Universit´e de Strasbourg L1S1
Notes de cours d’Analyse
2014-2015
2
Table des mati` eres
1 Introduction 5
1.1 Informations . . . 5
1.2 Objectifs . . . 5
1.2.1 Objectif en termes de connaissances . . . 5
1.2.2 Objectifs en termes de comp´etences . . . 5
1.3 Syllabus . . . 5
1.3.1 Nombres complexes . . . 6
1.3.2 Suites de nombres r´eels et limites . . . 6
1.3.3 Fonctions r´eelles . . . 6
1.3.4 Fonctions continues et TVI . . . 6
1.3.5 D´erivation . . . 6
1.3.6 Int´egration . . . 7
1.3.7 Equations diff´erentielles . . . 7
1.4 Informations pratiques . . . 7
2 Nombres complexes 9 2.1 Introduction aux nombres et nombres complexes . . . 9
2.2 Op´eration sur les nombres complexes . . . 11
2.3 Forme trigonom´etrique et exponentielle d’un nombre complexe . . . 11
2.4 Racine carr´ee d’un nombre complexe . . . 12
2.5 Polynˆomes . . . 12
2.6 Fractions rationnelles . . . 13
3 Suite de nombres r´eels et limites 15 3.1 D´efinitions . . . 15
3.2 Op´erations sur les limites . . . 16
3.3 Parties deR. . . 17
4 Fonctions r´eelles 19 4.1 Notion de fonction, image, domaine. . . 19
4.2 Fonctions injectives, surjectives, bijectives . . . 19
4.3 Fonctions polynˆomiales et trigonom´etriques . . . 21
5 Fonctions continues et TVI 23 5.1 Limite en un point et continuit´e . . . 23
5.2 Op´eration sur les limites . . . 23
5.3 Th´eor`eme des valeurs interm´ediaires et de Weierstrass . . . 24 3
4 TABLE DES MATI `ERES
6 D´erivation 25
6.1 D´efinition et op´erations . . . 25
6.2 Th´eor`eme de Rolle est des accroissements finis . . . 26
6.3 Formules de Taylor . . . 26
6.4 D´eveloppements limit´es . . . 27
6.5 Convexit´e . . . 27
7 Int´egration 29 7.1 D´efinition de l’int´egrale. . . 29
7.1.1 Exemple de recherche de primitives : fonctions polynˆomiales et trigo- nom´etriques, exponentielle . . . 30
7.1.2 Int´egration par parties et par changement de variable . . . 30
7.1.3 Int´egration de fractions rationnelles : primitive des ´el´ements simples. . 31
8 Equations diff´erentielles 33
Chapitre 1
Introduction
1.1 Informations
Ces notes de cours sont destin´ees `a la pr´eparation du cours de L1S1, groupe CH-03, ann´ee 2014-2015. Elles sont bas´ees sur :
— le cours de L1 de Pierre Guillot
http://coursmathematiquesl1.wordpress.com/
— le cours ”Techniques Math´ematiques de Base” de Francis Filbet http://math.univ-lyon1.fr/~filbet/TMB/.
La strat´egie de r´edaction de ces notes est la suivante : respecter le syllabus ci apr`es et re- grouper le cours sous forme de d´efinitions/propositions/remarques. A noter que les d´efinitions sont parfois aussi des propositions, au sens o`u des justifications sont n´ecessaires pour pouvoir
´enoncer la d´efinition en question. Les remarques sont l`a justement pour avertir le lecteur.
1.2 Objectifs
1.2.1 Objectif en termes de connaissances
Fonctions d’une variable r´eelle et leurs graphes. Continuit´e d’une fonction r´eelle et th´eor`eme des valeurs interm´ediaires. D´erivabilit´e d’une fonction r´eelle et th´eor`eme des accroissements fi- nis. Formules de Taylor et d´eveloppements limit´es. Int´egration d’une fonction r´eelle : int´egration par parties, par changement de variable et int´egration d’une fonction rationnelle. Equations diff´erentielles ordinaires : variables s´eparables, ´equations lin´eaires.
1.2.2 Objectifs en termes de comp´etences
Tracer et ´etudier le graphe d’une fonction d’une variable r´eelle. Savoir d´eriver et int´egrer fonctions d’une variable r´eelle. Savoir r´esoudre ´equations diff´erentielles du premier ordre et `a variables s´eparables. Savoir mod´eliser des simples ph´enom`enes de nature chimique ou physique
`
a l’aide d’´equations diff´erentielles du premier ordre.
1.3 Syllabus
Ceci correspond `a la liste des points qui doivent ˆetre trait´es dans le cours de Math´ematiques L1.
5
6 CHAPITRE 1. INTRODUCTION 1.3.1 Nombres complexes
1. Ensemble des nombres (N,Z,Q,R,C) ; repr´esentation graphique des nombres com- plexes, leur forme alg´ebrique
2. Op´erations sur les nombres complexes : somme, produit et inverse d’un nombre com- plexe.
3. Forme trigonom´etrique d’un nombre complexe, exponentielle.
4. Racine carr´ee d’un nombre complexe
5. Polynˆomes : d´efinition, ´equation alg´ebriques de degr´e 1 et 2 et leur solution, th´eor`eme fondamental de l’alg`ebre, d´ecomposition en facteurs irr´eductibles.
6. Fractions rationnelles : division de polynˆomes, d´ecomposition en ´el´ements simples.
1.3.2 Suites de nombres r´eels et limites
1. D´efinition d’une suite r´eelle, d’une suite convergente et de la limite d’une suite conver- gente ; d´efinition d’une suite qui tend vers +∞ (ou−∞).
2. Limite d’une somme, d’un produit et d’un quotient de suites convergentes et crit`eres de convergence : suites monotones et born´ees, th´eor`emes des gendarmes, suites adjacentes.
Sous-suites et crit`eres de divergence par extraction de sous-suites.
3. Parties deR: maximum, supremum, minimum, infimum, adh´erence. Intervalles, demi- droites et leur notation.
1.3.3 Fonctions r´eelles
1. Notion de fonction, image, domaine. Fonctions injectives, surjectives, bijectives. Fonc- tion identit´e. Graphe de fonctions r´eelles.
2. Fonctions polynˆomiales. Fonctions compos´ees. Fonctions trigonom´etriques.
3. Fonction r´eciproque. Fonctions monotones. Une fonction monotone est injective. R´eciproques des fonctions trigonom´etriques.
1.3.4 Fonctions continues et TVI
1. Limite en un point d’une fonction d’une variable r´eelle `a valeurs dans R : limite `a gauche, limite `a droite, limite. Notion de fonction continue en un point et de fonction continue sur une partie de R.
