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POINT DE TERRORISME
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CONTRE LES ASSIGNATS,
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TRIPLE UNION
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/
ENTRE LA FOI PUBLIQUE
ET LES INTÉRÊTS DES FINANCES ET DU COMMERCE.
\
A PARIS,
Chez F. Buisson^Libraire
,tue Hautefeuilîe
, N®. 20*
Et
se trouve cliezPetit,
Libraire, au Palais Égalité Galeriede Bois
>
N
3, zço.A
NDE LA ÎUtlîUI^UlU
WDB'NEVBERRy
K
l&RAàY(
-1.. ÜI K»r,<,i 1^^.,...
—
I«
..Il in^dÉ,i»>è>,AVERTISSEMENT.
/J
/Europe
estdans
l’attentede
l’événe-ment qu’aura
la discussionmémorable
quiva
s’ouvrirdans
la Convention nationalesur les Finances.Un grand Teuple tourmenté dans
sesrapportscommerciaux au commen- cement
età
laJinde
cemême
sièclepar une surabondance de numéraire
fictif,dont
l’émission
a eu pour
base descombinaisons
opposées :cenuméraire
fictiflancé
,pour
ainsi dire ,
magiquement au
seinde
ses transactions,par
lesbesoins elles erreursde deux
Administrations très-disparatesdans
leur nature,dans
leursmoyens
etdans
leur objet; toutyjusqu’ à
lapositionprésente et respective des Sociétéseuropéennes
, doit attirer sur cette discussion,V
attentiondu
Législateur,
du
Citoyen,du Philosophe
>du
Politique ,etde
laPostérité. Elle obser- vera sansdoute
avecquel avantage
etavec quelle gloire laNation
françoiseaura
triom-phé
des derniers obstaclesà
la consolida- tionde
saLiberté.Déjà
l’opinionpublique
esttenueéveillée surlaprioritédonnée
entre tous lesProjetsà deux plans
bien distincts,l’undu
citoyenSabonadière
, l’autredu
citoyenMan
-
'
gin (1).
C
est facilitera
tous lesHommes
publics, etettous lesditoyensintéressésciu.se
événement de
cette discussion, les
moyens
d’en suivre les ramifications étendues, et conserver enmême temps
desmatériaux pour P
Histoireëconpm que delà République franc
oise,
que de
réunircellesdes
opinions et des discussions qui fixerontdavantage
l’attention.
Cet Ouvrage
qui paraîtrapar numéros
, et touteslesfoisque
l’importanceetl’abon-dance
desmadères V
exigeront, se trouvepour
lepremier numéro
actuellementen
,vente,
chez
‘Buisson,Imprimeur
Libraire>rue Haute
feuille,
n°. 20.
Le premier numéro
contientune Défense
officieuse
pour
les Porteurs d’Assignats ,parle
citoyenArnould
, contreles tendus Principes
d
équité appliquésaux Finances
yp
r le citoyen Sabonadiàre. C’est déjàun
f
rpeu
iêtredignede remarque
,que
le ci-
to en
Arnould
, qui
en
1790 s’opposacontreJS inib
eau à
toute émissionimmodérée
d’As*signais,
prenne
aujourd’hui l’un despre-
mierstaplume
,
pour empêcher
leur retire- tnent ou leur dépréciationpar
desmoyens
honteux
et convulsifs.I
DÉFENSE OFFICIEUSE
POUR
LES PORTEURS D’ASSIGNATS,
1Contre
les prétendus-principes d*équitéyMppliqués 'auge
Jinances
, publiés
par
le Citoyen </. S. Sabonadière. .T
résentéeà
la,Commission
desProjetsde
financesde
la Convention nàilohàtéi.Par
le CitoyenArnould,
Balance
du'Commerce de
Auteur de
laFrance Çif
De
toutes les opinions publiées dans le circonstances présentes, sur la situation de( i )B)e la Balance du Commerce
, et dés Rela- tions Commerciales Extérieures de la France dans
N., 1.
A
(*)
financés,il
n en
estpas, selon moi,quipuis*sent conduireà desconséquencesplus désas- treuses
pour
laFrance que
la fausse doc- trine relativeaux
assignats , développéedans
l’ouvragedu
citoyen J. S.Sabona-
dière.L’esprit
méthodique
qu’ony remarque
;la clarté
du
style ; la justesse de quelques réflexions de détails ; son silence sur des principesgénéraux
directementappliquables àla matière, qu’il laisse
échapper
à sa sa- gacité ;l’hommage de
son opusculeaux
tontes iesparties du Globe,particuliérement à lafin du règnede Louis
XI V
, et au moment de la Révo-lutionfïetoutappuyé de Notes et Tables raisonnées authentiquessur le Commerce, et la Navigation, la Population, le Produitterritorial et de l’industrie, le
Prix du bled,le Numéraire, le Revenu, laDépense
et laDette publique dela France àcesdeux époques*
avecla valeur desesimportationsetexportations pro- gressives depuis 1716 jusqu’en 1788 inclusivement5
par le Citoyen Arnould, Chef du ci-devant Bureau de laBalance du Commerce(1794» secondeEdition'), à Paris, chez Buisson, Libraire-Imprimeur, rue Hautefeuille, n°. 205 2 vol. in-8°. et 1 vol. in-4 » contenant des Cartes et Tableaux. Prix 25 hv* bro- ché, et 31 liv. francde port par la poste
, pour le*
Départemens et Pays conquis.
