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Pression de vapeur saturante du lithium entre 462° et 642°

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Pression de vapeur saturante du lithium entre 462° et

642°

M. Maucherat

To cite this version:

(2)

PRESSION DE VAPEUR SATURANTE DU LITHIUM ENTRE 462° ET 642°

Par Mlle M.

MAUCHERAT,

Faculté des Sciences de Marseille.

Sommaire. - Dans ce travail on étudie la tension de vapeur saturante

du lithium par la méthode des jets atomiques avec détection sur une plaque à condensation. On en déduit la formule représentant

les variations de la pression de vapeur en fonction de la température et la chaleur de vaporisation du lithium au voisinage de 550°.

Introduction - La

pression

de vapeur saturante du lithium a été déterminée par Hartmann et

Schneider

[1]

entre

931D

et

1080°,

en mesurant la

température

d’ébullition de ce métal dans une

atmosphère d’argon

de

pression

variable.

Lester C. Lewis

[2]

a tracé la courbe de tension

de vapeur du lithium au

voisinage

de

6ooo,

en

étudiant

l’équilibre

entre atomes et molécules dans

les vapeurs de métaux alcalins par la méthode des

jets atomiques.

Il trouve des valeurs

plus

élevées que celles que l’on

peut

déduire par

extrapolation

des mesures de Hartmann et

Schneider;

j’ai pensé

que ces valeurs

trop

élevées

pouvaient

être dues à la

présence

de sodium dans le lithium utilisé et

j’en

ai conclu à la nécessité d’un contrôle de la

pureté

du

lithium fait avant son

emploi.

Bogros [3]

utilisant entre

4~9~

et

5 ~ 2~

la méthode

des

jets atomiques

avec détection sur une

plaque

à

condensation,

a trouvé des nombres coïncidant à

peu

près

aux basses

températures

avec ceux déduits

par

extrapolation

des résultats de Hartmann et

Schneider,

mais

qui

leur sont inférieurs aux

tempé-ratures élevées dans un

rapport

croissant avec la

température.

Il

pensait

[4]

que cette

divergence

pouvait

s’expliquer

en

partie

par les

inégalités

de

température

existant entre le lithium fondu et la

paroi supérieure

du creuset et que de nouvelles

expériences,

où cette cause d’erreur serait

éliminée,

seraient nécessaires pour trancher la

question.

Appareil.

---- Sur les conseils de

Bogros, j’ai repris

ses mesures en

employant

la

même méthode.

Le lithium est chauffé dans

le vide dans un

petit

creuset

en acier

inoxydable (arc

2266

des aciéries

d’Imphy) :

ce mé-tal résiste très bien à l’action

corrosive du

lithium,

je

l’ai

adopté après

plusieurs

essais

faits avec du nickel et du fer.

Le

jet

est défini par deux Fig. 1.

diaphragmes.

Le

premier

d

(fig.

i)

est solidaire du bouchon du creuset : aux

basses

températures,

j’ai

utilisé une

plaque

de

nickel

percée

de

quatre

trous de mm de diamètre

Fig. 2.

(3)

442

environ et aux

températures

élevées,

une fente en

acier

inoxydable

constituée par deux lèvres mobiles dont on

peut régler

l’écartement de manière à avoir

une fente de

quelques

dixièmes de millimètre de

large

sur 4

mm de

long.

Le second

diaphragme

D est

percé

dans une

plaque

de laiton. Pour

éviter,

aux

températures

élevées,

un échauffement

trop

considérable de ce

diaphragme

placé

tout

près

du

four,

on le rend solidaire d’un

réfrigérant (fig.

2)

dans

lequel

une circulation d’eau

permet

de maintenir une

température

assez basse. Ce

réfrigérant parfaitement

étanche est en bronze

au

plomb,

recouvert,

par

électrolyse,

d’un

dépôt

de cuivre

rouge.

Le

jet

est reçu sur une

plaque

de nickel A en

contact avec le fond du

récipient

C

plein

d’air

liquide.

