Carrying capacities and standards as based towards urban infrastructure planning in India: a case of urban water supply and
sanitation. Fiche 34
Auteur : Joardar, S. D.
Année: 1998
Journal: Habitat International Volume: 22
Issue: 3
Pages: 327-337
Mots-clés: finances, capacités d'accueil, urbain, indicateurs Echelle géographique: Inde, pôles urbains
Résumé :
L'évaluation des capacités d'accueil urbaines en matière d'infrastructures de base fournies comme l'approvisionnement en eau et l'assainissement aide à déterminer les potentiels relatifs de différents centres urbains à travers les régions permettant une croissance soutenable. Elle fournit également un cadre pour des répartitions sectorielles et spatiales des ressources rationnelles en matière de développement des infrastructures.
Tandis que les capacités d'accueil devraient être évaluées sur la base des normes acceptables et des standards pour la fourniture des services de base, il y a une grande place pour le développement ultérieur des normes minimales d'approvisionnement en eau urbain et d'assainissement en Inde. Les recommandations de normes sont multiples, avec une forte disparité entre elles et leurs fondements méthodologiques ne sont pas explicités.
L'articler développe un choix d'indicateurs par lesquelles les ressources naturelles et artificielles et les capacités assimilatrices des espaces urbains en matière de fourniture de l'approvisionnement en eau, de système d'égouts, de drainage et de déchets solides peuvent être évaluées en termes quantitatifs et qualitatifs.
Un autre ensemble d'indicateurs a été développé pour évaluer les capacités financières et les capacités de gestion de diverses institutions locales dans la fourniture de ces services. Un cadre pour l'usage de ces capacités d'accueil urbaines dans la planification spatiale a été suggéré. L'auteur suggère l'approfondissement des recherches pour examiner l'applicabilité de ces indicateurs par des études de cas dans les villes indiennes sur la base de l'information environnementale disponible.
Notes:
Très intéressant, démarche méthodologique tout à fait reproductible.
Propose de calculer des indicateurs de la capacité d'accueil fondés (1) sur des normes physiques et financières minimales de services à apporter aux habitants et (2) sur des critères identifiés (la santé publique pour l'assainissement par exemple).
Résultats marquants:
Pour le chiffrage des capacités d'accueil, Joardar rappelle que le type de populations (CSP, niveau de revenu, pouvoir d'achat, etc.) et d'activités présentes n'ont pas les mêmes comportements de consommation en matière de services publics et d'utilisation des infrastructures (besoin en eau potable, en desserte routière, etc.). Par conséquent, les niveaux minima de services à fournir ne sont pas obligatoirement identiques d'une ville à l'autre.
La capacité d'accueil est mesurée par des indicateurs quantitatifs (exple nb de litres d'eau potable par personne) et des normes qualitatives telles que les différentes options technologiques pertinentes suivant la taille de la population pour les équipements (égouts, déchets, station d'épuration, etc.). A ces options technologiques sont associées des recommandations en termes de coûts et de capacités financières à payer.
Au-delà des capacités physiques d'accueil, Joardar propose de tenir compte des acteurs privés ou de l'économie sociale et solidaire qui peuvent être mobilisés pour assurer des services à la population, et qui par leur intervention accroissent la capacité d'accueil du territoire. Pour le foncier, l'implication des promoteurs immobiliers dans l'aménagement de lotissements ou dans la construction de résidences est un moyen de mobiliser des ressources financières et managériales pour le développement du territoire.
Lorsque la fréquentation effective de la commune va croissant ou dépasse sa capacité d'accueil, ses besoins financiers peuvent être calculés sur la base des indicateurs de capacité d'accueil en leur appliquant les prix des facteurs, les coûts de construction et la disponibilité relative des ressources pour soutenir le développement des infrastructures dans la perspective de normes minimales de services publics à fournir aux populations.
RQ : A contrario, les ressources financières disponibles de la commune et sa capacité d'endettement peuvent définir un plafond à la capacité d'accueil, au-delà duquel la collectivité territoriale n'est plus en mesure de financer les services publics accompagnant la croissance de la fréquentation du territoire.
L'enjeu pour les communes est de prévoir la couverture des coûts, par la création d'emplois, de revenus et l'extension du bâti, du renforcement des capacités d'accueil et des investissements en services publics. p 335
La capacité d'accueil détermine finalement la taille durable de la ville à condition que les paramètres puissent être exprimés en fonction de la taille de la population ou en unités par tête. Les indicateurs quantitatifs peuvent souvent être ramenés à des grandeurs par tête ; mais les paramètres qualitatifs sont plus difficiles à ramener à la population. Il est alors nécessaire d'introduire des variables proxy qui fournissent des mesures indirectes liant capacités d'accueil et population. p 334.
