MONOGRAPHIE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
1. Situation géographique Données géographiques
Superficie : 2.345.409 km² (cinq fois la France)
Population : 57,54 millions d’habitants (BAD, OCDE, 2005)
Capitale : Kinshasa
Villes principales : Kinshasa, Kananga, Kisangani, Lubumbashi, Bukavu
Langue officielle : français Monnaie : franc congolais Fête nationale : 30 juin Données démographiques Croissance démographique : 3 % (BAD, OCDE, 2005)
Espérance de vie : 44 ans (BAD, OCDE, 2005)
Taux d’alphabétisation : 68,1 % (BAD, OCDE, 2005)
Religion (s) : chrétiens (majoritaires), musulmans, kimbanguistes
Indice de développement humain : 167èmesur 177 (PNUD 2005) Données économiques
PIB (au prix courant du marché) : 6,9 milliards de $ (BAD, OCDE, 2005) PIB par habitant : 120,2 $ (BAD, OCDE, 2005)
Taux de croissance : 5 % (BAD, OCDE, 2006) Taux d’inflation : 15,5 % (BAD, OCDE, 2005)
Balance commerciale : - 450 millions de $ en 2006 (ME 2007) Solde budgétaire : -2,5% du PIB (BAD, OCDE, 2005)
Principaux clients : Belgique (36 %), Chine (26%), Brésil (9%), Finlande (9%), Etats-Unis (6%) (ME 2007)
Principaux fournisseurs : Afrique du Sud (24 %), Belgique (14 %), France (11 %), Côte d’Ivoire (6 %) (ME 2007)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (BAD,OCDE,2005) : agriculture : 43 %
industrie : 25 %
services : 32 %
Production pétrolière :24 000 barils/jour, 68èmeproducteur mondial
Le Congo (RDC), la République démocratique du Congo en forme longue, est un vastepays d’Afrique centrale qui s’étend de l’océan Atlantique au plateau de l’est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo. Le nord du pays est un des plus grands domaines de forêt équatoriale au monde, l’est du pays borde le grand rift est-africain, domaine des montagnes, des collines, desgrands lacs mais aussi des volcans. Le sud et le centre, domaine des savanes arborées, forment un haut plateau riche enminerai. À l’extrême ouest, une quarantaine de kilomètres au nord de l'embouchure du fleuve Congo s’étale une côte sur l’océan Atlantique. Le pays partage ses frontières avec l’enclavede Cabinda (Angola) et la République du Congo à l’ouest, la République centrafricaine et le Soudanau nord, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie à l’est, la Zambie et l’Angola au sud1. Ces frontières sont dues aux conquêtes de Léopold II de Belgique, qui légua son territoire à la Belgique en 1908.
Plus de 500 ethnies de groupes noirs africains différents forment la population du pays. C'est une ancienne coloniebelge: leCongo belge, indépendante depuis1960. Son économie est principalement du secteur primaire (agriculture et exploitation minière). Le français est sa langue officielle et quatre langues bantoues(kikongo, lingala, tchiluba, swahili) sont des langues nationales.
On appelle généralement ce pays sous sa forme longue République démocratique du Congo, RDC ou Congo-Kinshasa (autrefois Congo-Léopoldville, l'ancien nom de Kinshasa), du nom de sa capitale Kinshasa, afin de ne pas le confondre avec l'autre Congo ou Congo-Brazzaville ou République du Congo.
2. Situation climatique 3. Situation démographique
Vu sa taille le Congo est peu peuplé5, la population se concentre sur les plateaux, dans la savane près des fleuves et des lacs, le nord et le centre du pays, domaine de la jungle sont quasiment vides.
L’exode rural à gonflé les villes et surtout Kinshasa. Les grandes agglomérations sont Kinshasa (8 millions d’habitants),Lubumbashi,Kisangani,Mbuji-Mayi,Kananga,Mbandaka,Bukavu, etc.