2. Continuit´e d’une somme, d’un produit et d’un quotient de deux fonctions continues.
3. Prolongement par continuit´e.
4. Th´eor`eme des valeurs interm´ediaires, th´eor`eme de Weierstrass.
1.3.5 D´erivation
1. D´erivabilit´e en un point et sur une partie de Rd’une fonction d’une variable r´eelle `a valeurs dans R.
2. La fonction d´eriv´ee. D´eriv´ee de la somme, du produit, du quotient et de la compos´ee de deux fonctions d´erivables. D´eriv´ee de la r´eciproque d’une fonction.
3. Exemples : d´eriv´ees des foncitons polynˆomiales et trigonom´etriques, d´eriv´ee de la fonc- tion exponentielle, d´eriv´ee du logarithme.
4. Th´eor`eme de Rolle et des accroissements finis.
1.4. INFORMATIONS PRATIQUES 7 5. D´eriv´ees d’ordre sup´erieur, recherche des maxima, minima, ´etude du graphe d’une
fonction, concavit´e et convexit´e du graphe.
6. Les formules de Taylor : Taylor-Young et Taylor-Lagrange.
7. D´eveloppements limit´es, leur unicit´e. D´eveloppement limit´e de la somme, du produit, du quotient et de la compos´ee de deux fonctions.
8. Application des d´eveloppements limit´es : recherche de limites, recherche d’asymptotes.
1.3.6 Int´egration
1. D´efinition de l’int´egrale. Toute fonction monotone ou continue sur un intervalle deR est int´egrable.
2. Int´egrale de la somme, in´egalit´e entre valeur absolue de l’int´egrale et int´egrale de la valeur absolue, relation de Chasles.
3. Notion de primitive d’une fonction. Th´eor`eme fondamental de l’analyse.
4. Exemple de recherche de primitives : fonctions polynˆomiales et trigonom´etriques, ex- ponentielle.
5. Int´egration par parties et par changement de variable
6. Int´egration de fractions rationnelles : primitive des ´el´ements simples.
1.3.7 Equations diff´erentielles
1. D´efinition d’une ´equation diff´erentielle. Champs de vecteurs associ´es `a une ´equation diff´erentielle, ´etude qualitative d’une ´equation diff´erentielle par son champs de vecteurs.
2. Equations diff´erentielles homog`enes du premier ordre.
3. Equations diff´erentielles lin´eaires du premier ordre.
4. Equations diff´erentielles `a variables s´eparables.
5. Le th´eor`eme de Cauchy-Lipschitz.
6. Solutions maximales, d´ependance des solutions `a un param`etre.
1.4 Informations pratiques
Il y aura 3 contrˆoles continus : CC1, 7 octobre 2014.
CC2, mardi 18 octobre 2014.
CC3, 8 ou 9 janvier 2015.
Rattrapage : mi-juin 2015.
Les examens sont communs `a tous les groupes.
Le groupe est CH-03.
Les cours se d´eroulent (voir ENT) Lundi 10h-12h, Physique 116.
Jeudi 8h-10h, C6Math.
Vendredi 13h-15h, 353H, ILB (Institut Le Bel).
Il y a 12 s´eances. Premi`ere s´eance, le 8 septembre 2014. Pas de cours la semaine du 20 octobre, du 27 octobre (vacances) et du 10 novembre.
Informations, cours, feuilles de TD et corrections sur moodle.
8 CHAPITRE 1. INTRODUCTION
Chapitre 2
Nombres complexes
2.1 Introduction aux nombres et nombres complexes
Avant de d´efinir l’ensemble des nombres complexes, on d´efinit des sous-ensembles de cet ensemble.
D´efinition 1. L’ensemble des nombres naturels est not´eN.
N={0,1,2, . . .}
D´efinition 2. L’ensemble des nombres relatifs est not´eZ.
Z={0,±1,±2, . . .}
Remarque 1. 1. On aN⊂Z.
2. On aZ=N∪ −N, avec
−N={0,−1,−2. . .}={−n, n∈N} 3. On aZ=N∗∪ −N∗∪ {0}, avec
N∗={1,2. . .}=N\ {0}.
Cette fois l’union est faite d’ensembles disjoints.
Remarque 2.
1. Les nombres entiers permettent de faire des additions ; les nombres relatifs permettent de faire aussi des soustractions.
2. On peut trouver une bijection entre les nombres entiers et les nombres relatifs.
D´efinition 3. L’ensemble des nombres rationnels est not´eQ.
Q={p
q, p∈Z, q ∈N∗}.
Remarque 3.
1. Les nombres rationnels permettent de faire des additions, soustractions, multiplications et divisions.
9
10 CHAPITRE 2. NOMBRES COMPLEXES 2. L’´ecriture pq n’est pas unique. Pour etre unique, on peut imposer que p etq soient premiers
entre eux et toute autre ´ecriture pq00 = pq v´erifierap0=kp, q0 =kq, k∈N∗. Proposition 1. Il n’existe aucun nombre rationnel `∈Q tel que `2 = 2.
D´efinition 4. L’ensemble des nombres r´eels est not´e R.
R={a0+
∞
X
i=1
ai10−i, a0 ∈Z, ai∈ {0,1, . . . ,9}, i∈N∗}
On note n.a1a2a3. . . (ou n, a1a2a3. . .).
Remarque 4.
0. La construction ab initio de R est complexe ; ici on part sur la notion de suite/s´erie qui sera red´efini par la suite. . .
1. L’´ecriture n’est pas unique : 0.999· · ·= 1 (o`u les9 sont r´ep´et´es `a l’infini :ai= 9, i∈N∗).
2. On peut se ramener `a une ´ecriture unique si on enl`eve les ´ecritures avec des9qui se r´ep`etent
`a l’infini (il existe i0 ≥1 tel que ai= 9 pouri≥i0).
3. Il existe `∈R+∗ (nombre r´eel strictement positif ) tel que `2= 2. On note `=√ 2.
4. On a choisi la base10ici ; on aurait pu choisir une autre base (entier strictement plus grand que1).
D´efinition 5. On d´efinit i l’unit´e imaginaire tel que i2 = −1. L’ensemble des nombres complexes est not´e C.
C={a+ib, a∈R, b∈R}.
Remarque 5.
0. On suppose que i existe. Il peut ˆetre construit/identifi´e comme ´el´ement (0,1) ∈ R2, o`u l’espace R2 est muni d’une op´eration d’addition et de multiplication.
1. On peut faire des additions, soustractions, multiplications, divisions.
2. On peut trouver des solutions aux ´equations du second degr´e.
D´efinition 6. (Forme alg´ebrique d’un nombre complexe et repr´esentation gra- phique) Siz=a+ibest un nombre complexe,a=Re(z)est la partie r´eelle dezetb=Im(z) est la partie imaginaire. On peut repr´esenter le nombrez comme le pointM = (a, b) dans un rep`ere orthonorm´e. On ´ecrit M(z) pour ce point. Le conjugu´e de z estz¯=a−ib.
Remarque 6. 1. On a au final N ⊂Z⊂ Q⊂R ⊂C. Par exemple z = 1 = 1 + 0i est un entier naturel, mais aussi un nombre complexe.
