Marion Pecquereau
Mes premières
chèvres
J’adopte
Le guide pour les accueillir dans mon jardin
Introduction 6
Bien choisir ses premières chèvres 9
LA règle : toujours par deux !
10
Prendre un couple de chèvres
11
Quelles chèvres choisir ?
13
Des chèvres ou des boucs ?
20
Où acheter ses chèvres ?
22
Bien accueillir ses chèvres 25
Les obligations légales
26
Les chèvres, un animal pour les enfants ?
28
De quel espace ont-elles besoin ?
29
Cohabitation avec des poules, des moutons et autres animaux
30
Une bonne clôture, un indispensable
32
Un endroit où dormir
34
Occuper ses chèvres
36
Bien nourrir ses chèvres 39
La base : de l’eau, de l’herbe et du foin
40
Les céréales
46
Les minéraux
47
Quand votre chèvre vieillit
48
Méfiance sur les tendances !
48
Les gourmandises
50
Quelles sont les plantes toxiques ?
51
Bien soigner ses chèvres 57
Votre chèvre est-elle en bonne santé ?
58
Quelques maladies
61
Des parasites externes…
62
… et des parasites internes !
63
De beaux onglons en bonne santé
67
De belles dents
68
Quelques signes d’alerte avant-coureurs
68
Le comportement 73
Le comportement normal
74
Les erreurs à ne pas commettre
76
Les premiers jours à la maison
79
Comment développer une relation ?
81
Dresser ses chèvres
82
Promener ses chèvres
87
Pour aller plus loin 89
Laisser ses chèvres pour partir en vacances
90
Les prédateurs
91
Une chèvre dans la maison
92
Conclusion 94
Lexique 95
SOMMAIRE
Bien choisir ses premières
chèvres
10 Bien choisir ses premières chèvres
C
e chapitre a pour but de vous donner les premiers conseils qu’il faut avoir bien à l’esprit afin de commencer en confiance cette folle aventure qu’est l’adoption de chèvres. Le choix de vos premiers animaux est important. En effet en choisissant bien, vous éviterez un tas de problèmes. Des animaux qui correspondent à ce que vous cherchez, qui sont bien dans leurs pattes et en bonne santé seront une garantie pour démarrer sur de bonnes bases.LA règle : toujours par deux !
Peu de gens le savent, mais c’est une condition indispensable pour adopter des chèvres ! Malheureusement, il s’agit de l’une des erreurs les plus fréquemment com- mises et qui va porter le plus atteinte au bien-être de la chèvre sur le long terme ! Trop peu de vendeurs le signalent pendant la vente des chevreaux, soit par ignorance, soit par malhonnêteté, afin de vendre une chèvre à des personnes qui n’ont l’espace que pour une ou qui n’ont simplement pas envie d’en prendre davantage.
Un instinct de troupeau
Les chèvres ont un instinct de troupeau très développ. On dit qu’elles sont grégaires. Elles ont besoin d’être avec au moins un animal de leur espèce. L’absence d’un congénère va engendrer plusieurs problèmes de com- portement qui peuvent devenir très vite gênants. Une chèvre seule risque de bêler en quasi-permanence pour exprimer son mal-être et d’assimiler l’homme à un congé- nère, ce qui conduit à terme à des compor- tements indésirables.
Les troubles du comportement
La chèvre pourrait ainsi donner des coups de cornes dans les jambes ou les bras. De tels comportements risquent de vite devenir problématiques, surtout avec des enfants.
Il arrive que l’animal présente des stéréoty- pies : ce sont des comportements répétitifs produits sans but, résultat soit d’une frus- tration, soit d’une situation stressante ou encore d’un dysfonctionnement cérébral, et qui sont connus pour être un vrai signe de mal-être. Les stéréotypies s’expriment par des balancements du corps, des jeux avec la langue, des déambulations en boucle…
D’autres animaux peuvent être une source de distraction pour vos chèvres (nous en reparlerons dans la partie sur la cohabitation
Bien choisir ses premières chèvres 11 avec les poules, les moutons, les che-
vaux… p. 30), mais ceux-ci ne remplace- ront jamais un animal de leur espèce et ne seront donc en aucun cas un recours pour ne prendre qu’un seul ami à cornes !
Vous ne comblerez pas sa solitude
Certaines personnes pensent qu’en passant beaucoup de temps avec leur seule et unique chèvre, ils combleront le vide causé par l’ab- sence d’un congénère. Malheureusement, ce n’est pas une solution à long terme : lorsque vous vous absentez, la chèvre va bêler pour vous appeler. Cette situation peut devenir compliquée au point que certaines per- sonnes n’osent plus sortir dans leur jardin ou ouvrir une porte afin d’éviter un concert de bêlements. Il n’est pas rare de voir des gens revendre leurs chèvres, car les voisins, ou eux-mêmes, n’en peuvent plus de ces cris à longueur de journée. On verra dans la par- tie sur le comportement des chèvres (p. 74) qu’il est très important de bien les éduquer pour ne pas devenir à son tour… chèvre !
Prendre un couple de chèvres
Une fausse bonne idée
L’idée est parfois tentante de prendre un bouc entier et une femelle pour les laisser faire une portée et avoir des chevreaux chez soi. Malheureusement, l’expérience ne se passe souvent pas comme prévu et cela risque vite de finir en catastrophe. Il y a plusieurs raisons qui font que cette situa- tion est à déconseiller. Sachez déjà que les femelles n’ont pas besoin d’avoir des che- vreaux pour se sentir bien ; elles ne seront pas « tristes » de ne jamais être mères.
