)=0=vp(2) pour tout nombre premierp>3.

n=3 :

- D’une part,v2(3)=0,v3(3)=1 etvp(3)=0 pour tout nombre premierp>5, - D’autre part,∆3=ppcm(1,2,3)=21×31=6, d’oùv2(∆3)=1=v2(2),v3(∆3)=1=

v3(3) etvp(∆3)=0=vp(3) pour tout nombre premierp>5.

(12)

n=4 :

- D’une part,v2(4)=2, etvp(4)=0 pour tout nombre premierp>3,

- D’autre part,∆4= ppcm(1,2,3,4)=22×3=12, d’oùv2(∆4)=2=v2(4),v3(∆4)= 1=v3(3) etvp(∆4)=0=vp(4) pour tout nombre premierp>5.

En continuant ce raisonnement pour les valeurs suivantes den, nous aboutissons au résul- tat suivant : l’entiervp(∆n) est le plus grand des entiers de l’ensemble {vp(1),...,vp(n)} des valuationsp-adiques des entiers respectifs allant de 1 àn. Autrement dit,

vp(∆n)=max©

vp(i)|i ∈{1,...,nª }.

vp(∆n) étant un élément de l’ensemble©

vp(i)|i ∈{1,...,n}ª

, il existe un entierk∈{1,...,n}

tel quevp(∆n)=vp(k).

Dans l’énoncé, on nous donne la propriété suivante : pour tout entier n >1 fixé, la suite

¡vp(n)¢

pPest nulle à partir d’un certain rang, de sorte que l’on peut écrire n= Y

pP

pvp(n).

Ici,k est un entier fixé dans {1,...,n}. On peut donc écrirek sous la formek= Y

pP

pvp(k). Il est clair que

pvp(k)6 Y

pP

pvp(k)6n (cark6n).

Commevp(k)=vp(∆n), nous pouvons conclure que

pour tout entiern>1, sip∈P alorspvp(∆n)6n .

A.I.5.b Nous utilisons la même propriété admise dans l’énoncé et rappelée quelques lignes plus haut pour déterminer que la décomposition en facteurs premiers de l’entier∆ns’écrit :

n= Y

pP

pvp(∆n).

On nous demande de montrer que, dans cette décomposition, les seuls nombres premiers pdePqui interviennent sont tels quep6n. On raisonne par l’absurde en supposant qu’il existe un nombre premierp1dePtel quep1>n>1 etvp1(∆n)>1.

Nous avons vu, dans la question précédente, que pour tout nombre premier p dansP, il existe un entierk∈{1,...,n} tel quevp(∆n)=vp(k) et qu’on a l’inégalité

k= Y

pP

pvp(k)>pvp(k).

Dans notre cas particulier oùp=p1, il existe un entierk1∈{1,...,n} tel quevp1(∆n)=vp1(k1) et qu’on a l’inégalité

k1= Y

pP

pvp(k1)>p1vp1(k1).

(13)

Orvp1(∆n)>1 (par hypothèse) etp1>1. On a doncp1vp1(k1)>p1, ce qui impliquek1>p1. Par hypothèse, nous avons considérép1>n, ce qui impliquek1>n! !

Cette inégalité contredit le fait que k1 est un entier pris dans {1,...,n}. En obtenant une contradiction, nous pouvons considérer que l’hypothèse "p>n>1" est fausse !

On peut donc en conclure que la décomposition en facteurs premiers de l’entier∆n s’écrit plus simplement sous la forme

n= Y

p6n

pvp(∆n) .

A.I.5.c Par définition, pour tout entiern>0, on noteπ(n) le nombre de nombres premiers compris dans l’ensemble {0,...,n}. Nous avons vu à la question A.I.5.a que sip∈P, alorspvp(∆n)6n.

Nous pouvons donc écrire l’inégalité Y

p6n

pvp(∆n)6 Y

p6n

n.

Comme∆n= Y

p6n

pvp(∆n)(question précédente) et Y

p6n

n=nπ(n), on peut dire que

pour tout entiern>1, on a l’inégalité∆n6nπ(n) .

A.I.6.a Reprenons les inégalités démontrées dans les questions A.I.4.f et A.I.5.c : - pour tout entiern>7,n>2n (question A.I.4.f),

- pour tout entiern>1,n6nπ(n) (question A.I.5.c).

