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n 76 - septembre 1970

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n°76 - septembre 1970

ÉDITORIAL

C'est devenu une pratique constance que de « chiner » fort gentiment d'ailleurs les services de la Météorologie lorsqu'ils se trompent dans leurs prévisions. Mais que pourrait-on dire des erreurs qui sont commises par les services d'une haute technicité scientifique qui constituent la «perspective» et contribuent à la mise sur pied des plans économiques et financiers, lesquels sont à la base de toute la politique dans nos pays.

Ces services sont dirigés par des Personnalités éminentes, tant scientifiques qu'industrielles. Leurs services pratiquent une science moderne qui complait à une jeune génération obnubilée par les nouveautés ; mais quand on constate les résultats, quelle déception ! Pour l'énergie, par exemple, que d'usines, centrales électriques devaient fonctionner au charbon, qui maintenant fonctionnent au fuel, quand on ne parle pas de gaz naturel. Et c'est sur de telles bases. qu'a été conçue la flotte de navires spécialisés et notamment celle qui fut mise sur pied il y a bientôt 10 ans au service de I' ATIC

Nous nous rappelons encore les premières réunions lors de la constitution de cette flotte, lorsqu'un de nos Collègues, dans une brillante envolée, prédisait que le monde nous envierait cette nouvelle Flotte ! Or nous proposions pour la réaliser des bateaux de 10 et 12.000 t. et des plus gros de 30.000 t. Nous n'avons pas été suivis. Tout le monde a construit des bateaux de 16/18.000 t., et peu d'années après, chacun n'avait rien de plus pressé que de s'en débarrasser.

Heureusement nos avis ont été pris en considération pour le «CAL YMENE» et l'«AMPHIOPÉ» et ce sont ces deux derniers qui restent pratiquement de ce grand programme.

Un autre exemple de l'inexactitude de la prospective en matière économique est offert par le marché des frets. Personne n'avait prévu l'effervescence à laquelle nous assistons depuis quelques mois et principalement pour les pétroliers.

Il y a un an à peine, après une crise qui se prolongeait depuis 7 à 8 ans, nous commencions seulement à ressentir une légère amélioration des taux de frets, mais

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pour 3 ans, on s'arrache les 250.000 t. et on parle maintenant de 400.000 t.

Or nous assistons, semble-t-il, à une modification du climat entre !'U.R.S.S. et les U.S.A. sur le Moyen-Orient. Si le canal de Suez était ouvert le mois prochain qu'adviendrait-il de tout cet ensemble ?

Pour les gros bulk-carriers, l'avance est également très sensible, mais de beau- coup plus modérée.

Quant aux lignes régulières, il y a une hausse, mais qui correspond tout juste aux surcharges du prix de revient. Comme à l'accoutumée, cette catégorie de naviga- tion, en écrêtant les extrêmes, présente plus de sécurité, quand on a la chance naturellement de faire partie des Conférences.

Il ne faudrait pas cependant conclure que tous les armements bénéficient de cette hausse spectaculaire; seuls les armateurs qui disposaient de bateaux libres d'engagement en profitent intégralement, mais ils sont peu nombreux. Il serait bien imprudent de passer commande d'un navire à un chantier sans s'être assuré au préalable d'une charte-partie de sécurité d'exploitation.

Pour nous, il est agréable de constater cette ambiance générale qui n'est pas sans une influence sensible sur nos propres affaires. C'est un climat bien moins déprimant que celui que nous avons connu toutes ces dernières années.

Certes, nous n'avons plus de pétroliers ; il y a déjà plus de 4 ans que nous avons vendu !'«ATHÉNÉE» car à l'échéance de son contrat favorable, il était d'une exploitation déficitaire.

Nous avons, dans les dernières années, été principalement préoccupés par la reconversion de notre flotte pondéreuse constituée par nos 17 navires de 3.000 / 5.000 t. qui assuraient l'approvisionnement de notre clientèle de tradition. Nous n'étions donc pas aptes à prendre position pour des opérations spéculatives.

L'évènement heureux pour nous de ces derniers temps, ce fut l'achat du quirat de l'UNION NAVALE, c'est-à-dire les 50 % qu'elle possédait dans l'« AMPHIOPÉ».

