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Dosage radiométrique rapide de l’uranium et du
thorium dans les minerais complexes
G. Jurain, J.P. Maillot
To cite this version:
DOSAGE
RADIOMÉTRIQUE
RAPIDE DE L’URANIUM ET DU THORIUM DANS LES MINERAIS COMPLEXESPar G. JURAIN et J. P.
MAILLOT,
Centre de Recherches Radiogéologiques, Nancy. Résumé. 2014Exposé d’une méthode
radio métrique
rapide de dosage de l’uranium et du thorium dans des minerais complexes.Elle utilise fondamentalement deux mesures d’activité gamma à l’aide d’un ensemble à
scin-tillation
NaI(Tl)
en seplaçant
à deux valeurs différentes du gain du préamplificateur. On obtientainsi_deux résultats qui, associés aux résultats obtenus au cours d’étalonnage, permettent le calcul
de la teneur en U et Th. Cette méthode de dosage
s’applique
uniquement à des minerais enéqui-libre radioactif. Abstract. 2014 A
rapid radiometric method for the determination of uranium and thorium in
complex ores.
We use fundamentally two gamma-activity-measurements, with the aid of an assembly of
NaI (Tl)
scintillation detectors by fixing two different values of gain of the preamplificator. Thuswe obtain two results which associated with those obtained by standardisation, allow the calcu-lation of the percentage of U and Th.
This method is only
applicable
for ores in radioactive equilibrium.La méthode décrite ici
permet
undosage rapide
de l’uranium et du thorium dans des mineraiscom-plexes
à teneur moyenne, à l’aide d’un ensemblesde détection à cristal d’iodure de sodium activé au thallium. Une
pesée
suivie de deux mesures d’acti-vité ypermettent
par un calculsimple,
etaprès
étalonnage
dudispositif,
d’obtenir les deux teneurs. Introduction. -- Ledosage
de l’uranium et duthorium dans les minerais se fait
classiquement
par voiechimique
(oxydo-réduction
de U4 à U6 pourl’uranium ;
;précipitation
del’oxalate,
grillage
etgravimétrie
deTh02
pour le thorium[1]).
Radio-métriquement
onpeut
étudier lesrayonnements
ocdes familles U et Th à l’aide des
plaques
pour usages nucléaires[2],
ou par scintillation sur écran de sulfure de zinc activé àl’argent [3].
Les rayon-nements ypermettent
également
un teldosage,
soit par méthode aucompteur
deGeiger-Müller [4],
soit par scintillation sur cristal de NaI activé au thallium.Il nous fallait une méthode
simple, rapide,
deprécision
moyenne etpermettant
avec unpersonnel
non
entraîné,
et un matérielsimplifié
etrobuste,
decommuniquer
en très peu detemps
les résultats des teneurs en U etTh,
aux différents stades du trai-tementphysique
d’enrichissement d’un mineraicomplexe
uranifère et thorifère(uranothorianite) ;
ces conditions éliminaient ledosage
chimique,
long
etpénible,
ledosage
oc parplaques
nucléaires(longues manipulations
pour ledéveloppement
et ledépouillement
desplaques
impressionnées),
et ledosage oc
par scintillation, délicat etperturbé
par le radon.Méthode
employée.
- Ilne nous restait donc que le
comptage
y par scintillation. Mais nous avonsd’emblée éliminé le
dosage
parspectrométrie
[5]
du fait de
l’importance
et de lacomplexité
del’appareillage.