(3
)«comités
de gouvernement;
l’avantage qu’ila reçu par
V
ordre d*imprimer
obtenude
celui des finances ; tout, jusqu’à i’épisode
dé
la naissance , de l’éducation, des péLe,- rinagçs, des infortunes , des missions et des persécutions révolutionnaires de l’au- teur ; sa sainte colère contre tout autre pianque
le sien , et puisqu’il faut le dire enun mot
, le spectrehideux de
la ban- queroute qu’il présente au sénat françois sous.les bandelettestricolores de lamorale
,
jdupatriotismeet de l’utilité publique; tout, jelerépète encore , concourt à faire
de son
séduisant ouvrage ,une
des plus dange- reuses de nos productionsmodernes écono-
miques.Dans
tout le cours de cet ouvrage, l’au- teur partdu
prétendu faitjque
l’assignat françois n’est plus depuis long-temps, etn
?a
presque jamais été dans savaleur
no-minale
,en
rapport avec sa valeur réelle; ce qui estfaux.Il entend par valeur réelle
, la valeur
mé-
tallique. D’après sa cféfinition , il prétend
que
l’échange de ^assignat de ico livres, parexemple
,ne
se faisant plusque
contre^ao
livresvaleuxmé?al{i$u&.9ily
a déprécia»A
a( 4 )
tion des quatre cinquièmes entre la valeur
nominale
et lavaleurréelle de notre papier-monnoie»
Jusques-là , il n’y a
que
des opinions erronéesque nous
allons attaquer ;mais
ce qui doit indigner labonne
foi natio- nale , ce sont les conséquences auxquelles cette fausse doctrine peut conduire., dene
plus recevoir enpaiement
desdomaines nationaux
, les assignatsque pour un
cin-quième
et successivementun dixième
, et postérieurement,suivantlecoursdu change
avec l’argent,un
centième ,un
millièmede
leur valeurnominale
.Quand
l’auteurne nous
eût pas dit qu’ilest resté en Angleterre jusqu’au premier février 1793,
nous nous
serions bien ap- perçus qu’il n’a pas assisté avec toutbon
François,à lamémorable
discussion qui aeu
lieu dans l’assemblée constituante sur l’émission des assignatscomme monnoie
forcée.j’ai
eu
l’inutile avantage deme
présenterdans cette discussion contre
Hercule Mi-
rabeau
.Un Pygmée comme moi ne
devoit entrerdans
l’arèneque
sous le bouclierde
l’expérience : aussiai-je fait distribuer}en
(
5
)Î790
,aux membres
de l’assemblée consti- tuante, quatre tableauxdu
prixdu
.^bled-sfroment
de
première qualité,vendu aux marchés
deRosoy en
Brie, et àceux de
Paris , de
Lyon
etde Clermont
enAuver- gne, pendant
lesannées
1718, 1719, 172,0et 1721.
Il est
démontré
par ces tableauxque
dans lesmarchés,
soitdu midi,
soitdu nord,
soit de l’intérieur de laFrance,
le bled a été plus cher, sans causesde
di- sette , d’un quart etmême
d’un tiersen
1719 et en 1720que pendant
lesdeux années
qui les ont précédéesou
suivies.Fort
de
cetteconcordance
de faits, voici quelles ont étémes
conclusions.« Ilneresteplus, ai-jedit,
aux
propagateurs»
modernes
dedeux
milliardsdenuméraire
»
fictif,qu’àprouver que
c’estune
circons-»
tance indifférenteque
derompre
subi-» tement
l’équilibre entre le prix des sub-»
sistanceset le taux dessalaires*
que
cette»
proportion sera aussitôt établie;que
»
l’émission sera facile etprompte
;
que
»
la répartition fraternelle desnouveaux
»
signes de valeur se fera si vite entre les vingt-six millions de citoyens français >a a
»
(O
>>
qué në
sera pas legrand nombre
et»
sur-tout laclassela plus pauvrequi , daïis»
laconcurrence
des achats d’objetsde
y> première nécessite , souffrira de 1erùis-
» sion d’une
masse
trop considérablede
»
numéraire.»
