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LESCOMPACTS. 13. Les grandes inventions

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Academic year: 2022

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LES COMPACTS

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LES COMPACTS

1. Les œuvres ~ clés de la musique Jean-Jacques Soleil et Guy Lelong Préface de Maurice Fleuret 2. Les grandes découvertes

de la science Gerald Messadié 3. Les stars du sport

Jean Boully

4. Les films ~ clés du cinéma Claude Beylie

5. Les grandes affaires criminelles Alain Monestier

6. Les stars du football Jean Boully Préface de Thierry Roland 7. Les grandes figures des mythologies

Fernand Comte 8. Les acteurs français

André Sallée 9. Les grandes inventions

de l'humanité Gerald Messadié 10. Les maîtres spirituels

Jacques Brosse 11. Le cinéma de Hollywood

Philippe Paraire 12. Les grands navigateurs

en solitaire Benjamin Lambert Préface d'Alain Bombard 13. L es grandes inventions

du monde moderne Gerald Messadié 14. L'histoire de France

des origines à 1914 Pierre Bezhakh 15. Les maîtres de l'occultisme

André Nataf

16. Les grands créateurs de jazz Gérald Arnaud et Jacques Chesnel Préface de Claude Nougaro 17. Florilège

de la chanson française Jean-Claude Klein 18. 50 ans de musique rock

Philippe Paraire Préface de José Artur 19. Les stars du Tour de France

Jean Boully 20. Les maîtres

du cinéma français Claude Beylie et Jaccques Pinturault 21. Histoire de la France

contemporaine de 1914 à nos jours Pierre Bezbakh 22. Les livres sacrés

Fernand Comte 23. Les stars du rugby

Richard Escot et Jacques Rivière Préface de Serge Blanco 24. Les maîtres du roman policier Robert Deleuse 25. Les souverains

de la France Jean Philippe Guinle 26. Les milliardaires

de légende Alain Monestier 27. Les grands romans

historiques

Gérard Vindt et Nicole Giraud

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Dominique Szenes

grands romans Les du monde entier

Bordas

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Responsable d'édition : Olivier Juilliard Édition : Gilbert Labrune

Révision, préparation et correction : Ghislaine Malandin Composition et mise en pages : Josiane Pitrou

Achevé d'imprimer en décembre 1991 par : Imprimerie Jean-Lamour, Maxéville Dépôt légal : janvier 1992

© Bordas S.A. Paris, 1992 ISBN 2-04-018462-7 ISSN 0985-505X

Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (loi du 11 mars 1957, alinéa premier de l'article 40). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

La loi du 11 mars 1957 n'autorise, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, que les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, d'une part, et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dont un but d'exemple et d'illustration.

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Sommaire par pays

Allemagne

Les Souffrances du jeune Werther (Goethe) 53 Le Chat Murr

(E.T.A. Hoffmann) 68

La Montagne magique (Thomas Mann) 142 Le Loup des steppes (Hermann Hesse) 154 La Grimace (Heinrich Böll) 238 Angleterre

Robinson Crusoé (Daniel Defoe) 40 Voyages de Gulliver (Jonathan Swift) 41 Clarissa Harlowe

(Samuel Richardson) 45

Tom Jones (Henry Fielding) 46 Tristam Shandy (Lawrence Sterne) 48 Orgueil et Préjugé (Jane Austen) 67 Quentin Durward (Walter Scott) 70 Jane Eyre (Charlotte Brontë) 83 Les Hauts de Hurlevent

(Emily Brontë) 84

La Foire aux vanités

(William Thackeray) 85

Les Grandes Espérances (Charles Dickens) 92 Alice au pays des merveilles

(Lewis Carroll) 98

L'Île au trésor (Robert Louis Stevenson) 107 Tess d'Urberville (Thomas Hardy) 116 Le Livre de la jungle

(Rudyard Kipling) 117

Lord Jim (Joseph Conrad) 121 Ainsi va toute chair

(Samuel Butler) 128

Mrs Dalloway (Virginia Woolf) 147 Contrepoint (Aldous Huxley) 156 L'Amant de lady Chatterley (David Herbert Lawrence) 160 Les Enchantements de Glastonbury

(John Cowper Powys) 175

Au dessous du volcan

(Malcolm Lowry) 198

1984 (George Orwell) 200

Sa Majesté des Mouches (William Golding) 209 Le Seigneur des anneaux

(J.R.R. Tolkien) 210

Le Quatuor d'Alexandrie

(Lawrence Durrell) 215

Le Rêve de Bruno

(Iris Murdoch) 245

Argentine Fictions

(Jorge Luis Borges) 190

Marelle (Julio Cortázar) 235 Autriche

La Confusion des sentiments

(Stefan Zweig) 151

Les Somnambules

(Hermann Broch) 164

L'Homme sans qualités (Robert Musil) 165 La Marche de Radetzky

(Joseph Roth) 170

Australie La Ceinture de feuilles

(Patrick White) 250

Brésil

Bahia de tous les saints

(Jorge Amado) 180

Corps de ballet (João Guimarães) 214 Canada

Maria Chapdelaine (Louis Hémon) 139 Chine

Au bord de l'eau

(Shi Naian et Luo Guanzhong) 23 Les Trois Royaumes (Luo Guanzhong) 25 La Pérégrination vers l'ouest

(Wu Chengen) 27

Fleur en fiole d'or

(Wang Shizhen) 28

Chronique indiscrète des mandarins (Wu Jingzi) 44 Le Rêve dans le pavillon rouge (Cao Xueqin) 51 Les Pérégrinations d'un clochard (Liu E) 129

Famille (Ba Jin) 169

Minuit (Mao Dun) 176

Colombie Cent ants de solitude

(Gabriel García Márquez) 234 Cuba

Paradiso (José Lezama Lima) 227 Le Siècle des lumières

(Alejo Carpentier) 232

(11)

Égypte

Passage des Miracles (Nadjib Mahfūz) 230 Espagne

Don Quichotte (Miguel de Cervantès) 31 Doña Perfecta

(Benito Pérez Galdós) 102

La Régente (Clarín) 111

États-Unis Le Dernier des Mohicans

(Fenimore Cooper) 72

Les Aventures d'Arthur Gordon Pym (Edgar Allan Poe) 79 La Lettre écarlate (Nathaniel Hawthorne) 86 Moby Dick (Herman Melville) 87 La Case de l'oncle Tom (Harriet

Beecher-Stowe) 88

Les Aventures de Tom Sawyer

(Mark Twain) 103

Les Ailes de la colombe

(Henry James) 126

L'Appel sauvage (Jack London) 127 La Jungle (Upton Sinclair) 132 Gatsby le Magnifique

(Francis Scott Fitzgerald) 144 Manhattan Transfer (John Dos

Passos) 145

Le soleil se lève aussi (Ernest

Hemingway) 149

Le Bruit et la Fureur (William Faulkner) 162 La Terre chinoise (Pearl Buck) 166 Tropique du Cancer (Henry Miller) 179 Autant en emporte le vent (Margaret Mitchell) 181

Minuit (Julien Green) 182

Les Raisins de la colère (Joseph Steinbeck) 186 Le cœur est un chasseur solitaire

