RÉFLEXIONS RAPIDES
SUR
LE PROJET DU PLAN
DE LA MUNICIPALITÉ DE LA VILLE DE
PARIS.Par
un des RepréfentansDéputé
du Dijiricl de Sainte-EUfabtth,II
s’agîtd’organifernon une
nouvellemunici-
palité 5 mais
une commune &
ralTemblée de fes repréfentans dans Paris.On
anommé
descom-
’mifTaires
pour
en drefler le plan. L’alTemblée nationale le defire,
pour
en faire lemodèle de
toutes lescommunes du royaume.
D’après lenouvel
ordrede
chofe, ce plandoit, endonnant une
nouvelle conftîtutiôn à la capitale,nous
éloigner fur^toucdu régime
arlftocratiquedonc nous avons
eu tant de peine ànous aifranchir.Le
pian ^ropofé ne pofefuraucune
bafe,au- cun
principe ne paroît l’avoir dirigé.Tracé
fur les anciennes formes, c’ed plutôtune
extenfionde
la municipalité anéantie, qu’une conüitution nouvelle dont lamétropole
attend fa régéné- ration.L’aflemblée nationale
nous
acependantdonné un exemple
àfuivre.Voyez
la préparer lesma-
tériaux
de
la conftitution: desmaximes
claires, précifes , définiflentl’homme
, fes droits, fesdevoirs ;
une
déclaration-des droits des indivi-dus
, précédé celles de la nation.A mefure que
les principes fe
développent
,on
voit s’élever l’édifice de la liberté; c’eft la philofophie qui pofe les bafes d’ungrand empire que
lepamo-
triocifme s’emprefîe
de
confolider.La
conftitution d’unecitédoit avoirlesmêmes
élémens.
Qu’eft-ce
qu’un citoyen ? quels font fes droits, fes devoirs? qu’eft-ce qu’un diltrid?quel doit être fon
régime
?que
font fes repré- fentans, leur caradere , leurspouvoirs?
enfin qu’eft-ceque
lacommune
? quelles doivent être fa force&
fon autorité? 'Ces
queftions fimples euflentamené de
grandes vérités;on
eûtconnu
leterme du pou-
voir individuel , l’étenduede
celui de lagéné-
ralité des citoyens.
Comme on
nedéfinitriendans
le plan , êc qu’on n’a pas
foupçonné
la nature des droitsde
lacommune
,on
a cruque
dé- truire étoit édifier, ôcon
eft refte la.Ainfi, parle
premier
articleon fupprime
lesoffices
,
charges, places civiles
&
militaires;on
fe fubroge à la voierie ,
aux
recettes,aux im-
pofitlons ;
on
s’empare des attributions. Aftü-^rément
ceux qui, dans ce plan , voudroit lire l’hiftoire de notre révolution , croirontque
nous
avons envahi tout ce qui ne nous appar- tenoit pas; ils y verront l’oeuvrede
la violence./• /
( 5 )
.nlle oart le droit
de
la raifon,&
laconquête
:f juCde
notre autorité leur paroîtral’ulur- tjation de l’injuftice»Si l’oneût pofé en principe qu’a a
commun
appartiennenttous les pouvoirs
&de
police (1);que
laconftitutionen commui^^eeft
un
retour au droitcommun
,que
tout pou- voir, hors cettecommune,
eftune
uOirpat ,alors
on
eûtfentique
tout ce qui ne deri p êc n’appartient pas à lacommune
, oit etre truit,&
lesdeftruaions euffent étéFaute
d’avoir réfléchi fur 1etenduedu
p voirde
cescommunes
,on
aomis une ou
e d’objets qui lui appartiennent : par exernp e le pouvoir judiciaire s’eftempare
ae^
’
JiLn
gracieufe,& de «
,u. çonceree 1&
les aftes
de l’homme en
locieie,„„
p,.., r^ronQUlS futlul CBS objets ,
en
ne lui laiflfantabfolumenc que
lecontentieux.
