HAL Id: jpa-00206481
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Submitted on 1 Jan 1967
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Le schéma de désintégration de 99Mo
L. Dorikens-Vanpraet, E. Jacobs, K. Heyde, J. Demuynck, D. de Frenne
To cite this version:
L. Dorikens-Vanpraet, E. Jacobs, K. Heyde, J. Demuynck, D. de Frenne. Le schéma de désintégration
de 99Mo. Journal de Physique, 1967, 28 (1), pp.1-6. �10.1051/jphys:019670028010100�. �jpa-00206481�
LE JOURNAL DE PHYSIQUE
LE
SCHÉMA
DEDÉSINTÉGRATION
DE 99MoPar Mme L. DORIKENS-VANPRAET
(1),
E.JACOBS (1),
K.HEYDE, J.
DEMUYNCK(1)
et D. DE FRENNE
(1),
Laboratoire de Physique Nucléaire, Université de Gand, Rozier, 6-Gand, Belgique.
Résumé. - L’étude de la désexcitation de 99Mo à l’aide de
spectres
gamma et bêta et decoïncidences gamma-gamma et
bêta-gamma
confirme l’existence d’un niveau à 1 130keV,
de transitions gamma de 410, 620 et 950 keV dans le 99Tc et d’une transition bêta de 240 keV.
Les résultats
expérimentaux
sontcomparés
aux niveaux calculésthéoriquement.
Abstract. 2014 A careful
investigation
of thedecay
of 99Moby
means of gamma and betaspectra
and gamma-gamma andbeta-gamma
coincidencetechniques,
proves the existence of a 1130 keV level and gamma transitions of 410, 620 and 950 keV in 99Tc and of a 240 keV beta transition. Theexpérimental
results arecompared
with thetheoretically
calculated level scheme.Tome 28 No 1
JANVIER
1967Introduction. - Les articles relatifs à la désinté-
gration
du 99Mo[1], [2], [3], [4],
ne concordent passur
plusieurs points,
cequi
nous a semblejustifier
uneréinvestigation.
Ils’agit
surtout du niveau a 1 130 keV(voir fig. 1),
de lacomposante
beta de 240 keV et de la transition gamma de 950 keV mentionnes dans[2]
et
[3]
et des transitions gamma de 410 et 620 keV mentionnees dans[3]
et, enplus,
desspins
etparit6s
de
plusieurs
niveaux.Résultats
expérimentaux.
- 1. SOURCES. - Lessources de 99Mo
(67 h)
livr6es par leD6partement
desRadio6l6ments du
C.E.A., France,
et par le « Radio- chemicalCentre », Amersham, Grande-Bretagne,
ontete obtenues par irradiation de
molybd6ne
natureldans un reacteur. Les autres radio6l6ments
produits,
le 93Mo et le
lOlMo,
n’interviennent pas dans nosmesures,
puisque
le 93Mo sedésintègre
parcapture
d’61ectron vers le niveau de base du 93Nb(qui
eststable)
et que le lolMo n’aqu’un temps
de viede 14,6
minutes.2. SPECTRES DIRECTS. - Les
spectres
gamma directsont 6t6
enregistr6s
a l’aide d’un d6tecteucNaI(TI)
de
1 1 11
2 X2",
suivi d’une chained’amplification
pclassique,
stabilis6e par lesyst6me
de Waard[5],
et d’un
analyseur
multicanaux. Dans lesspectres directs,
nous retrouvons les raies du tableau I. Le(1)
Chercheurs a l’I.I.S.N.FIG. 1
Schema de
désintégration
du 99Mo.Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019670028010100
2
FIG. 2
a ) Spectre
gammaenregistre
avec une source de 99Mo2
jours apr6s production (avec analyse).
b) Spectre
gammaenregistre
avec une autre sourcede 99Mo 41
jours apr6s production.
scintillateur 6tant
enveloppé
d’une couche de cuivre de0,5
mm, nous detectons tres mal les gamma de faible6nergie, qui
ne sont de ce fait pas inclus dans le tableau I.L’analyse graphique
deplusieurs spectres
gamma directs apermis
de calculer les intensites des transitions gamma,indiqu6es
dans le tableau I. La transition de 410keV,
si elleexiste,
est cach6e sousla distribution
Compton
des transitions de 740 et 780 keV et sous le flanc de la raiephotoelectrique
de 372 keV : elle n’est pas retrouv6e dans
I’analyse
gra-phique
desspectres
directs.Remarquons
lapresence
d’une
raie,
non pas a 950keV,
mais a930 ±
5 keV : l’intensit6 de celle-ci ne d6croit pas avec la memep6riode
que celle des autres raies(voir fig. 2).
