Book
Reference
Le Néolithique suisse: bilan documentaire
VORUZ, Jean-Louis
AESCHLIMANN, Serge (Collab.), et al.
VORUZ, Jean-Louis, AESCHLIMANN, Serge (Collab.), et al . Le Néolithique suisse: bilan documentaire . Genève : Département d'Anthropologie et d'Ecologie de l'Université de Genève, 1991, 172 p., ill.
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:100747
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Jean-Louis Voruz
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Le Néolithique suisse
Bilan documentaire
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1017-6756 rsBN 2-940002-00-2 Copyright:Edition:
Dactylographie Dessins :
Maquette:
Département d'Anthropologie et d'Ecologie de I'Université de Genève.
Département d'Anthropologie et d'Ecologie de I'Université de Genève.
Direction Alain Gallay.
12, rue Gustave-Revilliod 1227 Genève (Suisse)
Alexandre Chevallier, Leila Gaude, Corinne de Haller.
Serge Aeschlimann, Yves Reymond et Jean-Louis Voruz.
Jean Gabriel Elia.
Dessin de Yves Reymond, d'après une huile de Hyppolythe Coutau, 1896, "la rentrée des chasseurs". Musée d'Art et d'Histoire, Genève. Maquette Serge Aeschlimann.
Couverture :
DÉPARTEMENT
D'ANTHROPOLOGIE ET D'ÉCOLOGIE
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uur.lveRstrÉ oe CIEnÈve12, rue Guslave-Revilliod cH-1227 cAlr()ucË / $Ul'î$F
Jean-Louis Voruz
Le Néolithique suisse
Bilan documentaire
Avec la collaboration de
Serge Aeschlimann,
Alain
Gallay, Patrick Moinat, Yves Reymond et ArianeWiniger
Document du Déparæment d'Anthropologie et d'Ecologie de I'Université de Genève, No L6 Genève 1991
A Nanock
tr NEour{lQuE sutssE
AVANT-PROPOS
Entre les sixième et troisième
millénaires av.J.-C., le Néolithique
représente,de loin,
la période de la préhistoire la mieux connue en Suisse.Grâce à ses nombreux villages lacusffes, les célèbres
"palafittes", explorés depuis plus de 130
âos,I'archéologie de cette période se singularise par la richesse etlavanétÉ des vestiges, mais aussi par une documentation scientifique abondanûe et portant sur des domaines variés de
la
connaissance, comme lachronologie absolue, I'architecfure,
l'économie, l'écologie, I'alimentation, etc.A
cette richesse documentaire, reconnue depuisfort
longtemps, s'est ajoutéeces vingt
demières années une progression spectaculaire de l'archéologiede
sauvetage, aussibien en milieu
terrestre, par exemple au Tessin,en Valais ou
dansle
Bassinlémanique, qu'en
milieu
lacustre, comme dans les lacs de Neuchâtel, de Bienne, de Zurich, de 7nug,etc. Le
Néolithique suisseest ainsi
devenu un domaine d'étude pluridisciplinairefort
complexe etdifficile
à aborder, d'autant que les publications sonttÈs
disparates,et
quclcs
synthèsesont
déjà bienvieilli,
la demière datant de plus de dix ans (Winiger1981).
Cet ouvrage n'est pas une nouvelle synthèse au sens
noble du
terme,mais
seulementune
base descriptive, compilatoire, abrégée, de I'ensemble du Néolithique suisse, destinée à en faciliter l'approche, particulièrement pour les étudiants, les archéologues ou les chercheurs d'autres disciplines intéressés par cetûe période.De manière à les rendre plus
facilementcomparables
les unes aux
autres,les
culturesarchéologiques
sont
présentéesselon un
cadredescriptif commun, le plus condensé possible, ce qui explique
la
forme non littérairedu
chap.IV
et le caractère très dense des planches typologiques qui I'accompagnent,comme une sorte de
catalogue d'antiquaire.Cet
aspect purement compilatoire ettypologique transparalt également dans
la présentation des bases documentaires (chap.I),
dansles
cartesde
répartition géographique, dans lestableaux chrono.typologiques illustrant
les recherches diachroniques(fig. ll
à 29), et bienstr
dans les références bibliographiques.
En
revanche,nous avons pris la liberté d'exposer
plus littérairement, dansle
chap.V,
tout ce qui concemeles
"champsdu spirituel", art
rupestre, rituels funéraireset
mégalithisme,qu'il nous
paraissait nécessaire de dissocier de la typologie matérielle. De même, nous proposonsau
chap.III un
scénariohistorique général du Néolithique suisse, qui relève
d'une interprétation toute
personnelleet
trèshypothétique, et en abordant quelques aspects de la dynamique évolutive,
ce qui
nous pennettait dejustifier le découpage culturel retenu et de relativiser le côté très arbitraire de certaines de ses limites.
Enfin, à
ce bilan d'ordre explicatif, nous avonsjoint
un bilan hisûorique (chap.II),
ainsi qu'un bilan méthodologique dela
recherche actuelle, qui forme I'essentiel du chap.VI
concluant cet ouvrage.De
nombreuses personnes nousont
aidéà
le réaliser.Que
ûoutescroient en notre plus
vive gratitude !En premier lieu,
il
faut savoir que la typologie du chapitreIV
résulte d'un travail collectif de séminaireréalisé au Département d'Anthropologie
deI'Université
de
Genève durantI'hiver
1988-89.Y
participèrentAriane Winiger et Patrick
Moinat, Assistants,qui ont
présentéles
culturesde
Saint- Léonardet
de Port-Conty, ainsi que Marie Besse, Jean-FrançoisBuard, Isabelle Chenal,
Karoline Mûller, Pierre-Yves Nicod, Laurence-Isaline Stahl etFrédérique Varlet, étudiants en
archéologie préhistorique.Qu'ils
sachent que nous gardonsun
excellent souvenir des fructueuses discussionsqui
ont animé ce séminaire.7
AVANT.PROPOS
Reconnaissons aussi
notre dette
envers notre Directeur,le
Professeur Alain Gallay, qui a préparé la majeure partie de I'historique des recherches et quinous a fait part de
nombreuses critiques, ainsi qu'envers Marie-Noëlle Lahouze, qui a mis en forme la bibliographie, Alexandre Chevalier, Leila Gaude et Corinne de Haller, qui se sont occupés de la saisie du texte, Jean Gabriel Elia,qui
a effectuéla
mise en page, Christian Simon, qui nous a utilement conseillé pour I'anthropologie, et Yves Reymond, qui a mis aunet les cartes et certaines figures, et qui a préparé la maquette de la couverture.
