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Sur les égaliseurs de potentiel (Suite)

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HAL Id: jpa-00242224

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242224

Submitted on 1 Jan 1907

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Sur les égaliseurs de potentiel (Suite)

M. Moulin

To cite this version:

M. Moulin. Sur les égaliseurs de potentiel (Suite). Radium (Paris), 1907, 4 (2), pp.68-74. �10.1051/ra-

dium:019070040206801�. �jpa-00242224�

(2)

ions sont plus nombreux et plus lourds : plus nom-

breux, puisque le phosphore s’oxyde plus dans l’air humide que dans rair sec; plus lourds puisque la

condensation de l’humidité sur les oxydes du phosphore

alourdit assurément les particules.

Les nouvelles expériences et les nouvelles hypothèses

de M. Schmidt ne sauraient donc rien changer a mes

anciennes conclusions : il s’agit, dans le cas du phos- phore, d’une ionisation avec gros ions et non d’autre

chose1. 15 Janvier 1907.

Sur les égaliseurs de potentiel1 (Suite)

Par M. MOULIN.

[Laboratoire de physique du Collège de France.]

111.

-

Flammes

Dans le cas des flammes, la production des ions

est limitée à leur volume. Très mobiles ii ri n- férieur de la flamme, ces ions perdent leur grande mobilité aussitôt qu’ils en sont sortis el de-

viennent même, au bout d’un certain temps, moins mobiles que les ions ordinaires. Je rappellerai les

mesures de M. G. Moreau2 qui trouve, a l’intérieur des flammes salées, des mobilités de l’ordre de 1000

Fig. 14.

centimètres par seconde dans un champ de 1 yolt : cm,

pour les centres négatifs, et de 80 centimètres pour les positiis, alors que, dans les gaz chauds, ces mobi- lités tombent à 0,3 cm : s. à 10 centimètres et à 0,07 cm : s. al 40 centimètres de la flamme3.

Il c,ti résulte (Itie les ions qui sortiront de la t1annne

sous l’influence du champ seront entraînes par le cou-

rait d’air ascendant qui entoure la flamme et les gaz

chauds, el il est vraisemblable que, dans le champ hori- zontal, la perturbatiln prendra beaucoup moins d’llll- portance que dans le cas du radium.

Si, comme pour le radium, on explore le champ

entre les plateaux (Hg. 4) it l’aide d’une petite lanipe

a essence disposée à l’extrémité du tube d’écoulement,

ou trouve les résultats suivants :

1. Voir la première partie de ce mémoire, Le Radium. IV, page 6.

2. G. MOREAU. Ann. de Chimie et de Physique. sept. 1903.

3. Les ions ordinaires, cunnne par exempte ceux auxquels

nous avions all’aire dans le cas du radium, ont une mobilité de (le, l,J cm. : sec.

L’exploration du champ à l’aide de l’appareil à écou-

lement d’eau, en présence d’une flamme de gaz brûlant

horizontalement an bout d’un tube T (fig. 11) isolé et

à 30 centimètres des plateaux, a conduit a des résultats différant peu du potentiel Brai mesuré en l’absence de

la flamme. Le champ est très. peu perturbé; toutefois

l’indication de l’électromètre est assez variable et il est

probable que la séparation des ions ne se fait que plus halll, dans les gaz chauds, l’influence des charges séparées n’étant sensible à la hauteur de la flamme 1. 11. Schmidt insiste à plusieurs reprises sur un désaccord entre Harms et moi. Comme je ne prétends défendre que mes propres

opinions, je pourrais passer ce détail sous silence, si je ne t’avais déjà signalé moi-même et l’n même temps epliqué. Entière-

ment d’accord avec moi sur la nature du phénomène et sur les

mobilités des ions. M. llaruls trouBc au contraire un coefficient de recombinaison beaucoup plus grand que le mien. Cc coeffi- cient a été calculé il partir d’une expérience faile sous basse pression par extrapolation d’une lui théorique donnée par Lan-

