A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION A
R ADU R OSCA
Sur les hypersurfaces isotropes de défaut 1 incluses dans un espace hyperbolique de type normal
Annales de l’I. H. P., section A, tome 20, n
o3 (1974), p. 237-243
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237
Sur les hypersurfaces isotropes de défaut 1
incluses dans
unespace hyperbolique
de type normal (1)
Radu ROSCA
Directeur de recherche à l’Institut de Mathématiques
de l’Académie de la République Socialiste de Roumanie, Calea Griviçaei 21, Bucarest 12.
Ann. Inst. Henri Poincaré,
Vol. XX, n° 3, 1974, Physique théorique.
RÉSUMÉ. 2014 Soit V" une
hypersurface
contenue dans une C~-variétéhyperbolique
Vn+1 à n
+ 1 dimensions. Si la matricejacobienne
del’appli-
cation x : V" -+ est partout de rang n - 1 on dit que V" est
isotrope
de défaut 1
(notée V"(l).
Lanormale ~
enchaque point p E Vn( 1 )
est iso-trope
(réelle)
et est contenue dansl’espace
tangent àvn+ 1(1)
en p.Une
Vn( 1 ) possède
n - 1 courburesprincipales
=2, ... , n)
que l’on définit et leproduit
K= k
1 ...k2n
estappelé
lapseudo-courbure
totale(ou
courbure deLipschitz-Killing)
associée à x.L’hypersurface Vn( 1 )
est dite presque ombilicale ou presque minimale selon que l’on a
(Dans
le cas n =3,
leshypersurfaces V3( 1)
incluses dans un espace- temps deVaidya
sont presqueombilicales).
Les covecteurs du genre espace del’espace
cotangent5"";(vn( 1»
définissent une(n - 1 )-forme
de rang
(n - 1 ) (dénommée (n - 1)-forme principale
associée à
x)
et la condition nécessaire et suffisante quevn( 1)
soit presque minimale est que Q soit fermée.La transformée de
Hodge *Vç
de la 1-forme vectorielleVç
est liée à Ket Q par la relation
* V ç
= et dans le cas oùl’espace
1 estplat,
la courbure sectionnelle
(au
sensd’Otsuki)
de deuxchamps
tangentsquelconques
estégale
enchaque point
à K. Si une certaine condition d’inté-(1) Conférence faite au séminaire de Broglie, le 17 octobre 1972.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section A - Vol. XX, n° 3 -1974. 17
238 RADU ROSCA
grabilité
estsatisfaite,
il existe une secondehypersurface isotrope
dénommée l’associée de
Vn( 1 ),
et différentespropriétés
mettant enjeu
le
couple [yn( 1), V"( 1 )]
sont discutées. SiV"( 1 ) possède
un certainchamp
concourant
(dans
le sens de K. Yano et B. Y.Chen)
alors(i)
elle estéqui-affine, (ii) l’hypersurface
associéeyn(l) existe, (iii)
la variété spa- tialevn( 1)
nVn( 1 )
est ombilicale. Finalement on munitvn( 1)
d’une struc-ture presque
cosymplectique locale, ayant ç
pourchamp
de Reeb et l’ondéveloppe
certainespropriétés
de cette structure.ABSTRACT. Let V" be a
hypersurface
included in ahyperbolic
C~-manifold Vn+ 1 of dimension n + 1. If the
jacobien
matrix of themapping
x : V" -+- 1 is of rank n - 1everywhere,
we say that V"is null of defect 1
(denoted by vn( 1».
Thenormal ç
at everypoint
p EV"( 1)
is a null
(real)
vector and is contained in the tangent spaceTp (V"( 1 ))
ofV"( 1 )
at p.V"(l)
possesses n - zprincipal curvatures ki
(i =2, ... , n)
which aredefined,
and theproduct
K =k2
...kn
is called the totalpseudo-curvature
(orLipschitz-Killing curvature)
associated with x.Further, Vn( 1 )
is termed almost ombilical or almost minimal if one hasrespectively (in
the case n = 3 ahypersurface V3(1)
included ina Vaidya space-time
is almostombilical).