Nous n'oublierons pas non plus Françoise Favre, Jacqueline Joly et Françoise Bûhlmann, qui nous ont aidé, à titres divers, dans cette tâche.
Nos remerciements vont également aux nombreux collègues qui nous ont foumi maints renseignements
inédits,
et qui
nouson[
autoriséà en faire
état,Juliette
Bois-Gerets,Christine Brunier,
Anne- Catherine Castella, Juliette Clutton-Brock, Mireille David, Anne Hasler, Christiane Kramar, Gervaise Pignat, Dominique Baudais, Alain Beeching, Ricardo Carazzetli,Louis Chaix, Pierre
Corboud, Pierre Crotti, Michel Egloff, Nagui Elbiali, Sébastien Favre, Mad<us Fischer,Gilbert
Kaenel,Manuel
Mottet,Piene Pétrequin, Denis Ramseyer,
François Schifferdecker, Christian Strahm, Denis Weidmann, Josef Winiger, Klaus Wolf et René Wyss.Enfïn, mention spéciale doit être faite pour Serge Aeschlimann,
qui a
dessiné avec grand talent'lesvingt
planches typologiquesfomrant le
corpsessentiel de cetæ base documentaire.
CHAPITRE PREMIER.
BASES GEOGRAPHIQUES ET DOCUMENTAIRES
Pour
bien
appréhenderle
Néolithique suisse,il faut
s'intéressernon
seulementà la
géographiephysique, dont
la
vanété est bien connue, mais aussi àla
géographie humaine, car la base administrativede I'Etat
helvétique, c'est-à-direle
fédéralisme,conditionne grandement l'organisation
deI'archéologie.
Le
tenitoire suisse, dont la frontière politique ne suit que très rarement unelimite
naturelle, peut sediviser
en
quatre zones.Au
nord-ouest,la
chalne calcairedu
Juraest
forméede
longs plissements parallèles entrecoupés de "cluses" qui sont autant de voies de passage transversales. Au centre, le "Plateau suisse" (Mitælland),qui
n'arien à voir
avec une plaine, est une vaste dépression tectonique remplie de molasse tertiaire puis recouverte par les divers dépôts morainiques des irùandsis glaciaires successifs du Quatemaire. Le relief qui en résulte est très accidentéet fort varié,
avecun
réseau hydrographique très dense et de nombreux lacs de toute dimension, dont les deux plus grands, le lac de Constance (Bodensee) etle
Léman (Genfersee), forment frontière avec le Bade-Wtirttemberg et la Savoie, tout en étant le point de départ, avec le Rhin et le Rhône, de deux voies de communication nord-sud primordiales.Au
sud, le massif alpin forme une masse cristalline répulsive et imposante, mais de profondeset
larges vallées le pénètrent profondément, permettantau
premierpeuplement humain de s'implanter
facilement jusqu'enson
coeur.Enfin, au
sud-est,le
versantméridional des Alpes
,
avecle Val
Mesocco et leTessin, s'ouvre sur
la
plaine lombarde. I1 se trouve donc directement conditionné, pourle
Néolithique, par les cultures d'Italie du nord, dont les influences en direction du nord vont également être déterminées parles grands cols alpins.La
densitéde
population actuelleétant
trèsvariable entre ces quatre zones, de
grandesdiscordances existent dans l'état de la documentation
LE NEOUTT{rQI'E St ISSE
archéologique.
Le
massif jurassienn'a fait
l'objet d'aucune prospection systématiqueni
d'aucun grand travail de géniecivil et
n'est donc connu pour le Néolithique que par quelques grotteset
abris sous- roche, dontun
seul,l'abri
Freymond, afait
lobjet d'une fouille modeme.Au
contraire,le
Plaûeaua été
intensément prospecté dès le milieu du 19ème siècle, surtout aux abordsdes lacs qui ont fait la
célébntéde
la"civilisation palafittique", et où de
nombreusesfouilles de sauvetage récentes ont
dt
être pratiquées.Il
regroupede ce fait plus de 70 % des
sites néolithiques connus à ce jour.Dans les Alpes,
où
seulle
Valais central a faitI'objet de
recherches suivies,le
déséquilibre de I'information est là aussi flagrant.Les cartes de répartition doivent être interprétées avec grande prudence, de nombreux vides n'étant dus qu'à cet état de fait.
A
ces disparités géographiques s'ajoutent, de manière beaucoup plus frappante que dansles pays voisins, de très fortes
variations quantitativeset
qualitatives dansla
documentationarchéologique recueillie, comme le
monffeparfaitement
la
typologiedu
chapitreIV.
De plus, l'archéologie des milieux lacustres se heurte, encore de nos jours, à une difficulté particulière, celle de la gestiondu
nombre.De
manière paradoxale, lamaftrise des
importantes collections issues despalafittes n'est pas du tout assurée par l'archéologie suisse, qui se contente encore très souvent de simples éclairages d'ordre technologique
sur
des artefactsparticulièrement
bien
conservés.Par
exemple,il
n'existe aucun classement typologique des outils en
silex,
alorsqu'ils
se dénombrentpar
dizaines de milliers.Le
fédéralismede I'Etat
helvétiquea
deuxconséquences directes pour I'archéologie, qui relève essentiellement des cantons.
