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Une construction de <span class="mathjax-formula">$\mathbf {B}_{\rm dR}^+$</span>

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(1)

Une construction de B

‡dR

PIERRECOLMEZ(*)

REÂSUMEÂ- NousdeÂmontronsque lesnombresalgeÂbriques sont denses dansB‡dRet deÂcrivonsla topologie induite par celle de B‡dR en termesde diffeÂrentielles successives.

ABSTRACT- We prove that algebraic numbersare dense inB‡dRand describe the topology induced by that ofB‡dRin termsof higher differentials.

Soit K un corpslocal de caracteÂristique 0 et caracteÂristique reÂ- siduellep. Fontaine a construit [4, 5] un anneau B‡dR qui contient les peÂriodesp-adiquesdesvarieÂteÂsalgeÂbriquesdeÂfiniessurK. Nous mon- tronsqueB‡dRest le compleÂte deKpour une topologie que nousdeÂcrivons de manieÁre intrinseÁque (th. 3.1). Cette topologie fait intervenir des normessous-multiplicativesmaispasmultiplicativessur K ; peut-eÃtre serait-il possible d'eÂtendre la theÂorie de Berkovich pour inclure de telles normes.

NouscommencËonspar donner une formule permettant d'eÂcrire ex- plicitement un eÂleÂment deK comme eÂleÂment deB‡dR. Cette formule n'est passtrictement neÂcessaire pour deÂmontrer la densite deKdansB‡dRmais est assez utile pour visualiser la topologie induite surK par celle deB‡dR. Le § 1, qui ne preÂtend aÁ aucune originaliteÂ, renferme quelqueslemmessur lesalgeÁbreslocalescompleÁtes. Le § 2 est consacre aÁ la formule permettant de visualiser K comme un sous-anneau de B‡dR. Le § 3 contient la deÂ- monstration de la densite deKdansB‡dRet de ses conseÂquences. Enfin, le

§ 4 eÂtend lesreÂsultats au cas relatif ouÁ l'on part d'une algeÁbre de Banach (par exemple l'algeÁbre de TateQpfT1;. . .;Tdg) au lieu d'un corpslocal.

(*) Indirizzo dell'A.: CNRS, Institut de matheÂmatiques de Jussieu, Universite Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, 75005 Paris, France

E-mail: [email protected]

(2)

Lestroispremiers§ correspondent, aÁ desmodificationsmineurespreÁs, aÁ l'article qui aurait duÃ1paraõÃtre en appendice aÁ [5], si des fichiers n'avaient paseÂte intervertis. La publication de la preÂsente version correspond aÁ un regain d'inteÂreÃt [1, 3, 7] pour le sujet ; c'est avec grand plaisir que je la deÂdie aÁ Francesco Baldassarri.

1. PreÂliminaires

Ce paragraphe contient quelques lemmes probablement standard sur lesalgeÁbreslocaleset compleÁtesen caracteÂristique 0.

1.1 ±Extensions de corps locaux

SoitF un corpscommutatif de caracteÂristique 0. SoientP2F[X] un polynoÃme irreÂductible, F[X]P le compleÂte du localise de F[X] en l'ideÂal engendre parPetLˆF[X]=Ple corpsreÂsiduel de cet anneau de valua- tion discreÁte complet ; on note u:F[X]P!L la reÂduction moduloP.

CommePest une uniformisante deF[X]P, il existe une unique deÂrivation continueDdeF[X]P,F-lineÂaire et veÂrifiantD(P)ˆ1, aÁ savoir la deÂriva- tionDˆ 1

P0(X) d dX.

LEMME1.1. KerD est un corps etuinduit un isomorphisme deKerD sur L.

DEÂMONSTRATION. Lesformules

D(Q‡R)ˆD(Q)‡D(R) et D(QR)ˆQD(R)‡RD(Q)

montrent que KerDest un anneau. Montrons que tout eÂleÂment non-nul de KerDa un invers e dans KerD; pour cela commencËonspar montrer que siH6ˆ0 n'est pas inversible dansF[X]P, alorsD(H)6ˆ0. EÂcrivonsH sous la forme PnH1, ouÁ n1 et H1 est inversible dans F[X]P (ce qui eÂquivaut aÁ u(H1)6ˆ0). Alors D(H)ˆPn 1(nH1‡PD(H1)) et donc D(H)6ˆ0 puisque u(nH1‡PD(H1))ˆnu(H1)6ˆ0. Enfin, si H est un

(1) La version publieÂe contient un trou dont j'ai prisconscience en preÂparant un expose aÁ Harvard en 1993 : la deÂmonstration du cor. 6 laisse aÁ deÂsirer...

(3)

eÂleÂment non-nul de KerD et Gest son inverse dans F[X]P, la formule 0ˆD(HG)ˆHD(G)‡GD(H)ˆHD(G) montre queG2KerD.

Il nousreste aÁ veÂrifier que u:KerD!L est surjectif (car, eÂtant un morphisme de corps, il est automatiquement injectif). Soit doncy2LetQ n'importe quel eÂleÂment deF[X]Ptel queu(Q)ˆy; la s eÂrie‡1P

kˆ0

( P)k k! Dk(Q) converge dansF[X]Pversun eÂleÂmentSveÂrifiantu(S)ˆu(D0(Q))ˆyet

D(S)ˆX‡1

kˆ0

( P)k

k! Dk‡1(Q) X‡1

kˆ1

( P)k 1

(k 1)! Dk(Q)ˆ0;

ce qui permet de conclure.

1.2 ±ReleÁvement d'eÂleÂments algeÂbriques

On notesL:L!KerDF[X]Pl'isomorphisme inverse deu.

Tout eÂleÂment deF[X]Ppeut s'eÂcrire de manieÁre unique‡1P

kˆ0QkPk avec Qk2F[X] et deg(Qk)5deg(P). Une telle eÂcriture est dite minimale. Si y2L, on note‡1P

kˆ0dkP(y)Pkl'eÂcriture minimale desL(y).

