(5 version)
Aux étudiants du programme Techniques de bioécologie (145.CO) du cégep de Saint-Laurent
LE CARNET DE TERRAIN EST LA MÉMOIRE
DES INFORMATIONS PRISES DANS L’INSTANT PRÉSENT
Département de biologie Préparé par Jean-Martin Fréchette
Août 2010
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION AU CARN ET DE TERRAIN ... 1
QUALITÉS D’UN CARNET DE TERRAIN ... 2
IDENTIFICATION DU SIGNATAIRE DU CARNET ... 3
TABLE DES MATIÈRES ... 4
TABLE DES ANNEXES ... 5
CONSIGNES DANS L’ÉCRITURE ... 5
PLANIFICATION DE LA SORTIE: STRUCTURE DES INFORMATIONS ... 8
1-La date et le titre de la planification de l’activité; ... 8
2-Les références aux divers protocoles ou aux livres d’usage; ... 8
3-Les changements au protocole; ... 9
4-Le matériel; ... 9
5-Les directives... 10
STRUCTURE DES INFORMATIONS À PRENDRE SUR LE TERRAIN ... 10
1-Les informations obligatoires; ... 11
2-Les résultats; ... 11
3-Les réflexions ... 12
LES ANNEXES ... 12
Exemple 1: Classes d’ensoleillement ... 13
Exemple 2: Échelle de Beaufort ... 14
Exemple 3: Classification granulométrique des sédiments ... 14
FICHES DE DONNÉES ... 15
LA SAISIE DE DONNÉES ... 18
RANGEMENT DU CARNET ET DES FICHES APRÈS UTILISATION ... 18
CONCLUSION ... 18
L'expression « carnet de terrain » accompagne le travail d'expérimentation ou d’observation effectué à l’extérieur par le technicien. Il se différencie ainsi du travail d’expérimentation ou d’observation effectué à l’intérieur qui est consigné plutôt dans un « cahier de laboratoire ».
Le carnet de terrain est un outil organisé et personnalisé qui reflète le travail rigoureux et quotidien du technicien. Il est tenu chronologiquement et à la main. Il devient en soi un support qui est la mémoire du technicien, puisque les pages que l'on remplit au fur et à mesure contiennent les premières traces des données recueillies sur le terrain.
Le carnet se traîne partout avec soi et doit répondre aux aléas du climat (pluie, vent, neige, etc.). Dans des conditions extérieures difficiles, le carnet de terrain est sujet à s’user rapidement. Il est donc important de choisir un carnet répondant aux exigences du travail sur le terrain.
Au même titre que le cahier de laboratoire, les règles d’utilisation du carnet de terrain doivent être rigoureusement respectées, il en va de la crédibilité du travail du technicien et de l’entreprise.
Je me dois de remercier Marie-Josée Lavoie qui a participé à l’élaboration de ce guide, ainsi que Claudia Bastien, Nancy Gagné, Marie-Josée Gauvin et Caroline Proulx pour leurs judicieux conseils.
QUALITÉS D’UN CARNET DE TERRAIN
Le carnet de terrain est en format de poche: il est logeable et transportable. Il se range facilement dans un sac, et est suffisamment petit pour s’insérer dans une poche de vêtement. Il se déplace sur les lieux d’expérimentation ou d’observation. Un simple cahier d’arpenteur, de grandeur 11cm X 18 cm, contenant environ de 40 à 100 pages, est souvent idéal pour le travail du technicien sur le terrain. Notons que si le technicien travaille avec des feuilles prêtes à remplir (fiches de données), il est préférable de contenir ces feuilles à l’intérieur d’un cartable métallique pour faciliter la prise de mesure.
Le carnet contient une page couverture robuste et des pages rigides pour éviter que les pages s’usent ou qu’elles se brisent. Les pages rigides permettent aussi d’écrire sur les 2 côtés de la feuille. De plus, lorsqu’on cherche un renseignement, on va vite sur les pages. Il faut donc que les pages soient solidement attachées ou reliées à la couverture. Pour cette raison, le carnet à anneau est à éviter. Finalement, les feuilles hydrofuges sont très pratiques pour travailler en condition de pluies ou sur un plan d’eau.
Le carnet de terrain se doit d’être « pratique ». Il contient des pages lignées ou quadrillées afin de pouvoir y dessiner rapidement des tableaux ou des figures.
Chaque feuille dispose aussi d’un espace pour la datation et pour la pagination.
