CHAPITRE I
HISTORIQUE DE L’INSÉMINATION ARTIFICIELLE DES REINES D’ABEILLES
J. WOYKE
Zakdad Pszczelnictwa, Szkoïy Gddwnej Gospodavstwa tV:!/::6!o,
Wavszawa - 25 Uvsynow, Pologne
L’amélioration de l’Abeille ne
peut
être obtenue que si on exerce un contrôlesur les
accouplements,
soit endéveloppant
les méthodes de contrôle del’accouple-
ment
naturel,
soit en élaborant des méthodes d’insémination artificielle.Ces dernières ont évolué selon deux
conceptions :
1
° Introduction directe de
l’organe
decopulation
du mâle dans les voiesgéni-
tales de la reine. C’est la méthode d’insémination manuelle.
2
° Introduction de sperme dans les voies
génitales
de la reine à l’aide d’instru- ments. C’est l’insémination dite instrumentale.L’insémination manuelle fut
déjà
tentée par MCI,AIN( 1 88 7 ) qui
instilla dusperme dans le
vagin
ouvert de la reine.On essaya
plus
tard d’introduirel’organe d’accouplement
dans la chambre del’aiguillon
de la reine. SHAFER( 1917 )
et BISHOP( 192 o)
n’obtinrent aucun succés de cettefaçon,
maisQ UINN ( I g 23 )
aidé de I,AIDI,Aw inséminaquelques
reines. Des essaisultérieurs furent effectués par MALYSCHEW
( I g 24 ),
PR!r,r,( I g 27 )
et LAiD!Aw(Ig32).
Cette méthode fut
expérimentée
sur une échelleplus
vaste parMuzAI,!wsKIJ
etKozLow
( 1933 ).
Ces auteurs ontindiqué qu’ils
ont puporter
de 10 à 5g p. 100 lepourcentage
de reines inséminées avec succès enn’opérant
que sur des reinesqui
sepréparaient
àl’accouplement
naturel.Les
appareils
de fixation de la reine ont été modifiés àplusieurs reprises :
KRAS-NOPIEJEW
(1950, Ig5I)
SMARAGDOVA(Ig52) ; KURIENNOJ (Ig56) ;
CHAUVIN(1950).
Parfois on utilisa aussi un
appareil
d’insémination intrumentale(KoHr,!R, 1955 ).
Les vérifications effectuées par TRYASKO
( 1959 )
ont révélé que laspermathèque ne
contenait que des traces de sperme : en moyenne o,5 p. 100et au maximum 2p. 100 de sa
capacité
normale. Du couvain normal ne fut obtenu que par les reinesqui
effec-tuèrent ultérieurement un vol
nuptial
etpurent s’accoupler
librement. Toutes les reinesqui
en furentempêchées
neproduisirent
que du couvain de mâles.H UB E
R
( 17 88- 91 )
fut lepremier
à tenter l’insémination instrumentale en seservant d’un fin
pinceau
pour essayer d’introduire le sperme dans levagin
de la reine.D’autres auteurs tentèrent d’introduire le sperme au moyen d’une
seringue :
W
ANKLBRen
1 88 3
et },¡fCLA1Nen 1886. BISHOP(ig2o) s’exerça
aussi à cetteméthode,
mais sans résultat.La
technique
moderne d’insémination artificielle débuta par les travaux de WA T
SON
(zg2 7 ), qui
utilisa unemicroseringue
fixée dans unmicromanipulateur.
Lareine était immobilisée dans un bloc de bois par des fils de soie. On ouvrait la chambre de
l’aiguillon
au moyen d’unepince
tenue à la main.Quelques
succès furent obtenus.N OLA )
J
( 1937 )
confectionna unappareil spécial
mais deconception simple.
Il enutilisa à cette
époque plusieurs
à la fois et inséminachaque
reinependant
untemps
suffisammentlong
pourpouvoir
introduireplus
despermatozoïdes
dans la sperma-thèque.
I,mDr,nw découvrit en 1944 le rôle de la valvulevaginale.
Le sperme doit êtreinjecté
derrière cette valvule dans l’oviducte. MACKBNSBN et ROBERTS( 194 8)
ont modifié
l’appareil
de Nor,nx et obtenu de meilleurs résultats que leursprédéces-
seurs. La chambre de
l’aiguillon
est ouverte à l’aide de deuxpetits
crochets fixés auxmontants. La valvule
vaginale
est abaissée à l’aide d’une sonde et lapointe
de laseringue
introduite dans l’oviducte. I,mDr,Aw( 1944 )
construisit unappareil
où tousles mouvements des crochets et de la
seringue
étaient commandés par des vis.I!AiD!AW utilisait
depuis
1930 leCO 2
commeanesthésique
et MACKENSEN(
1947
)
constataqu’une
double dose deCO 2
contraint la reine à laponte.
La contribution de MACKENSEN
( 194 8)
est trèsimportante.
Il confectionna un nouveautype
deseringue
à membrane. Plusrécemment,
VBSBLY( 19 6 0 )
modifia laforme de la
pointe
de laseringue
et RUTTNBR( 19 6 4 )
celle dulogement
de la reine.Txy:!sco utilise une
seringue
de construction trèssimple
dont lapointe
est uncapillaire
de verre.Le sperme d’abeille
peut
être conservéquelque temps
in vitro au-dessus dupoint
decongélation (T ABER
etB LUM , 19 6 0 ).
T!B!R( 19 6 1 )
a aussi fait état de succès dansl’expédition
de sperme en divers pays. Selon SAVADAet CHANG( 19 6 4 )
les sper- matozoïdessupportent
bien les bassestempératures,
mais LENSKY et SCHINDLER(1967)
ontconstaté,
en accord avecT ABBR , qu’ils périssent rapidement
au-dessousdu