2. Grˆace a la repr´esentation graphique, on a une interpr´etation g´eom´etrique des nombres complexes. Par exemple, la sym´etrie par rapport `a l’axe horizontal se traduit par l’ap- plication z→z.¯
2.2. OP ´ERATION SUR LES NOMBRES COMPLEXES 11
2.2 Op´ eration sur les nombres complexes
D´efinition 7. On d´efinit la somme de 2 nombres complexes z1 =a1+ib1 et z2 =a2+ib2, par
z1+z2= (a1+b1) +i(a2+b2) De mˆeme pour la soustraction.
D´efinition 8. On d´efinit le produit
z1z2= (a1a2−b1b2) +i(a1b2+b1a2)
D´efinition 9. On d´efinit l’inverse, pour z=a+ib6= 0 (c’est-`a dire a6= 0 et b6= 0) 1
z = a
a2+b2 − b a2+b2i
Remarque 7. 1. On fait les op´erations habituelles que l’on ferait sur R, en rempla¸cant i2 par −1.
2. On a 1z = z¯z¯z.
2.3 Forme trigonom´ etrique et exponentielle d’un nombre com- plexe
D´efinition 10. Le module (ou valeur absolue ou norme) d’un nombre complexe z est d´efini par
|z|=√ z¯z.
Remarque 8. 1. z¯z est un r´eel positif. On dit quez¯z∈R+. Le fait qu’il soit r´eel se voit puisque ce nombre est ´egal `a son conjugu´e.
2. Si z=a+ib, on azz¯=a2+b2.
D´efinition 11. La forme trigonom´etrique d’un nombre complexe z6= 0 est z=|z|(cos(θ) +isin(θ)).
θ=arg(z) est l’argument de z.
D´efinition 12. La forme exponentielle d’un nombre complexe z6= 0 est z=|z|exp(iθ).
Remarque 9. Pour z ∈ C∗, on peut ´ecrire z = |z||z|z et le nombre |z|z est de module 1 et d´ecrit le cercle unit´e, i.e. le cercle de centre 0 est de rayon 1. L’angle θ d´efini modulo 2π est l’angle entre l’horizontale et le point M(z).
Proposition 2. Pour θ1, θ2 ∈R, on a
exp(i(θ1+θ2)) = exp(iθ1) exp(iθ2).
Remarque 10. 1. Cette ´egalit´e reste vraie pour θ1, θ2 ∈C, en posant exp(z) = exp(Re(z)) exp(iIm(z)), z∈C.
2. Cette ´egalit´e s’interpr`ete g´eom´etriquement en terme de rotation.
3. On en d´eduit la formule de Moivre
cos(nθ) +isin(nθ) = (cos(θ) +isin(theta))n, n∈Z.
12 CHAPITRE 2. NOMBRES COMPLEXES
2.4 Racine carr´ ee d’un nombre complexe
Proposition 3. Soit Z un nombre complexe non nul. L’´equation z2 = Z admet deux solu- tions. En notantZ =|Z|exp(iθ), les solutions sont
z=±p
|Z|exp(iθ/2)
Remarque 11. 1. A partir de exp((2arg(z)−θ)i) = 1, on obtientarg(z) =θ mod π et on utilise exp(iπ) =−1.
2. En particulier les solutions de z2=−1 sont z=±i.
3. On dit que z est une racine carr´ee de Z. Notons que dans le cas r´eel, on s´electionne que le nombre positif.
4. Cette formule n’est pas toujours la plus pratique pour calculer la racine carr´ee.
Proposition 4. Deux nombres complexes sont ´egaux si et seulement s’ils ont mˆeme module, mˆeme partie r´eelle et leurs parties imaginaires ont le mˆeme signe.
Remarque 12. Cette proposition permet de trouver plus facilement la racine carr´eez=a+ib d’un nombre complexe Z. On se ram`ene `a r´esoudre le syst`eme
a2+b2 =|Z|, a2−b2 = Re(Z), abIm(Z)≥0.
2.5 Polynˆ omes
D´efinition 13. Un polynˆome P ∈Cd[X]de degr´e ds’´ecrit sous la forme P =
d
X
j=0
ajXj, aj ∈C, ad6= 0.
Remarque 13. 1. On peut d´efinir la somme, le produit de polynˆomes. Si on a 2 po- lynˆomes de degr´e≤d (´el´ements de C≤d[X]), alors la somme est aussi dansC≤d[X].
2. Le polynˆome nul est de degr´e −∞.
3. On noteC[X]pour tous les polynˆomes sur C C[X] ={
d
X
j=0
ajXj, aj ∈C, d∈N}.
4. On d´efinit de mˆeme Rd[X], R≤d[X], R[X].
5. On ´ecrit parfois P(X) par abus de notation, en r´ef´erant `a la fonction polynˆomiale.
Proposition 5. Soit une ´equation alg´ebrique de degr´e 2 : az2+bz+c= 0, aveca6= 0. Soit δ une racine carr´ee de b2−4ac. les solutions sont alors
z= −b±δ 2a .
Remarque 14. 1. Il y a exactement 2 solutions si δ 6= 0 et une solution ”double” si δ = 0.
2.6. FRACTIONS RATIONNELLES 13 2. On a la factorisation
az2+bz+c=a
z− −b−δ
2a z−−b+δ 2a
.
Th´eor`eme 1. (Th´eor`eme fondamental de l’alg`ebre) Soit d∈N∗. Tout polynˆome P ∈ Cd[X]s’´ecrit sous la forme
P =a
d
Y
j=1
(X−rj), a∈C∗, rj ∈C, j= 1, . . . , d.
Remarque 15. 1. Les racines (ou z´eros) rj ne sont pas forc´ement distinctes.
2. Il suffit de montrer que P admet au moins une racine dans C. 3. Ce r´esultat n’est pas valable dans R (ni Q, ni Z).
4. Les racines ne sont pas toujours faciles `a trouver. En plus des formules pour le degr´e 1 et 2, il existe des m´ethodes pour le degr´e 3 et 4. Pour les degr´es sup´erieurs, on a recours `a des m´ethodes num´eriques pour trouver une approximation des z´eros.
Proposition 6. Soit d∈N∗ etP ∈Rd[X]. Alors il existe d1, d2 ∈N tels que d1+ 2d2 =det P =a
d1
Y
j=1
(X−rj)
d2
Y
k=1
Qk, a∈R∗, rj ∈R, j= 1, . . . , d1
et Qk, k = 1, . . . , d2 un polynˆome unitaire (le coefficient dominant vaut 1) de degr´e 2 qui n’admet pas de racine r´eelle :
Qk=X2+akX+bk, ak, bk∈R, a2k−4bk<0.
Remarque 16. 1. La d´ecomposition est unique, si on ne tient pas compte de l’ordre. Il s’agit de la d´ecomposition en facteurs irr´eductibles pour un polynˆome r´eel.