REMARQUE 1.2. On peut calculer dkP(y) en utilisant l'algorithme sui- vant: il existe une unique suite de couples de polynoÃmes(Qk;Rk) veÂrifiant

(i) deg(Rk)5deg(P0) et deg(Qk)5deg(P), (ii) Q0 y2P F[X]P etR0ˆ0,

(iii) Q0k‡Rk‡(k‡1)P0Qk‡1ˆPRk‡1. On a alors

P0D X‡1

kˆ0

QkPk

ˆX‡1

kˆ0

(Q0kPk‡kQkP0Pk 1)ˆX‡1

kˆ0

PkQ0k‡X‡1

kˆ0

(k‡1)Qk‡1P0Pk

ˆX‡1

kˆ0

Pk(PRk‡1 Rk)ˆ0

et doncdkP(y)ˆQkpour toutk2N.

LEMME 1.3. Soient F un corps de caracteÂristique0, B une F-algeÁbre locale d'ideÂal maximal I de corps reÂsiduel C etuBle morphisme naturel de

Une construction deBdR 111

(4)

B sur C. On suppose B seÂpareÂe et compleÁte pour la topologie I-adique (i.e.

BˆlimnB=In). Soient F la cloÃture inteÂgrale de F dans C et Fsepla cloÃture seÂparable de F dans B ; alorsuBinduit un isomorphisme de Fsepsur F.

DEÂMONSTRATION. CommencËonspar prouver queuBest surjectif. Soi- entLFune extension finie deFetp2Ltel queLˆF[p]. SoitP2F[X]

le polynoÃme minimal dep. Si~pest n'importe quel eÂleÂment deBveÂrifiant uB(~p)ˆp, on aP(~p)2Iet l'applicationf~p :F[X]!BdeÂfinie parf~p(X)ˆ~p se prolonge donc par continuite en un morphisme que nous noterons encore f~pdeF[X]PdansB. De plus,uBf~p ˆu; on en deÂduit ques~pˆf~psLest un isomorphisme deLsur une sous-algeÁbre deFsepqui est tel queuBs~pest l'identite deL. Il s'ensuit queuB(Fsep) contient toute extension finie deF contenue dansF, et donc contientF; d'ouÁ la surjectiviteÂ.

Passons maintenant aÁ l'injectiviteÂ. Soity2B, s eÂparable surFet veÂri- fiantu(y)ˆ0. SoitP2F[X] un polynoÃme seÂparable admettantycomme racine. AlorsPadmet 0 comme racine simple dansCet peut donc s'eÂcrire sous la forme XQ ouÁ Q(0)6ˆ0. MaisalorsuB(Q(y))6ˆ0 et donc Q(y) es t inversible dans B; comme 0ˆP(y)ˆyQ(y), on en deÂduit yˆ0, ce qui permet de conclure.

COROLLAIRE 1.4. Soient B1 et B2 deux F-algeÁbres locales ayant meÃme corps reÂsiduels C. On note ui le morphisme canonique de Bi sur CetIile noyau deui. On suppose que sii2 f1;2g, alorsBiest seÂpareÂe et compleÁte pour une topologie moins fine que la topologieIi-adique et que la cloÃture inteÂgraleF deF dansCqui peut eÃtre vue comme une sous-algeÁbre deBipar le lemme preÂceÂdent, est dense dansBi. On suppose de plus que si (i; j)2 f(1;2);(2;1)g, il existe un morphismefi;j:Bi!Bjqui estF-lineÂ- aire, continu et tel queujfi;jˆui. Alors les morphismesf1;2etf2;1sont des isomorphismes inverses l'un de l'autre.

DEÂMONSTRATION. Le lemme preÂceÂdent implique que fi;jfj;i est l'identite surFdonc surBitout entier par continuiteÂ.

2. Kcomme sous-anneau deB‡dR 2.1 ±L'anneauB‡dR

Soientkun corpsparfait de caracteÂristiquep,FˆW(k)1 p

le corps local absolument non ramifie de corpsreÂsiduelk,Kune extension finie de

(5)

Ftotalement ramifieÂe,Kune cloÃture algeÂbrique deKetCle compleÂte deK pour la valuationp-adique. Soient$une uniformisante deKetv(resp.vp) la valuation deCnormaliseÂe parv($)ˆ1 (resp.vp(p)ˆ1). Six2C, on a v(x)ˆevp(x) ouÁeˆ[K:F] est l'indice de ramification absolu deK. SiLest un sous-corps deC, on noteOL l'anneau de ses entiers.

SoitEe‡l'ensemble2dessuitesxˆ(x(0);. . .;x(n);. . .) d'eÂleÂmentsdeOC veÂrifiant (x(n‡1))pˆx(n) muni deslois‡ et deÂfiniespar x‡yˆs et xyˆt, ouÁ

s(n)ˆ lim

m!‡1(x(n‡m)‡y(n‡m))pm et t(n)ˆx(n)y(n):

AlorsEe‡est un anneau de caracteÂristiquep, complet pour la valuationvE deÂfinie parvE(x)ˆv(x(0)), et qui contient une cloÃture algeÂbriquekdek.

SoitW(Ee‡) l'anneau desvecteursde Witt aÁ coefficientsdansEe‡ et, si x2Ee‡, s oit [x] son repreÂsentant de TeichmuÈller dans W(Ee‡). Soit AinfˆOKOFW(Ee‡) le OK-eÂpaississement infiniteÂsimal p-adique uni- versel deOC. Soitule morphisme deAinfdansOCqui aÁ‡1P

nˆ0$n[xn] associe P

‡1

nˆ0$nx(0)n . Alors u est surjectif et son noyau I‡ est un ideÂal principal.

Remarquonsque siKnr deÂsigne l'extension maximale non-ramifieÂe deK contenue dans K, alors KOF W(k)Ainf[$ 1] est le compleÂte de Knr pour la topologiep-adique ; en particulier,Ainf[$ 1] contientKnr.

