PROJET DE RECHERCHE SUR LES NICHOIRS À CHAUVES-SOURIS
RAPPORT FINAL POUR
LA FONDATION DE LA FAUNE DU QUÉBEC ET
HYDRO QUÉBEC
Préparé par:
Dr. Donald W. Thomas
Croupe de recherche en écologie, nutrition et énergétique Département de Biologie
Université de Sherbrooke Sherbrooke, Qc J1K 2R1
et
Michel Delorme Conseiller Scientifique
Biodôme de Montréal 4777, Pierre de Coubertin
Montréal, Qc Hl V 1B4
avril 1997
.-TABLE DE MATIÈRES.
1. RÉSUMÉ DU PROJET
1. LE CONTEXTE DE CES RECHERCHES ET DE CE RAPPORT 1.1 L'État des populations des chauves-souris en Amérique du Nord 1.2 La nécessité d'un plan de redressement et les actions impliquées
1.3 Les actions menées au Québec et les objectifs de ce projet de recherche 2.0 LES MÉTHODES ET L'ÉCHANTILLONAGE UTILISÉS DANS CETTE ÉTUDE
2.1 Approche expérimentale: l'installation des nichoirs sur les emprises d'Hydro Québec
2.2 Approche expérimentale: évaluation de l'activité sous les lignes à haute tension 2.3 Approche Sondage: Entrevues téléphoniques avec des particuliers et visites sur
les lieux 3.0 RÉSULTATS
3.1 Évolution du patron d'occupation des nichoirs
3.2 Caractéristiques influençant l'occupation des nichoirs 3.3 Activité des chauves-souris sous les lignes à haute tension 3.4 Les nichoirs posés par les particuliers: sondage téléphonique 3.5 Les nichoirs posés par les particuliers: visites sur les lieux 3.6 Les profiles de température dans les nichoirs
4.0 DISCUSSION
4.1 Utilisation des nichoirs en milieu naturel 4.2 Utilisation des nichoirs posés près des maisons
4.3 Les conditions thermiques et l'occupation des nichoirs 5.0 CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
6.0 REMERCIEMENTS 7.0 LITTÉRATURE
ANNEXE 1. Description des coûts
ANNEXE 2. Informations et publicité découlantes de cette étude
ANNEXE 3. Identification des poteaux de distribution ayant des nichoirs ANNEXE 4. Identification des poteaux de distribution ayant des nichoirs
L RÉSUMÉ DU PROJET
Les populations de chauves-souris sont en déclin à travers l'Amérique du Nord. Depuis les derniers 40 ans, la Chauve-souris mexicaine, la Chauves-souris grise et la Chauve-souris d'Indiana ont tous connu des baisses de 75 à 95 pour cent de l'effectif de leurs populations. En 1997, les agences de conservation des différents gouvernements américains et canadiens
considèrent que plus de 50 pour cent des espèces de chauves-souris en Amérique du Nord ont besoin d'une protection et même d'un plan de gestion pour survivre.
Une des actions qui peut aider à la conservation des chauves-souris est l'installation des nichoirs en bois. En offrant des endroitS où les femelles peuvent se regrouper et former des colonies de maternité, les nichoirs peuvent potentiellement contribuer au renforcement des populations. C'était dans cet esprit de conservation que le Biodôme de Montréal a lancé son programme de distribution de nichoirs à chauves-souris au printemps 1994. Dans les premiers deux ans de ce programme, le Biodôme a distribué plus de 400 nichoirs à travers le Québec.
En 1995, la Fondation de la Faune du Québec et Hydro Québec ont réunit leurs efforts pour financer une étude d'une durée de deux ans sur l'utilisation des nichoirs par les chauves- souris au Québec. Ainsi, Donald Thomas de l'Université de Sherbrooke et Michel Delorme du Biodôme de Montréal ont installé des nichoirs sur 66 pylônes d'Hydro Québec et sur 30 poteaux de distribution afin d'étudier le taux d'occupation et de savoir quelles espèces de chauves-souris sont attirées vers les nichoirs. Ces deux chercheurs ont également suivi l'occupation des nichoirs installes sur les terrains privés pour compléter l'information.
Les chauves-souris ont rapidement trouvé et occupé les nichoirs installés sur les pylônes et les poteaux d'Hydro Québec. Au cours des deux ans de l'étude, les chauves-souris ont utilisé 58% des nichoirs installés sur les pylônes et, 26% des nichoirs sur les poteaux. Les nichoirs situés dans des milieux forestiers et à moins de 300 mètres d'un plan d'eau connaîssent un taux
d'occupation plus élevé que ceux qui sont loin de l'eau ou situé dans des champs.
Bien que les chauves-souris utilisent les nichoirs, le nombre d'individus par nichoir est très faible. Dans la vaste majorité des cas, il n'y a pas plus qu'un ou deux individus dans un nichoir. Trois espèces, la Petite chauve-souris brune, la Chauve-souris nordique et la Sérotine brune, ont utilisé les nichoirs, mais la petite chauve-souris brune était l'espèce la plus abondante.
Les captures ont montré que c'est normalement des mâles et des femelles' non-reproductrices. qui s'installent dans les nichoirs. Les nichoirs situés dans des milieux naturels, tels que les forêts et les champs, ne semblent pas servir de lieux de reproduction par les chauves-souris.
L'étude des nichoirs installés sur les terrains privés a fait ressortir deux éléments importants. Les chercheurs ont trouvé que les propriétaires comprennent mal les besoins des chauves-souris en ce qui concerne l'emplacement du nichoir. Bien que les propriétaires aient été • fournis des informations pour les aider .a choisir un site pour leur nichoir, plus que 75% des
nichoirs ont été installés incorrectement. Très souvent le nichoir a été installé à l'ombre (dans un arbre ou directenient -sous la corniche) et très souvent la voie d'açcès du nichoir était obstruée par des branches ou d'autres obstacles. Ces nichoirs n'ont jamais été occupés par des chauves- souris. Cependant, si l'on considère que les quelques nichoirs qui respectaient les critères d'une bonne installation, le taux d'occupation se situait près de 40%. Dans ces nichoirs,. la majorité.des individus était des femelles reproductrices et elles formaient des groupes de 5 à 22..individus.. Ces.
données nous indiquent que les nichoirs installés près des maisons peuvent servir dç sites pour la reproduction.
Les profiles de températures que nous avons mesurées dans les nichoirs montrent que ces.
petits, nichoirs. ne.: se réchauffent pas beaucoup et ne gardent pas des températures. élevées durant la nuit. Installés sur des poteaux où ils sont exposés au vent, les petits nichoirs, tels qu'offerts par le Biodôme et par certaines compagnies privées, refroidissent rapidement dès qu'il n'y a plus de rayonnement solaire. Ainsi, ils ne conservent pas les températures élevées que les femelles gestantes et lactantes. cherchent. Les nichoirs installés sur les maisons sont moins exposés au vent, se réchauffent plus et- semblent offrir les conditions plus propices pour les femelles reproductrices.
Cette étude a souligné l'importance de deux,facteurs principaux affectant l'occupation des nichoirs par les chauves-souris. Si le nichoir est installé dans un endroit où il reçoit le plein soleil pendant plus que quatre heures par jour et où il offre un accès sans obstruction pour les chauves- souris en vol, il peut connaître un taux d'occupation d'environ 40%. Par contre, si l'accès est obstrué ou le nichoir est à l'ombre, il est peu probable que le nichoir sera occupé.