La traite esclavagiste des Portugais à l’Ouest et celle des Arabo-swahilis à l’Est a considérablement vidé un territoire grand comme l’Europe de l’Ouest. Le régime deLéopold IIa conduit à un génocide et encore plus diminué la population. Ce n’est qu'avec la crise de 1929 et la fin de la seconde guerre mondiale que la population commence à augmenter rapidement. Le régime deMobutua encouragé la natalité d’après le slogan « plus de population pour avoir plus de poids sur la scène internationale ».
Avoir beaucoup d’enfants assure, à l’époque, une meilleure retraite et plus de respect dans la société.
L’explosion démographique a transformé le Congo des années 1960 et ses 15 millions d’habitants en géant d'une cinquantaine de millions d’habitants. La population est caractérisée par sa grande jeunesse, plus de la moitié des habitants ont moins de 20 ans. Durant la guerre inter-africaine (1997- 2005) 3,9 millions de Congolais sont décédés majoritairement de maladies infectieuses dues à la malnutritionet l’exode. C’est le conflit le plus meurtrier depuis laSeconde Guerre mondiale.
Le peuple congolais est composé de plus de plusieurs centaines d’ethnies ou tribus – certains donnent le nombre de 200 250, plus de 365, 400 ou 450 – formant différents groupes. Notons néanmoins que nombreuses langues et cultures de petites ethnies ont tendance à disparaître au profit de celles des grosses ethnies.
4. Situation économique
La RDC dispose d’un potentiel économique considérable : le barrage d’Inga, sur le fleuve Congo, à 200 km de Kinshasa, représente le plus important potentiel hydroélectrique d’Afrique. Dans le Katanga et le Kasai, le potentiel minier (cuivre, zinc, diamant) est considérable. L’instabilité politique, le manque d’infrastructures, en particulier de routes, et l’exploitation illégale des ressources naturelles (dénoncée par le rapport Kassem des Nations-Unies) demeurent cependant des handicaps sérieux pour le décollage économique du pays.
La reprise de l’aide internationale, après dix ans d’interruption, a permis d’amorcer une reprise économique qui reste toutefois fragile. La RDC a pu accéder à l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), dont le point de décision a été atteint en juillet 2003. La croissance en RDC est supérieure à 6% depuis 2002. Toutefois, la dégradation des indicateurs macroéconomiques à la fin de l’année 2005 (dépréciation du franc congolais et importants dépassements budgétaires, principalement sur la masse salariale) a entraîné l’abandon en mars 2006 par le FMI du programme de FRPC (facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance), et la mise en place d’un programme relais de consolidation.
5. Situation linguistique
Le Congo-Kinshasa est l'un des pays les plus multiethniques d'Afrique. On y trouve un enchevêtrement de peuples de diverses origines et parlant de nombreuses langues.
5.1 Les ethnies
Le Congo-Kinshasa compte quelque 250 ethnies qui peuvent être réparties en plusieurs groupes. Le premier groupe est formé par les peuples bantous (env. 80 % de la population) dont les principales ethnies sont les Luba (18 %), les Mongo (17 %), les Kongo (12 %) et les Rwandais hutus et tutsis (10
%); les autres ethnies bantoues sont les Lunda, les Tchokwé, les Tetela, les Bangala, les Shi, les Nande, les Hunde, les Nyanga, les Tembo et les Bembe. Les ethnies non bantoues se répartissent entre les Soudanais (Ngbandi, Ngbaka, Mbanja, Moru-Mangbetu et Zande), les Nilotiques (Alur, Lugbara et Logo), les Chamites (Hima) et les Pygmées (Mbuti, Twa, Baka, Babinga). Les Nilotiques et les Chamites, qui ont jadis quitté la vallée du Nil, ont été confrontés aux migrations bantoues, mais ont dû peu à peu laisser la place.
La majorité des Congolais sont de religion chrétienne. Les catholiques forment 40 % de la population, les protestants, 35 %, les kimbanguistes (une importante Église d'origine africaine), 10 %. Il existe également des petites communautés musulmanes (9 %), juives et grecques orthodoxes.