La première est I'absence d'organisme central de
9
BASES GBOGRAPHIQT'ES BTDOCUMENTA]RES
recherche fondamentale, type CNRS français, et donc
le
trèsfaible
nombrede
chercheurs, moins d'une dizaine. Ceux-ci dépendent surtout des universités etne peuvent donc guère s'attacher à
desproblématiques thématiques
à long
ûerme, commel'étude des
paléo-environnements, I'archéologieterritoriale, la
provenancedes matériaux,
la tracéologie, I'expérimentation technologique, etc.La seconde, plus heureuse, est
le
développementpar
cantonde
l'archéologiede
terrain, avec une politique d'intervention relativement efficace, d'où un grand nombrede fouilles de
sauvetage,et
uneinformation de la population très
profitable, efficacement relayée par certaines sociétés comme la Société Suisse de Préhistoire et d'Archéologie.Il
enrésulte un nombre de publications très élevé, plus de 40'000 pages pour le Néolithique depuis 1960, ainsi
qu'un nombre impofiant de
musées régionaux complétantle
MuséeNational
Suisseinstallé
àZurich. Par contre,
un
inconvénient de ce système fédéraliste est à relever:
celui dela
disparité selonles cantons de I'organisation politique
de I'archéologie. Certains canûons ont élaboré très tôt des lois protégeant le patrimoine ( Vaud et Neuchâtel dès les années 1860 par exemple), tandis que pour d'autres existent encore des vides juridiques fortimportants, ce qui accentue le
déséquilibre géographique dela
recherche archéologique. L'état des connaissances est donc très variable d'un canton à l'autre.Dans notre bilan documentaire, nous désignerons toujours les sites par leur nom propre ou le nom de
leur commune
suivi
deI'initiale
en majuscules ducanton
concemé.En voici la liste, par
ordre alphabétique, avec lesdivisions
en "demi-canton"(fig. 1):
AR Appenzell Rhodes-Extérieu res (Âussere-Rhoden)
IR
:
Appenzell Rhodes-Intérieures (Innere-Rhoden)AG
:
Argovie (Aargau)BL :
Bâle-Campagne (Baselland) BS:
Bâle-Ville (Baselstadt)BE:
Beme (Bem)FR
:
Fribourg (Freiburg) GE:
Genève (GenDGL:
GlarisGR
:
Grisons (Graubiinden)JU:
JuraLU :
Luceme (Luzem) NE:
Neuchâtel (Neuenburg) SG:
Saint-Gall (Sankt-Gallen) SH:
Schaffhouse (SchaffTrausen)SZ:
SchwyzSO
:
Soleure (Solothum)TI :
Tessin (Ticino)TG
:
Thurgovie (Thurgau) NW :Untenvald-Nidwald OW : Untenvald-ObwaldUR:
UriVS
:
Valais (Wallis) VD:
Vaud (Waadt)ZG:
Tnug(Zug)ZH: Zuich(Zûrich)
La principauté du Liechtenstein, dans laquelle se
trouvent plusieurs sites
du Pfyn
ancien,du
Pfyn classique, du Horgen et du Tamins, est désignée par I'abréviation FL.LD NEOU1I{IQUE STJISSE
TG U
ZH AG \,
\
SGN GL
\ t tU
UR
FR
\.t
BE
V
DGR
TI VS
ALLEMAGNE
I I II
FRANCE
IFL
AUTRICHE
ITALIE
1O0 Kms
7).:
t
E
BS
Figure
1.
Carte politique de la Suisse, découpée en 26 cantons ou demi-cantons. FL= Principauté du Liechtenstein.- ll -
CHAPITRE II. HISTORIQUE
par Alain Gallay
etJean-Louis Voruz
a) 1854-1920: Ia découverte.
La
découvertedu
Néolithique suisse remonte àl'hiver
1853-54, lorsque Ferdinand Keller, fondateur et président de la Société des Antiquaires de Zurtch, reconnut pour la première fois le caractère très ancien des pieux de la station palafittique d'Obermeilen ZH.Les recherches archéologiques
vont
dèslors
semultiplier
:
"plongée" surla
station de Morges VD dansle
Léman (1854), fouilles de sites de tourbière livrant des planchers de cabane encore intacts (1862, Niedenuil TG), ramassages sur les plages dégagéespar
l'abaissementartificiel du niveau des
lacsjurassiens (1871-1888), etc.
Parallèlement, les premières tombes en ciste furent dégagées en Suisse romandeà Pully VD,
Chamblandes (1860), alors qu'une première découverte faiteen
1825 àhlly,
Pierraz-Port ay, étut passée inaperçue.
Le
modèle dela
station lacustre sur plateforme, proposé d'après des références ethnologiques, connutau
l9ème siècleun
impact social considérable, le nationalisme suissede
l'époque,qui devait
serecomposer après les troubles politiques
de
1848,abusant de
la
formule romantique "nos ancêtres les lacustres " pou r promouvoir I'identité soci ale.Dans les premières années de ce siècle, on élabora les premiers classements des matériaux accumulés, et
régulièrement publiés dans la
revue"Pfahlbauberichte".
Alors que les
chercheursallemands
reconnaissaientdéjà certains
stylescéramiques distincts, I'ensemble
du
matériel suisse fut regroupé sous le terme unique de "Robenhausien"(de
Mortillet
1881) ou de "céramique palafittique"(Reinecke
1900). Les
tentativesde
classementinteme (Gross 1883, Heierli 1901)
suivirentLE NEOLITI{IQUE SUISSB
l'hypothèse d'un perfectionnement progressif de la céramique
au sein d'une même civilisation
et n'utilisèrent que des données typologiques.Cette première période, de 1854
à
l92O environ, se caractérise donc par la découverte des matériaux,le
comparatisme ethnographique etla
classification stylistique.b) 1920-L945
z lesstratigraphies.