2. Pour la preuve, on d´ecompose d’abord dansC; on remarque que le conjugu´e d’un racine est aussi racine ; on regroupe alors chaque racine non r´eelle avec sa racine conjugu´ee.
2.6 Fractions rationnelles
D´efinition 14. Une fraction rationnelleF est un quotient de2polynˆomes. Par exemple dans C, on note F ∈C(X)
F = P
Q, P, Q∈C[X], Q6= 0.
Remarque 17. 1. L’´ecriture n’est pas unique
2. On peut d´efinir le degr´e d’un fraction rationnelle, comme la diff´erence des degr´es des deux polynˆomes :
deg(F) =deg(P)−deg(Q)
Cette d´efinition (pour ˆetre valable) ne doit pas d´ependre des repr´esentants P et Q, et c’est bien le cas.
14 CHAPITRE 2. NOMBRES COMPLEXES Proposition 7. SoientAetB 6= 0 deux polynˆomes. On peut effectuer la division euclidienne deA par B : il existe des polynˆomes Q (quotient) et R (reste) uniques, tels que
A=BQ+R, avec deg(R)< deg(B).
Remarque 18. On effectue la division, en posant la division, comme pour les entiers.
Proposition 8. (d´ecomposition en ´el´ements simples dans C) Soit F = PQ avec 0 ≤ deg(P)< deg(Q) une fraction rationnelle sur C. On peut alors ´ecrire
F =
m
X
j=1 mj
X
k=1
αj,k
(X−rj)k, αj,k ∈C pour Q = Qm
j=1(X −rj)mj o`u les rj ∈ C sont tous distincts et mj ∈ N∗. De plus la d´ecomposition est unique.
Remarque 19.
1. Si deg(P)≥deg(Q), on commence `a faire une division euclidienne 2. Cette d´ecomposition va permettre de faire des calculs de primitives
3. On peut toujours ´ecrire un polynˆome Q unitaire de degr´e≥1 sous cette forme.
4. Pour trouver la d´ecomposition, il existe plusieurs techniques. L’une consiste `a faire le change ment de variabley=x−αj, pour unjfix´e, puis de faire la division par puissances croissantes.
5. Pour un racine simple rj (αj = 1), on multiplie l’´egalit´e par X−rj et on ´evalue en rj. On obtientαj,1 = QP0(r(rjj)). A noter que Q0(rj) n’est pas nul, puisque rj est racine simple.
Proposition 9. (d´ecomposition en ´el´ements simples dans R) Soit F = PQ ∈R(X)∗, avec deg(P)< deg(Q) On ´ecrit
Q=
s1
Y
j=1
(X−rj)mj
s2
Y
k=1
Qnkk,
avec lesrj distincts, ainsi que lesQk qui sont des polynˆomes de degr´e2unitaires sans racines r´eelles, et mj, nk∈N∗ (multiplicit´es). On a la d´ecomposition
F =
s1
X
j=1 mj
X
k=1
αj,k (X−rj)k +
s2
X
j=1 nj
X
k=1
βj,kX+γj,k
(Qj)k , αj,k, βj,k, γj,k ∈R.
Remarque 20. On peut retrouver cette forme en passant par la d´ecomposition dansC et en mettant ensemble les racines de Q (on dit aussi pˆoles deF) conjugu´ees.
Chapitre 3
Suite de nombres r´ eels et limites
3.1 D´ efinitions
D´efinition 15. Une suite r´eelle est une fonction u :N→R. On ´ecrit un au lieu deu(n) et la suite s’´ecrit (un)n∈N.
Remarque 21. 1. On change parfois d’ensemble de d´epart pour raison de commodit´e : N∗, Z, les entiers sup´erieurs `a un entier fix´en0.
2. Parfois on a une expression explicite, par exemple, la suite d´efinie parun= 1n, n∈N∗. On ´ecrit alors parfois directement(1n)n≥1, pour d´esigner cette suite.
3. Parfois, on omet l’ensemble de d´efinition et on ´ecrit (un) pour d´esigner la suite.
D´efinition 16. Soit(un) une suite r´eelle et `∈R. On dit que (un) converge vers`ou admet
` pour limite, si la condition suivante est satisfaite. Pour tout r´eel ε >0, il existe un entier N tel que
|un−`|< ε, n≥Nε. On noteun→n→∞ `ou limn→∞un=`.
Remarque 22. 1. D´efinition classique et universelle (avec la notation ε qui est cens´ee signifier quelque chose de tr`es petit ; on dit epsilonesque, pour dire que c’est tr`es petit ; il y a aussi le epsilon machine, le nombre le plus petit tel que1+et1ne se distinguent plus sur l’ordinateur ; de l’ordre de 10−15 en pr´ecision double).
2. Il suffit que la condition soit vraie pour ε assez petit. En effet, si la propri´et´e est vrai pour ε=ε0 >0 fix´e, elle va rester vraie pour ε > ε0 en prenantNε=Nε0.
3. Si on obtient |un − `| < M ε, avec une constante M ind´ependante de ε (ou plus g´en´eralement une fonction deεqui tend vers0), cela fonctionne aussi, quitte `a red´efinir ε (typiquement remplacerε par Mε ).
D´efinition 17. On dit que(un)converge vers+∞, lorsque la condition suivante est remplie.
Pour toutM >0, il existe un entier NM tel que un> M, n≥NM.
Remarque 23. On a une d´efinition analogue pour une suite tendant vers−∞. On peut aussi consid´erer la suite(−un) qui elle tend vers +∞.
15
16 CHAPITRE 3. SUITE DE NOMBRES R ´EELS ET LIMITES
3.2 Op´ erations sur les limites
Proposition 10. Soient (un) et (vn) deux suites. On suppose un →n→∞ ` et vn →n→∞ `0. Alors on a :
1. (somme) un+vn→n→∞ `+`0 2. (produit)unvn→n→∞ ``0 3. (somme) u1
n →n→∞ 1
`, lorsque `6= 0.
D´efinition 18. On dit qu’une suite (un) est croissante lorsque un≤un+1, pour tout n; on dit qu’une suite(un) est d´ecroissante lorsqueun≥un+1, pour tout n.
Remarque 24. (un) est d´ecroissante ssi (−un) est croissante. On dit qu’une suite est mo- notone, si elle est croissante ou si elle est d´ecroissante. On dit qu’une suite est born´ee, si elle est minor´ee et major´ee.
D´efinition 19. On dit que(un)est major´ee lorsqu’il existe M ∈Rtel que un≤M pour tout n; on dit que (un) est minor´ee lorsqu’il existe m∈R tel quem≤un pour tout n;
Remarque 25. (un) est minor´ee ssi (−un) est major´ee.
Th´eor`eme 2. Toute suite croissante et major´ee est convergente. Toute suite d´ecroissante et minor´ee est convergente.
Remarque 26. Si (un) est croissante et major´ee, alors (−un) est d´ecroissante et minor´ee.