Le four F est constitué par un

cylindre

de silice

fondue, fileté,

sur

lequel

est enroulé un fil de

tungstène

de

2/10

de millimètre de

diamètre;

il faut

dépenser

I 50 watts environ pour maintenir la

tem-pérature

de 6ooo. ,

Fig. 3.

La

température

est mesurée à l’aide de

couples

platine-platine

rhodié de

1/10

de millimètre de

diamètre. Un des

couples

Th,

est soudé au fond du

creuset

qui

n’a que i mm

d’épaisseur,

l’autre

Th,

est soudé au bouchon du creuset.

Pour avoir une

température

plus

uniforme,

le

creuset,

de

petites

dimensions

(22

X 20

mm),

est

entouré par une

enveloppe

de cuivre rouge

(fig.

3).

Un

chauffage

supplémentaire

du bouchon du creuset

portant

le

premier diaphragme

permet

de

maintenir

celui-ci,

soit à la même

température,

soit

à une

température

légèrement

supérieure

à celle

du fond du creuset

pendant

la durée de la mesure. Cet

appareil à

jets atomiques

est dans une

grande

enveloppe cylindrique

de 3o cm de diamètre sur 20 cm

de hauteur dans

laquelle

on fait le vide. Cette

enve-loppe

est en bronze au

plomb

étamé,

les

parois

ont 7

mm

d’épaisseur.

Seul le fond en contact avec

le

réfrigérant

s’est montré poreux par suite de

souf-flures,

ces fuites ont été bouchées en recouvrant la

surface extérieure d’une couche de

picéine

de 2 mm

d’épaisseur

environ.

Purification du lithium,. -.- J’ai cherché à utiliser du lithium très pur, c’est-à-dire

exempt

de sodium.

Lester C. Lewis utilisait sans

purification

préalable

du lithium « Silberweiss Drath » de Kalhbaum :

j’ai

trouvé que celui-ci contenait

beaucoup

de sodium

puisque,

introduit

dans

un

appareil

à

jets

atomiques

et chauffé vers

65oo,

la résonance

optique

du sodium est observable

pendant

plus

de 2 h.

J’ai

employé

moi-même du lithium de

Kalhbaum,

mais en le chauffant

préalablement

à haute

tempé-rature

(fi500)

pendant

assez

longtemps

pour que la

résonance ait

disparu

à peu

près complètement.

On

contrôle ainsi par une méthode très sensible l’absence

de sodium. Le lithium

purifié

est ensuite conservé

dans le vide.

Marche d’une

expérience.

- Le bouchon B de

l’appareil (fig. 2)

étant

enlevé,

on introduit

rapi-dement un

fragment

de lithium

purifié

dans le

creuset,

que l’on ferme avec le bouchon A muni de la

fente,

puis

on coiffe le tout avec

l’enveloppe

de cuivre rouge. On fait ensuite les connexions du

chauffage supplémentaire

du bouchon du creuset. Le bouchon B est mis en

place

avec du

vacoplast

et l’on

fixe,

au moyen d’une

vis,

le volet V

qu’on

fera

pivoter

par attraction

magnétique

pour laisser passer

le

jet; puis

on

mastique

à la

picéine

le

récipient

de verre C

portant

la

plaque à

destinée à recevoir

le

jet.

On

peut

alors faire le vide dans

l’appareil;

le groupe de pompage

comprend

trois pompes dont

deux à vide secondaire : une à condensation de

vapeur de mercure et l’autre à condensation de

vapeur

d’huile,

d’un débit de 35

1/sec.

Le

piège

à air

liquide

K est destiné à arrêter les vapeurs de

graisse qui pourraient

subsister dans

l’appareil.

