NOTE PRÉLIMINAIRE SUR UN LOCUS SUPPLÉMENTAIRE
DE GROUPES SANGUINS DES BOVINS, LE LOCUS T’
F. GROSCLAUDE
Anne LE
GRAND,
G. HOULIER,
G. RUFFET
Station centrale de
Génétique animale,
Centre national de Recherches
zootechniques, Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
Un nouvel
isoimmunanticorps bovin,
obtenu à deuxreprises,
détecte un facteurantigénique qui
n’est déterminé par aucun des dix loci de groupessanguins
actuellement connus. Cetanticorps
révèle donc l’existence d’un « nouveau
» locus,
dénommé T’. La recherche de liaisonsgénétiques
éven-tuelles entre le locus T’ et les autres loci est en cours. La
fréquence
du facteur T’ varie selon les races.INTRODUCTION
On
adécrit jusqu’à présent
dixloci contrôlant le polymorphisme antigénique
des hématies des bovins ;
ce sontles loci A, B, C, FV, J, L, M, S,
Z etR’ S’. L’exis-
tence
d’un onzième locus, le locus N, avait été brièvement signalée
auxÉtats-Unis (Mm,!,rR, ig6i), mais, selon ST ORMONT ( 19 6 4 ), les réserves d’anti-N
sontépuisées,
et
les essais de reproduction de
cetanticorps
ontéchoué.
On nepeut donc plus, à
l’heure actuelle, faire état de
celocus.
La présente
note apour
but designaler
lamise
enévidence
d’unonzième locus de groupes sanguins des bovins, que
nous avonsappelé T’ en suivant le principe de
la nomenclature utilisée jusqu’ici.
MÉTHODES ET RÉSULTATS
i. Obtention et
propriétés
del’anticorps
L’anticorps
anti-T’ a été obtenu unepremière
fois par isoimmunisation d’un bovin de race Nor- mande(n O z 35 8).
Son titre est de l’ordre de1/32 ,
et son affinitébonne, puisque l’hémolyse complète
des échantillons
positifs
est engénéral
réalisée trente minutes à une heureaprès
la distribution ducomplément ( 1 ).
Anti-’l’ a été obtenu une secondefois,
mais avec un titre de1/ 8
et une affinitémoindre chez un autre bovin de race Charollaise
(n O 34 6 1 ).
La
première préparation
d’anti-1&dquo;présente
laparticularité
d’être absorbable par des hématies que, parailleurs,
ellen’hémolyse
pas dans les conditions habituelles. Tout se passe donc comme si le test d’hémolyse d’unepart,
et le testd’absorption
d’autre part,permettaient
de définir unsystème triple
de sous-groupes linéaires.2
. Mode d’hérédilé das
facteur
7&dquo;Le mode d’hérédité du facteur’1&dquo; a été
analysé
dans la descendance deplusieurs
taureaux hété-rozygotes pour ce facteur et choisis de manière à ce que chacun des dix loci de groupes
sanguins
setrouve
également
à l’étathétérozygote
chez l’un au moins d’entre eux. Pour cetravail,
n’ont étéretenus que les
produits
dont on connaissaitégalement
le groupesanguin
de la mère.L’apparte-
nance éventuelle du facteur ’I&dquo; à chacun de ces loci était alors testée
séparément,
enanalysant
latransmission relative par le
père
des allèles du locus considéré et du facteur T’.A titre
d’exemple,
nous donnons les résultats obtenus dans la descendance d’un taureauqui
montrent que le facteur’f’
n’appartient
pas au locus 13(tabl. i).
Botons que, selon le tableau i, le facteur T’ n’a été transmis du
père
auxproduits
que 9foissur
2 6,
au lieu de i3en moyenne.Cependant,
cet écart n’est passtatistiquement significatif
au seuilde
5 p. i oo. Parailleurs,
il n’est pas observé dans d’autres famillesanalogues,
mais moins démons-tratives
pour cetexposé,
car d’effectifplus
réduit.Des résultats semblables ont été obtenus pour les neuf autres loci. Il en ressort que le facteur 1&dquo;
est déterminé par un locus différent des loci actuellement connus, le locus 1&dquo;. Le nombre de
produits figurant
dans les familles des taureauxhétérozygotes
esttrop
faible pour déterminer si ce locus est,ou non,
génétiquement indépendant
des autres loci.Cependant
nos données actuelles semblent indi- quer que s’il y avaitlinkage,
celui-ci ne serait pas étroit(!).
