Astérisque
J OSEPH O ESTERLÉ
Démonstration de la conjecture de Bieberbach
Astérisque, tome 133-134 (1986), Séminaire Bourbaki, exp. n
o649, p. 319-334
<
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319
DÉMONSTRATION DE LA CONJECTURE DE BIEBERBACH
[d’après
L. deBranges]
par
Joseph OESTERLÉ
(1)Séminaire BOURBAKI Juin 1985
37ème
année, 1984-85,
n° 649Pour toute
fonction
f : z~ 03A3 a zn ,
univalente (c’est-à-direholomorphe
et le
disque
unité de , etpouA
tout n ~1 ,
on a.
Cette très célèbre
conjecture
de Bieberbach([Bi], 1916)
a été démontrée par deBranges
en 1984. Enfait,
le résultat de deBranges
estplus
fort etentraîne,
outre celle de
Bieberbach,
de nonbreuses autresconjectures
de la théorie des fonc- tions univalentes(c. 6.
n°3).
Introduction
oo
L’ensenble des fonctions f : z t--~ E univalentes sur le
disque
D
= {z
I1),
telles queao (f)
= 0 eta1 (f)
= 1 , est traditionnellementnoté ~ (pour qui
en allemandsignifie univalente).
Il estconpact
pour latopologie
de la convergenceoonpacte
sur D(Koebe, 1907, [Ko]).
En par-ticulier,
pourentier
n ~0 ,
l’ensenble desa (f) (f
est une par-tie
oonpacte
de CI:.Bieberbach
([Bi])
détermine en 1916 la bornesupérieure
des~aa(f) ~ 1 (f
elle est
égale
à 2 et n’est atteinte que pour les fonctions dans~
de la formeK~ :
t z ~---~JR) . L’origine
de saconjecture
est une note de bas de1-e z~
page où il
suggère
que n= 1
estpeut-être
la bornesupérieure
desia~(f) ~ ( (f
E~
pourentier
n ~ 0 .Malgré
environ un millier d’articles parus sur lesujet,
seuls desrésultats
trèspartiels
avaient été obtenus avant lapercée
décisive de deBranges (en particulier
la
conjecture
n’était connue en toutegénéralité
que pour les coefficients d’indice n S6 ).
Le lecteur intéressé par les résultats concernant les fonctions univalen- tesauxquels
ces travaux ont conduit pourra sereporter
auxbibliographies
de[Be]
et
[Du] .
~~~ Les
n°s
6 et suivants du texte ont été remaniésaprès l’exposé oral,
pour y in- sérer une démonstration élémentaire du résultatd’Askey
etGasper
utilisé par deBranges.
1. Histoire de la
démonstration ( c. 6. [dB 1 ] , [dB 2])
En
janvier 1984,
deBranges
ramena la démonstration de laconjecture
de Bieber-bach pour le n-ieme coefficient à vérifier que certains
polynômes,
entièrementexplicites,
sontpositifs
sur[0,1] .
. Gautschi fit cette vérification pour n ~ 25 par ordinateur et se renditcompte
un peuplus
tardqu’en
faitAskey
etGasper
avaient démontré lapositivité
despolynômes
enquestion
dans un articleparu en
1976,
cequi
achevait la démonstration.Celle-ci,
assezlongue, s’appuyait
fortement sur lestechniques
introduites par de Branges dans son livre"Square
summable power series" et demandait àêtre éclaircie. Un séminaire
organisé
auprintemps
1984 à l’Institut Steklov deLéningrad, auquel
deBranges
fut convié à exposer sesrésultats, pemit grâce
no-tamment aux
participations d’Emel’anov,
de Kuz’mina et deMilin,
de confirmer etd’abréger
la preuve. Un manuscrit rendantcompte de
ces travaux futdiffusé, puis publié
par l’Institut Steklov sous lasignature
de de Branges. Son étude per- mit en août 1984 àFitzgerald
et Pormerenke([F;P])
d’obtenir de nouvellessinpli-
fications et de traiter les cas
d’égalité
laissés en suspens(résultats
obtenusindépendamment
parEmel’anov) :
c’est leurprésentation
que nousadoptons
ici.2.
Rappels
sur les résultatsde
BieberbachTHÉORÈME
1(Bieberbach, [Bi]) .-
Soit f :z ~ 03A3 anzn
unefonction
univalenteD. On CL
(a2~ _ 2~a~) .
