Sur la dimension cohomologique des pro-p-extensions des corps de nombres
par CHRISTIAN MAIRE
À Georges Gras,
pour son soixantième anniversaireen
témoignage
âe ma trèsgrande
reconnaissance RÉSUMÉ. Dans ce papier, nous étudions la dimensioncohomologi-
que des groupes Gs :=
Gal(Ks /K),
où Ks est la pro-p-extensiond’un corps de nombres
K,
non-ramifiée en dehors d’un ensemble fini deplaces
S de K, et maximale pour cespropriétés.
Si cettedimension est bien connue
lorsque
S contient toutes lesplaces
au-dessus de p, elle le semble moins bien dès lors que S’ ne con-
tient pas toutes ces
places.
Néanmoins, il estpossible
d’obtenirdes informations
quand
uneZp-extension
se trouve dansKs/K.
En effet, dans ce cas, une étude dumodule permet de donner des conditions suffisan- tes pour que le pro-p-groupe soit libre. Si tel est le cas, il s’en déduit que la dimension de GS est au
plus
2. Ici, nousdéveloppons
une démarcheexplicite
mettant en jeu ces conditionsafin de trouver des
exemples numériques
pourlesquels
il est effec-tivement
possible
de calculer cette dimensioncohomologique.
ABSTRACT. In this paper, we
study
thecohomological
dimen-sion of groups Gs :=
Gal(Ks/K),
where Ks is the maximalpro-p-extension of a number field K, unramified outside a finite set S of
places
of K. This dimension is well-understoodonly
when S contains all
places
above p; in the case whereonly
someof the
places
above p are contained inS,
one can still obtainsome results if
Ks/K
contains at least oneZp-extension Kao /K.
Indeed, in that case, the
study
of theGal(Ks /Koo )ab
allows one to give sufficient conditions for the pro- p-group to be free. Under the latter condition, thedimension of Gs is at most 2. Here, we
develop
anexplicit
strategy forrealizing
these conditions so as toproduce
numericalexamples
for which we
effectively
compute thiscohomological
dimension.Introduction
La nature des
pro-p-extensions
à ramification restreinte d’un corps de nombres K semblecomplètement
différente suivant laquantité
de ramifi-cation sauvage que l’on autorise. Par
exemple,
si S est un ensemble fini deplaces
de K ne contenant aucuneplace
au-dessus de p, laconjecture
deFontaine-Mazur
(cf. [5], [3], [4], ...) indique
que toutereprésentation
con-tinue p : a une
image finie,
oùGs
=Gal(Ks/K), Ks
étantdonc la
pro-p-extension
maximale de K non-ramifiée en dehors de S. Alorsqu’au contraire,
si S contient toutes lesplaces
au-dessus de p, l’extensioncyclotomique
montre queGS
a au moins unquotient p-analytique
infini.Autre différence.
Quand
S contient toutes lesplaces
au-dessus de p >2,
il est bien connu que la dimension
cohomologique
deGS
est auplus
2(cf.
~11~, [23],
... et pour p = 2 cf.[25]).
Alors que finalementquand
S ne con-tient aucune
place
au-dessus de p, peu de résultats ont été établis. Leplus remarquable
est certainement celui de Labute[19].
Il donne lespremiers
exemples
de groupesGs
à dimensioncohomologique
finie.Signalons
unegénéralisation
par Schmidt[26]
du résultat de Labute ainsiqu’une
étudenumérique
de Boston[2]. Enfin,
notons quequand
S contientquelques places
au-dessus de p, le groupeGs peut-être pro-p-libre.
Ce cas a étéétudié par Movahhedi
[21],
Movahhedi etNguyen Quang
Do[22],
Jaulentet
Nguyen Quang
Do[16],
Jaulent et Sauzet[17],
...Plaçons
nous dans la situation où il existe unereprésentation
continuep :
Zp.
PosonsKoo
:=K ker, .
L’extension est uneZp-
extension. Il alors est
possible
de donner des conditionsportant
sur leXs
:=Gal(KsIKoo)ab
pour que le groupesoit
pro-p-libre impliquant
donc dans ce cas que la dimension du groupeGal(Ks/K)
est auplus
2. C’est ainsi queWingberg,
dans[32],
a montréque si ri+r2 =
Qp] et que si
l’invariant duZp[[Gal(Koo/K)]]-
module
Xs
esttrivial,
alors estlibre, (ri, r2)
étant lasignature
du corps K. Notons que la
première
condition est extrêmementforte,
elleappauvrit
le groupeGs puisque,
dans cettesituation,
leZp[[X]]-rang
deXs
est trivial(ou
encore, l’invariant ps deXs
esttrivial).