Notonsencore u le morphisme de Ainf[$ 1] dans C et soit B‡dR le compleÂte deAinf[$ 1] pour la topologie Keru-adique. On peut prolongeru par continuite aÁB‡dR et on noteIson noyau. AlorsB‡dR est un anneau de valuation discreÁte, complet, d'ideÂal maximalIet de corpsreÂsiduelC. No- tonsqueAinfs'identifie canoniquement aÁ un sous-anneau deB‡dRet que l'on a I\Ainf ˆI‡. De plus, si pour k;n2N, on pose Un;kˆ$nAinf‡Ik‡1, alorslesUn;k forment une base de voisinages de 0 dansB‡dR.

2.2 ±EÂcriture minimale d'un eÂleÂment deB‡dR

D'apreÁsle lemme 1.3,K s'identifie aÁ la cloÃture seÂparable (ou inteÂgrale ce qui est ici la meÃme chose carB‡dRest inteÁgre) deK ouKnr dansB‡dR; nousallonsutiliser lesreÂsultats du në 1.2, appliqueÂs aÁBˆB‡dRet aÁKnrau lieu deF, pour rendre cette identification plusconcreÁte.

(2) NousrenvoyonsaÁ [5] pour les constructions qui suivent et les deÂmonstra- tionsdesreÂsultats.

Une construction deBdR 113

(6)

Siuest un geÂneÂrateur deI‡, tout eÂleÂment deB‡dRpeut s'eÂcrire sous la forme ‡1P

kˆ0akuk, avec ak 2Ainf[$ 1]. Une telle eÂcriture est loin d'eÃtre unique, mais certaines sont meilleures que d'autres. Si x2B‡dR, s oit wk(x)ˆsupfm2Zjx2Um;kg; en particulier,w0(x) est la partie entieÁre dev(u(x)) etwk‡1(x)wk(x) pour toutk2N.

On appelleeÂcriture minimaledextoute seÂrie‡1P

kˆ0akuk dont la somme estxet telle queak2$wk(x)Ainf.

REMARQUE2.1. Si‡1P

kˆ0akukest une eÂcriture minimale dex, alorsl'image deu(ak) dansC=$wk1(x)OC ne deÂpend que dexet de u et peut eÃtre vue comme lak-ieÁme deÂriveÂe dexpar rapport aÁu. En effet, si‡1P

kˆ0bkukest une autre eÂcriture minimale de x, alors P

ik 1(ai bi)ui2$wk 1(x)Ainf\Ikˆ uk$wk 1(x)Ainf ; on a donc (ak bk)uk2uk$wk 1(x)Ainf‡Ik‡1 etu(ak bk)2

$wk1(x)OC.

On dit qu'un eÂleÂmenta de B‡dR est plat siwk(a) ne deÂpend pasde k (i.e. si toutes ses « deÂriveÂes » sont nulles) ; on note alors w(a) la valeur commune deswk(a).

LEMME2.2. (i) a2B‡dRest plat si et seulement si aˆ0ou bienu(a)est non-nul et a2$w(a)Ainf ouÁ w(a)est la partie entieÁre de v(u(a)).

(ii) Tout eÂleÂment x de C a un releÁvement plat dans B‡dR ; c'est-aÁ-dire qu'il existe~x2B‡dRplat et veÂrifiant u(~x)ˆx.

(iii) Si u est un geÂneÂrateur de I‡ et (ak)k2N est une suite d'eÂleÂments plats deB‡dR, alors‡1P

kˆ0akuk est une eÂcriture minimale de sa somme x et wk(x)ˆ inf

0ikw(ai).

(iv) Tout eÂleÂment deB‡dRa une eÂcriture minimale.

DEÂMONSTRATION. (i) Siaest plat etu(a)ˆ0, alorsw(a)ˆw0(a)ˆ ‡1 etaest nul. Siaest plat etu(a)6ˆ0, alorsw(a)ˆw0(a) es t eÂgal aÁ la partie entieÁre de v(u(a)) et donc a2 \‡1kˆ1Uw(a);kˆ$w(a)Ainf ; la reÂciproque est immeÂdiate.

(ii) Soitx2C. Sixˆ0, on peut prendre~xˆ0. Six6ˆ0, soitnla partie entieÁre dev(x) eta2Ainf tel queu(a)ˆ$ nx. Alors~xˆ$naest un re- leÁvement plat dex.

(7)

(iii) Soitwkˆ inf

0ikw(ai) etxˆ‡1P

kˆ0akuk. Il suffit de prouver que l'on a wk(x)ˆwk pour toutkcarak2$wkAinf. Touslestermesde la seÂrie sont eÂleÂmentsde Uwk;k car aiui2$wkAinf si ik, par deÂfinition de wk, et aiui2Ik‡1siik‡1. On en tirex2Uwk;k etwk(x)wk. Pour montrer l'autre ineÂgaliteÂ, il nousfaut veÂrifier quexn'est pas eÂleÂment deUwk‡1;k. Soit k0le pluspetit entieritel quew(ai)ˆwk. Alorsaiui2$wk‡1Ainf Uwk‡1;k0 sii5k0 etaiui2Ik0‡1Uwk‡1;k0 sii>k0, et commeak0uk02=Uwk‡1;k0 car ak02=Uwk‡1;0puisquew(ak0)ˆw0(ak0)ˆwk, on voit que touslestermesde la seÂrie sauf un sont dansUwk‡1;k0, ce qui implique que la somme de la seÂrie n'est pasdansUwk‡1;k0et comme cet ouvert contientUwk‡1;k, cela termine la deÂ- monstration.

(iv) Soit x2B‡dR. DeÂfinissons par reÂcurrence deux suites (ak) et (xk) d'eÂleÂmentsde B‡dR en posant x0ˆx et xk‡1ˆu 1(xk ak) ouÁ ak est n'importe quel releÁvement plat de u(xk). Un petit calcul montre que x uk‡1xk‡1ˆPk

iˆ0aiuiet donc que‡1P

kˆ0akukest une eÂcriture minimale dex d'apreÁsle (iii).