gevin. Or cette loi est, inapplicable au cas du phosphore. Au contraire, j’ai mesuré directement le cocfiicient, il la pression

ordinaire par nne melhodc indépendante, et le nomin’e obtenu est parfaitement d’accord avec ce que l’ordre de grandeur des

mobilités permellail de prévoir. Ni la Liteorie, ni l’expérience ne me permettent donc de douter de l’exactitude du nombre que j’ai donné. Cette petite divergence ne me paraît d’ailleurs pré-

stlutcr (lu’une importance accessoire, et l’accord général entre les idées de Harms et les miennes subsiste. Je serais etonné que

M.Harms ait été plus que moi convaincu par les arguments nou-

veaux de M. Schmidt.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:019070040206801

(3)

69

que lorsque des courants d’air en modifient la répar-

tilioli. La courbe de la figure 1,’) donne la répar-

1ilion des potentiels en présence de la flamme placée à

40 centimetres au-dessous du jet d’eau (la courbe E correspond à un nouvel étalonnage du champ, le

tube T’ étant maintenu au potentiel qu’il prend

Fig. 15.

quand la flamme est allumée, puisque la perturbation

moyenne es) nulle). On voit que le champ tend :B s an-

nuler dans les gaz chauds.

Dans un champ llorüoni al, la perturbation intro-

duite par la flamme peut donc être considérée comme

nulle. Au contraire, dans un champ vertical, c’est-à-

dire dont les lignes de force sont parallèles à la vitesse des gaz chauds, il n en est plus de mcme et la per- turbation peut, comme nous l’allons voir, et comme

l’avait trouvé M. Henning, devenir très importante.

Les deux panneaux étant disposes horizontalement,

l’un au-dessus de 1 autre à 1 mètre de distance, l’un place sur le sol, l’autre isolé et charge, l’écoulement d’eau donnc, au milieu de la distance des plateaux, 25,5 volts, alors (me la flamme en indique 40. L’er-

reur est du même ordre quand on inverse le signe de

la charge et varie assez peu avec la longueur de la

flamme :

Pour préciser la cause de cette erreur, il nous reste à étudier la répartition du potentiel entre les plateaux

en présence de la flamme. A cet effet, l’appareil u

écoulement installé sur une petite plate-terme pouvait

se déplacer le long d’une glissière verticale dans les mêmes conditions (me sur le banc d’optique. Le jet se

brisait 011 gouttes très peu au-dessous de l’ajutage

d’écoulement et le point on se taisait la séparation de

ces gouttes était nettement visible.

L’étalonnage du champ (courbe E, tig. 1 G) a été fait

comme précédemment en maintenant te tube T’ an

potentiel indiqué par l’écoulement d’eau placé au même niveau, quand ce tube T’ est relié à l’appareil à écou-

lement. La courbe F donne la nouvelle répartition du potentiel en présence de la flamme.

On voit immédiatement que l’allure de cette courbe pst entièrement différente de celle des courbes obte-

nues pour le radium.

(La courbe R corres- pond au potentiel indique dans les mê-

iiies conditions on

présence d’une prise

de potentiel au ra-

dium (III) , rayon- nant vers le plateau supérieur). Il fau-

drait, pour interpré-

ter cette perturba-

tion uniquement par

une accumulation d’ions, supposer,

d’après le sens de la Fig. 16.

courbure, qu’il y a

des ions négatifs entre la flamme et le plateau néga-

tif. L’interprétation par une charge positive prise par la flamme et les gaz chauds en présence du champ

est au contraire immédiate.

