HAL Id: hal-00897785
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Submitted on 1 Jan 1980
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Étude chronologique, structurale et biométrique de l’œuf et de son développement chez la petite roussette
(Scyliorhinus canicula) élevée en eau de mer artificielle
M.-M. Foulley, J. Mellinger
To cite this version:
M.-M. Foulley, J. Mellinger. Étude chronologique, structurale et biométrique de l’œuf et de son
développement chez la petite roussette (Scyliorhinus canicula) élevée en eau de mer artificielle. Re-
production Nutrition Développement, 1980, 20 (6), pp.1835-1848. �hal-00897785�
Étude chronologique, structurale
etbiométrique de l’œuf
etde
sondéveloppement chez la petite
roussette(Scyliorhinus canicula) élevée
en eaude
merartificielle
M.-M. FOULLEY J. MELLINGERLaboratoire de Biologie animale, Faculté des Sciences Université de Reims, 51100 Reims, France.
Summary.
The eggof the
smallspotted dogfish (Scyliorhinus canicula)
and itsdevelopment
in
artificial
sea water : achronologic,
structural and biometricstudy.
The eggs of the small spotted dogfish
(Scyliorhinus canicula), developed
in artificial sea water at 14 OC, pre-hatched after 3 to 31/2
months(total embryo
length : 31 to 38mm).
Hatching
occurred after 61/2
to 71/2
months(length
of newborn : 80 to 95mm). Egg weight
first increased for 12days
and then remained constant untilpre-hatching.
A bio-metric study of the whole egg, egg case and albumen chamber showed very little varia- tion in egg width, while egg
length
variedwidely.
Aslaying
occurs in pairs, the secretory activity in each nidamentalgland
was observed toadapt
to the extra volume of egg case contents in two cases where a double egg was laid with a normal one. However, the size andshape
of the normal eggs of each female weregenerally
distinctive,regardless
of thecontents or the external conditions. The egg case wall had three separate
layers,
as shownby
microscopy of fresh material andexperimental
studies with variousdyes.
A de rares
exceptions près,
les Poissonscartilagineux (Chondrichthyens =
Séla-ciens !-
Holocéphales)
sereproduisent
par des oeufs télolécithesencapsulés (capsule ovigère,
ouoothèque,
oucoque) (cf. Wourms, 1977).
La coque est sécrétée par uneportion
hautement différenciée des oviductes, laglande nidamentaire, qui
fournitégalement
son contenumuqueux («
albumen»),
formé demucopolysaccharides
dontla
composition rappelle
la gangue despontes d’Amphibiens plutôt
que l’albumen d’unoeuf d’Oiseau
(Botte
etal., 1976).
Comme tous les
Chondrichthyens ovipares,
lapetite
roussette(Scyliorhinus
cani-cula) possède
une coque de structurecomplexe,
constituée decollagène
associé à desscléroprotéines
variées dontl’agencement
et le mode de sécrétion ne sont pas encore élucidés(Knight
etHunt, 1976 ;
Rusaouën etal., 1976 ; Rusaouën, 1976, 1978).
Lescoques sont
pondues
parpaires, correspondant
à l’ovulation depaires d’ovocytes
enrègle générale.
Des oeufs doubles ontpourtant
étésignalés (Joseph, 1906 ; Vayssière,
1909).
L’ovaire estunique,
les deuxtrompes
ont unpavillon
commun, maischaque
glande
nidamentairereçoit
l’un desovules,
dans une moitié de coque sécrétée paravance.
Après
lafécondation,
l’achèvement du programme de sécrétion donne un oeufcomplètement
fermé. L’albumen sedépose
au fur et à mesure autour de cet ovulefécondé ou «
jaune » (par analogie
avec l’oeufd’Oiseau).
Complétant
un travail antérieur(Alluchon-Gérard
etMellinger, 1971),
nousprécisons
lachronologie
dudéveloppement
de cetoeuf, toujours
à latempérature
standard de 14
O C,
mais avec une eau de mer artificielle et nonplus
naturelle commeprécédemment.
Dans le cadre d’une étudephysiologique
de la coque et de son milieu intérieur(Foulley
etMellinger, 1980),
nousprocédons
à unecomparaison
à la foisbiométrique
et structurale entre les oeufspondus
dans notreélevage expérimental
par des femelles en
captivité prolongée,
et ceuxproduits
à la stationd’origine (Banyuls- sur-mer)
par des femelles fraîchementcapturées.