2.3 ±EÂcriture minimale d'un eÂleÂment de K

Soient y2K; L6ˆKnr une extension finie de Knr contenant y,pune uniformisante de L,P le polynoÃme minimal dep sur Knr et ‡1P

kˆ0dkP(y)Pk l'eÂcriture minimale des(y) dansKnr[X]P.

LEMME2.3. Si~p2Ainfest tel queu(~p)ˆp, alors P(~p)est un geÂneÂrateur de I‡.

DEÂMONSTRATION. Soitu2Ee‡ tel queu(0)ˆp. On a~pˆ[u]‡a avec a2I‡et sieˆ[L:Knr], alorsP([u])[ue] mod$Ainf. CommevE(ue)ˆ1 et P([u])2I‡, ceci implique [4, Prop. 2.4] que P([u]) est un geÂneÂrateur deI‡. On peut donc eÂcrire aˆbP([u]) avec b2Ainf et on a P(~p)ˆ P([u]) 1‡P0([u])b

modI‡2. Pour conclure, il suffit de remarquer que u 1‡P0([u])b

ˆ1‡P0(p)u(b) est une unite deOC(carv(P0(p))>0 puisque Lest non triviale et totalement ramifieÂe), et donc 1‡P0([u])b2Ainf.

SiQ2Knr[X], notonsv(Q) le minimum de la valuation descoefficients deQ. Sii2Netai2Knr, alorsv(aipi)ˆv(ai)‡ i

deg(P). On en deÂduit que siQˆP

i aiXi est un polynoÃme aÁ coefficientsdansKnr de degre stricte-

Une construction deBdR 115

(8)

ment infeÂrieur aÁ celui deP, alorsv(Q) est aussi eÂgal aÁ la partie entieÁre de v(Q(p)).

PROPOSITION2.4. (i)‡1P

kˆ0dkP(y)(~p)P(~p)k est une eÂcriture minimale dey dansB‡dR.

(ii) wk(y)ˆ inf

0ikv(diP(y)) DEÂMONSTRATION. On a‡1P

kˆ0dkP(y)(~p)P(~p)kˆs~p(y) danslesnotationsde la deÂmonstration du lemme 1.3 ; c'est donc une eÂcriture dey. Pour montrer qu'elle est minimale, il suffit de veÂrifier que si Q2Knr[X] est tel que deg(Q)5deg(P), alors Q(~p) es t un eÂleÂment plat de B‡dR. On a Q(~p)2

$v(Q)Ainfet d'autre part, la condition deg(Q)5deg(P) fait quev(Q) est aussi la partie entieÁre dev(Q(p)). Il n'y a plusqu'aÁ utiliser le (i) du lemme 2.2 pour conclure. Le (ii) est une conseÂquence immeÂdiate de la minimalite de l'eÂcriture, de l'eÂgalite w(Q(~p))ˆv(Q) si deg(Q)5deg(P), et du (iii) du lemme 2.2.

3. Calcul diffeÂrentiel sur les nombres algeÂbriques

3.1 ±Densite de K dansB‡dR

DeÂfinissons par reÂcurrence une suite deÂcroissante de sous-anneaux O(k)K deOKet une suite deOK-modulesde torsionV(k)en posant :

O(0)K ˆOK, V(k)ˆOKV1O(k1)

K =OK, s ik1, (le produit tensoriel est au-dessus de O(kK 1)) ;

O(k)K ˆKer d(k):O(kK 1) !V(k)

, ouÁd(k)est la deÂrivation canonique3. Nousnousproposonsde deÂcrire cesobjetsen utilisant l'anneauB‡dR. Pour cela, posonsAkinfˆAinf=Ik‡1‡ , s ik2N.

THEÂOREÁME3.1. (i)O(k)K ˆK\(Ainf‡Ik‡1)ˆ fx2K jwk(x)0g:

(ii) L'inclusion deO(k)K dansAinf‡Ik‡1 induit, par passage aux quo-

(3) Le moduleV(k) est de torsion card(k)(x) est tue parpr, s irvp(P0(x)) ouÁ P2OK[X] admetxcomme racine simple.

(9)

tients, un isomorphisme O(k)K=pnO(k)K Akinf=pnAkinf, pour tout couple d'entiers(k;n).

(iii) K est dense dansB‡dRet B‡dRest le seÂpare compleÂte de K pour la topologie deÂfinie en prenant les pnO(k)K, avec n;k2N, pour base de voi- sinages de0.

(iv) S i k1, d(k)est surjective etV(k) s'identifie4aÁ Ik=(Ik‡‡Ik‡1).

(v) De plus, si y2O(kK 1) est eÂcrit sous la forme minimale P

k dkP(y)(~p)P(~p)k, alors d(k)(y) est l'image dans Ik=(Ik‡‡Ik‡1) de dkP(y)(~p)P(~p)k.

REMARQUE3.2. (i) Une autre deÂmonstration des points (i), (ii) et (iv) pourkˆ1 peut se trouver dans [5, § 1.4].

(ii) Il est relativement facile, aÁ partir de la deÂfinition deO(1)K, de deÂcider s i un eÂleÂmentxdeOKlui appartient ou non carOKest une limite inductive d'anneaux monogeÁnes. DeÂcider si x appartient aÁ O(k)K est beaucoup plus ardu si k2 carO(kK 1) n'est plus une limite inductive d'anneaux mono- geÁnes, mais le (i) du th. 3.1 fournit un criteÁre assez raisonnable permettant de le faire carwk(x) est une quantite tout-aÁ-fait calculable en pratique.

(iii) En tant que module galoisien, on aIk=(Ik‡‡Ik‡1)'K=ak(k) ouÁ le (k) deÂsigne la torsion par la puissancek-ieÁme du caracteÁre cyclotomique, et aest l'inverse de l'ideÂal (e1 1)dK=F, ouÁe1 est une racine primitivep-ieÁme de l'unite etdK=F est la diffeÂrente absolue deK. Cette identification s'ob- tient en prenanttkcomme geÂneÂrateur deIk(ouÁtˆlog[e] es t le 2ipp-adique de Fontaine, cf. l'identification entreV(1)etK=a(1) de [5, § 1.4]).