On se ramène par translation au cas où ao = 0 . La fonction
f(z2) possède
alors pour seul zéro un zéro double à
l’origine.
Elle admet donc une racine carréeholomorphe
h sur D ; celle-ci estimpaire, univalente,
et s’écritL
c2n+1z2n+1
avecc21
= ai et2c1c3
= a2 . On conclutgrâce
au théorème sui-vant :
THÉORÈME
2 .- Soit unefonction
univalenteimpaire sur
D . On a
~C3~ _ (C1~ .
-1 _.1Il suffit
d’appliquer
le théorèmequi
suit à la fonction g : z ~c1h(z) ,
,dont le
développement
de Laurent auvoisinage
de l’infini s’écrit z -c3 c1
z-1 +....
THÉORÈME
3(dit
"del’aire")
.- Soit g : z - z+ E
unefonction univa-
n-0 n
D . L’aire de -g( - g( - D)
D)
est03C0(1 - 03A3
n=0n j n
n( 2 )
. On a enculier
(b1 ( _ E
n|b ( 2 _
1 .n=0 n
Notons
Cr
le oercle de rayon r, orienté dans le senstrigonométriqu~e.
Pourr > 1 , l’ aire du domaine de Jordan borné de frontière est
On conclut en faisant tendre r vers 1 .
Remarque
1.- Il résulte aussitôt des démonstrations ci-dessus que les seules fonc- tions f ~y
tellesque |a2(f)|
= 2 sont celles de la forme :Kl :
z 2014"z (1 - eisz)2 (avec
ôEn ) .
Signalons quelques conséquences remarquables
du théorème 1 :THÉORÈME 4
(dit
"duquart").- Soit
f : z~ 03A3
azn
uneD . Le rayon r de. la plus
grande boule
ouverte centrée en ao contenue dansf(D) vérifie |a1| 4 ~ r ~ |a1|
.On se ramené par translation et homothétie au cas où ao = 0 et ai = 1 .
L’application
g : z !2014~f (rz)
envoie 0 sur 0 et D dans D ; on a d~ncd’après
le lemme de Schwarz r= jg’ (0) ~
1 . Soit w un élément de 0152 -f(D) .
~
w2 w-f(z)
est univalente et sondéveloppement de Taylor
en 0 s’écrit w + z +
(~
+a~)z~
+....D’après
le théorème1,
ona !-!-+a~ ~ 2,
|1 w| ~ 2 + |a2| ~ 4
et|w| ~ 1 4 . L’inégalité 1 4 ~
r en résulte.THÉORÈME
5.-Pour toutefonction
f et tout z ED ,
on aIf(z)
1 Soit w un élément de D . Posons r =L’application
g : z iEn
appliquant
le théorème des ac~croissements finis àlog
f’(avec
la détermina- tion dulogarithme
pourlaquelle log f’ (0) = 0 ),
on en déduitet on conclut en
appliquant
une nouvelle fois le théorème des accroissements finis.2.- En fait on a mieux
(Grunsky, 1932, [Gr]) :
pour tout z ~D ,
l’en- senble(log (f(z) z) |
f 6}
est la boule fermée de centrelog ( 1 1-|
Z)
et derayon
log (1+|z| 1-|z|) (avec
pourdéterminations
dulogarithme
cellesqu’on .imagine) .
COROLLAIRE.-
compact (pour
latopologie de la convergence com-
-6a/L
D ).
D’après
le théorème5, tf
est une famillenormale,
donc relativementcompacte,
de fonctionsanalytiques
sur D . Soit f un élément del’adhérence
de .Étant
limite uniforme sur toutepartie compacte
de D d’une suite de fonctions univalentes sur D , la fonction f est univalente ou constanted’après
le théo-rème de Rouché. Mais on a
f (0)
= 0 et f’(0)
= 1 , de sorte que fappartient
à Ainsi
‘~, égal
à~ ,
estcompact.
