Mathématiques L3– Correction de l’examen du 13/01/2011
Exercice 1
a) Soit la matrice
M = a b b c
! ,
supposée inversible et donc de déterminant non nul, c’est-à-dire queac−b2 6= 0. Calculons son inverse par la méthode de Gauss, sans stratégie de pivot, vue au septième cours et dont nous empruntons les notations.
Commea6= 0, multiplions-la par la matrice
E(1)= 1 0
−ab 1
! .
Il vient
E(1)M =
a b
0 ac−ab2
,
d’où
M = (E(1))−1
a b
0 ac−ab2
,
soit
M−1=
a b
0 ac−ab2
−1
E(1) =U−1E(1)
avec une définition évidente de la matriceU. La matriceUétant triangulaire supérieure est très facile à inverser.
On trouve, sachant queac−b26= 0:
U−1=
1
a −ac−bb2
0 aca
−b2
,
donc
M−1=
1
a −ac−bb2
0 aca
−b2
1 0
−ba 1
!
= 1
ac−b2
c −b
−b a
!
. (1)
b) On a
N N−1= A B BT C
! A−1+A−1BSBTA−1 −A−1BS
−SBTA−1 S
! ,
soit
N N−1= I+BSBTA−1−BSBTA−1 −BS+BS BTA−1+BTA−1BSBTA−1−CSBTA−1 −BTA−1BS+CS
! .
Le bloc supérieur gauche est évidemment la matrice identité. Le bloc inférieur droite s’écrit(−BTA−1B+C)S.
Par la définition deS,S−1=C−BTA−1B, et on constate que le facteur de la matriceSdans(−BTA−1B+C)S
estS−1. Le bloc inférieur droite est donc l’identité. Le bloc supérieur droite est évidemment la matrice nulle.
Reste à considérer le bloc inférieur gauche qui s’écrit :
BTA−1+BTA−1BSBTA−1−CSBTA−1= (I+BTA−1BS−CS)BTA−1 (2) .
D’après l’expression deS−1on a(C−BTA−1B)S=I, soitCS−BTA−1BS =IouI−CS+BTA−1BS = 0.
Par l’équation (2), le bloc inférieur gauche est donc une matrice nulle. On a donc finalementN N−1=I.
On démontre de même queN−1N =I.
c) Considérons des scalairesa,betcà la place des matrices (respectivement) des matrices-blocsA,BetCde la matriceN. La matriceN est alors la matriceM du a). Alors on aA−1 = 1a etS =
c−ba2
−1
= aca
−b2. Traduisons tous les termes de la matriceN−1.
i) A−1+A−1BSBTA−1= 1a+ab22
a ac−b2
=acc
−b2, ii) −A−1BS=−ab
a ac−b2
= ac−−bb2, iii) −SBTA−1=−ab
a ac−b2
=ac−−bb2, iv) S= ac−ab2.
FinalementN−1=ac−1b2
c −b
−b a
!
, on retrouve l’expression (1) deM−1.
d) Soient les matrices diagonales deN−1qui sont carrées. La matriceMest symétrique. En effet soitMT = CT −BT(A−1)TBT, comme Aest symétriques (A−1)T est symétrique, comme Cest aussi symétrique on a doncMT =C−BTA−1BT = MetMest symétrique, son inverseS l’est donc aussi. Soit la matriceN = A−1+A−1BSBTA−1. Grâce à la symétrie deA−1etSil vient :NT = (A−1)T+ (A−1)T(BT)TSTBT(A−1)T = A−1 +A−1BSBTA−1 = N. Les deux blocs diagonaux carrés sont donc symétriques. Considérons mainte- nant les matrices blocs non-diagonaux deN−1 qui sont rectangulaires siB est rectangulaire. Regardons le bloc supérieur droit en prenant son symétrique. PuisqueA−1 et S sont symétriques on a : (−A−1BS)T =
−STBT(A−1)T =−SBTA−1qui est le bloc inférieur gauche. Les blocs non-diagonaux sont donc transposés l’un de l’autre. La matriceN−1est donc symétrique.
Exercice 2
Par la linéarité de l’intégration il suffit de montrer que la formule de Simpson Z b
a
f(x)dx≈ b−a
6 f(a) + 4f(a+b
2 ) +f(b)
!
, (3)
intègre exactement les constantes et les monômes x, x2 et x3, puisque ces monômes forment une base de l’espace vectoriel des polynômes de degré inférieur ou égal à trois. Sif =CoùCest une constante, il vient :
Z b
a
Cdx=C(b−a),
alors que b−6a
f(a) + 4f(a+2b) +f(b)
=C(b−a).Les constantes sont exactement (et heureusement !) inté- grées.
Sif(x) =x, on a :
Z b
a
xdx= b2−a2
2 =b−a 6
3(b+a) , alors que
f(a) + 4f(a+2b) +f(b)
=a+ 4(a+2b) +b= 3(b+a). La formule (3) est aussi exacte.
Sif(x) =x2, on a :
Z b
a
x2dx= b3−a3
3 =b−a 6
2(b2+ab+b2) ,
alors que
f(a) + 4f(a+b
2 ) +f(b)
!
=a2+ 4(a+b)2
4 +b2= 2(b2+ab+b2).
La formule (3) est aussi exacte dans ce cas.
Finalement soitf(x) =x3, on a : Z b
a
x3dx=b4−a4
4 =b−a 6
3
2(b+a)(b2+a2)
!
= b−a 6
3
2(a3+ba2+ab2+b3)
!
, (4)
alors que
f(a) + 4f(a+b
2 ) +f(b)
!