L’enregistrement
d’un spectre gamma toutes lesFIG. 3. - Decroissance des raies gamma du 99Mo -+ 99Tc.
12 heures
pendant
24jours
avec la meme sourcede 99Mo a
permis, apr6s analyse
de cesspectres,
de suivre la décroissance des raies gamma(voir fig. 3).
Un calcul des moindres carr6s donne les resultats du tableau I pour
T1/2.
Nous constatons que la décroissance de la raie de 930 keV contient deuxcomposantes :
une de9,6 jours
et une de66,5
heures.TABLEAU I
(1)
Les intensites des deux raies de 740 et 780 keV,non
s6par6es
dans lesspectres
directs, ont ete d6termin6es apartir
des coincidences gamma-gamma.(2)
Voir dans le texte.3
FIG. 4. -
Diagramme
de Kurie duspectre
beta direct.L’existence d’une
composante
de9,6 jours indique
la
presence
d’un autre radio6l6ment dans la source, identifi6 comme 6tant 92Nb. Pr6cisons que cetteimpurete
se retrouve dans tous les 6chantillons de 99Mo6tudi6s, qu’ils proviennent
duC.E.N., Belgique,
duC.E.A., France,
ou du « Radiochemical Centre »,Amersham, Grande-Bretagne. D’après
lesrenseigne-
ments fournis par le
departement
des Radio6l6ments duC.E.A., Saclay, France,
le 92Nb neproviendrait
pas d’une
impurete
dans la cible demolybd6ne,
maisserait forme par une reaction
(n, p)
sur le92Mo, present
pour15,7 %
dans lemolybd6ne
naturel.Reste encore la
composante
de66,5
heures dansla décroissance de la raie de 930 keV : elle cor-
respond
a une intensite de0,09::f:: 0,03 % (raie
de 140 keV 100
%).
Le
spectre
beta direct a eteenregistre
avec undetecteur
plastique
NE 102 A de formeconique (de façon
a avoir la forme de1’angle
solide determine par le detecteur et lasource)
avec un diam6tre frontal de31,75
mm et uneepaisseur
de 6 mm. La stabili- sation se fait a 1’aide designaux
lumineux[10].
Tousles
spectres
beta sontcorrig6s
pour la resolution du detecteur et pour la distribution de r6trodiffusioncomme decrit dans
[11].
La
figure
4 montre lediagramme
de Kurie duspectre
direct. Lescomposantes
betaqui
end6coulent,
leur
6nergie
maximale et leur intensite sont montr6es dans le tableau II. La composante beta de 240 keVTABLEAU II
n’est pas retrouvee dans
l’analyse
duspectre
direct(a
cause de sa faible intensite et des fautes accumul6es dans laregion
des bassesenergies
par la soustraction successive des trois droites deKurie),
mais 1’existenceen est
prouvee
par lesspectres
de coincidence(voir plus loin) :
son intensite est d6termin6e apartir
desintensites des transitions gamma.
3. COINCIDENCES GAMMA-GAMMA. - La
figure
5repr6sente
la sch6matisation duspectre
bidimensionnel de coincidences gamma-gamma,enregistre
avec deuxd6tecteurs
NaI (Tl)
de 4" x4",
a une distancede 22 cm de la source, d’une chaine de coincidences
rapide classique
et d’unanalyseur
4 096 canauxmultiparamétrique. Remarquons
que letemps
de vie de3,6
ns du niveau a 180 keV nejoue
aucunrole,
FIG. 5. - Sch6matisation du
spectre
bidimensionnel de coincidences gamma-gamma.vu que la resolution du circuit de coincidences est
de 50 ns. D’autre
part,
les cascadespassant
par le niveauisom6rique
de 6 h(142 keV)
sontperdues.