Pour ramener la capacité d'accueil à la taille durable de la ville, les dimensions qualitatives peuvent être évaluées en termes de coûts financiers des services publics puis ramenées à des coûts par tête. Ces grandeurs sont à rapprocher des capacités contributives des municipalités et on peut en déduire les capacités financières d'accueil des communes.
Pour une population donnée, les indicateurs de capacité d'accueil mesurés à partir des normes minima de services à fournir indiquent la pression exercée sur les infrastructures. p 334.
Définir les capacités d'accueil relatives comme critère stratégique de la planification des investissements devrait permettre de guider (1) la distribution des activités et des populations futures entre les territoires découlant de l'offre de nouvelles capacités (2) les couts relatifs et la tarification de l'offre future d'infrastructures découlant de la demande. p 334.
A l'échelle d'une commune, l'important est de hiérarchiser les priorités en matière de types d'infrastructures dont la capacité doit être renforcée. p 334.
Démarche méthodologique :
Défend d'emblée l'idée que les capacités d'accueil et les normes fournissent un cadre pour l'allocation spatiale et sectorielle des ressources, en particulier pour le développement des infrastructures.
Définit des indicateurs quantitatifs et qualitatifs.(tableau des paramètres utilisés dans le fichier joint Rubrique Image)
Pour l'eau et l'assainissement, il propose de fonder les indicateurs sur le critère de la santé publique.
Dans un contexte de planification spatiale, Joardar estime que la capacité d'accueil relative d'une ville au sein d'une région est davantage pertinente que la capacité d'accueil absolue car elle permet un arbitrage entre les villes ayant des besoins en équipements. La capacité d'accueil relative peut également fonder un arbitrage entre plusieurs quartier à l'échelle d'une métropole. p 334.
L'auteur dissocie nettement la capacité d'accueil et le potentiel de croissance économique. p 335 Concepts et références à retenir :
Les capacités d'accueil des différents centres urbains sont évaluées et comparées afin de donné un signal aux décideurs politiques, aux populations et aux acteurs économiques quant aux coûts relatifs
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de la distribution spatiale des activités de la croissance future. Concrètement, l'idée est d'orienter celles-ci vers les espaces où les capacités d'accueil en termes d'infrastructures ne sont pas arrivées à saturation, et ne nécessitent donc pas d'investissements lourds et coûteux pour accueillir une croissance urbaine supplémentaire. p 328
Un développement durable exige de réduire l'écart entre l'offre et la demande d'infrastructures, "le différentiel de capacités d'accueil". Il nécessite donc des stratégies au niveau de l'offre (renforcement des capacités) et de la demande (allocation des activités, tarification rationnelle des infrastructures, etc.). p 328 . RQ le contrôle des flux de populations peut être indirectement réaliser à travers la disponibilité des ressources foncières - pour les résidences secondaires - et le niveau d'hébergement marchand proposé.
La capacité d'accueil relative d'une ville au sein d'une région pourrait être mesurée au travers d'un indicateur numérique qui donne la position relative de chaque territoire sur une échelle et permet donc une comparaison intercommunale, pour ce qui nous intéresse, de la capacité d'accueil. RQ : En la rapprochant de la tension s'exerçant sur cette capacité d'accueil, par un taux d'utilisation de la capacité d'accueil par exemple, la capacité d'accueil relative peut servir de fondement à l'arbitrage pour la construction d'équipements nouveaux.
Whitney, J. (1990) "The carrying capacity concept and sustainable urban development" Working paper for Environment & Policy Intitute, East West Center, Honolulu.
Pistes de recherche:
La méthode d'évaluation des capacités financières d'accueil peut par exemple passer par le chiffrage du coût des besoins en main d'oeuvre pour offrir un service public spécifique, puis ramener ce coût à une grandeur en € par tête pour pouvoir en suite déterminer la taille durable de la commune littorale.
Suite au calcul de la capacité d'accueil, une mesure de la tension s'exerçant sur cette capacité d'accueil, par un taux d'utilisation de la capacité d'accueil par exemple, serait intéressante. Elle déterminerait notamment la hiérarchisation des besoins en équipements nouveaux.
L'évaluation de la capacité d'accueil, par la démarche globale qu'elle requiert, pourrait aboutir à mettre en évidence une à deux infrastructures dont le bas niveau d'accueil ou technologique réduisent la totalité de la capacité d'accueil de la commune. D'un point de vue méthodologique, il faudrait en effet choisir si on définit un indicateur synthétique fondé sur la moyenne des capacités d'accueil de chaque équipement - ce qui suppose d'accepter la saturation et l'encombrement des équipements à la capacité d'accueil la plus faible - ou bien basé sur la capacité d'accueil de l'équipement le moins bien doté (fonction MIN).
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Auteur de la fiche : Agnès POUILLAUDE
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