En ce
qui
concerne le déterminisme de «l’absorption
sanshémolyse
» nos données sont trèslimitées par suite de la relative rareté du
phénomène
dans les races considéréesjusqu’ici.
Nous avon?cependant
observé cequi
suit :- Cette
propriété
caractérise aussi bien des hématies d’animaux adultes que d’animauxjeunes :
il
n’y
a pas de substanceantigénique
T’ dans le sérumqui
se fixerait secondairement sur les hématies.comme c’est le cas pour le locus
J.
- Cette
propriété
ne se trouve que chez des individus dont un des parents au moins lapossé-
dait.
- Dans la descendance d’un taureau
possédant
cettepropriété,
la moitié desproduits
l’avaienthérité de leur
père.
( 1
)
Notretechnique d’analyse
a été décrite dans uneprécédente publication (G R Œ CLAliDE
et MILLOT,1962 Un test de X 2
avec correction de YATES, appliqué
aux valeurs du tableau
r <:ondnir;11 ii rejeter l’hy l o-
thèse d’association entre les loci 15 et T’.
3
.
Fréquence
dufacteur
T’La
fréquence
du facteur T’ varie d’une race à l’autre. Elle est de l’ordre de 0,10dans la raceNormande,
o,2o dans la raceCharollaise,
o,o2dans la race Frisonne et o,20dans la raced’Abondance,
race du
type
PieRouge
de l’Est.DISCUSSION
Le fait qu’anti-T’ puisse être absorbé
pardes hématies qu’il n’hémolyse
pasn’est pas
unphénomène exceptionnel
enmatière
de groupessanguins des bovins.
Nous avons observé un
phénomène
de ce genre àplusieurs reprises
avecdes anticorps
des loci
B etC.
Parexemple l’immunisation
avec lefacteur antigénique R,, du locus C, donne
souventnaissance
à unanticorps absorbable
par tousles échantillons
possédant le facteur R 2 , mais n’hémolysant
queles échantillons qui
sontR i . En
pour-suivant l’immunisation,
cetanticorps peut
alorsacquérir
lapropriété d’hémolyser
toutes
les hématies R 2 - Chaque fois
que nous avonsobservé
cephénomène
avec unanticorps de titre
etd’affinité valables,
bienentendu, il indiquait l’existence de
sous-groupes
linéaires, c’est-à-dire
unesubdivision allélique.
A la
lumière de
cesconsidérations,
nosdonnées
surle locus T’ indiquent
que celocus
estvraisemblablement
au moinstriallélique. Il doit être possible d’obtenir
un
jour d’autres immunsérums
et notamment unréactif hémolysant
tousles échan-
tillons qui absorbent anti-T’ provenant du bovin 235 8. Le système de
sous-groupessera
donc entièrement détectable
parla réaction d’hémolyse.
Récemment, l’existence possible d’un locus supplémentaire de
groupessanguins
des
bovins
a étéannoncée
parles chercheurs finlandais (M AlA r,A, y6!). La comparai-
son
de
ce locus avecle locus
T’n’a
pu encore êtrefaite.
Retu
pourptsblication
enjanvier r 9 6 5 .
REMERCIEMENTS
Nous remercions le Lr B. LARSEN de
Copenhague, qui
nous a fourni des échantillons d’anti-R’et S’
qui
nous ont été utiles pour ce travail. Nousexprimons
notregratitude
à notre ami C. BÉRAN-GER
qui, depuis plusieurs années,
nous agénéreusement
aidés en mettant à notredisposition
unimpor-
tant matériel animal.
SUMMARY
THE T’ LOCUS, AN ADDITIONNAI. LOCUS OF CATTLE I3LOOD GROUPS.
PRELIMINARY NOTE
A new
antibody, produced twice,
detects anantigenic
factor which is not determinedby
any of the ten blood group loci known in cattle. Thisantibody
thus discloses a « new» locus,
called T’.The search for a
possible genetic linkage
between this locus and the other ten blood group loci is still in progress. Thefrequency
of factor T’ variesaccording
to the breed.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
G ROS C L A U
nE
F.,
MILLOT P.,r 9 62.
Contribution â l’étude des groupessanguins
de la race bovine Monl- béliarde. Ann. Biol. anim. Bioch.Biophys.,
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Evidence for two new systemsof blood groups
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S TORM O
NT