HYPOTHÈSE GÉNÉTIQUE UNIQUE
POUR EXPLIQUER LA PRÉSENCE D’INTERSEXUÉS,
DE MÂLES EN EXCÈS ET DE MÂLES STÉRILES
EN RACE CAPRINE SAANEN.
G. RICORDEAU, J.-J. LAUVERGNE J. BOUILLON,
A. LAJOUS,
Station rentrale de
Génétique
animale,Centre national de Recherches
zootecll 1l iques,
78 -Jouy-ert-Josas
Iiislitul national de la Recherche
agronomique
SOMMAIRE
Nous avons tout d’abord vérifié à nouveau
qu’en
race Saarzen l’absence de cornes était due àun
gène
autosomal dominant etqu’il
existait une différence de fécondité en faveur des chèvres mottesl’p par rapport aux
x hoiiiozygotes pp.
Nous avonségalement
décelé chez les mâles une influence nette mais nonsignificative
dugénotype
sur la taille desportées engendrées,
les boucs Pl’ semblant pré-senter nn avantage sur les boucs P/,’
Pour
expliquer
à la foisl’apparition
de mâles stériles et d’intersexués et le décalage du rapport des sexes dans les croisements entregéniteurs
sans cornes, nous proposons unehypothèse unique
selon
layuelle
les feilielles P1’ sont masculinisées d’une manièreplus
ou moins complète pour donner soit des intersexués, soit des animaux stérilesd’apparence
mâle classésparmi
les boucs. Ainsi legène
autosomat motte aurait, outre son effet dominant à pénétrance
complète
dans les deux sexes pour l’absence de cornes, un effet récessif de mascutinisation limité au sexe femelle. Des données recueilliespendant
t rois années dans la zone duSyndicat caprin
deS,,tiiite-(’roix-!’allée-l,’rançaise
et des résultats de testage de la stérilité des mâles permettent une vérificationstatistique
de cette hypothèse. Unexamen
caryotogique
reste nécessaire pour conclure définitivement enprécisant
le sexegénétique
des mates stérilcs.
INTRODUCTION
La
question
de l’intersexualité associée à l’absence de cornes domine lagénétique
de
l’espèce caprine
dans les pays occidentauxdepuis plus
d’unquart
de siècle. Les recherches nombreusesqui
ont été effectuées serapportent
toutes au caractèremotte
( 1 ) originaire
desAlpes, semble-t-il, qui
a diffusé un peupartout
dans le mondeavec la vogue des chèvres suisses.
Après
avoir étudiéindépendamment
l’hérédité du cornage,puis
celle del’intersexualité,
les auteurs ont admisqu’il
existait une liaisongénétique
entre les deux caractères. Unepremière hypothèse simple
ne s’étant pas révéléesuffisante,
il a fallu chercher d’autresexplications
aux écartssystématiques
dans le
rapport
des sexes.Voyons
successivementplus
en détail ces différentesétapes.
I,es travaux de Asn!r.r, et CR!w
( 1925 ),
I,usH( 192 6),
ASDELL et BucH9VA!-S
MITH
( I92 8),
montrent tout d’abord que le caractère d’absence de cornes est com-mandé par un
gène
dominant autosomal.L’intersexualité, présente
dans les racesd’origine alpine
et décritedepuis long- temps, reçoit
un débutd’interprétation génétique
avecF UNKQUIST ( I932 ), puis
avecR
’
B1’ol’> et SiMMONS
( I939 ).
Ces derniers auteurs concluentprovisoirement
que l’ano- malie est due à ungène
autosomal récessif.Cependant,
on avaitdéjà
observé que l’intersexualité existait dans les souches où l’on sélectionnait contre laprésence
decornes et, mieux encore,
qu’elle
se manifestaituniquement
sur des animaux mottes, àquelques
raresexceptions près.