La
genèse
des formes trèsspécifiques
de ces coquesimplique
le déroulement d’un programme sécrétoire bien défini dans lesglandes
nidamentaires. On a notédepuis longtemps
laprésence
occasionnelle de coques sans «jaune
», élaborées en l’absenced’ovulation,
deproportions
normales mais de dimensionsplus
faibles. Ces dimensions sont-ellesajustées
au diamètre desovocytes ?
Comment varient-elles dans le casd’oeufs doubles ? Notre étude
biométrique permet
de formuler certaineshypothèses
sur la
régulation
de cette sécrétionparticulièrement complexe.
Matériel et méthodes.
Dans une
pièce isolée,
climatisée à 14!C(optimum thermique d’après
Win-trebert, 1920a),
l’eau de mer circule dans des bacs de 1 300 litres munis d’un vastecompartiment
filtrant(Aquariums
R.Coutant,
LaRochelle).
La circulation et l’aérationsont assurées par de l’air
comprimé
distribué àpartir
d’un gros compresseur àpistons,
avec
interposition
d’un détendeur et d’unpiège
à huile. Comme matériaufiltrant,
la laine de verre donne les meilleurs résultats. Il suffit denettoyer
les ouvertures et la surface dufiltre,
sansjamais changer
la laine.L’un des bacs est réservé aux
opérations
de renouvellement et derecyclage
del’eau des boîtes
qui
contiennent les oeufs. Laqualité
de l’eau de mer est contrôléerégulièrement :
densité(d = 1,030),
absenced’odeur,
detrouble,
decoloration, pH (teinte jaune-orangé
du rougeneutre),
taux de nitrites(nécessaire
dedosage Eheim). Malgré
laparfaite
stabilité descaractéristiques
del’eau,
nous prenons laprécaution
d’un renouvellementpartiel, plusieurs
fois par an. Cette eau de mer arti- ficielle estpréparée
d’avance àpartir
d’eau de ville calcaire et de sels pourl’aqua- riologie (Meeressalz
« Wimex», H.Wiegandt,
415 Krefeld1, République
Fédéraled’Allemagne).
Les roussettes et leurs oeufs sont de
plus petite
taille en Méditerranée que dans la Manche(Leloup
etOlivereau, 1951).
Nospondeuses proviennent
de la mer Méditer-ranée
(Banyul-sur-mer), uniquement.
Elles sont nourries depoisson (merlan, etc.)
une fois par semaine. La mortalité est
pratiquement nulle,
sauf pour des roussettesou des oeufs reçus en mauvais état. ,
Chaque
oeuf estsuspendu
par ses vrilles antérieures(fig. 1)
dans une boîte enplastique
alimentairetransparent, remplie
de 800 ml d’eau de mer artificielle. Laglissière
du couvercle verseur est laissée ouverte pour assurer une meilleureoxygé-
nation, mais les
dosages d’0 2
onttoujours
montré des valeursproches
de la saturationmalgré
l’absenced’agitation. Compte
tenu de la vitessed’apparition
des nitrites, l’eau des boîtes estchangée
aumoins
une fois par semaine.Pour la
pesée,
l’oeuf est débarrassé de ses vrillespostérieures,
les antérieures étant réduites au minimum nécessaire pour assurer lasuspension
dans la boîte. Il estessuyé complètement
avec dupapier filtre, puis rapidement pesé
pour éviter toute dessiccation. La conservation de coques vides ou defragments
de coques se faittoujours
en eau de mer filtrée, depréférence
froide(0-4 O C) :
on ne note aucuneputré-
faction ni altération
quelconque,
pourvu que tout le blanc ait été éliminé.On mesure
l’épaisseur
des coques à l’aide d’un micromètre externe(Palmer)
au1/100
e
de millimètre. Comme la coque résiste très mal à ladéshydratation
et à l’inclu-sion, nous y
pratiquons
des coupes fines à mainlevée,
sur le frais. Lesembryons
sontmesurés ou fixés sous anesthésie au MS 222
(Sandoz) après
l’extraction du germe hors de la coque.Résultats.
1. Structure de
l’oeuf et modifications
au cours dudéveloppement.
La structure
générale
de l’oeuf de roussette et les modificationsannonçant
l’éclosion sont connuesdepuis
les travaux de Wintrebert(1920a
et b,1927a,
b et c,1931)
etOuang
Te Yio(1931),
mais unrappel
sera utile(fig. 1,
2 et3).