(Carson McCullers) 187

Black Boy (Richard Wright) 193 Les Nus et les Morts (Norman Mailer) 199 Les Aventures d'Augie March (Saul Bellow) 207 Lolita (Vladimir Nabokov) 211 Sur la route (Jack Kerouac) 216 Le Festin nu (William Burroughs) 221 Le Magicien de Lublin (Isaac

Bashevis Singer) 223

Le Pays des merveilles (Joyce Carol Oates) 248 France

Gargantua (François Rabelais) 26 L'Astrée (Honoré d'Urfé) 33 Histoire comique de Francion

(Charles Sorel) 34

Le Roman comique (Paul Scarron) 35

Le Roman bourgeois (Antoine

Furetière) 36

La Princesse de Clèves

(M de Lafayette) 37

Gil Blas de Santillane

(Alain René Lesage) 39

Manon Lescaut (Abbé Prévost) 42 La Vie de Marianne (Marivaux) 43 Candide ou l'Optimisme (Voltaire) 47 La Religieuse (Denis Diderot) 49 Julie ou la Nouvelle Héloïse

(Jean-Jacques Rousseau) 50 Le Paysan perverti (Restif

de La Bretonne) 54

Les Liaisons dangereuses

(Choderlos de Laclos) 55 Paul et Virginie (Bernardin

de Saint-Pierre) 56

Atala (François René de

Chateaubriand) 63

Histoire de Juliette (Sade) 59

Oberman (Senancour) 64

Corinne ou l'Italie (M de Staël) 65 Adolphe (Benjamin Constant) 66 Le Rouge et le Noir (Stendhal) 74 Mademoiselle de Maupin

(Théophile Gautier) 75

Illusions perdues (Honoré de Balzac) 77 Les Trois Mousquetaires

(Alexandre Dumas) 81

La Mare au diable (George S and) 82 L'Ensorcelée (Jules Barbey

d'Aurevilly) 89

Aurélia (Gérard de Nerval) 90 Les Misérables (Victor Hugo) 93 Dominique (Eugène Fromentin) 95 L'Éducation sentimentale (Gustave

Flaubert) 99

Tartarin de Tarascon

(Alphonse Daudet) 100

Sans famille (Hector Malot) 104 A rebours (Joris-Karl Huysmans) 108

Germinal (Émile Zola) 109

L'Île mystérieuse (Jules Verne) 101 Bel-Ami (Guy de Maupassant) 112 L'Insurgé (Jules Vallès) 113 Les Déracinés (Maurice Barrès) 118 L'Histoire contemporaine

(Anatole France) 119

Le Journal d'une femme de chambre

(Octave Mirbeau) 122

Jean-Christophe (Romain Rolland) 131 Du côté de chez Swann

(Marcel Proust) 135

Le Grand Meaulnes (Alain-Fournier) 137 Le Feu (Henri Barbusse) 138 Les Thibault

(Roger Martin du Gard) 141 Les Faux-Monnayeurs (André Gide) 146 Paulina 1880 (Pierre Jean Jouve) 148 Bella (Jean Giraudoux) 150 Thérèse Desqueyroux

(François Mauriac) 155

(12)

Nadja (André Breton) 157 La Naissance du jour (Colette) 161 Voyage au bout de la nuit

(Louis-Ferdinand Céline) 171 Les Hommes de bonne volonté

(Jules Romains) 173

La Condition humaine (André

Malraux) 177

La Chronique des Pasquier

(Georges Duhamel) 178

Journal d'un curé de campagne

(Georges Bernanos) 183

Les Jeunes Filles (Henry

de Montherlant) 184

La Nausée (Jean-Paul Sartre) 185 L'Homme pressé (Paul Morand) 188 Aurélien (Louis Aragon) 189 Notre-Dame des Fleurs (Jean Genet) 192 La Peste (Albert Camus) 196 Un roi sans divertissement

(Jean Giono) 197

Mémoires d'Hadrien (Marguerite

Yourcenar) 204

Le Rivage des Syrtes (Julien Gracq) 205 Moderato cantabile

(Marguerite Duras) 218

La Lézarde (Edouard Glissant) 220 Zazie dans le métro

(Raymond Queneau) 222

La Route des Flandres (Claude

Simon) 224

Les Fruits d'or (Nathalie Sarraute) 239 Belle du Seigneur

(Albert Cohen) 244

Le Chercheur d'or (Jean-Marie

Gustave Le Clézio) 251

Guatemala

Monsieur le Président (Miguel

Ángel Asturias) 195

Inde

Le Roman de l'anneau

(Ilangõ-Adigal) 19

Le Testament de Krishnokanto (Bankim Chandra Chatterjī ) 105 Gorā (Rabindranāth Tagore) 133 La Complainte du sentier (Banerjī) 163 Irlande

Ulysse (James Joyce) 140

Malone meurt (Samuel Beckett) 206 Italie

Les Fiancés (Alessandro Manzoni) 73 Senilità (Italo Svevo) 120 Feu Mathias Pascal (Luigi

Pirandello) 130

La Peau (Curzio Malaparte) 201 Le Bel Été (Cesare Pavese) 202 Le Baron perché (Italo Calvino) 217

Le Guépard (Guiseppe Tomasi

di Lampedusa) 219

La Connaissance de la douleur (Carlo Emilio Gadda) 236 Le Jardin des Finzi-Contini

(Giorgio Bassani) 237

La Storia (Elsa Morante) 249 Japon

Dit du Genji (Murasaki Shikibu) 20 Vie d'une amie de la volupté

(Ihara Saikaku) 38

Je suis un chat (Natsume Sōseki) 125 Le Pavillon d'or (Mishima Yukio) 212 La Confession impudique

(Junichirō Tanizaki) 213 Kyoto (Kawabata Yasunari) 231 Mexique

La Mort d'Artemio Cruz

(Carlos Fuentes) 233

Nigeria

Les Interprètes (Wole Soyinka) 240 Norvège

La Faim (Knut Hamsun) 115

Rome antique

Satiricon (Pétrone) 17

Les Métamorphoses ou l'Âne d'or

(Apulée) 18

Suède

Barabbas (Par Lagerkvist) 203 Suisse

L'Homme foudroyé

(Blaise Cendrars) 194

Russie/U.R.S.S.

Les Âmes mortes (Nicolas Gogol) 80 La Fille du capitaine

(Alexandre Pouchkine) 76 Oblomov (Ivan Gontcharov) 91 Premier Amour (Ivan Tourgueniev) 94 La Guerre et la Paix (Léon Tolstoï) 96 Les Frères Karamazov

(Fedor Dostoïevski) 106

La Steppe (Anton Tchekhov) 114 Pétersbourg (Andreï Bielyï) 134 Le Don paisible

(Mikhaïl Cholokhov) 158

Le Docteur Jivago (Boris Pasternak) 208 Le Maître et Marguerite

(Mikhaïl Boulgakov) 242

Août 14 (Alexandre Soljénitsyne) 246 T chécoslovaquie

Le Procès (Franz Kafka) 143 La Plaisanterie (Milan Kundera) 243

(13)

Introduction

Voici rassemblés des romans choisis parmi ceux de tous les temps et de tous les pays.