Thespace-like
covectors of the cotangent space define a(n - 1 )-form
of rank n - 1 and the necessary and sufficient condition thatV"( 1 )
be almost minimalis that Q be closed.
Hodge
transform*Vç
ofVç
is linked to K and Qby .Vç
= and if 1 is flat then the sectional curvature(in
Otsuki’ssensé)
of any twotangential
fields isequal
to K. If a certain condition ofintegrability
isfulfilled,
then there exist a second nullhypersurface "yn( 1)
associated with
vn( 1)
and differentproperties involving
thepair [Vn( 1 ), ~"(1)]
are discussed. Next
if Vn( 1 )
possesses a certain concurrent field(in
the senséof K. Yano et B. Y.
Chen)
then(i) vn( 1)
iséqui-affine ; (ü)
the associatedhypersurface exists ; (m)
thespace-like
manifold isombilical.
Finally
an almostcosymplectic
structurehaving ç
as Reeb’sfield is defined on
vn( 1)
and someproperties
of this structure are formalated.1. Du fait que dans un espace
pseudo-riemannien
il n’estplus
pos-sible de définir la distance entre deux
points
comme la borne inférieure de lalongueur
des arcsqui
lesjoignent,
lagéométrie
des variétéspseudo-
riemanniennes est encore assez
incomplète.
Le cas oùl’espace Vpr
est dutype
hyperbolique
normal(l’indice
de lamétrique
de est1 )
étant par-ticulièrement
important
pour lesapplications physiques,
nous avonsAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Section A
pensé
que l’étude des variétésisotropes
de différents défauts incluses dansun
pareil
espacepourrait
être aussi intéressante pour des considérations relativistes.Je me propose de
parler
ici dequelques
résultats(obtenus
en collabo-ration avec le Professeur L. Vanhecke de
Louvain)
concernant leshyper-
surfaces
isotropes
de défaut 1(étude
quej’ai
commencée il y adéjà
deux ans
[1])
d’un espacehyperbolique V~.
Soit alorsV~
un espacehyper- bolique
à n dimensions et de classe Coo et soitTp(V~) l’espace
tangenten On peut écrire
T p(V)
=Mp
E9Ep- 2
oùMP
etEp- 2
sont res-pectivement
un2-plan
de Minkowski et un(n - 2)-plan spatial
en p.Soit
e(V~)
le fibreprincipal
desrepères
orthonormés(dont
le groupe structural est le groupe de Lorentz~~n))
et soit(eA) E e(V~~ (A,
B =1,
...,n)
un tel
repère. Moyennant
une rotation lorentzienne dansMp,
on déduitdes deux vecteurs unitaires
qui
déterminentMp,
deux vecteurs iso-tropes réels
normés ç
1 et~"(~ ~ 1, ~n ~
=1 ).
Ces vecteurs définissent avecles n - 2 vecteurs
spatiaux 03B6r
unrepère quasi-orthonormé (ÇA)
enchaque point p e V~.
Si(âA)
est lecorepère
associé à(ÇA)’
l’élément linéairedp rapporté
àç
s’écritet la
métrique
deV~
en termes de ;1A estNotons par
âB -
les formes de connexion sur le fibreç(V:)
desrepères quasi-orthonormés. V~
est alors structurée par la connexionet
puisque
cette connexion estsymétrique,
lepremier
et le second grouped’équations
de structure s’écriventrespectivement
où
Q~
sont les 2-formes de courbure.2. Soit maintenant V une
hypersurface
contenue dans un espacehyperbolique V~ 1.
Si le rang de la matrice fondamentale de l’inclusion x :V" --+
1 est n -
1 partout, on dit que V estisotrope de défaut
1(notée V"( 1 )).
Euégard
à lamétrique (2) (où
l’onremplace n
par n +1 )
unehyper-
surface
V"( 1 )
est définie soit par ân + 1 =0,
soit par â 1 =0,
si chacune deces
équations
estcomplètement intégrable.
Dans le cas où les deuxhyper-
surfaces
V"(l)
existentsimultanément,
on ditqu’elles
forment uncouple d’hypersurfaces
associées. Leshypersurfaces
d’unpareil couple
se coupent suivant une variétéspatiale
de codimension 2.Vol. XX, 3 - 1974.