Ce navire fut construit il y a 8 ans avec un contrat de 10 ans pour l'ATIC 11 était déjà en début d'exploitation quand les premiers bruits pessimistes circulaient sur la continuité de ce contrat. A plusieurs reprises d'ailleurs l'ATIC nous avait manifesté

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ses craintes; et ces derniers temps, elle nous confirmait qu'elle n'en avait plus l'emploi. Une lettre de garantie lors de la construction, nous assurait que pendant 10 ans, c’est-à-dire l'exécution du contrat ATIC, il ne pouvait être question de cession de parts. Comme l'UNION NAVALE désirait essentiellement se dégager de ce bateau, et comme les relations amicales que nous avons avec elle nous inci- taient à chercher une solution, nous n'avions qu'une possibilité : nous substituer à l'acquéreur éventuel, c'est ce que nous avons fait.

Le navire dégagé de sa charte, s'est trouvé libre et nous avons pu conclure une utilisation pendant 3 ans dans des conditions favorables, étant donné l'ambiance du marché.

Quant au « CALYMÉNÉ », il est toujours sous contrat ATIC, mais mis plus tôt en exploitation, il devrait, dès l'an prochain, se trouver Iibéré. L'UNION NAVALE est toujours propriétaire de 45 % du bateau ; espérons qu'à l'époque nous pourrons renouveler une charte-partie favorable.

Devant ce boom si subit, nous n'avons pas voulu rester en retard et nous saisi au vol la reprise d'une option d'un navire de 16.000 t. construit en Allemagne st, commandé par la COMPAGNIE MIXTE, option qui n'avait pas été levée.

Bien que ce type de bateau, plus près du navire de ligne régulière que du pondéreux, ne cadre pas spécialement avec nos activités, nous avons pris position et nous attendrons les évènements. Nous vous entretenons d'ailleurs de plus de détails techniques sur la rubrique «bruits de coursives».

Nous venons également d'acheter un navire bananier qui sera baptisé «DANAÉ»

et qui renforcera notre position au Maroc. Vous vous rappelez que nous avions pris une forte position en Afrique du Nord, tant sur l'Algérie que sur le Maroc. L'effondre- ment des trafics, les relations de plus en plus difficiles avec ce nouvel État, font que nous n'espérons pas beaucoup d'amélioration du côté Algérie ; par contre, il en est tout différemment du Maroc dont le comportement financier et économique est orthodoxe et dont la production fruitière devra toujours trouver son écoulement sur l'Europe du Nord.

Vous vous souvenez sans doute de la concurrence qu'il y avait eue entre la SAGA, MULLER, FRED OLSEN et nous. Par suite d'une alliance heureuse avec un Marocain, nous avons obtenu le plus gros coefficient de remplissage l'an dernier et nous augurons bien de cette nouvelle unité dans ce secteur. Nos collègues concur-

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MARITIME DE DRAGAGE, Société à laquelle nous participons et qui, tout récem- ment, a bien voulu nous confier la gérance d'une drague qu'elle venait d'acheter d'occasion pour assurer une campagne de dragage dans les ports du Nord.

Tous nos ports maritimes étaient dans l'obligation de recourir à des Compagnies étrangères, hollandaises et belqes, pour les travaux de dragage et l'Administration française ayant éprouvé quelques mécomptes, elle a favorisé la constitution d'une nouvelle· Société comprenant principalement l'UNION NAVALE, à laquelle ont été associés des entrepreneurs de Travaux publics et d'autres armateurs, dont la SNC Comme il y aura de lourds investissements pour équiper la France en dragues, il est possible que nous ayons un rôle à jouer.

De même et malgré le geste plus qu'inamical de la Chambre de Commerce de Caen vis-à-vis de la SNC., nous nous attachons à assurer le service de remor- quage, car nous sommes persuadés que, dans l'avenir, comme nous le préconi- sons depuis déjà de nombreuses années, Caen sera desservi en pondéreux par poussage de barges et nos remorqueurs seront vraisemblablement l'élément moteur de cette combinaison.

Nous y voyons sans doute une continuation de notre activité traditionnelle, mais surtout la possibilité d'offrir au personnel navigant des postes qui tout en restant maritimes, présentent plus d'attrait pour la vie familiale si souvent bouleversée par la mobilité des trafics au commerce.

Mais nous ne sommes pas sans ressentir les effets des concurrents ; et nos prévisions doivent être affectées d'un certain coefficient, malgré le vif désir que nous ayons d'aboutir.

Notre grande préoccupation reste toujours, malgré l'espoir que nous avons eu au début de l'année sur l'utilisation de nos anciens bateaux d'Algérie-Maroc, la reconversion en navires frigorifiques et nous craignons bien de ne pouvoir faire la jonction avec la campagne d'hiver et d'être obligés de désarmer un ou deux bateaux d'ici le mois de novembre. Pourtant, nous avons des promesses et des contacts intéressants avec I' Amérique Centrale et Cuba en particulier.

