DE L ’U NIVERSITÉ DE C LERMONT -F ERRAND 2 Série Probabilités et applications
A. D ERMOUNE
Opérateurs d’échange et quelques applications des méthodes de noyaux
Annales scientifiques de l’Université de Clermont-Ferrand 2, tome 96, série Probabilités et applications, n
o9 (1991), p. 45-54
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OPERATEURS D’ECHANGE ET QUELQUES APPLICATIONS DES METHODES DE NOYAUX
A. DERMOUNE
Soit H =
L 2(T,dt)
avec T =[0,1] ,
pourchaque entier
d ondésigne
pard d
Fock
(+ H) l’espace
de Focksymétrique
sur 0153 H . Onpeut
doncconstruire
toutej=1 j=1
une
famille d’opérateurs
decréations d’annihilation
de nombreo j
et
d’échange a (t)
pour 1i , j d ,
surl’espace
de Fockmultiple
J J
" "
d
Fock
(
0153H) . j=1
On
considère
parexemple
d =2 ,
et pourchaque (~~ n)
on pose :On se donne aussi une
matrice
m =(m, .)
surC2 hermitienne
et on se propo-i,J ,
se de calculer la
loi
du processus X = At t + A + Z mi .a (t) (cette question m’a
t t .. i,j
i,j été
posée
parMeyer P.A.) .
Le but du
présent
travail est de montrer queX t
est un P.A.I.(processus
àaccroissement indépendant
dansl’état
vide de Fock(H
xH)), d’expliciter
lesopérateurs d’échange
àl’aide
de noyau etsymbole
et de donner une nouvelledémonstration d’un
résultat de
Hudson-Parthasarathy
concernant le processusa+
+ a +c a
t t t
I.
Rappels
etdéfinitions.
1.
Triplet
centré surl’espace
de Fock. Soit Ul’espace
desfonctions étagées
surT ,
pour
chaque
entier n , ondésigne
par Sn (U
xU) l’espace
des tensorssymétriques
d’ordre
n sur U x U noncomplété,
etS(Ux U)
la sommealgébrique
des espaces S(U
xU) .
n
On note
aussi
par S(H
xH) l’espace
des tensorssymétriques d’ordre
ncomplété,
n
l’espace
de Focksymétrique
sur H x H estdéfini
par :où
n!
S (H
xH) signifie
que leproduit scalaire
de S(H
xH)
estmultiplié
n n
par n ! t
Si Pôl(U
xU)
estl’espace
desséries
formelles sur U xU,
alors on a_letri- plet suivant :
On
peut
doncappliquer
lathéorie
de noyau etsymbole
pour lesopérateurs linéai-
res de
l’espace
Fock(H
xH) [BE.F.A. 78], [KR.P.86
+88].
Si ~ et y
sont deuxéléments
de..Fock(H
xH) ,
on notera par~ ,
1p > leproduit
scalaire dansFock(H
xH) antilinéaire en ~
etlinéaire en 4; ,
on notera aussi par la formebilinéaire
surFock(H » H) définie
par :)
=cp , tp > .
(z , z )
est un élement de U x1J ,
on poseraz x n = zn (resp. z1 x n = zn)
2.
Opérateurs
de nombre etd’échange.
Pour des raisonstechniques,
on va donnerici
une
présentation légèrement différente
que celle de P.A.MEYER.Soit
m =(m..)
une matricehermitienne
de01532, qui définit
commesuit
unopé-
1,J
rateur
hermitien
sur H x H :On peut donc par la seconde
quantification définir
unopérateur auto-adjoint dr(M)
surFock(H
xH) .
2 .1.
Noyau
etsymbole
dedr (M) .
D’après
lathéorie
de noyau[BE.F.A. 66] , [KR.P,RA.R. 78] ,[KR.P., 86+881 ,
le noyau-
de d r
(M)
est la série formelledr (M) définie
sur U x U commesuit ,
pour toutéléments
de U XU ,
on a :Si e désigne
le groupeunitaire
sur H x Hengendré par M ,
alors legroupe
unitaire r(ei À M ) engendré
pardr (M)
estdéfini
par : ..
( ihMz)
(2)
=e e où ez
est le vecteurexponentiel
de Fock(H
xH) .
En
combinant (1)
et(2)
onobtient :
3. Processus
d’opérateurs
de nombre etd’échange.
Pourchaque
tE T ,
on pose :On considère la
restriction
de M àHt
xH , on construit
commeprécédemment l’opérateur auto-adjoint qu’on
noteaussi
pardr(M)
surFock(HtxtH).