Th´eor`eme 3 (Th´eor`eme des gendarmes). Soient (un),(vn) et(wn) 3suites. On suppose que(vn) et (wn) convergent vers`∈R∪ {∞} et
vn≤un≤wn, pour tout n. Alors(un) converge vers`
Remarque 27. On peut remplacer ”pour tout n” par ”pour nassez grand”.
D´efinition 20. Deux suites (un) et (vn) sont adjacentes, si l’une des suites est croissante, l’autre suite d´ecroissante et si la diff´erence des deux converge vers 0.
Remarque 28. On supposera implicitement que la premi`ere suite (un) est croissante et la deuxi`eme (vn) est d´ecroissante.
Proposition 11.Soient(un)et(vn)deux suites adjacentes. Alors ces deux suites sont conver- gentes et ont mˆeme limite `. De plus, on a pour toutn
un≤`≤vn.
D´efinition 21. Soit(un) une suite. Une sous-suite de(un) est une suite de la forme(uσ(n)), o`uσ :N→N est une fonction strictement croissante.
Proposition 12. Toute suite extraite d’une suite convergente converge vers la mˆeme limite.
D´efinition 22. On dit qu’une suite diverge (ou est divergente) si elle ne converge pas, i.e. il n’existe pas de limite`∈R telle que (un) converge vers `.
Remarque 29. Cela fournit des crit`eres de divergence :
1. Si on peut extraire de(un) une suite divergente, alors(un) diverge.
2. Si on peut extraire de (un) deux suites convergeant vers des limites diff´erentes, alors (un) diverge.
3.3. PARTIES DER 17
3.3 Parties de R
Proposition 13. (In´egalit´e triangulaire)Si aet b sont des r´eels, on a l’in´egalit´e
|a+b| ≤ |a|+|b|.
Proposition 14. (Deuxi`eme in´egalit´e triangulaire)Siaetbsont des r´eels, on a l’in´egalit´e
||a| − |b|| ≤ |a−b|
Remarque 30. Les in´egalit´es triangulaires restent valables dans C.
D´efinition 23. Soit A une partie non vide de R : A ⊂ R, A 6= ∅ (∅ est le symbole pour l’ensemble vide). SoitM ∈R. On dit que M est un majorant de A, si
∀a∈A, a≤M.
On dit queM est le plus grand ´el´ement de A, si c’est un majorant de A et si M ∈A.
Remarque 31. On obtient de mˆeme la d´efinition de minorant et de plus petit ´el´ement (on remplace≤ par ≥).
D´efinition 24. Soit A⊂R, A6=∅. Soit
B ={M ∈R |M est un majorant de A}.
Si B poss`ede un plus petit ´el´ement b, on dit que c’est la borne sup´erieure de A (supremum).
On note
b= supA.
Remarque 32. De mˆeme, si l’ensemble des minorant de A poss`ede un plus grand ´el´ement, celui-ci est appel´e la borne inf´erieure de A (infimum), not´ee infA.
Th´eor`eme 4. Soit A ⊂ R une partie non vide et major´ee. Alors A poss`ede une borne sup´erieure dans R.
Remarque 33. 1. De mˆeme une partie non vide minor´ee poss`ede une borne inf´erieure.
2. Le r´esultat ne reste pas vrai si l’on remplace Rpar Q. D´efinition 25. On dit que A⊂R admet un maximumM, si
x≤M, pour tout x∈A,et M ∈A.
Remarque 34. 1. De mˆeme, on dit que A⊂R admet un minimumm, x≥m, pour tout x∈A,etm∈A.
2. Si A admet un maximumM, A admet une borne sup´erieure et supA=M. De mˆeme pour le minimum.
D´efinition 26. Soit A ⊂ R non vide. L’adh´erence de A est not´ee A. C’est l’ensemble des limites de suites convergentes `a valeurs dans A.
D´efinition 27. On d´efinit les intervalles deR : Soienta < b 2 nombres r´eels.
18 CHAPITRE 3. SUITE DE NOMBRES R ´EELS ET LIMITES 1. [a, b] ={x, a≤x≤b}
2. [a, b[={x, a≤x < b}
3. ]a, b] ={x, a < x≤b}
4. ]a, b[={x, a < x < b}
5. ]− ∞, a[={x, x < a}
6. ]− ∞, a] ={x, x≤a}
7. ]a,∞[={x, x > a}
8. [a,∞[={x, x≥a}
9. ]− ∞,∞[=R
Remarque 35. 1. On rajoute l’ensemble vide et {a}= [a, a].
2. La d´efinition g´en´erale est la suivante : un intervalle deR es tune partie convexe deR, i.e. un ensemble I de r´eels v´erifiant
∀(x, y)∈I2, x≤y⇒[x, y]⊂I.
Chapitre 4
Fonctions r´ eelles
4.1 Notion de fonction, image, domaine.
D´efinition 28. Une fonction, ou application, est un objetf d´etermin´e par trois ensembles : 1. un emsemble A, appel´e le domaine de d´efinition de f, ou parfois la source de f; 2. un ensemble B, appel´e le but de f;
3. un ensemble Γ, qui est une partie de A×B et que l’on appelle le graphe de f, ayant la propri´et´e suivante : pour chaque x∈A, il existe un unique y∈B tel que (x, y)∈Γ.
Ce y est not´ef(x).
Remarque 36. 1. On utilise la notation
f A→B,
pour indiquer que f est une fonction dont le domaine de d´efinition estA et dont le but est B.
2. On repr´esente souvent le concept de fonctions `a l’aide de deux tas de croix chaque tas
´
etant entour´e et avec une fl`eche qui va de chaque croix du premier tas vers une croix du deuxi`eme tas.
D´efinition 29. Soit f A→B une fonction. On note f(A), ou encore Im(f), l’ensemble {b∈B | ∃x∈A tel que b=f(x)}.
ou de mani`ere plus concise
{f(x), x∈A}.
On dit quef(A) est l’image de f parA.
4.2 Fonctions injectives, surjectives, bijectives
D´efinition 30. Soit f A → B une fonction. f est injective, si la condition suivante est v´erifi´ee. Pour tout c Pour tout x1 6=x2, on a f(x1)6=f(x2).
Remarque 37. 1. On dit aussi que f est une injection.
2. f est injective ssi l’´egalit´ef(x1) =f(x2) entraˆıne x1 =x2. 19
20 CHAPITRE 4. FONCTIONS R ´EELLES 3. f est injective ssi pour tout b ∈ B, l’´equation f(x) = b, poss`ede au maximum une
solution x.
4. On peut de nouveau repr´esenter/sch´ematiser la fonction avec des tas.
D´efinition 31. Soit f A→B une fonction. Lorsque f(A) =B, on dit que f est surjective, ou encore quef est une surjection.
D´efinition 32. Lorsqu’une fonction est `a la fois injective et surjective, on dit qu’elle est bijective, ou enocre que c’est une bijection.