On obtient ainsi la double-inégalité pour tout entiern>7 : 2n6∆n6nπ(n).

En passant au logarithme népérien dans chaque membre des inégalités, on obtient, pour tout entiern>7, ln(2n)6ln(nπ(n)), ou encore

nln(2)6π(n)ln(n).

Nous pouvons donc conclure que

pour tout entiern>7, on a l’inégalité ln(2) n

ln(n)6π(n) .

A.I.6.b Vérifions que l’inégalité ci-dessus est encore vraie pour les entiersn∈{3,4,5,6} et fausse pour n=2. Pour cela, appelons (un) la suite définie pour tout entiern>2 par

un= n

ln(n)ln(2).

(14)

- On aπ(2)=1 etu2=2ln(2)/ln(2)=2. Comme 2>1, il vientu2>π(2).

- On aπ(3)=2 etu3=3ln(2)/ln(3)≈1,9 (calculatrice). Comme 1,9<2, il vientu3<π(3).

- On aπ(4)=2 etu4=4ln(2)/ln(4)=42ln(2)ln(2)=2. Il vientu4=π(4).

- On aπ(5)=3 etu5=5ln(2)/ln(5)≈2,2 (calculatrice). Comme 2,2<3, il vientu5<π(5).

- On aπ(6)=3 etu6=6ln(2)/ln(6)≈2,3 (calculatrice). Comme 2,3<3, il vientu6<π(6).

Grâce à ces calculs, nous pouvons affirmer que

pour tout entiern>3, on a l’inégalité ln(2) n

ln(n)6π(n) .

II Une majoration de la fonction π

A.II.1 On cherche dans cette question à majorer le produit Y

p6n

pen fonction de l’entiern>1.

A.II.1.a Soienta et b deux entiers tels que 0< b2 6a <b. Le produitQ

a<p6bp contient autant de facteurs qu’il y a de nombres premiers compris dans l’ensemble {a+1,...,b} et tous les fac- teursp sont des nombres premiers. Pour que ce produit divise l’entier¡b

a

¢, il est nécessaire quetous ses facteurs premiersdivisent l’entier¡b

a

¢. Nous devons alors montrer que pour tout nombre premierpquelconque dans l’ensemble {a+1,...,b},pdivise l’entier¡b

a

¢.

Prenons un nombre premierpquelconque dans l’ensemble {a+1,...,b} (en supposant qu’il en existe au moins un !). Observons que, par définition du coefficient binomial, on a

µb a

= b!

(b−a)!a!=1× ··· ×a×(a+1)× ··· ×b

1× ··· ×a×(b−a)! =(a+1)× ··· ×b (b−a)! . On en tire la relation

(b−a)!

µb a

=(a+1)× ··· ×b.

(a+1)× ··· ×b est le produit de tous les nombres entiers qui se trouvent dans l’ensemble {a+1,...,b}. Parmi ces nombres, on trouve en particulier p. Le nombre p divise donc ce produit, ou encore

pdivise le produit (b−a)!

µb a

¶ .

(b−a)! est le produit de tous les nombres allant de 1 jusqu’à (ba). Mais, par hypothèse,aet bsont deux entiers tels que b26a<b, ce qui donneb62a<2b, ou encoreba6a<2b−a.

Ainsi, tous les facteurs du produit (b−a)! sont inférieurs à a. Commep∈{a+1,...,b}, il ne peut diviser aucun de ces facteurs (carp>a).

En conséquence, les entiers p et (b−a)! sont premiers entre eux. En appliquant le théo- rème de Gauss (rappelé page 8), on peut affirmer que p divise l’entier ¡b

a

¢, ce qui permet de conclure que

le produit Y

a<p6b

pdivise l’entier µb

a

¶ .

(15)

A.II.1.b Posonsa=m+1 etb=2m+1, pour tout entierm>1. Il convient de vérifier que ces deux entiers sont tels que 0<b26a<b, afin de pouvoir appliquer le résultat de la question précé- dente.

Observons queb

2=2m+1

2 =m+1

2>0. De plus,

m>1m+m>m+12m>m+12m+1>m+1b>a.

Enfin, il est clair quem+1

26m+1, c’est-à-dire b 2 6a.