Un carnet de type « arpenteur » contient souvent un espace spécial bien défini pour établir une table des matières. Les dernières pages d’un carnet peuvent être utilisées pour y disposer des annexes qui seront utiles à la prise de données ou pour tout autre complément d’information.
Une section présentant différents tableaux, figures et formules mathématiques est déjà présente dans le carnet de terrain de type « arpenteur ». Ces annexes sont au service du technicien qui voudrait faire certains calculs mathématiques évolués à partir de données récoltées sur le terrain.
Les informations que le technicien intègre à son cahier de terrain se doivent d’être complètes, détaillées et concises. Le carnet est essentiellement destiné à garder la mémoire des informations prises dans l'instant présent. Il est l'outil qui permet de ne pas oublier. C’est pourquoi il est nécessaire de noter le maximum d’informations pertinentes qui se présentent (évènements, données, hypothèses) pour pouvoir en faire le tri par la suite. L’auteur note ce qu'il juge important de noter. Pour éviter qu’il nous manque des données, on évite de reporter à plus tard car la mémoire humaine ne suffit pas toujours! C’est la même chose avec l’interprétation des données, quand on interprète les données, il faut essayer de voir ce qui en sort rapidement et les noter dans son carnet, parce que même en y revenant plus tard, on peut avoir perdu le fil de ses idées.
Parfois les idées ne viennent pas sur le moment mais en fin de journée. Il peut donc arriver parfois que la notation se fasse plus tard, par exemple après discussion avec des collègues.
En résumé, le carnet de terrain se doit donc d’être :
- Logeable - Pratique
- Transportable - Complet
- Rigide - Détaillé
- Hydrofuge - Précis
Les cahiers de type « arpenteurs » sont conçus pour répondre à ces exigences.
IDENTIFICATION DU SIGNATAIRE DU CARNET
Le carnet est un objet précieux qu’on ne doit pas perdre. Pour ce, certaines règles de base devront être respectées. Ces règles vont servir à identifier rapidement le responsable du carnet.
-D’abord, le nom doit être inscrit sur la page couverture rigide dans le coin supérieur droit. Cette identification doit être facile à lire: de grandes lettres bien formées sur un fond clair. Sous le nom, un titre abrégé du sujet du carnet, et la période d’écriture peuvent être indiqué clairement. Bien entendu, il est beaucoup plus facile de titrer et d’appliquer une période d’écriture une fois la totalité du travail de consignation terminé.
-La première page du carnet doit absolument contenir une page de présentation.
Cette page permet d’identifier rapidement l’auteur du carnet, grâce aux informations et coordonnées rigoureusement inscrites. Pour un étudiant, les noms des cours pour lesquels le carnet de terrain a été utilisé devront aussi être inscrits. Le carnet de l’étudiant comportera donc les éléments permettant de retracer facilement le propriétaire de ce carnet:
- Nom de l’étudiant - Courriel de l’étudiant
- Nom et adresse de l’établissement (cégep) : Ex : Cégep de Saint-laurent
625 avenue Sainte-Croix Saint-Laurent H4L 3X7 (514) 747-6521
- Nom du programme
- Session (saison et année) + nom du cours
Ex : H - 2008 : Techniques de biologie aquatique et marine - session (saison et année) + nom du cours 2
Ex : A - 2009 : Analyse écosystémique
Il est important de mentionner que certains carnets de terrains d’arpentage disposent déjà du recto de la première feuille comme table des matières des annexes. Advenant le fait que le recto de la première page n’est pas disponible pour l’écriture, il est suggéré d’utiliser le verso de la page couverture rigide comme page de présentation pour identifier de façon détaillée le responsable du carnet.
TABLE DES MATIÈRES
La table des matières de type « chronologique » ou « thématique » peuvent être utilisés (vous référez au guide du cahier de laboratoire de Claudia Bastien). La table des matières de type chronologique est certainement la plus simple d’utilisation. Cette table consiste à inscrire les éléments de la table (tout comme les notations dans le carnet) en ordre chronologique. Un carnet de terrain se doit d’être chronologique, même si l’ordre dans lequel on fait les choses n’est pas toujours logique! La table des matières doit se retrouver tout de suite après la page de présentation et doit permettre de retrouver rapidement l’information. La table des matières permet d’identifier les éléments importants de votre carnet.
Après le titre, des sous-titres doivent être identifiés pour savoir s’il s’agit de liste de matériel, de méthode, de calcul, de tableau, etc. Elle doit être construite au fur et à mesure des expériences ou des observations, en même temps que le carnet.