5.2 Les langues
Sur le plan linguistique, cette ancienne colonie belge est l'un des pays les plus multilingues de toute l'Afrique. En effet, l'Atlas linguistique du Zaïre dénombre 221 langues pour une population totale (estimée en 1996) à 42,2 millions d’habitants, c'est-à-dire une langue par tranche de 190 000 locuteurs.
Cependant, 186 langues appartiennent à la seule famille bantoue et elles sont parlées par plus de 80 % de la population congolaise. Les autres langues sont représentées par la famille nilo-saharienne.
Ce pluralisme linguistique exceptionnel comprend trois grandes composantes: les langues locales dites
«ethniques (ou langues congolaises), les langues dites nationales et la langue officielle (le français).
- Les langues locales
Tous les Congolais parlent l'une des quelque 200 langues «ethniques»; elles sont utilisées localement et servent à la communication entre les diverses communautés. Ceux qui ne parlent qu'une langue ethnique sont ordinairement les citoyens les moins scolarisés et les moins urbanisés. Sauf une vingtaine d’entre elles, les langues ethniques sont parlées par peu de locuteurs et ne jouissent pas de la même considération dans l’opinion publique congolaise. Ces langues sont généralement utilisées par des communautés comptant moins de 100 000 locuteurs, souvent entre 5000 et 70 000 locuteurs.
Cependant, une vingtaine de celles-ci comptent plus de 100 000 locuteurs, et trois sont parlées par plus d’un million de personnes.
Parmi ces langues, le kinyarwanda n'est pas une langue congolaise, mais une langue immigrante issue de transferts de populations venant à l'origine du Rwanda voisin à l'époque du Congo belge (vagues de 1905-1906, 1928-1929, 1940-1943, 1950-1952). Ceux qui parlent le kinyarwanda rwandais sont des Banyarwanda, c'est-à-dire des réfugiés hutus et tutsis habitant dans la province du Nord-Kivu. Les Banyarwanda sont généralement perçus comme des «étrangers» par les Congolais, surtout depuis que des conflits armés ont éclaté en 1993, dans le Nord-Kivu entre, d’une part, des Hutus et des Tutsis, d’autre part, des membres de plusieurs groupes ethniques congolais. On parle aussi depuis 1976 des Banyamulenge, c'est-à-dire «les gens de la colline ou de la forêt de Mulenge», une région du Sud-Kivu.
Ce sont en général des Tutsis kinyarwandophones émigrés depuis quelques décennies du Rwanda (après 1959) et ils ne peuvent présentement se prévaloir de la citoyenneté congolaise. En fait, les Banyamulenge sont des Banyarwanda installés dans les régions de Fizi, de Mwenga et d'Uvira, toutes situées dans la province du Sud-Kivu, à l’exception de la région de Shabunda (voir la carte du pays).
Quoi qu'il en soit, Banyarwanda ou Banyamulenge ne sont plus des Rwandais, mais ils ne sont pas davantage considérés comme des «authentiques» et continuent de faire l'objet de controverses de la part de nombreux Congolais qui les traitent de «minorité agressive». On ne connaît pas, de façon officielle, le nombre exact de locuteurs du kinyarwanda au Congo-Kinshasa, mais certains observateurs les estimeraient à près de 400 000. Rappelons que, lors du génocide rwandais en 1994, plus d'un million de personnes ont fui le Rwanda pour se réfugier au Congo-Kinshasa.
- Les langues nationales
Par rapport aux langues congolaises, les langues nationales — kikongo, lingala, kiswahili et tshiluba — bénéficient d’une plus large audience, d’un plus grand développement et d’une plus grande expansion au plan national grâce à l’Administration, la justice, les écoles primaires, les médias et l’évangélisation. Les quatre langues nationales découpent le pays en quatre grandes aires linguistiques:
- Le swahili ou kiswahili est parlé comme langue seconde par environ neuf millions de locuteurs dans les régions de l’Est, notamment au Katanga dans le Kivu, en passant par le Lualaba à l'ouest et les Grands Lacs à l'est (ainsi qu'au Kenya et en Tanzanie).