Si, en effet, on porte la tige à l’extrémité de laquelle

brillait le gaz au potentiel de 40 Bolts, en remplaçant

la flamme et les gaz chauds situés en son voisinage

immédiat par un morceau de papier de forme ana- loguie, la nouvelle répartition du potentiel correspond

u la courbe tracée au-dessous dc F et (lui comprend la portion en pointillé. Cette portion pointillée se redresse

de plus en plus h mesure que l’on augmente la hau-

teur du volume occupé par le papier et l’on a la

courbe tracée en trait plein quand elle atteint une quinzaine de centimètres, c’est-à-dire quand le papier

occupe un volume un peu plus grand que le volume ou le champ était sensiblement nul.

La flamme se comporte donc, u peu de chose prt’s,

comme iiii volume équipotentiel qui prend le poten-

tiel d’une région située 23 centimètres plus haut.

Cette flamme est chargée positivement, les gaz chauds

emportent une charge positive dont la densité diminue

assez rapidement. Il est vraisemblable quc cette charge positive est due a ce que les ions négatifs sont éliminés

immédiatement sous l’influence simultanée du courant ascendant et du champ, alorsquelesionspositifs tendent

à être ramenés vers le bas par le champ. Par suite

de leur grande mobilité dans la flamme et en son wi-

sinage immédiat, les ions positifs obéiront surtout à

l’action du champ. sans pouvoir toutefois sortir par en

dessous, car étant aussitôt refroidis, ils seront enlevés

par le courant d’air d’alimentation. Finalement, !e

champ diminuant de plus en plus à l’intérieur de la

(4)

flamme sons l’influence de cette accumulation de

charges positives, il s’établira un régime tel que les ions positifs se déplacent vers le haut très lentement dans la flamme, puis de plus en plus ville, dans les gaz

chauds à mesure qu’ils s(’ refroidissent et que, leur mobilité diminuant, ils obéissent de moins en moins

an champ. 1)t’ plus, par suite de la charge accumulée,

les lignes de force devront se recourber vers les gaz chauds, mais les ions positifs qui tendraient à en sortir horizontalement sous leur influence seront emportés

par le courant ascendant, de sorte qu’il n’arrivera aucune

charge dans la partie inférieure du champ.

Le régime une fois établi, les gaz challds emportent

des cimrges positives et nébatiBes en quantités égales.

Arrivés au voisinage du plateau supérieur positif, ces

gaz s’étalant sur ce lllateau, tous les ions négatifs

viendront s’y décharger, alors que les ions positifs se répandront dans l’air de la salle. Apres une combus-

tion d’une demi-heure dans te champ, l’écoulement d’eau indiquait au milieu des plateaux, relies tous les deux au sol, un potentiel de 5 volts. Si après une

combustion d’une durée du même ordre que la durée d’une série de mesures, on refait rapidement une

nouvelle exploration du champ en l’absence de flamme,

on trouve des potentiels trop élevés partout de 1,5 ii

2 volts, ce qui permet d’expliquer l’écart des deux courbes (F et celle tracée à cote), tout au moins a11-

dessous de la flamme. Au-dessus, l’écart provient de ce

que les gai chauds sont chargés positivement sur une grande hauteur, par suite de l’augmentation de l’inten- sité du champ quand on s’élève ; les ions positifs,

bien que peu mobiles, peuvent encore être retenus et il s’ensuit que nous avons au-dessus de la namme des

charges positives en quantité décroissante il mesure

qu’on s’élève, ces charges ayant. Dans cette région,

une action complètement différente de ceUe du volume

équipotentiel qui remplaçait la flamme et les gaz chauds

dans le cas de la deuxième courbe.

L’erreur subsiste proportionnelle pour des champs plus petits ou plus grands que 60 volts par mètre,

comme le montre le tableau suivant. Ce tableau donne le potentiel mesuré il 33 centimètres du plateau infé- rieur; pour faciliter la comparaison, j ai porté dans la

colonne h, 1 1(’ produit de Y par le rapport du champ

de 60 volts par mètres au champ correspondant.

Les points 0 de la figure 16 correspondent u un champ de 500 volts par mètre.

Les flammes données par d’autres combustibles donnent des résultats analogues. L’acétylène indique

pour une flamme fuligineuse, dans lo champ de 500 volts par mètre et à 40 centimètres de hauteur.