UnGrande-Bretagne
et auxÉtats-Unis,
àpartir
de I94I, l’idée d’une liaison entre le déterminisme
génétique
des deuxphénomènes
s’est faite
jour
peu à peu. En 1944, AsDELi.présente l’hypothèse
selonlaquelle
l’in-tersexualité est due à un
gène
récessif situé trèsprès
dugène
dominant pour le carac- tère motte et dont l’action est limitée au sexe femelle. Cette dernière clause sembleexpliquer
ledéséquilibre
durapport
des sexes en faveur des mâles. RATON( 1945 )
pense avoir vérifié la nouvelle
hypothèse
àpartir
des donnéesprovenant
des chèvres Saanen etToggellbourg
de Beltsville.Par la
suite,
comme l’avaitsuggéré
LUSH à ASDEI,I,(Asm,r,I&dquo; Ic!46), l’hypothèse
de deux
gènes
trèsproches
sur le même chromosome a été abandonnée en faveur del’hypothèse
d’ungène unique
à effetpléiotropique,
dominant pour l’absence de cornesdans les deux sexes, récessif pour l’intersexualité dans le sexe femelle
uniquement.
I>es preuves
cytologiques
ont été fournies ultérieurement montrant que le sexegéné- tique
des animaux intersexués était bien femelle(Nrs,
ANDERSEN etS LAGSVOLD , I9
6 3
;
B!SRUR etCOUBROUGH, I964;
deGROUCHY,
LAUVERGNEetR I CO R DEAU, I9 65).
Cette dernière
hypothèse
n’estcependant
pas entièrement satisfaisante commele montre BuECm
( 1957 )
dans les races mottessuisses, puisque,
même enajoutant
lesintersexués aux
femelles,
le taux de masculinité restesupérieur
à la normale. Seloncet auteur, le
déséquilibre persistant
durapport
des sexes en faveur des mâles serait dû à uneplus grande
mortalité desembryons
femelles mottes au cours despremiers
stades de la
gestation.
Les chercheurs
israéliens,
àpartir
de LAORet czl.(i 9 62)
vontapporter
une con-tribution
précieuse
à l’étude de ceproblème
en associant aux cas des intersexués celui des mâlesstériles, phénomène
connudepuis longtemps,
maisqui
avait étéabordé
séparément
et presqueuniquement
par des auteurs allemands(cf.
revue deS
CH ÜX HERR
, I g 5 6
et I,oHr,c et BARFUSS19 6 1 ,
parexemple).
SOI,F,FR et czl.( I9 6 3 ) pensent
que, si les femelles motteshomozygotes
sont transformées enintersexués,
la stérilitépeut également
affecter certains mâleshomozygotes
mottes avec, dans ce cas, unepénétrance incomplète.
Comme cette théorien’explique
pas toutes les ano-( 1
) sans cornes.
malies observées et que la
proportion
de « femellesgénétiques
»(nombre
de femelles et d’intersexués pour 100mâles) qui
varie avec letype d’accouplement,
semble aug- menter avecl’importance
de laportée,
SOLLER et ANGEL( 19 6 4 ) invoquent
un « effetrécessif du
gène
motte sur lerapport
des sexes ».D’après
ces deux auteurs, les varia- tions observées dans laproportion
de a femellesgénétiques
»peuvent être,
en outre, attribuées soit à unedisparition précoce d’embryons
femelles mottes(hypothèse déjà
àformulée par
Bu!;cHi, 1957 ),
soit à une masculinisation totale en apparence de cer- taines femellesgénétiques homozygotes
mottes.L’hypothèse
d’une éliminationprécoce
desembryons
femellesmottes
n’estguère
soutenable : eneffet,
les chèvres motteshétérozygotes
serévèlent,
en fin decompte, plus
fécondes que les chèvres cornues de mêmeorigine (So!,r,!cR
et KEMPE-NI C H
,
19 6 4 )
bienqu’elles donnent,
en moyenne,plus
de descendants sans cornes.Quant
àl’hypothèse
d’une action récessive dugène
sur lerapport
des sexes, nouspensons
qu’elle
s’efface devantl’hypothèse unique
selonlaquelle
toutes les femellesPP sont masculinisées soit en
intersexués,
soit en mâles stériles. Cettehypothèse unique
repose sur le fait que,l’expressivité
duphénomène
d’inversion du sexe étant extrêmement variable(Ea’roN,
zg43 ;KONDO, r 949 ),
onpeut
très bien concevoir que certainesfemelles,
masculinisées très tôt dans la vieembryonnaire, parviennent
àun stade de ressemblance
parfaite
avec lesmâles,
tout endemeurant,
bienentendu, incapables
deproduire
desgamètes
fertiles.Pour vérifier cette
hypothèse
nous avons utilisé les donnéesenregistrées
enI,ozère
pendant
trois campagnes. Ces données nouspermettent,
au passage, de véri- fier le déterminisme héréditaire du cornage et depréciser
l’influence des différentsgénotypes
sur le taux de fécondité.I. -
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Les données ont été recueillies dans la zone du
Syndicat caprin
deSainte-Crois-Vallée-Fran S aise (Lozère).