Le vide est mesuré à l’aide d’un micromanomètre

à ionisation :

lorsqu’il

est de l’ordre I o-5 mm

de mercure on commence à chauffer. Pour éviter que la fente ne se bouche on fait passer au début dans

le four un courant d’assez faible intensité

i (1, 3 A);

ainsi le lithium ne

risque

pas d’être

projeté

contre la fente par suite d’un

chauffage trop

brutal. Par

contre,

l’intensité i’ du courant du

chauffage

(4)

443

grande

(3,5

A),

pour que la fente soit

plus

chaude que le reste du creuset.

Au bout d’une demi-heure environ on

augmente

i

et l’on

règle

1’,

de manière à maintenir le bouchon à

une

température égale

ou très peu

supérieure

à celle du fond du creuset.

L’équilibre

de

température

est

atteint au bout de 2 ou 3 h. On verse alors de l’air

liquide

dans le

récipient

C,

et

lorsque

la

température

du creuset reste constante à

quelques

dixièmes de

degré

près,

on ouvre le volet V en même

temps

qu’on

met le chronomètre en marche.

On n6te la

température

de 5 min en 5

min,

en

essayant

de la maintenir constante à un

degré près

pendant

toute la mesure.

Quand

celle-ci est terminée

on referme le

volet,

on laisse

refroidir,

puis

on

démastique

le

récipient

C;

la

plaque

de nickel à est mise dans un peu d’eau distillée et la lithine ainsi

formée est dosée au moyen d’une

liqueur

au

i/5o

normale

d’acidé

sulfurique

en

présence

d’hélianthine.

Calcul de la

pression

de vapeur. - Le calcul de la

pression

de vapeur se fait au moyen de la formule

donnée par

Bogros [5]

où = nombre total d’atomes sortis

pendant

le

temps

t;

s = surface du

premier diaphragme ;.

D = diamètre du second

diaphragme;

1 = distance entre les deux

diaphragmes

déter-minant

le jet;

k = constante de

Boltzmann;

m = masse d’un atome de

lithium;

T =

température

absolue à

laquelle

se fait la mesure.

Or si 0 est le titre de la solution d’acide

sulfu-rique

utilisée

(avec

0 = i

pour une solution

normale),

v le volume nécessaire pour neutraliser la lithine

obtenue par action

de

l’eau sur le lithium

déposé

pendant

le

temps 1

et l~l le nombre

d’Avogadro,

on a

v ,, =-. .

, I 000

En tenant

compte

de la

présence

dans le

jet

des deux

isotopes

du lithium dont les masses des atomes sont ml et M2, il faut

remplacer B/m

par

a =

rapport

du nombre d’atomes de

l’isotope

le .

plus

abondant au nombre d’atomes du

plus

rare,

présents

dans l’unité de volume. Et comme

R étant la constante des gaz

parfaits

rapportée

à 1

moljg

et et les masses

atomiques

des deux

isotopes

du

lithium,

la formule devient

en

remplaçant

R,

os,

1B11

et

M2

par leurs valeurs

numériques

Résultats. -- Dans le Tableau suivant sont réunis

les résultats des différentes mesures :

Erreurs dans les mesures. - Les

erreurs commises sur le

temps t

et sur le titre 0 de la solution d’acide utilisée sont

négligeables.

Le volume v nécessaire pour neutraliser la lithine obtenue est mesuré à

o,o5

cm3

près.

Aux basses

températures

les

quantités

de lithium

déposées

sur

la

plaque réceptrice

en un

temps 1

sont

beaucoup

plus petites qu’aux températures

élevées,

l’erreur relative sur le volume sera donc

plus

grande :

ainsi

aux basses

températures

l’erreur relative maximum est

/1’

0’o-25,

tandis

qu’elle

n’atteint que

o,oo5

aux

températures

élevées.