Les
années 1920-30vont être
marquées par I'exploitationdes
premières stratigraphies,par
la définition des entités culturelles, et parla
mise en place du concept de "civilisation", aboutissant à ungrand
débat : le Néolithique suisse est-il formé par l'évolution d'une civilisation palafittique unique, oubien par la succession de
civilisations indépendantes ?Ce toumant va être amorcé par les remarquables travaux de Paul Vouga sur le lac de Neuchâtel. Après une série
de
fouilles stratigraphiques d'une grande rigueur,il
put proposer en 1929 une chronologie du Néolithique lacustre qui reste encore en grande partie valable actuellement :- Néolithique lacustre ancien, - Néolithique lacustre moyen, - Néolithique lacustre récent, - Enéolithique.
Le
classement concurrentde Hans
Reinerth (1926), dont le fondement était avant tout stylistique, reste par contre d'un intérêt moindre.Emil Vogt
(1934) s'éleva contrela notion
de civilisation néolithique unique, et proposa les basesl3
HIS1ORIQ1JE
du classement actuel, en distinguant les civilisations de Michelsberg, de Cortaillod, de Horgen, etc. Bien qu'influencé par I'archéologie des peuples,
il
restapeu explicite sur la véritable nature des groupements opérés.
c) 1945-1969 : la typologie.
Une troisième
$riode,
de I'après-guene àla fin
des années 1960, peut se définir par la spécialisation typologique,
la
recherche des fossiles-directeurs, le comparatismeprimaire, la
synthèsede
chaqueculture,
la
remise en causedu
modèle lacustre, ladéfinition par I'anthropologie physique
des populations,et la
reconnaissance des principaux ritucls funéraires.Le
contenu des civilisationsfut
précisé par les travaux de Victorine von Gonzenbach (1949) sur leCortaillod, et d'Emile Baer (1959) sur
le Michelsberg, concept critiqué par Jûrgen Driehaus(1961) qui
distinguapour la
premièrefois
lacivilisation de Pfyn, propre à la Suisse, en isolant ce groupe du Michelsberg rhénan.
Dans les Alpes, les fouilles de la
Société d'Histoire de la Principauté du Liechtenstein, dirigées par David Beck de 1942 à 1947 sur le site d'Eschen- Lutzen$ietle, furent longtemps les seules références chronologiques disponibles.Le
Musée National etEmil
Vogt participèrent à ces ftavaux en 1945. En Valais,il fallut
par contre attendre les fouilles de Marc-Rodolphe Sauter à Collombey-Barmaz (1947-1955), puis
à
Saint-Léonardet
à Rarogne (1957 à1962), pour
voir
démaner une véritable recherche néolithique alpine, I'impulsion de "l'école genevoise"s'y faisant ressentir de manière bénéfique jusqu'à nos jours (Baudais et
alii
1990).L'utilisation
des datationsCl4 est
restée très longtemps marginale, les liens de crossdating établis avecla
Méditenanée orientale entraînant une sous- estimation importantede la durée globale
du Néolithique.C'est à cette époque qu'Emil Vog[, s'inspirant des
travaux d'Oscar Paret (1946), remit en question le
"mythe des cités lacustres" (Pfatrlbauproblem, Guyan et
alii
1955), et devint I'ardent défenseur des stâtions palafittiques terrestres. Dès 1950, ses fouilles dans le marais de Wauwil @golzwil 3 et 5 principalement) avaient en effet mis aujour
des sols d'écorce et desfoyers
posés directementsur la craie
lacustre,exondée au moment de l'occupation humaine. Mais en 1951, Wemer
Liidi
maintint la théorie des stations lacustres en se fondant sur les sciences naturelles :considérer toutes les stations comrne terrestres serait priver certains lacs de leur émissaire.
Les années 1960 virent
le
début des recherches palafittiques modemeset des
grands travaux de sauvetage organisés dans le cadre de la constructiondes
"routes nationales".Dès
1963,Ulrich
Ruoff expérimenta les techniques de fouilles subaquatiques dans le lac de Zunch et la première grande fouille en plongée eutlieu
pendantI'hiver
1967-68à
Zurich,Kleiner
Hafrrer.En
1964 débutèrent dansla
baie d'Auvemier des fouillesde
sauvetageà
I'intérieur d'un caisson de paleplanches, dirigées par ChristianStrahm, Alain Gallay et
Jean-Pierrre Jéquier.Parallèlement, de grandes
fouilles
sur des sites detourbière permirent de mieux
comprendre I'archiûecture néolithique. Citonspar
exemple les travaux de Walter-IJlrich Guyan à Thayngen-WeierSH
(1962-63)et
de Hans Waterbolkà
Gachnang-Niedenvil
(1962-63).La
dendrochronologie fututilisée pour la première fois en 1963
poùr synchroniser les stations de Burgâschi-sud BE et de Thayngen SH.La compréhension de
la
structure du Néolithique suisse resta longlemps dominéepar les
travaux d'EmilVogt
(1961, 1967). L'unanimité sefit
pour rattacher le Cortaillod à la diffusion méditerranéennedu Néolithique moyen par
"appauvrissement marginal" à partir du Chasséen'(Bailloud et Mieg de Boofzheim 1955), certains sites comme EgolzwilLU
ou comme le Vallon-des-Vaux VD, fouillé en 1963- 64pu
Madeleine Sitterding (1972), possédant des composantes nettement chasséennes.Le
Horgen, à cause de sa céramique très grossière et de sa position stratigraphique toujours nettement séparée du Pfyn ou du Cortaillod,fit
alors couler beaucoup d'encre, Emil Vogt le comprenant par exemple (1961) comme un groupe humain intrusif. Au contraire, à lafin
des années 1960, la majorité des auteurs considéraient le Horgen comme une "régression", à partir du Pfyn ou du Cortaillod, avec une même population stabilisée dès le Néolithique moyen (Sauter et Gallay 1969).Les fouilles
d'Olivier-Jean Bocksbergerà
SionVS,
Petit-Chasseur (1961-1969) foumirent pour lapremière fois une image complexe
du Campaniforme, maisla
séquenceétait difficile
àcorréler avec
le
Plateau suisse.En
1968,Alain
et Gretel Gallay proposèrent de synchroniserle
CordéLE NEOUTI{IQI,E STJISSE
avec I'ensemble Campaniforme-Bronze ancien
I-III (Iig. 2),
schémaqui ne
sera remiscn
causc que récemment, grâceà la
calibration des dates C14 (Gallay 1988a).d) 1970-1990 : la chronologie.