Le but de ce
papier
est la mise enplace
d’unestratégie permettant
detrouver des
exemples
où le groupeGS
est assez gros et est de dimensioncohomologique
finie(en fait,
auplus 2).
Enparticulier,
nous voulons que leZp [[X]]-rang
du moduleXs
soit non nul.Nous aurons ainsi en permanence à
l’esprit
l’idée de rendre la démarche laplus explicite possible.
Ceci nous permettra de détailler deuxexemples
pour
lesquels
(i) Gs
est de dimensioncohomologique
2(et
SC Sp) ; (ii)
il existe une suite exacteoù
Hs s’injecte
avec un conoyau fini dans avec 1.Reprenons
succintement lespoints
clefs de notre méthode. Essentielle- ment tout tourne autour de l’invariant ps. Nous voulons obtenir des situa- tions où le groupe est libre. Pour cefaire,
il suffit de vérifier que d’unepart
une certaine conditionarithmétique
est satisfaite pour le corps K et que d’autrepart
l’invariant ps est trivial. Lepremier point
estaisé à tester
numériquement. Quant
ausecond,
ilpeut
être vérifiéaprès quelques
calculs dans laZp-extension K,,/K.
Mais pour cefaire,
il estnécessaire de déterminer
explicitement
lesétages
de celle-ci. Ceci se fera à l’aide d’unlogarithme p-adique
construit sur les idéaux deK,
utilisant ainsides travaux de Gras
[7], [8], [9]. Ensuite,
pour vérifier la trivialité de ps, onest tenté d’utiliser le lemme de
Nakayama. Malheureusement,
uneapplica-
tion brutale de ce lemme au module
Xs
tue les invariants d’Iwasawa ps et pssimultanément, appauvrissant
donc le groupeGs.
Pour remédier àceci,
et c’est le second
point
clef de notreméthode,
nousappliquerons
le lemmede
Nakayama
sur lapartie
de torsion duZp[[X]]-module xs.
Il faudraalors s’assurer
qu’une
certaine conditionarithmétique
est satisfaite lelong
de Ce sont des résultats de dualité dans
qui permettront
de vérifier cette condition et ce,après
un nombre fini de calculs.Dans la section
1,
nous introduisons lesprincipales
notations. Dans la section2,
nousrappellerons
les résultats standards decohomologie
despro-p-groupes ainsi que ceux de théorie d’Iwasawa dont nous aurons be- soin. Dans la section
3,
nousdévelopperons
les notions de S-conditions detype "Leopoldt" .
Ces conditions de deuxtypes, arithmétiques
et coho-mologiques,
sont fondamentales dans la recherched’exemples.
La notionde S-condition
cohomologique apporte
des résultats sur la structure deGs
tandis que la notion de S-condition
arithmétique
seprête parfaitement
auxcalculs. Nous nous efforcerons ainsi de trouver le maximum de liens en-
tre celles-ci. Dans la section
4,
nousprésenterons
les résultats nécessaires pour effectuer les calculs dans uneZp-extension,
enparticulier
lelogarithme
défini par Gras. Dans la section
5,
nousprésenterons
des résultats de du- alité lelong
d’uneZp-extension quelconque. Enfin,
dans la section6,
nousprésenterons
deuxexemples.
Pour
finir,
notonsqu’un
autre contrôlepossible
de la ramification sauvage est celui de la"profondeur" .
C’est unephilosophie
assez différente. Nous renvoyons à[12]
pourplus
détails.L’ensemble des calculs ont été effectués avec GP-PARI
(1~ .
Remerciements.
Ce travail a vu le
jour
lors de mon passage dans la chaire de StructuresAlgébriques
etGéométriques
de 1’EPF Lausanne. Il a été terminé lors dema visite à
University
ofMassachussets,
Amherst. Je remercieÉva Bayer
et Farshid
Ha jir
pour leur chaleureux accueil.Enfin, je
tienségalement
à remercierThong Nguyen Quang
Do pour ses remarques à propos de cesquestions
de dimensioncohomologique.
1. Notations
Fixons un corps de nombres K ainsi
qu’un
nombrepremier
p. Lesobjets
suivants interviendront tout au
long
de cepapier :
.