De plus, la table des matières doit faire référence à toutes les pages attribuées à un même sujet. Ainsi, on va séparer par un trait d’union la première et la dernière page de la section où l’on parle d’un même sujet (voir ci-dessous). Il est conseillé de réserver 6-7 pages blanches à l’élaboration de la table des matières.
Exemple :
TABLE DES MATIÈRES -Préparation /Pêche expérimentale /lac Tréfond
- Matériel 2-3
- Choix des sites de pêche 4
- Schéma- emplacement des filets 5
-Mise à l’eau /Pêche expérimentale /lac Tréfond
- Position des filets (modification) 6 - Remarques 6
-Préparation /Échantillonnage zooplancton /lac Tréfond
- Matériel 7-8
- Méthode d’échantillonnage 9 -Préparation /levée des filets/ lac Tréfond
- Matériel 10
↓
(développer la table des annexes vers le bas) …TABLE DES ANNEXES
L’étudiant qui dispose d’annexe se doit d’élaborer une table des annexes. La table des annexes de type « chronologique » ou « thématique » peuvent être utilisées. Cette table se situe après la table des matières. Elle doit permettre d’identifier rapidement les éléments écrits ou collés de vos annexes.
Comme les annexes sont disposées à la toute fin du carnet de terrain, il est préférable, pour une question pratique, de commencer à disposer l’annexe 1 à partir de la dernière page du carnet. Les annexes subséquentes seront disposées à la suite de l’annexe 1 suivant l’ordre inverse des pages du carnet.
La table des annexes doit être construite au fur et à mesure de la mise en place des annexes suivant la même idéologie de la table des matières, mais se doit d’être construite EN PAGINATION INVERSE pour respecter la disposition des éléments chronologiques. Ainsi mon premier élément de la table des annexes sera placé à la dernière feuille du carnet et inscrit à la toute première ligne de la table des annexes de la section réservées à cette fin. Il est conseillé de réserver environ 2 pages blanches à l’élaboration de la table des annexes.
Exemple :
TABLE DES ANNEXES
-Classe d’ensoleillement 75
-Échelle de beaufort 74
-Classification granulométrique des sédiments 73
↓
(développer la table des matières vers le bas) …CONSIGNES DANS L’ÉCRITURE
-Il est interdit de retirer des pages du carnet.
-Pour protéger au maximum l’information du carnet de terrain, l’utilisation d’un collage de feuilles (tableaux, listes de matériel, etc.) dans des sections importantes concernant la planification ou la prise de données sur le terrain est à proscrire. Il est cependant permis de coller des informations dans la section
« annexe » de votre carnet de terrain en utilisant, bien entendu, des feuilles hydrofuges.
-Il est important d’écrire lisiblement dans le carnet. On peut y référer longtemps après la période de rédaction. De plus, il est interdit de reprendre des phrases mal écrites, car il est interdit d’effacer dans un carnet de terrain. Si une information est erronée, il suffit de la barrer et d'indiquer la correction au-dessus ou à côté. Chaque modification doit toujours être accompagnée des initiales de
la personne, de la date (jour / mois / année) ainsi que de la raison sommaire qui a incité à la modification.
-Personne n’est autorisé à utiliser le carnet de terrain d’un autre. Le carnet de terrain est propre à chaque technicien. Car un carnet de terrain bien tenu peut devenir un véritable objet d’archive, dans la mesure où le carnet contient l’intégrité des informations écrites à la source, et pouvant être consulté en tout temps. Il sera aussi le bienvenu de questionner en tout temps le consignateur du carnet pour vérifier une information.
-Il faut éviter à tout prix que quelqu’un vienne ajouter des informations supplémentaires. C’est pourquoi le carnet est généralement rempli en entier et ne contient pas d’espaces blancs. Cependant, il est bon de commencer un nouveau sujet sur une nouvelle page. Si la page n’est pas terminée ou s’il y a un espace blanc important (plus de 5 lignes), il s’agit de faire un trait en diagonale et d’y ajouter ses initiales ainsi que la date de rédaction (vous référez au guide du cahier de laboratoire de Claudia Bastien).
-Les carnets sont écrits intégralement au crayon de plomb. En effet, il faut éviter le stylo pour ne pas que l’encre se répande au contact de l’eau et rende la lecture difficile. Bien entendu, pour éviter que quelqu’un efface et vienne ajouter des informations supplémentaires après la rédaction, ou pour faire ressortir des éléments ajoutés à posteriori sur une page, il peut être recommandé dans des situations particulières que les inscriptions soient faites à l’encre indélébile.