La
figure
6 montre un detail de lafigure
5 : lespectre
coincidant avec la raie de 180keV, apr6s
correction pour les coincidences avec les raies de 140 keV et de 372 keV et pour les fortuites. Les
4
FIG. 6. -
Spectre
gammaen coincidence avec la transition de 180 keV.
coincidences de la
figure
5 confirment le schema dedisintegration
de lafigure
1.4. COINCIDENCES BETA-GAMMA. - Les
experiences
de coincidences
beta-gamma
ont ete effectuées a 1’aideFIG. 7. -
Diagramme
de Kurie duspectre
betaen coincidence avec la transition gamma de 950 keV.
des d6tecteurs gamma et beta decrits
plus
haut(voir
« spectres directs
>>),
d’une chaine de coincidencesrapides
usuelle et d’unanalyseur
4 096 canauxmultiparametrique.
La
figure
7 montre lediagramme
de Kurie du spectre beta en coincidence avec desenergies
gamma de 900 a 1 000keV, après
correction pour les coinci- dences avec le flanc haute6nergie
de la raiephoto6lec- trique
de 740 + 780 keV et pour les fortuites. Cettefigure
demontre bien 1’existence d’une transition betaavec
Emax
= 240 keV. En dessous de 180keV,
lespoints experimentaux
devient de la droite deKurie, principalement
a cause de lapresence
des raies de conversion interne des transitions gamma de 180en 140 keV.
FiG. 8. -
Diagramme
de Kurie duspectre
beta encoincidence avec les transitions gamma de 740 et 780 keV.
La
figure
8 montre lediagramme
de Kurie du spec-tre beta en coincidence avec les raies gamma de 740
et 780 keV. Elle contient une seule
composante
betaavec
Emax
= 440 keV.La
figure
9 montre lediagramme
de Kurie duspectre
beta en coincidence avec desenergies
gamma de 350 a 450keV, apr6s
correction pour les coinci- dences avec la distributionCompton
des raies de 740et 780
keV,
et les fortuites. Lafigure
contient deuxcomposantes
beta avecEmax
= 880 keV etEmax ===
440 keV. Cela fournit la preuve de 1’existence de la transition gamma de 410 keV et permet meme de calculer son intensite relative a celle de la transition de 372 keV. Si l’intensit6 de la transition de 372 keV
5
FIG. 9. -
Diagramme
de Kurie duspectre
beta encoincidence avec les transitions gamma de 372 et 410 keV.
est
1,8 % (tableau I),
la transition de 410 keV a uneintensite de
0,45 % ::f:: 0,10.
Les
spins
etparit£s
des dtats excitds du 99Tc. - Lafigure
10 compare les niveauxexp6rimentaux
auxniveaux calcul6s
th6oriquement.
Laconfiguration
duniveau de base du 99Tc
(7tg9’2)3 (vd5 2)s
permet de calculer apartir
des niveaux excites du98Mo,
et par latechnique
desc.f.p.,
les niveaux excites du 99Tc.FIG. 10. -
Comparaison
des niveaux excites du 99TCexp6rhnentaux
etth6oriques.
L’introduction de 1’effet de la couche
PIi2’
aposteriori,
permet de trouver aussi des niveaux de
parit6 negative (1/2 -, 5/2-
et3/2) -.
Unediagonalisation
exacte dela
configuration (Pl/2)1 (g92)m (dS/2)n avec 0 -, 1,- 2, 0
m 5 et n = 6[6]
donne des resultats tres peu diff6rents. Les niveauxindiqu6s
enpointill6s
dans lafigure
10 sont retrouv6s encouplant
un trou dans lacouche
Pl 2
avec le niveau 2 + du coeur de 98Mo[7] qui
se trouve a une
6nergie
de 780 keV. Cela donne des niveaux3/2-
a 520 keV et5/2-
a 1150 keV.Expérimentalement
le niveau de base de 99Tc estdetermine comme 6tant
9/2 +
apartir
desspectres atomiques
et du fait que yappartient
au groupe g9 2 de Schmidt[1].
Celacorrespond parfaitement
a lapr6-
diction
9/2+
du mod6le en couches.Dans
[1] J"
du niveau a 140 keV est d6termin6comme
7/2
+ apartir
de «K de la transition de 140 keV(qui
estMl)
et de 1’existence de la transition de 2 keVentre les niveaux de 142 keV et 140 keV.