150 volts au lieu de 100, la flamme étant horizon-

tale. Avec un ajutage très fin et une pressio suffi-

sante, on peut avoir une flamme non fuligineuse et on

mesure dans ces conditions :

La fumée très dense (lui s’échappait de la flamme n’avait donc aucun effet.

Poiir lcs liquides, tels que l’essence. l’alcool. etc., j’ai employé une petite lampe (formée d’un petit t1a-

con muni d’une mèche convenable) placée sur un sup-

port isolant pose sur le plateau inférieur. Le poten- tiel pris par cette lampe était compare au potentiel indique par un bout de mèche an nitrate de plomb à

5 pour 100, employé dans les conditions que j’indi- querai a propos des mèches, remplaçant la flamme. Le potentiel vrai, indiqué par cette mèche, étant de 25,5 BoIts, cjn avait avec :

La fumée (d’ailleurs beaucoup moins dense pour l’essence térébenthine que pour l’acétylène) a donc ici

pour effet de diminuer ta perturbation par suite de la diffusion rapide des ions vers elle dans la flamme. On

peut diminuer encore plus cette perturbation en faci-

litant le brassage des gaz chauds et di ta fumée, par

l’adjonction d’une cheminée avec admission d’air très

faible, comme celle de la lampe d’Exner. L’erreur,

dans ces conditions, est assez peu diminuée pour une flamme de gaz, alors qu’elle s’annule si l’on dispose

autour de la flamme du pétrole (petite lampe) un tube métallique de 1,5 centimètres de diamètre et de 10 centimètres de longueur (le potentiel Brai était

détermine, bien entendu, avec une mèche placée dans

le tube, quand la partie et) ignition arrivait au bord (te

ce tnbe).

La lampe d’Exner, qui possède une cheminée plus large (1 centimètres) donne un potentiel qui se rap-

proche d’autant plus du potentiel Brai qu’t’Hc file davantage. une flamme basse, cette lampe indi- quait 58 volts, el se mettait en équilibre en 30 ;1

1;) secondes; avec une flamme plus haute et donnant

de la fumée, elle indiquait 2(),5 volts, la mise en équilibre at’ faisant en un temps du même ordre. La mèche indiquait 21 volts an niveau supérieur de la

cheminée et 26,5 volh à 2 centimètres au-dessus. Cet

(5)

71

écart d’environ 2 centimètres est d’ailleurs peu modi-

fié par le vent, comme me l’ont montre les essais faits avec cène lampe à la Tour Eiffel; eUe peut donc

rentrer dans la constante do l’appareil, qu’il faudra

déterminer pour faire des mesures absolues. Cet

écart, indépendant, de la déformation du champ pro- duite par la lampe et son support, provient, comme

pour le radium, de ce que les lignes de force sont obligées de se recourber pour aller cherclier les ions

qui sortent de la cheminée. Avant que le vent l’ait

modifié par un soufflage suffisant des gaz chauds, la lampe s’est déjà éteinte.

Le vent a d’autant plus d’effet pour diminuer la

perturbation que la flamme est plus molle; pour qu elle disparaisse complètement, il faudra, en effet, d’après ce que nous avons vu, (pie la flamme se sous l’action du vent pour que la direction de la flamme et des gaz chauds soit à peu près parallèle

aux surfaces équipotcntielles. Pour la lampe à alcool,

la perturbation cessera pour un vent assez faible, inférieur à 1 mètre par seconde, alors que pour l’acé-

tylène, il faudra un vent de 1 mètre à 1m,50 suivant la vitesse des gaz.

Dans le cas oit le vent n’étaît pas absolument hori- zontal, j’ai obtenu avec une flamme d’alcool nue des

indications variant de à 1 GO volts en un point oil

le potentiel était de i40 volts, soit des écarts de 10 à 13 pour 100. suivant que la flamme rabattait ou se

relevait.