1. LE CONTEXTE DE CES RECHERCHES ET DE CE RAPPORT 1.1 L'État des populations des chauves-souris en Amérique du Nord
Les populations le chauves-souris sont en déclin à travers l'Amérique du Nord. Des années 1950 aux années 1990, l'effectif de plusieurs espèces a chuté de façon dramatique. Ainsi, certaines cavernes au Texas et au Nouveau-Mexique qui abritaient autrefois plus de 20 millions -d'individus de la chauve-souris mexicaine (Tadarida mexicanus) ont vu les populations diminuer
d'environ 95% dans l'espace de 20 ans (Tuttle 1991). Dans au moins six cavernes en Alabama et au Tennessee, les populations de la chauve-souris grise (Myotis griscesens) ont complètement disparu pendant que les populations dans ces deux états ont diminuées de plus que 75% (Tuttle 1979). Les déclins ne sont pas limités aux espèces entièrement cavernicoles comme les chauves- souris mexicaines et grises. La chauve-souris d'Indiana (Myotis sodalis) qui habite des arbres à tronc creux et des bâtiments durant l'été à également vu son effectif diminuer au point qu'elle a été la première espèce de chauve-souris à être désigné en danger par l'agence américaine, U.S.
Fish and Wildlife (U.S. Fish and Wildlife 1973; Bergstrom 1980).
Les pressions exercées par les chercheurs oeuvrant dans le domaine de l'écologie des chauves-souris et par l'organisme Bat Conservation International ont incité les agences fédérales canadiennes et américaines à reconnaître l'état inquietant de plusieurs populations de chauves- souris en Amérique du Nord. Ainsi, au moins huit espèces de chauves-souris sont maintenant inscrites sur les listes des espèces en danger ("Tableau 1) et vingt autres espèces sont considérées comme ménacées ou vulnérables par différents états ou provinces. En total, 56% des espèces de chauves-souris nord américaines sont dans un état inquietant!
Tableau 1: Liste de huits espèces de chauves-souris reconnues comme en danger OU
ménacées par des agences fédérales, d'états ou provinciales au États-Unis ou au Canada.Nom commun Nom taxonomique Pays
Antrozous palidus
Chauve-souris blonde Canada
Euderma maculatumOreillard maculé E-U.; Canada
Leptonycteris sanborniiChauve-souris de Sanborn É- U.
Myotis keenii
Chauve-souris de Keen É U Canada
Myotis griscecensChauve-souris grise E- .
Myotis sodalis
Chauve-souris de l'Indiana É- U.
Myotis leibii
Chauve-souris pygmée É-U.; Canada
Plecotus townsendiiOreillard de Townsend É- U.
Les raisons pour ces déclins sont multiples. Plusieurs espèces de chauves-souris qui se nourrissent d'insectes dans les champs, dans les environs des fermes ou au dessus des cours d'eau accumulent des charges importantes de pesticides non biodégradables (Tuttle 1994). Ces charges toxiques résultent en une augmentation de la mortalité lors des périodes de stress, telles que la lactation, la migration ou l'hibernation. La fermeture des accès aux mines abandonnées a privé des milliers, voir même jusqu'à des centaines de milliers, de chauves-souris de leurs sites critiques d'hibernation (Thomas 1995a; Tuttle 1977). La fréquentation des cavernes, des grottes et des mines par le public et par les spéléologues augmente les dépenses d'énergie des chauves- souris en hibernation par le dérangement et cause, ainsi, la mortalité hivernale (Thomas et al.
1990; Thomas 1995a, 1995b; Tuttle 1979). Cependant, le facteur le plus largement répandu, affectant les populations de chauves-souris, a été la perte d'habitats, ce qui entraine la perte des lieux utilisés par les femelles pour la reproduction durant l'été (Fenton 1970; Kunz 1982).
Historiquement, les femelles de la plupart des espèces de chauves-souris du Canada se
regroupaient pour former, l'été venu, des colonies de maternité pour la mise bas dans les arbres à
tronc creux (Fenton 1970, Kunz 1982). Ces sites offraient la protection, la chaleur et l'humidité requises par les femelles gestantes et par les nourrissons en période d'allaitement. Au cours du 20e siècle, l'abattage répandu des arbres a considérablement réduit l'âge de nos forêts et a pratiquement éliminé les arbres à tronc creux servant de nichoirs- de maternité (Fenton 1970).
Quelques espèces, telles que la petite chauves-souris brune (Myotis lucifugus) et la sérotine brune (Eptesicus fuscus), se sont rapidement ajustées aux pertes d'habitats et d'abris naturels en se déplaçant à l'intérieur de bâtiments (Kunz 1982). Les femelles peuvent trouver des conditions nécessaires pour la reproduction dans les corniches, les greniers, lés entre-toits et derrière des revêtements extérieurs. Cependant, la rénovation des vieux bâtiments et la:pratique des méthodes modernes de construction, plus étanches qu'auparavant, font que le nombre de ces sites artificiels disponibles pour ces espèces diminus constamment. De plus, d'autres., espèces, telles que les chauves-souris nordiques•(Myotis açptentrionalis), pygmées (Myotis leibii) et la pipistrelle (Pipistrellus subflavus), ne semblent pas s'adapter aussi facilement à la présence de l'homme et s'installent rarement dans des bâtiments. Elles doivent, donc, faire face à une faible densité d'arbres offrant des conditions adéquates pour la reproduction.
L2 La nécessité d'un plan de redressement et les actions impliquées
Le maintien ou le remplacement des sites propices pour les colonies de maternité est critique pour la conservation des espèces de chauves-souris au Québec et ailleurs en Amérique du Nord. En l'absence de sites adéquats pour la reproduction, il est fort probable que les populations de chauves-souris continueront à diminuer et certaines espèces pourraient s'éteindre.
La perte des populations. de chauves-souris à travers l'Amérique du Nord est un problème.
écologique avec des implications majeures. Bien qu'elles ne soient pas communément appréciées du public, les chauves-souris jouent un rôle important en contribuant au contrôle des populations d'insectes en milieu urbain, rural et sauvage. Une colonie de 300 petites chauves-souris brunes femelles consomme au moins 1,2 kg d'insectes en une seule nuit, ou plus que 150 kg d'insectes durant la période estivale. Ceci se traduit par une élimination d'environ 20 millions d'insectes aux abords. d'une colonie en un seul été. On peut apprécier l'impacte de cette consommation d'insectes d'autant plus quand l'on considère que même des plus petits des villages peuvent abriter plus que cinq colonies de chauves-souris. Comme une proportion des insectes consommés par les chauves-souris est nuisibles à l'humain ou à l'agriculture, il est clair que les chauves- souris ont un rôle extrêmement important à jouer au niveau de la lutte biologique contre les insectes (l'unie et Hensley 1993). En effet; selon une étude récente, l'installation des nichoirs pour attirer les chauves-souris àproximité d'un verger peut réduire de 50% l'utilisation de pesticides (Tuttle et Hensley 1993).
Une stratégie de conservation, qui pourrait permettre de ralentir et même d'inverser la tendance actuelle à la diminution, impliquerait la distribution de nichoirs artificiels à chauves- souris. Les nichoirs en bois, semblables aux nichoirs à oiseaux, peuvent fournir des régimes de température répondant aux besoins des chauves-souris et ainsi remplacer ou augmenter les • colonies de maternité existantes. Depuis les années 1980, l'organisme Bat Conservation International promue l'installation de ces nichoirs pour aider au maintien des populations de chauves-souris et il mène une étude sur l'utilisation de ces nichoirs par les chauves-souris aux États-Unis (Tuttie et Hensley 1993).