PRINCIPE. - Le nombre
d’impulsions
estpro-portionnel
à laquantité
de corps radioactif et la hauteurd’impulsion,
dans cecomptage,
est fonc-tion del’énergie d’émission, énergie qui,
dans lesfamilles U et
Th,
s’étend dequelques
keV à2,62
MeV. Entraçant
la courbereprésentant
en ordonnées la variation d’intensité durayonnement
et en abscisses une discriminationd’énergie
(hauteur
desimpulsions
admises dans lesystème
numérateur),
on observera une différence suivant la nature des émetteurs de la famille enéquilibre
avec sesproduits
de filiation.Si,
pour uneénergie donnée,
1 gramme d’ura-nium donne une ordonnée y1 et 1 gramme de thorium une ordonnée y2, unmélange
de k gramme d’U et de 1 gramme de Th donnera une courbe dont les ordonnées seront :Or,
sans tracer lacourbe,
si l’on seplace
à deuxabscisses
d’énergie différentes, m
et n, on aura pour les intensitésdonc deux
équations
permettant
le calcul de k et l.Dans ce
système,
ym et ynreprésentent
respec-tivement le nombre
d’impulsions
enregistrées
aux36
deux abscisses
d’énergie
m et n. Par unétalonnage
judicieux,
on pourraappliquer
la méthodes à deséchantillons de teneurs inconnues
(fig. 1).
FIG. 1.
APPAREILLAGE. -
L’appareillage
utilisé est cons-titué : d’un détecteur à scintillationéquipé
d’un cristal de NaI activé au thalliumfabriqué
parHarshaw,
de dimensions 25 mm X 25 mm,couplé
optiquement
avec unphotomultiplicateur
«Radio-technique »
type
AVP 50(1),
celui-ci étant relié à unpréamplificateur
DCS. I Gabon construit sous licence C. E. A. par L. I. E.(2) ;
d’un bloc decomp-tage
RPN3 « Mesco »(3)
muni d’une haute tensionet
permettant,
soit uncomptage
prédéterminé,
soit une duréeprédéterminée
de cecomptage.
(Ce
blocpeut
aussi admettre l’utilisation d’un passeur d’échantillonsautomatique,
avecenregistrement
desrésultats) ;
le bloc et le scintillateur sontcom-plétés
par unsupport
de sourcesqui
donne unegéométrie
biendéfinie,
semblable pour toutes lesexpériences.
Les sources sont constituées par descoupelles
d’aluminium d’environ 29 mm dedia-mètre,
contenant 2 grammes de l’échantillon réduit enpoudre.
FIG. 2. ,
Le
préamplificateur
du détecteur a été modifiépour
permettre
l’entrée desimpulsions
dans lebloc RPN3. En
effet,
la hauteur maxima desimpul-. sions admises dans ce bloc doit être de 5 volts au lieu de 12 volts pour les autres blocs de
comptage.
Il a donc fallusupprimer
unétage
depréampli-(1)
LaRadiotechnique,
130, avenue Ledru-Rollin,Paris (11 e).
(2 ) L. I. E. Laboratoire Industriel
d’Électricité,
41, rueÉmile-Zola,
Montreuil. 1(3)
Mesco, 14, rue René-Coche, Vanves (Seine).fication.
Cette
modification n’entraîne pas devariation de la valeur des
gains
de cepréampli-ficateur, qui
demeurentrespectivement
0,15, 1,5
et 15.Tout
l’appareillage
estplacé
dans unepièce
où le mouvement propre est relativement faible(le
château deplomb
ayant
été éliminé pour per-mettre untransport
aisé del’ensemble).
MODE OPÉRATOIRE. - Deux échantillons
ayant
étél’objet
d’ungrand
nombre dedosages
chi-miques
servent d’étalons. Ils’agit
d’uranotho-rianites contenantrespectivement :
Deux grammes de
poudre
sontplacés
dans lanacelle et soumis au
comptage
dans lagéométrie
déjà
définie. Lesmanipulations
consistent en : 1 °Étalonnage.
-A)
Mesure du mouvement propre aux deuxgains 0,15
et1,5,
les deuxgains
correspondent
aux deuxénergies
m et n. Cesmesures sont exécutées
pendant
untemps
suffit-sammentlong
pourintégrer
les fluctuations.B)
Mesure
du nombred’impulsions
aux deuxgains
pour l’étalon
(a).
Après
déduction du mouvement propre, on obtient laparticipation
propre de cet étalon.C)
Mesure du nombred’impulsions
aux deuxgains
pour l’étalon(b).