3. Le théorème de de
Branges
et sesconséquences
Les coefficients d’une fonction f
~
sont très fortement liés à ceux de/f(z~) (racine
carrée normalisée par~f(0) = 1)
.,Posons en effetOn
obtient,
d’unepart
en élevant(6)
aucarrée
d’autrepart
enprenant
la dérivéelogarithmique
def(z2) z ,
les relationsVu le th. 2 et
l’égalité ~Ko(z~) = ~ z~+1 ,
il était tentant deconjecturer,
n=0
et Littlewood et
Paley
l’ont fait en1932,
que 1 pour tout n ~ 0 . Dès1933,
Fekete etSzegö
ont fourni uncontre-exenple.
A vu(9),
l’iné-galité !b ! ~
1 quesuggérerait l’égalité =1 + 2 E zn
est fausse en .n
Ko(z)
n-1général.
Le théorème de de Branges établit en fait la véracité d’une
conjecture
de Milin([Mi 2], 1971) qui
affirma que certaines moyennespondérées
des~bn~2 - 1
sont né-gatives :
THÉORÈME
6(de Branges).-
Pour tout entier n ~0 ,
on aNous démontrerons cet énoncé dans les numéros
qui
suivent. La motivationprinci- pale
de cetteconjecture
de Milin estqu’elle implique
l’énoncésuivant, oonjec-
turé par Robertson en 1936
([Ro 1]),
énoncéqui,
à son tour,implique
laconjec-
ture de Bieberbach en vertu de
( 8)
et del’inégalité
deCauchy-Schwarz :
THÉORÈME
7.-~=0 S |c2l+1|2 ~
~’~ n+1pour tout
n ~ 0 .m
(Lebedev-Milin, [Mi 1]
et[Mi 2]) :
posonsC=
i" .~=D S|c2l+1|2 .
D’après (9)
etl’inégalité
deCauchy-Schwarz,
on a pour m ~ 1et en effectuant le
produit
de cesinégalités
pour 1 S on obtientce
qui permet
de déduire le théorème 7 du théorème 6.La
conjecture
de Bieberbach a été successivementgénéralisée
parRogosinski (1943, [Rg]),
Rsbertson(1970, [Ro 2])
et Sheil-Small(1973, [S-S ] ) .
Leurs énoncés étantimpliqués,
comme ils l’ontmontré,
par laconjecture
deRobertson,
sont main-tenant démontrés. Pour les
formuler,
introduisons des fonctions de la formef ~ J , et où
(p:D ~ D et w : D ~ D sont des fonctionsholomorphes
avecw(0)
= 0 .THÉORÈME
8.- Pour t.oatefonction
g : z ~ 03A3a z appartenant à
et toutpolynôme 03BBn zn ,
on a(Lorsque
l’onprend
pourpolynôme zn ,
on obtientl’inégalité a ! S
nqui gé-
néralise la
conjecture
deBieberbach ; lorsque
l’onprend
pour g la fonctionKo :
z nzn ,
on retrouve un théorème de Bernsteinqui
affirme que pour toutpolynôme
P dedegré S
N on asup|P’(z)| ( _ N [ ).
zED zED
Écrivons
g sous la forme cp .f 0 w
aveccp,f,w
oontne ci-dessuset
posons P ( z )
= E 03BBnzn ,If (Z2)
= 03A3 cz 2n+1 ,
° Ledéveloppement de Taylor
n=0 n ’ n_p
2n+1
N-1 ~ zà l’ordre N en 0 de g
coïncide avec celui de h = (p.w .
2
et l’on a
donc,
pour z 6 (E de valeur absolue r 1 ,n--0
La fonction v :
2
estsous-harmonique
surD,
continue surD ,
1 doncmajorée
par la fonctionv ,
1harmonique
surD
1 continue surD
aveclaquelle
elle coincide surD -
D . On en déduitle théorème 7.
4.
Interprétation géométrique
de latopologie
de la convergence compa cte(d’après Carathéodory).
Considérons les deux espaces
topologiques
suivants :- l’ensenble
~
des fonctions univalentes f sur D telles quef(0)
= 0 et f’(0)
E muni de latopologie
de la convergencecompacte
sur D ;-
l’ ensenble 11
des ouvertssimplement
connexes de D distincts de C conte- nant0 ;
onle,
munit de latopologie engendrée
par lesparties
dela forme
(U
E|K
cU} ,
où K est unepartie oonpacte
et de la fonre{U
EUj V U} ,
où V est un ouvert connexe de C contenant 0 .Le
théorème
dereprésentation
deaffirme
que f ~f (D)
ut une de.U..