Partensori-
sation
ondéfinit l’o p érateur M t
=df(M)
0It
surFock(H
xH) , où It désigne l’opé-
rateur
d’identité
de Fock(Ht
xHt) .
On obtient ainsi le processus
d’opérateurs adapté
t +M t
dont le noyau estdonné
par :Donc le
symbole
estégal
à :Pour
chaque couple d’entiers (i,j)
E{1,2} 2
ondéfinit
le processus J dont lesymbole
est donné par :Alors
il est facile devoir
que Nous remarquons quea°
est le processus de nombre surFock(H).
t
i i
Il est donc
naturel d’appeler a (t)
processus de nombre etd’appeler
i J
pour
i#j
le processusd’échange.
Dansl’appendice
nousdonnerons
les formesexpli-
cites
desopérateurs ai(t) , ainsi
que leurs commutateurs.J
4.
Loi du processusXt =
tA
+ A + E m..ai
t t
i9j
1,J J1,J
Soit (E,n)
uncouple
de nombrescomplexes,
on pose :On pose comme dans
[ME. 89] :
Avec ceci le processus
X = A+
+ A + E m..al(t) s’écrit
sous la formesui-
t t t 1,i J
vante :
Nous prenons maintenant une base orthonormée
(V1’VZ)
1 2 deC2
formée de vecteurs2 i
propres
de
M. " Si(e1,eZ)
1 2désigne
la basecanonique
deae2,
alors on note par(ai)
jles
coef f icients
de(V1,V2)
dans la base(e1,e2), c’est-à-dire
Dans cette nouvelle base et
si
on note parHj = L2 (T,V.),
alors on a : tJ
(5)
H XH =H
1 xH2
etFock(H x H) = Fock(H
1 xH ) . 2
..On notera aussi par
U l’espace U8
V. , et on aainsi :
tJ U x x
U2 .
1 2
4.1.
Expression
de X t - dansFock(H1
xH2) . )
Il est
clair
que si on note par(À,À)
1 les valeurs propres de Massociées respecti-
2
vement aux vecteurs propres
(V ,V ) alors
le processus Mt
dans
r’ock(H1
xH ) s’ex-
l 2 t
prime ainsi :
a-’(t)
est le processusd’opérateurs
surFock(H1x H2) symbole
i né par
V(z1,z2) ,
désigne
leproduit scalaire
dans
H~ .
Si (a0(t» désigne
le processus denombre
dansFock (H ) ,
alors.’(.). (a0 2 a 2
~1 1 . ~ 1 t -2 ~ 2
Fock(HJ).
Il reste donc à
exprimer
les processusai(t)
eta0(t)
dansFock (H1x H2
o 1
il suffit
pour celad’exprimer
et dansFock(H1
xH2
Soit
z =z1V1
+z2V2 un
vecteur deH1xH2,
enutilisant
lescoordonnées
dedans la base
canonique (el,e ) , il vient
que :Avec ceci on a :
J
Si on pose :
désigne
le processusd’annihilation
surFock(HJ),
On notera pa-
a (t)
le processusadjoint
dea (t;
- 0
-j
Finalement X t s’exprime
dansFock(H
1
x H2)
commesuit: :
et si on pose :
alors
X t
est la somme de deux processusql(t) +
est un P.A.I.
si
ondésigne
parM 1
t etM 2
t deux processus dePoisson compensés
etindépendants d’intensités respectives
et et delongueurs
de sautégales respectivement à x et X
2 etsi
ondésigne
parB 1
etB 2
deux mouve-_
t t
1
vements
browniens indépendants d’intensités respectives 20132013-2013 et 2 1
alors2 2
on a le résultat
suivant :
PROPOSITION. -
Soit
m =(m..)
unematrice hermitienne de C2, et soit
1.,J
(v1 v2)
unebase orthonormée
de01532 formée
de vecteurs propres de massociés respectivement
aux valeurs propres Alors le processusd’opérateurs :
a pour loi dans
l’état
11 811 deFock ( H x H ) :
a/ Si
m estnon-dé g énérée
alors X t a la mêmeloi
queM 1
b/
Si m estdégénérée
et nonnulle,
on suppose parexemple
queÀ
estnulle,
alors X t
a la même loi que
M 1 +B 2
t q
t t
c/ On
suppose quem = 0
’ alorsX t
a la même loi que 12En plus
la loi deXt
estindépendante
de la baseRemarquer
que lesrésultats
de ceparagraphe
seprolongent
sans difficultés à(E
pour tout d > 2 .
II.