-Toutes les pages sont numérotées dans le coin supérieur extérieur de la feuille. La page de présentation est défini comme étant la page 1 du carnet.
-Le travail de terrain est souvent une collaboration entre plusieurs personnes. Si les manipulations sont partagées entre quelques coéquipiers, il faut indiquer clairement la tâche de chacun (qui a fait quoi).
Exemple :
M.P.V : description de l’habitat des sites d’échantillonnage J.M.F et G.H : inventaire - filet turbé
M.T et M.P.V : inventaire - filet troubleau
-Pour maximiser l’écriture, il est suggéré que l’auteur utilise des « raccourcis » dans l’écriture (phrases télégraphiées, des codes particuliers comme des points d’interrogation ou d’exclamation). Par exemple, deux points d'interrogation peuvent signifier qu'il doit y avoir une erreur dans la prise de données.
-Le carnet se termine la plupart du temps parce qu'il a été entièrement rempli. Le cahier peut aussi se terminer à la fin d’une expérimentation ou d’une observation particulière.
Référer et retranscrire. Si les données sont partagées entre plusieurs coéquipiers, vous devez faire référence aux données de ces coéquipiers dans votre carnet. Il s’agit alors d’inscrire la référence des données brutes et de mentionner qu’il s’agit d’une référence. Au lieu de référer, il est également possible de retranscrire les données récoltées par une autre personne dans son propre carnet de terrain. Il s’agit alors d’inscrire la référence des données brutes et de mentionner qu’il s’agit d’une retranscription. Au même titre, il est également possible de référer à des données ou de retranscrire des données provenant de son propre cahier à condition de mentionner s’il s’agit d’une référence ou d’une retranscription. La référence dans le texte à une autre section du carnet de terrain peut être utile par exemple lorsqu’on utilise le matériel d’une sortie terrain antérieure. La retranscription de données de son propre carnet arrive la plupart du temps si le format des données laisse à désirer.
Exemple :
Pour une référence au carnet de terrain de Marie-Pierre Houle…
Voir liste de matériel p.16 (carnet de M.P.H)
Pour une retranscription du carnet de terrain de Marie-Pierre Houle…
Retranscription liste de matériel p.13-14 (carnet de M.P.H) Pour une référence à son propre carnet de terrain…
Voir liste de matériel p.13
Ajouts d’information. Si des ajouts sont effectués sur une page à une date ultérieure à celle de la date inscrite, il est possible d’ajouter ces ajouts sans faire référence continuellement à l’auteur et à la nouvelle date de ces ajouts, ce qui pourrait devenir répétitif. On n’a qu’à définir les ajouts en ajoutant un symbole qui précède ces ajouts (▲ , ■ , , etc.) et indiquer clairement en haut de la page, sous la forme d’une légende, les initiales et la date de ces ajouts.
Exemple :
(▲) : M.P.H (22/ 04/07)
Suivre les informations reliées. Il est possible de faire le lien entre les éléments qui se poursuivent sur des pages distancées si les éléments ne se suivent pas directement dans le cahier. Le lien entre les éléments devra s’établir ainsi :
À la fin de la première partie….inscrire : (voir suite p. 46) Au début de la deuxième partie…inscrire : (suite de p. 34)
Au début de votre fiche de donnée…inscrire (voir carnet de terrain p.42-48).
PLANIFICATION DE LA SORTIE: STRUCTURE DES INFORMATIONS
Le carnet de terrain doit être structuré pour refléter les différentes étapes inhérentes à un projet terrain. D’ailleurs, avant de partir sur le terrain, le technicien est en mesure de préparer son carnet de terrain pour bien répondre aux exigences du travail à effectuer. Voici les 5 éléments à inscrire avant de partir sur le terrain:
1-La date et le titre de la planification de l’activité;
La date (jour/ mois/ année avec 2 chiffres pour chacun des éléments) sera inscrite au début de chacune des activités car il est important de mettre clairement en évidence la date de l’échantillonnage ainsi que les changements de journée. Pour ce faire, pour tous les changements d’activité, la date sera disposée à l’extrémité gauche de la feuille et placée dans un encadré.
Le titre de la planification doit être facile à repérer et placé à droite de la date.