Le. de ce numéro estde
montrer q ue cette bijection est enun
homéomorphisme.
Nous ferons ceci en
plusieurs étapes :
a) l’application
f ~f (D)
dansU
est continue : Soit K unepartie compacte
de C et telle queK c f (D) .
Il existe[
tel que Ksoit contenu dans
l’image
par f de la boule ouverteB(O,r) . D’après
le théorè-ne de si g E
~
vérifieIg(z) - f (z)
1d(f (z) ,K)
pour Iz 1 = r , on a K cg (D) .
Ainsi(g
E cg(D))
est ouvertdans 1.
Il nous faut maintenant montrer que pour tout ouvert connexe V de C contenant0,
l’ensemble(g EIV
cg(D))
est fenné dansPuisque
V est réunion d’ouvertssimplement
connexes distincts contenant
0 ,
il suffit de traiter le cas où V est un tel ouvert. Soit alors (p : D V unebijection holomorphe
vérifiantcp(0) - 0
et(f)
une suite oonvergente de limite fdans % ,
telle queV c fn (D)
pour tout n. Soit z unpoint
de D. Il existezn
E D tel quefn (zn)
=cp(z)
et l’on a1 zn
1 ~ 1 z ld’après
le lerme de Schwarzappliqué
ànl
Une sous-suite de la suite(z)
a donc une limite l dans D et l’ona car la famille
(fn)
estéquioontinue.
Ainsi V est contenu dansf (D) .
b) IL séparé :
Soient en effetU,U’
deux éléments distincts deU;
ilexiste par
exemple
z E U - U’ . Choisissons un ouvert connexe V de U , conte- nant 0 et z, relativementcompact
dans U. Alors et{W
EW~
sont desvoisinages
ouvertsdisjoints
de U et U’ .c)
L’ action deR+
surU pan homothétie est
continue : il suffit de démontrer la continuité en unpoint
deR+
xli
de la forme(l,U)
car les homothéties deU.
sont deshoméomorphismes.
Soient K unepartie compacte
de U et V une par- tie ouverte connexe de C contenant 0 et non contenue dans U . Ils’agit
demontrer que M =
{(~,,W)
ER+
xU
IK c ÀW et est unvoisinage
de(l,U) .
Choisissons x dans V - U et une
partie
ouverte connexe relativementcompacte
V’de V contenant 0 et x. Il existe a > 1 tel que AKcU et pour À E
[a, ’,a] .
La réunion K’ des ÂK(À
E[a, 1,a])
est unepartie compacte
de etet
[
x(W E 1.l I K’
c W etW}
est unvoisinage
de( 1, U)
contenudans M .
d) L’application
deIL
dans IR*+qui à
U EU associe
lenayon peu)
de .2aplus gnande boule
auveu,te de centre 0 contenue U continue : eneffet, p(U)
péquivaut
à U , etp(U)
> péquivaut
àB(O,p)
c U .e)
de ladémonstration :
il résulte dec)
etd)
que lasurjection canonique
est une fibration triviale. Il en est de même de
of/IR*+ .
Pourmontrer que la
bijection
f ~ f(D)
est unhoméomorphisme de J
sur ilsuffit de montrer
qu’elle
induit unhoméomorphisme
deCJ
sur sonimage ;
or cettebijection
est continued’après a), J est compact (cor.
au th.5)
et11.
est sé-paré d’après b).
On
peut
résumer le résultatprécédent
comme suit : soient et f deséléments de
of , (Un)n~1
et U leursimages
dansU.
Pour que la suitef
oonverge vers f uniformément sur tout
compact
de D, il faut et il suffit que soient satisfaites les deux conditions suivantes :(i)
Toutcompact
contenu dans U est contenu dansn
pour n assezgrand ;
(ii)
Tout ouvert connexe contenant 0 et contenu dansn
pour une infinitéd’entiers n ~ 1 est contenu dans U .
lorsque
ces conditions sontsatisfaites,
pour toutepartie compacte
K de U, lesapplications
z ~ f-1n(x) de K, dans D(bien
définies pour n assezgrand d’après (i)) convergent
uniformément versl’application
z ~f (z)
sur K : la convergence
sinple
a essentiellement étéprouvée
ena)
ci-dessus et onen déduit aussitôt
l’équioontinuité
de la famille en toutpoint
deK, puis
la convergence uniforme.~
n5. La méthode de Löwner
(1923,[Lôl)
La méthode de
IDwner,
introduite initialement pour démontrer laconjecture
de Bieberbach pour le troisièmecoefficient,
s’est avérée l’outil essentiel de la dé- monstration de deBranges.