Sp = IP
EPIK;
. S et T
désignerons
deux ensemblesdisjoints
deplaces
de K. Onsupposera S contenu dans
Sp ;
~
EK désignera
le groupe des unités de l’anneau des entiersOK
deK ; plus généralement EK
EOK, vp(£)
=0, Vp e TI
sera le groupedes T-unités de
OK;
~
Ks désignera
lapro-p-extension
maximale deK,
non-ramifiée en de- hors de S(les places
réelles restentréelles) ; Gs
=Gal(Ks/K);
Ks désignera
lecompositum
de toutes lesZp-extensions
de K con-tenues dans
Ks;
~
Koo désignera
uneZp-extension
de K contenue dansKS/K; HS
=xs =
Hsb = Hs].
~
Koo
étantfixé, Kn
seral’unique
sous-corps deK~/K
dedegré p~
surK;
,~
ôs
=Qp] désignera
ledegré
deS;
. S
désignera
l’ensemble desplaces
de Kqui
sont totalementdécompo-
sées dans
K~/K;
s =#S;
.
Sn = {p
E13 1 P, P El S
.
Kn,s désignera
lapro-p-extension
maximale deKn
non-ramifiée endehors de S et où toutes les
places
de T sontdécomposées ; GT
=.
désignera
lapro-p-extension
maximale deKn
non-ramifiée endehors de T et où toutes les
places
de S’ sontdécomposées ;
, =.
Kn’s désignera
lapro-p-extension
abélienne maximale deKn
con-tenue
dans 1Gn’s = Gal(Kn’s /K); l
. est la
pro-p-extension
abélienne maximale deKn
contenue dans~
(respectivement (pT, AT» désignerons
les invariantsd’Iwasawa du
Gal(Koo/K)-moduIe xs (resp. (cf.
section3);
~
Us - U~ ~ où U~
est le groupe des unitésprincipales
ducomplété Kp
de K en p; lemorphisme
deZp-modules
ps :Zp
0zEK -~ US,
estle
morphisme
naturel deplongements.
Plusgénéralement, Usn
=Zp
0zUsn . Rappelons
que leZp-rang
deest exactement le
Zp-rang
du conoyau decps : Zp
0zEK
:-~(cf. [7],...)
Si A est un pro-p-groupe, on dénotera par :
dpA
=dimfp A /AP [A; A]
le p-rang de par le
Zp-rang
deA/[A; A]
et parla
partie
de torsion deA/ [A; A] .
~ Les
polynômes
Wn et del’algèbre
d’Iwasawa A :=]
sontdéfinis comme suit :
(1
+1,
et pour m > n, wm,n =wm /wn
· Lepolynôme
wn+l,n est irréductible dedegré (p - 1 ) pn .
~
Enfin,
si x est unA-module,
etf
eA, Xi
dénotera le sous-A-module de X constitué des éléments de x annulés parf .
2.
Rappels
2.1. Dimension
cohomologique
et suitespectrale.
L’ensemble des résultats de ceparagraphe
sont issus de[18], [23], [29],
...2.1.1.
Rappelons,
pour commencer, la notion de dimensioncohomologique.
Soit G un pro-p-groupe. On dit que G est de dimension
cohomologique cd(G) =
m, si le groupe est trivial et si ne l’est pas.Pour déterminer un
majorant
de la dimensioncohomologique
d’un pro- p-groupe, trois critères sont bien connus.Proposition 2.1. 1 ~
Soit H un sous-groupef ermé
d’un pro-p-groupe G.Alors
cd(H)
:~cd(G) .
Il y aégalité lorsque
H est d’zndicefini
etcd(G)
oo.2)
Soit H un sous-groupef ermé
etdistingué
d’un pro-p-groupe G. Alorscd(G) cd(GIH) + cd(H). Il y a égalité lorsque cd(GIH), cd(H)
etHn (H, Fp)
sontfinis,
où n =cd(H) .
3)
Pour un pro-p-groupe G etlorsque
celle-ci a un sens, notons parcaractéristique
d’Euler-Poincarétronquée
à l’ordre n. Si cettecaractéristique
estmultiplicative
pour les sous-groupes ouverts deG,
c’est-à-dire si pour tout sous-groupe ouvert U de
G, xn(U) - (G : U)xn(G),
alors la dimension
cohomologique
de G est auplus
n.À
cestade,
il convient de citer un résultat de Schmidt[25] généralisant
le
point
3 de laproposition précédente.
Proposition
2.2. S’il existe une constante c telle que pour tout sous- groupe ouvert U d’un pro-p-groupe infiniG,
il vient : + c >(-l)~(G : U)xn(G),
alors la dimensioncohomologique
de G est auplus
n.2.1.2. Soit C la
catégorie
des groupes abéliens localement compacts. Pourun groupe
M e C,
notons par M* le dual dePontryagin
de M : c’est legroupe
Hom(M, R/Z)
deshomomorphismes
continus de M versR/Z.