Des sous-titres seront nécessaires pour séparer chaque nouvelle partie de l’expérience et devront aussi être faciles à trouver. C’est pourquoi le titre et les sous-titres pourront être mis en évidence par l’utilisation de lettres majuscules et/ou de soulignés, et conservera le même format d’écriture pour l’ensemble de son carnet.
Comme vous êtes en planification d’une activité terrain, le titre devrait débuter par : « planification à… ». Le titre devrait justifier le mieux ce que vous êtes en train de faire.
Exemple:
28/07/07 PLANIFICATION / INVENTAIRE FORESTIER / ÎLES DE BOUCHERVILLE
2-Les références aux divers protocoles ou aux livres d’usage;
Les références aux divers protocoles utilisés ou aux livres d’usage doivent être inscrites en mentionnant clairement leurs sources. Si les mêmes références sont utilisées à répétition d’une activité à l’autre, il est conseillé d’attribuer un chiffre à une référence et de faire continuellement référence à ce chiffre en mentionnant la page où se situe la référence complète.
Exemple :
Voir protocole-Conductivité p.88. (Cadre pratique du cours de Techniques de biologie aquatique et marine, J.M. Fréchette. 2007) (1).
Voir protocole-Filet Wisconsin p. 51 (réf 1/ p 18).
Voir clé d’identification des algues p. 23-29. (Algues et faune du littoral du Saint-Laurent maritime, Chabot et Rossignol. 2003.) (2)
Voir clé d’identification des bivalves p. 23-27. (réf 2/ p.23).
3-Les changements au protocole;
Il est important de mentionner les changements aux protocoles ou tous commentaires pouvant affecter le déroulement de l’activité s’il y a lieu. S’il n’y a aucun changement, utilisez la mention: aucune modification.
Exemple :
Changement au protocole: le phytoplancton ne sera pas récolté à 7 mètres (profondeur du lac trop petite).
4-Le matériel;
Le matériel doit aussi être indiqué (le nom, les dimensions, le nombre, le modèle, la marque et le numéro des appareils s’il y a lieu, les substances utilisées (marque, concentrations, no de lot et date de péremption).
Vous devez présenter une liste complète du matériel utilisé. Il est judicieux de regrouper les éléments qui sont utilisés ensemble, et de la structurer par des sous-titres. La liste de matériel sera à cocher avant même de partir sur le terrain pour s’assurer de ne rien oublier. La liste de matériel sera à cocher avant de revenir du terrain. Si vous ne faites pas de liste de matériel, vous risquez de perdre un temps précieux pour revenir chercher le matériel manquant. Il est toujours possible de faire référence à une liste de matériel dans une section précédente d’un carnet de terrain. Les données brutes doivent être retracées facilement.
5-Les directives;
Il devient fastidieux de décrire tous les éléments de la méthode de travail utilisée ou de résumer un protocole complet d’utilisation d’un appareil. Dans votre carnet de terrain, inscrivez plutôt certaines directives importantes à prendre pour vous assurer de ne rien oublier une fois rendue sur le terrain. Les directives ne devraient occuper que très peu d’espace dans le carnet. Elles devront être nécessairement réduites aux éléments les plus susceptibles à être oubliés. Les directives pourront porter sur un appareil, une méthode, un tableau, des éléments à tenir compte lors de l’échantillonnage, etc. Dites-vous qu’un technicien se doit d’avoir une bonne compréhension de ses appareils et de ses méthodes de travail AVANT D’ALLER ENTREPRENDRE DES ACTIONS SUR LE TERRAIN. Ainsi le technicien pratique ses manœuvres et teste ses appareils avant l’échantillonnage. Si la préparation du technicien est efficace, les directives inscrites dans le carnet risquent fortement d’être réduites à l’essentiel.
Exemple 1:
DIRECTIVES :
Inventorier 7 placettes de 5 mètres de rayon. Embouchure de la rivière. Transect -Azimut 33o à partir du bouleau blanc. 30 mètres de différences entre les placettes ».
Exemple 2:
DIRECTIVES:
-Attention : ancrer l’embarcation, pas toucher les sédiments…
-Filet Wisconsin (3 sous-échantillons x la colonne d’eau (0-10 m)) -Filet contre-levier (station totale) :
0 - 3 m (3 s-é) 3 - 7 m (3 s-é) 7 - 10 m (3 s-é)
De plus, si la somme des informations à récolter nécessite l’utilisation d’un ou de plusieurs tableaux, le technicien identifie dans la section « directives » les colonnes et/ou les lignes des tableaux AVANT de se rendre sur le terrain. Le technicien utilisera ce modèle pour élaborer son tableau quadrillé une fois rendu sur le terrain.
