Échappé belle, encore une fois

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L'astronomie au gré des saisons, 2018-05-22

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Échappé belle, encore une fois

Tapping, Ken

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ÉCHAPPÉ BELLE, ENCORE

UNE FOIS

Ken Tapping, le 22 mai 2018

Lorsque vous lirez ces lignes, l’astéroïde 2010 WC9 aura frôlé la Terre, filant à pratiquement 12,8 km/s (46 000 km/h) sur une trajectoire à mi-chemin entre la Terre et la Lune, soit à quelque 200 000 km de la planète bleue. L’objet d’environ 70 m de diamètre, peut-être légèrement plus gros, est en basalte, l’une des roches les plus

communes du système solaire, et pèse environ un demi-million de tonnes. La catastrophe a été évitée, mais rassurez-vous, notre espèce aurait sans doute survécu à l’impact. Vu la quantité d’objets semblables plus ou moins gros dont l’orbite croise celle de la Terre autour du Soleil, sans compter tous ceux qui n’ont pas encore été détectés, les risques de collision sont très réels. Au cours de ses 4,5 milliards d’années

d’existence, notre planète a été percutée à de nombreuses reprises. Des traces de ces impacts subsistent d’ailleurs dans les roches les plus anciennes, notamment celles du Bouclier canadien. Les minerais qu’on trouve en

abondance dans la région de Sudbury, en Ontario sont en fait les vestiges d’un astéroïde de 10 à 15 km de diamètre qui s’y est écrasé il y a 1,98 milliard d’années. Un autre impacteur aurait causé l’extinction de 75 % des espèces animales qui vivaient à l’époque en se fracassant sur la Terre il y a 65 millions d’années. Si le scénario se répétait aujourd’hui, ce serait un désastre, vu notre grande vulnérabilité : non seulement presque toute la surface du globe est aujourd’hui habitée, mais les infrastructures de commerce et de

communications planétaires essentielles à notre mode de vie pourraient être détruites. Alors comment éviter les collisions futures? Dans l’avenir prévisible, il n’y a rien que nous puissions vraiment faire. Pour prévenir une collision, il faudrait pouvoir établir des prévisions

suffisamment à l’avance et avec suffisamment de fiabilité. Un astéroïde de basalte (une roche de couleur sombre), sûrement recouvert de poussière

du même matériau, serait pratiquement impossible à repérer. À moins d’un coup de chance, on ne distingue les petits objets que lorsqu’ils sont très proches de la Terre et la dépassent à la vitesse de l’éclair.

Pour faire dévier un astéroïde comme 2010 WC9, qui fonce vers nous à 12,8 km/s, alors qu’il est déjà passablement près de la Terre, il faudrait y fixer un mégamoteur à réaction, qu’il faudrait transporter jusqu’au bolide, apparier la vitesse du transporteur à celui de l’objet, puis le faire atterrir en douceur sur l’astéroïde. Pour dévier un corps en mouvement d’un demi-million de tonnes à la dernière minute, il faudrait un engin extrêmement puissant. Et même si on disposait d’un tel engin, il est très improbable qu’on réussisse à le déposer sur l’astéroïde à temps. Dans les

films-catastrophes où un astéroïde menace la Terre, le héros réussit à le faire exploser avec une bombe ultrapuissante, mais en réalité, ce ne serait pas une bonne idée : au lieu d’un seul impact au sol, on causerait une pluie de débris, ce qui serait pire. Si nous étions capables de détecter les impacteurs des années avant la date de collision prévue, il serait possible d’y fixer un propulseur de faible puissance en douceur, qui pourrait même utiliser la roche comme combustible. S’il disposait de suffisamment de temps pour agir, même un petit moteur à réaction pourrait dévier l’astéroïde sur une trajectoire moins menaçante. Il est toutefois pratiquement impossible de prévoir des collisions des années à l’avance avec fiabilité, car les trajectoires des objets sont continuellement modifiées par l’attraction gravitationnelle des autres planètes, surtout la géante Jupiter. Nos prévisions renferment donc une part

d’incertitude. La seule chose qu’on puisse prédire de manière fiable, c’est qu’à une date donnée, un astéroïde X traversera un certain volume d’espace dans lequel se trouve la Terre. Pour éviter les catastrophes, il faut réduire la marge d’imprécision des calculs en deçà du facteur de correction que peut induire un réacteur de faible puissance pour pouvoir apporter la correction appropriée à la trajectoire. Il faudra pour cela des calculs plus

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précis de la position de l’objet sur une plus grande partie de son orbite. On y travaille!

Vénus brille avec intensité à l’ouest après le coucher du Soleil et Jupiter offre un spectacle presque aussi éclatant au sud-est. Saturne se lève vers minuit et Mars, autour de 2 heures. La Lune dévoilera son premier quartier le 22 et sera pleine le 29.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire fédéral de radioastrophysique du Conseil national de recherches du Canada, à Penticton (C.-B.) V2A 6J9. Tél. : 250-497-2300, téléc. : 250-497-2355

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