Nous avons voulu exposer le genre romanesque dans ses divers aspects, en mettant en valeur les œuvres qui ont joué un rôle, grand ou petit, dans l'histoire de ce genre, sa constitution, son développement et son déploiement. Pour ce faire nous avons évité, autant que possible, les redites et les redondances et privilégié la plus grande variété.

Qu'est-ce que le roman ?

Entre plusieurs thèses classiques sur l'histoire et la nature du roman, nous avons choisi celle selon laquelle le roman, en qualité de genre littéraire particulier, serait né essentiellement à une époque récente,

« moderne », et dans une aire géographique également délimitée, l'Europe occidentale. À quoi nous ajoutons un second centre de civilisation : la Chine et les pays qui ont subi son ascendant culturel.

Ainsi : « Faut-il le rappeler ? La naissance du roman, au sens moderne du terme, serait à situer en Occident au XVI siècle avec le Don Quichotte de Cervantès. Ainsi le nouveau genre littéraire serait sinon le vecteur, du moins le produit, d'une phase nouvelle dans l'histoire de l'humanité, l'ère capitaliste. De fait, il n'est que deux civilisations au monde où les puissances du roman se soient exercées sur un champ aussi étendu, la nôtre et la chinoise, avec ses affiliées » (André Lévy).

Le roman moderne est à notre avis un genre littéraire obéissant à quelques règles : un récit structuré, des personnages individualisés, la marque d'un auteur. Ce genre littéraire s'épanouit dans un type de société donné : une société organisée, administrée, hiérarchisée, développée techniquement et à forte prédominance de l'écrit (et même de l'imprimé car le roman se caractérise également par sa grande diffusion). Une société où on remarque aussi l'apparition et le développement d'une communauté et d'une économie marchandes et la présence de classes sociales diversifiées.

Dans l'Europe de la Renaissance comme dans la Chine des Song (XII

- XIV siècle) et des Ming (XV - XVII siècle), on retrouve bon nombre

de traits qui ont pu favoriser l'apparition du roman moderne : une vie

culturelle intense et un minimum de liberté intellectuelle, l'existence

d'une pensée profane et une certaine désacralisation du monde, la

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vulgarisation de l'histoire officielle, la « professionnalisation de l'art de conter » et l'apparition dans le récit du réalisme, des « petits détails qui font vrai »... Enfin, et ce n'est pas la moindre des circonstances, l'apparition et le développement de l'imprimerie. Si, par la suite, l'Occident va porter le roman à ses plus hauts sommets, à la Chine revient le mérite de l'antériorité. « D'abord, le roman répond mieux, en Chine, au sens étymologique de ce terme, puisqu'il est rédigé en langue vulgaire, le chinois tel qu'il se parle, par opposition à la langue littéraire, aussi éloigné d'elle que pouvaient l'être les langues romanes du latin, sinon davantage [...]. L'avance chinoise a été favorisée par la diffusion précoce de l'imprimerie et le bon marché du papier. Depuis le X siècle, tout s'y imprime [...], La période décisive semble se situer entre le X et le XIII siècle, au moment de l'urbanisation réputée la plus forte que le monde ait jamais connu, magistralement évoquée par Jacques Gernet dans La Vie quotidienne en Chine à la veille de l'invasion mongole » (André Lévy)

Les origines du roman

Nous avons écarté les contes, les épopées, les rapsodies, les légendes, les « romans » en vers. Cependant, on trouve depuis la plus haute Antiquité des récits de forme romanesque ou proches d'elle. L'Égypte en a fourni, la Grèce à son tour a donné des « romans », pastorales et contes mer- veilleux : Lucius ou l'Âne, les Aventures de Leucippe et de Clitophon, les Éthiopiques d'Héliodore d'Émèse, Daphnis et Chloé de Longus...

Mais c'est Rome qui peut se prévaloir d'avoir produit les premiers véritables romans et les premiers chefs-d'œuvre du genre romanesque, avec le Satiricon de Pétrone et l'Âne d'or d'Apulée. Si le « roman » grec continue de se développer au sein de l'Empire bysantin jusqu'au Moyen Âge, en Occident, le genre romanesque disparaît, balayé par la vague barbare qui met à bas l'Empire romain.

Viennent les âges obscurs des royaumes barbares, puis la théocratie médiévale et sa scholastique. Mais les germes du genre romanesque ne tardent pas à reparaître. Conteurs et bateleurs, sur le parvis des églises, abreuvent le public de récits édifiants ou comiques, les lettrés recueillent les légendes, les contes et les épopées. Les chroniqueurs écrivent l'Histoire, source d'histoires... Enfin les croisades ouvrent la porte à l'immense afflux de récits venus de l'Orient, de la Grèce, de l'Egypte, de la Perse et de l'Inde lointaine.

Le « roman » médiéval, en vers et en prose, se développe. Récits de l'amour courtois, épopées chevaleresques prolifèrent. En Espagne, aux XV et XVI siècles, le roman est réinventé. C'est le roman

« picaresque » qui se distingue radicalement du récit de chevalerie par

sa forme plus ramassée, l'intervention de la personnalité d'un auteur, le

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rôle prépondérant de personnages de rang modeste, éloignés du modèle héroïque, et surtout l'intrusion du réalisme dans le traitement des per- sonnages et des faits.

Alors apparut Cervantés et son Don Quichotte qui mit à bas le « roman » médiéval.

Le roman à l'époque classique

Face aux genres nobles que sont la tragédie, la poésie, l'essai philosophique et littéraire, le roman apparaît comme une littérature méprisable. En fait, bien que décrié, le roman est le genre à la mode. Il n'est pas enfermé dans un carcan de règles rigides, comme l'est le théâtre, et son désordonné séduit le public autant qu'il répugne aux gens délicats. Nourri de mille sources, il a vocation à embrasser les multiples aspects de la vie, aussi bien des nobles que des petits bourgeois et du peuple.

Tout d'abord, au XVII siècle, il s'épure et rompt avec l'ancien roman-fleuve hérité du roman de chevalerie ou du roman picaresque.

Sous le forme du récit court, au style raffiné, aux ressorts psychologiques minutieusement analysés. Il fleurit dans les salons où règnent les gens d'esprit et de qualité. Il s'agit souvent de romans à clefs dans lesquels un milieu fermé prend plaisir à se refléter comme en un miroir. Le chef-d'œuvre du genre est la Princesse de Clèves.

Si le règne de Louis XIV et du classicisme achevé, le roman reprend sa course débridée. Le romanciers anglais sont les plus novateurs : Richardson, Defoe, Swift, Sterne, etc. Le roman n'hésite devant aucune audace de forme, de thème, de sujet et cela donne des œuvres aussi diverses que Tristan Shandy, les Voyages de Gulliver, le Roman comique ou le Diable boiteux.

Au XVIII siècle, le roman entre en concurrence avec l'essai et le traité pour diffuser les idées des philosophes (la Religieuse, Candide, la Nouvelle Héloïse) ou l'esprit de libertinage (les Égarement du cœur et de l'esprit de Crébillon fils, les Liaisons dangereuses).

