Comme toutes relations, elles sont à 2 versants, négatif et positif
I. Aspects négatifsde la Relation Homme/Champignons
Les champignons peuvent avoir un rôle néfaste et délétère direct sur l'homme en entraînant : - Les mycétismes,
- Les mycotoxicoses, - Et les mycoses.
Ils peuvent aussi avoir une action néfaste indirecte sur la santé humaine lorsqu'ils induisent : - Des maladies des végétaux consommés par l'homme ou l’animal
- Ou par des biodétériorations.
Effets directs :
A. Mycétismes
Les mycétismes sont des intoxications alimentaires provoquées par l'ingestion de sporophores de macromycètes toxiques (communément appelés champignons).
Ainsi, 1 200 à 1 600 cas d'intoxication sont déclarés chaque année dans les CAPTV dont 30 cas très grave et 3 cas mortels en moyenne.
93% des cas : champignons provenant de cueillettes.
L’intoxication peut être due à une mauvaise identification ou mauvaise connaissance, à une confusion d’espèces et souvent dans un contexte familial ou festif, elles peuvent donc toucher plusieurs personnes, défaut de cuisson, consommation de façon trop importante, sensibilité individuelle.
Une 100aine d'espèces sont réellement toxiques, et 10 à 20 espèces sont susceptibles d'être mortelles selon les quantités ingérées.
Le problème est que certaines sont très fréquentes dans l'environnement de l'homme (Amanite phalloïde ou Amanite tue mouche).
Les intoxications sont classées en 2 groupes de syndromes (ensemble de symptômes, de signes cliniques) en fonction de la durée d'incubation (temps d’apparition du 1er symptôme)
Sachant que plus la durée est importante, plus le syndrome est grave :
▪ Syndromes PRÉCOCES
→ Durée d'incubation courte → < 6h :
ils sont caractérisés par des troubles fonctionnels, et ils sont généralement bénins, le pronostic est bon
▪ Syndromes TARDIFS
→ Durée d'incubation longue → 6 à 14h :
elles se traduisent par des troubles fonctionnels et organiques (les cellules des organes seront attaquées → insuffisance organique)
ce sont des intoxications bien plus graves et parfois mortelles.
Champignons et Santé Humaine
▪ Nouveaux syndromes
→ Ils sont apparus récemment (depuis quelques années, une vingtaine d’année) encore mal connus donc n'étant pas encore classés.
Une quinzaine de syndrome ont été décrits dans les mycétismes.
1) Le Syndrome PSILOCYBIEN
Les syndromes psilocybiens sont des intoxications assez rares mais le plus souvent VOLONTAIRES car utilisés dans lors d’un usage récréatif.
→ Ils sont dus à des champignons que l’on appelle psylocibes mais d’autres espèces que les psylocibes peuvent être à l’origine de ce syndrome
a) Contexte Historique :
• Au XVIème et au XVIIème siècle, lors de la colonisation de l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud, les colons ont découvert que les populations locales consommaient des champignons hallucinogènes (Psilocybemexicana) lors de cérémonies rituelles (cérémonie chamanique)
• Ces pratiques ont été interdites par les catholique, pratiquées secrètement jusqu’au XXème siècle
• Dans les années 50, on a redécouvert les champignons hallucinogènes en Amérique. On a alors pu identifier et synthétiser par des chimistes la Psilocybine.
• Dans les années 70, la consommation se répand dans le contexte de la toxicomanie, pour l'activité psychodysleptique : « magic mushroom ».
• Au XXème siècle, on recense plus de 150 espèces de champignons hallucinogènes dont environ 100 Psilocybes, qui peuvent être consommés frais ou séchés (permet d’en faire le commerce).
b) La Toxine : PSILOCYBINE
Il s'agit d'une molécule :- Hydrosoluble et thermostable (même séchés, les champignons hallucinogènes sont actifs), métabolite secondaire - Déphosphorylée en psilocine in vivo, dont la structure est proche de la sérotonine,
- Active sur le système sérotoninergique en tant qu'agoniste.
c) Les Manifestations Cliniques :
Les signes cliniques (pour une 20aine de champignons) apparaissent en 30 min à 1h : syndrome précoce.