Exemple 3:
TABLEAU 1:
No arbre Espèce Code
Hauteur m
État de santé Mauvais (M), Bon (M),
Très bon (TB)
Remarques
STRUCTURE DES INFORMATIONS À PRENDRE SUR LE TERRAIN
Dans tous les cas, on se doit de prendre un minimum d’information générale lors d’un inventaire. Voici les 3 types d’information à colliger lors d’un travail sur le terrain:
1-Les informations obligatoires;
Ces informations devront être placées et organisées d’une manière pertinente avec la section des résultats.
o La date (encadré) et le titre de l’activité;
Exemple :
29/07/07 INVENTAIRE FORESTIER / ÎLES DE BOUCHERVILLE / ÎLE ST-JEAN / SITE 1
o Noms des techniciens présents (identifier si nécessaire les personnes responsables des différents échantillonnages) ;
o L’heure des différents échantillonnages;
o L’endroit ou la localisation générale des stations d’échantillonnage (ex : 100 premiers mètres de l’embouchure- ruisseau Juliette / lac Archi);
o L’identification des différentes stations d’échantillonnage par un système codé ou par nom. Ces stations seront également identifiées par coordonnées géographiques à l’aide d’une carte topographique ou d’un GPS si nécessaire;
o Les conditions météorologiques (classe d’ensoleillement, échelle de Beaufort, température de l’eau ou de l’air) durant la période des échantillonnages.
2-Les résultats
;
Tous les résultats bruts devront être inscrits d’une manière logique et lisible pour éviter toutes confusions possibles lors de la retranscription des données. La présentation des résultats sous forme de tableaux quadrillés ou de schémas aide grandement à l’organisation du carnet de terrain. Il faut respecter le « Guide méthodologique – rédaction d’un texte scientifique » du département de biologie (rédigé par Marie-Josée Gauvin) pour l’élaboration de tableaux et de figures.
Cependant, les titres des tableaux et des figures ne nécessitent pas d’être aussi complet que lors d’un rapport écrit.
Il est important d’y inclure tous les calculs à faire lors de votre déplacement sur le terrain et de respecter les chiffres significatifs.
Il y a deux types de données à récolter sur le terrain : les données spécifiques et les données variables. Les données spécifiques sont les paramètres abiotiques ou biotiques, que l’on veut observer ou identifier. Les données variables sont les paramètres abiotiques ou biotiques dépendantes des données spécifiques à observer ou à identifier, et qui peuvent influencer les résultats. Ces 2 types de données seront recueillis sur le terrain et serviront à l’analyse des résultats.
Exemple :
Vous désirez étudier la distribution de mya arenaria (un bivalve) dans la baie de Port-au- Saumon selon le patron de salinité de l’eau. La densité des myes et la salinité de l’eau seraient donc les 2 variables à confronter (les données spécifiques). Cependant d’autres variables (la température de l’eau, le type de substrat, le temps d’immersion, etc) sont susceptibles d’expliquer la distribution des myes dans la baie. Elles sont alors nommées
« données variables ».
3-Les réflexions;
Il est important de critiquer la méthode de travail, de faire un retour critique sur les résultats obtenus, de discuter brièvement des avantages ou inconvénients d’un appareil, d’une méthode, d’émettre des hypothèses sur les répercussions d’une erreur de manipulation, des conclusions à tirer, etc. Toutes les réflexions sont importantes ! Ex : « nous avons eu tel problème que nous avons résolu de telle et telle façon » ou bien « les forts vents de la dernière semaine ont certainement eu un impact sur la température de surface du lac » ou bien « je ne suis pas certain que ce poisson est un meunier noir ». Dans le carnet, on peut écrire tous les doutes, on peut dire tout ce qu'on pense de soi-même ou des collègues qui ont mal fait le travail: « je ne suis pas d'accord avec ce qu'on a fait
? » ,ou « je ne suis pas certain de la précision de notre boussole ».
Les réflexions sont toujours situées le plus près possible des résultats. Par exemple, on échantillonne une parcelle de forêt dans le bas de la montagne. On inscrit alors les données récoltées dans un tableau de la section « résultat » qu’on fera suivre tout prêt d’une section « réflexion ». Dans un second temps, on échantillonne le haut de la montagne. Or, les réflexions suivront les résultats du tableau de données de ce deuxième échantillonnage.