3.2 ±Construction d'eÂleÂments deO(k)K

Soientx2OK,P2OK[X] admettantxcomme racine simple etr2N veÂrifiantrvp(P0(x)). Soitrkˆ(3k 1)r

2 2N (et doncrk‡1ˆ3rk‡r). Si a2Netk2N, posonsrk(a)ˆinf (rk;vp(a)) etzk;aˆprk rk(a)xa.

LEMME3.3. Pour tout k2Net tout a2N, on a zk;a2O(k)K.

(4) Voir la deÂmonstration du lemme 3.4 pour cette identification.

Une construction deBdR 117

(10)

DEÂMONSTRATION. Le reÂsultat est trivial pourkˆ0 ; supposons le vrai pourk. Utilisant la relation

prk‡rk(a)zk;aˆzk;1(prk(a 1)zk;a 1);

on deÂmontre, par reÂcurrence sura, la relation

prk‡rk(a)d(k‡1)(zk;a)ˆprkaxa 1d(k‡1)(zk;1); (1)

En effet,

prk‡rk(a)d(k‡1)(zk;a)ˆd(k‡1)(prk(a 1)zk;a 1zk;1)

ˆprk(a 1)zk;a 1d(k‡1)(zk;1)‡prk(a 1)zk;1d(k‡1)(zk;a 1)

ˆprkxa 1d(k‡1)(zk;1)‡prk‡rk(a 1)xd(k‡1)(zk;a 1)

ˆprkaxa 1d(k‡1)(zk;1) D'ouÁ, pour toutA2OK[X] :

prkd(k‡1)(prkA(x))ˆprkA0(x)d(k‡1)(zk;1):

En particulier, on obtient pourAˆP:

prkP0(x)d(k‡1)(zk;1)ˆ0ˆ)prk‡rd(k‡1)(zk;1)ˆ0;

et utilisant le fait querk(a)rk, on obtient, en multipliant (1) parpr: 8a2N; p2rk‡rd(k‡1)(zk;a)ˆ0:

(2)

Il y a deux cas:

Si vp(a)rk, on azk‡1;aˆp2rk‡rzk;a et donc zk‡1;a2O(k‡1)K car (2) impliqued(k‡1)(zk‡1;a)ˆ0.

Sivp(a)>rk, eÂcrivonsaˆprkbet posonsykˆzk;prkˆxprk. On obtient : d(k‡1)(zk‡1;a)ˆprk‡1 rk‡1(a)d(k‡1)(ybk)ˆbprk‡1 rk‡1(a)ybk 1d(k‡1)(yk)ˆ0;

car vp(b)‡rk‡1 rk‡1(a)ˆvp(a) rk‡3rk‡r inf (rk‡1;vp(a))2rk‡r etp2rk‡rd(k‡1)(yk)ˆd(k‡1)(zk‡1;prk)ˆ0.

Ceci permet de conclure.

3.3 ±Densite deO(k)K dansAinf=Ik‡1‡

Le lemme suivant permet de consideÂrerO(k)K comme un sous-anneau deAkinf.

(11)

LEMME3.4. On aO(k)K Ainf‡Ik‡1.

DEÂMONSTRATION. La deÂmonstration se fait par reÂcurrence sur k, le reÂsultat eÂtant eÂvident sikˆ0. Supposons donck1 etO(kK 1) Ainf‡Ik. Six2O(kK 1) soit~x2Ainf tel quex ~x2Ik. Notons@(k)(x) l'image de x x~ dansle OK-module Ik=(Ik‡‡Ik‡1). Alors @(k)(x) ne deÂpend pasdu choix de~xet@(k)est une deÂrivation deO(kK 1)aÁ valeursdansunOK-module.

La proprieÂte universelle satisfaite par V(k) implique qu'il existe un mor- phismei(k) :V(k)!Ik=(I‡k ‡Ik‡1), deOK-modules, tel que@(k)ˆi(k)d(k). On a doncO(k)K ˆKerd(k)Ker@(k)ˆK\(Ainf‡Ik‡1), ce qui permet de conclure.

REMARQUE 3.5. Si yˆ‡1P

iˆ0diP(y)(~p)P(~p)i2O(kK 1), alors @(k)(y) es t l'image dans Ik=(Ik‡‡Ik‡1) de dkP(y)(~p)P(~p)k car on peut prendre x~ˆkP1

iˆ0diP(y)(~p)P(~p)i.

PROPOSITION3.6. Sik2N, alorsO(k)K est dense dansAkinf.

DEÂMONSTRATION. Si a2OK, s oit Ee‡a ˆ fx2Ee‡ jx(0)ˆag. Soient a2OK,xˆ(x(n))2Ee‡a etPle polynoÃme minimal deasurKnr. Soientm un entier 1 et Sm(X)ˆXpm‡$X. Soit xn;m2OK veÂrifiant (xn;m)pm‡

$xn;mˆx(n). Le polynoÃmePn;m ˆP Sm(X)pn

admetxn;m comme racine simple. On aP0n;mˆpnS0mSpmn 1P0 (Sm)pn

et

vp(P0n;m(xn;m))ˆn‡1=e‡(1 p n)vp(a)‡vp(P0(a))

est indeÂpendant dem; nousle noteronsun. Utilisant le lemme 3.3, on voit que si m(3k 1)(un‡1)=2, alors yn;mˆ(xn;m)pm 2O(k)K. On a de plus u(yn;m [xpn])ˆ$xn;m et on peut donc eÂcrire yn;m sous la forme yn;mˆa‡b$‡cumoduloIk‡1, ouÁaˆ[xp n],betcsont des eÂleÂmentsde Ainfetuest un geÂneÂrateur deI‡. EÂlevonscette eÂgalite aÁ la puissancepn; utilisant l'ineÂgaliteÂ

vp pn! i1!i2!i3!