Onrappelle
que cette dualité est un foncteur contravariant et que pourM E C,
M ri
(M*)*.
Cette dualité transforme les groupes discrets en groupescompacts,
les groupes divisibles en groupes sans torsion.Lorsque
M est unpro-p-groupe, on a
Hom(M,
Proposition
2.3. Soit G un pro-p-groupe et A un G-modulecompact.
Alors,
pour tout n >0,
Pour
n = 0,
cetteégalité
s’écrit :On arrive ainsi à une
conséquence
bien connue du lemme deNakayama : Proposition
2.4. Pour G ~Zp
et tout G-module discretA,
on a A = 0si et seulement si
AG
= 0.Rappelons
uneéquivalence
là aussi bien connue pour caractériser la li- berté d’un pro-p-groupe.Proposition
2.5. Un pro-p-groupe non trzvial G est libre(cd(G)
=1) si
et seulement
si, H2 (G, Qp/Zp)
= 0 etGab
est sans torsion.Preuve. Partons de la suite exacte :
qui après
passage àl’homologie
donneou encore
Il vient ainsi
dpH 2(G, Fp)
=dp H2 (G, Zp)
+L’équivalence
estalors immédiate. D
2.1.3. Partons de la suite exacte de pro-p-groupes
avec F -r
Zp.
1Lorsque
A est un F-module dep-torsion,
on sait queAr (cf.
parexemple (32~, proposition 1.6.3, chapitre I).
Alors,
la suitespectrale
de Hochschild-Serreappliquée
à laprécédente
suite exacte donne :
Proposition
2.6.Ce
qui permet
d’en déduire le corollaire suivant :Corollaire 2.1. La trivialité du groupe
H2(G, Qp /Zp) implique
la trivialitéPreuve. On utilise la
proposition
2.6puis
laproposition
2.4appliquée
àH 2(H,
D2.2.
L’algèbre
d’Iwasawa. Soit A :=l’algèbre
d’Iwasawatopolo- giquement isomorphe
à := - où F = , >Zp
et oùq - X
+ 1.Rappelons
que si X est un A-module detype fini,
il existe despolynômes distingués
irréductiblesf
i E des entiers ai,bi,
et Px tels que x estpseudo-isomorphe
à(c’est
àdire, qu’il
existe unmorphisme
deA-modules 0
de x vers £ à noyau et conoyaufinis) .
Les entiersÀx
=deg( f i),
pz =¿~~l
aiet ox
sontappelés
invariants d’Iwasawa de x.Le
polynôme Px
=Ili b
estappelé polynôme caractéristique
de x.Ce théorème de structure
permet
de donner des informations sur le com-portement
du p-rang de certainsquotients
de x lelong
deLemme 2.1. Soient X un A-module de
type fini, pseudo-isomorphe
àS,
et
y
un sous-t1-module de X tels que leZp-module Xly
soit detype fini.
Fixons un entier m > 0. Alors
Preuve. Nous nous contenterons de montrer le
point (i).
Partons de la suiteexacte
où A et B sont deux A-modules finis. Cette suite exacte devient
où
Bo
=Clairement,
le dernier membre de cette suite est fini. Il reste à évaluer lepremier
membre. Pourcela,
soitl’homomorphisme
de A-modules
Alors kerF est exactement donc fini.
Maintenante
la suite exacteindique
que est detype
fini surZp (car l’est).
Il en est ainside même pour
l’image
de F(F
estsurjectif).
Enconclusion, dpX IWn,mY
=+
0(l),
d’où le résultat. DLemme 2.2. Soient X un A-module de
type fini,
d’invariants(px,
rx,Àx),
et
y
un sous-A-module de X .1) Supposons qu’il
existe deux entiers m > n > 0 tels quex/y
=Alors X =
X/y.
Enparticulier,
siXIY
est detype fini
surZp,
on a px = rx = 0 et
Ax
=dimqp (Qp 0zp XIY).
2) Supposons qu’il
existe deux entiers m > n > 0 tel quedpX /wr,-L,ny
=dpXIY.
AlorsXlpX
=x/(px
+Y).
Enparticulier,
siXIY
est detype fini
surZp,
px = rx = 0.Preuve.
1)
Parhypothèse wm,nY = y.