Il 1 faudra proscrire les lampes ou les gaz chauds ont

plusieurs issues possibles, si ces gaz chauds peuvent

sortir indifféremment par l’une ou par l’autre 1; le

potentiel correspondant aux différentes issues étant en

général différent, il en résultera des variations qui,

suivant les conditions, pourront être quelquefois con-

sidérables.

11 n’y a avec les flammes aucune fuite causée par les ions, qui sont ramenés par le vent sur les conduc- teurs reliant le collecteur il l’électromètre, comme Je l’ai constaté a l’aide du cylindre de Faraday.

Les ions sont trop peu mobiles et la mise en équi-

libre trop rapide, pour que cette fuite puisse prendre

une importance quelconque.

On voit donc que les flammes produisent, en l’ab-

sence de vent, des perturbations importantes qui dis- paraissent avec un vent siirfisant et horizontal. Seule la lampe d’Rxncr (oit analogues) pourra donner des résultats acceptables. Si le vent est trop fort pour

qu’elle puisse rester allumée, on pourra employer l’acétylène, mais seulement dans le cas d’un vent

horizontal. Au fond, les flammes demandent des

précautions analogues à celles qu’exigent les sels

de radium, tout en étant innniment moins prali-

ques.

1. Cas de la tampp du sortent Park Morill (États-Unis 1885- 1888).

IV. Mèches

Les mèches au nitrate de plomb indiquent, en gé- nrral, comme l’aBaient trouva M. Pellat et M. Le

Cadet, 11 n potentiel supérieur de quelques volts au potentiel de la cage de Faraday dans laquelle on les

fait brûler.

J’ai retrouvé llll résultat analogue : la mèche les charge positivement, indépendamment de tout champ extérieur, et cette charge est assez varialde au cours

de la combustion d’une même mèche. Elle dépend

surtout de la concentration (le la solution qui a servi

à imprégner le papier, de la nature de cc papier et de

la quantité de cendres qui recouvrent la partie en ignition. Elle dépend aussi des conditions dans les-

quelles sc fait la combustion, comme nous le verrons tout à l’heure.

be tableau de la p. 72 résume les résultats obtenus pour différentes concentral ions de la solution, en tai-

suant brûler la mêche 1 entre les plateaux qui m’ont

Serl1 précédemment, ces deux plateaux étant au sol.

Les nombres donnent l’excès du potentiel donné par

ces mêches sur l’indication de l’écoulement d’eau, indication inférieure à un Bolt, en général, mais

variant suivant la charge de l’air de la pièce.

Les mèches (lc coton an chronlate dc plo111b laissent heaucoup de cendres et se mettent très difficilement

en équilibre.

Les sels autres qU3 le nitrate d8 plomb donnent

d’assez mauvais résultats : le nitrate de baryte donne

des mèches qui fument beaucoup, laissent énormé- ment de cendres et se 111ettGllt mal en équilibre; le

nitrate de potasse donne des cendres fondues, cl le nitrate d’ammoniaque se décompose trop facilement,

avant le papier.

Les mèches au nitrate de plonlh, ao contraire;

brûlent très bien, les cendres qui, avec le papier

Herzélius sont presque uniquement de l’oBBde de plomb, sont très légères et tombent très facilement.

La partie en combustion se taille en pointe allongée.

En général, la charge spontanée est très irrégulière

et ne va pas toujours en augmentant ; le potentiel indi- qué subit des variations, énormes pour les grandes Coil- centrations, qui correspondent toujours à une projec-

tion de fumée et de gaz venant de l’intérieur. Le po-

tentiel, qui a auglnenté brusquement n la suite de cette projection, diminue ensuite plus lentement, la

mèche tend al se remettre en équilibre. Cette diminu- tion est d’autant plus rapide que la mèche est plus

1. Ces mèches étaient l’aites comme il suit: La feuille de

papier est découpée en bandes qui sont passées dans la solution puis mises tl sécher. Ces bandes sont ensuite roulécs en se ser- vant d’une aiguille u tricoter : pour 6ver l’extrémité ne lcl hnnde, on pent couper ceite extémité en beseau et collcr le dernier coin qui s’enronle à l’aide d’une étiquette, par exemple.