La sécrétion des différentes
parties
de la coque commence par le bout des vrillespostérieures,
rattachées à l’extrémité arrondie(dite
«forcipée», d’après
laterminologie
deVVintrebert),
et setermine par les vrilles intérieures,
prolongeant les,ingles
de l’extré- mitéquadrangulaire (« spatulée »1.
Ces filaments vrilléspermettent
à la
pondeuse
deligoter
ses oeufs Ù unsupport (en aquarium,
cuxtuyaux d’aération).
La forme de l’extrémitéforcipée
favorise la descente de l’oeuf dansl’oviducte,
tandis que l’extrémitéopposée
fournira un passage pour l’éclosion
après
descellement de sonlimbe.
L’apparence
desymétrie
bilatérale queprésente
la coque se trouve contredite par ladisposition
des 4 « boutonnières », fissurespréformées,
d’abord obturées par un albumen solide et situées lelong
des arêtes latérales toutprès
des extrémités. Dans laposition
conventionnelle
(fig. 1),
les deux boutonnières degauche
font faceà
l’observateur,
celles de droite étant sur la faceopposée.
Le
« jaune »
télolécithe repose dans la chambre chalazifèreménagée
dans lapartie postérieure
de l’albumen et nommée ainsi par Wintrebert en raison de laprésence
de deuxboyaux
axiauxsinueux
qui évoquent
les chalazes de l’oeuf d’Oiseau par leur rôleapparemment
suspenseur. En
réalité,
Wintrebert apoussé
lacomparaison trop
loin. S’il est exact que l’albumenprésente
une zone centrale assez fluide(« glaires »
mobiles dans unliquide interstitiel)
et une couche corticalegélifiée (« gluten »),
le rôled’ancrage
conféré aux chalazes demande encore à être vérifié. En tout cas, la
position
et les dimensions de la chambre demeurent absolument fixes mêmelorsqu’on
retournel’oeuf. Par contre, le «
jaune » s’y
meut aisément de manière à s’orienter suivant legradient
vitellin. Iln’occupe
que les troisquarts
de la hauteur de lachambre,
dont iladopte partiellement
les contourselliptiques (fig. 2).
La forme dupôle
antérieur du« jaune
», d’abord arrondie, devientplus plate (fig. 2) après
larupture
de la membranevitelline, qui
intervient aux stades oùl’embryon
mesure 3 à 5 mm delongueur (Wint- rebert, 1927c).
Vers le 75e
jour après
laponte,
on note le début de ladigestion
de l’albumenqui
se manifeste par ladisparition
desparois
de la chambre chalazifère. Cette pro- fonde transformation est due aux enzymes sécrétées par laglande
de l’éclosion situéesur le rostre de
l’embryon (Ouang
TeYio, 1931).
Durant les 20 à 35jours
suivants, lesglaires puis
legluten
sont dissous. Laposition
de la masse vitelline parrapport
àla coque
change
alors d’une manière trèscaractéristique (fig. 3).
Cette
digestion
finit par l’élimination dugluten
solidequi
obturait les bouton- nières et scellait les lèvres de l’extrémité d’éclosion. L’eau de merpeut
alors circuler librement dans la coque, facilitant leséchanges
d’unembryon
devenu assez volumi-neux. Dans notre
élevage,
cette ouverture, facile à constater par unesimple pression
des
doigts
sur la coque,peut
seproduire
du 93eau 112ejour après
laponte,
selon lesoeufs,
alors que l’éclosion n’a lieuqu’entre
le 200e et le 230ejour.
Cetteparticularité
des
Chondrichthyens permet
de définir l’ouverture de la coque comme une «pré-
éclosion »
(Alluchon-Gérard
etMellinger, 1971), marquant
lami-temps
dudévelop- pement embryonnaire.
C’est àpartir de
ce stade, ou peude temps
avant, quel’embryon supporte parfaitement l’élevage
hors de la coque, et il suffit de leplacer
directementsur le fond du bocal avec sa vésicule vitelline
déjà
bien formée.Dix
embryons
mesurés vivants(anesthésiés)
au moment de lapré-éclosion
attei-gnaient
deslongueurs
totales de 31 à 38 mm(onze
autres, fixés au Bouin-Hollande et lavés à l’éthanol à 700 : 25-32mm).
Six nouveau-nés mesuraient 81 à 88 mm, mais les stadesmorphologiques correspondants,
observés chez lesembryons
élevés hors de leur coque(fig.