- Une hyperesthésie visuelle, auditive, tactile, c'est-à-dire des sensibilités exagérées conduisant à des hallucinations (effets recherchés),
- Des troubles de la pensée, humeur et sentiments peuvent aller dans les 2 sens (euphorie ou anxiété, panique) - Ces symptômes durent environ de 3 à 6h après l'ingestion et ont une évolution favorable en 6 à 12h.
En cas de consommation excessive, ces champignons hallucinogènes entraînent - des troubles cardiovasculaires,
- infarctus du myocarde - des convulsions, - un coma
- chez des personnes plus fragiles, des troubles mentaux
La consommation est parfois régulière → toxicomanie.
d) Les traitements:
Le repos,Une prise en charge psychiatrique si nécessaire,
L'administration d'anxiolytiques pour contre balancer les troubles de l'humeur.
e) Stupéfiants et Psychotropes
Arrêté ministériel du 22 février 1990. Annexe III et IV
Liste des substances classées comme stupéfiantes : psilocine, psilocybine, leurs isomères, leurs sels
et les préparations en contenant Liste des produits psychotropes :
→ Les champignons hallucinogènes : psylocibes
Le plus courant (et donc le plus consommé) en France et en Europe est le psylocibe lancéolé. Ils poussent en groupe dans les prés et prairies, en montagne. Ce sont des espèces saprotrophes
2) Le Syndrome COPRINIEN
Les syndromes copriniens sont des intoxications involontaires dues à la consommation d'un champignon commun, le Coprin noir d'encre, associée à une consommation d'alcool. Il fait apparaître un effet d’intolérance à l’alcool ou effet antabuse.
Le coprin noir d’encre pousse en touffe sur les pelouses ou parc. Le sporophore est très éphémère, il devient déliquescent et noir (d’où le nom).
C’est une espèce saprotrophe.
La toxine est un métabolite secondaire, appelée Coprine,
In vivo : Elle est hydrolysée après ingestion et elle bloque la métabolisation de l'alcool par le foie, par l’inhibition d'une enzyme hépatique qui permet de métaboliser l'alcool.
→ On a alors une accumulation de l'acétaldéhyde dans le sang.
Le délai est court, de 30 min à 2h, c'est donc un syndrome précoce.
Signes cliniques → signe de l’ivresse : - Bouffées de chaleur,
- Rougeurs du visage et du cou, - Tachycardie, hypotension,
- Nausées, vomissements, maux de tête, - Vasodilatation périphérique généralisée.
Il n’existe pas d’antidote. Le traitement est symptomatique, en particulier une réhydratation. Ces signes disparaissent en quelques heures, mais il ne faut pas consommer d'alcool pendant 3 à 5 jours, sinon les signes réapparaissent.
3) Le Syndrome RÉSINOÏDIEN
Les syndromes résinoïdiens sont des intoxications involontaires dues à des confusions entre des espèces toxiques et des espèces comestibles.
→C’est le syndrome le plus fréquent, de très nombreuses espèces en sont à l’origine. Les toxines sont souvent inconnues.
Il s'agit d’un syndrome à délai d'incubation court.
C'est un syndrome gastro-intestinal : - nausées,
- vomissements, - diarrhées
- douleurs abdominales
→ RISQUE MAJEUR : pouvant provoquer une déshydratation surtout chez les personnes âgées et les enfants.
Ces signes durent 1 à 2 jours mais ça dépend de la personne et de la dose ingérée.
Généralement, un traitement symptomatique suffit, en effectuant un rééquilibrage hydro-éléctrique = bien faire boire la personne pour réhydrater
La sévérité est variable selon les espèces consommées, mais en général, ces intoxications sont bénignes. Elles ne sont toutefois pas à négliger chez les enfants et les personnes âgées.
