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La conférence diplomatique de Berlin et la vente aux expositions
La récente conférence de Berlin, dont nous avons parlé à différentes reprises, a en a se prononcer sur un certain nombre de propositions émanant des délégués des divers pays représentés. Au nombre de ces propositions, en figurait une relative à la vente aux expositions.
Loin d'imiter nos aimables horlogers- détaillants, qui font la campagne que l'on sait contre les futurs exposants à l'exposi- tion nationale de Berne en 1914 qui use- ront du droit légal de vendre, une déléga- tion proposait simplement quelques règles générales selon le texte suivant:
Une taxe fixée au préalable sera perçue pour la vente de marchandises livrées sur
le champ.
Pour la vente de marchandises à livrer après la clôture de l'exposition ou pour la prise de commandes, nulle taxe ne pourra
être perçue.
Sera interdite, la vente de marchandises offertes par des personnes autres que le producteur ou des tiers dûment autorisés par lui.
La conférence diplomatique n'a pas at- taché, à la question de la vente aux expo- sitions, l'importance que cherchent à lui donner les horlogers-détaillants de Suisse, appuyés par leurs confrères d'Autriche- Hongrie et d'Allemagne. Elle a écarté les trois propositions ci-dessus, envisageant qu'elles se rapportaient à des questions de détail, qui ne pouvaient entrer dans le ca- dre d'une convention internationale.
Nous sommes loin des jérémiades et des menaces des détaillants, et la place secon- daire que la question de la vente a prise dans les préoccupations de la conférence internationale, devrait inspirer un peu de retenue à ceux qui menacent de leurs fou- dres ceux qui useront d'un droit prévu par la commission nationale et qui pous- sent l'inconscience jusqu'à menacer l'ex- position elle-même.
• •
Concernant d'autres points, la conven- tion exige d'une exposition qu'elle offre
des garanties sérieuses dans son organisa- tion administrative et financière. Il est prévu que la section nationale d'un pays ne peut comprendre que des objets appar- tenant à ce pays, soit des produits extraits, récoltés ou fabriqués sur son territoire.
Dans une exposition officielle, il ne pourra être fait usage, pour désigner un groupe ou un établissement, d'aucune ap- pellation géographique se rapportant à un pays participant, qu'avecl'autorisation du commissaire et, en cas de non participa- tion de pays contractants, de telles inter- dictions sont prononcées par l'administra- tion de l'exposition, sur la demande des gouvernements intéressés.
Pour en revenir à la question de la vente, elle reste réservée aux conventions spé- ciales conclues avec les directions des ex- positions. On y pourra prévoir que des abus semblables à ceux qui se sont com- mis à notre exposition internationale de Bruxelles en 1910, ne pourront se re- nouveler; soit que le droit de vente sera donné seulement aux exposants, à l'exclu- sion des camelots et autres vendeurs irré- guliers.
La convention de Berlin ne sera publiée que lorsqu'elle aura été ratifiée par les Etats représentés à la conférence.
Ces renseignements, qui nous sont don- nés par un correspondant de Bruxelles, empruntent un intérêt particulier à la cam- pagne faite contre la vente à notre future exposition nationale et sont fort intéres- sants sur d'autres points.
Les divisions décimales
M. J. de Bey-Pailhade, président du Go- mité pour la propagation des méthodes décimales, à Toulouse, nous prie de pu- blier le document dont le texte suit. Nous le faisons d'autant plus volontiers, que la
Fédération tient ses lecteurs au courant de ce qui se fait dans ce d o m a i n e :
Rapport à M. le Ministre du Commerce et de l'Industrie, sur l'utilité de reprendre toutes les
lois de la Convention nationale relative aux poids et mesures. Divisions décimales du jour et du quart du cercle,
La loi du 4 juillet 1837 n'a eu d'autre effet que de rendre obligatoires, à partir du lo r janvier 1840, les unités décimales de longueur, de sur- face, de volume et de poids.
Elle ne s'est occupée ni de la mesure des an- gles, ni de celle du temps. Cette lacune a eu le fâ- cheux inconvénient de retarde.r l'achèvement du système métrique complet, embrassant toutes les grandeurs connues a cette époque.