Les résultats montrent que les nichoirs qui offrent certaines conditions peuvent connaître une probabilité d'occupation au délà de 50%. Les nichoirs ayant le plus fort taux d'occupation sont :
e peint d'une couleur foncée pour absorber les rayons solaires et ainsi se réchauffer durant la journée.
• orienté vers le sud pour recevoir le plus directement le soleil.
• situé pour recevoir plus de quatres heures d'ensoleillement par jour.
e à une proximité de moins d'un kilomètre d'un cours ou un plan d'eau.
e installé à une hauteur de plus de six mètres.
1.3 Les actions menées au Québec et les objectifs de ce projet de recherche
Le succès .apparant des nichoirs à chauves-souris aux États-Unis a amené le Zoo Métropolitain de Toronto et le Biodôme de Montréal à implanter des programMes pour la
construction des nichoirs et leur distribution au public, dans l'espoir d'augmenter la disponibilité des sites' e colonies de maternité et d'impliquer le public dans la conservation de ces animaux.
La réponse du public a nettement surpassé les attentes initiales. Dans les premières deux années de ce programme, plus de 400 nichoirs (ou plans pour la fabrication) ont été vendus ou distribués pare Biodôme.
Bien que l'étude menée par Bat Conservation International a permis d'acquérir une somme d'informations valables quant à l'utilisation des nichoirs par les chauves-souris, elle ne fournit aucune information détaillée pour des régions géographiques nordiques comme le Canada.
En 1995, quand cette proposition de recherche a été élaborée, aucune information n'était disponible quant à l'utilisation des nichoirs par les différentes espèces de chauves-souris au
Québec. Ainsi, l'efficacité des programmes instaurés par le Biodôme et par le Zoo de Toronto était inconnue.
Nous avons, donc, souligné la nécessité d'entreprendre une étude sur l'utilisation des nichoirs par les chauves-souris sur le territoire québécois. Pour réaliser cette étude, nous avons proposé deux approches en parallèle. Une première approche, du type expérimental, impliquait l'installation de plus de 200 nichoirs sur les pylônes et les poteaux de distribution d'Hydro Québec dans la région de l'Estrie pour quantifier le taux d'occupation de nichoirs et pour évaluer les facteurs écologiques qui régissent leur utilisation par les chauves-souris. Une deuxième approche, cette fois plutôt du style « sondage », exploitait l'existence de quelques 400 nichoirs installés par les particuliers à travers la province pour évaluer le taux d'occupation des nichoirs près des résidences en milieux urbains et rurals.
2.0 LES MÉTHODES ET L'ÉCHANTILLONAGE UTILISÉS DANS CETTE ÉTUDE 2.1 Approche expérimentale: l'installation des nichoirs sur les emprises d'Hydro Québec
De mi-mai à mi-juin 1995, nous avons installé des nichoirs sur un total de 66 pylônes dans la région de l'Estrie. Le dispositif expérimental, indiqué au Tableau 2, nous a permis d'évaluer l'effet du type d'habitat, de sa proximité à l'eau et du type de nichoir sur le taux d'occupation.
Les habitats choisis représentent les quatres types de végétation qui dominent les paysages du sud
du Québec, c'est-à-dire, des forêts de feuillues mâtures avec couvert fermé, des forêts mixtes à
essences feuillues et conifères, des plantations de conifères et des champs dominés par une
couverture herbacée ou une monoculture basse. Pour chaque catégorie d'habitat nous avons
choisi des sites situés à des distances de plus de 500 m ou de moins de 300 m d'un plan ou d'un
cours d'eau de plus de 10 m de large. A l'exception des plantations de conifères qui étaient sous-représentées dans les emprises d'Hydro Québec, chaque catégorie d'habitat et sa proximité à l'eau a été représenté par dix sites (pylônes) distantes de 0,1 à 10 km les uns des autres.
Nous avons installé deux types de nichoirs à une hauteur de 6 m sur la face sud de chaque pylône . Un premier nichoir simple (35 cm de haut par. 25 cm de large par 20 cm de profond) et peinturé en noir représente le type le plus vendu par le Biodôme et ailleurs en Amerique du Nord.
Un deuxième nichoir double était construit en attachant deux nichoirs ensemble, séparés par une espace de 2 cm. Ce nichoir double était situé de façon qu'un coté, peinturé noir, a été orienté vers l'est pour recevoir le soleil du matin et l'autre coté, peinturé brun, a été. orienté vers l'ouest pour être exposé au soleil de l'après midi. Ces nichoirs doubles étaient conçus pour offrir une plus grande diversité de températures que les nichoirs simples.
Tableau 2: La distribution des nichoirs simples et doubles parmi les les quatres catégories d'habitat et leur proximité à l'eau Les nichoirs ont été tous installés sur les pylônes
d'Hydro Québec qui représentent les 66 sites indiqués.
Proximité de l'Eau
Habitat <300 m >500 m
Forêt mature nb. de nichoirs
10 sites
10 simples; 10 doubles
10 sites
10 simples; 10 doubles Forêt mixte
nb de nichoirs
10 sites
10 simples; 10 doubles
10 sites
10 simples; 10 doubles champs
nb de nichoirs
10 sites
10 simples; 10 doubles
10 sites
10 simples; 10 doubles plantations
nb de nichoirs
1 site 1 simple
5 sites 5 simples
Il a déjà été suggéré que les bruits ultrasoniques et les champs électromagnétiques émis - par les lignes à haute tension pourraient affecter les activités des chauves-souris, ainsi. la.
probabilité d'occupation des nichoirs (M. hutte, Bat Conservation International, communication personnelle): Afin de.contrôler pore• un effet potentiel des lignes à haute tension sur l'occupation, nous avons également installé 30 nichoirs simples sur des poteaux de distribution d'Hydro Québec. Parce que ce réseau de distribution n'engendre pas les bruits et les champs
électromagnétiques aussi intenses que les lignes à haute tension,.il peut servir de comparaison.., Dans nos analyses et dans ce. rapport, nous considérons que chaque pylône. et poteau est l'unité
de
mesure (au lieu de chaque nichoir) et nous les référons en tant que sites.Pour vérifier s'ils étaient occupés, nous avons visité tous les nichoirs trois fois. entre le début juin et la mi-août 1995 et 10 fois entre le début mai et la fin-août 1996, A chaque tournée d'inspection, les nichoirs étaient inspectés visuellement à l'aide d'une lampe halogène puissante (Brinkman Q-Beam, 400,000 bougies.)-et des jumelles.. Le nombre de chauves-souris présente était noté, ainsi que leur position dans les nichoirs (nichoir. simple ou double; coté noir ou brun).
A l'aide d'une échelle et' d'un filet à papillon, nous avons capturé 43 individus dans les nichoirs en 1996 afin de déterminer leur espèce, leur sexe, leur âge et leur statut reprodUctetir.
Nous avons classé les individus en deux catégories d'âge (juvénile ou adulte) selon le degré d'ossification des phalanges (Anthony 1988). Nous avons classé les femelles comme gestantes si un embryon était détectable par palpation abdominale, Jactantes si du lait était présent aux
mammelles et non-reproductrices si elles ne montraient aucun indice de reproduction dans l'année courante (Racey 1988).
Pour quantifier les régimes de température à l'intérieur des nichoirs simples et doubles nous avons installé une série de 10 thermocouples reliés à une enregistreuse de données
numériques. L'enregistreuse permettait la lecture des températures à tous les dix secondes et le stockage de ces données sur une base de 24 heures.