Par exemple, un syndrome « léger » d'incubation de 30min à 2het donc un syndrome précoce
Elle peut résulter de la confusion des Bolets Satan avec les Cèpes de Bordeaux (400 cas avérés dans le sud- ouest). La confusion relève plus de la méconnaissance (touristes…).
4) Le Syndrome PHALLOÏDIEN
a) Description
Le syndrome phalloïdien est le syndrome TARDIF le plus fréquent et le plus grave,
→ Elle représente 90 à 95% des intoxications mortelles dues aux champignons.
À ce jour, il n'existe toujours pas d'antidote.
Ces intoxications sont involontaires, elles sont liées à des confusions avec des espèces comestibles.
La principale espèce responsable est l'Amanite Phalloïde (Amanita phalloïdes).
→ Elle est ectomycorhizienne
Cette dernière pousse surtout dans les bois de feuillus, du printemps à l'automne.
C’est donc une espèce fréquente
Elle se développe dans des espaces vastes et durant une longue période.
D’autres espèces peuvent impliquées dans un syndrome phalloïdien, des amanites mais également d’autres macromycètes venant d’autres genres.
b) Les toxines
Ces champignons contiennent de nombreuses toxines, mais les toxines responsables du syndrome phalloïdien sont des métabolites secondaires, les amanitines en particulier l’α-amanitine
Ces molécules sont des octapeptides (8 AA) cycliques, et de ce fait, elles sont extrêmement résistantes : - À la chaleur = thermostable (même cuits, les champignons restent toxiques),
- À la dessiccation (même séchés, ils sont toxiques),
- Aux sucs digestifs (ils ne seront pas hydrolysés au niveau digestif).
Ces toxines inhibent l'ARN polymérase II,
→ D’où une inhibition de la synthèse protéique qui conduit à une lyse cellulaire Elles subissent un cycle entéro-hépatique, donc leurs cibles sont
➢ essentiellement les cellules intestinales et hépatiques,
➢ et à moindre degré, les cellules rénales car l’élimination est surtout urinaire et la forme est inchangée La dose létale est de 0,1mg/kg, donc un chapeau suffit !
c) Manifestation clinique et prise en charge
Le tableau clinique, en 4 phases, s'inscrit sur une longue durée car ce syndrome fait partie des syndromes tardifs, à longue durée d'incubation.
Il dépend des personnes et des doses ingérées, mais en général, il se traduit par : -
J0
: phase d'incubation silencieuse, de 10 à 12h en moyenne,-
J1
: syndrome digestif très sévère caractérisé par une gastro-entérite aiguë :→ des vomissements,
→ des douleurs abdominales,
→ une diarrhée cholériforme (semblables à celles du choléra et abondantes),
→ une déshydratation
-
J2
: rémission clinique apparente « trompeuse », mais en réalité, début de l'atteinte hépatique-
J6 à J10
: Hépatite cytolytique GRAVE, pouvant entrainer le décès dans un contexte d’insuffisance rénale organique aigue.Il n'existe pas d'antidote
, mais le traitement se distingue en plusieurs étapes par un traitement symptomatique : Il faut une :- Compensation des pertes hydro-électrolytiques (urgence hospitalière), avec une réhydratation massive
- Élimination des toxines : Épuration digestive (s’il n’y a pas eu trop de vomissement, avec du charbon actif ? encore discuté) pour tenter d'éliminer les toxines, il faut donc respecter les diarrhées
- Traitement spécifique : chimiothérapie hépato-protectrice (pour protéger le foie). *La chimiothérapie hépatoprotectrice combine silibinine (molécule présente dans les graines du Chardon marie, famille des Asteraceae), et N-acétylcystéine.
- Il faut une surveillance clinico-biologique : mesures de soutien générales - Éventuellement dialyse rénale
- Envisager une transplantation hépatique d'urgence en dernier recours.