- Le lingala est la langue maternelle ou la langue seconde d'environ 8,5 millions de locuteurs dans la capitale (Kinshasa) et les régions du Moyen-Congo et du Haut-Congo (et en République centrafricaine).
- Le kikongo, avec ses deux millions de locuteurs, est utilisé principalement dans la région du Bas- Congo et du Bandundu (et en Angola).
- Le tshiluba (ou luba-kasaï) est pratiqué par environ six millions de locuteurs dans le Sud, particulièrement dans la région du Kasaï.
Ces langues de grande diffusion se sont imposées avant la colonisation; elles sont aujourd'hui utilisées comme langues maternelles et comme langues secondes par au moins 30 millions de Congolais (de 75
% à 80 % de la population). Elles sont employées par les couches sociales les plus scolarisées et les plus urbanisées à titre de langues suprarégionales ou pour la communication interethnique dans les villes. Trois des langues nationales congolaises, le lingala, le swahili et le kikongo, sont de formation récente. Leur histoire est liée à celle de la colonisation du Congo et, en principe, elles n’appartiennent en propre à aucune communauté ethnolinguistique du pays. Cet avantage leur permet, surtout au lingala et au swahili, de jouer leur véritable rôle de langues véhiculaires. Quant au tshiluba, c’est une langue qui remonterait au XVesiècle et est davantage liée aux principales communautés qui la parlent:
les Baluba dans l'est du Kasaï et les Bena Lulua dans l'Ouest.
- La langue officielle
Dans le projet de Constitution de novembre 1998, quatre articles concernaient l’emploi des langues.
L’article 6 traitait du statut desquatre langues nationaleset dedeux langues officielles: «Sans préjudice des langues nationales, les langues officielles sont le français et l'anglais.» Cependant, au plan
juridique, le projet de loi constitutionnelle n'a aucune valeur pour la simple raison qu'il n'a jamais été entériné.
D'ailleurs, à la suite des résolutions du Dialogue inter-congolais de Sun City (en Afrique du Sud), du 25 février au 12 avril 2002, et à l'Accord global et inclusif sur la transition en République démocratique du Congo signé à Pretoria, le 17 décembre 2002, et adopté le 1eravril 2003, le président de la RDC du Congo, Joseph Kabila, a promulgué le 4 avril la nouvelle Constitution, ouvrant probablement la voie à la transition vers les premières élections libres dans son pays.
Les paragraphes 7 et 8 de l'article 4 portent sur les langues. Le paragraphe 7 précise que le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba sont les «langues nationales», alors que le français est la (seule) langue officielle, l'anglais ayant été éliminé.
Aux langues congolaises se superposent le français et l'anglais, deux langues européennes, dont l'une est officielle depuis longtemps: à peine 10 % (env. quatre millions de locuteurs) des Congolais savent le français, contre 1 % pour l'anglais. Cet article 4 est devenu l'article 1erdans la version de février 2006.
Le français, la langue officielle, reste une langue seconde pour tous ceux qui le parlent. La compétence de ces locuteurs du français reste très inégale, il va sans dire, et varie principalement en fonction des milieux urbains et ruraux.
La plupart des Congolais pratiquent une diglossie déséquilibrée, sinon une triglossie lorsqu’ils savent le français. Ainsi, ils emploient leur langue maternelle (ou ethnique) dans les relations familiales ou interethniques, mais la langue véhiculaire régionale — kikongo, lingala, swahili et tshiluba — dans la vie urbaine en général: commerce, administration locale, éducation (premier cycle du primaire), presse, radio et télévision. Pour ceux qui savent le français (triglossie), employer cette langue donne automatiquement accès à toutes les sphères du pouvoir et de la connaissance. C'est encore, dans les faits, la langue de l'État et du droit.