La
quatrième période historique,de
1970 à nos jours, se singularise par une accélération notable de la recherche,les moyens techniques et financiers misà la disposition des néolithiciens croissant de manière exponentielle.
Le
redéploiement dela
curiosité tout azimuth est manifesteet
peutêtre conélé à
uneprofonde remise en cause des
fondementsméthodologiques de l'archéologie.
Comme caractéristiquesde
cette demière phase,on
peutretenir la
recherched'une
chronologiesûre,
la définition dela
notion d'industrie, I'utilisation de lanotion
statistiquede
distance,la
recherche demodèles théoriques,
le
formalisme,la
création deI'ethno-archéologie, et les premiers
essaisd'archéologie spatiale.
Les
années 1970virent la
multiplication des synthèses et des bilans généraux, notamment sur le Horgen(Itten
1970),le Pfyn (Winiger
1971), le Cordé (Strahml97l),
etle
Cortaillod, pour lequelAlain Gallay
(1977)puis
François Schifferdecker(1979) vont élaborer de nouvelles
méthodesanalytiques
: la
céramiquenest plus
considéréecomme une suite de formes comparées cas par cas
comme dans un catalogue d'antiquaires, mais comme
un
ensembleindustricl
structuré,les
différencesd'effectifs entre les formes ou les
caractèresdécoratifs ayant une certaine signification
àdécouvrir. Ctrristian Strahm, après avoir cherché des termes
de
passage purement occidentaux entre leCortaillod et le
Cordé,d'où sa
proposition descultures de Lûscherz
et
d'Auvemier (1969), utilisaégalement ces principes
méthodologiques, en fournissanten
1973,à partir de la
stratigraphie d'YverdonVD, le
premier diagramme évolutif d'un ensemble céramique(frg. l2). Il
montra alors le caractère très progressif des changements culturels.En même temps,
il fit
rebondir la question de I'habitat lacustreen
revenantpour les sites du lac
deNeuchâtel
à
I'interprétationde
cabanes surélevées construites en zone inondable. Le nouveau débat qu'il provoqua ainsi suscita de nouvelles approches du problème, aussibien par les
naturalistes (Magny1978, Tmels-Smith 1981, par exernple) que par les archéologues généralistes, Pierre Pétrequin en tête.
Le
cadreculturel fut
encore complétépar
ladéfinition du Tamins @rimas
1977),du
Saint- Léonard comme faciès régional du Cortaillod (Sauter et Gallay 1969), et du Port-Conty, ce demier étant considéré, grâceà
des bases stratigraphiques stres(fig. 11), comme
I'aboutissementd'un
phylumoccidental Vallon-des-Vaux - Cortaillod "classique" -
Cortaillod "tardif' - Port-Conty
(Schifferdecker 1979). Enfin, I'ensemble du Néolithique récent etfi-
nal de Suisse rcmande et de I'est dela
France fut regroupé dans la" Civilisation Saône-Rhône" (Strahmet
Thévenot 1976),notion
récemment remise en cause par Piene Pétrequin (etalli
1988). En Suisse orientale, Iosef Winiger (1976, 1981b,...)livra
desréflexions originales en précisant
le
contenuet
la chronologiedu Pfyn et du
Horgen(fig. 28),
avec I'analysede
toutes les catégories de matériaux, la beauté formelle des artefacts étant considérée comme significative d'un langage néolithique, d'une certaine sémantique.De très
grandesfouilles planifiées vont
sedévelopper au bord des lacs de Zui.ch, de Bienne, de
Morat et de
Neuchâtel,en
conséquence d'une conjoncture économique toujourstrès forte, et
le nombre des archéologues de tenain va décupler aucours des années 1970. Le dynamisme ainsi créé va aussi profÏter à trois autres régions, le Valais central (Sion Petit-Chasseur,
fouille
extensivede
1971 à1979, reprise en 1988),
le
Léman, ce parent pauvre de I'archéologie lacustre, etla
rive thurgovienne du lac de Constance, où fut organisée une des premières prospecl.ions systématiques (Winigeret
Hasenfratz1985).
A la
suite de deux fouilles subaquatiques àMorges
VD
(1977), et à Corsier GE (1978), Pierre Corboud lança dans le Léman un second programme prospectif, qui est encore en cours en 1990.L'accroissement spectaculaire des données sur le Néolithique lacustre suisse
va
favoriser plusieurs voies de recherche. Dans le domaine naturaliste tout d'abord, trois disciplines vont se mettre en avant, la sédimentologie, appliquée aussibien aux
dépôts anthropiques qu'aux sédiments purement lacustres également étudiés parla
limnologie,la
botanique, avec en particulier l'étude des macro-restes végétaux,qui
donneratrès vite de
nouvelles informations paléo-écologiques,et
surtoutla
dendrochronologie,qui
permettrade mieux
comprendre I'architecture (chronologie relative des villages), et qui établira la-15-
HISTORIQUE
chronologie absolue.