La prise en charge s'est aujourd'hui améliorée et plus on commence à agir tôt, meilleur sera le pronostic.
→ Ainsi, la mortalité n'est plus que de 15%.
Les personnes qui y survivent gardent des séquelles irréversibles notamment au niveau du rein.
5) Le Syndrome MYOPATHIQUE ou RHABDOMYOLYTIQUE
2000 : 12 cas dont 3 décès dans le Bassin d'Arcachon.
2001 :1 cas en Pologne.
2009 : 2 cas dont 1 décès en Aquitaine.
Le syndrome myopathique, ou rhabdomyolytique, est une intoxication due à une consommation importante et répétée d’une espèce appelée Tricholome équestre, également appelé « Bidaou ».
Ce champignon est consommé depuis très longtemps et était donc considéré comme comestible.
Les patients souffrent de : myalgies (au niveau des membres inférieurs) Asthénie (les patients sont très fatigués)
et au niveau biologique on a des signes de rhabdomyolyse (= destruction de cellules musculaires) Le traitement est symptomatique mais le décès peut survenir dans le cas d'insuffisance cardiaque réfractaire au traitement.
La toxine est à ce jour inconnue.
Depuis 2005 la vente (import/export) ou le don de champignons (espèces et sous espèces : correspondant à plusieurs espèces différentes) sont interdites par un décret. Les cas encore rencontrés viennent de la persistance des gens à vouloir manger ces champignons.
B. Mycotoxicoses
Les mycotoxicoses sont des intoxications alimentaires provoquées par l'ingestion d'aliments contaminés contenant des toxines produites par des micromycètes filamenteux, on parle de mycotoxines (→ exotoxines).
1) Contexte Historiques
Ces intoxications sont connues depuis très longtemps.
En effet, au Moyen-Âge, 40 000 personnes sont mortes par ingestion de farines provenant de grains de blés parasités par Claviceps purpurea (un Ascomycota)= ERGOT DE SEIGLE, qui est un producteur d'alcaloïdes vasoconstricteurs.
On parle de « feu de St Antoine » ou du « mal des ardents », « danse de saint-Guy » (à titre indicatif : hallucinations, sensations de brulure, membre gangréné qui finit par tomber)
Au XXème s (1960) : épidémie dans un élevage industriel de dindes en Grande-Bretagne, ces intoxications se rencontrent plutôt chez les animaux (dans les élevages industriels).
Décès de 100 000 dindons par atteinte hépatique aigüe suite à l’ingestion de farine d’arachide contaminée par Aspergillus flavus (micromycète, Ascomycota) en provenance du Brésil.
Ce n’est qu’au XXème siècle que les toxines de l’ergot de seigle ont été identifiées: ce sont des alcaloïdes dérivés de l’acide lysergique. NB. Le LSD, psychotrope hallucinogène, est un dérivé hémi-synthétique de l’acide lysergique.
Les épidémies et intoxications aigues sont rares chez l'homme.
En effet, il y a eu une amélioration des méthodes de préservation des aliments et la mise en place de contrôles des taux de mycotoxines.
Certaines mycotoxines sont considérées comme des armes biologiques.
2) Les Espèces Productrices de Mycotoxines
Les espèces de micromycètes responsables sont très nombreuses,
Elles appartiennent essentiellement à 3 genres de micromycètes filamenteux Ascomycota:
- Aspergillus, - Penicillium, - Fusarium.
Une même espèce peut produire plusieurs mycotoxines et une même toxine peut être produite par différentes espèces.
Toutes les souches d’une même espèce ne sont pas toxinogènes (ne généreront pas de toxines).
3) Les Mycotoxines
Ce sont des métabolites secondaires de faible poids moléculaire et généralement thermostables Elles appartiennent à diverses classes chimiques (cyclopeptides, terpènes…)
Les effets toxicologiques sont variés, il y aura différentes cibles au niveau de notre organismes : - foie = activité hépatotoxique,
- rein = néphrotoxique, - cerveau = neurotoxique, - cancérogène,
- thermo-nécrosante.