2.2 Approche expérimentale: évaluation de l'activité sous les lignes à haute tension
Les bruits ultrasoniques ou les champs électromagnétiques générés par les lignes à haute tension peuvent potentiellement affecter la présence et l'abondance des chauves-souris sur les emprises où se situent les pylônes et les nichoirs. Pour vérifier cet effet potentiel, nous avons quantifié l'activité des chauves-souris dans trois habitats (aquatique, forêt et champ) en présence et en absence des lignes à haute tension. Pour le milieu aquatique et pour les champs, nous avons choisi quatre sites par habitat, deux situés directement sous des lignes à haute tension et deux situés à plus de 100 m de distance. Pour le milieu forestier, la présence des pylônes est associée à un corridor de végétation basse, donc la seule comparaison valable serait à un site ayant une structure de végétation équivalente. Pour évaluer l'effet des lignes et non de la modification de la structure végétale, nous avons choisi deux sites directement sous des lignes à haute tension et deux sites dans deux autres corridors de largeur équivalent, mais n'ayant pas de lignes à haute tension.
A chaque site, nous avons quantifié l'activité des chauves-souris à l'aide d'un détecteur ultrasonique (Anabat 11 Bat Detector, Titley Electronics, Australia) relié à une enregistreuse à cassette (voir Thomas 1988; Thomas et West 1989). Chaque détecteur démarrait à la brunante et enregistrait les cris ultrasoniques émis par les chauves-souris quand elles passaient à une distance
de moins d'environ 20m. Nous avons ensuite identifié les espèces par leurs cris ultrasoniques à l'aide d'un système informatique relié à un analyseur de fréquences (Zero Crossing Analyzer;- Titley Electronics, Australia). Nous avons quantifié l'activité des chauves-souris par le nombre de « passages », caractérisées par une séquence d'émissions lentes (1 par seconde) quand une chauve-souris traverse le champ de détection, et le nombre « d'attaques », caractérisés par une séquence d'émissions rapides (>10 par seconde) quand une chauve-souris essaie de capturer un insecte (Thomas et West 1.989). Nous avons échantillonné 10 nuits à chacun des sites pour un échantillonage globale de 20 Mins par habitat et par traitement avec:ou sans ligne à haute tension).
2.3 Approche Sondage: Entrevues téléphoniques avec des particuliers et visites sur les lieux Depuis 1993, le personnel du Biodôme a pris en note les coordonnées de chaque personne.
ayant acheté des nichoirs au boutique ou ayant demandé des plans pour en. construire. A partir de cette base de données, nous avons contacté par téléphone 159 personnes, pour trouver que 84 personnes avaient installé en total 163 nichoirs. Pour chaque nichoir, nous avons déterminé le plus précisement possible si sa position respectait les critères d'une « bonne » installation et e'ils étaient occupés. Spécifiquement, nous avons demandé si le nichoir:
o était peinturé un couleur foncé, tel que le brun, le vert ou le noire
• était orienté vers le sud
était localisé à moins de 500 m d'un plan-d'eau
• était situé pour recevoir plus de quatre heures de soleil par jour
• offrait une voie. de vol sans obstructions aux chauves-souris
• était occupé; si oui, par combien de chauves-souris
Nous avons ensuite sélectionné une sous-échantillon de 53 individus chez qui nous avon.s rendu visite. Sur les lieux, nous avons déterminé nous-mêmes si l'installation des nichoirs respectait les normes énumérées ci-haut et si les nichoirs étaient occupés.
3.0 RÉSULTATS
3.1 Évolution du patron d'occupation des nichoirs
Les chauves-souris ont trouvé les nichoirs rapidement et ont commencé à les occuper dès le premier mois suivant leurs installations. Pour les pylônes, le nombre de sites occupés par au moins une chauve-souris lors d'une tournée d'inspection a passé de un en mai 1995 à 24 en août de la même année. En 1996, ce modèle s'est poursuivi. Les premières chauves-souris ont été observées à la mi-mai et le nombre de pylônes occupés a grimpé pour se stabiliser entre 10 et 17 durant la période de juin à août 1996 (Figure 1). Le pourcentage cumulatif de pylônes étant occupés au moins une fois durant l'étude a passé de 1',5% en juin 1995 à 38,5% en août 1995 et de 37,9% en mai 1996 à 57,6% en août 1996 (Figurel).
Ce même modèle s'appliquait également aux nichoirs installés sur les poteaux de distribution. Les premiers nichoirs ont été occupés- en juin 1995 et, lors de la tournée
d'inspection en août, cinq sites abritaient au moins une chauves-souris chaque (Figure 2). Durant la période de juin à août 1996, trois à cinq sites ont été trouvés occupés à chaque tournée
d'inspection. Le nombre cumulatif de sites ayant été occupés au moins une fois a passé de 0% à 16,7% en 1995 et de 20% à 26,7% en 1997 (Figure 2).
ombre ou Pourcentage
20.0
c e q e e
e 5°N'D Nz e ,‘eD\
Nichoirs sur des pylones
I _L I I I I I I__ I
74URCENTAGE
CUMULATIF
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Date
Figure 1: Le pourcentage cumulatif des pylônes occupés au moins une fois par des chauves- souris au cours de l'étude, ainsi le nombre de pylônes ayant des chauves-souris lors des tournéesd'inspections.
Nichoirs sur des poteaux
60.0
POURCENTAGE CUMULATIF
NOMBRE
0.0 -T--1 I
,‘‘,e(beD e e e .s,e. 0
\'‘ , \° ev C.) Date
Figure 2: Le pourcentage cumulatif des poteaux occupés au moins une fois par des chauves- souris au cours de l'étude, ainsi k nombre de poteaux ayant des chauves-souris lors des tournées d'inspections.
Nombre ou Pourcentage
60.0
40.0
20.0
0.0
Une fois qu'elles ont trouvé et occupé un site, les chauves-souris tendaient à retourner régulièrement. Ainsi, pour les 46 pylônes et poteaux qui ont été utilisés par les 'chauves-souris, 71,7% des sites avaient des chauves-souris au moins deux fois et 58,7% des sites ont été occupés au moins trois fois lors des 13 tournées d'inspection. Cependant, aucun site n'a été occupé à chaque tournée d'inspection.
Durant les deux ans de l'étude, nous avons noté la présence de chauves-souris dans des - nichoirs à 172 occasions pour un total de 221 individus. Dans la majorité des cas, il n'y avait qu'un individu (80,2% des cas) ou deux (13,4% des cas). - Le plus grand nombre de chauves- souris observés à un site était de quatre (2 fois) ou cinq (1 fois) individus. Dans les. cas où plus d'une chauve-L.JuriS. occupaient un même nicho les individus se trouvaient dans les
compartim* .ts où des côtés différents. Nous n` wons jamais observé des regroupements de plusieurs individus en contact physique qui caractérisent les colonies de maternité.
3.2 Caractéristiques influençant 'occupation des nichoirs
Sur chaque pylône, les chauves-souris avaient la possibilité de choisir entre un nichoir simple ou un nichoir double pour se loger. Parmi les 172 observations de chauves-souris dans les nichoirs posés sur les pylônes, 119 (69,2%) se trouvaient dans des nichoirs doubles. Ceci
représente un écart significatif d'une distribution aléatoire (X 2 = 25.3, ddl=1, P<0,001) indiquant ainsi que les nichoirs doubles abritaient significativement plus d'individus que les nichoirs simples. Il ne faut pas oublier que les nichoirs doubles offrent deux fois plus d'espace que les nichoirs simples. Si l'on tient compte de la taille des nichoirs dans l'analyse, la différence
disparaît. Les deux types de nichoirs ont reçu la même utilisation relativement à leur taille
(X 0 ; ddl=1; P>0,05).Pour les chauves-souris qui se logaient dans des nichoirs doublés, il n'y avait aucune préférence significative entre le côté noire (orienté vers l'est) et le côté brun (orienté vers l'ouest)
(X2=0,4; ddl=1, P>0,05).Dans cette étude, nous avons échantillonné trois habitats (forêt de feuillus mâture, forêt mixte et champ) avec le même effort, c'est à dire, avec le même nombre de sites et de nichoirs.