240 RADU ROSCA
Exempte.
- Dans le cas d’un espace-temps doué d’unemétrique
deVaidya [2]
on peut poseret on constate
qu’il
existe enchaque point
unpareil couple.
Les résultats étant les
mêmes,
considéronsl’hypersurface V"{ 1 )
définiepar 1 =0. Le vecteur
isotrope
1(dénommé
uecteurcaractéristique)
est par
conséquent
simultanément tangent et normal enchaque point
p àV(l).
Remarque.
2014 Ce vecteurisotrope
satisfait à ocç 1
et parconséquent
les courbes
isotropes
tangentesà ç
sont desgéodésiques.
Cettepropriété généralise
la définition deV3( 1 )
incluse dans un espace-temps. La seconde forme fondamentale associée à l’inclusion x est parconséquent
la formequadratique
~p = -dp, ~~ 1 ~
et sans perte degénéralité,
on peut dia-gonaliser
~p. Lerepère (ÇA)
est dans ce cas unrepère quasi-orthonormé principal
et cettehypothèse
sera faite dorénavant. La forme 03C6 met en évi- dence n - 1 invariantsdifférentiels kr
que nous dénommons lespseudo-
courbures
principales
deV"( 1 )
en p.Remarque.
Cettepropriété
deshypersurfaces isotropes V"( 1 )
cV~
1d’avoir n - 1 courbures est
analogue
à celle des courbesisotropes
inclusesdans un espace riemannien où
pseudo-riemannien.
Si cet espace est à n + 1dimensions,
alors la courbeisotrope possède n -
1 courbures au lieu de n.(Il s’agit
évidemment des courbessimplement isotropes).
Les scalaires K =
IIk
H =1
1
¿
=2,
...,n)
sont dénommésrespectivement
lapseudo-courbure
eulérienne et lapseudo-courbure
mo yenne associée à l’inclusion x. Si on ak2
= ... = estappelée
presqueombilicale et si H =
0,
nous disons queVn( 1 )
est presque minimale.Remarque.
- Dans le cas d’unemétrique
deVaidya,
toutcouple d’hyper-
surfaces
isotropes
associées est formé par deshypersurfaces
presque ombi- licales.Soient
i, j
=1,
... , n les indicestangentiels
surV"( 1)
etoc’, C(~
respec- tivement les formes duales et de connexion induites par l’inclusionx :
Vn( 1 )
--+ Les formes et définiesrespectivement
parAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Section A
sont dénommées la
(n - 1 )-forme principale
et la1-forme principale
asso-ciée à x. A l’aide des
équations (4),
onarrive ,
auTHÉORÈME. La condition nécessaire et
suffisante
pourqu’une hypersur- face isotrope 1 )
soit presque minimale est soit que taforme
Q soitfermée,
soit que
ç
1 soit unchamp caractéristique
pour a(c’est-à-dire I03B6103B1
=0).
Dans ce cas
l’équation
a = 0 estcomplétement intégrable
et elledéfinit
dessous-variétés de codimension 2
qui
sont eltes aussiisotropes
dedéfaut
1.3. Soit
l’application
différentiable A :x(p)
-+x(p)
+f 03B6
1( f
ED(Vn(
1)).
A l’aide de
( 1 )
et(3)
on trouvequ’elle
définit pour toute fonctionf
unenouvelle
hypersurface isotrope
de défaut1,
soitV"( 1 ).
Deplus,
sil’hyper-
surface de
départ
est presqueombilicale,
alorsl’application
~’ estconforme.
4. Le second vecteur
isotrope qui
définitMp,
soit 1, sera dénomméle vecteur
isotrope
associé au vecteurcaractéristique ç 1
et la formela forme associée à ~p. D’autre part, soit
la seconde forme
métrique
fondamentale(dans
le sens de E.Bompiani).