Leur effet peut être synergique.
Chaque mycotoxine est produite dans des conditions particulières - de température,
- d’humidité - et de substrat
A chaque molécule correspond un environnement, elles sont excrétées dans le milieu extérieur (on parle donc d’exotoxines).
4) Lieu de Production des Mycotoxines
- Elles peuvent être produites très en amont : « au champ », si les conditions climatiques sont favorables,
- Ou plus tard : Silos, entrepôts de stockage, de conservation en fonction du taux initial de contamination, de la température, de l’humidité, de l’aération, et d’une éventuelle rupture de la chaine du froid. Il y a pleins de paramètres qui interviennent, on va donc jouer sur ces paramètres pour éviter que les mycotoxines ne soient produites.
- Ou bien dans les 2 cas.
5) La Prévention
Elle repose sur : des bonnes pratiques de récolte, de stockage et de conservation, et de fabrication
6) Les Substrats Contaminés
Elle peut survenir sur :
- Les grains de céréales et d'oléagineux (ex : arachides) - Les fourrages (foin, paille)→lait, viande
- Les légumes et les fruits (pomme, banane, raisin) - Les grains de café et le cacao
Et on peut retrouver des mycotoxines tout le long de la chaine alimentaire.
7) Les Aflatoxines :
C’est le groupe le plus dangereux : 25% des cultures alimentaires
La principale espèce productrice est l’Aspergillus flavus (flavus couleur jaune), ce n’est peut-être pas la seule.
Les principaux substrats sont : les céréales,
Les graines oléagineuses (arachides, coton, soja) → tourteaux = résidus de céréales utilisés pour l’alimentation du bétail
noix, fruits secs, épices lait et produits dérivés
La contamination se fait majoritairement au cours du stockage des denrées (champ aussi mais moins), dans les zones à climat subtropical tempéré ou lors des saisons très chaudes et très sèches.
L’aflatoxine B1 est à la longue hépatotoxique, génotoxique et cancérogène. L’organe cible est le foie.
→Le plus redoutée est la toxicité chronique de cette molécule
Les dérivés aussi peuvent être contaminés
Exposé de façon répétée et à faible de doses aux aflatoxines B1 et aflatoxine de manière générale, cela favorise le développement au fil du temps d’un hépatocarcinome (cancer primitif du foie).
Ils posent des gros problèmes de santé publique, surtout en Afrique avec des pertes financières. Les facteurs favorisants sont le climat et les mauvaises techniques de stockage
Il existe une réglementation européenne (en France aussi) qui fixe les teneurs maximales en aflatoxines pour les différentes aflatoxines dans l’alimentation humaine et animale (les seuils ne sont pas les mêmes).
En France des dosages sont effectuées au moment de l’importation des denrées alimentaires et sur les marchés.
C’est sans doute le groupe le plus réglementé.
C. Mycoses
Les mycoses sont des maladies provoquées par des micromycètes qui se développent en parasite chez un hôte. Elles peuvent survenir chez l’homme ou chez l’animal.
La science qui étudie les mycoses chez l'homme est appelée mycologie médicale.
Les dermaptophytes sont des micromycètes filamenteux kératinophiles responsables de mycoses très généralement superficielles (au niveau de la peau et des phanères).
On comprend aussi les mycoses allergiques, le champignon ne se développe comme parasite pas mais on a une réaction immunologique contre les spores.
Le nom de la maladie est formé en général du nom de genre du champignon, suivi du suffixe « OSE »,
Par exemple :
- Candida→ candidoses, - Aspergillus → aspergilloses
- Dermatophytes → dermatophytoses
1) Répartition géographique des mycoses et de leurs agents
La plupart des mycoses sont cosmopolites (dans le monde entier)
→ Candidoses, aspergilloses, dermatophytoses...
Certaines ont une répartition large :
→ Toutes les régions tropicales et subtropicales du globe D'autres sont endémiques (spécifiques) de certaines régions.