La Convention nationale, par son décret du 4 frimaire an II, avait institué la division déci- male du quart de cercle et la division décimale du jour.
En 1837, la science et ses applications indus- trielles n'avaient pas encore atteint le merveilleux développement de nos jours.
Le temps est devenu actuellement un facteur qui entre dans presque tous les calculs scienti- fiques, industriels et sportifs; de nombreux ap- pareils de mesure, soit pour l'électricité, soit pour la vitesse, etc., sont réglés d'après le temps.
Le décret de 4 frimaire, quoique n'ayant pas été rendu obligatoire, n'est pas cependant resté sans effet:
1° Unité angulaire. — Le service de l'état- major de l'armée française a établi la célèbre carte au 1/80.000 avec la division du quart de cercle en 100 grades ; plus récemment un arrêté ministériel en date du 17 août 1901 a rendu obli- gatoire cette unité angulaire, pour nos grandes écoles; ce système si avantageux pour les calculs se répand dans plusieurs pays.
2° Division décimale du Jour. — L'astrono- mie mondiale, à la suite de l'exemple donné par l'illustre géomètre Laplace, se sert souvent dans ses calculs de la division décimale du jour.
Les essais pratiques de la montre décimale exécutés en 1910 et 1911, par le Club Nautique de Nice, en présence des délégués officiels de M.
le Ministre de la guerre, de M. le Ministre de l'Instruction publique et de diverses Sociétés scientifiques ont démontré que la montre déci- male simplifiera tous les calculs d'une manière considérable.
En résumé, pour terminer le système métrique décimal complet, tel qu'il a été décrété par la Convention Nationale, il ne reste qu'à soumettre la mesure du temps au principe si fécond des méthodes décimales.
Il convient d'étudier, dès maintenant, les voies et moyens pour achever le système métrique dé- cimal complet, par l'introduction progressive du temps décimal dans la science et les applications industrielles.
Un physicien de grand talent qui a beaucoup étudié la question, le regretté A. Cornu, estimait que cette réforme scientifique serait relative- ment facile.
La revision de la loi du 4 juillet 1837 est une occasion pour rappeler aux savants et aux in- dustriels les unités décimales pour les angles et pour le temps et les avantages qu'elles pro- curent.
Ces systèmes de mesure étant légaux, le Go- mité demande que les fabricants de cercles divisés en grades, et d'instruments de mesure de préci- sion gradués d'après le temps décimal soient au- torisés à faire contrôler leurs appareils par un bureau officiel.
Il serait utile que dans les écoles de commerce on enseigne aux élèves les avantages pratiques des unités décimales pour les angles et le temps;
la Chambre du commerce de Toulouse a du reste, dans sa séance du 12 avril 1897, émis un vœu favorable à l'adoption de mesures décimales pour les angles et le temps.
La France, pays d'origine du système métrique décimal, doit être la première à travailler à l'achèvement de ce monument scientifique.
Le Rapporteur :
H. DELGAY,
Ingénieur-Electricien.
Information
Les fabricants ayant remis leur repré- sentation à M. H e i n r i c h K r e l l , Magdebourg-, sont priés de vouloir bien indiquer leur adresse, au Secrétariat de la Chambre cantonale du commerce, à La Ghaux-de-Fonds.
Les effets de la guerre des Balkans sur le commerce suisse
— Du Journal de Genève. —
Nous avons publié, au début de la guerre bal- kanique, une statistique des relations commer- ciales de la Suisse avec les Etats belligérants et avec la Roumanie. Et nous avons constaté que les échanges entre notre pays et les Balkans sont, en temps ordinaire, considérables puisqu'ils se sont élevés, en 1911, au chiffre total de 65 mil- lions 519.000 fr., dont 42 millions 674.000 francs à l'importation 22 millions 845.000 francs à l'exportation.