Appendice :
Dans cettepartie
on va donner une nouvelledémonstration (qui
estdéjà
faite dansIDE.A. 891
dans un cadreplus général)
de cerésultat
de Hudson-Parthasarathy,
nous donnerons aussi des résultats concernant lesopérateurs d’échange.
1. On considère le processus
q -
cia+
+ aa
+ À le noyau deq
estégal
à :et pour
simplifier
onprend
a = 1 .Soit
maintenant (M )
t unemartingale
solution del’équation
de structuresuivante :
Il est bien connu
qu’une
tellemartingale
est un processus dePoisson compensé
d’intensité
1 et delongueur
de sautégale à X , voir
parexemple M.Emery ~EM.M.89~.
L’isométrie
deP.A.Meyer, [ME.P.A. 76] définie
par lesintégrales stochastiques multi- ples
parrapport
à(Mt)
donne uneisométrie surjective
I deFock(H)
dansE
T)) .
Pour tout z élément de
U , I(e z)
est la valeurterminale
de lamartingale exponentielle E(z)t , c’est-à-dire
Soit maintenant
Yt l’opérateur linéaire
deFock(H) associé
àMt
parl’isométrie I , c’est-à-dire
où
M t
est vu commeopérateur
demultiplication
dans t CT)) .
Le noyau de
Y t
est donné par :Z~
t zNous posons
J(t) = E[M
t
I(e t) I (e t)] ,
,alors en appliquant
la formule deItô
t
z z
pour le
produit
des troismartingales
M tI(e t) I(e t)
et en utilisant(2)
et(3)
on obtient :
La fonction
J(t)
est la solution de cetteéquation linéaire
avec secondmembre, qui
est doncégale
à :Finalement
1
2. Formes
explicites
desopérateurs a.(t:) .
1
1 .
D’après
la formule(3)
duparagraphe I.3,
le noyau de estégal
à :-1
’
J
On obtient en
identifiant
les deuxderniers
termes le résultat suivant :(1)
PROPOSITION. - Pour tout z =(z1’zZ) E U2
et our toutcouple d’entiers (m,n)
on a :
2.1.
Prolongement
parcontinuité des opérateurs d’échange
à la sommealgébrique
Une conséquence
de laproposition (1)
est lerésultat suivant :
Il en résulte que se
prolonge
parcontinuité
à Sni (H) 8
plus précisément si
on pose :De même si on pose :
alors on a
Nous remarquons que
si a i (t)* désigne l’adjoint formel
dea i(t)
,alors
on apour
(ai(t»*
=a i(t) i i
i
1-
(4) Remarques. a/
Pourchaque couple d’entiers (i,j) appartenant
à on définitl’opérateur
linéaireT ide
Fock(H
xH)
par :J
respectivement
Ainsi il
estclair
queT2 1 (resp - T1) 2 envoie
dans(resp.
’ dansSm+1 (H)
0Sn-1 (H)) ,
enplus
on a lesrelations suivantes :
Ces formules
explicites
nouspermettent
parexemple
decalculer
les commutateursaj(t1
desopérateurs aj(t1)
etat(t2) .
. Ils sontdonnés
par1 1 £ 2
J! 1 £ 2Les
symboles 6! i k
sontappelés symboles d’Evans
par P.A.MEYER.J
b/
Les résultats de cettepartie s’étendent
sansdifficulté
auxopé-
rateurs
d’échange
del’espace
de Fockmultiple Fock( 0153d H)
pour dquelconque.
i=i
REFERENCES
[BE.F.A 66]
BEREZIN F.A.. - The method of secondquantization.
AcademicPress,
1966.[DE.A. 189]
DERMOUNE A. -Quelques interactions
entre le calculstochastique
et lesprobabilités
noncommutatives, Manuscrit 1989.
[EM.M. 89]
EMERY M. - On the Azemamartingale ,
àparaître.
[KR.P.,
RA. R.78] KRÉE P.,
RACZKA R. - Kernel andsymbol in quantum field theory.
Ann. Inst.
H.Poincaré, section A,
vol.28, n° 1,
pp.41-73, 1978.
[KR.P. 88] KRÉE
P. -Dim.
Freestochastic
calculus in thedistribution
sens,à paraître.
[ME.P.A. 76]MEYER
P.A. - I.s.m. parrapport
àcertaines martingales. Séminaire
deprobabi- lité, X,
pp.325-331.
[ME.P.A. 86]
MEYER P.A. -Eléments
deprobabilités quantiques. Séminaire
deprobabi- lité,
XX.[ME.P.A. 89]
MEYER P.A. -Probabilités
noncommutatives
surl’espace
deFock,
àparaître,
1989.