Sonpoint
dedépart
est la remarque suivante :Lemme 1.- Avec notations du n°
4, l’ensemble u*
dea ouverts U Eu qui
sontavec y :
application injective,
continueet
propre ( "atce
de Jordanpartant
à densedans 11.
De la
description
concrète de la convergence dans donnée à la fin du n°4,
on déduit que l’ensenble des ouverts bornés de 0152 contenant 0 et dont la fron- tière est un arc de
Jordan,
est dense dans1~.
Soit U un tel
ouvert, 1:1
une demi-droite ne rencontrant Uqu’en
sonorigine
A et y uneparamétrisation
de U - U par telle quey(0) =
A . Lecomplémentaire U
dans ~ deo U
Y~[0,l--n appartient
à~.*
et tend vers Ulorsque
n tend vers l’infi-ni, d’après
le critère de convergenceindiqué
à la fin du n° 4. D’où le lemne.Du lemme 1 et du n°
4,
on déduit que l’ensemble~*
des fonctions fE ~
tel- les quef(D) appartienne
à~,*
est dense dans‘~ .
Le théorème suivant montrequ’une
telle fonction est élément d’une famille à unparamètre
de fonctions uni va-lentes sur D satisfaisant un certain
type d’équation
aux dérivéespartielles.
THÉORÈME
9[Lô]) .-
Soit f un élémentde tf* .
Il existe une(ft)
~U de une de.[0,oo[
dans le cerclea)
Onft(0)
= 0 etft(0) = et
pour tout t ~ 0 ; ib)
~nf o
= f ;c) (z,t) ft(z)
de C’’ bun D x sa-aux dérivées
Par
hypothèse f(D)
est lecomplémentaire
del’image
d’uneapplication injecti-
ve continue et propre y :
[0 ,ce[
--i ~ . Pour tout t ~0 ,
notonsft
la fonc-tion univalente sur D caractérisée par
ft(0) = 0, ft(0)
>0 ,
Y([t,~[) .
Elledépend
continûment de td’après
le n°6,
etfo
estégale
à f .L’application
continue t I---~ft (0)
est strictement croissante(ap-
pliquer
le lemme de Schwarz à pour t >_s )
et tend vers +celorsque
t tend vers +ce
(th. 4). Quitte
à modifier leparamétrage
de y , onpeut
doncs’arranger
pourqu’elle
soitégale
à t~---~et .
Les conditionsa)
etb)
sont alors satisfaites.Pour établir
c),
nous allons utiliser les théorèmes deprolongement
au bord deCarathéodory : l’application ft
seprolonge
en uneapplication
continueft : D ~ P1(T) ;
il existe ununique point À(t) (resp. u(t) ) )
de D-D dontl’image
parft
esty(t)
et la restriction deft
à chacun des deux arcs fermés deD- D
d’extrémitésÀ(t)
etu(t)
est unhoméomorphisme
decet arc sur U .
Fixons s ~ 0 et soit t > s .
L’application ftlo f
est unebijection
biho-lomorphe
de D sur D -et se
prolonge
en uneapplication
continue
cpt
de D surD ; si
Bst désigne
l’arc ona et
( cp ( z ) I = 1
pour ,~ r~~z E D - D - BSt ’
s~La fonction
LZ
seprolonge
en 0 où elleprend
la valeures- t , et ne s’an-
nule pas sur
D .
Notonslog (03C6t(z) z)
la déterminationholomorphe
de sonloga-
rithme
qui
vaut 5- t en 0 . On a, pourw E D,
En
particulier
la masse totale de la mesurenégative loglcp w (u)I 2014~-
sur Best s-t
(prendre
w = 0 dans(11) ) .
Soit z unpoint
de D . Pour t>s suffisammentproche
de s , on a z Ecpt(D) (of.
n°6). Appliquons l’égalité (11),
divisée par s - t , à w =
(p 20141 (z) ~
,puis
f aisons tendre t vers s .Puisque
Bst
tend vers{~, (s ) ~
et vers z( c~.
n°6 ) ,
le membre de droite tend tend vers~’ (s) + z .