Il faudradémontrer en même temps
» comment
le prixdu
travail, s’élevanta à une
valeurau
dessus de celui payé chezt> les nations avec lesquelles nos
manu-
»
factures rivalisent ,nous
pourrons ce-» pendant
continuer de porter dans lesmarchés
de l’Europelesmêmes marchan-
a» dises, sans crainte
de
les voir repous- séespour
préférer cellesdé même
qua-»
litéfabriquéeschez nosvoisins àmoindres
frais. Ilsdiront sansdoute également.,par
»
quelsmoyens
puissans ils s’opposeront à*> l’introduction
en
France des produits des*> fabriques étrangères, lorsqu’à l’attrait
de
»
la perfection déla main-d’œuvre,setrou-# vera réuni l’appât d’un bénéfice
que
*> procure le
moindre
prix dés stxbsis-tances.
*>
Tous
les exemples tirés de l’histoirey>
économique
del’Espagne, delaHollande,p et de J’Angleterre déposent des
danger
y
%
>5 reusesconséquencesd'un
numérairemêmé
y» métallique trop
abondant,
lancé,pour
*> ainsi dire,
magiquement au
sein des opé->5 rations
commerciales
d’unegrande
na-»
tion.»
Il n’existe , à la vérité,aucune
simili-» lude entre la solidité de notre papier ter-
»
ritorial et le faux crédit des billetsdu
»
Mississipi,endistinguantcependant
l’es*»
sence d’une chose , des fonctions aux-»
quelleson
la destine -y car sous lësecond
»
rapport, l’influence désastreuse sur le» commerce
sera lamême.
effet se refuser
à
l’évi-» Qui
pourra»»
dence
dece principe,que
toutsignede
va-»
leur,quelquesoitsafixité, l’argent
même
»
jetteà tropgrandsflotsetintroduitdans
les» canaux
delacirculationparun
autreagent>>
que
le travail, doit parson mouvement
»
brusque,rompre
tout-à-coupleméchanis-
^ me du
systèmecommercial
d’un peuple,»
depuisla culture et laconsommation du
»
bled, principe
de
la vie* jusqu’à lamain-
»
d’œuvre et lavente d’undiamant,
laplus» grande des superfluités.
» Tous
ces effets convulsifs impossibless® à expliquer par la multitude irréfléchie
"araar
—
éun( 9 )
Je soutiens, toutes les discussions, toutes les loixdes trois assemblées nationaleset
Uvre
du
docteurSmith
à lamain
, ^ double caractère de l’assignatFrançois es 1°. d’être représentatif d’un fondsproduc-
tif; 2.°. d’être
malheureusement devenu
sans proportion, l’instrument de la circulation des richesses. Cette dernière facultémoné-
taire a
suspendu
l’activité deson
premier attribut fondé sur la nature des choses, eta
été le principe de toutes les^confusionsdont
le citoyenSabonadière développedans
son ouvragela fausse doctrine.En
effet, quelleest lavéritable opérationfaite par la nation françoise
dans
l’émissionde
ses assignats?La
voici telleque
je l’aianalysée en 1796,dans mon
plan sur la liquidation de la dette publiqueexigible parlavente desdomaines
nationaux.«<
Dans
toutes les hypothèses , ai-je dit^»
surlemode
deremboursement
de ladette»
publique avecdu
papierhypothéqué
sur»
lesdomaines
nationaux, ilfaut fairepré-»
céder l’adoptionde
telou
tel plande
»
l’examen de ce principe.» Un
débiteur peut-il équitablement rem-( »o )
»
Bourserson
créancierde sommes mobi- w
liaires avec des fondsterritoriaux&
»
Analysons cette question , suivant les» procédés delamorale publiquequin'existe
que dans
l’intérêt général, uniaux
de-*a* voirs d’une justice rigoureuse.
» Ce remboursement
paroît juste, jené
dis pas
aux yeux
louches de la chicane,
»
maisaux
lumières sainesde
la raison :»
car, quel est l'équivalentque demandé
»
toutprieur
, lorsqu’il craintque
la;» somme mo
biliaire qu’il confie àun em-
»
prunteurne
se perde entre lesmains dé
»
ce dernier? N’est-ce pasun
fonds produc-»
tifqu’il desire ?» Dans
les transactions journalières , les» prêteurs
ne
regardent-Uspas leurcréance» comme
assurée , lorsque leur débiteur»
leurabandonne en commun un
fonds»
productif par nature,pour remplacement
» de la
somme
mobiliaire qu'ils lui ont33 confiée ?