Lapopulation caprine
y est composée d’animaux issusd’accouplements
de chèvres de paysavec des boucs Saanen
originaires
de Sarre, dont l’introduction remonte à 1958.Depuis
cette date, un contrôle desperformances
a été mis enplace, qui
permetd’enregistrer systématiquement
les ascendances, les mises bas et les performances laitières. Ces trois dernières années on a, enplus,
noté le cornage et l’intersexualité. Les données utilisables concernent 1732mises bas et 3 007produits.
Quant
au cornage, on a éliminé lesrenseignements
douteux par suited’enregistrements
incom-plets
et de mortalité natale oupéri-natale ;
on s’est attaché, en outre, à le vérifierà plusieurs
stades.En effet, les cornes
apparaissent plus
ou moins tardivementaprès
la naissance et lesenregistrements
effectués dès la mise bas
risquent
de sous-estimer lafréquence
des animaux cornus. Nous avons pu constater notamment que la présence d’unépi
surchaque bourgeon
cornéindique
presque sûrement la présence ultérieure de cornes(RtcoxDEau
et al,19 68).
De
19 65
à 1967, 73 boucs ont été utilisés : la cornus et 63mottes. Ayant examiné suffisamment de descendants de boucs mottes, on a pu déterminer individuellement leur génotype : jo,n’ayant
donné aucun descendant cornu, doivent être considérés comme
homozygotes
sans cornes (PP), les53autres étant
hétérozygotes
Pp(parmi
ceux-ci, l’unportait
descornillons).
Les auteurs précédents ont
appelé
P(de l’anglais polled)
legène
pour l’absence de cornes. Cetteappellation
estimpropre,
car Pdésigne déjà
chez les rongeurs le locus «pink eyed
n. Laterminologie
des loci de la chèvre étant inexistante, nous conserverons
cependant
cette nomenclature, endésignant
par
[P]
lephénotype
sans cornes. Pour les typesd’accouplements,
nous utiliserons la classificationadoptée
par LAOR et al.( 19 6 2 ).
Quant
à la fécondité, on a tenu compte de toutes les naissances. Le taux de fécondité estexprimé
par le nombre de
produits
obtenus pour roo mèresqui
ont mis bas.II. --
VÉRIFICATION
DEI,’HYPO’1HÎ!.S!
DE DOMINANCE AUTOSOMAI;! DEL’ABSENCE
DE CORNESLes résultats concernant la vérification de cette
hypothèse
sont contenus dans le tableau i.On suppose tout d’abord que tous les boucs cornus sont
homozygotes j!! :
accou-plés
à des femelles cornues,également pp (type d’accouplement
n°6),
ils ne doiventdonner que des descendants cornus, c’est en effet ce que l’on observe.
Les boucs mottes
qui
n’ontjamais
donné deproduits
cornus sont classés commehomozygotes PP,
on les retrouve dans lesaccouplements
i et 4.Les
fréquences
des descendants cornus dans lestypes d’accouplements
2 et 3 ne sont passignificativement
différentesrespectivement
de 25 et 5o p. 100. Lafréquence
du
gène
P étant très voisine de o,5, celasignifie
que presque toutes, sinon toutes les chèvres sans cornes fertiles sonthétérozygotes.
Pour les
accouplements
3 et 5(l’un
desparents
est cornu, et l’autre motte hété-rozygote),
laproportion
des descendants cornus est presqueégale
aupourcentage théorique espéré ( 50 , 4
p.100 ),
mais letype
3(père
cornu X mèremotte)
donneplus
de
produits
cornus que letype
5(père
motte X mèrecornue) ;
les écarts ne sontcependant
passignificatifs.