Une commune
bienconçue
eftlame de
toute la cité ;
chaque
pointde
fa fuperficie sy
rapporte,&
centrede
toutes les parties, cha-cune
doity
puifer la vie, à fon tourelk
s or- ganife de l’aftion fimultanéede mutes
fes par-6) Le
judicUire civil^& criminel excepté . encor lacommune, a-t-ellele droit d'en préfentet les membres au
pouvQii: executif. X
(
4
)ties. Si
on
n’avoulu que
fe enter fur les an- ciennes municipalités,démembrées
parune
foule
de
tribunaux d’exceptions,&
replâtrées àchaque
befoin d’argent par des arrêtsdu
confeil
,
on
a bien faitde ne
pas aller plu*loin.
Mais
fi enfinon
a reconnu la dignité&
les droits
de l’homme
réunien
cité, dépofant tous les pouvoirs individuels
en commun pour
en
faire fortirun
pouvoirunique,
alorson
adu en
fentir toute l’énergie : c’eâun
peuplenouveau
qui s’établit dansune
cité nouvelle.Si trois cents mille guerriers
venus du Nord
'
çomme
autrefois, s’étoient
emparés de
Paris&
des environs,croit-on que
le fécond ar-ticle
de
leur conftitution eût été :La muniàpa-
ite
Cl-AFRis
établie aura tous les pouvoirs d"ad^mn^draaon &
dejur^a^on cr-DEVANT
attri- bués â l’hôtel, de-ville, tant dans Paris, qu’au dehors, fauj les limitations indiquées, é/c....
Ce
peuple conquérant
, c’eâ nous.
^
Dans
fes détailsi le plan paroît très-peucon-
féquent; les officiersdes diltrids
changent
tousles ans, le
maire
tous lesdeux
ans, lecom- mandant-général &
quelques préfidensbus
les troisans , d’autres préfidens&
leséchevinstous les quatre ans, lesafTeffieurs tous les cinq ans'On
prétendqu’ily alà-delTous
une grande çdm-
inaifon d’idées, nous
avouons ne
pas fentir a quoitienteette extenfion variéede
pouvoirs.(5
)De même
lemaire
peut être continuédeux
ans , lecommandant-général &
le préfidentdu domaine
feul, trois ans; le préfident
de
police&
le procureur-général quatre ans.Ne
fent-onpas
que
dans ces quatre, fixou
huitannées^ ces cinq importans&
principaux officierspeuvent
,
aidés
de
l’intriguepu du
pouvoir^ fe faire per- pétuer dans leur adminiftration ; n’eft-ce pas fe jeter dans les bras
de
l’ariftocratie fPourquoi
des afleffeurs, »des échevins , des préfidens?pourquoi aux
uns le travailaux
autres l’infpedion?
pourquoi
le pouvoir réfide- t-il plus long-temsou
plusadivement
furune
tete
que
furune
autre?Les
co- opérateurs d’unecommune
fontégaux
; l’unne
doit pas être plus puiflant que. l’autre, tous doivent être appelles
pour
faire a leur tour le fervice ; la fûreté Sc confervation d’une cité pofenc fur l’équilibre des pouvoirs.Ainfi
que
dans l’ancienrégime ou
le lende-main
de S.Roch
,un
écheviii fortantde
place auroit reçuune bourrade du garde
qu’ilcom- mandoit
la veille;maire
|
commandant,
pré- fidens , echevins, afTefleurs, repréfentans fortis
de
leursfondions
, rentrent tellement dans la foulequ
ils s’y trouvent perdus.Pourquoi ne
pas mettre a profit leurs lumières& récom-
penfer. leurs travaux,
en
leur confervaht, foit^dacs leurs diftrids
^ foie dans les
communes
,
( « 1
des places d'honneur quileur feroîent afFeâées;
qui,
pour
prix de leurs fervices^ leur attire- roienc pour le refte
de
leurs vies le refped:de
leurs concitoyens ?Dans
le plan,un inconnu
peut, fi le fortle favorife, être porté tout-à-coup dans les hautes places de radminiftratiori, fans l’avoir mérite parfes fervicesdans les places inférieures.Pour- quoi
ces éminentes places nefont-elles pas pre- fentées en perfped:ivecomme
larecompenfe
d’une
bonne
conduite , d’adivité, d’exadinidedans
les devoirs fucceffifs à remplir dans les diftrids‘& dans lacommune.