6 et7), peuvent
couvrir un intervalle de tailles allant de 80 à 95 mm.Suivant une
règle
bien établie chez des Sélaciens variés,ovipares
ouvivipares,
lanaissance intervient
après
larésorption
de la vésicule vitelline externe(VVE).
Chezla roussette, un bouton de 1-2 mm
peut persister.
Cetterésorption correspond
à untransfert du vitellus non
consommé,
à travers lepédicule vitellin,
dans un! vésiculevitelline interne. Dans
notre élevage,
le transfert commence vers le 150eouI E 180 e jour,
aux environs du stade 65 mm.
Jusque-là
le diamètre de la VVE ne diminueguère
(cf. fig.
6 et7).
La structure, la surface et le
poids
de la coqueproprement
dite nechangent
passous l’effet de la
digestion
de l’albumen. Des détails sur le mode d’éclosion sont don- nés dans une notepréliminaire (Mellinger
etFoulley, 1979).
2. Couches constitutives de la coque et action des colorants.
Dans des coupes transversales faites à main levée dans les
parois
de la coque, à l’étatfrais,
onpeut distinguer
trois couches. Leur colorabilité par les divers colorants que nous avonsemployés
sous la forme de solutions concentrées(environ
50g/1
d’eaude
mer)
confirme bienqu’il s’agit
là de trois formations nettement différentes les unesdes autres
(tabl.).
On voit que la couche externe se colore
beaucoup
mieux que la couche interne.Cette dernière retient la
plupart
des colorantsbasiques
et,parmi
les eblornntsacides,
on notera son affinité pour les
anthraquinones.
Ni la solubilité ni lepoids
moléculaire des colorants ne semblent déterminants pour la colorabilité. Seull’orange
Gpénètre
dans la couche moyenne avec une
égale
facilité àpartir
de l’une ou l’autre des couchesadjacentes.
L’épaisseur
des faces de la coque varie de0,22
à0,48
mm en son centre, selon les oeufs. Nous avons noté une différence entre ceuxpondus
enélevage (0,30
à0,48 mm)
et ceux en provenance de
Banyuls (0,22
à0,35 mm).
En coupe(fig. 4),
dans unerégion
dont
l’épaisseur
totale est de 260-270 lim, la couche externe mesure 20 ym, la couche interne 3-4 pm, le reste(environ
245ym) correspondant
à la couche moyenne,composée
de nombreuses sous-unités.D’après Knight
et Hunt(1976), l’épaisseur
d’une lamelle élémentaire serait de
0,5
I,J.m dans une coupe ultrafineperpendiculaire,
étudiée au
microscope électronique :
on nepeut
doncguère espérer
lescompter
aumicroscope photonique,
mais nousprésumons qu’il
doit en exister environ 500.L’aspect
de« lames », d’épaisseur
décroissante de l’extérieur vers l’intérieur et dont Fauré-Fremiet(1938)
fixait le nombre à 25-30 chez la roussette, traduit sans doute l’existence d’une variationpériodique
dans l’orientation desprotéines
fibreuses.Nous ne trouvons aucune subdivision naturelle constante pour cette couche
princi- pale
de la coque.Ces trois couches sont d’ailleurs discernables sans coloration. La couche externe, blanchâtre et
opalescente
sans doute en raison de sa structuregranuleuse (Knight
et
Hunt, 1976), comporte
des striationslongitudinales caractéristiques
de cet oeuf.On sait
depuis longtemps
que son élimination au rasoirpermet
de créer des fenêtrestransparentes
pour observerl’embryon (Wintrebert, 1920c).
Ceciindique
que lesautres couches sont
transparentes.
Nous avons vérifié que la couche moyenne, cris-talline,
confère à l’oeuf sacoloration,
variant du brun foncé aujaune
très clair. La couche interne semblejouer
un rôlemécanique important
de par sa surface interneparfaitement
lissequi ménage
lafragilité
de l’ovule.La
figure
5 montre l’effet d’une lésion accidentelle(rayure)
de la couche interne :on observe la
pénétration
du vert lumière par les brèches et de là sa diffusion dans la couche moyenne. Cette diffusion a lieu d’une manièreisotrope,
tant que les lamelles n’ont pas subi de dissociationtraumatique.
3. Poids, dimensions,
surface
etépaisseur
de la coque ou del’ceuf.
Le
poids
de huit oeufs a été contrôléquotidiennement
àpartir
du moment del’oviposition
etjusqu’à
lapré-éclosion.