33
Les
créanciers se croientsuffisamment» indemnisés,puisqu'ils
en
font le fonde-33
ment
de leurs stipulations dans tous îe$>3 contrats de prêt
en sommes
mobiliaires*a? i:n effet, qui obtient le plus possédé
( *i )
•$ bientôt lè moins. Si jeperds le sigfàêi|»i
»
représenté îèirtes les richësses, etque
jëy> retrouve la source de toute richesse ,
», ne puis pas dire avoiréprouvé
un
vérita- bledommage
dansma
fortuné. Je n'ui>5 plus le signe qui
me
'promettait tellemé-
»
sûrede
bled;mais on me
livre lamesure
»
de bled,
et j'ai bientôt le signe^ si fat-
»
tache quelqueprix à sa possession.» Il est
donc
rigoureusement vrai qu’un»
débiteur peut équitablementrembourser
»
soncréancierdesommes
mobiliairesavec» des fondsterritoriaux.
» La
nation,en
faisant cession , traits- portou
venteaux
créanciers de la dette exigiblede
Tuniversalité desdomaines
»
nationaux, rempliroitdonc
implicitement»
lesengagemens
contractés par Fanéléa» gouvernement
».Venons
à l’application.L’émissiondes assignats a
donc pour
base essentielle la; concession faite par l’autorité publique , directementaux
créanciersdo
l’Etat
ou
àleursayant cause
,
d’une valent
non
paspurement nominale
>
mais d’une valeur bien réelle
^
celleque
le profond.X
** )auteur de
k
Richesse des Natiottsyïe doc- teurSmith,
appelle dans toute propriété foncière , la rentedu
propriétairedu
fonds.De
sorteque
la valeurnominale exprimée
sur l’assignat n’a jamais eupour
butun paiement
actuel,
prochain ou
éloignéen numéraire
métallique, puisque la nation débitrice
,1
une
des parties contractantes,ïi a jamais eu l'intention ni pris l'engage-
ment
envers les créanciers porteurs de sonmandat
territorial, de les solder à quelqu’é-
poque que
ce soit enmétaux
précieux.La
valeurnominale
del’assignat n’a tou- jours entraîneque
la seule obligationde
procurer a tout porteurune
rente de pro- prietairede
fonds, égale à l’intérêt annuel
de
lasomme
métalliqueexprimée nomina-
tivement sut lemandat
,dans
les propor- tions existantes à l’époque dela transaction solemnelle entre legouvernement
débiteur et ses créanciers de toute l’Europe.Je m’explique.
Tout
porteur d’assignatde
loo livres,par
exemple
,a droitàune
rentede
propriétaire de fonds, évaluéeau
plus Las,a 2 livrespour
cent livres de cette va- leurnominale exprimée
surchaque man-
dat.
N'est-il pas évident,
en
effet,que
si dèsle principe, et successivement , Yassignat qui
ne
devoit pas êtreremboursé en métaux
,n’étoitpas
non
plus représentatif d'un pro- duiten
fonds, alors sonémission n’eût étéqu’un morceau
de papier; enun mot, une
Élusse
monnoie
?Or
, dans toute l’Europe ,un
fonds productif égal àune
valeurmé-
tallique
de
100 liv. signe comparatif uni- versel,
au moment
de la proclamationfaitepar la
France
de payer sa detteen
fonds territoriaux, procurait
au moins
la valeur métalliquede deux pour
cent de rente foncière à tout propriétaire ;ou
la posses- sion de ce fonds lui donnoitannuellement
lachose
même
, c’est-à-dire, parexemple, deux
mesures de bled surcent mesures.D’après cette théorie la seule véritable, la seule
conforme aux
principes etaux
faits adoptés par la nation françoise
,
en
proclamantà la face de l’univers
, la liqui- dation de sa dette publique par rémission
de mandat
, billet,ou
assignat, le peuple françois a contracté l’obligation invariablede
solder définitivement et à quelqu’é-poque que
ce soit, toutporteurd’assignat,
non
pasen numéraire
métallique,mais
par( *4 )
la traditionde rentes foncières deproprié- taire de fonds, dans la proportion
de deux
parties
pour
cent livres, terme decompa-
raison dont la fixité a été déterminée
au
Jourdu
çoutrât solemnel respectif.Dira-t-on
que
la loyauté françoisene
peut pas observer rigoureusement les clausesdu
contrat, si la quantité de rentes foncières, prise sur l’échelle
de deux pour
centau moins
, n’est pas égaleau
résultat de tousles quotients formés sur 1$ valeur totale nominative des assignats i
Mais
ce casne