Commeappartient
à l’idéalmaximal
(p, T),
par le lemme deNakayama, Y =
0. Ainsi X .Lorsque Xly
est detype
fini surZp,
le p-rang de X est alors fini et parconséquent
p z = px = 0.2)
Parhypothèse,
on al’isomorphisme
Ainsi,
+pX
=Y
+px.
Par le lemme deNakayama,
le A-module(Y
+pX)/pX
est trivial et ainsiy
CpX.
Parconséquent, pX) = Lorsque XIY
est detype
fini surZp,
on trouve bien p z = Px = 0.02.2.1. Modules d’!wasawa et dimensiort
cohomologique.
Soient G un pro-p-groupe et, H un sous-groupe fermé et
distingué
de G vérifiantG/H
=Zp. Rappelons que x
=Hab
est un A-module(par rapport
àr) .
Lemme 2.3.
Lorsque H2 (G, Qp/Zp)
esttrivial,
X n’a pas de sous-modulefini.
Preuve.
Puisque H2(G, Qp/Zp)
esttrivial,
laproposition
2.6indique
que(x)r
est trivial.Ainsi,
le sous-moduleAr
des invariants par F d’un sous-module fini A de x est
trivial,
cequi implique
que A est trivial(d’après
laproposition 2.4).
DCette
proposition permet
alors de montrer laproposition
suivante :Proposition
2.7. Sous les conditions rx = 0 etH2 (G,
=0,
lepro-p-groupe H est libre.
Ainsi,
2.Preuve.
Supposons H2( G, QplZp)
trivial.D’après
le corollaire2.1,
nousavons
H2(H, Qp/Zp)
= 0. D’autrepart, d’après
le lemmeprécédent,
X =Hab
n’a pas de sous-module fini. AinsiSi de
plus
rx est aussitrivial,
alorset ainsi X est sans
Zp-torsion. D’après
laproposition 2.5,
le pro-p-groupe H est libre et parconséquent cd(G) cd(H)
+cd(Zp)
2. DRemarque. (i) Lorsque H
est detype
fini et non trivial ou queGab
a de latorsion,
la dimensioncohomologique cdp(G)
de G est exactement 2.(ii) Lorsque H2(G, Qp/Ep)
estnul,
il vientégalement :
PX =-x2 (G) :_
1-
dpGab
+Fp).
2.2.2. Modules d’lwasawa et corps de nombres.
Reprenons
les notationsde la section 1. Soient K un corps de
nombres,
S un ensemble deplaces
deK au-dessus de p, T un ensemble fini de
places
de Kdisjoint
deS,
etK~
une
Zp-extension
de K contenue dansKs.
Lemme 2.4. Soit
Kn
le sous corps deKoo
dedegré pn
sur K.Lorsque
T =T
(c’est-à-dire
lesplaces
de T sont totalementdécomposées
dansK~~K~,
il vient
m -1... rn
Preuve. Contentons-nous de montrer le lemme pour T =
0.
SoitK’6
l’extension abélienne maximale de
Kn
contenue dansKs.
C’est aussi lapro-p-extension
abélienne maximale deKn
non-ramifiée en dehors de S.Soit
Fn
le corps maximal fixé par= ((1
+X )pn -
Le groupe de Galois
Gal(KCX /Kn)
>agit
trivialement sur lequotient XlwnX (se rappeler : q - X
+1). Ainsi, Gal(K /Kn)
étantcyclique,
l’extensionFn/Kn
est abélienne. Par maximalité de on aFn
CKn s.
L’inclusion inverse est évidente : étantabélienne, agit
trivialement sur AinsiGal (K~ /Kn )
estun
quotient
deXlwn
etKnbs
cFn .
DSoit
Kno
un corps de nombres deK~ /K
où toutes lesplaces
ramifiées etinertes de ,S’ et T dans l’extension
K~ /K
le sont totalement dansK /Kn .
Lemme 2.5.
(i)
Il existe un sous-A-moduley
de"S tel
que pour n > no,(ii) Lorsque
T estdifférent
deT,
il existe un sous-A-moduley
deXl
tel que pour n > no,
Preuve. Il sttffi t de
reprendre
la preuve du lemme 13.18 de[31] ]
tout ennotant que :
(i)
toute extensionK’/K
deSIS-décomposée,
estS-décomposée ; (ii)
toute extensionK’/K
deTif-décomposée,
estT-décomposée.
DRemarque.
Le lemme deNakayama indique
que les A-modules etxs
sont de
type
fini.Proposition
2.8. Notons parGn,s (reps.
groupe de Galois(resp.