Mais, s'il est un puissant propagateur des Lumières, le roman sait aussi capter les ombres et, déjà, plonge dans la psychologie des profondeurs avec le roman noir ou « gothique » anglais et le marquis de Sade.

Un monde romanesque ?

Le XIX siècle est traditionnellement qualifié d'âge d'or du roman.

Pourtant, jusqu'au milieu du siècle, le roman reste ce genre officiellement

méprisé, un peu marginal, destiné à l'amusement des femmes oisives et

du peuple, quand il sait lire. Stendhal, Balzac, Flaubert, Dostoïevski,

Tolstoï, Zola vont l'imposer, bon grè mal gré, comme le genre majeur

de la littérature moderne et, après eux, son impérialisme ne connaîtra

plus de bornes : en notre fin de XX siècle, le roman a conquis la planète

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et a fini par représenter aux yeux du public quasiment toute la littérature.

Mieux encore, après avoir prétendu de diverses manières refléter la réalité, il a imposé sa réalité propre : ne dit-on pas « la vie est un roman » ?

Au début du XIX siècle, le roman bénéficie du meilleur marché des livres qui résulte de la découverte d'un papier moins coûteux, des perfectionnements de la presse et de la reproduction des illustrations.

L'analphébétisme recule et le contingent des lecteurs s'accroît. Le roman fait fonction d'éducateur du peuple. Il paraît en feuilleton dans les journaux, est adapté sur la scène théâtrale, traduit, contrefait, parodié...

Au XX siècle, le mouvement de conquête du roman se poursuit, chaque jour il envahit de nouveaux territoires. Il fournit tour à tour ou simulta- nément rêve, évasion, distraction, divertissement, émotions, idées, valeurs, etc. Rien ne semble devoir lui résister. Pourtant le XX siècle apporte une véritable nouveauté : parallèlement au roman « romanesque » ou populaire, apparaît un roman de recherche ou de « création » qui va, un temps, représenter le seul roman acceptable aux yeux des intellectuels.

De À la recherche du temps perdu et Ulysse au « nouveau roman », durant un demi-siècle, le roman va être soumis à toutes les expérimen- tations, métamorphoses, jusqu'à la déconstruction et la mise à mort.

Jamais comme au cours de ces décennies le roman n'a autant été l'affaire de l'intelligence plutôt que de la sensibilité ou de l'imagination. En fait, grâce à son extrême plasticité, il trouve en chaque mise en question une nouvelle voie pour un nouveau développement.

Pendant ce temps, le roman « romanesque » poursuit son chemin et, même s'il profite des expérimentations, continue de produire des œuvres d'imagination puissantes : Aragon. Bernanos, Thomas Mann, Céline, Giono, Soljenitsyne n'ont rien à envier à leurs devanciers, les grands maîtres du XIX siècle.

Mais l'histoire du roman aboutit aujourd'hui à une interrogation cruciale. L'actuelle prolifération romanesque est-elle un signe de vitalité ou le symptôme d'un cancer mortel ? « La multiplicité des œuvres et leurs dissemblance, la coexistence plus ou moins pacifique, de genres éloignés passent pour un signe de vitalité » estime Pierre de Boisdeffre.

Mais l'époque est marquée plutôt par l'inquiétude et les mauvais augures abondent : « Il n'est pas tout à fait exclu que le roman, qui est apparu assez tard dans l'histoire littéraire, avant de l'envahir tout entière, soit un genre aussi périssable que l'épopée ou la tragédie », rétorque Jean d'Ormesson (cité par P. de Boisdeffre).

Références

Lévy (André). Introduction dans l'édition de Fleur en fiole d'or. Paris, NRF (coll. de la Pléiade), pp. XLIV - XLV.

Boisdeffre (Pierre). Le Roman français depuis 1900, Paris, PUF, pp. 5 et 123.

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L'âge

classique

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Le roman, qui se veut aujourd'hui reflet du monde dans sa totalité, n'a pas toujours tenu cette place éminente. Ses origines sont diverses, souvent modestes ou méconnues. Si son histoire comme genre constitué et reconnu est récente, son enfance fut longue, incertaine, voire trébuchante. On hésite à lui reconnaître une antiquité égale à celle des genres poétique, épique ou didactique. Il n'en demeure pas moins que des ancêtres du roman sont découverts dans les civilisations anciennes, Égypte, Inde, Chine.

Dès le Moyen-Empire, l'Égypte a produit des contes et récits au style varié, mêlant réalisme et merveilleux, de la comédie satirique du Conte du paysan lésé et des Aventures de Sinouhé, à la légende marine comme le Conte du naufragé. Les dernières dynasties ont vu naître des contes recouvrant de vêtements empruntés à la réalité un fonds mythologique.

L'époque gréco-romaine vit s'épanouir de véritables nouvelles romanes- ques : récits fantastiques, contes moraux et romans de chevalerie.

La civilisation hellénistique, plus profane, urbaine et cosmopolite, sera le terrain d'éclosion d'œuvres pouvant être considérées comme des ancêtres du roman, mais surtout, d'une conception de l'œuvre et d'une sensibilité nouvelles, proprement littéraires. Cette désacralisation de la littérature est une des conditions nécessaires à la véritable création romanesque.

La civilisation romaine et gréco-romaine accentue ces traits et réalise le cadre dans lequel apparaît le premier roman authentique, le Satiricon de Pétrone, qui sera suivi de l'Âne d'or d'Apulée. Ce premier roman vivra ce que vivra l'Empire romain.

Cependant, ailleurs, derrière des apparences différentes, mais fondées sur des bases semblables (littérature profane, civilisations urbaines), d'autres traditions romanesques naissaient, fugaces en Inde, se perpétuant en Chine, au Japon...

Nous entrons ensuite dans la véritable histoire du roman, les épisodes qui l'on peu à peu constitué en genre qui en est venu au fil des siècles à occuper le devant de la scène : le «roman» courtois et de chevalerie au Moyen Âge ; le roman picaresque espagnol ; le roman « précieux » et psychologique du XVII siècle français ; au XVIII siècle, les grands romanciers anglais, le roman par lettres, le roman philosophique, le roman

« gothique » et noir et enfin la découverte de la sensibilité individualiste,

prélude au XIX siècle romantique, avec Werther.

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Satiricon

Pétrone (Rome ; Isiècle apr. J.-C.)

Une fresque pompéienne

Ce premier roman brille comme une étoile unique et n 'est pas le roman premier, n'ayant pas donné de descendance.

S'il est chronologiquement le premier véritable roman, le Sa- tiricon ne fut découvert qu'au cours de la Renaissance, sous forme de fragments successive- ment révélés. Ces fragments fu- rent disposés de façon à recons- tituer une suite vraisemblable.

L'ouvrage que nous connaissons n'est donc qu'une reconstitution tardive.

Chronique indiscrète des temps néroniens Le roman raconte les aventures, picaresques avant la lettre, d'un jeune homme de naissance libre, Encolpe, qui, franchissant les étapes de la déchéance, s'engage comme gladiateur, s'enfuit, court le monde, se prostitue au- près des femmes comme des hommes. Il est accompagné de son favori, Giton, et de son compagnon de débauche, As- cylte. Le morceau de bravoure est le dîner chez Trimalchion.