peut pas exister lorsque toutes les discussions sur cette matière conduisent jusqu’à lasomme nominale de
ïSmilliards
pour
gage des 7 milliards d’as- signatsmis
en émissionjusqu’à présent.Dans
lasuppositionchimérique deL’insuf- fisance de ce gage ,pour répondre aux demandes de
tous les porteurs d’assignats, réclamant l’exécution strictedu
contrat primitif,dans
la tradition d’un fonds pro- ductif sur le tauxconvenu
, ce seroitaux
créanciers à saisir par la concurrence les propriétés nationalesquileursont déléguées;mais
ce n’est pointau
peuple françois dé- biteur. tel imposerune
réduction qui #antle
gage
assigné diminuèrent la quotitéqui est
de
4° sous par 100 üv. ,le taux aujourd’hui de
5
sous,demain
d’unsou, aprèsdemain
d’un denier; cJest-à
-dire > suivantun
système degradatif , d’après lecoursdu change
d’assignatcontreargent
, d’un huitième, d’unquarantième,
et successivement d’un cinq centième, et d’un millièiue de la proportion primitive-
ment
fixée etexprimée nominativement
sur l’assignat.D’après ces
développemens
, il est fauxcomme
l’avance le citoyen Sabonadière(page,
34)
>que
l’émission des assignats n’aitétéque
l’anticipationdes valeurs réellesque
la nationpossède ‘. car, cette émission, dès le principe et successivement, a étéde
droit et de fait l’abandon des propriétés nationalesaux
créanciers de l’étatpour
le.remboursement
dessommes
métalliques qu’ilspouvoientrépéter surle trésornatio- nal , etdu payement
desquelles là nation vouloit se soulager.Il est
également
fauxque
l’assignatne
soit plus dans sa valeur
nominale en
rap- port ayçç sa valeur réelle ; car l'.assigne#(
i6)
lie peut jamais perdre son caractère essen-
tiel de représentation
de
telle quotité fixe d’un fonds productifsuivantl’échellearrêtée lorsde sa création. Si lemalheur
des cir-constances a exigé qu’on
communiquât forcément
et sans réserve, la facultémo-
nétaire àl’assignat, ladisproportion succes- sive et actuelle de sonchange ou de son échange
avec la valeur métallique, causée par les méprisesou
l’embarrasde
l’admi- nistration publique,
ne
peut influersur le sort de tout porteur d’assignats , qui n’a jamaisprétendudu gouvernement
son paie-ment en
rftétaux^mais
qui n’aspireaux
termesdu
contrat primitif, qu’à latradi- tion d’une rente foncière sur le taux con- venu.En
dernière analyse, l’assignat françoii n’a pointune
valeurpurement nominale
; il n’estpas essentiellementlegage d’aucun©valeur métallique ,
mais
il est le représeti- tant spécial d’un fonds productif , et ap- pellepar
accidentà
l’officede monnoie
forcée.
Veut-onapprécier touteslesconséquences
de
la fausse doctrine sur les assignatsdu
citoyen Sàbonadière. Voici lelangage que tiendroitt
>3
faculté
?> striât y
( 37 )
tièndroit lanation Françoise à son créancier si elle adoptoit les
prétendus
principes d’équitéde
cet auteur.« L’as.signat ou titre de créance
que
je>3 te délivre depuis • cinq ans , sous telle
33
ou
telledénomination
iixative , n’â jar»
mais
eude
valeur réelle qu’aumoment de
ation, seule
époque où
ilme con-
d'établirun
rapport exact entre lachose foncière
que
je te cédois et lava-» leur de ta créance métallique
dont
tume
faisois remise. Il
me
convenait , alors, leurnominale
de l’assignat fût valeurréellepour donner
con-33 fiance à la faculté monétaire
que
jevou-
y> lois
communiquer
forcément à l’assignat :» la facilité
, l’activité et l’appât des trans-
33 missions respectives entre tous les
agens
»
du commerce
, entre tous les débiteurset33 touslescréanciersdel’Etat,aéloignéle
mo«
3>
ment pour moi de
latradition de lachose33 foncière cédée.
Non-seulement
par cet33 avantage j’ai trouvé le
moyen de con-
3> serter plusdes quatrecinquièmes
de mes
» propriétés ;
mais
j’ai rencontré, par la,
monétaire
donnée
àmon
assi- secret de disséminerma
ban-B
»
queroufe et de la faire àquiconque
®-> par 6a position ne devoitjamais être
mon
135 créancier , par
exemple
, à tel porteur53 d’assignatde 10 sous.