Remarque 38. 1. Lorsque f A → B est bijective, l’´equation f(x) = b poss`ede une solution et une seule. Cette solution est not´ee f−1(b). On obtient ainsi une fonction f−1 : B→A, que l’on appelle la r´eciproque de f.
2. Lorsque f est bijective, f−1 est aussi bijective et (f−1)−1=f.
D´efinition 33. On appelle fonction identit´e, la fonctionf : A→A telle quef(x) =xpour toutx∈A. On note cette fonction IdA ou Id.
D´efinition 34. Soient f : A→B et g : B →C deux fonctions. La compos´ee de f et g, not´eeg◦f est la fonction A→C d´efinie par
g◦f(x) =g(f(x)), ∀x∈A.
Remarque 39. Pour une fonction f : A→B bijective, on a f◦f−1 = IdB, f−1◦f = IdA.
Proposition 15. Soit Γ le graphe d’une fonction r´eelle f. L’image de ce graphe par la sym´etrie
(x, y)→(y, x)
est une ensemble Γ0. Lorsque f est injective, Γ0 ne rencontre les droites verticales qu’en un point au plus. Γ0 est le le graphe d’une fonction.
Remarque 40. — Une fonction r´eelle est une fonction dont les ensembles de d´epart et d’arriv´ee sont contenus dansR.
— Il s’agit de la fonction f−1, en d´efinissant correctement les ensembles de d´epart et d’arriv´ee.
D´efinition 35. Une fonction f est dite croissantelorsque pour toutx ety dans son domaine de d´efinition
x≤y⇒f(x)≤f(y).
D´efinition 36. Une fonction f est dite d´ecroissante lorsque pour tout x et y dans son do- maine de d´efinition
x≤y⇒f(x)≥f(y).
Remarque 41. 1. On dit que f est monotone si elle est ou bien croissante, ou bien d´ecroissante.
2. On parle de fonction strictement croissante, si x < y⇒f(x)< f(y).
Et de mˆeme pour strictement d´ecroissante et strictement monotone.
3. Une fonction strictement monotone est injective.
4.3. FONCTIONS POLYN ˆOMIALES ET TRIGONOM ´ETRIQUES 21
4.3 Fonctions polynˆ omiales et trigonom´ etriques
D´efinition 37. Une fonction polynˆomiale est une fonction de la forme
f(x) =
d
X
i=0
aixi.
Remarque 42. Voir section sur les polynˆomes.
D´efinition 38. Les3 fonctions trigonom´etriques les plus connues sont sin,cos,tan = sin
cos
Remarque 43. 1. on peut donner la repr´esentation graphique
2. on peut les d´efinir `a partir de l’exponentielle complexe qui a sa d´efinition propre
exp(z) =
∞
X
k=0
zk k!
Proposition 16. La fonction sinus (sin) ´etablit une bijection de
[−π 2,π
2]→[−1,1].
La fonction r´eciproque est appel´ee arcsinus (Arcsin).
Proposition 17. La fonction cosinus (cos) ´etablit une bijection de [0, π]→[−1,1].
La fonction r´eciproque est appel´ee arccosinus (Arccos).
Proposition 18. La fonction tangentetan ´etablit une bijection de ]−π
2,π
2[→]− ∞,∞[.
La fonction r´eciproque est appel´ee arctangente (Arctan).
Remarque 44. La trac´e des fonctions inverses s’obtient par la sym´etrie avec l’axe y=x.
22 CHAPITRE 4. FONCTIONS R ´EELLES
Chapitre 5
Fonctions continues et TVI
5.1 Limite en un point et continuit´ e
D´efinition 39. Soit I ⊂ R et soit f :I → R une fonction. On dit que f est continue au point x0 ∈ I lorsque, pour toute suite (un) qui converge vers x0, la suite (f(un)) converge versf(x0). Lorsque f est continue en tout pointx0 ∈I, on dit que f est continue sur I.
Remarque 45. La lettreI est pour intervalle ; mais pour cette def., I peut ˆetre plus g´en´eral.
D´efinition 40. Soient f : I → R une fonction et x0 ∈ R∪ {±∞}. On dit que f admet ` pour limite en x0 lorsque pour toute suite (un) qui converge vers x0, avec un ∈ I, la suite (f(un))converge vers `. On note
x→xlim0
f(x) =`.
Remarque 46. 1. Limite `a gauche : un∈I et un≤x0 2. Limite `a droite : un∈I et un≥x0
3. Si f admet une limite `a gauche et `a droite et si les limites sont les mˆemes, alors f admet une limite en x0
4. f admet une limite finie en x0, ssi f est continue en x0 et dans ce cas la limte est f(x0)
5. Sif est d´efinie sur{x∈I, x6= 0x0}et f admet une limite finie `enx0 alors on peut prolonger la fonction f en une fonction f˜continue en x0 : on d´efinit f˜(x) = f(x), pour x6=x0 ∈I et f(x˜ 0) =`.
5.2 Op´ eration sur les limites
Proposition 19. La somme, le produit de deux fonctions continues en un point est continue.
Proposition 20. Soient f et g deux fonctions d´efinies sur I et continues en x0 ∈ I. Le quotient f /g de 2 fonctions continuesf et gest continu en x0, sig(x)6= 0 pour toputx∈I.
Remarque 47. On a aussi la continuit´e pour les compos´ees de focntions.
Proposition 21. Soitf :I →Rune fonction continue enx0∈I. On suppose quef(x0)>0.
Alors il existe un intervalle ouvertJ =]a, b[avecx0 ∈J tel quef(x)>0 pour toutx∈J∩I.
23
24 CHAPITRE 5. FONCTIONS CONTINUES ET TVI
5.3 Th´ eor` eme des valeurs interm´ ediaires et de Weierstrass
Th´eor`eme 5. SoitI un intervalle et f :I →Rune fonction continue (surI). Soient a < b deux ´el´ements deI. Alors siyest un nombre quelconque entref(a)etf(b), il existe au moins un nombrex tel que a≤x≤b v´erifiant f(x) =y.
Remarque 48. En d’autres termes, l’image d’un intervalle par une fonction continue est encore un intervalle.
Proposition 22. Soit f une fonction continue d´efinie sur un intervalle compact. Alors f atteint son maximum et son minimum
Remarque 49.On utilise le th´eor`eme de Bolzano-Weierstrass : de toute suite de r´eels born´ee, on peut extraire uen sous-suite convergente.
Chapitre 6
D´ erivation
6.1 D´ efinition et op´ erations
D´efinition 41. Soit f une fonction d´efinie sur un intervalle I. On dit que f est d´erivable au point x0 ∈I lorsque la fonction d´efinie par
Tx0(x) = f(x)−f(x0) x−x0
,
pourx6=x0 poss`ede une limite finie enx0. Cette limite est not´eef0(x0), le nombre d´eriv´een x0. La fonctionx→f0(x) lorsqu’elle est d´efinie en tout point de I est appel´ee d´eriv´ee def. Remarque 50. 1. Tx0 est le taux d’accroissement ; interpr´etation graphique.