L'étude de l'évolution
de certaines cultures peut se faire désormais, grâce àelle, au siècle près, comme par exemple pour le Cor- taillod entre
le
38ème etle
35ème siècles av. J.-C., pourle
Pfyn entrele
37ème etle
36ème, pour le Horgen entre le 32ème et le 29ème, etc.Dans
le
domaine archéologique ensuite, c'estsurtout I'analyse
de la
culture matériellequi
vaprofiter de la
multiplication des collections, maissurtout en ce qui
concemele cadre
chrono-typologique. L'étude exhaustive
thématique, technologique ou typologique, de certains matériaux va enfin être abordée, mais en restant limitée à dessites particuliers conditionnés
par les fouilles
de sauvetage,à
I'exceptiondes
travaux précurseurs d'Emil Vogl sur les vanneries et les tissages (1937), de Rudolf Strôbel sur les silex (1939), et de Hans- Jorg Mûller-Beck sur les objets en bois (1965).Citons par exemple les analyses de Margarethe Uerpmann sur les silex (1977, 1981), de Catherine Buret ou Christophe Willms sur les outils en roches
dures
(1980), de Josef Winiger sur les
haches(1981c), d'André Billamboz (1979,1982) ou Peter- Jean Suter (1981) sur les outillages en bois de cerf, de Jean Desse (1977), Elisabeth Bleuer (1988), Jôrg Schibler (1981), Curt Murray (1982) ou Jean-Louis
Voruz
(1984) surles
industries osseuses, etc. La plupartde
ces travauxfont
appelà
des langages descriptifs codés et quantifiés, et utilisent largement les techniques de la statistique descriptive simple, ou,plus
rarement,de
I'analyse factorielle multivariée (frg. 17 et29).Les années 1980 marquent un nouveau toumant, à travers I'introduction de la calibration des dates C14.
La
synchronisation des séquences teffestreset
des séquences dendrochrologiques apportaun
nouvel intérêt pour les sites terrestres. Un des événements marquants de cetûe décenniefut la
découverte d'unNéolithique ancien terrestre d'origine
médi- terranéenne précédant largement f installation au bord des lacs,le
Néolithique suisse vieillissant en consé- quencede plus d'un millénaire. Cet intérêt
est également marqué par les prospections entreprises enValais de
1985à
1989et par la
découverte du Néolithique tessinois, avec la fouille du bel éperon de Castelgrande à BellinzoneTI,
en 1984et
1985. Un regain d'intérêt pour le domaine rituel suivit aussi la redécouvertede l'art
rupestreet du
mégalithisme (Saint-Léonard, Yverdon,Lutry) ou la fouille
denouvelles nécropoles (Lausanne
VD, Pully
VD, Corseaux VD, Sion VS, etc.).Le cadre chrono-typologique va être précisé pour
le
début du Néolithique moyen, toute l'évolution duCortaillod ancien ayant été découverte
en stratigraphie àZurich Kleiner Hafrrer (Suter 1985, etalii
1987).La
question du Cordé connut égalementun
nouveau rebondissement,la fouille de
Zurich Mythensctrloss (Hardmeyer1983)
renversant la chronologie proposée précédemment.Enfin, I'on retiendra de cette période subactuelle
le
foisonnementde
recherches théoriques ouméthodologiques, le discours
archéologique connaissant désormaisune extrême variété
de langage, du plus littéraire au plus codé. L'utilisation de nouvelles notions comme l'équilibre industriel, la chalne opératoire,le
dynamismeévolutif, le
"site catchment", etc., montre que dans de nombreux cits,la
recherchedu
cadre chrono-typologiquea
atteint ses limites,et
peut être dépasséeau profit de
larecherche des
composanûes socio-économiques globales des sociétés. Citons par exemple les travauxd'Alex
Furgeret
Fanny Hartmann (1983), d'AlainGallay
(1987), d'Anne-Marieet Pierre
Pétrequin (1988), ou de Josef Winiger (1981b). Par contre, un retard cefiain a étÉ pris en ce qui concemela
tech- nologie, la synthèse de René Wyss (1973) restant à cejour la
meilleure référence de base. Demier fait marquantde
cette décennie,le
recoursà
I'ethno-archéologie permet, soit d'expérimenter
dessituations archéologiques techniques reconnues en
fouille, comme par exemple la
dégradationdifférentielle des vestiges en milieu
lacustre@étrequin
1980), soit, but plus
ambitieux, dechercher
des
"régularités" sociales transposables d'une société à I'autre (Gallay et Huysecom 1989).BRONZE
ADLERBERG SINGEN
ALTHEIM
SCHUSSEN.
RIED
LE NBOUflIQt E SIJISSE
20m 1500 c14 1500
-
REMEDELLOAUVERNIER
SAUN€RIE
YVERDON
AVE NUE DES SPORÎS
LÛSCHERZ TARDIF
AUV€RNIER TRANCHEE TRAM AUVE8NIEN PONÏ NIV. 3
PORI.CONTY
CORTAILLOD CI.ASSIOUE
ONNENS, IIVOLI ,oz
I lo zI I 6 2000
sroN DOLMEN
2500 2500
MOYEN BOURGIGNON
MARCITTY SUR TIIIE
3000 SAINT
LEONARD
SAINT LEONABD stoN. Ntv tNF
VALLON DES VAUX
3000
CHASSËY
-
LAGOZZAEN 35m
Figwe
2.
Cadre chronologique et dynamique du peuplement néolithique suisse, bilan des connaissances en 1975, d'après Alain Gallay (1975 p. 17). Datations C14 conventionnelles non calibrées. En blanc, "civilisations" d'origine méditerranéenne, en noir dbrigine cenEe-européenne.3500
t7-
SUISSE ORIENTALE
MESOLITHIQUE TARDIF
SUISSE OCCIDENTALE
LE NEOLITHIQT'B SIJISSE
CHAPITRE III. CHRONOLOGIE
a) Les
bases dela chronologie.