5.3. La politique linguistique
La nouvelle Constitution de 2005, en vigueur depuis le 18 février 2006, a repris les dispositions linguistiques de la Constitution de 2003.
Article 1er (2006)
1) La République Démocratique du Congo est, dans ses frontières du 30 juin 1960, un État de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc.
2) Son emblème est le drapeau bleu ciel, orné d’une étoile jaune dans le coin supérieur gauche et traversé en biais d’une bande rouge finement encadrée de jaune.
3) Sa devise est « Justice – Paix – Travail ».
4) Ses armoiries se composent d’une tête de léopard encadrée à gauche et, à droite, d’une pointe d’ivoire et d’une lance, le tout reposant sur une pierre.
5) Son hymne est le « Debout Congolais !»
6) Sa monnaie est « le Franc congolais ».
7) Sa langue officielle est le français.
8) Ses langues nationales sont le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba. L’État en assure la promotion sans discrimination. Les autres langues du pays font partie du patrimoine culturel congolais dont l’État assure la protection.
6. Le système éducatif de la RDC
Le système éducatif congolais (République Démocratique du Congo) est géré par trois ministères : le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (MEPSP), le Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (MESU) et le Ministère des Affaires Sociales (MAS).
L'enseignement au Congo belge était semblable à l'enseignement officiel de Belgique. Les six premières années sont appelées "primaires" (6-12 ans). Le cycle "secondaire" se divise en deux fois trois ans. Les 3 premières années sont dites "inférieures" les trois autres "supérieures". Le cycle secondaire offre, à l'époque, trois orientations, à savoir : humanités classiques (grec, latin,
mathématique), humanités dites "modernes" (techniques, scientifiques, commerciales) et humanités
"professionnelles" ou "familiales". Un diplôme sanctionne la fin de chaque cycle de trois ans. Le terme des six années secondaires offre le choix aux études dites "supérieures" (enseignement non universitaire - entre 2 et 4 ans) ou "universitaires" (2 années de candidature, trois et plus d'années de licence, suivies d'un doctorat). Il n'y a pas de baccalauréat. Celui-ci est parfois compensé par un examen d'admission portant sur la capacité d'entreprendre les études choisies.
Malgré le fait que le financement public de l’éducation se soit effondré dès 1986, le système éducatif congolais a continué à se développer, et ce grâce au financement direct des ménages.
En 2001/2002, le pays comptait près de 19 100 écoles primaires avec 159 000 enseignants pour plus de 5,47 millions d’élèves et près de 8 000 écoles secondaires avec 108 000 enseignants pour 1,6 millions d’élèves. La même année, l’enseignement supérieur comptait près 326 établissements pour 200 000 étudiants.
Le taux de scolarité est de 76 % en milieu urbain et 48 % en milieux rural.
7.1 Le système formel 7.1.1. Présentation générale
Il existe tous les niveaux d'enseignement en République démocratique du Congo.
Écoles primaire et secondaire :
Certificat d'Etudes Primaires (CEP) : 6 ans d'école primaire Diplôme d'État : 6 ans d'école secondaire (humanités).
Enseignement supérieur et recherche:
Graduat : 3 ans d'université
Licence : 2 ans d'université après le Graduat
DEA : 2 ans à l'Université de Kinshasa (après certains nombres de critères) Soutenance de thèse de Doctorat
7.1.2. Quelques éléments d’analyse
Depuis son réengagement en RDC intervenu en 2001, la Banque mondiale a aidé la RDC à jeter les bases d'une stabilisation macroéconomique et d'accélérer le rythme de la reconstruction du pays dans les infrastructures, la réduction de la pauvreté, l'accès aux services sociaux de base (santé, éducation,…).
Convaincue que le système éducatif de la RDC va jouer un rôle important dans la reconstruction des institutions politiques, dans la stimulation de la croissance économique et dans la correction des inégalités, la Banque mondiale apporte son appui au redressement du système éducatif congolais.