Parcomparaison
avec le membre degauche,
on en déduit que_1
~,(s) _
zJ~(s)
+ zt ~
cpt ( z )
a une dérivée à droite en ségale à 03BB(s)+ 03BB(s) - z
z et par suitel’ ap-
plication
t ~ f(z)
- fS (cptl ( z ) )
a en s une dérivée à droite satisf aisantNous reconnaissons
l’équation
aux dérivéespartielles (10).
Pour cequi
concernela démonstration du théorème de de
Branges,
la version affaiblie du th. 9 obtenuejusqu’ici
suffirait. C’estpourquoi
nous renvoyons le lecteur à[Du]
pour la dé-monstration,
un peutechnique,
de la continuité de .B.. Une fois cette continuitéacquise,
on déduit de(12)
et de laoontinuité, déjà
connue, de(t,z) 2014~~
quel’application (t,z)
-ft(z)
est de classe CT’(une
fonction d’une variable réelle admettant une dérivée à droite continue est dériva-ble ) .
6. Démonstration du théorème de de Branqes
A) Étude
d’un certainsystème
différentielSoit suite de fonctions de classe C1 de
dans IR ,
nulles(identiquement)
pour n assezgrand.
Nousdéfinirons,
pour tout nombre réel t >_0,
une fonction
Bt
surl’espace
V des suites de nombrescomplexes ? )
~1 à sup-port
fini par~ n-1
La motivation de oette défi.nition
apparaîtra
naturellement dans la démonstration du théorème de deBranges
enB),
et le lemme suivant yjouera
un rôle clé.Lemme 2.- Les
conditions suivantes sont équivalentes :
(i)
an a >_ 0 pour tout t ~ 0 et E V .(ü)
Les fonctionszn
sontdécroissantes
et elles sont solutionsdes systèmes équivalents
Lorsque eu conditions sont satisfaites, on. a, pour tout t z 0
EV,
M n-1 ~
boit un entier tel que
1 n
= 0 pour n > N . Posons pour et an = 0 pour n > N . La fonctionBt
estpolynomiale
dedegré
2sur
l’espace
vectoriel réelsous-jacent
à V et s’annule aupoint
a = .Pour
qu’elle
soitpositive
sur V , il faut donc et il suffit que :a) dérivées partielles ~Bt ~03B2n
b annulent en a , cequi
se traduit par le sys- terned’équations (14) ,
manifestementéquivalent
à(14 bis) ;
b)
sa partiehomogène Et
tde degné
2 soit positive sur V . Or sifl
=n est un élément de V et si l’on pose
y
~= E ~~ ~=1 ~
pour tout n ~0 ,
on aet
lorsque (zn) ~1
satisfait( 14 bis),
la seconde sonne s’écritLa
positivité
de cetteexpression
pourtout f3
E V et tout t ~ 0équivaut
à ladécroissance des fonctions
T
pour n ~ 1 .Ceci prouve
l’équivalence
des conditions(i)
et(ii). Lorsqu’elles
sont satis-faites,
on a =Bt(f3-a) d’après
cequi précède
et(15)
résulte de(16).
Supposons
que la suite soit solution de(14 bis).
Si l’on choi- sit une fonction To : : ---~ ~ telle quei~
= L1 et si l’on posez-n
=-cn
pour n ~1 ,
on aCeci
s’interprète
en disant que la fonction = S T satisfaitl’équa-
tion aux dérivées
partielles ~u ~t
= z donc est de la formeP(e-t (1-z)2 z),
où P est un
polynôme.
Les fonctionsT
sont liées aux coefficients dupolynôme
P=
S a Xm
par les formules_
On a en
particulier lim in(t) = 0
pour tout n > 1 .t-+oon
B)
leprincipe
de la démonstrationPROPOSITION 1.-
(in) ~1 de
C ~de
dans
IR ,
nulles pour n assezgnand, satisfaisant les
conditionséquivalentes
dulemme 1. Pauh toute
fonction
f~ J , les coefficients
de laz
f’(z) f(z) = 1+2 03A3
b zIl suffit de démontrer cette
proposition lorsque
fappartient
au sous-ensemble denseJ* de J
introduit au n° 5. Considérons alors une famille de fonctions satisfaisant les conclusions du théorème9,
et posonsf.(z)
co -z
-p-~-. )
=1+2 E b(t) z .
