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Julie Sabatier. Peau aimes du dimanche et d autres jours

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Academic year: 2022

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---INFORMATION--- Couverture : Classique

[Grand format (170x240)]

NB Pages : 380 pages

- Tranche : (nb pages x 0,055 mm)+2 =

23.01

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Peau aimes du dimanche… et d’autres jours

Julie Sabatier

Julie Sabatier

Peau aimes du dimanche…

et d’autres jours

Pe au a im es d u d im an ch e… et d ’au tr es jou rs

Julie Sabatier

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Cher lecteur,

Si tu lis ces mots Je te remercie Grâce à tes yeux

Ils sont en vie Toi qui me lis Comment te sens-tu Quand ces mots remuent

De tripes et d’émotions Est-ce qu’en toi ça secoue

Eveille ton attention Tu es mon frère

Tu es ma sœur D’avoir un jour lu ceci

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Mots magiques

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Les lettres sont de belles convulsions d’âmes. Les mots tentent en vain de percer le secret éternel de l’humanité, le mystère de la vie que l’on perd en grandissant.

*

* *

Les mots, c’est une vie qu’on laisse derrière soi. On voudrait tous être immortels, c’est une façon de l’être, espérer qu’un jour des yeux les feront vivre, qu’après la mort, ils seront toujours là.

Ils sont le matériau des âmes, ceux qui les concrétisent, une façon de se sentir un peu démiurge. Je ne comprends pas ceux qui ne pensent pas à créer.

*

* * Les mots roulent sur mon dos.

Ils sont perméables de conneries et étanches à l’esprit. Ils sont sans souci mais également sans vie.

Ce sont des pierres précieuses qui ne me suggèrent pas comment je dois les tailler, des édifices détruits avant d’être bâtis, des gerbes d’étincelles invisibles qui ne luisent pas dans la pénombre.

Rien qu’un tas de mots arrachés à la Lune, sans sens, sans goût, sans intérêt ni originalité.

Pourtant ce tas d’ordures je l’aime et ne saurais le jeter. Je suis comme un clochard attaché à ses détritus qu’il amasse en se disant qu’un jour peut-être ils lui serviront.

(8)

Ecrire

Et je continue d’écrire, écrire encore et toujours…

Ecrire pour ne pas dormir, écrire pour se sentir bien, pour voler dans les airs frais de l’hiver horrible et glacial qui s’installe peu à peu parmi nous.

Je suis née en cette saison, qui enterre l’été pour annoncer l’hiver… Elle rend triste et maussade tous ceux qui la rencontrent. La vie est ainsi faite.

La folie fait peur aux gens mais eux, par leurs actes et leurs pensées cachées, y contribuent. Qui s’attend à la folie ? Certains l’atteignent à un point qu’ils ne réalisent pas. Je pense trop pour écrire quelque chose de vraisemblable. Peut-être que quelques vers maudits des Fleurs du mal ont emporté tous mes sens ou renversé ma folie pour que je reste désormais insensible à tout.

Quelle horreur. J’ai peur. De ne plus être aussi sûre qu’avant. Moins sûre de ce que je fais. Je deviens trop inconsciente. Le sommeil vient de prendre une petite place dans une jungle incommensurable de pensées.

Peur de ne plus être à la hauteur de ceux qui m’entourent. Je disparais, je deviens translucide, peu à peu. Il faudrait seulement que je m’évade de ce monde trop bien réglé, modelé depuis trop longtemps, pour pouvoir satisfaire quelques désirs.

Une nouvelle créature a succombé à la tentation de connaître le mysticisme et le danger. Elle doit se perdre dans la confusion de ses pensées. Je danse sur un fil doré.

*

* *

Ne pas laisser s’installer d’ordre, écrire n’importe quoi n’importe quand. Je me vide l’âme en remplissant ces pages, je me cherche dans les mots sans jamais me trouver, je rêve de chansons jamais imaginées. De toucher quelques cœurs, leur faire sentir la vie, je veux m’offrir, donner sans penser à rien, ne plus souffrir, faire comme si de rien n’était. Retourner dans l’innocence de mes dix-sept ans, quand on n’est pas sérieux, quand on a tout le temps.