n inf (vp(i1);vp(i2);vp(i3));

valable si i1;i2;i3 sont des eÂleÂmentsde N veÂrifiant i1‡i2‡i3 ˆpn, on obtient que (yn;m)pn [x] es t eÂleÂment de$en `(k)Ainf‡Ik‡1;ouÁ, s i`(K)ˆ supi1(v(i) i) et`0(k) est le plus grand entier`tel quep`k, on a poseÂ

Une construction deBdR 119

(12)

`(k)ˆsup (`(K);e`0(k)). Ceci implique que sif(n) est une suite d'entiers veÂrifiant lim

n!‡1f(n)=nˆ ‡ 1, alorsyn;f(n) 2O(k)K pournassez grand et la suite (yn;f(n))pntend vers[x] dansAkinf. On en deÂduit que l'adheÂrence deO(k)K dans Akinf contient la sous-OK-algeÁbre deAkinf engendreÂe par les[x] pour x2Ee‡a et a2OK, et comme celle-ci est dense dans Akinf (l'application x7![x] est continue et la reÂunion desEe‡a est dense dansEe‡puisqueOKest dense dansOC; cette adheÂrence contient donc tousles[x], pourx2Ee‡, et donc touteslessommesdu typeP

i2N$i[xi], et donc toutAkinf), cela deÂmontre le lemme.

3.4 ±DeÂmonstration du th.3.1

PosonsOkˆK\(Ainf‡Ik‡1) ; on cherche aÁ prouver queOk ˆO(k)K, et il reÂsulte du lemme 3.4 queO(k)K Oket de la prop. 3.6 queOkest dense dansAkinf. La preuve de l'eÂgaliteÂOkˆO(k)K se fait par reÂcurrence surk; il n'y a rien aÁ deÂmontrer si kˆ0. Supposons donc que k1, que O(kK 1) ˆOk 1ˆK\(Ainf‡Ik), et queAkinf1=pnAkinf1'O(kK 1)=pnO(kK 1).

LEMME 3.7. Pour tout n2N, les anneaux O(k)K=pnO(k)K et Ok=pnOk sont des OK=pnOK eÂpaississements infiniteÂsimaux d'ordre k de OC=pnOCˆOK=pnOK.

DEÂMONSTRATION. La deÂmonstration eÂtant la meÃme danslesdeux cas (remplacerd(k) par@(k) dansla deÂmonstration suivante), nous ne la ferons que pour O(k)K. La densite de O(k)K dans Akinf implique que l'application naturelle deO(k)K=pnO(k)K dansAkinf=pnAkinfest surjective. Composant avec la surjection deAkinf=pnAkinf surOC=pnOC, on en deÂduit une surjectionude O(k)K=pnO(k)K surOC=pnOC.

Il reste aÁ veÂrifier que Keru est de puissance (k‡1)-ieÁme nulle. On peut eÂcrire u comme le compose de u1:O(k)K=pnO(k)K !Akinf1=pnAkinf1' O(kK 1)=pnO(kK 1) et deu2:O(kK 1)=pnO(kK 1)!OC=pnOC. On s ait deÂjaÁ que Keru2 est de puissancek-ieÁme nulle [ et donc que (Keru)k Keru1 ], il suffit donc de montrer que si x2Keru et y2Keru1, alors xyˆ0.

Choisissons des releÁvements~xet~ydexetydansO(k)K. Alors~x2O(k)K \pnOK et~y2O(k)K \pnO(kK 1). Doncp n~y2O(kK 1) etd(k)(~xp ny)~ ˆ~xd(k)(p n~y)ˆ0 car pnd(k)(p ny)~ ˆ0 et x~2pnOK, ce qui implique p nx~~y2O(k)K et donc xyˆ0.

(13)

LEMME3.8. Akinf=pnAkinf; O(k)K=pnO(k)K etOk=pnOksont canoniquement isomorphes.

DEÂMONSTRATION. L'application naturelle de Ok=pnOk dans Akinf=pnAkinf est injective par deÂfinition deOk. La densite deOk dansAkinf montre qu'elle est surjective ; c'est donc un isomorphisme.

Soit A(k)ˆlimnO(k)K=pnO(k)K. D'apreÁsle lemme 3.7, A(k) est un OK- eÂpaississement d'ordrekdeOCet nousnoteronsu(k)le morphisme cano- nique deA(k) dansOC. Il existe donc un unique morphisme continuf de Akinf dansA(k) tel que l'on aitu(k)f ˆu.

Notonsg l'application naturelle deA(k) dans Akinf provenant de l'inclu- sion deO(k)K dansAkinf; on deÂduit de la densite deO(k)K dansAkinfle fait queg est une surjection. Par ailleurs, commeO(k)K est sansp-torsion, il en est de meÃme deA(k) qui s'identifie donc aÁ un sous-anneau deB(k)ˆA(k)[p 1].

On peut prolonger par lineÂariteÂg(resp.u(k), resp.f) en une application que nousnoteronsencoreg(resp.u(k), resp.f) deB(k)dansB‡dR=Ik‡1(resp.

deB(k)dansC, resp. deB‡dR=Ik‡1dansB(k)) et l'on a encoreu(k)f ˆuet ugˆu(k). De plusB(k) (resp.B‡dR=Ik‡1) est uneK-algeÁbre locale d'ideÂal maximal Keru(k) (resp.I) qui est nilpotent ; la cloÃture algeÂbriqueK deK dansCs'identifie donc canoniquement aÁ une sous-algeÁbre de cesdeux al- geÁbresen vertu du lemme 1.3. Maintenant, la densite deO(k)K dansA(k)et Akinf implique celle deK dansB‡dR=Ik‡1 etB(k). On est donc dans les con- ditionsd'application du corollaire 1.4, ce qui implique en particulier que g:B(k) !B‡dR=Ik‡1 est injective, et donc que g:A(k)!Akinf est un iso- morphisme puisqu'on a deÂjaÁ prouve sa surjectivite ; il en est donc de meÃme de l'application naturelle deO(k)K=pnO(k)K ˆA(k)=pnA(k) surAkinf=pnAkinf.