Pourchaque
entier n ~ 1 ~ la fonction t 2014~ b(t)
n=l ~
~est de classe C1 sur
[0,+~[ ;
elle est bornée car les fonctions e-tft
appar-tiennent
à y qui
estcompact. L’équation
aux dérivéespartielles (10)
s’écritr ce
Etudions la fonction 03C6 : t ~
03A3 r (t) ( ( b (t)|2-1).
Elle est de classe C1 ° sur et sa dérivée estégale, d’après (22), à Bt
estdéfini par la formule
(13).
°Puisque
la suite ~1 satisfait la condition(i)
du lennie2,
la fonction cp est croissante sur[ 0,-~[ .
D’autrepart,
cp tendvers 0
lorsque
t tend vers +- , car les fonctionsZn
ont cettepropriété ( e~ . A), remarque).
Il en résulte que(p(0)
estnégatif,
d’oùl’inégalité (20).
L’application
n~1 ~(03C4n(0))
n~1 est unebijection de l’ensemble
des suitesde fonctions de classe C1 de
[ dans ]R ,
nulles pour n assezgrand,
so-lutions du
système
différentiel(14), sur
l’ensenble des suites àsupport
fini de nombrescomplexes.
Enparticulier
il existe pourchaque
entier N ~ 1 uneunique
telle suite vérifiant
On en
déduit,
en utilisant(14)
ou(14 bis),
que l’on aet la suite est
également
solution dusystème
différentiel(l4).
Nous construirons en
C) , pour
tout entier N >_ 1 , une suite de fonctions, solution du
système
différentiel(14),
etqui
satisfait les deux exi- gences suivantes :a)
Les fonctionson
N sontpositives
sur[0,+~[ ;
b)
Pour n entier ~ N de mêmeparité
queN ,
est non nul et fonc- tion croissante de n . Pour les autres valeurs de n , on aon N ( 0 )
= 0 .Compte
tenu deb )
et de la formule( 24 ) ,
une récurrenceimmédiate
sur N montreque la suite est combinaison linéaire à coefficients
positifs
dessuites
(03C3n ,M)
n~1 , où M décrit l’ensemble desentiers ~
N de mêmeparité
que N . On en
déduit,
en utilisanta),
que les fonctionstn
N sont croissantessur
[0~+oo[ .
Le théorème de deBranges
s’obtient enappliquant
laproposition
1à la suite pour tout N >_ 1 .
C)
Construction des fonctionsQ n,N
_( 2 - ) N
Soit N un entier ~ 0 . Posons = 2
N (x2-1)N N! .
En dérivant m + 1 foisl’équation
différentielle(1 - x2)y’ +2Nxy
= 0 satisfaite paruN ,
onobtient,
pour tout entier m >_
0 ,
Définissons,
1 pour n 1 des fonctionsa n, N:
:[0,ce[
---~~ parCes fonctions sont
positives .
Montrons que l’on a,quel
que soit nE ~ ,
C’est évident pour n > N et n N : en effet
o ~
est nulle pour1nl
> N etproportionnelle
à e -Nt pour I n I - N .Enfin, pour -N ~
nN ,
, lep remier
membrede
( 27 j s’ écrit,
enposant
pourabréger
x =1- é t
et v =~~n~ ,
et sa nullité résulte de
(25) , appliqué
avec m = N + n .Un calcul immédiat montre que l’on a
On constate sur cette formule que
l’exigence b)
formoulée à la fin deB)
est biensatisfaite par les suites . C.Q.F.D.
La formule
(28) peut
se résumer parLa remarque de
A) permet
d’en déduire la sériegénératrice
et les formules
explicites
poura n, N N)
7. Deux remarques sur la
démonstration A) Amélioration
desinégalités
de deBranges
Pour tout entier N ~
1 ,
la suite defonctions ( o
satisfait les conditionséquivalentes
du lemme 2. Enappliquant
à ces suites laproposition 1,
on obtient les
inégalités :
etc. Les
inégalités
du théorème de deBranges
sontplus
faibles que lesprécédentes,
puisqu’elles
s’en déduisent en en prenant des conbinaisons linéaires à coefficientspositifs (c~.