Trimalchion, esclave affranchi d'origine syrienne, se flatte de s'entourer d'artistes et d'intel- lectuels. On voit, dans cet épi- sode, s'agiter des parvenus, ca- ractéristiques de l'époque : l'an- cienne Rome a laissé place à un monde complexe, citadinisé, o- rientalisé, de luxe et de luxure, d'ostentation et de corruption.

Plus tard, les compères s'ad- joignent Eumolpe, poète sénile et libidineux, et ils s'engagent dans une énorme escroquerie à l'héritage dont nous ne connais- sons pas le dénouement.

Une romaine

Le récit pourrait ne constituer qu'une faible partie d'un ensem- ble assez vaste dont ne nous sont parvenus ni le commence- ment ni la fin, une sorte de Comédie humaine romaine.

Le Satiricon mêle prose et poésie. Le récit principal est ré- digé en latin élégant, les nom- breuses parties dialoguées en langage familier, et les discours pastichent le style des rhéteurs.

La scène du dîner chez Trimal- chion est peinte en couleurs lé- gères, la naïveté et le comique l'emportant sur la méchanceté.

Pétrone

Caius Petronius Arbiter vécut sous le règne de Néron, à la cour duquel, après une car- rière dans l'administration provinciale, il se distingua par un cynisme désabusé et une élégance désinvolte. Accusé de comploter, il se suicida en l'an 66. Durant ses dernières heures, il aurait écrit le Sati- ricon et l'aurait adressé à l'empereur.

Tel est le portrait de Pétrone par Tacite, repris par Pline, amplifié et romancé par Sien- kiewicz dans Quo vadis ? Rien n'est certain dans ces récits. Nous ne savons à peu près rien de la date de compo- sition du premier roman occi- dental et son auteur nous de- meure mystérieux.

Federico Fellini :

« J'ai fait un film sur l'Antiquité qui ra- conte une histoire d'aujourd'hui. »

Éditions Trad. Pierre Grimai, les Belles Lettres, 1950 ; Folio n° 70.

(20)

Les Métamorphoses ou l'Âne d'or

Apulée (Rome ; II siècle apr, J.-C.)

Sous le voile de la déesse

La magie orientale et les mystères grecs au cœur de Rome conquise par sa conquête.

En 1550, parut à Venise une version actualisée des Mé- tamorphoses, à l'i- ronie mordante, due à Agnolo Firen- zuola (1493-1543).

Éditions Trad. Paul Valetti, les Belles Lettres, 1940-1945 ; Folio no 629.

Ce roman, capricieux, léger et spirituel, savamment construit, repose sur des bases profondes : la philosophie plato- nicienne et le mysticisme.

De la métamorphose à la transfiguration D'emblée la fantaisie règne en maîtresse : au cours d'un voyage en Thessalie, Lucius, jeune Grec de bonne famille, victime d'une curiosité intempestive, est chan- gé en âne. Il parcourt alors un chemin initiatique, sous le voile et l'égide de la mystérieuse déesse Isis, à la recherche des roses qui le libéreront.

Le jeu des transformations constitue la trame du récit : Lu- cius changé en âne, la magi- cienne Pamphile devenant oi- seau, les sorcières thessaliennes prenant la forme de belettes et de souris, Méroé changeant les hommes en castors, béliers ou grenouilles...

La description réaliste des mœurs et des travers humains cohabite avec la magie, les aventures érotiques avec le divin mystère, les saynètes galantes ou grotesques, à la manière du Décaméron — Lucius traîné en justice pour l'assassinat de trois outres -, avec les développe- ments philosophiques.

La dernière partie est, tout entière, un splendide récit des visions, des extases de la liturgie mystique et des initia- tions sacrées.

Généalogie de l' Apulée s'est abreuvé aux sources grecques. On note l'existence d'un récit grec an- cien, racontant l'histoire d'un âne merveilleux, intitulé Lucius ou l'Âne, qui se présentait comme l'œuvre d'un certain Lucius de Patras, mais fut tar- divement attribué à Lucien de Samosate, contemporain d'Apu- lée. Sur cette base étroite, Apu- , lée a construit un roman de vastes dimensions, complexe, enrichi d'épisodes nouveaux. Le plus original est l'histoire, en- châssée dans le récit principal, d'Amour et de Psychée. Rom- pant avec le ton comique et satirique, véritablement roma- nesque, de l'ensemble, ce récit a inspiré la poésie latine et ita- lienne et Jean de La Fontaine.

Apulée

Lucius Apuleius, né à Ma- daure, en Afrique du Nord, vers l'an 125, apprit à Car- thage l'art oratoire et l'exer- ça avec succès (il dut se défendre de l'accusation de magie). Il visita l'Asie Mineure et la Grèce, attiré par la phi- losophie. À Athènes, il em- brassa le platonisme. Son hu- meur vagabonde le mena sur tous les rivages de la mer romaine. On le retrouve à Car- thage, de 160 à 170, après quoi on perd sa trace.

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Le Roman de l'anneau

Prince llango-Adigal (Inde ; II - III siècle)

Danse d'amour, chant de guerre

Un chapitre méconnu de l'histoire universelle du roman : la brève et magnifique floraison du roman indien de langue tamoule.

Datant probablement du ne et du III siècle, le Shilappadikâ ram ou Roman de l'anneau est un récit en vers libres, s'appa- rentant à l'épopée romanesque, qui correspond assez bien à ce que seront les « romances » ou

« romans » médiévaux, dans le domaine romanesque européen.

Les amours de Kannaki et Kovalan Un amour parfait unit Kannaki, fille de Mānāikan, « fameux ca- pitaine, bienfaisant comme les nuages de la saison des pluies », et Kōvalan, fils de Māshāttuvān, « prince des mar- chands, aux richesses sans bornes ».

Mais Kōvalan est séduit par la danseuse Mādhavi qui le ruine et le précipite vers la déchéance.

Il revient à sa fidèle épouse et s'enfuit avec elle, à Madurai, capitale du royaume voisin.

Tentant de négocier l'anneau de cheville de sa femme, il se voit accuser par un bijoutier malhon- nête d'avoir dérobé l'anneau de la reine. Il est jugé et exécuté.

Mais Kannaki défend la mé- moire de son mari. Elle exprime les forces de la vengeance, avant qu'en une apothéose finale, elle ne s'identifie à la déesse de la fidélité conjugale.

Une famille romanesque Le Shilappadikāram décrit somptueusement les royaumes de l'Inde du Sud et restitue tous les éléments de la vie de l'Inde

classique. L'auteur dit avoir voulu « décrire et l'amour et la guerre, les chansons, le théâtre, les formes de la danse, y compris la danse d'amour, et bien d'au- tres sujets ».