Ainsi,
le déterminisme monofactoriel autosomal dominant du facteur pour l’absence de cornespeut-il
être considéré comme vérifié.III. - ACTION DU
GÉNOTYPE
DE LAMÈRE
ET DU
GÉNOTYPE
DUPÈRE
SUR LAFÉCONDITÉ
Comme, probablement,
toutes les femelles mottes sonthétérozygotes (P!),
il estfacile de comparer la fécondité des femelles de ce
génotype (toutes
cellesqui
sontclassées dans les
accouplements
detype
1, 2 et3 )
à celles degénotype homozygote
récessif
PP.
Les résultats moyens résumés dans le tableau 2montrent que les femelles mottes ont un taux de féconditésupérieur
à celui des femelles cornues, cequi
confirmeles observations de Soi.LER et KEMPENICH
( 19 6 4 ),
Il semble aussi exister une influence du
génotype
du mâle sur la fécondité( 1 ) .
Eneffet,
si l’on compare lesaccouplements
detype
i et 3, et ceux dutype
q. et6,
danslesquels
les femelles sont de mêmegénotype,
on constate que le taux de fécondité des mâles PP estsupérieur
à celui des mâlesfi fi,
alors que les taux de fécondité des accou-plements réciproques
3 et 5 sont tout à faitcomparables (tabl. 2 ).
Ils’agit là,
enfait,
de résultats bruts
qui
ne tiennent pascompte
des différencesannuelles,
del’âge
deschèvres et de l’influence du « niveau
<t’élevage ». Toutefois,
même si les écarts observés (1
) Il est intéressant de noter à ce sujet les différences observées dans les caractéristiques des éjaculats
de boucs appartenant aux 3races françaises (ColtT!rL, i966).
ne sont pas
significatifs,
ilssuggèrent d’entreprendre
une étudeplus précise
de lafertilité des
mâles,
en saillie naturelle et surtout dans les conditions de l’inséminationartificielle,
comme cela a été fait parP!TiTJ!arr
et CocHFz( 19 66)
sur des coqs derace
Wyandotte
classés suivant legénotype
conditionnant la forme de la crête.IV. - EXAMEN DE
L’HYPOTHÈSE
SELONLAQUELLE
TOUTES LES FEMELLES HOMOZYGOTES POURL’ABSENCE
DE CORNESSONT
TRANSFORMÉES
ENINTÈRS!XU!S
OU EN MALESSTÉRILES
Nous voyons, tout
d’abord,
que tous les intersexués sont mottes. Ilsn’apparais-
sent, à
quelques exceptions près,
que dans les croisements où nous les attendons :ceux où les deux
parents
sont dephénotypes
sans cornes(tabl. 3 ).
Lesexceptions
observées dans les croisements 4 et 5
( 0 , 5
p. 100 du total desnaissances), peuvent s’expliquer
par des erreurs d’ascendance ou par des anomalieschromosomiques (P
AD E
H
etal., zg65).
La vérification de notre
hypothèse
repose sur les faits suivants.i.
Statistiquement,
toutes les femelles fertiles mottespeuvent
être considéréescomme
hétérozygotes,
cequi permet
de déduire que les femelles PP sontimpropres
à la
reproduction (cf.
résultat énoncéplus
haut àpartir
du tabl.i).
2
. Dans les
accouplements
detype
i et 2, laproportion
de femelles mottescorrespond uniquement
à celle des femellesP!
attendues(tabl. 3 ).
3
. Si toutes les femelles PP sont
stériles,
les mâlesPP,
par contre, semblent sereproduire
normalement. Eneffet,
sur m fils du bouc 59002(cf.
tabl.4 )
nés demères mottes et
ayant
fécondé normalementpendant
au moins unesaison, 4 ont
été testéshomozygotes
PP avec,respectivement
19, 30, 52 et 66produits. Compte
tenude la dimension de
l’échantillon,
laproportion
observée est peu différente de la pro-portion théorique ( 5 o
p.ioo).
4
. On observe les intersexués dans les deux seuls
types d’accouplements
suscep- tibles de fournir deshomozygotes
PP : lesaccouplements
i et 2. Ils sont inférieursen nombre aux femelles PP attendues
(tabl. 3 ).