Par application de la question précédente, on conclut que

pour tout entierm>1, le produit Y

m+1<p62m+1

pdivise l’entier

µ2m+1 m+1

¶ .

A.II.1.c Les entiers 2m+1 et m sont tels que 16m 62m+1. En posanta =2m+1 et b =m, le coefficient binomial¡b

a

¢s’écrit alors : µb

a

=

µ2m+1 m

= (2m+1)!

(2m+1−m)!m!= (2m+1)!

(m+1)!m!.

Les entiers 2m+1 etm+1 sont tels que 26m+162m+1. En posanta=2m+1 etb=m+1, le coefficient binomial¡b

a

¢s’écrit alors : µb

a

=

µ2m+1 m+1

= (2m+1)!

(2m+1−m−1)! (m+1)!= (2m+1)!

m! (m+1)!.

Nous pouvons donc conclure que

pour tout entierm>1, les entiers

µ2m+1 m

¶ et

µ2m+1 m+1

sont égaux .

A.II.1.d On nous propose de développer la quantité (1+1)2m+1.

En appliquant la formule du binôme de Newton (1), rappelée page 4, au cas parti- culier oùu=v=1 etn=2m+1, on peut écrire

(1+1)2m+1=

2m+1

X

k=0

µ2m+1 k

12m+1k1k=

m

X

k=0

µ2m+1 k

¶ +

2m+1

X

k=m+1

µ2m+1 k

¶ .

Nous avons vu à la question précédente que pour tout entierm>1, on a l’égalité µ2m+1

m

=

µ2m+1 m+1

¶ .

(16)

De plus, on a les égalités de coefficients binomiaux : µ2m+1

0

=

µ 2m+1 2m+1−0

=

µ2m+1 2m+1

µ2m+1 1

=

µ 2m+1 2m+1−1

=

µ2m+1 2m

...

µ2m+1 m−1

=

µ 2m+1 2m+1−m+1

=

µ2m+1 m+2

En sommant terme à terme dans chaque égalité, on obtient pour tout entierm>1 : µ2m+1

0

¶ + ··· +

µ2m+1 m

=

µ2m+1 m+1

¶ + ··· +

µ2m+1 2m+1

m

X

k=0

µ2m+1 k

=

2m+1

X

k=m+1

µ2m+1 k

⇔2

m

X

k=0

µ2m+1 k

=

m

X

k=0

µ2m+1 k

¶ +

2m+1

X

k=m+1

µ2m+1 k

⇔ 2

m

X

k=0

µ2m+1 k

=(1+1)2m+1.

D’autre part, observons que (1+1)2m+1=22m+1=22m×2=4m×2. Après simplification par 2, l’égalité précédente s’écrit donc

4m= Xm k=0

µ2m+1 k

¶ .

4mest la somme de (m+1) coefficients binomiaux tous positifs. Chaque coefficient de cette somme est alors inférieur à 4m, en particulier celui donné park=mqui permet de conclure que

pour tout entierm>1, on a l’inégalité

µ2m+1 m

64m .

A.II.1.e Reprenons le résultat de la question A.II.1.b qui nous amène l’implication suivante, pour tout entierm>1 :

Y

m+1<p62m+1

pdivise l’entier

µ2m+1 m+1

⇒ Y

m+1<p62m+1

p6

µ2m+1 m+1

A.II.1.c

⇒ Y

m+1<p62m+1

p6

µ2m+1 m

¶ .

La question précédente nous permet alors de conclure que pour tout entierm>1, on a l’inégalité Y

m+1<p62m+1

p64m .

(17)

A.II.1.f On nous propose de montrer, par récurrence sur l’entiern>1, la propriétéPn: pour tout k∈{1,...,2n} ; on a

Y

p6k

p64k. Initialisation (n=1) : L’entierkappartient alors à {1,2}.

- Sik=1, alors Y

p6k

p= Y

p61

p=1 car il n’y a aucun nombre premier inférieur à 1.

D’autre part, on a 41=4. On a donc bien, dans le cas oùk=1, Y

p61

p641. - Sik=2, alors Y

p6k

p= Y

p61

p=2 car le seul nombre premier inférieur à 2 est 2.