Le Shilappadikāram est écrit en tamoul, langue, qui, sur le plan littéraire, fut la grande concurrente du sanskrit. Elle produisit, durant les premiers siècles de notre ère, nombre d'œuvres profanes. Le M anime kalai de Sattanar, donne une suite au Roman de l'anneau et met en scène la fille de Kōvalan et de la courtisane Mādhavi. Le Jîvakacintâmani, daté approxi- mativement du XI siècle, met en scène une sorte de don Juan heureux. D'autres œuvres du même type, attestées, ont dis- paru.

llangō-Adigal Le Shilappadikāram est tradi- tionnellement attribué au prince llangō-Adigal. En réa- lité, sa composition s'étend sur une longue période, incer- taine, les parties les plus an- ciennes datant probablement du II siècle.

Le personnage historique connu sous le nom d'Ilangō- Adigal, prince appartenant à la dynastie des Chéra qui ré- gnait sur la région du Malabar, au sud-ouest de la péninsule indienne, renonça au trône au profit de son frère et se fit moine-ermite, sectataire de la doctrine jaïna.

Le jaïnisme qui im- prègne le Shilappa- dikāram est une re- ligion sévère et pu- ritaine, qui se méfie du surnaturel et du mysticisme. Le jaï- nisme de l'auteur, cependant, s'appa- rente plus à un es- prit de syncrétisme, empruntant à l'hin- douisme et au bouddhisme.

Édition Gallimard(Connais- sance de l'Orient).

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Dit du Genji

Murasaki Shikibu (Japon ; 1004) Un séducteur nippon

Six siècles avant la Princesse de Clèves, parut le premier roman psychologique de la littérature universelle, expression d'une civilisation hautement raffinée.

Certains critiques modernes, déno- tant un traitement proustien de la du- rée et de la mé- moire, de la relation à l'œuvre d'art, ont rapproché le Genji monogatari de À la recherche du temps perdu.

Édition Publications orien- talistes de France, 2 vol.

Vaste fresque romanesque en cinquante-quatre chapitres, le Dit du Genji ou Genji monoga- tari embrasse soixante-quinze années de la période la plus brillante du Moyen Âge japo- nais, l'ère Heian, au tournant du xe et du XI siècle.

Le séducteur repenti Le roman décrit les aventures amoureuses du prince Genji qui passe de la conquête d'une beau- té à celle d'une autre. Person- nage élégant, sensible, il séduit grâce à sa douceur et sa culture.

Il s'arrête au seuil de l'in- terdit : la passion profonde qui le porte vers la femme de l'em- pereur. Pourtant, conformément à la doctrine bouddhique de la rétribution, de cet amour illégi- time découleront des vicissi- tudes pour plusieurs généra- tions.

Au terme de ses aventures, ayant atteint le faîte de la gloire, le « rayonnant prince Genji » se retire en une retraite religieuse.

Les tribulations de son fils Yu- giri, de son fils présumé Kaoru et de son petit-fils Niou no Miya occupent les dix derniers chapi- tres du roman.

Le roman psychologique Interminable, ennuyeux, ont prétendu, à certaines époques, les détracteurs du Genji mono- gatari. Murasaki Shikibu dé- peint l'atmosphère de la vie de cour, mais s'attache plus à dis-

séquer les relations du prince Genji avec chacune de ses fa- vorites. Le roman, en ses tré- fonds, est imprégné de concep- tions bouddhiques pessimistes sur la vie et le monde.

Murasaki Shikibu et les « précieuses » d'Heian

La période Heian a représenté une époque de paix, de raffine- ment, influencée par la Chine des Tang. Dans le cercle étroit de la cour, les dames de qualité ont joué un rôle éminent. Une littérature féminine, en langue japonaise, est née, par opposi- tion à la littérature classique masculine écrite en chinois. Ces

« précieuses » nippones ont pro- duit des poèmes (waka), des journaux intimes (nikki), des ré- cits et romans (monogatari).

La poétesse Izumi Shikibu, la romancière Murasaki Shikibu elle-même ont produit de ces poèmes et nikki. Sei Shonagon dans ses Notes de chevet étala un brillant bavardage, écrit au fil de la plume, qui donne de la vie de cour une image moins complaisante que le Genji monogatari.

Murasaki Shikibu Née vers 975, elle devint veuve jeune, suivit dans sa retraite l'impératrice Akido a- près 1011. Elle mourut pro- bablement en 1014.

(23)

Le roman médiéval

(France-Europe ; XII - XIV siècle)

Des sources antiques à la « matière de Bretagne », un inépuisable réservoir d'histoires qui constituent les premiers maillons de la chaîne du roman européen.

Romance ou roman ?

Le terme de « roman » médiéval, issu de l'adverbe latin romanice, servait à désigner la littérature en « langue commune », c'est- à-dire en langue française, par opposition à la littérature de langue latine.

Lorsqu'ils apparaissent, vers le milieu du XII siècle, les « romans » sont des adap- tations d'œuvres écrites en latin : Roman de Thèbes, Roman de Troie, Roman d'Énéas, Roman de Brut. Les « romans » médiévaux sont produits par une élite sociale, cultivée, raffinée, appartenant aux cours royales ou seigneuriales, où les dames, inspiratrices et protectrices, jouent un rôle éminent Aliénor d'Aquitaine est la plus célèbre de ces grandes dames. Les « romans » recouvrent, sur le plan littéraire, une réalité diverse.

Durant la première période, il s'agit d'œu- vres écrites en vers octosyllabiques, à mi-chemin de la rapsodie et du récit roma- nesque. Terrain d'expérimentation et de mûrissement de la langue française, le

«roman » en prose va s'imposer au cours des XIII et XIV siècles.

Peu à peu les personnages s'individua- lisent. L'aventure remplace l'épopée. Les femmes prennent plus de relief et d'impor- tance et, déjà chanté par les troubadours, l'amour, sous la forme « courtoise », devient le thème majeur.

Le génie du « roman » médiéval s'épa- nouira, mieux que dans les « romans anti- ques », en empruntant ses sujets, ses per- sonnages et son décor aux contes et légendes celtiques, la « matière de Bretagne ». Deux cycles se partagent ce domaine : la légende de Tristan et la merveilleuse histoire du royaume d'Arthur. Autour de ces figures gravitent les chevaliers de la Table ronde et se cristallisent l'idéal chevaleresque, l'hé- roïsme pur et le poétique amour, avant d'être imprégnés de mystique chrétienne.

Le cycle de Tristan

L'histoire de Tristan et Iseut avait atteint l'immortalité bien avant que des adaptateurs modernes comme Wagner ne s'en emparent.

Elle avait fait l'objet, au XII siècle, de deux romans en langue d'oïl : le Tristan et Iseut de Béroul et celui de Thomas, tous deux écrits en vers octosyllabiques, tous deux transmis jusqu'à nous à l'état fragmentaire.

Le jeune prince Tristan de Léonois, orphelin, est élevé par son oncle, le roi Marc de Cornouailles, qui a fait de lui un chevalier accompli. Il est envoyé en Irlande chercher la blonde Iseut, promise au roi Marc. Sur le bateau du retour, Tristan et Iseut boivent par erreur le philtre destiné à Iseut et à Marc. Tombés sous le charme, ils se trouvent liés par un invincible amour. La jalousie de Marc condamne les amants à mort. Ils s'é- chappent et se réfugient dans une forêt.