On ol tient ainsi des rouleaux qui ont pour longuer la lar-

getir le la bande (une vingtaine de centimètres) et Sa 12

millimètrr’s de diamètre suivant l’épaisseur du papier.

(6)

chaude et qu’il a moins de cendres, c’est-à-dire que la mèche se met plus vite en équilibre dans un champ. Les augmentations sont d’autant plus grandes

que les projections sont plus violentes.

Les mèches à 10 pour 100, qui ne se chargeaient

sensiblement pas à l’air libre, prennent une charge spontanée qui augmente progressivement si on les

fait brûler dans un cylindre de Faraday qui les pro-

Irge contre les courants d’air, et cette charge est

d’autant plus grande que le cylindre étant plus étroit

et plus haut les protège mieux. Les courants d’air, en effet, refroidissent la partie de la mèche que n’a pas

encore atteint la combustion et l’empêchent de sl’

décomposer trop tôt. En l’absence de courants d’air

froid, LI nh’cbe s’échauffe et la décomposition plus rapide (pli en résulte provoque des projections de gaz

comme il s’en produit avec les mèches plus concen-

trées. Ce phénomène devient surtout violent quand,

la mèche étant suspendue verticalement la pointe en bas, la ftul1ée et les gaz chauds l’enveloppent comme

d’une gaine; dans ce cas, la température devient telle,

Bers la lin, que la décomposition totale de ce qui reste

se produit brusquement et, à ce moment, la mèche

peut prendre un potentiel de beaucoup supérieur ;1

une centaine de volts 1.

1. Qui correspond probablement à la chute à zéro de l’elec-

de M. Le cadel en supposant son cyindre chrgé negdativement ,ce qui est vraisemblable d’après les rèsultats

que j’ai obtenus. V. p. 6.

Avec les mèches supportées par une pointe métal- lique qui rentre ii force, il se produit également une décomposition rapide,par suite de l’echauffement in- térieur qui se produit quand lapartie en ignitionarriBe

à cette pointe on de la détérioration du papier. Dans

le cas oit la pointe rentre librement sans frottement,

on n’observe aucune charge supplémentaire.

Il était intéressant de rechercher la cause de cette

charge spontanée. Si l’on fait passer les gaz qui pro- viennent de la combustion d’une mèche dans un petit cylindre de Faraday relié ii l’électromètre, on trouve.

en général, une charge négative. On peut se rendre compte d’un pou plus près du phénomène en em- ployant le dispositif delà fig. 17. Les gaz provenant de la combustion passent dans le lube de laiton F relié a l’électromètre et bourré de coton qui es[ des-

tiné à arrêter les charges; ces gaz sont entraînés par

un courant d’air produit à raide d’uiie lronlpe à t’an

et qui a été nitré sur le tampon (le coton C destiné à arrêter les ions (pu pourraient provenir de la flamme

qui servira il chauffer. Si 1 on place dans le tube de

verre V un hont de mèche ati nitrate de plomb et si

on chauffe le tuhc, on constate,au moment ou se pro- duit la décomposition de cette mèche une forte charge négative, puis, quand cette décomposition est terminée,

la combustion se déclare brusquement et la charge du

gaz devient positive. Si l’on introduit simplement du

nitrate de plomb dans le tube V, on observe encore ,au

moment de sa décomposition.,ne forte charge négative

(7)

73

Nous voyons donc ,d’aprs cela .que l’émission de

charges négatives provient de la décomposition du

nitrate de plomb qui a tien dans la partie de la mèche située immédiatement en arrire de la partie en com-

bution .Ces charges ,en passent travers la substance

poreuse de la mèche,different en grande partie vers

duc-teurs n’a aucune espèce d’influence .Avec les mcchps u o pur 100, la mise en équilibre était d’ail - leurs instantanée ,pour un de 1 in 50.

