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Nouvelles mesures de comparaison d’un certain nombre
d’étalons de radium
M. Legoin, J. Robert
To cite this version:
159 A.
NOUVELLES MESURES DE COMPARAISON D’UN CERTAIN NOMBRE
D’ÉTALONS
DE RADIUMPar M. LEGOIN et J.
ROBERT,
Laboratoire Curie, Institut du Radium.
Résumé. 2014
Exposé
des mesures effectuées pour la défintion de l’étalon de radium Hônigschmid 5427 propriété de l’U. R. S. S. Confirmation du défaut de masse présenté par l’étaloninterna-tional 5430.
Abstraet. 2014 Measurements were made on the radium standard Hônigschmid 5427, which
belongs to Russia. The mass defect of the international standard 5430 is confirmed.
PHYSIQUE li.
PHYSIQUE APPLIQUÉE TOME 25, NOVEMBRE 1964, PAGE
L’établissement d’un certificat international d’étalons de radium est actuellement un
problème
délicat. La commission internationale des étalons du Bureau International des Poids et Mesures
ayant
demandé à l’un de nous de secharger
d’unesérie de mesures concernant l’étalon n° 5427 acheté récemment par l’U. R. S. S. pour l’établissement
de ce
certificat,
nous exposons ici leprincipe
de laméthode que nous avons utilisée et le résultat due
nos mesures. ,
Historique.
- Laplupart
des étalons de radiumutilisés actuellement dans les différents pays ont
été réalisés en 1934 par
Hônigschmid. Ayant
puri-,
fié environ
1,3
g de chlorure de radium pourdéter-’
miner la masse
atomique
deRa,
ilpréleva
unepartie
de cese)
qu’il répartit
entre unevingt’aine
d’ampoules
de verre ; la masse de sel contenu danschaque
tube varie de 11 à 100milligrammes ;
cettemasse était déterminée par combinaison de trois
pesées
successives. Connaissant la masseatomique
du
radium,
on déduit de cespesées
la masse deradium contenue dans
chaque
tube,
laprécision
étant de l’ordre de2/1000.
Plusieurs de ces étalons furent
comparés
entre 1934 et 1940 par l’intermédiaire durayonnement
yextérieur,
laprécision
étantégalement
de l’ordrede
2/1 000 ;
aucun désaccordn’apparut
entre lesnombres donnés par
Hônigschmid,
et ceuxrésul-tant de ces
comparaisons
[1].
L’un de ces
étalons,
le n°5430,
fut alors choisicomme étalon international de radium.
Cependant,
laprécision
des méthodesd’inter-comparaison
des étalons par lerayonnement
yextérieur devenant
plus
grande,
certaines anomalies semblèrent semanifester,
et en1944,
MmeJoliot-Curie fut
chargée
par la commission internationale des étalons deradium,
d’établir et de fairecons-truire de nouveaux
dispositifs
decomparaison,
etde
procéder
à denouvelles
mesuresenglobant
leplus grand
nombrepossible
de ces étalons.Mme Joliot-Curie proposa l’utilisation de
chambres
cylindriques remplies
de gaz souspres-sion et montées en
compensation
[2].
Avec l’aide de l’Union
Minière
duHaut-Katanga,
ces chambres furent construites et étudiées à
Bruxelles par le Pr
Kipfer.
De 1951 à 1954plu-sieurs séries de
comparaisons
furentréalisées,
maisinterrompues
par la mort de Mme Joliot-Curie. Les résultats nefurent jamais
publiés.
Néanmoins ces mesurespermirent
d’établir que la masseindiquée
par
Honigschmid
pour l’étalon 5430(étalon
inter-national)
était manifestementtrop
faible.Les
intercompara;sons
par lerayonnement
y extérieur ne sont d’ailleurs pas à l’abri d’erreurssystématiques qui
risquent
de devenirimportantes
lorsque
les étalons à comparer sont de masses trèsdifférentes. Aussi avons nous
proposé
et réalisé en 1956 une nouvelle méthode decomparaison
utili-sant la chaleurdégagée
par ladésintégration
duradium,
chaleurqui
est directementproportion-nelle à la masse, à condition que les
temps
d’accu-mulation du Ra D + Po soit le même pour tous lesétalons,
cequi
est le cas pour les étalonsHonigschmid
[3].
Les
comparaisons
entre les étalons5430,
5422 et5438,
ontpermis
de confirmer le défaut de massedu 5430.
Peu
de
temps après
futentrepris
sousJ’égide
duNational
Bureau ofStandards ]
Washington,
unecomparaison
entre les étalonsHonigschmid
appar-tenant aux pays
anglo-saxons
et àl’Allemagne,
soit
les
étalons no 5437(Washington),
5440(idem),
5432(Angleterre),
5425(Canada),
5426(Allemagne).
Cettecomparaison
fut effectuée parplusieurs
mé-thodes :
rayonnement
yextérieur,
calorimétrie,
compteurs.
On en a déduit une sorte de valeurmoyenne
laplus
probable
pour chacun de ces éta- .160 A
Ions,
valeurqui
serait évidemment modifiée parl’inclusion dans la
comparaison
de nouveauxéta-lons.