33 Mais cela fait
, je vais aujourd’hui ,
53 suivant dès principes d’équité qui
me
sont*3 proposés
par
le citoyen Sabonadière ,53 pourvoirà ce
que
les porteurs d’assignats53
ne
puissent pasme sommer
de leur livrer5* la chose au
taux exprimé
dansleur titre:»
jene veux
pas ,comme
le ditsensément
33 le citoyen Sabonadière,, (
page
3 4)
que
>3
moi Nation
? en recevantdeux
milliards33 valeur
nominale
,montant
des annuités33
qui peuvent
êtredues
aujourd’huisurles3> biens nat'ônâux vendus
nè
toucher vé-ritahlement
au
plus,qu une
valeurréelle33
de
6oomillions, etperdre par conséquent
33
un
milliard Aqp millions; jene veux pas
3> enfin ,
moi Nation
,perdre
le tneilleur»
gage que je
puisse offrirà ceux
qui33
peuvent
suppléerà mes
besoins,de
la33
manière
laplusavantageuse
33.C’est
au
lecteur indigné à caractériser ce langage,non
pas seulement d’unban-
queroutieràrevirementou
àsystèmecomme
celui
de
l’EcossoisLcm
,
mais d’un bas
escroc, qui d’une
main
présenteun gage
hson
créancier et le lui retire de l’autre, aiin, suivant la logique de l’auteur, «de
y> fie
pas perdre
lemeilleurgage à
offrirà
>3
ceux
quipeuvent
suppléerà
ses besoins« de
lamanière
laplus avantageuse™
;c’est-à-dire en
un mot, pour
se réserver lesmoyens
défaire perpétuellement denou-
velles dupes : bar le
change
entre l’assignat et l’argent étant tenu , soit par les spécula- teurspécuoieux
de toute l’Europe, soit parles manoeuvres
même
denos ennemis
chezlespuissancesneutres,
où
leursliaisonscom-
merciales leurdonnent
accès et influence;notre
change,
dis-je, tenu dansun mou- vement
continuel de dépréciation , et laNation ne
reprenant ses titres de créanceque
sur cette échelle factice, le porteur bénévole de l’assignatmonnaieforcée
,ne pourra
jamais, ni de droit, ni de fait , l’échangerau pair
contre lesdomaines
nationaux.
Jelaisseàd’autres àattaquerdansses
con-
séquences secondaires, le plandu
citoyen Sabonadière, qui d’ailleurs ,
(
page
36)
trouve bienplusàpropos detâcher àémettre
de nouveaux
assignatshypothéqués
sur sonS
2tirer sur la eruenten circu-
le
Moniteur du
11 ger-> 'article variétés
,
on
a fait voirTin- de son plan,
pour
assurernos
s , èt l’on a fait pressentir tion , la ruine de tout crédit tëriéur et extérieur,
borne
à saper dans leurs basesles
prétendus
principesd’é- finances, parceque
;la dernière importance
que
et dans l’adoption des à
diminuer
lesmaux
ac- tueis oui résultentde
#
la fatale nécessité
où
s’est trouvéela
France
dedonner aux
assi- gnatslafacultédemonnoie
forcée, laCon-
ylnCionprenne
bien garde dans sesnou-
velles
mesures
, de faire perdreaux
assi- gnats leur caractèreessentiel et représentatif d’une rente de propriétairede
fonds:2.0. Qu’il est
également
indispensableque dans
l’adoption desmoyens
de raviver lacirculation des assignats, et
de
les porter vec affluence vers lesdomaines
tonaux
, leur destination spéciale , laConvention
segarantissede
touteprévention( si )
inspirée
par
des déclamations sentlmen a~les, puisquel’auteur qui s’est
montre dans
tout le cours de son ouvrage^ le plus ardent défenseur delamorale publique qu’il trouve pervertie partout autre planque
le sien surles finances ,
en
faitcependant
porter la base sur la plus insigne violation de la foi publique la plus soTemnelîeraent jurespar une
nationque
ses succès et sesmalheurs
doivent rendre la première de l’Univers :3°. Parce
que
l’assignat ayantperdu une
fois son caractère essentiel de représen- tation de rente de propriétaire de fonds ;
tout point d’appui disparôit
pour
la restau- ration de nos finances; toutemesure
ulté- rieure seraun nouveau
désastre ; enfin ,' jeconjureleslégislateursde peser la justesse' et la réalité des
conséquences
funestesque
j’ai développées
en
1790, afin demieux
apprécier
mes
nouvelles réflexions. Puissema
persévéranceàméditersurces matières,
sans passion , d’après la seuLe expérience
du
passé appliquée avec des modifications raisonnablesau
présent, convaincre de la nécessitédont
ilestpour
le salut public,de
- maintenirce principe,
que V
assignat-P’ran-
cois est le représentant spécial
d’un fonds
B
3productif
/ Puisse la nation s’écrier avecmoi
, POINT UETERRORISME CONTRE
LES ASSI-i •_
GNATS
!K
P. S. Je parcours à l’instant
un
R.ésu?7tédes
corférences surlesfinances,dans une
réunionde
citoyens,imprimé par
ordredu comité
des finances.Les
principes de ceRésumé
se rattachent à la théorieque
je viens de développer; et les
mesures
quiy
sontindiquéescomme
basées surles vues saines et étenduesdu
citoyenMangin
,étant
combinées
avec desmoyens
secon-«y
daires
d
}exécution, paroissentpropresàre-monter
lavaleur métalliqueou commerciale
des assignats.(
*3
)APPENDICE(i),
j\
'
L
''y. ; "? ' j.- v
, v
L’un
desmembres
adjoints de îaCom-
mission des projets de finances, en
me
re~(ï) Pour l’intelligence de cet appendice, on plac#
ici les deu±lettres suivantes.