Les boucs non castrés ne sont pas souvent adaptés à une vie d’animal de compagnie.
Un bouc n’est pas fait pour vivre avec une seule femelle. En effet, il peut saillir facile- ment une quarantaine de chèvres en sai- son de reproduction. Avec une seule chèvre, il sera frustré et ne saurait rester avec la femelle uniquement pour la saillie. En étant avec elle en permanence, il risque de har- celer la femelle et, parfois, de s’en prendre à elle par frustration.
Plus compliqué et risqué : lorsque votre chèvre sera gestante, il faudra castrer votre bouc adulte. De plus, une fois castré, celui-ci risque de garder certains comportements de bouc entier pas toujours très glamours : par exemple, lorsque le bouc veut séduire une femelle, il va s’uriner dans la barbe.
Vous penserez peut-être que trouver une nouvelle famille pour lui serait mieux. Placer un bouc entier est pourtant très compli- qué : les élevages professionnels cherchent et réservent leurs boucs souvent avant la
Bien accueillir
ses chèvres
26 Bien accueillir ses chèvres
C
e chapitre est un peu plus théorique, mais il est très utile de savoir à quoi nous sommes tenus en tant que détenteur de chèvres. Il semble facile d’obtenir ses premières chèvres : vous tombez sur une annonce sur Internet et, le soir même, vous revenez avec 2 chèvres dans votre voiture ! Mais est-ce aussi facile ? Eh bien, non ! Que vous ayez une seule chèvre… enfin, non, deux chèvres (car on n’oublie pas LA règle essentielle) ou un élevage de 200, vous devez respecter quelques règles incontournables.Les obligations légales
Tout propriétaire doit être à l’Établissement départemental de l’élevage (EDE). En vous déclarant, vous recevrez un numéro de chep- tel unique. En plus de ce numéro de cheptel, tout animal qui entre ou sort de chez vous doit être identifié par 2 boucles auriculaires (exception faite dans certaines régions qui exigent une boucle auriculaire et un brace- let de paturon qui se met à la patte). Enfin, chaque déplacement de caprins doit être accompagné d’un document de circulation fait en 3 exemplaires, un pour le vendeur, un pour l’acheteur et un dernier pour l’EDE.
Éleveur déclaré et dossier en règle
Pour être en ordre, vous devez acheter des animaux uniquement, à un éleveur ou à un particulier déclaré, qui sont identi- fiés sur la boucle auriculaire à chacune des oreilles de la chèvre et avec un document de circulation !
Vous devrez également constituer un dossier avec votre recensement annuel : l’ensemble des documents de circulation et adminis- tratifs, des traitements médicamenteux et des interventions du vétérinaire.
Une fois que vous serez vous-même déclaré auprès de l’EDE, vous devrez payer une coti- sation annuelle d’une vingtaine d’euros.
Des obligations
Toutes ces obligations ont pour but notam- ment de surveiller certaines maladies en France. Pour assurer ce suivi, il faut choi- sir un vétérinaire sanitaire auprès de la Direction départementale de la Cohésion sociale et de la Protection des populations (DDPP) de votre région. C’est ce vétérinaire qui vous accompagnera et réalisera les tests nécessaires pour les mesures de dépistage, de surveillance et de lutte contre les diffé- rentes maladies.
Bien accueillir ses chèvres 27 Lorsque vous achetez des chèvres pour la
première fois, vous devez obtenir le sta- tut « officiellement indemne de brucellose » grâce à un certificat délivré par la DDPP de la région d’origine des animaux. Pour garder ce statut, vous devrez effectuer une prophy- laxie (des prises de sang sur les chèvres tous les 5 ans). Il existe néanmoins une déroga- tion pour les détenteurs de moins de 5 ani- maux qui ne sortent pas du troupeau.
Si les animaux que vous avez achetés ne sont pas en ordre (élevage non déclaré, ou bien chèvre sans identification ou sans docu- ment de circulation), vous devez contacter l’EDE afin de régulariser votre situation, et faire faire des prises de sang à vos animaux
pour vous assurer qu’ils sont indemnes de brucellose.
Pour tout renseignement concernant les maladies et le suivi sanitaire, vous pouvez contacter la DDPP. Toutes les coordonnées, en fonction du département où vous habi- tez, sont accessibles sur ce site (flashez le QR code en haut de page).
Pour tout renseignement concernant la déclaration de l’élevage et son identifica- tion, vous pouvez contacter l’Établisse- ment départemental de l’élevage (EDE).
Chaque département ayant son propre EDE, il vous faudra donc trouver les bonnes coordonnées.
DDPP POUR ALLER PLUS L
OIN
RENSEIGNEMENTS
J’ado pt e
Bien accueillir ses premières chèvres sur son terrain, veiller à leur bien-être quotidien, détecter les maladies pour mieux les prévenir et les soigner : autant d’astuces, d’idées et de soins pour adopter ses chèvres dans les meilleures conditions et apporter joie et bonne humeur chaque jour !
Cet ouvrage vous guide dans toutes les étapes pour acquérir vos premières chèvres et réussir avec brio leur installation sur votre terrain.
Marion Pecquereau a passé sa vie dans une ferme d’un petit village belge, entourée d’animaux, ce qui l’a naturellement conduite vers des études de médecine vétérinaire. Elle a également
développé une véritable passion pour ces mignonnes petites bêtes que sont les chèvres et en a monté un élevage.
Retrouvez-la sur son compte Instagram : @les_chevres_delpre.
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MDS : RU18877