LEMME3.9. O(k)K ˆOk

DEÂMONSTRATION. On a O(k)K Ok et O(k)K=pO(k)K 'Ok=pOk. On en deÂduit, via le lemme du serpent, que la multiplication parpdansOk=O(k)K est un isomorphisme, et comme ce module est dep1-torsion, il est nul ; d'ouÁ le reÂsultat.

REMARQUE 3.10. Leslemmes3.8 et 3.9 permettent de terminer la deÂmonstration des points (i) et (ii) du th. 3.1. Le (iii) reÂsulte de la densite de KdansB‡dR=Ik‡1pour toutk(densite qui reÂsulte de celle deOkdansAkinf), et du fait geÂneÂral que siBest un anneau topologique seÂpare et complet etA est un sous-anneau dense de B, alorsBest le compleÂte deApour la to-

Une construction deBdR 121

(14)

pologie induite surApar celle deB. Il ne nousreste donc plusque les(iv) et (v) aÁ deÂmontrer.

LEMME3.11. @(k)et d(k)sont surjectives.

DEÂMONSTRATION. Soit v2Ik=(Ik‡‡Ik‡1) et s oit ~x2Ik relevant v.

CommeKest dense dansB‡dR, il existex2K tel quex ~x2Ainf‡Ik‡1. Maisalorsx2O(kK 1) et on a@(k)(x)ˆvpar deÂfinition; ce qui reÁgle le cas de@(k).

Tout eÂleÂment de V(k) peut s'eÂcrire comme une somme de termes de la forme ad(k)x avec x2O(kK 1) et a2OK. Comme V(k) est de p1-tor- sion, il existen2N tel que pnd(k)xˆ0 et comme l'application naturelle de O(k)K=pnO(k)K dans OK=pnOK est surjective, on peut trouver b2O(k)K tel que a b2pnOK. On a alors ad(k)xˆbd(k)xˆd(k)(bx) ; d'ouÁ le reÂ- sultat.

On peut maintenant terminer la preuve du th. 3.1 (il ne reste que les (iv) et (v) aÁ prouver). Soit i(k):V(k)!Ik=(Ik‡‡Ik‡1) le morphisme de OK- modulesdeÂfini pari(k)d(k)ˆ@(k). Alorsi(k)est surjectif car@(k)l'est eti(k) est injectif card(k)est surjectif et Ker@(k)ˆOkˆO(k)K ˆKerd(k). On peut donc identifierV(k) etIk=(I‡k ‡Ik‡1) ainsi qued(k)et@(k) et on tire la for- mule pourd(k)(y) donneÂe dansle (v) du th. 3.1 de la formule pour@(k)de la rem. 3.5.

4. Le cas relatif

4.1 ±Extensions eÂtales d'algeÁbres de Banach

SoitFcomme au në 2.1. UneF-algeÁbre de BanachKest ditespectrale si la valuation deÂfinissant sa topologie (et pour laquelle elle est compleÁte) est lavaluation spectrale vspdonneÂe par la formulevsp(x)ˆ inf

s2SpmKvp(s(x)), ouÁ SpmKest l'ensemble des morphismes continus deK dansle compleÂte de la cloÃture algeÂbrique deF.

Dansce §, on se donne une F-algeÁbre K, que l'on suppose inteÁgre, inteÂgralement close, spectrale et noetheÂrienne : par exemple, l'algeÁbre de Tate KˆFfX1;. . .;Xdg. On note K la cloÃture inteÂgrale deK dansl'ex- tension maximale deK, contenue dansune cloÃture algeÂbrique de Fr(K), non ramifieÂe au-dessus de SpmK; alorsKest une limite inductive d'ex- tensions finies eÂtalesdeK. On munitKde la valuation spectrale et on note

(15)

Cle compleÂte deK. SiLest une sous-F-algeÁbre deC, on noteOLl'anneau de sesentierspour vsp (i.e. l'ensemble des x2L veÂrifiant vsp(x)0) ; alorsOLest inteÂgralement closdansLetOKest la cloÃture inteÂgrale de OKdansK.

LEMME4.1. Soit L une extension finie eÂtale de K.

(i) L est un K-module de type fini.

(ii) L est compleÁte.

DEÂMONSTRATION. Il exis te f 2K tel que L[f 1] soit libre de rang fini sur K[f 1] et la forme Tr(xy) soit un accouplement parfait sur L[f 1]. Si e1;. . .;ed est une base de L[f 1] s ur K[f 1] constitueÂe d'eÂleÂmentsde L, l'application x7!i(x)ˆ(Tr(e1x);. . .;Tr(edx)) est une injectionK-lineÂaire deLdansKd. CommeKest supposeÂe noetheÂrienne, cela deÂmontre le (i).

SoitM l'adheÂrence dei(L) dans Kd(que l'on muni de la valuation v1 deÂfinie par v1(x1;. . .;xs)ˆ inf

1isvsp(xi)). Soit a1;. . .;ar une famille geÂneÂ- ratrice de L sur K, posons biˆi(ai) et soient br‡1;. . .;bs telsque b1;. . .;bs engendrent M surK. Par hypotheÁse, on peut approcher bs par deseÂleÂments l de i(L). Maintenant, l'application (x1;. . .;xs)7!

x1b1‡ ‡xsbs est surjective et continue de Kn sur M; comme les espaces de deÂpart et d'arriveÂe sont des banach, on peut utiliser le theÂoreÁme de l'image ouverte pour, sibs lest assez petit, eÂcrirebs lsous la forme Ps

iˆ1xibiavecxi2pOK. Maisalors1 xsest inversible dansOK, et doncbs appartient au K-module engendre par lesbi, pour is 1. Une reÂcur- rence immeÂdiate permet d'en deÂduire queb1;. . .;brengendrentM, et donc quei(L)ˆM; en particulier,i(L) est un sous-banach deKd.