Paris, le 15 germinal, an 3e de la république françoise, une et indivisible.
JLe citoyen Arnould aux citoyens membres de la Commission dès projets definances de la conven- tion nationale.
Citoyens Représentant
,
Je vous prié de prendre communication du'minus- eut ci-jointque je croisVantidote desprétendus prin- cipes d’équité appliqués aux financespar le citoyen Sabonadière. Le comité, dans lavue des’entourer de toutes les lumières, a autorisé l’impression de l’opi- nion de ce citoyen. Il trouvera sans doute utile à la vérité qu’il cherche de faire imprimer
ma
controverse^Si le(comité pensoit autrement, je le prie de
me
faire remettre
mon
manuscrit, .afin que jepuisse faire
profiter promptement le public des heureux fruits de
mettant
de
sa part,mon
manuscrit dont elle n'a pas cru devoir autoriser l’impression ,la liberté de Tapresse
, enlui soumettant lepouret le contre dansla grande question des assignats.
Paris, le20 germinal, an3e ds la république française, une et indivisible.
Le citoyen Arnould aux citoyens membres de la.
Commissiondes projets definancesdelaconvention nationale.
Citdyens Représentant ,
Les observations qui ru’ont étéfaites parle citoyen membre adjointde la Commission, chargé de sa part de me remettre mon manuscrit
, m’ontconvaincu que nilesens nilebut de mesréflexions n’avoientété sai- sispar laCommission, puisqu’ellë in’avoit trouvé en contradiction dans mon post-scriptum avec
ma
con- troverse contre le citoyen Sabonadière.Le grandintérêtpublic exige donc que Je lui donne communication de mon appendice, dans lequel non- seulement je prouve la non-opposition de
ma
théorie avecleRésumésurlequellaCommissiondélibère,mais encore oùje propose le moyen de ne pas violer la foi publique envers les porteurs d’assignats déjà émis, en
supposant l’adoption pour l’avenir, par la convention nationale, d’un nouveausystème monétaire.
üISKiMtôSHiwm
9
(
*5
>m’a
observé qu’il étoit le rédacteurdu Ré- sumé
d\inïeconférence etc. etqu au
surplus,3a
Commission
et luien
particulier avoient trouvéque
dansmon post
scriptum, j etoisen
contradiction avecmes
propres idees ,parce
que
je dis dans ce post-scriptumque
les principes
du Résumé
seeattaçhent a ma
théorie.Or
, nie dit-on
, lesprincipesdu Résumé
sont travaillés sur lesvues du
citoyen
Sabonadière
cpuevous combattez
? et jion sur cellesdu
citoyenMangin que vous
citezmal à propos
,dans
votre post- scriptum*Jerelis*plus attentivement le
Résumé que
je n’avois fait d’abord
que
parcourir, parceque
la distribution s’en faisoitau moment où
je livroismon
manuscritpour
être portéà la
Commission.
Voici lesommaire
des dix-neuf
pages quicomposent
leRésumé.
Pages
î , a , 3 et 4- Avant-propos.Le
butc’est de faire
que
la valeur réelle et in- trinsèquede
l’assignat aitune
apprécia- tion bienconnue
afin de lemettre àl’abride la défaveur des
ennemis de
la répu- blique.——Dangers
qu’ily
auroit de"mé-
connûttre'encore(*«)
principes
du
système monétaire auquel ilfaut aîosolument assujettir les assignats.
Pages 5
j 6, y, 8 et 9.
Théorie
sur la valeur des moraioies métalliques et leurs fonc- tions;comparaison
avec lemême
officede Y
assignatcomme monnaie
.10. Historique sur les variations des
mon-
noies sous Philippe de Valoisa, dans les dernières
années
de LouisXIV,
et sous la regence par les abusdu
systèmede Law.
11. Définition
de
la valeur réelleou
terri- toriale de l’assignat françois ; causes qui influent sur sa dépréciation comparative-ment aux monnoies
métalliques.12. Distinction de la valeur
de
l’assignatcomme
délégation etcomme monnaie
.Idem
.Moyens
d’améliorer la naturede
l’assignat par l’entremise des cédules
hy-
pothécaires.13;et14.