Dans un contexte post-conflit, la RDC sort d'une période de mauvaise gestion économique et des guerres. Cela a eu des effets dévastateurs sur l'économie en général qui ont affecté négativement les secteurs sociaux notamment l'éducation.
Et pourtant, l'éducation joue un rôle stratégique pour fournir à la RDC des ressources humaines nécessaires pour la reconstruction et le développement du pays. Après avoir pris la mesure des défis à relever par le gouvernement de la RDC durant la période de transition, la Banque mondiale, en collaboration avec la communauté des bailleurs de fonds, a préparé en 2001 une stratégie d'aide transitoire pour orienter ses programmes d'assistance en RDC.
Selon la Banque mondiale, la principale contrainte dans le secteur de l'éducation est l'insuffisance de financement des services. Le constat fait est révélateur car depuis 20 ans la part du budget de l'Etat consacrée à l'éducation est pratiquement négligeable. Cette part n'a jamais dépassé 1% depuis plus de 10 ans. En 2006, il est de 4%. " Le désengagement financier de l'Etat a été aggravé depuis les années 90 avec le retrait des institutions internationales. Le manque de ressources a entraîné une diminution
rapide de la couverture et de la qualité des services. Ainsi, le conflit armé a davantage réduit l'accès de la population à l'éducation.
" Aujourd'hui, le système de l'éducation en RDC est en crise. Le taux brut de scolarisation est non seulement faible mais en décroissance continue. Ce taux a chuté de 72,3% et 24,5% en 1992 et 1993 à 64%, et 23% en 2001 et 2002, pour l'enseignement primaire et secondaire. Trois élèves sur quatre parviennent à terminer le cycle primaire et les taux d'abandon et de redoublement, déjà élevés, sont en augmentation. Le problème de l'accès tient au fait que la population augmente de 3,4% par an alors que les indicateurs macroéconomiques du pays accusent une baisse sensible et que les infrastructures sont dilapidées, après des années de négligence ". Voilà ce que dit la Banque sur cette crise de l'éducation.
Conséquence : le manque de fonds publics se reflète dans la faiblesse de la partie officielle des traitements et salaires qui découragent les enseignants qualifiés. Pour la Banque, l'insuffisance des fonds publics pour l'entretien explique également le délabrement très avancé de tous les locaux scolaires et a une incidence négative sur la qualité de l'enseignement. " Les manuels scolaires sont trop chers pour la majorité des parents, les enseignants manquent de matériel didactique, et les moyens de formation des instituteurs débutants et de recyclage des enseignants non qualifiés sont limités.
Les administrateurs des écoles facturent par conséquent les frais de scolarité aux élèves (ou à leurs parents). Cas unique en Afrique, la charge financière du secteur est donc entièrement supportée par les élèves et leurs parents, et ce à tous les niveaux de l'enseignement ". C'est ce que note la Banque mondiale. Pour elle, la crise du système éducatif est le fait de la conjugaison de deux facteurs : " L'Etat est de moins en moins capable de jouer son rôle de financier, et les ménages sont de moins en moins capables d'assumer ce rôle ".
7.2 Le système non formel
Il faut d’abord noter l’organisation d’une direction de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes au sein du ministère des affaires sociales. Les activités réalisées par cette direction visent à « apprendre le mécanisme de la lecture, de l’écriture et du calcul aux jeunes et adultes qui n’ont pas bénéficié de l’enseignement dispensé par le département de l’enseignement primaire et secondaire » (Comité National de Lutte contre l’Analphabétisme, 1988). Pour ce faire, la direction assure la formation aux alphabétiseurs, élabore des programmes d’apprentissage de lecture et d’écriture et organise l’enseignement au sein des centres de promotion sociale.
Aux activités de la direction de l’alphabétisation, il faut ajouter les actions menées par le secteur privé (principalement les associations religieuses) en vue de la promotion spirituelle, sociale et culturelle.