D’autre part, on a 42=16. On a donc bien, dans le cas oùk=2, Y

p62

p642.

Hérédité : Supposons que, pour un certain entierm>1 fixé, on ait la propriétéPm. Mon- trons qu’alors on a la propriétéPm+1, c’est-à-dire montrons que

pour toutk∈{1,...,2m+2}, on a Y

p6k

p64k.

Il s’agit seulement de vérifier que l’inégalité est vraie pourk∈{2m+1,2m+2} : en effet, cette inégalité est vraie jusqu’au rangm par hypothèse de récurrence. Observons que 2m+1=2(m+1) n’est pas un nombre premier, de sorte que

Y

p62m+1

p= Y

p62m+2

p.

Il revient donc au même d’étudier les cask=2m+1 etk =2m+2, et il suffit donc de démontrer l’inégalité

Y

p62m+1

p642m+1.

On peut écrire ce produit sous la forme Y

p62m+1

p= Y

p6m+1

p× Y

m+1<p62m+1

p.

Sik=m+1, on a l’inégalité Y

p6m+1

p64m+1(grâce à l’hypothèse de récurrence).

D’après la question précédente, pour tout entierm>1, on a l’inégalité Y

m+1<p62m+1

p6 4m.

Ainsi, en multipliant membre à membre dans les deux dernières inégalités, on obtient Y

p6m+1

p× Y

m+1<p62m+1

p64m+1×4m Y

p62m+1

p642m+1, ce qui estPm+1.

On aP1et (pour toutn>1,PnPn

+1). D’après le principe du raisonnement par récur- rence, la propriétéPnest vraie à tout rang plus grand quen=1 : pour toutn>1, pour tout k∈{1,...,2n}, on aQ

p6kp64n. On peut en conclure que pour tout entiern>1, on a l’inégalité Y

p6n

p64n .

(18)

A.II.2.a On nous propose d’utiliser le développement en série entière de la fonction exponentielle.

On a :

x∈R, exp(x)=

+∞X

n=0

xn n!.

C’est la somme d’une série entière à termes strictement positifs. Soit alorsm>1 un entier.

Tous les termes de cette somme sont strictement inférieurs à exp(x), en particulier le terme xm/m!. On a donc,

x∈R, exp(x)>xm m!

x=m

⇒ exp(m)>mm m! . Il est intéressant de noter que exp(m)=exp(m×1)=¡

exp(1)¢m

=em. L’inégalité s’écrit alors em>mm

m! , ou encore, ce qui est désiré,

pour tout entierm>1, on a l’inégalitém!m e

´m

.

A.II.2.b Soitn>2 un entier. Vérifions , pour répondre à cette question, que l’on a π(n)! 6 Y

p6n

p.

Pour tout entier n >0, on note π(n) le nombre de nombres premiers compris dans l’en- semble {0,...,n}. Notonsp1,...,pπ(n)les nombres premiers compris dans l’ensemble {0,...,n}

tels quep1< ··· <pπ(n) etp1=2,p2=3,p3=5, etc., de sorte que le produit de l’inégalité à vérifier s’écrive sous la forme

Y

p6n

p=p1× ··· ×pπ(n).

Nous allons démontrer que pour tout entierk >1, on a l’inégaliték 6pk. Pour cela, pro- cédons par récurrence sur l’entierk en considérant la propriétéPk, définie pourk>1 par Pk:k6pk.

Initialisation (k=1) : Puisque, pour k=1, on apk =p1=2 et 162, la propriétéPk est initialisée au rangk=1.

Hérédité : Supposons que, pour un certain entierm>1 fixé, on ait la propriétéPm. Mon- trons qu’alors on a la propriétéPm

+1.

La suite d’entiers (pi) est strictement croissante :pm+1pm>0, ou encorepm+1pm>

1, ce qui permet d’écrire l’inégalitépm+1>pm+1. De plus, puisquem+16pm+1 (par hypothèse de récurrence), on am+16pm+1, ce qui estPm

+1. On aP1et (pour toutk>1,PkPk

+1). D’après le principe du raisonnement par récur- rence, la propriétéPkest vraie à tout rang plus grand quek=1 : pour toutk>1, on ak6pk. On en tire alors toutes les inégalités suivantes : 16p1; ···; π(n)6pπ(n).

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