Moyens
de constater lecoms
légal011 la différence qui existe entre les va- leurs métalliques, celieâ des denrées
de
première nécessité et lavaleur nominale
i5.
Développement
relatifaux
céduleshy-
pothécaires : i°.comme moyen
de cous-( a 7 )
tater d’une
manière
positive etterminée la valeur réelle des biens na- tionaux ; 2°. avantages de la possession de cette cédule
pour
les porteurs d’assi- gnats qui 11epeuvent échanger
celui-ci contreun
fonds de terre.T âge
16.Moyens
dans la confection géné- rale des cédules hypothécairesde
retirer tous les assignatsen
émission et de pour- voiraux
dépensesextraordinairesau moins pour uné campagne.
Secoursque
la na- tion,au moyen de
ses grandes propriétés^pourra tirer
de
labanque
ruralehypo-
thécairedu
citoyenMangin comme
tout propriétaire particulier.— Conséquences
sur l’amélioration de l’agriculture.
17. Principales opérations de la
banque.
18 1.9. Conclusion ;toutes les dispositions précédentes doivent conduire à
un
plan généralde
restauration etde
libération, des finances. Lesmoyens
préparatoires sont^d’une part
,
de déclarer
que
lapre-mière
émission d’assignats sera égaleaux
besoinsde
l’année courante et sera la dernière émission.De
l’autrepart
,
met-
tre
en
évidence fraternellement etloyale-ment
ladépense
totale et le passif entierde
la république qui doit porter, sur les biens nationaux,ou
à leur représentation sur les cédules hypothécaires.Je conclus de
nouveau que
Le .Résumé
serattacheà ma
théorie,en
ce qu’il distinguecomme moi deux
qualités dans 1assignat : i°. spn essenceou
déléga- tion territoriale ; g°. son officeou
coursde
mon
noie; tandis
que
le citoyenSabonadièrene
regardeY
assignatque comme
papier-monnoie
qu’il assimileimproprement au
papierde
l’Âméi;ique.Le Résumé
serattacheà ma
théorie,en
cequ’ilconsidère avecmoi
l’assignatcomme
ayant
une
valeur réelle>non
métallique, majs territorialej tandisque
}e citoyen Sa- bonadière regardel’assignat franç.ôiscomme
n’ayant qu’une valeur ptirement
nominale
.Le Résumé m’a paru
opérer surdes vues
saines,lorsqu’il chercheàaméliorerlecours del’assignatcomme monnoie,
pardesmoyens
légaux dont l'expérience seulepeut démon-
trer l’efficacité.
Mais
j’appelle cesvues
sai~nés, parce qu’elles tendent à
diminuer
la différence de l’assignat à l’argent de toutes lessommes
payéespour
les risques d’uneopération détendue par la loi et tarte au- jourd'hui clandestinement; et cés vues se- aoieiit
également donnes pu and
1assignâtne
seroit pas.monnoie
^mais
seulement obligation au porteur transmissiblede
gré à gré.Le Résumé m’a paru
opérer d’aprèslesvu
esétenduesdu
citogêiiSîang'ui, lorsqu’il -cherche à améliorer la nature de l’assignatpar l’entremise des cédules «hypothécaires qui substitueroient
une
appréciation posi- tivedu
gage desnouveaux
assignats àémet
tre, à dévaluation
vague
et indéterminée d*ce
même
gag®, usitée- jusqu’à présent ; lors qu’il veut parcemoyen
, eteh
usantdu
cr?ditde la
banque
hypothécaire, soutenir dank\
mÈfsmÈm
( 3o )
tioii avecle
plan
convulsifdu
citoyen Sabo- nadière.Sile
Résumé
a opéré,comme on
le dit, sur l7
ouvrage de ce dernier
, ce n’est
donc
pas sur la partieque
j’aicombattue,
cenest que
sur celleque
j’ai caractérisée par cesmots
(
page
2,) la justessede quel
-ques
1efilexionsde
details,* cette dernèrie est particulièrement relative àla définition et a la théorie desmonnoies
métalliques;le
Résume en
faitaussi usage et v ajouteune
partie historique de leur variation sousPhi- lippe de Valois, dans les dernièresannées
de
LouisXIV,
et sous la régence.Tout
cela n’a rien dé
commun
,non
plusque
1application faite dans le
Résumé,
de cesdiiirîitions
aux
transactionscommerciales
et particulières entre les citoyens, avec la question politique
que
j’aiexaminée^
sa- voir; siun gouvernement
débiteurpeut
sanshonte
etsanspréjudicepour
soncréditfutur
, reprendrelorsde
latradition de
lapartiedes domaines nationaux
déjàengagés,
let.’tre
de
creancequ’ila
délivré,aux
quatre cinquièmesde perte du taux
primitifde
sa création,