Ce sera l’inverse pour l’erreur commise sur la mesure du

diaphragme d :

aux basses

températures

le

diaphragme

utilisé est

percé

de

quatre

trous de

l’ordre du millimètre que l’on mesure au

compa-rateur à i p

près,

mais à cause des

irrégularités

des

bords,

l’erreur sur le diamètre des trous

atteint

o,008

mm, il en résulte sur la mesure de la

f 1 .. ds

surface une erreur relative

maximum S

=

0,016.

s

Pour les hautes

températures j’ai employé

une

fente de

quelques

dixièmes de millimètre de

largeur

sur

4

mm de

longueur,

l’erreur relative faite sur la

longueur

étant

négligeable,

celle commise sur la surface de la fente est de

Le diamètre D du second

diaphragme,

de 18 mm

(5)

444

environ,

n’est mesuré

qu’à

0,01 mm

près

par suite

des

irrégularités

des

bords;

la

distance 1,

de l’ordre

de 20 mm,

qui

sépare

les deux

diaphragmes,

est

mesurée au

pied

à coulisse à o, I mm

près,

donc

il en résulte sur le

quotient

1-)--’

± 41~~

une erreur

relative de o,oog.

La

température

du lithium n’est évaluée

qu’à

2~

près

environ. On a

opéré

entre

7350K

et

oi5oK,

d’où une erreur

relative d il i,

,

de o,002 aux

tempé-ratures élevées et

o,oo3

aux basses

températures.

En additionnant toutes ces erreurs, on arrive à une

limite de l’erreur relative

possible

dans la mesure de p :

Pour les basses

températures

de

5,3

pour 100

et pour les

températures

élevées de

6, ~

1 pour 100.

Formule donnant la tension de vapeur. - On

peut

représenter

les variations de la

pression

de vapeur saturante du lithium en fonction de la

température

par une formule à deux constantes de la forme

Si l’on construit la courbe

(fig. 4,

courbe

1)

de

log

(p

en millimètres de

mercure),

en fonc-tion de

I~,

3

(T

étant la

température absolue),

on obtient la droite

qui représente

les variations de la

pression

de vapeur saturante du lithium en fonction de la

température

d’après

les résultats des mesures.

Comparaison

avec les résultats antérieurs. - Les valeurs trouvées sont en bon accord avec celles

de Hartmann et

Schneider (fig. 4,

courbe

2) :

les

droites

représentant

log

p "2"z en fonction de

1;),

construites

d’après

leurs résultats et les

miens,

se

trouvent très sensiblement dans le

prolongement

l’une de l’autre.

Les nombres que

j’ai

trouvés s’accordent aussi avec ceux de

Bogros

(fig.

4,

courbe

3)

aux

tempé-ratures moyennes, mais ils leur sont

supérieurs

aux

températures

élevées.

Par contre il y a un assez

grand

écart avec les résultats de Lester C. Lewis

( fi g.

4,

courbe

4,

construite

d’après

son

équation :

i ,-, 8000 B i , .

log p==8,oo52013’"7

tension de vapeurs

og}

0 ===

8,50

-

----rr

, a tension de vapeur

du sodium étant

beaucoup

plus grande

que celle du lithium aux mêmes

températures,

il est

possible

que

ces écarts soient dus à la

présence

du sodium dans le lithium

qu’il employait.

Chaleur de

vaporisation.

-- En utilisant la formule de

Clapeyron

on

peut

déduire de

l’équation

de la

pression

de

vapeur

-Fig. 4.

la valeur de la chaleur de

vaporisation

du lithium est

au

voisinage

de 5500.

Ce travail a été fait à la Faculté des Sciences de

Marseille sous la direction de M.

Bogros auprès

de

qui j’ai toujours

trouvé aide et

encouragements.

Qu’il

me soit

permis

de saluer ici

respectueusement

sa mémoire.

Manuscrit reçu le Ier mai 1939.

BIBLIOGRAPHE.

[1] Z. für anorg. Chem., 1939, t. 180, p. 280.

[2] Z. Physik, 1931, t. 69, p. 802.

[3] Ann. de Physique, 10e série, 1932, t. 17, p. 199-282. [4] Ann. de Physique, 10e série, 1932, t. 17, p. 248.

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