2. Si f est d´erivable en x0, f est conitnue en x0. 3. Exemple de fonction continue pas d´erivable.
Proposition 23. Soient f et g deux fonctions d´efinies sur I et d´erivables en x0 ∈I. Alors la somme et le produit sont d´erivables :
(f+g)0(x0) =f0(x0) +g0(x0), (f g)0(x0) =f0(x0)g(x0) +f(x0)g0(x0).
Remarque 51. Exemple :x2, xn.
Proposition 24. f est d´erivable en x0 ssi il existe 2 nombres r´eels a0 et a1 tels que f(x0+h) =a0+a1h+hε(h),
o`u ε(h) → 0, lorsque h → 0. De plus lorsque ces nombres existent, on a a0 = f(x0) et a1 =f0(x0).
Proposition 25. Soitg :I →J une fonction d´erivable enx0∈I etf :J →Rune fonction d´erivable en g(x0)∈J. ALors f ◦g est d´erivable en x0 et
(f◦g)0(x0) =f0(g(x0))g0(x0).
Remarque 52. 1. Si g : I → R est une fonction d´erivable qui ne s’annule pas, la fonction x→ g(x)1 est d´erivable de d´eriv´eex→ −g(x)g0(x)2.
2. La d´eriv´ee de la fonction r´eciproque s’obtient en ´ecrivantf−1◦f(x) =x.
25
26 CHAPITRE 6. D ´ERIVATION Proposition 26. On a les d´eriv´ees usuelles suivantes.
1. exp(x) donne exp(x) sur R. 2. sin(x) donne cos(x) sur R. 3. cos(x) donne −sin(x) sur R.
4. tan(x) donne 1 + tan2(x) sur R\ {π2 +kπ, k∈Z}.
5. ln(x) donne x1 sur ]0,∞[.
6. arcsin(x) donne √ 1
1+x2 sur ]−1,1[.
7. arccos(x) donne −√ 1
1+x2 sur ]−1,1[.
8. arctan(x) donne 1+x1 2 sur R.
9. xα donneαxα−1 sur ]0,∞[, pour α∈R
6.2 Th´ eor` eme de Rolle est des accroissements finis
Proposition 27. Soit f : [a, b]→ R une fonction. On suppose qu’il existe c ∈]a, b[ tel que f est d´erivable en c et tel que f atteint un extermum (maximum ou minimum) en c. Alors f0(c) = 0.
Th´eor`eme 6(Th´eor`eme des accroissements finis). Soitf : [a, b]→Rune fonction continue.
On suppose que f est d´erivable sur ]a, b[. Alors il existe un nombre c avec a < c < b tel que f0(c) = f(b)−f(a)
b−a .
Remarque 53. 1. Si f(a) =f(b), on parle de th´eor`eme de Rolle.
2. Si f0(x)≥0 pour tout x∈I,f est croissante
3. Si f0(x)>0 pour tout x∈I,f est strictement croissante 4. Si f0(x) = 0 pour tout x∈I,f est constante
5. Consid´erer −f pour le cas de fonctions d´ecroissantes.
6.3 Formules de Taylor
Th´eor`eme 7 (Taylor-Lagrange). Soit f une fonction d´erivable n fois sur un intervalle I contenant 0. Alors ∀x∈I, il existe θ∈]0,1[tel que
f(x) =f(0) +f0(0)x+f00(0)
2 x2+· · ·+f(n−1)(0)
(n−1)! xn−1+f(n)(θx) n! xn. Remarque 54. Attention, θ d´epend de x et de n.
Th´eor`eme 8(Taylor-Young). Soit f une fonction d´erivablen fois sur un intervalleI conte- nant 0. Alors∀x∈I, on a
f(x) =f(0) +f0(0)x+f00(0)
2 x2+· · ·+f(n−1)(0)
(n−1)! xn−1+f(n)(0)
n! xn+xn(x), o`u(x)→0 quand x→0.
Remarque 55. n−1 fois derivable sur I et nfois d´erivable en 0 est suffisant.
6.4. D ´EVELOPPEMENTS LIMIT ´ES 27
6.4 D´ eveloppements limit´ es
D´efinition 42. o(1) veut dire fonction (anonyme) qui tend vers 0.o(φ(x)) =φ(x)o(1).
Remarque 56. 1. La formule de Taylor-Young se r´e´ecrit
f(x) =f(0) +f0(0)x+f00(0)
2 x2+· · ·+f(n−1)(0)
(n−1)! xn−1+f(n)(0)
n! xn+o(xn).
2. On ne pr´ecise pas (toujours) vers quoi x tend.
D´efinition 43. On dit que f admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre n au voisinage de 0 s’il existe a0, . . . , an∈R tels que
f(x) =a0+a1x+a2x2+. . . anxn+o(xn)
Remarque 57. Le th´eor`eme de Taylor-Young affirme que si f est d´erivable n fois, alors f poss`ede un DL `a l’ordre n et ak= f(k)k!(0), k= 0, . . . , n.
Proposition 28. 1. Lorsqu’un DL existe, il est unique.
2. On peut faire la somme, le produit, le quotient et la compos´ee de DL avec les restrictions habituelles.
3. Les DL permettent de calculer des limites, des asymptotes.
Proposition 29. D´eveloppements limit´es usuels.
1. exp(x) = 1 +x+x22 +· · ·+xn!n +o(xn).
2. cos(x) = 1−x22 +x4!4 +· · ·+ (−1)n x(2n)!2n +o(x2n+1) (termes pairs de l’exponentielle et on change de signe une fois sur deux)
3. sin(x) =x− x3!3 + x5!5 + (−1)n−1(2n−1)!x2n−1 +o(x2n). (pareil avec les termes impairs).
4. (1 +x)α= 1 +αx+α(α−1)2 x2+· · ·+ αn
xn+o(xn) (formule du binˆome).
5. 1−x1 = 1 =x+x2+· · ·+xn+x1−xn+1
6. ln(1 +x) = x− x+2x33 +· · ·+ (−1)n−1xnn +o(xn) (en d´erivant, on doit retrouver la formule de (1 +x)−1).
7. Pourarctan, arcsin, arccos, on d´erive et on fait un DL de la d´eriv´ee, avec la formule (1 +x)α.
6.5 Convexit´ e
D´efinition 44. Une fonction d’un intervalle I dans R est dite convexe lorsque pour tout x1, x2∈I et t∈[0,1]on a
f((1−t)x1+tx2)≤(1−t)f(x1) +tf(x2).
Remarque 58. 1. Segment au dessus de la courbe repr´esentative de f.
2. f concave si −f convexe.
3. D´efinition de fonction strictement convexe.
Proposition 30. Soit f une fonction d´erivable sur I.
— f est convexe ssi la courbe repr´esentative def est au-dessus de chacune de ses tangentes
28 CHAPITRE 6. D ´ERIVATION
— f est convexe ssi sa d´eriv´ee est croissante sur I.