La figure 3 et le tableau 3 montrent clairement que le type d'habitat et la proximité de l'eau avaient tous les deux des effets importants sur la probabilité d'occupation par les chauves-souris.
Pour chaque habitat, le nombre de chauves-souris observé dans les nichoirs était supérieur pour les sites près de l'eau que ceux situés plus loins. Les milieux forestiers, que ce soit dans les forêts de feuillus ou les forêts mixtes, étaient utilisés plus souvent que les champs.
Tableau 3: Le nombre de chauves-souris observé dans des nichoirs installés dans des habitats différents. Près et loin indiquent la distance entre le site et un cours ou un plan d'eau. Le nombre de nichoirs étant le même pour toutes les catégories d'habitat et la distance de l'eau, une distribution aléatoire donnera un nombre d'observations equivalent pour chaque catégorie (nombre attendu= 28,7). Notez que les milieux forestiers qui sont près de l'eau sont beaucoup plus utilisés par les chauves-souris.
Habitat
Forêt mâture Forêt mixte Champs
Prés Loin Près Loin Près Loin
Nb. observé 48 33 42 27 21
% du nombre attendu 167,2 115,0 146,3 94,1 73,2 3,
5Occupation selon l'habitat et l'eau
50
40
`) 30
n - o
20 o
10
0
re ..c•
ec, se. ce 4. e
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Habitat
Figure 3: Le nombre de chauves-souris occupant des nichoirs en fonction des habitats et leurs distances à l'eau. La ligne horizontale indique le nombre attendu de 28,7. La proximité à l'eau est indiquée par proche et loin. Forêt de feuillus = Feuil; Forêt mixte = Mixte.
Parmi les chauves-souris observées dans les nichoirs, nous avons capturé un échantillon de 43 individus pour déterminer leur espèce, leur sexe et leur statut reproducteur (Tableau 4).
Trois espèces étaient retrouvées, notamment la petite chauve-souris brune (M. lucifugus; 33
individus), la chauve-souris nordique (M. luetentrionalis; 9 individus) et la sérotine brune E.
fuscus; 1 individu). Pour chacune des trois espèces, les mâles dominaient, représentant
globalement 62,7% des individus capturés. Parmi les 16 femelles retrouvées dans les nichoirs, ne montraient aucun indice de reproduction dans l'année de capture et seulement 5 individus (11,6% des captures) étaient gestantes ou lactantes. Aucune juvénile n'était retrouvée dans un nichoir.
Tableau 4: Le nombre de chauves-souris capturé selon leur espèce, leur sexe et leur statut reproducteur.
Espèce Mâle Femelles Femelles
non-reproductrices reproductrices
Petite brune 20 10 3
Nordique
Sérotine brune 1 — --
% des captures . 62,8% 25,6% 11,6%
3.3 Activité des chauves-souris sous les lignes à haute tension
Les détecteurs ultrasoniques ont été activés pour un total de 400 heures dans les trois habitats où ils ont permis la détection de 3423 passages de trois espèces de chauves-souris: la petite chauve-souris brune (m, lucifugus ; 3264 passages), la sérotine brune (Eptesicus fuscus ; 156 passages), et la chauve-souris argentée (Lasionycteris noctivagans ; 3 passages). Nous n'avons jamais détecté la chauve-souris rousse (Lasiurus borealis ni la chauve-souris cendré (Lasiurus cincereus).
Le taux d'activité des chauves-souris, mesuré par le nombre de passages par période de
deux heures, n'était pas distribué de façon égale à travers les trois habitats. Le milieu aquatique
recevait près de 20 fois plus d'activité que le milieu forestier et ce dernier recevait près de 10 fois
plus d'activité que les champs (Tableau 5). Bien que le type d'habitat avait un effet marqué sur l'activité de chauves-souris, la présence d'une ligne à haute tension n'avait aucun effet. Pour chaque habitat considéré individuellement, la présence ou l'absence d'une ligne à haute tension n'avait aucun effet significatif sur l'activité des chauves-souris (Tableau 5).
Tableau 5: Comparaison du nombre de passages de chauves-souris par période de deux heures dans des habitats ayant ou non des lignes à haute tension. Les passages ont été enregistrés par des détecteurs ultrasoniques placés à quatres sites par habitat. P indique la probabilité selon un test U de Mann-Whitney et ns indique un effet non-significatif de la présence d'une ligne à haute tension.
Habitat
J Sans ligne Avec Ligne
Aquatique 23,4 20,5 ns
Forêt 1,1 0,8 ns
Champs 0,2 0,2 ns
3.4 Les nichoirs posés par les particuliers: sondage téléphonique
En 1996, nous avons contacté par téléphone 159 personnes qui ont acheté des nichoirs au Biodôme ou demandées des plans pour en construire. De ce groupe, 84 personnes avaient installé un total de 163 nichoirs sur leur terrain. Bien que toutes ces personnes aient reçu une fiche d'instructions expliquant comment et où poser leur nichoir, nous avons rapidement compris que la plupart n'ont pas suivi les recommandations. Quand nous avons demandé aux gens de décrire l'emplacement de leur nichoir, nous avons estimé que seulement 23,3% des nichoirs (38 de 163) respectaient parfaitement les critères suivants:
peint d'une couleur foncée pour absorber les rayons solaires et ainsi se réchauffer durant la journée.
• orienté vers le sud pour recevoir le plus directement le soleil.
situé pour recevoir plus de quatres heures.d'ensolei liement par jour.
• à une proximité de moins d'un kilomètre d'un cours ou d'un plan d'eau.
installé à un hauteur de plus de six mètres.
Si l'on considère les deux derniers critères d'une moindre importance, un maximum de 50,9% des nichoirs (83 des 163) étaient installé « plus ou moins correctement ».
Parmi les 80 nichoirs qui ont été installés sans respecter les critères d'installation, aucun n'a été occupé par les chauves-sOuriS d'après notre sondage. Plusieurs de ces nichoirs ont été situés dans le feuillage d'un arbre ou sur le tronc directement sous une feuillage dense, tandis que d'autres ont été fixés sur des batiments, niais collés sous la Corniche où ils ne recevaient paS du soleil. Les problèmes les plus fréquents étaient les suivants:-
• 58 nichoirs avaient des branches ou d'autres obstacles qui empêchaient les' chauves-souris d'accéder facilement au nichoir,
• 47 étaient orientés vers le nord et recevaient un ensoleillement de moins de quatre heures par J
• 31 étaient tout à fait à l'ombre, posé dans le feuillage d'un arbre ou sous la corniche.
Dans la plupart des cas, les nichoirs mal installés violaient plusieurs des critères à la fois, donc, la liste précédente dépasse le chiffre de 80 nichoirs mal installés.
Les personnes contactées ont déclaré que 14 des nichoirs étaient occupés par des chauves- souris, mais il était impossible de déterminer avec confiance ni la fréquence ni la durée de
l'occupation parce que les propriétaires n'ont pas noté le nombre de fois qu'ils ont inspecté leurs nichoirs. Ce chiffre représente un taux d'occupation globale de seulement 8,6% des 163 nichoirs.