Aucune des deux
méthodesde datation
du Néolithique, dendrochronologieet Cl4, ne
couvre encore I'ensemble des cultures néolithiques suisses.En dendrochronologie, on dispose de "séquences"
relatives indiquant par région la
croissancehomogène d'une
"famille" de bois,
séquences qui peuvent être,soit
utiliséesen
chronologie relative inteme, soit corrélées à des "étalons" absolus fixéspar
divers laboratoires, comme l'étalonA200
de Stuttgart, qui couvre la période 4089 à 540 av. J.-C.(Becker et
alii
1985), et qui vient même d'être poussé jusque vers 7800 av. J.-C.Pour le Néolithique
suisse,la plupart
desséquences
du
chêneont pu être
étalonnées dans I'absolu, et quelques chercheurs élaborent petit à petit d'autres étalonnages, avecle
frêne,le
mélèze ou le pin.Les séquences archéologiques qui ont été ensuite établies, c'est-à-dire la réunion par région des phases d'abattage des
bois, à ne
pas confondre avec les séquences précédentes, ne couvrent pour f instant quela moitié du Néolithique, avec des
intervalles s'étageant inégulièrement entre 3867et2417 av.I.-
C., commele
montrela
figure3
(Schifferdecker et Suter 1986, p. 35).L'interprétation archéologique de ces phases est parfois délicate, car la corrélation entre le bois daté,
un pieu vertical le plus
souvent,et
I'ensemblesédimentaire renfermant
le mobilier, est
souventdifficile à
réaliser.En
étendantles
courbesde
la manièrela plus optimiste
possible, d'après les modalités relativesdu
peuplement,on
obtient les séquences culturelles dela
figure 4.Le
fait que les cultures les mieux datées, Cortaillod, Pfyn, Horgen,Ltischerz,
Auvemier et
Cordé, soientles
mieux connues typologiquement doit être interprété comme un hasard de l'échantillonnage actuel des fouilles. La plupart des limites entre cultures restent donc, malgré l'étonnanteprécision de la
dendrochronologie, relativement incertaines,à un siècle près
enmoyenne,
à
I'exception peut-êtrede la
premièremoitié du
troisième millénaire, périodela
mieux connue, surtout en Suisse romande.Les dates C14 utilisables aujourd'hui, c'est-à-dire celles qui ne recouvrent pas des ensembles datés en
dendrochronologie,
peuvent être prises,
soitindividuellement, soit par moyenne calculée lorsque plusieurs dates d'un site concement le même horizon stratigraphique, par exemple pour
le
Campaniforme du Petit-Chasseur datable à 2450-2350(fie.
5), soit encorepar
agglomération statistique d'ensembles géographiques ou culturels, à I'aide d'histogrammes(ng. 6). Une
réduction supplémentairepeut
être obtenue en lissant les histogrammes qui obéissent àune
loi
normale,puis en
calculantleur
moyenneexpérimentale pondérée et leur écart-type. L'exemple de la figure 7 présente une telle synthèse, réunissant environ 900 dates d'Italie du nord, de France et de
Suisse (Voruz 1990b). Elle montre
I'insertion générale de la chronologie suisse dans le Néolithique euroSen.La
calibration des dates C14 suisses permet desituer plusieurs cultures:
le
Néolithique ancien du Valais et de I'abri Freymond, le Cortaillod ancien du Plaûeau @golzwil 3, Kleiner Hafner et Vallon-des-Vaux), le Cortaillod ancien du Valais,
avecI'apparition
des
tombes Chamblandes,le
Saint-Léonard, le Port-Conty (dans une
premièreapproximation récemment précisée par
ladendrochronologie), et
le
Campaniforme, nettement19
CI{RONOLOGIA
postérieur au Cordé lacustre.
Toutes ces
donnéessont
regroupées dans le tableau synthétique que nous proposons en figure 8,avec un
découpage géographique particulier nécessitépar les
disparitésde la
documentation archéologique.Le
Mésolithique récent pose encore problème, car les seules dates disponibles, celles de Birsmatten BE et de Liesbergmiihle BE semblent être trop basses. Cet état de fait est très dommageable, carle
devenir des populationsde
chasseurs mésoli- thiques ne peut pas être correctement apprécié.Les principaux autres problèmes chronologiques qui subsistent pour I'instant se trouvent dans le début du Cortaillod ancien, dans la transition Pfyn-Horgen
en
Suisse orientale, dansle
débutdu
Néolithique final en Valais et autour du Léman, dans la transition Horgen-Cordé, dansla
situation chronologique de Taminset
son évolution inteme,et
dansle
Néo-lithique final du
Tessin,qui
n'est connu que par quelques indices.LENEOU1HIQUE SUISSE
Figure
3.
Séquences dendrochronologiques, d'après Schifferdecker et Suter 1986, fig. 9. En gris, Sriodes de construction attestées et datées sur les rives des grands lacs. En blanc, phases inconnues. Les double-flèches désignent les habitats datés uniquement par Cl4.Bodensee u.
NE-Schweiz Locs du pied
du Jurq
Zûrichsee u îeifensee
i
clxplNrronuej
otoc*eHetttrnslôut - nsôNe
"HOR6EN OCC."
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CORD€ t!
HOR6EN
-2t -
CI{RONOI'CIB
4000
35003000
2000 Av. J.-C.scHiiAtcHBUHL :
SSENRIED
PFYN -
ALTHEIM HORGEN
HAUTE.SOUABE
LEMAN
JURA
.
COMBE D'AINSAVOIE
.
DAUPHINEIOOLBERG III I
LAC DE
CONSTANCg
HORNSTAAD PFYNPFYN
SUISSE ORIENTALE
CORTAILLOD
REGION DES TROIS LACS
classique - tardlf
-
HORGEN(Slpplingen)
HORGËN
HORGEN
PORT-CONTY
-I
LUsc
-
CORDE
COFDÉ
-
t
\
\
c.s.R.c
CORTAILLOD (Gorsier)
-
LUSCHERZ
---
(Morges)ORD
I
NEOL. FINAL - C.S.R
?
-
(Clairvaux lV) (Ghalain)
c.s.R.
I(Anneoy) (Charavln66 - Co
Séquences archéologiques datées par la dendrochronologie, en Suisse et environs. Dans le Jura (Claiwaux tr), le port-Conty vient d'êhe datê à 347 0-3440.
Figure 4.