En observant donc les faits au niveau de l’enseignement fondamental et au niveau de l’alphabétisation des jeunes et des adultes, il y a lieu d’admettre que l’alphabétisation constitue une préoccupation de la communauté nationale. Seulement, dans la lutte contre l’analphabétisme, il s’est établi en RDC un déséquilibre flagrant entre la procédure préventive et la procédure curative de l’analphabétisme. Si l’enseignement primaire a connu un progrès manifeste, tel n’est pas le cas de l’alphabétisation des adultes. Qui plus est, la détérioration enregistrée actuellement par l’enseignement primaire, en particulier, fait de plus en plus perdre à la procédure préventive de l’analphabétisme l’efficacité qui lui était reconnue au cours des premières décennies de l’indépendance du pays.
Les procédures de lutte contre l’analphabétisme en RDC n’échappent pas ainsi aux imperfections qui caractérisent le système éducatif de la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne : « le système d’enseignement de la majorité des pays de cette région est encore trop peu développé ou ne forme avec succès qu’un trop petit nombre d’élèves, pour freiner la progression du nombre absolu d’analphabètes, et les programmes d’éducation non formelle sont trop limités pour compenser ces faiblesses ».
La Banque mondiale et de la Banque africaine du développement ont mis sur pied le PRESEC (Projet de redressement du système éducatif congolais), en prévoyant chaque fois le renforcement des capacités des formateurs des cadres et agents œuvrant dans ce secteur.
L’UNICEF appuie le sous-secteur dans l’élaboration du programme de rattrapage scolaire et du recyclage des formateurs, sans oublier l’appui matériel de la Belgique et du Japon notamment.
8. L’apprentissage du français par l’alphabétisation
Il a existé, avant l’indépendance du pays en 1960, dans les centres urbains et semi-urbains, des enseignements dits "cours du soir" où l’essentiel du programme était constitué par les éléments d’apprentissage du français. Après l’indépendance, "il a fallu attendre la fin de travaux de la Conférence mondiale des ministres de l’éducation nationale tenue en septembre 1965 à Téhéran sous l’égide de l’Unesco pour que soit créée dans notre pays une direction de l’alphabétisation et de l’éducation permanente des jeunes et adultes au sein du ministère de l’éducation nationale en 1966". (Djo T. 1985) Des sociétés minières, industrielles et commerciales organisaient également des séances d’alphabétisation pour leurs travailleurs ou épouses de ces derniers.
"Il est encore difficile d’évaluer l’impact réel du programme mis en application par la direction de l’alphabétisation sur l’acquisition du français à cause de la fluctuation de son action selon le temps et les moyens mis à sa disposition. Le chiffre de 116.927 alphabétisés donne une petite idée sur le travail accompli". (Djo T. 1985)
Si les langues nationales sont utilisées comme véhicules de cette alphabétisation, l’initiation à la langue française occupe une bonne place du programme. Outre le programme d’alphabétisation fonctionnelle intégrée dans des projets d’agriculture, de développement rural et de santé en langues congolaises, il existe un programme de récupération des élèves ayant fait 3 à 6 ans primaires dans des centres de rattrapage en vue de leur orientation vers les centres professionnels.
À côté de cette action des pouvoirs publics, des programmes d’alphabétisation des adultes sont conçus et appliqués par des associations confessionnelles et les missions religieuses à travers le pays. Ces programmes contribuent à l’apprentissage du français.
L’apprentissage du français par les adultes et jeunes non scolarisés se caractérise par sa fonctionnalité en ce sens que le but recherché n’est pas tant la maîtrise de la langue par le néo-alphabétisé que de lui permettre d’accéder à une information dont il aurait besoin dans son activité professionnelle. La phase de la post-alphabétisation conçue comme une étape de fixation et de transformation des connaissances acquises au cours de l’alphabétisation est celle où l’apprentissage du français se consolide.