Soient ym1 et ynl les
comptages
que l’on auraitrespectivement
observés aux deuxgains
pour 1%
d’uranium.De
même,
soient Ym2 etyn2les
comptages
que l’on aurait relevés aux deuxgains
pour 1%
de thorium.Les
participations
propres observées dans lesexpériences B)
etC)
seront :ka et la
représentant
respectivement
lespourcen-tages
en U et Th de l’échantillon(a),
kb
et lb
ceuxde l’échantillon
(b).
Les
équations
(1), (2), (3)
et(4) permettent
parconséquent
de calculer lesquatre
constantes ymi, Ym2, Yn1, Y’92’20 Mesures. - On
procède
aucomptage
dunombre
d’impulsions
aux deuxgains
pour l’échan-tillon de teneurs inconnues U et Th.Après
déduction du mouvement propre, onavec :
Les valeurs de U et de Th
peuvent
s’écrire :30
Exemple
demanipulation.
-- Nousavons
dis-posé
ci-dessous un tableau montrant lesopérations
successives.(Les
résultats sont ramenés au mêmetemps
decomptage
1minute.)
Les valeurs entre
parenthèses
représentent
laparticipation
propre de la source(c’est-à-dire
la valeurenregistrée
dont on déduit le mouvementpropre).
Dans ce
tableau,
parapplication
des formules(7)
et(8),
on obtient lespourcentages
U et Th assezrapidement.
Généralisation et limites de la
précision
dupro-cédé. - Ne
disposant
malheureusement pas d’untroisième étalon suffisamment bien dosé pour vérifier la validité
générale
duprocédé,
nous n’avons euqu’une
confirmation indirecte de cette validité. Nous avons modifié trèslégèrement
lavaleur d’une résistance du
préampli,
faisant varier du même coup la valeurs desgains (de façon
trèsfaible).
Les coefficientsd’étalonnage
s’en sonttrouvés totalement
changés.
Nous résumons dans le tableau suivant les valeurs obtenues dans les deux cas.
TABLEAU
La méthode
voit saprécision
limitée pardiffé-rents facteurs dont les
principaux
sont l’erreur sur lapesée
et la fluctuation dans lecomptage.
Ajou-tons encore le défaut
d’homogénéité
despoudres
échantillons. L’erreur sur la
pesée
est de 5 mg envi-ron, soit1/400
sur les deux grammes que contientla
coupelle.
L’erreur sur lecomptage
serabeaucoup
plus importante,
car, si l’on veut une méthoderapide,
on limite volontairement la durée descomptages.
Or la fluctuation est distribuée suivant une loi de Poisson. Elle diminuelorsque
le nombred’impulsions
comptées
augmente.
On aplus
préci-sément une
probabilité
de0,68
de faire une erreurinférieure ou
égale
à 1/~n,
où n est lecomptage
enre-gistré.
L’erreurquadratique
moyenne ainsi définie sera pour uncomptage
de 10 000impulsions,
1/100
en valeur relative. Enpratique,
il faudra faire descomptages
de cet ordre.La limite inférieure de la
méthode,
-dans lesconditions où elle est
appliquée,
se situe aux envi-rons de0,5
à 1%
de teneurglobale
des deux éléments U et Th. Cette limitepeut
se reculer parutilisation : d’un château de
plomb
qui
diminue le mouvement propre, mais alourdit considérablementl’appareillage ;
d’un cristal d’iodure de sodium àpuits, qui
permet
d’utiliser uneplus
grande
quan-tié depoudre
échantillon(aux
environs de 5 à10
grammes).
Conclusion. --- La méthode décrite
scin-38 A
tillation,
sur un échantillon finementbroyé
d’unpoids
de deux grammes.Cette méthode
s’applique
à tous les mineraisn’ayant
subi que des traitementsmécaniques,
à .l’exception
des traitementschimiques
susceptibles
de modifier
l’équilibre
entre les différentsproduits
de filiation des deux familles. Ellepeut
êtrecon-duite par un
personnel
nonspécialisé
avec unappa-reillage
couramment utilisé et très maniable. Saprécision
estsatisfaisante,
lorsqu’on
a à étudier des,
phases
d’enrichissementphysique
et que les teneursont atteint des valeurs notables.
Manuscrit reçu le 28 janvier 1958.
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