5500 5000 45û0
LE NEOLITItrQUE ST'ISSE
3500 20ô0
*+
''É,+"-
,l;F!'n
cRG 852
a5r38
CORTAILLOD TYPE PETIT-CHASSEUR
M3
a2r r0 g2r r 6211 t B2^1O
cRo 652
(@G 693)
CORTAILLOD TYPE SAINT_LÉONARD
@ M2)
42a72
| 5500 | I
4500 B?32
@c 5@)
stoN- CAMPANIFORME PETIT-CHASSEUR
I
400
I
3000 '2000
I
?500
Exemple de synthèse chronologique. Datations radiocarbones de la région de Sion VS, représentées par leurs "points moyens" (intersection de la date b,rute B.P. et de la courbe de calibration), et par leurs "segments", définis par un écart-t1pe.
En gras, dates associées de manière certaine à une couche archéologique et à du matériel typologiquement significatif. En pointillés surlignés, dates associées à une couche ou à une structure antlropique évidente, mais sans éléments d'atbibution culturelle. En bais fins, dates incohérentes placées arbitrairement dans I'ensemble chronologique adéquat, ou dates hors- stratigraphies. Echelle du temps en années avant Jésus-Christ (calendrier absolu). D'après Baudais et alii 1990 Ûig.22.
'ruÉoltrHtoue ANctEN'
sroN-coLLtNEs
SION-PLANTA
stoN-sous -LE-SCEX
sroN-ntTz
'_]F+*
SPN.COLLNES
stoN-gous -L€-SCEX
-? Pc i c,r3-r4?l
F{t-(''3
Trr
stÔN- PETIT.CHASSEUR aavrÉsÊ-LA sotE sroN-coLLrNES SION.PLANTA stoN - lOURBILLON tnzrl
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.NÉoLITHIQUE MOYEN I '
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I
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@c 926 18G217) a4365 a2a6
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-..{f+ -
-F . sroN-sous
-LE-SCEX
VEX-LE.CHATEAU sloN- s^rNT-LÉoNAFo- suB-LE- GFANO-
PRg S|ON*
sous-LE-scEx
--{--
sloN-
PETIT.CHASSEUR
(c,16?)
rc r., 13 0)
rc r d.r r?)
t)
ETH4323 aIH4022 as7 944t5 82416 82113
stoN-sous -LE-SCEX SION-PLACElTE
0&59 824tt g24ta B2a&
-t
{a4s7) {a.61
--+_---
+-l-_il-- -HHF_++ --+1J- - .NÉoLITHICItJE FINAL, ] PElIT.CHAS9€UB
stoN-
Figure 5.
23
(x{RONOITOCIB
\
ffi \
DATES CALIBREES Av. J.-C.
I dalar
srpo tooo tooo
Figure
6.
Histogrammes des dates radiocarbones cumulées par Eanches de 50 ans, pour le Plateau suisse et le Valais, uniquement aveb les dates ne faisant pas double emploi avec la dendrochronologie, non compris le Cordé et le Campaniforme. D'après Voruz 1990b fig. 5.o
I
4!O0 4000 3500
5000
LB NEOUT'IIQUE SUISSE
TQOO 2000
io d.t.r
6000
CARDIAL
CORTAILLOD ANCIEN
CHASSEEN MOYEN ET FINAL
IOYI{XC
-J--
l.crnr-tYp:
4000
CERNY
ITALIE NEOLITHIOUE NON CARDIAL
coilartLoD
3000
CONTINENTAL
-XoaoEd
çORDE o
5000 CORTAILLOD
NEOLITHIOUE MOYEN BOURGUIGNON
LAGOZZA
/
seouEnces \
\
or*o*o"*RoNolocrouEs/ "i- -'l
lJt
-
È//ù- I
2441J24
|t-fuI
GROUPES LOCAUX DEBUT NEOLITHIOUE FINAL
NEOLITHIQUE FINAL + CIV. SAôNE-RHONE ENEOLITHIOUE ITALIE
4000 3000 2000
Insertion de la cluonologie du Néolithique dEurope occidentale d'origine méditerranéenne. Histogrammes des dates calibrées des principales cultures. Les petits traits horizontaux indiquent la limite des catégories majeures et mineures, d'effectif supériew ou inférieur à Ia moyenne. A la base des histogrammes, figurent la moyenne expérimentale pondérée et l'écart-type. Le lissage calculé souligne les répartitions qui obéissent à la loi normale. D'après Voruz 1990b fig. 9.
Figure 7
25
CHRONOI.OGIP
Av.
J.-C.
6000
5000
_
4000
_
3000
_
2000
TESSIN
2 VALAIS
5
SUISSE CENTRALE
AG,LU,ZH,..,
6
SUISSE-NORD ORIENTALE ' BS,SH,TG,,..
7 HAUT-RHIN
GRISONS
Mesocco
7
"...rr"j
1 4
LEMAN TROIS-LACS
3
ISOLINO
a,
VBQ
NAV NAJ VBQ NFV
2
6000
5000
_ 4000
_ 3000
2000
Limites certaines + 50 ans Limites f loues + 2OO ans
"f rontière " culturelle nord-sud Néolithique ancien valaisan Néolithique ancien jurassien Vasi a Bocca Quadrata Néolithique final valaisan
6
2
Figure
8.
Synthèse chronologique du Néolithique suisse. En majuscules, principales cultures. En minuscules, sites particuliers, faciès ou stades ch,ronologiques.PFYN ANCIEN
It-ut et le
NAV
RUBANE
Egolzwil
? ?
?
2
Cistes Chamblandes-Menhirs
F tt
WauwilMÉ SOLITHIQUE RE CENT
NAJ
HOGUETTE
CORTAILL
(CHASSÉEN)
K.Haf ner
GROSS_
GARTACH
Vallon-des -Vaux
D ANCIEN
TAILLOD
Petit-
Chasseur Corsier SAINT
- coR
LÉONARD
Twann UH
I
PORT- CONTY
PFYN
I I? ? ?
M XII
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NFV -g-
MVI2
AUVERNIER
Clendy Schôtf
c
lisdorfMythenschlossORDE
Morges
TAMINS
?
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?
LÛSCHERZ
seenweid ?HORGEN
IAMPANIFORME
, Bald LAGOZZA
ENEOLITICO
?
Savognin E