(i)
S’il exzste entiers m > n 2: 0 pourlesquels dpGn,s,
alors ps = rs =
0;
(ii)
S’il existe deux entiers m > n 2: no pourlesquels
=dpGm,T,
alors
Preuve. Ces deux
points
sont uneconséquence
immédiate des lemmes2.2,
2.4 et 2.5. D
3. Les conditions de
type "Leopoldt"
3.1.
Quelques
évidences.Définition et
Proposition.
Les deux assertions suivantes sontéquivalen-
tes
(1) Qp0zpGsb
est unQp-espace
vectoriel dedimension ôs - (ri
+ r2 -1) (2)
Lemorphisme
deZp-modules
ps : estinjectif
où
Lorsque
ces conditions sontremplies,
nous disons que K vérifie la S-conditionarithmétique.
Définition.
Lorsque
le groupeH2(Gs, Qp/Zp)
est trivial(ou
encorequand H2 (Gs, Zp)
=0),
nous disons que K vérifie la S-conditioncohomologique.
Lorsque
S contient l’ensemble desplaces
au-dessus de p, il y aéquivalence
entre la S-condition
cohomologique
et la S-conditionarithmétique (cf.
parexemple [24]).
Pour le casgénéral,
nous avons besoin du lemme suivant(par exemple,
cf.[20], [7] appendice) :
Lemme 3.1.
C’est
plus
ou moins uneconséquence
du lemme 3.2 à suivre.Proposition
3.1. La S-conditionarithmétique implique
la S-condition co-homologique.
Preuve. Si la S-condition
arithmétique
estvérifiée,
alors0. Le lemme de
Nakayama appliqué
auZp-module compact H2 (Gs, Zp)
permet
de conclure. DNotons que, comme pour la
conjecture
deLeopoldt,
nous pouvons avancer deux S-conditions faibles.Définition. Soient une
Zp-extension
de K contenue dansKs
etHs
=Gal(Ks /K) .
Nous disons que lecouple (K, S)
vérifie- la S-condition
arithmétique f aible
deLeopoldt
pour si le p-rang du noyau deZp
0zUSn
estborné ;
- la S-condition
cohomologique faible
deLeopoldt
pour si le groupeH2 (Hs, Zp)
est trivial.Proposition 3.2. 1~
La S-conditioncohomologique forte
entraine las-condition
cohomologique faible (pour
toutes lesZp-extensions
contenues dans
Ks/K).
2)
La S-conditionarithmétique (resp. cohomologique ) faible implique
que le p-rang des groupes est borné( Kn
=3)
Sicdp(Gs) 2, la
S-conditionarithmétique faible
entraine laS-condition
cohomologique faible.
4)
La S-conditionarithmétique f aible équivaut
à ps =8s - (ri
+r2) .
Preuve.
1)
La S-conditioncohomologique
se traduit par la trivialité du groupeH2(Gs/QpIZp).
Maintenant la suite exacte de laproposition
2.6montre que est trivial. Il en est de même pour
H 2 (HS
2)
La conditionH2 (Hs, Zp)
= 0implique H2 (Gn,s, Zp) ri S - Ainsi,
lasuite des p-rang des groupes
H2 (Gn,s, Zp)
est bornée.Enfin,
le lemme 3.1indique
que si le S-défaut deLeopoldt
est borné dansKoo IK
par m, alors le p-rang deH2(Gn,s, Zp)
est aussi borné par m.3)
Ons’inspire
de[23], chapitre V,
lemme 5.6.13.Puisque Gs
est dedimension
cohomologique
auplus 2,
le groupeH2 (Hs, Zp)
est un A-modulelibre. Si la S-condition
cohomologique
faible estvérifiée, d’après
lepoint 2)
le p-rang des groupesH2 (Gn,s, Zp)
est borné. De limH2 (Gn,S, Zp) =
n on conclut alors aisément.
4)
Onrappelle
que pour tout n,Mais,
d’un autrecoté,
le théorème de structure nousindique
querkzp Gab
=pnps
+O ( 1 ) .
On conclut alors facilement.~
D 3.2. S-conditions et dimension
cohomologique.
Commencons par re-marquer que la dimension
cohomolgique
deGs
est fortement liée à laS-condition
arithmétique.