*

* *

C’est quand le besoin d’écrire se fait urgent que les « outils de travail » disparaissent, les petites habitudes ne sont plus là, elles se sont dérobées pour se montrer à quelqu’un d’autre.

(9)

Un nouveau trombone, une nouvelle histoire qui ne voudra jamais rien dire, écrire seulement quelques phrases, des mots qui se baladent sur un morceau de papier sensé représenter la logique et le raisonnement.

En bref : une page de plus de vie, la vie qui passe vite, monotone en même temps, sauf quand une présence est là pour l’agiter un peu. Oui, il faut m’agiter car je ne sais plus rien faire, je voudrais sortir de Babylone. Je veux aimer, faire mal s’il le faut.

Un grand vide s’installe quand on perd l’amour, il faut le retrouver même si on doit en souffrir. « Si l’amour est un dilemme c’est aussi pour ça qu’on l’aime ».

Pourquoi ne pas se mettre ensemble pour sortir de la solitude ?

La solitude n’est pas le bon terme, plutôt le manque d’amour en soi. Aimer c’est un besoin qu’on a tous, il ne s’agit pas d’aimer nécessairement une personne ; on peut aimer une idole, un livre, une musique…

Ma compagne de chambre devient folle et délire sur sa besogne enfin accomplie, mais qu’elle a égaré dans l’ordre trop grand et trop régnant dans un lieu qui n’en a pas l’habitude…

Après cette brève interruption lyrique, qui fût bien agréable pour mon esprit, je suis obligée de retourner à la monotonie réelle de la vie, je dois dormir pour me réveiller demain avec une tête de monstre fatigué, incapable de travailler car usée…

Usée de quoi ? Je ne sais pas…

Mystique…

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À fleur de peau

Les mots appellent la main Qui prend la plume Comme un stimulus électrique

La main écrit Guidée par l’âme Qui tente de donner sens

Aux mots.

Trouver un rythme, une mélodie Jouer sur la sensualité des sons,

Donner la bonne émotion L’esprit se détend, car la main

Caresse le papier.

L’âme éternelle laisse sa trace Dans le flot de l’humanité Grâce au corps éphémère Elle lui donne un sens, Une durée, ou une éternité Comme une pulsion un besoin

La plume guidée par l’âme

La main noircit d’atemporelles pages blanches

De signes signifiants De simples lignes deviennent

Des mondes enchantés Une larme au coin de l’œil Un blues qui frappe en plein cœur

Des milliards de mots Autant d’émotions

A fleur de peau

Uniques, extraordinaires, originales Par le besoin subit d’une âme

A vouloir s’exprimer Différemment, les mots peuvent Bouleverser des milliers de cœurs

La création tient du divin Le but inavoué de toucher A l’œuvre du grand créateur L’éternelle satisfaction de produire D’innover fait s’élever les consciences

Des plus audacieux

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Légèreté

Je sème les émotions D’une douce attention Je ne crains pas les réactions

Je cherche les sensations En oubliant la prudence Je flirte avec les errances Palliant à toutes les carences

Tenir le tout en cadence Dans la nuit qui m’inspire Sur des lignes qui respirent Mon cœur s’évade et chavire

De l’enchantement d’écrire

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Espoir

Je choisis la couleur bleue Comme fond de thématique

Une formule magique Qui me rapproche des cieux

Ecrire sans réfléchir Comme l’oiseau qui bat des ailes

Ne pas s’arrêter Surtout ne pas penser

Rester spontané Instantané Se laisser hypnotiser Par la main caressant le papier

S’oublier

Ecrire pour créer des mirages S’inventer des voyages Se rappeler des visages Le principe de la liberté Se déroule dans des nuages éclatés

Atteindre de nouveaux rivages Par le clivage du cerveau Etre plus qu’un bouquet d’émotions Parfumé de rires et de belles sensations

Se laisser partir en fumée Ne pas s’arrêter

Avancer Tomber Et toujours

Se relever

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Mon élixir

Brûlée par un désir ardent de vie J’explore l’échappatoire D’une éventuelle calcination Giflée par certains bouts de ma mémoire