Remarque 59. 1. Sif est deux fois d´erivables, f est convexe ssi sa d´eriv´ee seconde est
`
a valeurs positives ou nulles.
2. La d´eriv´ee seconde permet souvent de trouver les minima/maxima
Chapitre 7
Int´ egration
7.1 D´ efinition de l’int´ egrale.
D´efinition 45. Une fonction φ sur [a, b] est dite en escalier lorsqu’il existe des nombres a0 = a < a1 < a2 < · · · < an = b tels que φ est constante sur chaque intervalle ouvert ]ai, ai+1[. La famillea= (a0, a1, . . . , an) est appel´ee subdivision adapt´ee `a φ.
D´efinition 46. Soit φ en escaliers eta= (a0, a1, . . . , an) une subdivision adapt´ee. Soitαi la valeur deφ sur ]ai, ai+1[. On pose
I(φ, a) =
n−1
X
i=0
(ai+1−ai)αi. Remarque 60.
1. Ce nombre est l’aire des rectangles d´efinis par φ.
2. Ce nombre ne d´epend que deφ et pas du choix de la subdivision a
D´efinition 47. Soit f une fonction quelconque, born´ee sur [a, b]. On d´efinit I+(f) = inf{I(ψ) ψ en escalier telle queψ≥f}, I−(f) = sup{I(φ) ψ en escalier telle que φ≤f}.
Lorsque I−(f) =I+(f), on dit que f est int´egrable au sens de Riemann et on note Z b
a
f
la valeur I±(f) que l’on appelle int´egrale de f sur [a, b]. On note parfois Z b
a
f(t)dt Remarque 61.
1. La variable t est muette et peut ˆetre remplac´ee par n’importe quelle lettre.
2. SI φ≤ψ en escaliers, alorsI(φ)≤I(ψ) et donc I−(f)≤I+(f).
29
30 CHAPITRE 7. INT ´EGRATION 3. Si f est en escaleirs,Rb
af =I(f).
Proposition 31. Soit f une fonction monotone sur [a, b]. Alorsf est int´egrable.
Proposition 32. (relation de Chasles). Soit f une fonction sur [a, b]et soit x∈[a, b]. Alors f est int´egrable sur [a, b] ssi f est int´egrable sur [a, x] et sur [x, b]. De plus, on a la relation de Chasles
Z b a
f = Z x
a
f+ Z b
x
f Proposition 33. Propri´et´es de l’int´egrale :
1. Si f et g sont int´egrables et si λ, µ∈Ralors λf+µg est int´egrable et Z
λf+µg=λ Z
f +µ Z
g 2. Si f et g sont int´egrables et f ≤g, alors
Z f ≤
Z g.
Proposition 34. Si f est int´egrable sur[a, b]alors |f|est int´egrable et
Z b a
f
≤ Z b
a
|f|.
Proposition 35. Soit f une fonction continue sur [a, b]. Alors f est int´egrable D´efinition 48. Soit f int´egrable sur [a, b]. On note
F(x) = Z x
a
f(t)dt.
Proposition 36. Pour toute fonctionf int´egrable sur[a, b], la fonctionF est bien d´efinie et continue.
Proposition 37. Si f est continue, F est d´erivable. De plus, on aF0 =f.
Th´eor`eme 9 (Th´eor`eme fondamental de l’analyse). Si f est une fonction continˆument d´erivable sur [a, b], alors
Z b a
f0 =f(b)−f(a).
Remarque 62. F est appel´ee primitive def. Un primitive def est une fonction F telle que F0 =f.
7.1.1 Exemple de recherche de primitives : fonctions polynˆomiales et tri- gonom´etriques, exponentielle
7.1.2 Int´egration par parties et par changement de variable
Proposition 38. Soituune fonction continument d´erivable sur[a, b]et supposons que l’image de [a, b]paru soit l’intervalle[u(a), u(b)]. Soitf une fonction continue sur[u(a), u(b)]. Alors
Z b a
f(u(t))u0(t)dt= Z u(b)
u(a)
f(x)dx
7.1. D ´EFINITION DE L’INT ´EGRALE. 31 Proposition 39. Int´egration par parties :
Z b a
f0g= [f g]ba− Z
abf g0
7.1.3 Int´egration de fractions rationnelles : primitive des ´el´ements simples.
32 CHAPITRE 7. INT ´EGRATION
Chapitre 8
Equations diff´ erentielles
D´efinition 49. Une ´equation diff´erentielle lin´eaire homog`ene du premier ordre est de la forme y0(x) =a(x)y(x).
Proposition 40. Supposons quea est continue sur un intervalleI et quey est une solution d´efinie surI de l’´equation
y0(x) =a(x)y(x), x∈I.
Alors il existe une constantec telle que
y(x) =cexp(α(x)),
o`uα est une primitive de a, i. e. α0 =a. R´eciproquement, pour tout c cette expression donne une solution.
D´efinition 50. Une ´equation diff´erentielle lin´eaire du premier ordre est de la forme y0(x) =a(x)y(x) +b(x).
Remarque 63. Pour r´esoudre cette ´equation diff´erentielle, on utilise la m´ethode de la varia- tion des constantes. On cherche une solution sous la forme
y(x) =C(x) exp(α(x)).
D´efinition 51. Pour une ´equation diff´erentielle du premier ordre y0 =f(x, y), le champ de vecteurs est form´e de vecteurs dont le quotient ordonn´ee/abscisse est ´egal `a f(x, y), o`u x et y sont les coordonn´ees de l’origine du vecteur.
Remarque 64. Le champs de vecteurs permet de faire une ´etude qualitative d’une ´equation diff´erentielle.
D´efinition 52. Une ´equation diff. `a variables s´epar´ees est une ´equation de la forme f(y(x))y0(x) =g(x).
Remarque 65. On ´ecrit f(y)dy=g(x)dx. En int´egrant, on obtient F(y(x)) =G(x) +C.
33
34 CHAPITRE 8. EQUATIONS DIFF ´ERENTIELLES Th´eor`eme 10(Th´eor`eme de Cauchy-Lipschitz). Sif est continue sur [a, b]et sif v´erifie la condition de Lipschitz
∀x∈[a, b], ∀y, z∈C([a, b]), ∃L >0 ||f(x, y(x))−f(x, z(x))| ≤L|y(x)−z(x)|, alors le probl`eme de Cauchy
y0(x) =f(x, y(x)), y(a) =y0
admet une solution et une seule sur [a, b] (et ceci pour touty0 ∈R).
D´efinition 53. On dit qu’une solution est maximale, si elle n’admet pas de prolongement (sur un intervalle plus grand).
Proposition 41. Si la fonctionf d´epend en plus d’un param`etreλ. Si la fonction est continue et localement lipschitizienne en (y, λ). Alors l’application
(x, x0, y0, λ)→y(x, x0, y0, λ)
est continue. C’est la d´ependance de la solution par rapport aux conditions initiales et aux param`etres.