Les
diftrids ne font point organifés dans le plan.On marque
bien ceque
leurs comités feront tenus de faire ,mais on ne détermine
rien fur les pouvoirs des diftrids , ni furceux
des comités : il eftcependant
très-importantde
les afiigner clairement> la mobilité ôc ifincer- tîtiide des principes à cet égard
nous condui-
Toient bientôt à l’anarchie,&
c’étoicde
cettefixation fur-tout
que
devoit s’occuper leplan(i).(î)
On
avoir d’excelîensmatériauxlà-defTusdans1arreté très-bien fait du diftridde Saint-Opportune, du y août.Si chaquepartie de i’adminiftrationcommunale avoir un arrêté aulG^bieu raifonné, l’ouvrage ferait bientôt achevé.
{
7
)Une commune
qui s’élève dans iln état de-venu
libre, ne peut exercer Tes pouvoirs lans Tautorifationdu
pouvoir légiflatif 5c fans lecon-
coursdu
pouvoir executifCe
point important, n’a point été traitedans le’plan ; de la naît cette queftion :Les
repréfentans d’unecommune
font-ils invertis des pouvoirs par le feul fait
de
la
nomination
de Jeurs dirtriéls, 5c leur conf- titution encommune
fufïit elle ?L’adminirtration dela
commune
,dans leplan^eft divifé en
neuf départemens
; nul rapport , nulle liaifon entr’eux, ce font
neuf
adminillra- tions bien diftinéles qui ne rapprochent jamais les co-opérateurs. N’eft-ce pas indiquer à l’in- triguequ’on pourralesdivifer, lesféparerquand on
le voudra.MalHeur
ànous
fi jamaison en
peutdémembrer une
patrie,nous retomberons dans
.iVCwIavagej^ :„ '
N’y
a-t-ildonc
rien dans ce plan, dira-t-on?Nous fommes
loinde
le dire; il faut le con-ferver, les 'matériaux
en
font bons.M^is
l’ar-chitede ,
l’homme de
génie n’a pasencore donné
fon pîà'n.Bn
attendant,occupons
tou- jours lebâtiment
tel qu’il eft, .logeons-nous-ycomme
nous poqrrdns; letems
5c l’expériencenous
apprendrontcomment
doit être conftruie cet important édificeque
doit habiterune im- menfe
famille ,où chacun
doit trouver pro-îQâïoB
^ fûreté , aifance ; aflù
rément quinz@
Jours
ne
fuffifent paspour une
pareillecont
trudion,
V
Comme
ilfaut organifer provifolrement l’ad- miniftracion ,& que
rout fouffrede
ce défautd’organifation, jecrois devoir propoferlarépar*
cidon des bureaux
&
dix déparcemens.) S
A V
O IR
:I. Subfiftances 5c
approvifionnemens
deParis.Z,
La
police, fureté <5c illumination.3. Direélion des établiflemens publics.
4.
Travaux
publics. ‘ >5.
Hôpitaux,
ateliersde
charité. .»
6
.Domaine de
la ville,comptabilité,caiffe#
7. Impofitions.
S.Militaire, gardes nationales parifiennes.
5?.
Tribunal
, juri(didlions gracieufes,
con-
tentieux.10. Secrétariat,correfpondance, înfpeéHoti éè police des diftriéls , décidons
de
^ biée générale.
L’emplacernent de
Thotel-de-ville ' étroitpour
le fervice descommunes
,fupplié
de
vouloir bien accorder&
donnecommune de
fabonne
villede
ParisleVieux- Louvre
,pour en
faire Phôtel descomrnunes
,qu’elles*fechargeront