Cependant, il faut prendre en considération que près de la moitié des nichoirs ne respectaient pas les recommandations quant à l'emplacement et aucun des ces nichoirs n'était occupé. Si l'on ne considère que les nichoirs qui ont été installés « correctement » (respectant tous les critères) ou
« plus ou moins correctement » (respectant les critères affectant la température), le taux d'occupation estnettement plus élevé. Des 38 nichoirs installés « correctement », 6 (15,8%) abritaient des chauves-souris. Des 83 nichoirs installés « plus ou moins correctement ». 14 étaient occupés ce qui représente un taux de 16,9%.
Les propriétiares n'ont compté et noté le nombre de chauves-souris dans les nichoirs que quatre fois. Ces nichoirs abritaient 1, 5, 7, et 22 individus.
3.5 Les nichoirs posés par les particuliers: visites sur les lieux
Nous avons sélectionné un échantillon de 91 nichoirs installés sur les terrains de 51 personnes pour les inspecter nous-mêmes. Sur les lieux, nous avons déterminé que seulement 13 des nichoirs (14,3%) étaient placés « correctement » ou « plus ou moins correctement ». Comme nous avons constaté par les contacts téléphoniques, la plupart des nichoirs ont été installés dans les arbres ou directement sous les corniches des bâtiments. Ainsi, 41 nichoirs ne recevaient pas du soleil durant la journée et l'accès de 32 nichoirs étaient obstrué par des branches ou d'autres obstacles.
Par inspection, nous avons déterminé qu'aucun des nichoirs mal installés était habité par des chauves-souris. Cependant, huit des 13 nichoirs placés « correctement » ou « plus ou moins correctement » étaient habités, pour un taux d'occupation de 61,5%. Il est intéressant de noter que trois des nichoirs que nous avons trouvés occupés ont été déclarés innoccupés par les
propriétiares. Trois des nichoirs n'avaient pas de chauves-souris quand nous les avons inspectés, mais la présence de crottins abondants indiquait clairement qu'ils étaient souvent occupés. Les autres cinq nichoirs abritaient 1, 2, 3, 5, et 6 individus chacun.
Parmi 15 chauves-souris que nous avons .capturées dans les nichoirs, 14 étaient des petites chauves-souris brunes (M. lucifugus) et seulement un individu était une chauve-souris nordique (M. sepetentrionalis). Pour la petite chauve-souris brune, 12 des 14 individus (85,.7%) étaient des femelles reproductrices, mais aucun jeune de l'année n'était observé.
3.6 Les profiles de température dans les nichoirs
La figure 4 montre les profiles de la température ambiante ainsi quo des températures à l'intérieur des nichoirs pour quatre jours différents. Bien que les nichoirs étaient peint de couleurs foncées, les températures dans les nichoirs simples edoubles suivaient de .très près. les températures ambiantes. Durant la journée, c'était rare que les températures dépassaient 40° C.
Plus normalement; elles variaent entre 20° et 28° C et restaient à 5° C. de.la température ambiante.
Quand le soleil se couvrait ou se couchait,. les températures revenaient à la température ambiante dans l'espace d'une heure ou moins. Ainsi, durant la nuit, la température dans les nichoirs
tombaient en dessous de 15° C et ne se différentiaient pas de la température ambiante. Ce modèle se répétait systématiquement pour les nichoirs simples. et les nichoirs doubles durant les 10 jours de mesures.
Figure 4A
30 U) D
25 20
1'6
a)a) 15 10
Nichoir simple (5juin),
T13 T12 T11 T5 0
Jour
Figure 4B
50 77) 713 40 30 a) 20 a)
10
Nichoir double (15 juillet)
T4 T3 T2
0 1 2 3 T5
Jour
-r- -r- -r 25
5 0.7 0.8 0.9 1.0 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 Jour
Nichoir simple (12 aout
Figure 4C
Nichoir simple (8 aout
Figure 4D
Jour
T13 T12 T11 T5
T13 T12 T11 T5
Figure 4: Les profiles de températures mesurés par des thermocouples installés dans des
nichoirs simples ou des nichoirs doubles. Dans les quatres exemples, le thermocoupleT5
indique la température ambiante et les thermcouples T11, T12 et T13 ou T2, T3 et T4
indique la variation dans une axe verticale au milieu du nichoir. Bien que les températures
précises sont difficile à évaluer dans ces figures, il est évident que les températures dans les
nichoirs ne soient ni stable ni nettement supérieur à la température ambiante.
4.0 DISCUSSION
Les derniers dix ans ont vu une évolution dramatique de l'image et la perception des chauves-souris en Amérique du Nord. Auparavant tant méprisées par le public, maintenant les chauves-souris sont de plus en plus appréciées pour leurs qualités d'insectivores voraces et elles jouissent d'une image de «maillon important » dans la lutte biologique contre les insectes nuisibles. Cette transformation de la perception des chauves-souris a été grandement aidée par les activités de plusieurs organismes de conservation, tels que Bat Conservation International, Bat Conservation of Canada, le Toronto Metropolitain Zoo et le Biodôme de Montréal. En diffusant • l'information au public, ces organismes ont permis une plus grande sensibilisation du rôle
bénéfique des chauves-souris et de la fragilité de leurs poptilations. Par la vente des nichoirs, ces mêmes organismes ont cherché à impliquer le public dans une mouvement de conservation et de gestion des populations de chauves-sotiris;
Maintenant, aux États-Unis plusieurs milliers de nichoirs ont été installés depuis les dix dernières années. Au Québec, la vente des nichoirs par le Biodôme de Montréal (qui est loin d'être la seule source des nichoirs) dépasse 400 unités. Si ces nichoirs sont occupés par les chauves-souris, ils peuvent représenter une contribution importante à la conservation des
populations. Cette étude nous permet d'évaluer, pour la première fois dans une région nordique,
• l'efficacité des nichoirs placés dans des milieux plutôt naturels, tels que les forêts et zones agricoles, ou dans des milieux développés, tels que les villageS et les villes. Les résultats indiquent deux réponses différentes des chauves-souris qui semblent varier en fonction du milieu..
4.1 Utilisation des nichoirs en milieu naturel
Nos données montrent clairement que les chauves-souris trouvent leS nichoirs rapidement et peuvent les occuper, bien que irrégulièrement, tout au long de l'été. Le taux d'occupation, qui approche 60% pour les nichoirs situés sur les pylônes et 30% pour ceux posés sur les poteaux de distribution, se comparent favorablement avec le taux. d'occupation rapporté par Bat
Conservation International pour les États-Unis. Une étude menée par ce dernier organisme depuis quelques années indique que le taux d'occupation dans les régions du nord des États-Unis peuvent atteindre 52% quand les bonnes conditions sont réunies. Les facteurs les-plus importants semblent être ceux qui déterminent le profil de température à l'intérieur du nichoir, c'est à dire, une couleur foncée et une forte exposition au soleil.
Les résultats de l'étude de Bat Conservation International indiquent qu'aux États-Unis les nichoirs peuvent être occupés autant par les femelles reproductrices que par les mâles et les femelles non-reproductrices et, ainsi, peuvent servir de sites pour la reproduction. Cependant, nos données indiquent que les nichoirs posés au Québec dans des milieux naturels (forestiers et rurals) sont surtout utilisés par les mâles et les femelles non-reproductrices. Parmi les. captures que nous avons effectuées, les femelles reproductrices ne représentaient que 11,6% des: captures et nous n'avons jamais assisté au développement des colonies de maternité comptant des dizaines de femelles regroupées ensembles dans le même nichoir.