Nouspensions
que ladigestion
del’albumen,
à
partir
du 75ejour, pouvait
modifier lapression osmotique
interne et créer unappel
d’eau à travers la coque. Mais la
pesée
démontre la stabilitéparfaite
dupoids
desoeufs à
partir
du 12ejour
etjusqu’à
lapré-éclosion.
Durant les 12
premiers jours (fig. 8),
on note uneaugmentation régulièrement
amortie, dont
l’importance dépend
dupoids
initial des différents oeufs : elle varie de0,4
à1,1
g, cequi correspond
à 10-18 p. 100 dupoids
final. Lepoids
total retenu par la suite seratoujours
lepoids final,
déterminé avant lapré-éclosion.
Dans les
graphiques
suivants(fig. 9,
10 et11),
on constate que les oeufspondus
en
élevage
à Reims sontgénéralement plus grands
etplus
lourds que ceux recueillis àBanyuls.
Ces oeufs sontparfaitement
viables et neprésentent
aucune anomalieparticulière
dans leurdéveloppement.
Nous avons obtenu à Reims deux
pontes,
chacune formée d’un oeuf double(coque
contenant deux
ovules)
et d’unoeuf simple.
Les oeufs doubles ont unpoids
relativement élevé parrapport
à leurlongueur (fig. 9).
Ils sont sensiblementplus allongés
que leursjumeaux (fig.
9 et10),
sans êtreplus larges
que des oeufs de roussette normaux. Cetterègle s’applique
aussi aux dimensions de leur chambre chalazifère(fig.11),
nettementplus longue
mais delargeur
tout à fait normale.En dehors de ces cas
particuliers,
les relationsstatistiquesobservées sont simples :
- une corrélation linéaire entre
poids
etlongueur (fig. 9),
avec destypes
extrêmessitués environ à 3 g pour 44 mm, et 5 g pour 59 mm de
longueur ;
- absence de toute variation de la
largeur
en fonction de lalongueur (la
moyenne est de 17 mm à l’endroit leplus large, 13,5
mm àl’avant) (fig. 10) ;
- faible corrélation
positive
entrelongueur
de la chambre chalazifère etlongueur
dela coque
(fig. 11) ;
comme lalargeur
de la coque, celle de la chambre estégalement indépendante
de lalongueur.
Pour ce
qui
concerne la surface de la coque(fig. 12),
elle varie de 12 à 18 cm2. Lepoids
de la coque vide(sans
lesfilaments)
oscille entre0,35
et0,75
g, soit en gros le1/10
e
dupoids
del’oeuf qui
est essentiellement déterminé par la masse de son contenu.Si l’on admet que
l’origine théorique
de la courbe passe parl’origine
des axes descoordonnées,
la relation entrepoids
et surface de la coque vide doit être une relation d’allométriepositive.
La
disposition
des mesures autour de cette courbe(ou
d’une droited’ajustement,
si l’on
préfère)
est attribuée aux variationsd’épaisseur, déjà
mentionnées(§ 2).
Onnotera toutefois que les données de ce
graphique
concernentuniquement
des oeufsobtenus à
Banyuls.
Des échantillons de 1 à 2 cm2 ont été
découpés
dans les faces de ces coques.Représentée
sur une échelle dilatée(facteur multiplicatif identique
pourchaque axe),
la relation
poids-surface
de ces échantillons se trouve sensiblementalignée
sur larelation valable pour les coques entières
(fig. 12),
cequi
montre que lesépaississements
de la coque
(arêtes) n’apportent qu’un
faiblesupplément
depoids. L’épaisseur
de la coque
présente
de nombreusesirrégularités
autant que des variations indivi- duellesDiscussion et conclusions.
L’oeuf de roussette a des dimensions assez variables. Cette variabilité
porte
essen-tiellement sur la
longueur
de la coque et de la chambre chalazifère. II estremarquable
que la
largeur,
au contraire reste fixe, cequi impose
aux ovules leur formeallongée
dans l’oeuf.
Le cas des oeufs
doubles,
véritable «expérience naturelle »,
montre clairementqu’il existe un mécanisme local d’ajustement
de lalongueur
de la coque et de la chambre chalazifère à lalongueur
des deux ovules accolés parvenus en mêmetemps
dans uneglande
nidamentaire. La coquenormale,
élaborée dans laglande symétrique,
noussert de témoin.