=a3+ 4(a+b)3
8 +b3=a3+a3+ 3a2b+ 3ab2+b3
2 +b3,
soit
f(a) + 4f(a+b
2 ) +f(b)
!
= 3
2(a3+ba2+ab2+b3).
L’expression
b−a
6 f(a) + 4f(a+b
2 ) +f(b)
!
est donc égale à (4). La formule de Simpson est encore exacte sif(x) =x3, ce qui conclut.
Exercice 3
a) Soit la matrice symétrique
A=
1 a a a 1 a a a 1
,
il est clair que, pour toute ligne de cette matrice2|a| ≥ 1si1/2 ≤ a < 1, elle n’est donc pas SDD pour ces valeurs dea. Pour prouver qu’elle est définie positive, pour1/2≤a <1il suffit de montrer qu’alors ces valeurs
propresλisont strictement positives. Calculons-les en cherchant les racines du polynôme caractéristique de la matriceA, c’est-à-dire du déterminant de la matrice(A−λI). On a :
P(λ) = det(A−λI) =
1−λ a a
a 1−λ a
a a 1−λ
.
Posonsµ = 1−λ, il vientP(λ) = µ3−3a2µ+ 2a3. On aP(λ) = 0siµ3−3a2µ+ 2a3 = 0,µ = aest une racine évidente, les racines du polynôme enµsont donca(racine double) etµ=−2a, les racines du polynôme P(λ)sont par conséquentλ= (1−a)(racine double) etλ= (1 + 2a). Ces racines sont strictement positives si 1/2≤a <1, ce qui conclut.
b) Soit la matrice symétrique
A= −2 a a 2
! .
Il est évident que si|a|<2cette matrice est SDD. Pour décider si elle est ou non définie positive, calculons ces valeurs propres. Avec les notations du a), on a :
P(λ) = det(A−λI) = −2−λ a a 2−λ
! , d’oùP(λ) = 4−λ2+a2. Les racines deP(λ)sontλ=±√
a2+ 4, pour toute valeur deaune valeur propre est toujours négative. La matriceAn’est jamais définie positive.
Exercice 4
Calculons les valeurs propres de la matrice
A=
−3 0 2 1 −1 0
−2 −1 0
.
Soit
A−λI=
−3−λ 0 2 1 −1−λ 0
−2 −1 −λ
,
alors on a :
P(λ) = det(A−λI) =−(3 +λ) −1−λ 0
−1 −λ
!
+ 2 1 −1−λ
−2 −1
! . D’oùP(λ) =−(3 +λ)λ(1 +λ) + 2
−1−2(1 +λ)
=−λ3−4λ2−7λ−6qui a pour racine évidente−2. Dès lorsP(λ) =−(λ+ 2)(λ2+ 2λ+ 3), les deux autres racines deP(λ)sont−1±i√
2.
Calculons les vecteurs propres associés. Un calcul élémentaire montre que :
v1=
2
−2 1
,
est un vecteur propre associé à la valeur propre−2. Par conséquent :
X1=e−2t
2
−2 1
,
est une solution.
Toujours par un calcul élémentaire (un peu fastidieux) on trouve qu’un vecteur propre associé à la valeur propre(−1 +i√
2)est
v2=
i√
2 1
−1 +i√ 2
.
Par conséquent
Z =e−tei√2t
i√
2 1
−1 +i√ 2
,
est une solution complexe du système. Elle s’écrit :
Z=e−t(cos√
2t+isin√ 2t)
i√
2 1
−1 +i√ 2
,
d’où en séparant les parties réelle et imaginaire
Z=e−t
−√ 2 sin(√
2t) cos(√
2t)
−cos(√ 2t)−√
2 sin(√ 2t)
+i
√2 cos(√ 2t) sin(√
2t)
−sin(√ 2t) +√
2 cos(√ 2t)
,
de la formeZ =X2+iX3.
On sait (voir cours 6) que les parties réelle et imaginaire deZ sont des solutions indépendantes du système.
Donc
X2=e−t
−√ 2 sin(√
2t) cos(√
2t)
−cos(√ 2t)−√
2 sin(√ 2t)
,
et
X3=e−t
√2 cos(√ 2t) sin(√
2t)
−sin(√ 2t) +√
2 cos(√ 2t)
, sont solutions. Finalement la solution du système est :
x(t) =
2C1e−2t+C2e−t
−√ 2 sin(√
2t)
+C3e−t√ 2 cos(√
2t)
−2C1e−2t+C2e−t
cos(√ 2t)
+C3e−t
sin(√ 2t)
C1e−2t+C2e−t
−cos(√ 2t)−√
2 sin(√ 2t)
+C3e−t
−sin(√ 2t) +√
2 cos(√ 2t)
,
où les constantesC1,C2etC3sont déterminées par la condition initiale. Ce qui revient à résoudre le système
2 0 √
2
−2 1 0 1 −1 √ 2
C1
C2
C3
=
1 0 0
.
On trouve facilementC1= 13,C2= 23 etC3=√62, d’où la solution désirée :
x(t) =
2
3e−2t+13e−tcos(√
2t)−2√32e−tsin(√ 2t)
−23e−2t+23e−tcos(√
2t) +√62e−tsin(√ 2t)
1
3e−2t−13e−tcos(√
2t)−5√62e−tsin(√ 2t)
.
Exercice 5
Soientµ >0et l’équationx˙ =x(µ−x2), six <−√µalors(µ−x2)<0,x >˙ 0etxcroît. Lorsque−√µ < x <0 alors(µ−x2)>0,x <˙ 0etxdécroît. La branche des équilibresx=−√µest donc stable.