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Submitted on 1 Jan 1990
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RISQUE D’ATTEINTE AUDITIVE PAR
EXPOSITION À DES BRUITS PARTIELLEMENT IMPULSIONNELS
L. Thiery
To cite this version:
L. Thiery. RISQUE D’ATTEINTE AUDITIVE PAR EXPOSITION À DES BRUITS PARTIELLE- MENT IMPULSIONNELS. Journal de Physique Colloques, 1990, 51 (C2), pp.C2-155-C2-158.
�10.1051/jphyscol:1990237�. �jpa-00230657�
COLLOQUE DE PHYSIQUE
Colloque C2, supplgment au n02, Tome 51, Fevrier 1990 Let Cofigrès Français d'Acoustique 1990
RISQUE D'ATTEINTE AUDITIVE PAR EXPOSITION A DES BRUITS PARTIELLEMENT IMPULSIONNELS
L. THIERY
Institut National de Recherche et de Sécurité (I.N.R.S.). Centre de Recherche, Avenue de Bourgogne, BP. 27, F-54501 Vandoeuvre-les-Nancy.
France
Résumé
- Une enqugte bpidémiologique décrit le risque auditif que subissent des travailleurs exposes B des bruits industriels partiellement impulsionnels et de niveau moyen compris entre 87 et 90 dB(A).Abstract -
An epidemiological survey describes the hearing risk level due to partly impulsive industrial noise exposure at levels between 87 and 90 dB(A).1
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METHODOLOGIELa connaissance de la relation entre les pertes d'audition et I'exposition au bruit des travailleurs est une donnée importante pour guider les actions de prévention du risque occasionné par le bruit en milieu industriel. Or cette relation n'est pas établie avec certitude pour toutes les situations professionnelles. C'est le cas notamment quand les bruits sont impulsionnels et que les niveaux d'exposition sonores sont proches des seuils de 85 et 90 dB(A).
Pour éclairer ce point, une enquête épidémiolgique transversale a été réalisée parmi les travailleurs d'un atelier d'assemblage de carrosserie automobiles. Cette enquête s'est déroulée avant l'introduction de robots de soudage dans l'atelier. On peut estimer que l'activité n'y a pas subi d'évolutions modifiant sensiblement les niveaux sonores, durant les 20 années d'exposition considérées ici.
L'étude de I'exposition des travailleurs a été réalisée à 153 postes de travail typiques, répartis dans tout l'atelier. Elle montre que l'exposition moyenne des travailleurs est de 88,7 dB(A), avec une précision estimée à 1,5 dB(A). Les valeurs de pression acoustique de crête mesurées à ces postes sont comprises entre 107 et 126 dB(A).
Cette enquête a porté sur un échantillon composé de 234 travailleurs de cet atelier, excluant tous les cas d'antécedents médicaux pouvant retentir sur l'audition ainsi que tous les cas d'exposition à des bruits de niveaux élevés hors du travail dans I'atelier étudié.
L'étude complète de cette population est présentée dans [ l ] [2]. On ne présente dans cet article que les résultats principaux obtenus pour le groupe des travailleurs les plus longuement exposés aux bruits de cet atelier. Ce groupe est composé de 56 personnes, agées de 40 ans et exposées durant 18 ans, en moyenne. La population étudiée a subi un examen médical particulier. L'audiométrie a été effectuée avant la prise de poste, pour éviter tout phénomène de fatigue auditive. Le matériel et les conditions d'examen sont conformes aux spécifications normalisées (NF S 31-081) [3].
2
-
BJSQUF D'ATTFINTF AUDITIVE.2.1
-
Comparaison avec une population non exposée aux bruits industrielsLe risque d'atteinte auditive peut être traduit par trois indicateurs utilisant des combinaisons de fréquences audiométriques. Ces combinaisons sont les moyennes, pondérées ou non, des pertes d'audition mesurées aux fréquences indiquées ci-dessous (en kHz) :
D(T42) = [2D(0.5)
+
4D(1)+
3D(2)+
D(4)] / 10 D(24) = [D(2)+
D(4)J / 2D(346) = [D(3)
+
D(4)+
D(6)] / 3Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphyscol:1990237
C2-156 COLLOQUE DE PHYSIQUE
La première est mentionnée dans le tableau no 42 des maladies professionnelles [4], la seconde est utilisée dans le modèle élaboré par LAFON [5], la troisième est proposée comme indicateur précoce de pertes d'audition (AFNOR NF S 31-013 [6]).
La figure 1 montre les résultats obtenus pour la population étudiée, comparés aux estimations faites en utilisant les résultats de cette norme pour une population témoin, non exposée aux bruits industriels et d'dge moyen 40 ans. Pour les trois indicateurs mentionnés ci-dessus, les résultats sont présentés de la même façon que dans la norme.
Les distributions cumulées, présentées selon une échelle "probit", donnent une estimation du risque d'atteinte auditive à un seuil spécifié de perte auditive. La précision de cette estimation dépend de la pente des demi-droites considérées. Avec I'indicateur D(T42), une variation n'excédant pas 1 dB sur le niveau d'audition peut entraîner une erreur relative de 20 % sur le niveau de risque. Par contre, avec les indicateurs D(24) et D(346), la même variation entraîne une erreur relative de 10 et 8 % respectivement. La précision obtenue devien.t acceptable dans ces deux cas, mais ne l'est pas avec I'indicateur D(T42).