Nous poursuivons aussi nos études pour la pêche et les transports annexes frigos qui peuvent en résulter et un de nos Commandants est allé faire une étude fort

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intéressante sur la Guyane. Nous vous tiendrons au courant de toutes ces activités au fur et à mesure où elles se préciseront.

Par ailleurs, les ex-filiales de la Société Navale Caennaise qui maintenant sont sous la direction de la Société financière SoFiMari, se portent, dans l'ensemble, assez bien. Les Iimitations du crédit nous donnent des préoccupations aussi restons-nous prudents et freinons-nous certaines initiatives, qui paraissent attrac- tives, mais qui risqueraient d'être funestes si elles tournaient mal.

Pour la petite histoire, nous vous rappelons l'une d'elles qui heureusement évolue bien : c'est la Société Immobilière de Soulac en Gironde.

Notre Menuiserie industrielle, la SoMaTraM, avait enlevé l'adjudication de tous les appartements d'un groupe d'immeubles sur une plage en Gironde, en voie de développement; mais l'entreprise pilote ayant fait faillite, nous étions entraînés dans une perte sévère. C'est hélas le sort de tous ceux qui travaillent dans le bâtiment; à cause des mauvaises habitudes de l'organisation des sous-traitances.

Nous nous sommes donc substitués au promoteur, avons repris l'ensemble des travaux publics d'ailleurs fortement avancés et nous avons terminé les travaux pour nous livrer à la commercialisation de tous les appartements et studios. Une partie est

déjà vendue depuis cet été et nous avons bon espoir de liquider le tout l'an prochain, dans de bonnes conditions. Ainsi une affaire qui se révélait lourde de conséquences, va se terminer par un profit non négligeable.

Tout ceci pour vous montrer que la SNC qui vient de traverser une période t toujours à l'affût d'idées nouvelles, et qu'elle remercie à l'avance tous ceux qui par leurs informations, peuvent contribuer à provoquer de nouvelles initiatives.

Tous ces bons résultats sont l'oeuvre d'une équipe qui, suivant la tradition, collabore à la prospérité du même pavillon.

Soyez en les uns et les autres remerciés.

BRUITS DE COURSIVES

La SOCIÉTÉ Navale Caennaise vient d'acheter d'occasion le navire fruitier

«FRANCHINA FASSIO» baptisé «DANAÉ». Ce navire construit en 1954 a un D.W.

de 3.020 t. et une capacité cubique de 180.000 pieds cubes. Son moteur MAN de

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actuellement en armement à Gênes et qui sera affecté notamment au transport de fruits et primeurs au départ du Maroc.

La SNC a commandé aux Chantiers de Warnowerf de Rostock (Allemagne de l'Est), un cargo à moteur de 14.000 t. D.W. - Ce navire qui sera livré courant du deuxième trimestre 1972, est du même type que le «SAINT-VINCENT» (S.N.0) le

«VILLE-de-SÈTE» (Nochap) - Il est destiné notamment au transport des marchan- dises diverses.

Son moteur MAN est d'une puissance de 11.200 CV qui lui donnera une vitesse de 19 n. 3.

La SOCIÉTÉ Navale Caennaise a commandé aux Chantiers S.I.C.C.N.A. de StMalo un remorqueur du même type que le «ING. MAXIME HESSE» pour livraison fin 1970.

La SoGéNA a commandé à la SoCaRéNaM, Calais, qui a déjà construit le

«MAXIME HESSE» un remorqueur en tous points identiques pour livraison mi 71.

La Société INDUSTRIELLE D'ARMEMENT ET DE PÊCHE - SIAP - Société Réunionnaise à laquelle participe la SNC vient de mettre en exploitation un thonier- palangrier-congélateur, le «SIAP» qui pêchera en Océan Indien.

Le Thonier-congélateur « ILE-DE-SEIN » dans lequel le groupe SNC possède 54

% est maintenant en exploitation dans les eaux d'Afrique Noire ; il est géré par I' A.C.A.F. et l'Armement GLOAGUEN.

· Le Chalutier « CROIX DE LORRAINE » commandé par la Direction des DTOM.

et dont là gérance nous a été confiée par l’État, a commencé son exploitation dans les eaux métropolitaines avant de se rendre ultérieurement à Saint-Pierre et Miquelon qui sera sa base de pêche.

Nous consacrerons un article du prochain SILLAGE à ces 3 unités qui témoignent de la reconversion dans la pêche d'une partie des activités de la SNC

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