5. Dans les
accouplements
i et 2, laproportion
de mâles estsignificativement supérieure
à 50p. 100 et on observe un certain nombre de mâles stériles oucryptor-
chides. Lafréquence
de ces derniers a pu être évaluéeparmi
23descendants des accou-plements
detype
e(tabl.
4 a etb) ;
elle est de2 6, 1
p. 100, alors que laproportion
demâles en excès est de 21,9 p. ioo. La
proportion
des mâles stérilesou cryptorchides correspond
donc à celle des mâles en excès. Si onl’ajoute
à celle desintersexués,
onretrouve exactement le
pourcentage
de femelles PP attendues.En
reprenant
maintenant les données d’auteursqui
ont classé lesaccouplements
selon le
génotype
desparents (E A T ON ,
i9!5 ; HAUGEN,i 9 6o ;
SonER etANGEI,,
&dquo;19 6 4
;
tabl.5)
on observe une constance dans lafréquence
des femelles mottes issuesdes croisements de
type
i et 2, alorsqu’au contraire,
lafréquence
des intersexués est fort variable.Le taux constant
auquel
se fixe laproportion
des femelles mottesindique
que très peu de femelles PPéchappent
à un début de masculinisation et sont confonduesavec les
hétérozygotes.
On a pu,cependant,
observerquelques
rares cas de femelles apparemment normales à la naissancequi
se masculinisent versl’âge
de 4 à 5mois,
avec renflement de la
partie
inférieure des lèvres de la vulve(bulbe rejeté
enarrière)
et
apparition
d’une barbiche. Un outre, toutes les chevrettes soumises à la repro- duction ne sont pas fécondes.Les écarts dans les
fréquences
d’intersexués observés par les différents auteurspeuvent
être dus àl’expressivité changeante
de la masculinisation et à la difficulté de déceler certaines anomalies à la naissance. Laproportion
des intersexués serad’autant
plus
élevée que les auteurs auront eu lapossibilité
de suivre tous les animauxjusqu’à
unâge plus
avancé.Ainsi,
en élevant desjeunes
mâles mottes issus deparents
mottes, on observe deuxcatégories
d’animaux : lespremiers
ont des testiculesqui régressent
vers 4-5mois,
les seconds sont apparemment normaux mais restent stériles.Cette
observation, déjà signalée
dans letableau 4 b,
a été vérifiée en19 66
et19 67
dans la descendance de 2r
pères
différents(sur
42 mâles mottes on a trouvé 5 cas derégression
des testiculeset
4 cas destérilité). Lorsque
lesenregistrements
sont faitsen
ferme,
lesstatistiques
concernant les anomalies sont forcément établies pardéfaut,
car presque tous les mâles sont vendus à la boucherie à 2 ou 3 semaines. Les
enregis-
trements sont
également incomplets lorsqu’on
se contente de contrôler la fertilitédes boucs
apparemment
normaux,puisque
lescryptorchides
ont été éliminés aupréalable.
Pour détecter tous les mâles anormaux, le moyen leplus
sûr serait doncd’établir
systématiquement
lecaryotype
desproduits
mâles issus desaccouplements
i et 2, ce
qui apporterait
en mêmetemps
une vérification définitive de notrehypo-
thèse.
A
l’appui
de celle-ci nous avonsuniquement
considéré lesaccouplements
i et 2, seulssusceptibles
deproduire
des femelles PP. On avérifié,
en outre, que les accou-plements
3 à 6(tabl. 3 )
donnent unrapport
des sexes nonsignificativement
différentde i : i.
CONCLUSION
Sous réserve de certaines
vérifications,
notrehypothèse explique
aussi bien nosdonnées
d’observation,
que celles d’autres auteurs. Les Israéliensqui
ont récem-ment
beaucoup
fait progresser cette recherche n’ontcependant
pas abouti à uneexplication simple.
Ils ont eu conscience des liaisons existant entrel’apparition
demâles stériles et
d’intersexués,
mais ils ont considéré ledécalage
durapport
dessexes comme une anomalie
particulière,
alors que cedécalage s’explique simplement
par
l’expressivité
variable duphénomène
de masculinisation des femelles PP.Du
point
de vuepratique,
l’existence d’un telgène
d’absence de cornes associé à la masculinisation de certaines femelles dans unepopulation caprine
réduit consi- dérablement laproportion
desreproductrices possibles.