Dans le champ, horizontal ou vertical , la perturba

lion pst très sensiblement nulle pOllr lus mèches qui

ne « fusent » pas, en l’absence dti tout courant d’air.

Fi g 17.

elle, mais elles sortiront presque en totalité si les gaz

sortent avec une vitesse suffisante pour que cette diffusion n’ait pas le temps de se produire. Pour les

mèches de faible concentration qui ne fusent pas, il

ne sortira de charges négatives que celles qui ont

diffusé vers la fumée et ont été, pour ainsi dire, immo-

bilisées dans cette, fumée. L’émission de charges posi-

)IBes qui se produit pendant la combustion vive ne

prendra jamais mie bien grande importance; les gaz chauds qui proviennent de cette combustion ne con-

tiennent pas de fumée et ils perdent leur charge par

diffusion vers les cendres quand elles recouvrent la mèche. Si les cendres sont enlevées, le phénomène de

mise en équilibre domine et compense cette émission

positive. On peut voir cependant, dans le tableau pré- cédent, que cette émission peut dominer dans certains cas, par exemple pour une mèche de coton non tressée a 5 pour 100 qui laisse des cendres très po-

reuses pour laquelle les ga/ provenant 1 de la décompo-

sition intérieure trouvent une issue facile et sortent sans vitesse.

Lèvent rend la combustion superliciclle plus vieve,

et eiilène les cendres. Par suite du refroidissement

qu’il produit, la décomposition de la mèche iiest pas

plus rapide, de sorte (me la charge spontanée tendra

à s’annuler. La vitesse de mise en régime augmente énormément. Pour une mèche à 10 pour J 00, l’erreur provenant de la charge spontanée qui était de l’ordre du Boll, devient nulle pour un vent d’environ 1 ln. 50.

L’essai an cylindre de Faraday en grillage, fait dans

tes mêmes conditions (me pour le radium et la flamme , a montré que la fuite qui pourrait provenir d’un apport d’ions par le veut au voisinage des com-

En présence d’iiin vent suffisant pour enlever les cendres, elle est 1 absolument nulle.

Le tableau suivant donne la répartition du potentiel

entre les plateaux, déterminée comme précédem-

ment, une mèche en papier Berzélius norvégien a

10 pour 100 brûlant au milieu.

Les ions que le champ fait sortir de la par lie incan-

descente sont très peu mobiles et sont entraînes coni-

plètement par le courant asccndant de gaz chauds.

L’exploration du champ à l’aide d’une mèche ( 1() pour 100) conduit d’ailleurs n des résultats qui

ne diffèrent du potentiel irai que par une constante

additi;e, dc l’ordre du volt pour les mèches qui ne

fusent pas, et qui al sensiblement pour valeur la Baleur du potentiel que prend spontanément ta mèrhe en

brûlant entre les plateau au sol

(8)

On volt donc queu l’emploi des mèches conduira In1-

jours u d’excellents résultats si t’en emploie des

mèches de faible concentration qui ne fussent pas .On

utilisera au dehors des mèches 3 pour 100 par temps

calme et. en cas de vent, pour éviter une commbustion trop rapide, des mèches à 2 pour 100, de préférence

en papier Berzélius norvégien.

Ces mèches m’ont toujours donné, dans le vent, à

la Tour, le même potentiel (me l’écoulement d’eau et, tlans bien des cas, je les ai utilisées comme étalon.

Leur mise enéquilibre est d’autant plus rapide (lue la vitesse du vent est plus grande.