Proposition
3.3.(i)
Si la S-conditionarithmétique faible
estvérifiée
lelong
deKs/K,
c’est à dire s’il existe une constante c telle que pour tout corps de nombres L contenu dansKs/K,
leZp-rang
du noyau de ’PL,S :=EL --~ ul s
est borné par c, alors ou bienGs
estfini
ou bien la dimensioncohomologique
deGs
est auplus
2.(ii)
Si l-a S-dimensionarithmétique forte
estvérifiée
lelong
deKs/K,
alors la dimension
cohomologique
deGs
est auplus
2.Avant de passer à la preuve de
ceci,
nousrappellerons
un lemme bienconnu.
Lemme 3.2. Soit G un pro-p-groupe pour
lequel HI(G,Fp)
etH 2(G, Fp)
sont
finis.
Alorsoù
X2(G)
est lacaractéristique
d’Euler-Poincaré de Gtronquée
à l’ordre 2.Preuve. La preuve de la
proposition
2.5 a faitapparaitre
l’identitéRemarque.
C’est enpartie
ce lemmequi permet
de montrer le lemme 3.1.Preuve de la
proposition.
3.3. Avant toutechose, rappelons
que pour un pro- p-groupeM,
lacaractéristique
d’Euler-Poincarétronquée
à l’ordre2 est définie par :
x2 (M)
+Fp), lorsque
toutceci a un sens.
(i)
Soit U un sous-groupe ouvert deGs.
Notons par L le corps de nombresassocié par
-1 la théorie de Galois à U.D’après
le lemme3.2, X2(U)
= 1-- , .. _ . _ - - __ , ,
également x2(Gs)
Il vient
ainsi, d’après
le lemme3.1, x2(Gs)
ri + r2 -8s.
Si l’on suppose que dans l’extension
KS/K
le défaut de la S-conditionarithmétique
est borné par c, alors Ilvient ainsi
x2(U) > K)(Js-(rl+r2»-C.
Parconséquent,
c +
x2(U) > [Gs :
+ r2 -8s) 2 [Gs :
On conclut avec le résultat de Schmidt(cf. proposition 2.2).
(ii) Supposons
la S-conditionarithmétique
satisfaite lelong
deKs/K.
Pour tout ouvert U de
Gs,
le groupeH2(U, Zp)
est trivial. Il vient ainsi :x2(U) _ (Gs : U) (ôs - (ri ~r2)).
Parconséquent,
X2 estmultiplicatif
pour les ouverts deGs.
Lepoint
3 de laproposition
2.1permet
de conclure. D Nous venons de voirqu’une
certaine conditionarithmétique
lelong
deGs impliquait
que la dimension deGs
est auplus
2. Citons un autre résultatdans ce sens.
Proposition
3.4. Si Kvérifie la
S-conditionarithmétiques
et s’il existeune
Zp-extension K/K
pourlaquelle
rs =0,
alors 2.Preuve.
D’après
laproposition 3.1, H2(Gs,QpIZp)
= 0. La conclusiondécoule alors immédiatement de la
proposition
2.7. DC’est ce résultat que nous utiliserons. Ces conditions sont
parfaitement adaptées
aux calculs : la conditionarithmétique
se testeaprès
réductionmodulo une
puissance p2 convenable ;
la condition rs = 0 se teste avecle lemme de
Nakayama (après quelques
calculs dans lespremiers étages
de voir la
proposition
2.8 pour unepremière
versionbrute,
et lasection 5 pour une version
plus fine).
Notons que le cas des corps
quadratiques
trouve uneréponse
immédiategrâce
à un résultat de Gillard[6].
Proposition
3.5. SoitK/Ko
une extension abéliennes d’un corpsquadra- tique imaginaire Ko.
Soit S CSp
un sous-ensemble non-vide deplaces
deK au-dessus de p stable par
Gal(K/Ko). Enfin,
soitGs
=Gal(KS/K).
Alors la dimension
cohomologique
deGs
est auplus
2.Preuve. Si S contient toutes les
places
au-dessus de p, c’est bien connu.Supposons
que S ne contientqu’une place
au-dessus de p. L’extensionKo,s/Ko
ne contientqu’une Zp-extension Ko,oo’
Gillard dans[6]
a montréque pour la
Zp-extension Ko,ooK/K,
l’invariant ps de est trivial(cf. également [28]).
Ensuite cps est
injective,
c’estclassique.
Le théorème 3.4s’applique.
DRemarque. (i)
Plusgénéralement, Wingberg,
dans[32],
montre que si ps = 0 et que si la S-conditionarithmétique
faible estvérifiée,
alorsXs
n’apas de sous-module fini. Si l’on suppose de
plus
rs =0,
on obtient alors que le groupe est libre.(ii)
Onpeut
noter que laconjecture
de Schanuel(cf. [14], [20], ...)
as-sociée à la
proposition
3.4permet
deremplacer
dans laproposition
3.5 lacondition
"K/Ko
abélienne" par"K/Ko galoisienne" .