C’est
pourquoi,
la définition d’un nouvel étaloncomme l’étalon national avec une
précision plus
grande
que celle despesées
deHonigschmid
devient délicate. L’anciennerègle
d’établissementdu certificat international d’étalon secondaire
(comparaison
avec l’étalon 5430 àParis,
et l’étalon5428 à
Vienne)
est maintenantpérimée.
Or,
cepro-blème s’est
posé
à propos de l’étalon 5427 acheté récemment par l’U. R. S. S. C’est ainsi que la , commissiondes étalons de radium du B. I. P.
M.,
.actuellement seule
compétente
pour l’établissement de ces certificats internationaux a demandé à l’unde nous d’effectuer une série de mesures en vue de
l’établissement de ce
certificat,
mesures que nous avons effectuées.Méthode de mesure
utilisée.
- Nous avonsrepris
pour effectuer cesmesures
la méthode demicro-calorimétrie
adiabatique
àcompensation
auto-matique,
déjà
utilisée par nous en 1956.RAPPEL DE LA MÉTHODE. - Les étalons à
com-parer sont
placés
successivement dans uncylindre
métallique
formant calorimètrequi
estsuspendu
par des fils de soie très minces dans une enceintede cuivre rouge étanche
placé
dans une cuve d’eau.Une
couple
cuivre-constantandisposé
entre lecalo-rimètre et l’enceinte débite sur un
galvanomètre
Kipp
type
KC : Une différence detempérature
de 10-3degré
se traduit sur une échelleplacée
à 2 mètres par undéplacement
duspot
de 5milli-mètres. La
manipulation
consiste à maintenirnulle,
ou tout au moins très
petite,
la différence detempé-rature entre le
bain,
doncl’enceinte,
et lecalori-mètre. Cette
compensation
s’effectueautomati-quement lors
du passage duspot
sur une cellulephoto
résistanteplacée
au zéro dugalvanomètre,
qui
déclenche l’admission d’une certainequantité
d’eau chaude dans lebain,
cequi
annule ladiffé-rence de
température
entre le calorimètre etl’en-ceinte. Puis le calorimètre continuant à
s’échauffer,
une nouvelle
élongation
duspot
provoque unenouvelle admission d’eau chaude. Le
spot
décrit ainsi un certain nombre decycles
d’une durée de2 minutes environ. Les différences de
températures
entre l’enceinte et lespot
sont alternativementpositives
etnégatives
et leréglage
del’appareil
consiste à rendre
égales
les deux surfacespositives
et
négatives
de la sinusoïde décrite par lespot.
Dans ces conditions les
échanges
de chaleur entrel’enceinte et le
calorimètre, déjà
trèspetits,
s’annu-lent exactement au cours d’un
cycle
et l’élévationde
température
du bain estégale
à celle ducalori-mètre. Cette élévation de
température
est mesurée par un thermomètre à mercuretype
Beckmanngradué
en centièmes dedegré.
AMÉLIORATIONS APPORTÉES. -
Depuis
les me-sures de1956,
desprécautions
particulières
ont étéprises
pour éviter toutéchange
de chaleur entre le calorimètre et le bain.On s’est d’abord assuré de l’isothermie du calori-mètre en
plaçant
uncouple
cuivre-constantan entrela
partie
centrale et le bord de ce calorimètre. Lesmesures faites ont montré que la différence de
température
n’excèdejamais
10-3degré.
Il a fallu ensuite vérifier l’isothermie de
l’en-ceinte
plongée
dans le bain et s’assurer enparti-culier de l’absence sur cette enceinte de
points
froids ou chauds
qui
auraient pu localiser deséchanges
de chaleur. Dans cebut,
on aplacé
uncouple
entre despoints
divers de cetteenceinte,
sur la
partie
latérale,
le fond et lecouvercle,
etmesuré à
chaque instant
grâce
au suiveur duspot
les différences de
température
pouvant
exister. Il est apparu que dans une cuve de 75litres,
unedifférence de
température
de 10-3degré pouvait
exister en moyenne dans letemps
entre deuxpoints
donnés,
avec despointes
à 3 X 10-3degré
aumoment de l’introduction de l’eau chaude.
Il a été
possible
d’annuler la différence detempé-rature moyenne et de réduire à 2 X 10-4
degré
lespointes
observées en utilisant un bain de 300 litreset en entourant l’enceinte d’un rideau d’air
com-primé,
l’eau chaude étant introduite par une cou-ronne extérieure à ce rideaud’air,
qui
provoquealors un
brassage
suffisant pour éviter que l’eauchaude
atteigne
unpoint privilégié
de l’enceinte.Nous avons utilisé comme calorimètre un
cylindre
d’or pur de 292 grammesremplaçant
lesanciens calorimètres de
plomb
susceptibles
d’appor-ter des
dégagements d’origine
chimique
lors de la variation de la teneur en C02 del’atmosphère.