Notonsp:Kr!Ll'application (x1;. . .;xr)7!Ps

iˆ1xiai. Cette application est continue et il existeC2Rtel que l'on ait vsp(p(x))v1(x)‡C pour tout x2Kr. Par ailleurs, ip:Kr!i(L) est continue, surjective, et comme lesespacesde deÂpart et d'arriveÂe sont des banach, il reÂsulte du theÂoreÁme de l'image ouverte qu'il existeC02Rtel que, pour touty2i(L), il existe x2Kr tel que ip(x)ˆy et v1(x)v1(y)‡C0. Maisalors p(x)ˆi 1(y) et donc vsp(i 1(y))v1(y)‡C‡C0. Il s'ensuit que i:L! i(L) est bicontinue, et donc queLest un banach puisquei(L) en est un. Ceci deÂmontre le (ii) et conclut la preuve du lemme.

REMARQUE4.2. On peut aussi deÂduire le (ii) de [2, 3.8.3 prop. 6].

Une construction deBdR 123

(16)

4.2 ±EÂpaississements infiniteÂsimaux universels

L'application x7!xp est surjective sur OC=pOCˆOK=pOK (cf.

lemme 4.7), et donc OC et C posseÁdent des OK-eÂpaississements in- finiteÂsimaux universels. On noteAinf celui deOCetB‡dRcelui de C. Rap- pelonsla construction de cesobjets5.

SoitEe‡ l'ensemble des suitesxˆ(x(0);. . .;x(n);. . .) d'eÂleÂmentsdeOC veÂrifiant (x(n‡1))pˆx(n) muni deslois‡ et deÂfiniespar x‡yˆs et xyˆt, ouÁ

s(n)ˆ lim

m!‡1(x(n‡m)‡y(n‡m))pm et t(n)ˆx(n)y(n):

AlorsEe‡est un anneau de caracteÂristiquep, complet pour la valuationvE deÂfinie parvE(x)ˆvsp(x(0)).

SoitAe‡ˆW(Ee‡) l'anneau desvecteursde Witt aÁ coefficientsdansEe‡ et, six2Ee‡, s oit [x] son repreÂsentant de TeichmuÈller dansAe‡. Soitule morphisme deAe‡dansOCqui aÁ‡1P

nˆ0pn[xn] associe‡1P

nˆ0pnx(0)n . On eÂtenduun morphisme deOK-algeÁbresdeOKAe‡ dansOC, et alorsAinf est le seÂ- pare compleÂte de OKAe‡ pour la topologie (p;Keru)-adique. Le mor- phismeus'eÂtend en un morphisme surjectif deAinf surOC, et on noteI‡ son noyau.

Notonsencore u le morphisme de Ainf[p1] dans C. Alors B‡dR est le compleÂte deAinf 1

p pour la topologie Keru-adique. On peut prolongeru par continuite aÁB‡dR et on noteI son noyau. Notons queAinf s'identifie canoniquement aÁ un sous-anneau de B‡dR et que l'on a I\AinfˆI‡. De plus, si pourk;n2N, on poseUn;k ˆpnAinf‡Ik‡1, alorslesUn;k forment une base de voisinages de 0 dansB‡dR.

4.3 ±K comme sous-anneau deB‡dR

DeÂfinissons par reÂcurrence une suite deÂcroissante de sous-anneaux O(k)K deOKet une suite deOK-modulesV(k)en posant :

O(0)K ˆOK,

(5) NousrenvoyonsaÁ [5] pour les constructions qui suivent et les deÂmonstra- tionsdesreÂsultats.

(17)

V(k)ˆOKV1O(k 1)

K =OK, s ik1, (le produit tensoriel est au-dessus de O(kK 1)) ;

O(k)K ˆKer d(k):O(kK 1)!V(k)

, ouÁd(k) est la deÂrivation canonique.

Enfin, soitAkinfˆAinf=Ik‡1‡ , s ik2N.

THEÂOREÁME4.3. (i)O(k)K ˆK\(Ainf‡Ik‡1)ˆ fx2K jwk(x)0g:

(ii) L'inclusion deO(k)K dansAinf‡Ik‡1induit, par passage aux quo- tients, un isomorphisme O(k)K=pnO(k)K Akinf=pnAkinf, pour tout couple d'entiers(k;n).

(iii) K est dense dansB‡dRet B‡dRest le seÂpare compleÂte de K pour la topologie deÂfinie en prenant les pnO(k)K, avec n;k2N, pour base de voi- sinages de0.

(iv) S i k1, d(k)est surjective etV(k) s'identifie aÁ Ik=(Ik‡‡Ik‡1).

DEÂMONSTRATION. La deÂmonstration est la meÃme que celle du th. 3.1, aÁ ceci preÁsqu'il faut modifier lesargumentsqui utilisaient le fait queKeÂtait un corps, aÁ savoir :

- La preuve du lemme 3.8 utilise le në 1.2 qui est reÂdige dansle casd'un corps.

- Celle du lemme 3.3 utilise l'existence der2Ntel queP0(x) divisepr. - Danscelle de la prop. 3.6, on extrait desracinesp-ieÁmes, ce qui ne produit desextensionseÂtalesque si leseÂleÂmentsdont on extrait lesracines p-ieÁmessont desuniteÂs.

Il s'agit donc d'eÂtendre le në 1.2 au casd'extensionseÂtalesd'algeÁbres, ce qui est un cas particulier du «theÂoreÁme de prolongement desreleÁvements»

(cf. [6, cor. 5.6] ; la deÂmonstration consiste aÁ localiser pour se ramener aÁ un casouÁ on peut utiliser le preuve du lemme 1.3 et aÁ utiliser l'unicite du prolongement pour recoller), et d'adapter lesdeÂmonstrations du lemme 3.3 (cf. lemme 4.6) et de la prop. 3.6 (cf. prop. 4.9).

4.4 ±Construction d'eÂleÂments deO(k)K

Siy2OKet sir2N, on dit queyestde profondeurr, s'il existe : x1ˆy;x2;. . .;xd2OK,

P1;. . .;Pe2OK[X1;. . .;Xd], R1;. . .;Rd2OK[X1;. . .;Xd]

Qi;j 2OK[X1;. . .;Xd] pour 1idet 1je,

Une construction deBdR 125

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