LES ANNEXES
Certaines annexes (tableaux, schémas, protocoles, etc.) peuvent être disposées à la fin du carnet de terrain. Ces annexes constituent une base d’information utile et facilement accessible pour la prise de données lors du travail sur le terrain. Si
un élément est collé dans le carnet, il ne doit jamais dépasser les pages du carnet (il faut couper ou replier les bouts qui dépassent). Les annexes constituent un complément à la mémoire du technicien. Une seconde table des matières sera élaborée après la première et fera référence aux annexes. Il est permis donc d’écrire toute information pertinente dans la section des annexes qui pourraient être consultées à tout moment.
Nous avons fourni ci-dessous en exemple 3 tableaux utiles à la caractérisation pour le technicien. Certaines autres données annexes (protocoles, courbes, photographies, etc.), peuvent être rangées dans des classeurs, des pochettes ou des boîtes.
Exemple 1: Classes d’ensoleillement
Classe Description
1 Ensoleillé
2 Nuages dispersés
3 Nuageux
4 Couvert
5 Pluvieux
Exemple 2: Échelle de Beaufort
Cl Description Conditions sur la terre
Vitesse du vent (km/h) 0 Calme monte droit La fumée 0
1 Très légère
La fumée indique la direction du
vent
1 à 5
2 Légère brise On sent le vent
au visage 6 à 11 3 Petite brise Les drapeaux
flottent 12 à 19
4 Jolie brise Le sable
s'envole 20 à 28 5 Bonne brise
Les branches des pins s'agitent
29 à 38
6 Vent frais
Les fils électriques
sifflent
39 à 49
7 Grand-frais Les arbres entiers s'agitent
50 à 61
8 Coup de vent Les petites branches
cassent
62 à 74
9 Fort coup de vent Dégâts aux
toitures 75 à 88
10 Tempête
Le vent déracine les
arbres
89 à 102
11 Violente tempête Rare. Ravages
considérables 103 à 117
12 Ouragan Très rare.
Ouragan >118
Exemple 3 : Classification granulométrique des sédiments Type de substrat Longueur
mm Limon, argile < 0,02
Sable 0,02 - 5
Gravier 5 à 40
Cailloux 40 à 80
Galet 80 à 250
Bloc 250 à 500
Gros blocs > 500
Roc
FICHES DE DONNÉES
La fiche de données de type « formulaire à remplir » sur feuille hydrofuge 81/2 x 11 ou 81/2 x 14 est également un moyen d’organiser efficacement les données récoltées sur le terrain. Par son côté pratique, la fiche de données peut dans plusieurs cas remplacer avantageusement un carnet de terrain.
La fiche de données est particulièrement utile lorsque le technicien désire colliger une grande variété d’information sur une seule et même feuille. De plus, ces fiches sont très utiles pour cataloguer, organiser l’information dans des tableaux.
Mais lorsqu’il s’agit de récoltées une faible quantité de données sur le terrain ou lorsque les données sont facile à organiser, le carnet de terrain demeure certainement l’outil le plus simple à utiliser.
Il est important de savoir que l’on devrait retrouver un même genre et une même qualité d’information sur des fiches de données que par l’utilisation du carnet de terrain.
Cependant, les fiches de données ne sont pas pratiques pour inscrire la liste du matériel nécessaire dans la préparation que nécessite une sortie terrain éventuelle. Aussi, les fiches de données ne sont pas nécessairement utiles pour inscrire des directives particulières à prendre sur le terrain. Or, le carnet de terrain peut encore une fois être un outil très utile pour préparer les sorties terrain ainsi qu’organiser ou ajouter certaines informations, tout en utilisant les fiches pour la prise de données une fois rendue sur le terrain.
Les fiches de données prennent l’allure d’un formulaire imprimé sur des feuilles hydrofuges. Elles permettant de récolter l’ensemble des données nécessaires à une étude, particulièrement dans un travail d’inventaire. Il est préférable de contenir ces feuilles à l’intérieur d’un cartable métallique pour faciliter la prise de mesure.
La fiche ci-dessous montre un exemple indicatif de fiches d’inventaire. Les informations obligatoires sont mentionnées au début de la fiche (titre, date, nom, identification des stations, etc.). La seconde partie de la fiche est relative au rapport d’intervention dans le milieu naturel en rapport des données physico- chimiques prises en ruisseau. Notons que la fiche de données est organisée en tableau et prend la forme d’un questionnaire. Ce format permet d’entrer rapidement l’information une fois rendue sur le terrain et ainsi sauve un temps précieux. Une légende est inscrite à l’avance pour faciliter la prise d’information.