Retrouvés par Marc, Iseut en obtient le pardon et Tristan doit s'exiler. Mais le sort funeste les poursuit : Tristan s'est empoi- sonné ; Iseut, accourue trop tard, ne peut que le rejoindre dans la mort vers laquelle leur passion les a précipités.

En Allemagne, à la fin du XII siècle, Eilhart d'Oberg donne une version de Tris- tan, puis Gottfried de Strasbourg, en 1210.

Des avatars tardifs apparaissent au Dane- mark, en Angleterre, en Italie. Au XII siècle, l'histoire revient dans le domaine français, sous la forme d'une longue interprétation en prose.

Le cycle arthurien

Ses sources plongent dans la légende et dans l'Histoire. Il a permis l'éclosion d'un véri- table auteur, Chrétien de Troyes, qui a laissé une œuvre importante : Erec et Enide, vers 1170 ; Cligès ou la Fausse Morte, 1176 ; Lancelot ou le Chevalier de la charrette, Yvain ou le Chevalier au lion, entre 1177

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et 1180, et Perceval ou le Conte du Graal, aux alentours de 1182. Écrits en vers, les

« romans » de Chrétien de Troyes présentent des intrigues adroitement élaborées. L'hu- mour et la distanciation n'en sont pas ab- sents. Il n'empêche, Chrétien de Troyes, fidèle à ses sources, ne leur enlève rien de leur merveilleux et de leur poésie. Profane et sacré, réalisme et merveilleux se mêlent.

Les romans de Chrétien de Troyes racontent les amours, les épreuves et les exploits qui font des chevaliers de la Table ronde de parfaits chevaliers. Dans Lancelot ou le Chevalier de la charrette, le héros part délivrer la reine Guenièvre, épouse du roi Arthur, enlevée par un chevalier étranger. Au cours de sa quête, il subit maintes épreuves, dont le déshonneur de devoir monter sur la charrette d'infamie des condamnés, et multiplie les exploits guerriers et les preuves de son dévouement à sa dame. Yvain ou le Cheva- lier au lion se déroule dans la forêt de Brocéliande, emplie de merveilles et de maléfices. Yvain part conquérir sa dame, mais il ne peut aisément renoncer à l'Aventure au profit de l'Amour. Cela lui vaut exil et tribulations, au prix desquels il se rachètera.

Lancelot, modèle du plus haut chevalier, n'est pas sans tache. Sa chevalerie ne re- présente qu'un idéal profane. Le véritable idéal qui privilégie l'amour divin et, fina- lement, conduit à la quête de la sainteté, est représenté par la quête du Graal, le vase sacré où fut recueilli le sang du Christ. Dans cette quête s'illustrera le vrai che- valier, le héros mystique : Perceval (Perce- val ou le Conte du Graal). Jeune homme idéaliste, il suit un groupe de chevaliers, au hasard d'une rencontre. Après diverses

aventures, il rencontre le « roi pêcheur » qui lui fait apercevoir le mystère sacré du culte du Graal. Le « roman » de Chrétien de Troyes s'arrête au seuil de cette initiation. Au siècle suivant, continuateurs et am- plificateurs magnifient les aventures de Lan- celot et de Perceval, dans la vaste somme romanesque en prose du Lancelot-Graal. Ce cycle s'ouvre aux débuts des temps chrétiens et se poursuit jusqu'à l'écroulement du monde arthurien, détruit par le Mal, suscité par les passions. Le cycle se compose de : Histoire du Graal ; Merlin ; Lancelot ; la Quête du Saint-Graal qui raconte les aventures de Perceval et de Galaad, le fils de Lancelot. Galaad est le symbole de la pureté et le « roman » est placé sous le signe de la grâce et de l'extase.

Dernière floraison

Le Roman de la Rose, rédigé par Guillaume de Lorris vers 1230 et Jean de Meung vers 1270, se présente comme une initiation à l'amour courtois et s'achève en quête de la divine plénitude. Les éléments romanes- ques s'effacent devant le poème.

Aux XIV et XV siècles, la défaite de l'amour courtois sera définitivement consommée.

Le Roman de Renart, quant à lui, est une suite d'épisodes sans unité autre que la présence de Renart et celle plus irrégulière de quelques comparses. Œuvre de fabuliste, nourrie aux sources antiques et due à la plume de clercs (Pierre de Saint-Cloud en composa le noyau central vers 1175), elle introduit dans l'histoire du roman un cer- tain réalisme populaire que reprendront les

« nouvelles » au XV siècle : les Quinze Joyes de mariage (vers 1410), Cent Nou- velles nouvelles (1462).

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Au bord de l'eau

Shi Naian et Luo Guanzhong (Chine ; XIV siècle) Mandarins et redresseurs de torts

Les Histoires du bord de l'eau sont un extraordinaire vivier où ont puisé thèmes et personnages, les conteurs, les romanciers, les dramaturges et auteurs de livrets pour opéras, durant mille ans.

Bras-de-fer ! Tigre-sauteur-de- ravins ! Touche-le-ciel ! Connaît-personne ! Trépas-ins- tantané ! Brave-la-mort ! Ces expressions imagées désignent quelques-uns des héros de Shui- hu zhuan (Au bord de l'eau) le roman des braves et des fiers- à-bras.

Un Robin des Bois chinois ? L'affaire se déroule au temps de la dynastie Song (XI - XII siècle), soit la renaissance chi- noise. Une bande de person- nages hauts en couleur, mi-bri- gands, mi-maquisards, margi- naux, révoltés ou dissidents, ont établi leur repaire dans les ma- rais et mènent, sous la conduite de Song Jiang, une guérilla contre les forces pourrissantes de l'empire, à la veille de l'in- vasion mongole : fonctionnaires prévaricateurs, ministres félons, tyranneaux locaux et autres moines corrompus... Se succè- dent des épisodes héroïques, pi- caresques ou merveilleux : combats, embuscades, aventures bouffonnes, beuveries, d'où ne sont exclus ni les meurtres ni les atrocités.

Un certain nombre de per- sonnages sont fortement indivi- dualisés comme le célèbre Tour- billon Noir, à la nature sauvage, qui sera également le héros de nombreux récits, pièces de théâ- tre et opéras, indépendant du roman.

Le rapprochement a été fait

avec notre tradition de révoltes paysannes, de jacqueries et de

« bons brigands amis du peu- ple », Cependant, cette compa- raison cache ce que ce roman a de spécifiquement chinois. En effet, les « brigands des ma- rais » ne remettent pas en cause le « mandat du ciel » qui donne au souverain sa légitimité. Song Jiang acceptera la grâce accor- dée par l'empereur et, dans une seconde partie du roman, il combattra même au service de son souverain une autre bande, combat dans lequel la plupart de nos héros trouveront une fin tragique.

Un roman universel Au bord de l'eau a vu trop sou- vent soulignés ses traits épiques.

