UPMC 1M002 Suites, int´ egrales, alg` ebre lin´ eaire 2013-2014
MIPI 23 R´ eduction des endomorphismes. Applications
Les exercices sans(∗)sont des applications directes du cours. Les exercices marqu´es(∗)sont un peu plus difficiles, mais quelques exercices de ce genre pourront aussi figurer dans les ´evaluations.
Dans tout ce qui suit,Kd´esigne un corps.
Exercice 1(Matrice compagnon pourn= 2). SoitP =T2−aT−b∈K[T]et soitA= 0 1
b a
∈M2(K).
1. D´eterminer le polynˆome caract´eristique PA(T) = d´et(A−T I2). (La matrice A est appel´ee la matrice compagnon deP.)
2. Soitαune racine de P dans K. D´eterminer l’espace propreVα={X ∈K2 |AX =αX} et donner un vecteurvα∈Vαde la forme vα=
1 y
.
3. Montrer que Aest diagonalisable si et seulement siP a dans Kdeux racines distinctesαet β. Donner dans ce cas une baseC deK2form´ee de vecteurs propres comme `a la question pr´ec´edente.
4. ´Ecrire la matrice de passageQ= MatB(C), o`u Bd´esigne la base canonique deK2, puis calculerQ−1et D=Q−1AQ.
5. Pour toutn∈N∗, exprimerAn en fonction deQetDn, puis calculer explicitementAn. Exercice 2. SoitA=
0 1 2 1
∈M2(R). On note Bla base canonique deR2. 1. Calculez le polynˆome caract´eristiquePA(X).
2. Expliquez, sans calcul, pourquoiAest diagonalisable.
3. D´eterminez une base C = (v1, v2) de vecteurs propres, telle que la 1`ere coordonn´ee de v1 et de v2 soit
´egale `a 1.
4. ´Ecrivez la matrice de passageP = MatB(C)et calculezP−1ainsi queD=P−1AP. 5. Pour toutn∈N∗, exprimerAn en fonction deP etDn, puis calculer explicitementAn. On consid`ere la suite vectorielle(Un)n∈N`a valeurs dansR2d´efinie parU0=
1 1
etUn+1=AUn. 6. Pour toutn∈N∗, exprimerUn en fonction de AetU0 puis calculer explicitementUn. Exercice 3 (Matrices stochastiques pour n = 2). Soit A =
1−b c b 1−c
∈ M2(R), o`u b et c sont dans l’intervalle ouvert]0,1[(de sorte que 1−b et1−cy sont aussi). (Une matriceB∈Mn(R)est dite stochastique si elle est `a coefficients≥0et si la somme des coefficients de chaque ligne vaut1. La matriceAest donc la transpos´ee d’une matrice stochastique.)
1. Montrer que1est valeur propre deA. D´eterminer l’espace propre associ´eV1= Ker(A−I2)et en donner un g´en´erateurv1=
x y
tel quex+y= 1.
2. Montrer queα= 1−b−c est valeur propre deA. D´eterminer l’espace propre associ´eVα= Ker(A−αI2) et en donner un g´en´erateurv2de la forme
1 z
, avecz∈R.
3. On poseC= (v1, v2). ´Ecrire la matrice de passageP = MatB(C), o`uBd´esigne la base canonique deR2, et calculerP−1. Puis d´eterminer sans calculD=P−1AP.
4. Pour tout n∈N∗, exprimer An en fonction deP et deDn, puis calculer explicitement An en fonction deb, cet αn.
5. Montrer que|α|<1.
6. Soit U0 = x0
y0
∈ R2 tel que x0+y0 = 1. Pour tout n ∈ N∗, notons Un = xn
yn
le vecteur AnU0. D´eterminer lim
n→+∞Un (i.e. d´eterminer lim
n→+∞xn et lim
n→+∞yn).
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Exercice 4. (∗)(Matrices compagnons) Soientnun entier≥2etP =Xn−an−1Xn−1− · · · −a1X−a0∈K[X].
On consid`ere la matrice :
A=
0 1 0 · · · 0 ... . .. . .. . .. ... 0 · · · 0 1 0 0 · · · 0 0 1 a0 a1 a2 · · · an−1
∈Mn(K)
(`a part la derni`ere ligne, les seuls coefficients non nuls sont ceux juste au-dessus de la diagonale, qui valent1).
1. ´Ecrire la matriceA−XIn. En ajoutant `a la premi`ere colonne des multiples appropri´es des autres colonnes, puis en d´eveloppant par rapport `a la 1`ere colonne, montrer que le polynˆome caract´eristiquePA(X)´egale (−1)nP.
2. On suppose queµ∈Kest une racine deP. En r´esolvant le syst`emeAX =µX (ou en rempla¸cant dans le calcul pr´ec´edent X parµ), montrer que l’espace propre Vµ= Ker(A−µIn) est de dimension1 et en donner un g´en´erateur.
3. Montrer queAest diagonalisable si et seulement siP anracines distinctes µ1, . . . , µn dansK.
4. Si tel est le cas, donner une matriceQ∈GLn(K)telle queQ−1AQsoit la matrice diagonaleD(µ1, . . . , µn) de termes diagonauxµ1, . . . , µn. (En d’autres termes : siud´esigne l’endomorphisme deKndont la matrice dans la base canoniqueBestA, donner une baseC= (v1, . . . , vn)deKno`u chaqueviest un vecteur propre pourµi, puis ´ecrire la matriceQ= MatB(C).)
Exercice 5. SoitA∈M2(R). On cherche les fonctionsX :R→R2,t7→X(t) = x1(t)
x2(t)
de classeC∞v´erifiant l’´equation diff´erentielle X0(t) =AX(t). On noteBla base canonique deR2. On suppose qu’il existe une baseC deR2et λ, µ∈Rtels que, notantP = MatB(C)on ait :
P−1AP = λ 0
0 µ
.
Pour toutt∈R, on noteY(t)le vecteur des coordonn´ees deX(t)dans la baseC.
1. ExprimerX(t)en fonction deP etY(t).
2. En ´ecrivant P−1= a b
c d
et en calculantP−1X(t), montrer queY0(t) =P−1X0(t).
3. Montrer que l’on aY0(t) =DY(t)pour une matrice Dque l’on d´eterminera. En d´eduire l’expression de Y(t)en fonction deY(0) =
y1(0) y2(0)
.
4. En d´eduire l’expression deX(t)en fonction de X(0) = x1(0)
x2(0)
.
Exercice 6. (∗) SoitA ∈M2(K). On suppose que A poss`ede une valeur propreλ∈ Kmais que A n’estpas diagonalisable. On noteul’endomorphisme deK2 d´efini parA, etidl’application identique deK2.
1. Montrer quePA(X) = (X−λ)(X−µ)pour un certainµ∈K, puis queµ=λ.
2. Montrer que le sous-espace vectorielE= Im(u−λid) deK2 est stable paru. Quelle est sa dimension ? 3. En utilisant queun’est pas diagonalisable, montrer queE´egaleVλ= Ker(u−λid).
4. Soitv2∈K2 tel quev26∈Vλ. On posev1 =u(v2)−λv2. Montrer queC= (v1, v2)est une famille libre, donc une base deK2, puis ´ecrireMatC(u).
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