Ajoutons qu’une r6gle empirique indique
que, dans les noyauxayant
ungrand spin (7/2, 9/2
ouplus)
pour le niveau de base et unpremier
6tat excite de faible6nergie,
le
spin
de cepremier
6tat excite est donnepar j
2013 1(en
cecas j
=9/2).
Pour le niveauisomirique
a 142 kev(6 h),
letemps
de vie de la transition de 142 keVindique Aj
= 4 et le mod6le en couchespr6dit
7c = -
[1].
Enplus,
remarquons que ce niveau iso-m6rique 1/2-
estpresent
dans tous les noyaux envi-ronnants du 99Tc. Les niveaux a 140 keV
(7/2 +)
età 142 keV
(1/2-)
sont retrouv6sth6oriquement (voir fcg. 10).
Dans
[1],
le niveau à 180 keV est caractérisé par5 /2 +
parce que ti
appartient
au grouped5,2
de Schmidt et que aK,K/L
et r d6montrent que la transition de 41 keV estMI
et celle de 181 keV estE2.
La theorieretrouve ce niveau
5/2 +
mais a une6nergie trop
haute( fig. 10).
La valeur
log ft
=8,5
de la transition beta alimen-tant le niveau a 514 kev
indique Aj
=0,
1 ou2,
avec
changement
deparite.
Si nousacceptons J r == 1/2+
pour le niveau de base du 99Mo[1], [3], [8], [9],
cela donne pour le niveau a 514 keV1/2-, 3/2-
ou5/2-.
Le fait que ce niveau se d6sexcite uni- quement par la transition gamma de 372 keV versle niveau
1/2- (142 keV)
et non vers les niveaux5/2 + , 7/2+
ou9/2+,
exclut lapossibilite 5/2-.
Reste donc1/2-
ou3/2-.
Seul un 6tat3/2-
peuts’expliquer
th6ori-quement a cette
energie. [1] indique J
=1/2 +
ou3/2 +
pour le niveau a 920 keV à
partir
de la valeurlog ft
=6,4
de la transition beta alimentant ce niveau. Des cor-
rélations
angulaires
gamma-gamma 740-180 keVet
740-(41)-140
keV que nous avons effectu6es nepermettent
pas dedistinguer
entre les deuxspins possibles,
mais d6montrent que la transition de 740 keV est de natureE2,
au moins pour 95% (avec
moins de 5
%
deMl) .
Seul un 6tat3/2 +
peut etreexplique
par la theorie a une6nergie
de 920 keV. Le niveau a 920 keV 6tant3/2 + (ou 1/2+)
et le niveaua 514 keV
3/2- (ou 1/2-),
il est tresprobable
que les6
transitions de 410 keV et 780 keV soient de meme nature
El.
L’estimation deWeisskopf
donne alors pour leurs intensites relatives14,0/1780
=1/7,
cequi correspond parfaitement,
dans la limite des erreursexpérimentales,
avec les intensites trouv6esexp6rimen-
talement
(I4lo/hso = 1/8).
Ceci constitue une confir- mation indirecte de laparite
des niveaux. Nous avonsdetermine la valeur
log ft
de la transition beta de 240 keV comme 6tant7,3.
Cecicorrespond
a3 J
=0,
1 ou 2 «
oui »,
donc1/2-, 3/2-
ou5/2’
pour le niveau a 1130 keV. Comme ce niveau se d6sexcite vers les niveaux5/2+
a 181 keV et3/2- (ou 1/2-)
a 514keV,
cela exclut la
possibilite 1/2-.
Reste donc3/2-
ou5/2-.
Le fait
qu’il n’y
a pas de transitionperceptible
versle niveau
3/2
+(ou 1/2 +)
a 920 keV estplutot
en faveurde
5/2-,
cequi correspond
a laprediction théorique.
Ce travail fait
partie
du programme de recherches de 1’I.I.S.N.Belgique.
Les auteurs tiennent a remercier le Professeur
J. Verhaeghe,
pour l’int6r6tqu’il
aport6
a cetravail,
et le Professeur C. C.
Grosjean
et sescollaborateurs,
pour avoir mis a leur
disposition
l’ordinateur IBM 1 620 du Laboratoire de Calcul de l’Universit6 de Gand.Manuscrit reçu le 1er
juillet
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