Au laboratoire, les mèches à 5 pour 100 se mettent lentement en équilibre; on peut cependant les utiliser

en envoyant dessus un courant d’air à l’aide d’un petit

ventlateur. On peut aussi se servir de mèches décon-

centration un peu plus grande (10 pour 100), a la

condition de faire la correction qui se déterminera soit

en annulant le champ, soit dans un cylindre de Faraday en grillage métallique, suivant les cas.

Le seul inconvénient de ces mèches est le déplace-

ment de la partie en ignition et, par conséquent, du point oil se fait la mise en équilibre. On évitera facile-

nlent cet inconvénient, dans le cas des installations

portatives, c’n disposant la mèche horizontalement an

bout d’unr tige horizontale isolée assez longue. 1)’ail- leurs, si l’on vent faire des mesures absolues, il fau- di-a s’arranger de façoll a ne pas déformer le champ

par la présence de conducteurs au sol. On utilisera,

par exemple, des supports entièrement isolants ou

bien on disposera la mèche horizontalement au inilieii d’un lil tendu entre deux piquets éloignés par rapport

à leur hauteur, avec isolant en haut.

Avec un vent suiffisant, la vitesse de mise en équilibre des mèches sera assez grande pour que la

déperdition possible par le fil soit absolument négli- geable.

Pour les installations fixes, il faudra que la partie

en ignition reste toujours au même point, ce qui exi-

gera un dispositif assez compliqué et délicat pour dévider la mèche. Il faudra rejeter tout dispositif flui

ne remplisse pas cette condition. Arl Pic du lVIidi, par

exemple, on emploie iiiic mèche de coton tressée

enroulée sur un rylindrl’ métallique d’une vingtaine de

centimètres de diamètre, isolé et suspendu à 1m,50 du

mur ct 3 mètres an-dessus du sol, environ. Par suite

dudéplacementdu point en ignition autour du cylindre.

l’écart total entre les indications obtenues de part et

d’autre de ce cylindre sera au minimum de t’ordre

de 20 130 c’est-a-dire de l’ordre de 13 pour 100 1. Les courbes présetent une variation périodique qui corres-

pond a la période de rotation du point en ignition et

pour laquielle il ne me semblepas nécessaire de cher- cher une autre interprétation.

Conclusion.

En somme, ces prises de potentiel, emplloyées dans

les conditions que j’ai indiqueés conduiront ;1 des résultatsaussi précis que l’écoulement deau les sels de radium, la lampe d’Exner et les mèches, pourront

être emplyés indifféremment pour des mesures faites ii l’aide d’une installation portative .Pour l’enregistre-

ment, seuls les sels de radium permettront d’avoir une

installations simples, n’exigeant 1 de survellance que

celle de l’élcctromètre.

J’ai uniquement cherché à déterminer les conditions de fonctionnement de ces collecteurs el j’ai montré quelles sont les perturbations a craindre, indépen-

damment de la déformation des surfaces équipoten-

tiellcs qui provient de l’introduction de conducteurs dans le champ. Cette déformation ne variera pas sous 1 innuence du vent et le champ s’obtiendra rn multi-

pliant l’indication obtenue par un coefncient con-

stant. Ce coefficient qui, pour les installations nBes

sera le coefficient de réduction au plan (qui tient compte de la présence des bâtiments), devra toujours

être déterminé pour permettre la comparaison des

mesures faites avec des installations différentes. 11 se

déterminera ;l l’aide de deux mesures simultnées, faites,l’une à l’aide de l’installation, l’autre en plaine.

Pour cette dernière, le mieux sera, comme nous

l’avons vu, d’utiliser les mèches, soit t en mesurant la différence de potentiel entre deux points de distance

connue en se servant de deux mèches soutenues par

une tige isolante, soit, chaque fois que cela sera

possible, en opérant comme je l’ai indiqué avec un

fil tendu, pour lequel la déformation du champ sera négligeable.

Décembre 1906

1. Elle sera plus grande palus suite de l’incurvtion des ligine

de force vers ke point en ignition , nécessaire ,comme dans le cas

des disques actifs, pour que l’équilibre existe .

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