La fixité de la
largeur
des coques, contrastant avec lagrande
variabilité de leurlongueur,
existe bien dans lapopulation
naturelle comme le montrent les oeufs recueil- lis àBanyuls,
mais elle se trouvesoulignée
dans notre lot par l’addition des oeufs degrande
taille venant del’élevage.
Cette fixitécorrespond
à une variation de 3 mmseulement
pour
les deuxlargeurs
mesurées, tandis que les écartsatteignent
uneamplitude
de 16 mm pour lalongueur
des oeufs(fig. 10).
Les raisonsanatomiques
decette limitation dans la
largeur
des coques doivent être recherchées dans la structure desglandes
nidamentaires, dont le calibre serait déterminé assez strictement. Dansces conditions, une intensité
plus grande
de la sécrétion nepourrait
se traduire que parl’allongement
des coques. Cette intensitépeut
avoir unrapport
avecl’épaisseur
de la
paroi
desglandes, dont
on connaît les variationsphysiologiques
considérables(Mellinger, 1966).
Le
petit
nombre depondeuses
réunies dans un seul bac enélevage
nous apermis
de noter la
présence
de séries d’oeufsd’aspect
semblable(forme, pigmentation,
trans-parence).
Nous avions doncsupposé
quechaque
femelleproduisait
untype
de coque déterminé durant des mois, sinon des années. Mais les mensurations réalisées en 1978- 1979(fig.
9 etsuivantes)
nepermettent
pas de reconnaître des classes bien distinctes.Disposant
d’un nouveau lot dequatre pondeuses
auprintemps
de1980,
nousobservons actuellement
quatre types
d’oeufs bien différents. L’une des femelles nepond
que des oeufs de53,5-57
x19,5-21
mm(largeur
trèssupérieure
aux données dela
fig. 10).
Les autres sont de dimensions normales(48,5-53
x17-18,5
mm, laplupart
autour de 52 x
17,5 mm).
Deplus,
la mensuration des« jaunes » indique
que cettedifférence de taille des coques n’est pas étroitement liée à une différence dans le volume des ovules.
Ceci montre donc l’influence du choix des
pondeuses
dans les fluctuations obser- vées enélevage.
Le rôle des facteurs d’environnement(eau,
nourriture,température, lumière) n’apparaît
pas clairement. Si l’étude des oeufs doubles met bien en évidenceun
phénomène d’ajustement
des dimensions de la coque en fonction de son contenu, le volume des ovuleslogés
dans les oeufssimples
est assez constant pourqu’il
appa- raisse comme un facteur secondaire dans la variabilitébiométrique
observée. Soninfluence mériterait toutefois d’être
précisée
par une étudeplus approfondie
desvariations de la masse des ovules dans des coques de
longueurs
extrêmes.Les différences
d’épaisseur
de laparoi
des coques, découvertesrécemment,
n’ont pas encore faitl’objet
d’une étudeprécise.
Par contre, les courbes de croissanceembryonnaires (fig. 6)
ont étécomparées
avec celles obtenues en 1971(Alluchon-
Gérard et
Mellinger).
Lafigure
13 montre que la taille est nettementsupérieure (de
3 à 4
mm)
avant le 150ejour,
en eau de mer artificielle. La réalité d’un éventuel effet de celle-ci reste à établirexpérimentalement.
En toutehypothèse,
il nes’aqit
que d’une différence faible.Comme Krishnan
(1959)
l’adéjà figuré
pour un autreScyliorhinidae, Chiloscyl-
lium
griseum,
il existe trois couches bien distinctes dans laparoi
de la coque chezScy-
liorhinus canicula, et nous avons
également
vérifié leurprésence
dansl’espèce
voisineScyliorhinus
stellaris.Knight
et Hunt(1976)
n’ont passignalé
la mince couche interne.Celle-ci a été découverte chez la roussette par Rusaouën
(1976), qui
la nomme L4.Cet auteur, comme l’avait fait Fauré-Fremiet
(1938),
établit des subdivisionsparmi
les lames formant la couche moyenne. Elle
distingue,
enparticulier,
une coucheL3,
que nous n’avons
jamais
pu mettre en évidence sur des coques fraîches(non fixées).
Une connaissance
précise
de la structure de cette coque estindispensable
pourpouvoir analyser
les modalités de sa sécrétion.Reçu en mars 1980.
Accepté en mai 1980.
Références
ALLUCHON-GÉRARD M. J., MELLINGER J., 1971. Mise en évidence de plusieurs phases distinctes
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