2) Les Espèces Responsables
Elles sont environ au nombre de 400 espèces.
Il s'agit de levures (essentiellement Candida) et de micromycètes filamenteux qui peuvent être : - Des parasites anthropophiles, (elles ne peuvent vivre qu’en parasites sur l’homme)
- Des parasites zoophiles,
- Des commensales (comme Candida albicans), - Des saprotrophes de l'environnement (95%
Aspergillus fumigatus)
La majorité des pathogènes sont opportunistes : dans un certain contexte, ils vont pouvoir se développer chez l'homme alors qu’au départ il n'est pas pathogène.
3) Les Facteurs Favorisants
Ils sont très nombreux et peuvent être :
• Intrinsèques : liés à l'hôte : - Les âges extrêmes de la vie
- sa pathologie sous-jacente, ex le diabète - son environnement (métier),
Par exemple, une personne immunodéprimée, qui suit une chimiothérapie en soins intensifs peut être la cible d'une espèce de champignon qui, en théorie, n'est pas pathogène.
• Extrinsèques :
- iatrogéniques,
- liés aux progrès de la médecine (ex : pose d’un cathéter).
Très souvent, tous ces facteurs sont associés chez une même personne, en fait la combinaison de ces différents facteurs favorise la survenue des mycoses.
4) La contamination
Elle peut être :
- Endogène, lorsqu'il s'agit d'espèces commensales (Candida albicans...),
- Exogène (spores, levures) par : inhalation, ingestion, contact sur microlésion, inoculation(cathéter).
5) La Classification des Mycoses
Elle est organisée en 4 groupes en fonction de la localisation des lésions : - Mycoses superficielles, assez fréquentes et souvent bénignes :
→ Teignes : cheveux
→ Épidermophyties : épiderme
→ Onyxis : ongles - Mycoses des muqueuses,
- Mycoses sous-cutanées,(plutôt dans les régions tropicales) - Mycoses profondes (organes)
Les aspects cliniques sont très variés.
Une mycose ne se transmet pas entre individus humains,
➢ SAUF les mycoses superficielles dues à des parasites anthropophiles strictes comme par exemple la teigne (dans les écoles...).
Effets indirects
D. Maladies Fongiques des Végétaux
Les maladies des plantes cultivées ont :
- Un impact sur la production agricole (en termes de qualité, quantité),
- Un coût économique et environnemental (prévention, traitement car utilisation de beaucoup d’antifongiques).
Ces pathologies ont, dans la plupart du temps, un impact négatif indirect sur l'homme, à travers l'alimentation, l'environnement ou la santé.
1. Les Espèces Responsables Ce sont des phytopathogènes:
- Des parasites obligatoires des végétaux (2% des espèces connues), de plus en plus étudiés car la France est un grand pays agrciole.
- Des saprotrophes, qui sont des parasites facultatifs, « de faiblesse » des végétaux.
Ex : Oïdium de la vigne
➔ Uniculanecator (Ascomycota) : parasite obligatoire de Vitis vinifera
D’origine américaine, est apparue en France en 1845, en 2 ans diminution par 5 de la production de vin.
Maladie de la vigne la plus répandue dans le monde.
Tous les vignobles sont atteints quelques soient les régions et les cépages.
En augmentation en France avec les changements climatiques (surtout la zone méditérannéenne).
Il existe tout un système en France : les cartes aident en termes de prévention car les agriculteurs sont avertis.
E. Biodétériorations Nuisibles
On parle de biodétériorations nuisibles lorsque les champignons saprotrophes entraînent une détérioration de substrats utiles à l'homme.
Les micromycètes peuvent se développer sur des aliments (tous les aliments peuvent être attaqués) Il y a alors : une modification des caractères organoleptiques
et une diminution de la valeur nutritionnelle des aliments.
Les champignons s'attaquent à de nombreux produits alimentaires : Céréales et dérivés, Produits laitiers, Fromages,
Viande, œufs, charcuterie, Fruits et dérivés, légumes Et boissons.