Nous disons que doublement
isotrope
de défaut 1 si le tenseur de ’Pest lui aussi de rang n - 1. Ces définitions permettent d’énoncer le THÉORÈME. Soit l’inclusion x :
Vn( 1 )
-+V~+
1 et soit c~ laseconde forme fondamentale
associée â x. Alors la condition nécessaire etsuffisante
pour quel’hypersurface Vn( 1)
soit doublementisotrope
dedéfaut
1 est que taforme quadratique
associée â 03C6 soitidentiquement
nulle.5. En
procédant
comme dans[3],
on peut définir la transformée deHodge
1(ou
staroperator)
deç
1 parMoyennant l’application bijective ÇA
-+(et après préalable
orientation du
repère (ÇA»
et en faisant usage de( 1)
et(3),
on obtient laformule
remarquable
3nqui
lieà
lapseudo-courbure
eulérienne K et à la(n - 1 )-forme prin- cipale
Q.6. La
normale ~1
étant aussi tangente, pourpouvoir
introduire la fonction supportf
dupoint générique (dans
le cas oùV~
1Vol. XX, n° 3 - 1974.
242 RADU ROSCA
est un espace de
Minkowski,
nousremplaçons ç
1 en tant que normale par le vecteurisotrope
associé. On peut donc écrireoù v est un
champ tangentiel
àvn( 1).
En vertu du mêmeprincipe,
les formesC et D de
Chern, adaptées
à unehypersurface V"(l),
s’écriventet compte tenu de
(9)
on retrouve la formule de Chern : C= f D.
7. Cherchons maintenant les
hypersurfaces V"( 1 )
pourlesquelles
unvecteur est concourant sur
Vn( 1 )
dans Conformément à la définition donnée dans[4],
on doit écrireA l’aide de
( 1 )
et(3)
on trouve que leshypersurfaces V"( 1 )
satisfaisant à( 11 ) possèdent
lespropriétés
suivantes :(i)
Elles sontéqui-affines,
c’est-à-dire la composante d’homothétieal (elle
estunique)
est un cobord.(ii) L’hypersurface isotrope
associée existe et si l’une deshyper-
surfaces du
couple ~V"(1), V~1)~
est presqueombilicale,
l’autre l’est aussi.De
plus,
dans ce cas la variétéspatiale
=V"( 1 ) n
est ombilicale.(iii)
Si le vecteur m coïncide avec~1,
alorsVn(l)
est presque ombilicale.Les
hypersurfaces isotropes
pourlesquelles
la relation(11)
estsatisfaite,
seront notées
8.
Supposons
maintenant que n =2q
+ 1. On peut dans ce cas définirsur
V"( 1 )
une structure presquecosymplectique
locale déterminéepar la 2-forme _ _ _ _ ..
de rang
2q
et par le covecteurcaractéristique a’,
soitFaisons
l’hypothèse
quel’hypersurface isotrope v2q+ 1(1)
surlaquelle
on adéfini la structure est presque ombilicale
(avec
p comme valeurcommune des
pseudo-courbures)
est du type et quel’hypersurface
associée est totalement
géodésique.
Dans ce cas, unchamp
horizontalquelconque
HX deC(F, 0153)
est unautomorphisme (local)
de =0)
si
203C103B1
1 est une formesemi-basique
de la structureSupposons
enfin que n’est pas presque ombilicale mais a la compo-Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section A
HYPERSURFACES ISOTROPES DE DÉFAUT
sante d’homothétie nulle. Dans ce cas, si la structure presque
cosymplec- tique C(F, 0153)
devientcosymplectique (d
A F =0, d
A cc~ =0)
alors 1est nécessairement presque minimale et son associée 1 est à
pseudo-
courbure moyenne constante.
BIBLIOGRAPHIE
[1] R. ROSCA, Sur les hypersurfaces isotropes de défaut 1 incluses dans une variété lorent- zienne, C. R. Acad. Sc. Paris, t. 272, Série A.
[2] W. ISRAEL, Differential forms in general relativity, Comm. of the Dublin Inst. f. Adv.
Studies, A, 19, 1970.
[3] Kr. AMUR, Vector forms and integral formulas for hypersurfaces in Euclidean space, J. Diff. Geom., 3, 1969.
[4] K. YANO, B. Y. CHEN, On the concurrent vector fields of unimersed manifolds, Kodari
Math. Sem. Rep., 23, 1971.
(Manuscrit reçu le 24 juillet 1973).
Vol. XX, n° 3 - 1974.