L'épopée, stricto sensu, est un genre à peu près inexistant en Chine. Humains, trop humains sont les héros de Au bord de l'eau, Le roman pencherait plu- tôt vers le drame et il a d'ailleurs entretenu d'étroites relations a- vec les genres théâtraux. Les personnages ne s'expriment pas par des tirades, mais échangent des dialogues, vivants, utilisant tous les niveaux de vocabu- laires. La représentation de la société, dans ses différentes composantes, populaires, intel- lectuelles, aristocratiques, est réaliste. Si l'intervention de la magie est fréquente, elle ne sort pas du cadre de la croyance commune de l'époque et fournit nombre de ressorts permettant

Le mandat du ciel, base idéologique du pouvoir de l'em- pereur, est une sorte de faveur, ac- cordée par un ciel impersonnel, sim- ple garant de l'ordre naturel. Lorsque le souverain n'est plus en harmonie avec cet ordre, il perd le mandat. La déca- dence et les désor- dres s'installent. A- lors un homme pro- videntiel surgit, ce peut être un paysan ou un garde-fron- tière ignare. Il réta- blit l'ordre, recueille le mandat et fonde une nouvelle dy- nastie.

Référence Lévy (André),Étu- des sur le conte et le roman chinois.

EFEO-Adrien Mai- sonneuve, 1971.

Édition Gallimard (Bibl. de la Pléiade), 1978, 2 vol.

(26)

Bibliographie

Dans cette bibliographie succinte, l'auteur ne cite que les ouvrages qu'il a consultés au cours de son travail.

Dictionnaire des auteurs, Laffont-Bompiani, 1952 et 1988, 4 vol.

Dictionnaire des œuvres, Laffont-Bompiani, 1954, 1958, 1962, 1968 et 1987, 7 vol.

Beaumarchais (Jean-Pierre), Couty (Daniel) et Rey (Alain). Dictionnaire des littératures de langue française, Bordas, 1987, 4 vol.

Boisdeffre (Pierre de). Histoire de la littérature de langue française des années 30 aux années 80 ; t. I, « Roman, théâtre », Librairie académique Perrin, 1958 et 1985.

Bouty (Michel). Dictionnaire des œuvres et des thèmes de la littérature française, Hachette, 1985.

Braun (Maximilien). La littérature russe au XIX siècle, Payot, 1963.

Dupuy (Josée). Le roman policier, Larousse, 1974.

Fontenille (Alfred), Marambaud (Pierre). Dictionnaire des œuvres et des thèmes de la littérature américaine. Hachette, 1976.

Lacombe (Alain). Le roman noir américain, 10/18, 1975.

Lemaître (Jules). Dictionnaire de littérature française et francophone, Bordas, 1985 et 1986.

Levy (André). Études sur le conte et le roman chinois, EFEO, 1971.

Lukacs (Georges). Le roman historique, Payot, 1975.

Mossé (Fernand). Histoire de la littérature allemande, éditions Montaigne, 1970.

Picon (Gaétan). Panorama de la nouvelle littérature française, Gallimard, 1976, rééd. «collection Tel », 1988.

Sancan (Jacques). Dictionnaire des œuvres et des thèmes de la littérature

russe, Hachette, 1973.

Sieffert (René). La littérature japonaise (Paris, 1960), avec mise à jour de Kato Shuichi, Publications orientalistes de France, 1973.

(27)

Index des auteurs

Les folios en renvoient à une œuvre de l'auteur faisant l' objet d 'une note de lecture.

A Achebe, 241.

Alain-Fournier, 137 Alemán, 29.

Al-Mazini, 230.

Alexis, 220.

Allain, 153.

Amado, 180 214, 234.

Apulée, 11, 16, 18.

Aragon, 14, 71, 90, 138, 157, 172, Artaud, 58, 90, 189

198.

Asimov, 226.

Asturias, 195.

Austen, 67 147.

B Ba'albaki, 230.

Ba Jin, 169 Babel, 159.

Baldwin, 193.

Balzac, 13, 36, 50, 54, 62, 71, 73, 77, 102, 110, 112, 233, 244.

Banerji, 163 Barbey

d'Aurevilly, 69, Barbusse, 138 89 Barjavel, 226.

Barrès, 118 Barthes, 229.

Bassani, 219, 237 Béalu, 191.

Beckett, 206 228, 229.

Beckford, 57.

Beecher-Stowe, 88 Ben Jelloun, 230.

Bellow, 207.

Bernanos, 14, 155, 173, 182, 183

Bernardin de Saint Pierre, 56 Bernhard, 238.

Béroul, 21.

Beti, 241.

Bielyï, 134 159.

Blixen, 191.

Blond, 172.

Bloy, 122.

Bobrowski, 238.

Böll, 238 Borel, 69.

Borges, 190 Bosco, 100.

Boulgakov, 159, 191, 242 Boulle, 226.

Bradbury, 225.

Brasillach, 172.

Breton, 90, 15 172, 222.

Breytenbach, 240.

Brink, 240.

Broch, 164 243.

Brontë (Charlotte), Brontë (Emily), 84 83 Brown, 226.

Buck, 166 176.

Burroughs, 216, 221 Butler, 128 Butor, 228.

Buzzati, 217, 237.

Cain, 168. C Calvino, 217 249.

Camus, 141, 196 Cao Xueqin, 51.

Capote, 199.

Carpentier, 71, 232 Carroll, 98 226.

Cassola, 237.

Cayrol, 229.

Céline, 14, 138, 171 236.

Cendrars, 194

Cervantès, 11, 13, 30, 31, 33 48.

Césaire, 220.

Challe, 42.

Chandler, 167, 168.

Chateaubriand, 42, 50, 56, 62, 63 64, 70.

Chatrian, 100.

Chatterji, 105, 163.

Charqawi, 230.

Cholokhov, 158 Chraïbi, 230.

Chrétien de Troyes, 21.

Chirstie, 58, 153.

Clarin, 102, 111 Clarke, 226.

Coetzee, 240.

Cohen, 244 Colette, 161.

Compton-Burnett, 245.

Condé, 220.

Conrad, 107, 121 Constant. 65, 66 Cooper, 72, 139.

Cortázar, 191, 227, Crane, 132, 138. 235 Crébillon fils, 55.

D Damas, 220.

Dante, 78.

Daudet, 100 Defoe, 13, 40 107,

1 17, 250.

Depestre, 220.

Dhôtel, 137.

Dib, 230.

Dick, 226.

Dickens, 62, 83, 85, 92 104, 117.

Diderot, 49 238.

Djabr. 230.

Djoubran, 230.

Dong Yue, 27.

Donoso, 235.

Dorgelès, 138.

Dos Passos, 124, 145, 167, 249.

Dostoïevski, 13, 62, 106 246.

Doyle, 152.

Drabble, 245.

Dreiser, 132.

Drieu La Rochelle, 172, 189.

Ducharme, 139.

Duhamel (Georges), 62, 138, 174, Duhamel (Marcel), 178

168.

Dumas, 62, 71, 81 90.

Duras, 124, 218 229.

Durell, 215 Dûrrenmatt, 238.

E Eco, 237.

Efremov, 226.

Ellison, 193.

Erckmann, 100.

Fadeïev, 159. F Farmer, 226.

Faulkner, 162 181.

Feng Menglong, 25.

Feuchtwanger, 71.

Feraoun, 230.

Féval, 81.

Fielding, 30, 45, 46, 207.

Fitzgerald, 144. 167.

Flaubert, 13, 62, 71, 73, 94, 95, 99 1 10, 1 12, 1 18.

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