Eneffet,
lestypes
i et 2qui,
en I,ozère,
représentent plus
de la moitié desaccouplements (f>i
p. 100 eni 9 6 4 -65,
5
4 p. 100 en
19 66)
entraînent finalement un déficit de 17à 18 femelles pour 100mises bas. Pour l’ensemble de lapopulation
c’est uneperte égale
à 18 p. 100 de l’effectif totalthéorique
des femelles.Dans les autres races
françaises (Alpiiie
chamoisée etPoitevirte)
on trouveéga-
lement des intersexués et des mâles
stériles,
cequi
laisse à penserqu’il s’agit
du mêmefacteur
qui
auraitmigré.
Comme la sélection en faveur des animaux mottes est diffé-rente suivant la race et suivant le sexe, les effets du
gène
d’intersexualité sont variables et pastoujours spectaculaires
du fait de l’effectif réduit destroupeaux
et du nombreimportant
desproduits
réformés 2à 4 semaines après
la naissance(presque
tous lesmâles et deux tiers environ des
femelles).
Nous aborderons dans un autre article l’étude del’équilibre
de lafréquence génique
du caractère « sans cornes tt en fonction de la sélectionpratiquée.
De toutefaçon,
il semble absurde de continuer unepolitique d’élevage qui
favorise les animaux « mottes ». Cettepolitique
entraîne des réformessupplémentaires,
limite lesaccouplements
et,finalement,
masquel’objectif
essentielde la
sélection,
à savoir l’améliorationgénétique
desperformances
laitières.pour
j!ublicatiozt
f1IllOz.e¡nbre 1967.SUMMARY
A SINGLE GENETIC HYPOTHESIS TO ACCOUNT FOR THE PRESENCE OF INTERSEXUAL ANIMALS, OF MALES IN EXCESS AND INFERTILE MALES IN « SAANEN » GOATS
In
alpine
breeds of goats, thepolled
character is linked with a form ofhermaphrodism.
In theprevious
literature, one autosomal gene was said to beresponsible
for the twophenomena :
forpolledness,
it would have a dominant action withcomplete
penetrance in both sexes ; forhermaphro-
dism, a recessive action limited to female goats. Thisexplanation
does not account for two othersphenomena
very often noticed in herds mated withpolled
sires, i. e. abnormal sex ratio, the femaleclass being
deficient,
and malesterility.
SOLLERet al.( 19 6 3 ) thought
that infertile male goats are sometimes PPhomozygotes.
To account for the abnormal sex ratio, the Israeli authors(S OLLER
and ANGEL, r95q) were led to 3
hypotheses :
that there was a direct recessive action of the inter- sexual gene on the sex ratio ; that there was a greater fetallethality
of polled females ; andlastly,
that some
homozygous
PP females becamethorough
male animals.We are inclined to the view that the
only
latterhypothesis
can account for the presence of inter- sexual animals, the greater number of males, and the presence of infertile male goats, with theonly supposition
that there is acomplete
penetrance of the P gene inhomozygous genetical
females.This
hypothesis
wasstatistically
confirmed(see
table 3) with the evidence that inmatings
ofthe ist type a a PP X I i
Pp
and the second type ¿ a Pp X yPp
theexpected
numberof females was reached -viz 24.0and 39.9 per cent versus 25.o and 37.5 per cent for the ist and 2nd types
respectively.
There was adeficiency
of intersexual animals - 8.9 and 4.3 per cent versus 25.o and r z.5per cent - and an increase in males - 67.1and 55.8 versus 50.0 per cent. Moreover, an
investigation
on the maleoffspring
of ahomozygous
PP sire showed that the number of sterile males doesequal
the number of males in excess, 26.1versus 21.9 per cent (see table !). To checkcompletely
the
hypothesis,
it is still necessary to demonstrate that both sterile males and intersexual animals have definite female xx caryotypes.’I’herefore, our
findings
confirm thatpolledness
is inducedby
a dominantsimple
gene(table
i)and that the
heterozygous Pp
females had a slight advantage on pp females as regardsfertilitv (table
2). We also find differences infertility
between males(PP
versus pp, table 2) though not signi-ficant. More
precise investigations
on malefertility
arerequired,
in field service and above all in artificial insemination.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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