Rythmés d’une inconstante passion Mon seul trésor

Celui d’écrire C’est pas de l’or Mais ça me chavire Ecrire c’est mon décor

Mon élixir

J’aimerais quand on me lit Que les âmes s’enivrent

J’aime lorsque j’écris En faire un art de vivre

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Mon cognac

Comme une obsession Les mots me grattent Avec toute mon attention

Je les flatte Ce sont les illusions

Que l’on écarte Les occasions que l’on rate

J’ai comme l’impression D’être à côté de la plaque

Toujours décalée Plus ou moins en vrac

Un peu déjantée Les mots sont mon cognac

Contre la solitude Qui parfois nous attriste On plonge dans une béatitude

On cherche des pistes Le sens je le trouve Dans des rimes absurdes

Je souhaite être la louve Des âmes éperdues Qu’avec ces mots on éprouve Des choses que l’on croyait perdues

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Mots de beuveries Mots de conneries Mais mots de vie

Mots d’évasion Mots d’évasion Mur de glaçon Face aux cœurs fermés Comment ne pas pleurer

Mots de griserie Mots de raillerie A toute la galaxie Qui se perd dans l’illusion Qui dans l’erreur se morfond

Mots de colère Maux poussière Mots de lumière Sur ma pauvre condition

Sans amour à quoi bon Je cherche l’évasion Dans mes mots de chiffons

*

* *

La plume est guidée par quelques vapeurs d’alcool mêlées aux fumées illicites Elle s’excite sensuellement et salit toujours

La feuille blanche Envie de prendre la fuite dans

des rêves de mots Mais lorsqu’elle s’active elle bute

Pour trouver les bons échos Cette envie de créer une révolution

Disparaît derrière la violence faite Pour trouver la bonne expression Les mêmes pensées se répètent

Inlassablement Jouer avec les émotions

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Inspiration

La musique peut guider l’écriture L’alcool aidant

Créer quelques vers transcendants Toujours plein de fioritures dans la tête

Enivrant

Mais quand l’heure vient de les graver La plume se dirige vers d’autres contrées

Troublant

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Ma routine c’est la fumée d’herbe Où viennent germer les mots

A défaut du boulot ! J’adoucis les tendances acerbes

D’une vie parfois monotone Je me dessine des gerbes

De plaisirs enfumés Je décore les jours de rêve Pour que les existences détonnent

Je bois avec délice la sève D’une imagination égarée Pour en croquer l’esquisse D’une sincérité spontanée Proposer au lecteur complice

Une évasion instantanée

*

* *

Le regard perdu dans les volutes de fumées enlacées A l’ambiance d’un bar aux canapés

Usés par les désirs furtifs de soirs enivrés Elle était là installée insolemment

Objet de regards interrogateurs Elle les ignore nonchalamment Loin de la musique saccadée

Qu’elle ne croisera jamais

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Elle rêve de l’inconnu Elle se berce des phrases

De ses auteurs fétiches Des mots gri-gri qui résonnent

Dans sa tête Une autre fête

Dans la fête

Ces mots-là sont comme des caresses Jamais ils ne la délaissent

*

* * Dois-je m’en vouloir De donner sans recevoir

Je danse sur un fil Pour être moins fragile

Cascade de mots vins Reflets du quotidien

Oublions les sens Explorons notre cœur

Mots coupables D’être libérés Par une âme torturée

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Feu follet

Corps incandescent de pensées Ame brûlante de gestes

Mon moi me guette Mon autre s’entête La raison m’appelle Défiant ma passion Mais mon cœur ce rebelle

Rythme mes décisions Je refuse le hasard Je fais confiance aux signes J’invente de belles histoires

L’amour je le dessine Sous une plume spontanée

Où valsent mes idées

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Les mots se fixent Pour ne pas penser

Ecrire pour rêver Pour éviter les rixes En se rendant prolixe Pour s’isoler du monde Pour une humeur féconde

En se plongeant dedans Rêvant de l’insouciance Que j’ai perdu depuis l’enfance

J’ai envie de douceur Je la cherche dans des odeurs

De barbapapa De fantômes chinois Ecrire pour s’évader Dans une solitude Qui devient latitude Universelle dans les yeux Qui liront cette béatitude

Pour ne pas oublier Notre futilité Pour se remémorer Que l’on aime exister

Références

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