E’nfin
l’adjonction
d’un suiveur despot
apermis
d’enregistrer
à
chaque
instant lefonctionnement
adiabatique
de l’installation.MESURE DES ÉLÉVATIONS DE TEMPÉRATURE DU BAIN. - Afin d’éviter les différentes corrections
thermométriques
(colonne émergente,
calibrage
dela
colonne,
etc...),
nous avons, dans lacomparaison
des différents
étalons,
mesuré lestemps
mispar la
colonne de mercure pour
gravir
un même intervallede
l’échelle,
soit undegré
dans le casprésent.
Lalecture du thermomètre était faite
chaque
fois aumême
point
ducycle,
enpratique
au moment dudéclenchement de l’électrovanne.
La mesure des
temps
a été faite au moyen dedeux chronomètres de
précision,
la variationhoraire de
chaque
chronomètre étant inférieureà
0,3
seconde ;
cette variation a été contrôléeentre le début et la fin de
chaque
mesure au moyende
l’horloge
parlante
de l’observatoire.z
CORRECTIONS DE MASSE
CALORIMÉTRIQUE.
- Laétalon est
indiquée
sur le certificatd’origine
déli-vré par
Honigschmid
accompagnant
chaque
étalon. Or cette masse varie considérablement d’un étalonàl’autre. Ces différences
pouvant
atteindre 100mil-ligrammes
sur une valeur moyenne de 300 mg, sontprincipalement
dues aux variations de la massedu tube de verre. La chaleur
spécifique
de verreétant de l’ordre de
0,2,
les écarts de la massecalorimétrique
des étalonspeuvent
atteindre0,02
cal. g, et ne sont pasnégligeables
devant lamasse
calorimétrique
ducylindre
d’orqui
estde l’ordre de
9,4.
Grâce àl’emploi
de notreméthode,
la seulequi
permette
de définir une massecalorimétrique
précise,
il a étépossible
de tenircompte
de cette faible différence de masse desétalons.
Étalons
mesurés. - L’étalon 5427 acheté parPU. R. S. S. a été
comparé
aux deux étalons 5422et 5438
propriété
du LaboratoireCurie,
à l’étaloninternational
5430,
et à l’étalon n° 5426obligeam-ment
prété
par le Pr Franz.Nous donnons dans. le tableau ci-dessous le
temps t
mis par le mercure du thermomètre pourparcourir
undegré.
Colonne 1 : Numéro de l’étalon.
2 : Masse totale de l’étalon y en milligrammes.
3 : Masse m de radium figurant sur le certificat Hônigschmid.
4 : Temps t en secondes.
5 : Élévation de température par seconde 6 = 11t.
6 : Élévation de température corrigée
g = (i Jt) (1 +
e). 7 : Masse de radium corrigée.CALCUL DE E. - Trois de
ces
étalons
ont trèsapproximativement
la même masse 292 mg ; le5426
présente
un défaut de masseàU
de70,5
mg, le 5422 un excès de masse de 52 mg. La massecalorimétrique
totale MC du calorimètre étant de l’ordre de9,4,
la correction’
e = 8.(U’c |MC (c, chaleur
spécifique
du verre)atteint-
0,00135
pour le 5426 et +0,000
90 pour le 5422.CALCUL DE LA MASSE DE RADIUM CONTENUE DANS
CHAQUE ÉTALON. - On calcule l’élévation de
tem-pérature
SO
queproduirait
l’ensemble des étalonscorrespondant
à la masse de radiumLm,
soit : Lerapport
donne l’élévation de
température
parmilligramme
de radium. La teneur réelle en radium de
chaque
étalon sera : .
Les masses de radium
corrigées
sont alors les suivantes :z
VALEUR CALCULÉE POUR JUILLET 1934
Conclusion. - La
comparaison
que nous avonseffectuée montre que l’étalon international 5430
contient bien une masse de radium
légèrement
plus
élevée que celle
qui
estportée
sur les certificatsHônigsehmid.
Elle définit en outre les autres étalons avecune
précision
de l’ordre de1/1 000.
Mais ce mode de définition d’un étalon par
rapport
à un nombre limité d’autres étalons ne nousapparaît
pas comme entièrementsatisfaisant,
cette définition
pouvant
êtrelégèrement
différentesi elle s’eifectue à
partir
d’une autre séried’étalons,
ce
qui risque
d’entraîner par la suite une certaineincertitude
quant
à la valeur admise.colla-162 A
tionner toutes les
intercomparaisons
effectuéesdepuis
1951,
intercomparaisons
comportant
uncertain nombre de termes communs, et éventuel-’ ]ement de susciter d’autres
intercomparaisons
com-prenant
des étalonsqui
sontrestés jusqu’alors
endehors de ces mesures. Il serait ainsi
possible
dedéterminer avec
précision
la masse de radiumeffec-tivement contenue dans l’étalon international
qui
retrouverait ainsi le rôle
qu’il
doitremplir
pour la définition des étalons secondaires.Manuscrit reçu le 17 mars 1964.
BIBLIOGRAPHIE
[1] CHAMIE (C.), J.
Physique
Rad., 1940, 8, 319. [2] CURIE (I.), J. Physique Rad., 1954, 15, 790.[3] LECOIN (M.) et ROBERT (J.), C. R. Acad. Sc., 1956, 242,