Cette prépondérance de mâles et de femelles non-reproductrices explique pourquoi la plupart des chauves-souris que nous avons observées dans les nichoirs étaient seules ou en groupes de deux. Durant l'été, les mâles et les femelles non-reproductrices n'ont pas les mêmes contraintes que les femelles gestantes ou lactantes en terme de thermorégulation, donc, ils ne
cherchent pas le même régime de température dans les nichoirs. Les femelles gestantes ou lactantes doivent maintenir leur température corporelle à un niveau élevé afin d'assurer un métabolisme rapide et, ainsi, une bonne croissance embryonaire ou une forte production du lait (Racey 1983). A cause de cette contrainte reliée à la production de jeunes, les femelles
reproductrices cherchent.surtout des abris chauds où elles se regroupent dans des aggrégations denses. Les coûts de la thermorégulation sont réduits par la température élevée de leur abris et par le regroupement. Cette économie permet aux femelles d'investir plus d'énergie dans la production de jeunes.
Par contre, les mâles et les femelles non-reproductrices n'ont pas cette contrainte reliée à la production de jeunes et ils ne sont pas obligés de maintenir une température corporelle et un niveau de métabolisme élevé. Pour eux, la meilleure stratégie est de se réfugier dans des abris moins chauds et d'abaisser leur température corporelle par le torpeur, afin de ralentir le
métabolisme- etde réduire la quantité de nourriture requise quotidiennement (Thomas 1988).
Parce qu'ils ne cherchent pas à se réchauffer mutuellement comme le font les femelles gestantes et lactantes, les mâles et les femelles non-reproductrices sont surtout solitaires (Fenton 1970).
Ainsi, le fait que nous avons capturé surtout des mâles et des femelles non-reproductrices
concorde bien avec nos observations que les individus n'ont jamais été retrouvés en groupes. Ces données indiques que les nichoirs ne servent pas de sites de reproduction.
Deux de nos résultats indiquent que l'absence des colonies de maternité dans les nichoirs installés sur les pylônes ne peut pas être attribué aux perturbations causées par les bruits
ultrasoniques ou les champs électromagnétiques générés par lignes de haute tension. D'une part, le taux d'occupation était plus faible dans les nichoirs placés sur les poteaux qui, eux, sont sujet à
des bruits- et des champs magnétiques. nettement moins intenses. que les nichoirs situés sur les pylônes. Si les chauves-souris avaient été dérangées par les lignes de haute tension, le taux d'occupation aurait été élevé sur les poteaux de distribution, ce qui n'a pas été le cas. De l'autre part, les détecteurs ultrasoniques ont montré que l' activité des chauves-souris-est nullement affectée par la présence des lignes. de haute tension. On peut, donc, déduire que les chauves- souris étaient présentes et actives dans les environs des nichoirs et qu'elles auraient pû les trouver. L'absence des femelles reproductrices. semble indiquer que les nichoirs n'offraient pas les conditions de microclimat et de température requises par ces femelles lors de la période de gestation, ou de lactation.
4.2 Utilisation des nichoirs posés près des maisons
Les données que nous avons obtenues pour les nichoirs placés directement sur ou près des bâtiments indiquent qu'ils sont utilisés par les femelles reproductrices, contrairement aux nichoirs placés sur les pylônes et les poteaux de distribution. Bien que,l'échantillon soit petit, 12 des 14 (85,7%) petites chauves-souris brunes que nous avons capturées étaient des femelles. gestantes ou lattantes. De plus, le nombre de chauves-souris que les propriétiares des nichoirs ont comptés ou que nous avons observé lors de rios visites sur les lieux était nettement plus grand que le nombre que nous avons observé dans les nichoirs placés sur les pylônes et les poteaux. Ainsi, dans 5 des 9 nichoirs situés près des maisons et occupés par des chauves-souris, on retrouve des groupes de 5 à 22 individus. Par contre, pour les nichoirs installés sur les pylônes. et les poteaux en milieu naturel, 93,6% n'avaient qu'un ou deux individus. Un groupe aussi grand que 5 individus n'a été:
trouvé qu'une seule fois sur les pylônes.
Les conditions qui favorisent l'installation des femelles reproductrices dans les nichoirs se rapprochent à celles identifiées par Bat Conservation International. Ainsi, aucun des nichoirs placés à l'ombre ou ayant des obstacles dans la zone d'accès n'étaient occupé. Quand les critères les plus importants quant à l'emplacement du nichoir sont respectés, c'est-à-dire le degré
d'ensoleillement et une voie d'accès sans obstruction, le taux d'occupation se situe entre 16% et 62%. Les résultats provenant des entrevues téléphoniques indiquent un taux d'occupation de 16% à 17%, tandis que nos visites sur les lieux indiquent que ce taux peut être aussi haut que 62% quand les nichoirs sont bien placés. La différence entre ces chiffres semble s'expliquer par l'incapacité de certains propriétiares de voir les chauves-souris dans les nichoirs. Ainsi, trois des huit nichoirs que nous avons classés d'après nos Observations comme étant occupés avaient pourtant été identifiés comme innoccupé par les propriétiares.
Nos observations quant à l'emplacement des nichoirs par les particuliers montrent clairement que ces personnes ont beaucoup de difficultés à apprécier les conditions requises par les chauves-souris et à suivre des conseils. Ainsi, seulement 13 des 91 (14%) nichoirs que nous avons inspectés ont été placés de façon à suivre les recommandations distribuées avec le nichoir.
La plupart des propriétaires ont installé leurs nichoirs à chauves-souris de la même façon qu'ils posent des nichoirs à oiseaux, c'est-à-dire, dans le feuillage des arbres ou collés sur le tronc. À ces places, ils sont souvent à l'ombre une fois l'été venu et les feuilles poussées. De plus, les branches peuvent obstruer la voie d'accès. Il n'est, donc, pas surprenant que le taux
d'occupation globale a été faible. La distribution-d'un document qui.explique clairement comment installer un nichoir est évidemment très importante afin d'améliorer le rendement.
4.3 Les conditions thermiques et l'occupation des nichoirs
Bien que nos données indiquent que les nichoirs peuvent attirer les femelles
reproductrices dans certaines circonstances, il faut se rappelles que dans aucun cas nous avons retrouvé des jeunes dans les nichoirs pour montrer qu'ils servent de colonies de maternité. Ainsi, même sur les bâtiments, les nichoirs ne semblent pas répondre parfaitement aux besoins des femelles reproductrices. Si les femelles reproductrices ne se regroupent pas dans les nichoirs pour former les colonies de maternité, ceci peut être un indice que les nichoirs n'offrent pas le régime
`de température recherché par ces femelles. Il est cependant impossible de déterminer avec certitude si les régimes de températures offerts par les nichoirs étaient la cause de l'absence des femelles reproductrices. Bien que nous savons que les femelles préfèrent des lieux ayant des températures « élevées » et que les données de Bat Conservation International indiquent qu'une couleur foncée et une forte exposition au soleil soient des conditions importantes pour
l'occupation des nichoirs, il existe peu de données précises sur les régimes de température
préférés par les femelles gestantes ou lactantes. Burnett et August (1981) ont remarqué que la
Petite chauve-souris brune colonise des sites où les températures restent au dessus de 35°C durant
le jour, mais ne s'installe pas à des sites où la température est inférieur à 30°C. Kalcounis et
Hecker (1996) ont trouvé que les abris utilisés par des Petites chauves-souris brunes mâles
restaient plus chaude que la température ambiante durant la nuit et durant le matin. Les
températures dans un nichoir occupé par une colonie de meternité de la Petite chauve-souris
brune restaient 10° à 15° au dessus de la température ambiante durant la nuit (Tuttle et Hensley
1993). Ces observations indiquent que les chauves-souris sélectionnent leurs abris en fonction de
la capacité de. se réchauffer durant la journée et d'emmagasinner cette chaleur pour de longues périodes
Les figure 4A à 4D montrent que les nichoirs se réchauffent sous l'effet du soleil durant la journée et peuvent atteindre des températures allant jusqu'à 40°C, ce qui se compare
favorablement avec les températures retrouvées dans des colonies et d'autres nichoirs.