Enfin,
nous avons vu que la conditionarithmétique impliquait
la condi-tion
cohomologique. Que peut-on
dire de laréciproque ?
Proposition
3.6. Soient K un corps de nombres et S CSp
un sous-ensemble de
places
de K au-dessus de p. SoitKs
la max-imale de
K, S-ramifiée ; Gs
=Gal(Ks/K). Supposons Gs
de dimensioncohomologique
auplus
2. Alors pour toute extensionL/K
de corps de rcom-bres contenue dans
Ks /K, il
vient : .’Preuve. Soit H =
Gal(Ks/L).
CommeGs
est de dimensioncohomologique
au
plus 2,
lacaractéristique
d’Euler-Poincaré s’arrête auplus
au troisièmeterme et elle est
multiplicative
dansKs/K.
Il suffit alors de noter queOn en déduit immédiatement le corollaire suivant :
Corollaire 3.1.
(i)
Sicdp(Gs) =1,
la S-condzt2onarithmétique
estvérifiée
pour
(K, S)
si et seulement si elle est conservée dansKS/K.
(ii) Supposons
que la dimensioncohomologique
deGs
est auplus
2 etque K
véri fi e
la S-conditionarithmétique. Alors,
pour toute extensionfinie Ll K
contenue dansKs,
En
particulier,
dans ce cas, il y aéquivalence
entre la S-condition coho-mologique
et la S-conditionarithmétique.
3.3. S-conditions et
polynôme caractéristique.
Des informations surles S-conditions
cohomologiques
peuvent se déduire àpartir
du A-moduleXs,
lepoint
dedépart
étant laproposition
suivante :Proposition
3.7. SoitCXJ/K
uneZp-extension
contenue dansKs/K.
Alors la S-condition
cohomologique
estvérifiée
pour K si et seulement si la S-conditioncohomologique faible
l’est etXs’
=(Xs)r
= 0.Preuve. C’est la
proposition
2.6. 0Proposition
3.8.Supposons
queXs
n’a pas de sous A-module ,fini. Alors,
la S-condition
cohomologique
est vraie àl’étage Kn
de si et seule-ment
si, la
S-conditioncohomologique faible
l’est et si lepolynôme
car-actéristique Ps
deXs
estpremier
avec wn-La preuve de cette
proposition
repose sur le lemme suivant :Lemme 3.3. soit x un A-module de
type fini n’ayant
pas de sous-A-modulefcni. Alors,
pour tout n, Xln = 0équivaut
à c~n etPx premiers
entre eux, oùPX n b- est le polynôme caractéristique
de X .i
Preuve. Par
hypothèse,
il existe unmorphisme injectif
deA-modules cp :
JY - É = AP E9
®i
à conoyau fini.Soit E X tel que wnx = 0. Alors
wnÇ(1)
= 0. Si pour touti, ( fi, 1,
alors0(x)
= 0 et ainsi x = 0.Réciproquement. Supposons
Wn etf
i nonpremiers
entre eux, pour un certain indice i. Il existe g e É avecZp
et tel que = 0. D’autrepart, il existe
également
b E B et x tels que y =0(x) +
b. Enparticulier,
y =x)
=0,
et ainsi Wn~B - ~
= 0. Parconséquent, #B ~
x e Xln. Comme y>z,
estsans-torsion,
on en déduitque Xln est non trivial. 0
Preuve de la
proposition
3.8.Supposons
la S-conditioncohomologique
vérifiée pour
Kn. Alors,
d’une part, la S-conditioncohomologique
faibleest satisfaite :
H2 (Hs, Zp)
est trivial. Et d’autrepart, d’après
laproposi-
tion 2.6 et le lemme
3.3, Ps
et Wn sontpremiers
entre eux. La conclusionen découle.
La
réciproque
se montre defaçon identique.
DCorollaire 3.2.
(i)
Si la S-conditionarithmétique forte
estsatisfaite
pourun
étage Kn
deK~ /K,
alors la S -conditionarithmétique faible
estsatisfaite
pour
Koo IK.
(ii) Supposons
la S-conditionarithmétique faible véri,fiée
pourK~/K.
Alors pour tout
étage Kn
de la S-conditionarithmétique forte
et laS-condition
cohomologique forte
sontéquivalentes.
Preuve.
(i) Supposons
la S-conditionarithmétique
forte réalisée pourKn.
La S-condition