Enfin, la dernière partie de la fiche laisse une place aux remarques.
Il arrive souvent que chaque fiche d’inventaire soit accompagnée d’une photo numérique. Les informations contenues sur photo donnent parfois des informations intéressantes sur l’état particulier du secteur d’échantillonnage et
contribuent à rafraîchir la mémoire du technicien lors de l’analyse des résultats.
Un espace sera alors accordé afin d’inscrire le numéro et le sujet de la photo.
Référence. Dans son carnet de terrain, il est important de faire référence aux fiches de données en utilisant ce modèle.
Voir fiches de données / titre de la sortie / titre de la fiche / nom des auteurs ou no d’équipe / année
Ex : Voir fiche de données / caractérisation du ruis / sortie Jouvence /.
Équipe 3 / 2009
Suivre les informations reliées. À même vos fiches de données, il est important de faire un lien entre les fiches de données et le carnet de terrain. Ce lien devra s’établir ainsi :
Voir carnet de terrain / No du carnet / No de page Ex : voir carnet de terrain 2 / p.42-48.
Exem p le :
RAPPORT D’INTERVENTION DANS UN MILIEU AQUATIQUE
IDENTIFICATION
lac rivière NOM
NOM DU TERRITOIRE BASSIN No
NOM (S) FEUILLET TUILE
PHYSICO-CHIMIE
LIEU NO LATITUDE (degrés décimaux NAD83) LONGITUDE (degrés décimaux NAD83) A DATE M J PARAM. MÉTH. PROFONDEUR VALEUR
, N. , O.
, N. , O.
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CODES
PARAMÈTRES : CD : Conductivité DU : Dureté OX : Oxygène
PH : pH TE : Température TR : Transparence MÉTHODES : E : Électronique H : Hach I : Inconnu L : Hellige S : Secchi
REMARQUES :
LA SAISIE DE DONNÉES
La saisie consiste à transférer dans un fichier informatique les données présentes dans le carnet de terrain ou dans les fiches de données. Le format des tableaux du carnet ou des fiches peut varier en fonction de leur auteur. Mais la disposition des données à l’intérieur des tableaux devra assurément faciliter le transfert des informations dans des tableurs comme « Excel » après le retour du terrain.
La saisie doit être faite aussi soigneusement que possible pour limiter les erreurs de saisie. Une façon d’éviter les erreurs de saisie est de faire une vérification des saisies sur l’ensemble des observations par une seconde personne.
RANGEMENT DU CARNET ET DES FICHES APRÈS UTILISATION
Une fois la totalité du travail de consignation terminé, un classement et une identification adéquate permettra de retracer efficacement les fiches de données et/ou les différentes annexes (cartes, photos, protocoles, etc.). Les fiches de données et les différentes annexes seront placées dans une ou plusieurs chemises (les cartables ou enveloppes peuvent aussi servir) et seront classées et rangées comme il convient. Une identification adéquate est accolée au recto de chacune des chemises utilisées pour le classement. Ces identifications devront comporter les éléments suivants:
1- Le nom de la sortie;
2- Le titre de ou des fiches, annexes, etc….
3- Le nom des auteurs ou le no d’équipe;
4- L’année de classement.
Le même travail peut être fait pour le rangement du carnet de terrain.
Les carnets de terrain, les fiches de données et les différentes annexes peuvent ainsi être intégrés sans difficulté à un fond plus large d'archives d'équipe pour consultation ultérieure.
Le carnet de terrain de terrain et les fiches de données sont le moins possible emportés au domicile du technicien ou du biologiste. Les sites de stockage des archives doivent répondre aux conditions requises pour assurer la protection de l’information.
CONCLUSION
Le fait d'écrire dans un carnet reste un acte personnel: l’auteur fait des choix, sélectionne consciemment ou non des modes d'écriture, une certaine disposition sur la page, l'ajout d'éléments extérieurs, ce qui lui a paru important sur le
moment, etc. Aussi, le carnet est personnel puisqu’on y inscrit plusieurs interprétations des résultats, commentaires, critiques, etc.
Cependant, les consignes contenues dans ce document devraient faire en sorte que le carnet puisse être lu facilement par le signataire, par l’enseignant ou par une autre personne, même quelques années suivant sa rédaction.