6.B) ) ,
à savoir(Ii), (I2) , (I3) + 6(Ii), (I4) + 18 (I2) ,
etc.B)
Liens avec lesrésultats d’Askey
etGasper
Came dans la remarque de
6, A),
il estagréable
d’étendre la définition des donnée pour n ~ 1 en6, B),
à toute valeur de ndans % ,
enimposant
àla famille d’être solution de
(17),
’ àégale
àz’ n,N
, età de
prendre
en 0 la valeur 1 ou 0 suivant que N estpair
ou’irpai.r.
On a
alors, d’après (24),
La
remarque de A) permet
d’en déduire la sériegénératrice
et les formules
explicites
pour03C4’n,N ( ! n !
_N)
La
positivité
du nombre de droite de( 34 ) ,
que nous avons établie au n°6,
n’est pas évidente a Elle a été démontrée pour lapremière
fois parAskey
et Gas-per dans
[A;G]
en 1976 : ils s’étaient trouvés confrontés à cetteexpression
en rai-son de ses liens étroits avec les
polynômes
de Jaoobi. Mêmesimplifiée
parGasper ([Ga]),
leur preuve estlongue et technique.
Elle consiste à établir tout d’abordl’égalité (31)
en se servant d’une formule deClausen, puis
enpartant
des expres- sions(31)
et(34),
à montrer quetn N
est combinaison linéaire à coefficientspositifs
deso pair) :
tAskey
etGasper prouvent
pouroela,
paréchange
de sommations et en utilisant une identitéremarquable
satisfaite par les fonctionshypergéométriques
detype 5 F4 ,
, que l’on a8. Les cas
d’égalité
Soit f : z
~ 03A3
azn
une fonctionappartenant
àJ .
Comme au n°3,
posonsSoit n un entier ~ 1 .
L’égalité la J
= n+1implique 03A3|c2l+1|
=n+1,
qui
à son tourimplique 03A3 (y -
= 0(of.
n°3).
Enfin cette der-nière
égalité
n’estsatisfaite, d’après
le lemmequi suit,
quelorsque |a2| =2 ,
c’est-à-direlorsque
f est de la forme z avec ~3R(n° 2,
remarque
1). (1-e z)
Lemme 3.- Sous les
hypothèses de
laproposition 1,
et en~e
n’ e~~
e~ b.~I aZ I 2 ,
lesecond
membne
de(36)
strictement négatif.Pour prouver
l’inégalité (36),
il suffit par continuité de traiter le cas où f.E!f* . Adoptons
alors les notations utilisées dans la démonstration de la propo- sition 1. Pour tout t ~0 ,
on aIb; (t) 1 S
1(théorème
1appliqué
àft)’
d’où1 =
Ib~
+1 I 2 , puis ib~ (t)
1 sIb~ (4)
1 + 2t =(a2 ~
+ 2t . De la for-mule donnant
cp’
et de(15) ~
on déduitalors,
pour 0 St _ a ,
et
puisque
cp estnégative
surCeci prouve
(36).
Nous savons que les fonctionszn sont, pour
tout n ~ 1 , despolynômes
sans terme oonstant en . Si la fonction était nulle sur un in- tervalle[O,a]
avec a >0 ,
on en déduirait par récurrence sur n , en utilisant(14 bis),
que les fonctionsn
sont toutesidentiquement
nulles. La dernière as-sertion en résulte.
Conclusion
De
façon surprenante,
laconjecture
de Bieberbach a finalement été démontrée parune méthode élémentaire et
naturelle,
euégard
à cellesgénéralement employées
dans la théorie des fonctions univalentes. Il semble que l’idée nouvelle ait sim-
plement
consisté à introduire des fonctionspoids dépendant
de t .Quelles
sont lesconséquences
de laconjecture
de Bieberbach ? Apart
cellesdéjà
démontrées par d’autres méthodesauparavant,
engénéral plus compliquées
que celle de deBranges,
elles semblent pour l’instant peu nombreuses. A titre anecdo-tique, signalons cependant
que dans certainsalgorithmes
récents de recherche des racines d’unpolynôme complexe,
les constantesthéoriques
mesurant l’efficacité d’un telalgorithme
se trouvent améliorées[ Sb; S ] .
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Jussieu75251 PARIS Cedex 05