Cependant, les nichoirs ne conservent pas ces températures pour de longues périodes en l'absence du soleil, que ce soit lors des périodes nuageuses ou au couché du soleil.
La vitesse de refroidissement des nichoirs est déterminée par deux facteurs principales;
l'exposition au vent et la masse thermique. Sur les pylônes et-les poteaux, les nichoirs sont très exposés au vent, qui a l'effet de les refroidir rapidement dès que l'apport de chaleur par le rayonnement solaire diminue. Une masse thermique suffisament grande peut contrer l'effet du vent en relâchant, sur une base de plusieurs heures, la chaleur que le nichoir a emmagasinée durant les périodes chaudes et ensoleillées. .Cependant, il paraît que les nichoirs, distribués par le Biodôme et utilisés dans cette étude, n'ont pas la masse thermique qui leur permettrait d'établir et de maintenir des températures plus élevées pour des périodes de plusieurs heures. Dès que le soleil se couvre ou se couche, les températures dans les nichoirs retombent rapidement autours de la température ambiante. Ainsi, bien que les nichoirs atteignent temporairement les températures qui pourraient suffire aux femelles reproductrices, la température moyenne est nettement inférieur à 30° C qui semble être le seuil que ces femelles cherchent. Le fait que les nichoirs soient
abondament utilisés par les mâles et les femelles non-reproductrices (qui ne cherchent pas des abris aussi chauds) semble venir appuier cette conclusion.
La solution dans un tel cas est d'augmenter la hauteur, Ce qui leur permettra d'atteindre et de garder des températures plus élevées. Parce qu'un nichoir plus haut expose une plus grande surface au soleil et permet de capter et de conserver l'air chaud qui monte à l'intérieur, il est possible d'établir des températures'plus élevées que celles qu'on retrouvent dans des nichoirs d'une moindre hauteur. De plus, en augmentant le volume et la masse du nichoir, on augmente également sa capacité d'emmagasiner la chaleur et, ainsi, de garder un régime de température
• plus élevé et plus stable. Si l'on attache le nichoir à une surface noir de 1 à.2 m2
on peut aussi augmenter l'apport de chaleur tout en réduisant l'effet négatif du vent, Cet effet modérateur d'une surface. qui à la fois coupe le vent et capte le rayonnement solaire peut eeliquer la
présence des femelles dans les nichoirs installés sur les bâtimentset..leur absence dans leS nichoirs situés sur les pylônes et les poteaux de distribution.
5.0 CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS •
Cette. étude permet à tirer des conclusions à la fois d.ecevantet encourageant. Les nichoirs installés sur les pylônes et les poteaux en milieu naturel ne seryent-pas-A. la:reproduction des chauves-souris au Québec. Ils n'attirent pas des espèces qui sont particulièrement ménacées,.
telles que la Pipistrelle de l'est (Pipistrellus subflavus) et la Chauve-souris pygmée .(Myotis.
leibii), et ils n'offrent pas les conditions propices pour les femelles reproductrices. Par contre, les nichoirs installés autours des maisons et sur les terrains privés sont utilisés par les femelles
reproductrices, bien que l'absence de juvéniles indique que les conditions ne sont pas précisement ce que les femelles cherchent pour former des colonies de maternité permanentes:
Le taux d'occupation des nichoirs, qui atteint 58% en milieu naturel et 38% près des maisons, montrant que les chauves-souris trouvent rapidement ceux-ci et qu'ils offrent au moins certaines des conditions que les individus cherchent. Les données à notre disposition indiquent que le microclimat dans les nichoirs et plus particulièrement le profile de température soient à la source du problème. Les nichoirs, normalement fournit par le Biodôme ou vendus par les compagnies privées, sont trop petits pour leur permettre d'établir les températures à la fois élevées et relativement stables que .les chauves-souris femelles recherchent dans leurs abris.
Nos contacts avec les personnes qui ont installé des nichoirs chez elles indiquent que le public comprend mal les besoins des chauves-souris et l'importance de l'emplacement du nichoir.
Le fait que plus de 60% des nichoirs installés sur les terrains privés ne rencontrent pas les conditions requises par les chauves-souris souligne l'importance d'une programme de sensibilisation et d'informations relativeinent à l'installation des nichoirs.
Les recherches et les actions ultérieures devraient chercher à:
augmenter la proportion des nichoirs respectant les critères d'une bonne installation chez les particuliers. Cela peut être effectuer par une envoie aux individus inscrits sur la liste du Biodôme. En augmentant le nombre de nichoirs bien installés, notre capacité d'évaluer les critères affectant le taux d'occupation sera nettement améliorée. Actuellement, il n'y a pas plus qu'un vingtaine de nichoirs qui sont correctement installés. Ce nombre ne permet pas un analyse statistique du taux d'occupation.
développer un nichoir qui aura une meilleure capacité de capter le rayonnement solaire et de conserver des températures au dessus de 25° C durant la nuit.
comparer le taux d'occupation des ces nichoirs « améliorés » avec celui des nichoirs.
« traditionels ». •
5.0 REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier Donald Bouchard, Doric.Fauteux, Robert Leo Gendron et Julie.
Massicotte pour la qualité de leur . aide sur le terrain. Cette étude a été financé par des
contributions provenant de la Fondation de la Faune du Québec, d'Ilydro Québec, du Biodôme.de Montréal et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.„
6.0 LITTÉRATURE
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Ecological Methods for the Study of Bats' (E.11 Kunz, ed)„ Smithsonian Institution Press, Washington. 533 pp.
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Burnett, C.D. et P.V. August. (1981). Time and energy budgets for dayroosting in a maternity colony of Myotis lucifugus. journal of Mammalogy 62:758-766.
Fenton, M.B. (1970).. Population studies. of the bat Myotis lucifugus (Chiroptera:
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U.S. Fish and Wildlife. (1973). Threatened wildlife of the United States. U.S. Department of the Interior, Resource Publication 114:289 pp.
Annexe 1
DESCRIPTION DES COÛTS
Année
ITEM 1995 1996
Salaires
Assistants d'été (2 @ $4240) 8480 8480
Temps de Thomas (@ $40/heure) 136 h en 1995; 200 h en 1996
5440 8000
Déplacements
voyages à Montréal 210 143
Déplacements avec le camion de l'Université (@ $0.26/km)' 15 220 km en 1995; 17 115 km en 1996
3957 4450
location d'auto --- 663
Achat et Amortissement d'Appareillages
nichoirs (250 @ $35) 8750 ---
enregistreuse de données avec thermocouples Campbell CR-21x)
2439 ---
Détecteurs de Chauves-sourisz 2400 2400
Système d'analyse acoustique3 1500 1500
Matériel Divers
(matériel de construction, films, cassettes, etc.)
1133 1212
Frais de bureau 300 600
(téléphone, photocopies, envois)-
Total des coûts (1995 et 1996) $62 057.00
Contribution de la FFQ @ 50% des coûts $31 028.50
taux officiel de
2
amortissement
3