Il y a donc une grande utilisation de fongicides, en amont ou en conservation.
Les champignons, mais aussi les fongicides ont un impact négatif sur l'homme concernant son alimentation, son environnement et sa santé.
Les biodétériorations peuvent se faire sur les aliments, mais aussi dans les habitats.
Les champignons peuvent ainsi entraîner une modification des caractères de l'environnement des hommes, à l'origine d'habitats insalubres qu'il faut brûler pour éliminer les champignons. Dans certaines régions : Ouest et Nord de la France (régions froides et humides), cette espèce s’attaque au bois d’œuvre (charpente, boiserie etc..) dans les habitations mal ventilées et humides. Elle produit des enzymes qui dégradent de façon très efficace la cellulose. Le sporophore se présente sous forme de larges plaques de croissance très rapide couvertes de spores ocres. Celles-ci sont disséminées dans l’environnement et peuvent être à l’origine d’allergies.
La Mérule
, qui est un macromycète, Basidiomycota on parle de « lèpres de maisons »,Il se développe dans le nord et l’ouest de la France dans les habitats où il y a beaucoup de bois (bois d’œuvre),dans des habitats insalubres mal aérés, humides, qui deviennent encore plus insalubres.
Il se développe très rapidement (12 cm par semaine) et forme de larges plaques, couverts de spores ocres qui vont générer des allergies respiratoires. Il doit être signalé en mairie → prise en charge particulière.
Il produit des quantités phénoménales de spores (d’ou la couleur de rouille).
Il se nourrit du bois d’œuvre qu’il va détruire (charpente) grâce à des enzymes.
Les champignons ont donc un impact négatif sur l'homme en nuisant à sa santé ou à son environnement.
II. Aspects positifs de la relation Homme/champignon
Biotechnologie : « l’application des principes scientifiques et de l’ingénierie à la transformation de matériaux par de agents biologiques pour produire des biens et des services ». (OCDE = organisation de coopération et de développement économiques)
Biotechnologies rouges : appliquées au domaine de la santé.
A. Biotechnologies rouges :
1. Production par les champignons de métabolites secondaires à visée thérapeutiques Historique :
• 1928 : découverte par le Dr Alexander Flemming de la Pénicilline, molécule produite par Penicillium notatum.
1er antibiotique d’origine naturelle.
• 1942 : développement de la production de la Pénicilline (G) à l’échelle industrielle à partir d’une souche de P.chrysogenum : début des biotechnologies
• 1945 : Flemming, Florey, Chain → prix Nobel de médecine
➢ Antibiotiques - Penicilline G
- Céphalosporine C
➢ Antifongiques : griséofulvine (Penicillium griseofulvum), candines. Un antifongique utilisé dans le traitement des teignes, les candines (inhibiteurs de la biosynthèse de la paroi) utilisées dans les candidoses et les aspergilloses.
➢ Hypolipidémiants : statines à activité hypolipidémiante. Les premières statines étaient naturelles.
➢ Immunosuppresseurs : Ciclosporine A
➢ Antimigraineux, antihémorragique : Ergotamine (antimigraineux et anti hémorragique dans certains contexte)
➢ Anticancéreux : paclitaxel est produit par un champignon endophyte.
Utilisation par l’industrie pharma pour produire de nouvelles molécules « hémi-synthétiques » par voie chimique ou enzymatique → nouvelles générations
2. Utilisation de champignons comme agents de bioconversion Pour la production de molécules à visée thérapeutiques :
- pouvoir catalytique : réalisation de réactions stéréospécifiques - application : production de cortisone
3. Levures « outils » : production de protéines hétérologues (recombinantes) Saccharomyces cerevisiae :
→ Production de protéines recombinantes de vaccins :
Contre l’hépatite B / Prévention des cancers du col de l’utérus dus au Papillomavirus humain (2006)
→ Production d’insuline humaine