La lecture de ces graphiques peut être simplifiée en choisissant arbitrairement un seuil : 25 dB ici. L'indicateur D(24) montre que 34 % de la population étudiée atteint le seuil de 25 dB, alors qu'il n'atteint pas 5 % dans la population témoin. L'indicateur D(346) montre que respectivement 50 % et 6 % des deux populations atteignent ce seuil.
2.2
-
Comparaison avec des populations exposées à des bruits quasi-stablesLa norme NF S 31-013 a été utilisée pour estimer les niveaux d'audition de travailleurs exposés pendant 20 ans à des bruits industriels de niveaux 90, 95 et 100 dB(A), âgés de 40ans, sans pathologie auditive. Ces estimations sont issues de données épidémiologiques internationales décrivant la relation entre les pertes d'audition et l'exposition professionnelle à des bruits quasi-stables.
La figure 2 reproduit les niveaux d'audition médians de la population étudiée ainsi que ceux qui proviennent de cette norme pour les fréquences audiométriques comprises entre 0.5 kHz et 8 kHz. La comparaison de ces courbes montre qu'aux fréquences comprises entre 2 et 4 kHz, les niveaux d'audition observés dans cette étude sont très proches des estimations fournies par la norme pour une exposition à des bruits continus de niveaux 95 dB(A).
3
-
DISCUSSION-
CONCLUSIONCes résultats montrent nettement l'existence d'un risque auditif dans la population étudiée. II apparaît en comparant les pertes auditives observées dans la population étudiée et dans une population non exposée à des bruits industriels, de même âge moyen.
Ceci confirme les résultats de nombreux travaux relatifs au risque auditif d'une exposition à des bruits de niveaux compris entre 85 et 90 dB(A).
Ce fait ne peut pas être mis en évidence de façon précise avec I'indicateur D(T42), utilisé pour la reconnaissance des surdités professionnelles. En effet, même avec le seuil de perte de 25 dB, cet indicateur ne donne aucune estimation du risque auditif pour la population étudiée. Par contre, les indicateurs D(24) et D(346) font apparaître un risque.
Ce risque ne doit pas être interprêté en terme de "risque de surdité" puisqu'aucune perte n'atteint le niveau des surdités indemnisables. II doit l'être dans le sens d'une "alerte", ainsi que le recommande la législation sur la surveillance médicale des travailleurs exposés au bruit.
L'enquête sonomètrique a montré que les niveaux acoustiques continus équivalents mesurés aux postes de travail sont compris, en moyenne, entre 87 et 90 dB(A) et que l'ambiance sonore est partiellement impulsionnelle. Or l'analyse des résultats audiométriques montre que le risque auditif observé dans la population étudiée est supérieur à celui qu'indiquent les estimations de la norme NF S 31-013 pour une
exposition à des bruits quasi-stables de même énergie moyenne. Ceci ne peut être expliqué par des différences méthodologiques dans le recueil ou l'analyse des données audiométriques, mais pourrait provenir du caractère partiellement impulsionnel de I'ambiance sonore dans cet atelier. Cette hypothèse pourrait confirmer le fait que le critère de l'énergie ne suffit pas à lui seul pour quantifier le niveau du risque auditif, quand l'ambiance sonore est partiellement impulsionnelle, même dans le cas où l'énergie moyenne n'excède pas
90
dB(A) et où les impulsions ont des valeurs crêtes qui n'atteignent pas130
dB(A).5
FFERFNCFS BIBLIOGRAPHIQUFS[l]
THIERY L., MEYER-BISCH C., STEUNOU M.T., LUONG S.B., "Evaluation épidémiologique d'un indicateur de risque auditif dans une population exposée à des bruits partiellement impulsionnels et de niveaux compris entre87
et90
dB(A)". (A paraître)[2J
THIERY L., MEYER-BISCH C., "Hearing loss due to partly impulsive industrial noise exposure at levels between87
and90
dB(A)", J. Acoust. Soc. Am.,84(2),
pp651-659, 1988
[3]
Norme NF S31-081.
Audiométrie liminaire tonale de dépistage en conduction aérienne des personnes exposées professionnellement au bruit. AFNOR,1981
[4] Ministére du Travail et de la Participation, Décret no
81-507
du 4 mai1981,
révisant et complétant les tableaux de maladies professionnelles, Journal Officiel du14
mai1981
[5]
LAFON J.C., "La perte auditive due au bruit industriel", Arch. Mal. Prof.,38,
pp.1-48, 1977
[6]
Norme NF S31-013.
Evaluation de l'exposition au bruit en milieu professionnel et estimation du déficit auditif, induit par le bruit, de populations exposées. AFNOR,1985
Risque (%) Risque (%) Risque 1%)
Figure 1
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Distribution statistique des pertes d'audition selon les indicateurs D(T42), D(24), D(346) : population étudiée ( W ) ; estimations de la norme NF S 31- 013 (1985) (population non exposée d'âge 40 ans : 0 )COLLOQUE DE PHYSIQUE
Figure 2
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Niveaux d'audition médian : population étudiée ( B) ; estimations de la norme N F S 31-013 (âge : 40 ans, exposition : 2 0 ans ;non-exposée : 0 ; 90 dB(A) : A ; 95 dB(A) :