De tous les Etats balkaniques, celui qui entre- tient les relations commerciales les plus actives avec la Suisee est la Roumanie, qui est notre fournisseur pour 32 millions 346.000 fr. (princi- palement des céréales) et notre client pour un peu plus de neuf millions. La Suisse a donc un inté- rêt économique évident au maintien de la neu- tralité de la Roumanie.
Quels ont été jusqu'ici les effets, en Suisse, de la guerre engagée entre la Bulgarie, la Serbie la Grèce, le Montenegro et la Turquie? Ils ont été moins considérables que ne paraissent l'in- diquer les chiffres que nous venons de rappeler.
Il faut tenir compte du fait que le commerce gé- néral de la Suisse avec le monde entier est de 3 milliards 60 millions, dont 1 milliard 802 mil- lions et demi à l'importation et 1 milliard 257 millions et demi à l'exportation.
Aussi longtemps qu'une conflagration générale n'interrompt pas les relations commerciales de la Suisse avec le monde civilisé, elle peut com- penser ailleurs, en grande partie, le déchet ré- sultant des hostilités balkaniques. Cependant, elle ressent déjà certains effets fâcheux de la guerre: les Bulgares étant nos principaux four- nisseurs d'œufs (pour 5 millions de francs par an), les prix de ce produit ont augmenté sur nos marchés, disent des Basler Nachrichten. Les œufs sont aussi importés d'autres pays en Suisse, notamment de l'Autriche Hongrie (5 millions comme la Bulgarie) et de l'Italie (3.780.000 fr.) La Suisse est donc très directement intéressée au maintien de la paix entre l'Autriche et la Serbie.
A l'exportation, c'est surtout avec la Turquie que le commerce suisse est entravé par les hos- tilités ; ce débouché était devenu très important ces dernières années, puisque l'exportation avait passé, de 5 millions 192.000 fr. en 1909, à 6 mil- lions 654.000 fr. en 1910 et à 8 millions 418.000 fr. en 1911. Nos horlogers envoyaient en Turquie des montres pour plus de 2 millions de francs;
il y aura, de ce côté là, un déchet sérieux, mais il ne faut pas oublier que l'exportation horlogère annuelle totale de la Suisse est de 164 millions.
Le commerce des tissus souffre beaucoup plus encore que l'industrie horlogère de l'état de dé- composition dans lequel se trouve actuellement
l'empire ottomann. Les articles envoyés en Tur- quie sont en effet pour la plupart des articles spéciaux, articles «orientaux», qui ne peuvent être écoulés dans d'autres pays. Sous le nouveau régime le commerce suisse, beaucoup moins entravé que du temps d'Abdul-Hamid, s'était considérablement développé.
La Suisse, d'ailleurs, n'a rien à perdre à l'at- tribution éventuelle de la Turquie d'Europe aux alliés balkaniques. On peut prévoir, en effet, que la Bulgarie et la Serbie, une fois en possession de meilleurs débouchés commerciaux, augmen- teront beaucoup leurs relations avec notre pays.
La Bulgarie, en particulier, était en voie de pro- gression marquée ces dernières années. La Ser- bie ne pourra se développer complètement que si elle obtient un débouché sur la mer lui per- mettant d'échapper à la tutelle économique de l'Autriche. Quant à la Grèce, elle est restée jus- qu'ici plus stationnaire ; mais il est certain qu'un nouvel essor économique résultera pour elle de son expansion victorieuse dans des régions nou- velles.
Le commerce suisse souffre actuellement beaucoup plus des conséquences indirectes que des résultats économiques directs de la guerre : la crainte de complications européennes paralyse les commandes, arrête l'essor du commerce.
Aussi le désir d'une détente internationale est-il chaque jour plus grand.
Il est donc dans l'intérêt du pays tout entier que des rumeurs sensationnelles ne circulent pas dans le public. Toutes les précautions doivent être prises mais les bruits alarmants ont pour seul effet de nuire à la situation économique de notre pays.
A la mémoire d'un grand horloger Après bien des vicissitudes, des discussions et des incidents divers, le buste de Ferdinand Ber- thoud, le savant horloger du roi de France, in- venteur de la montre de marine, a trouvé sa place à Couvet, sur l'esplanade de la Cure ; on l'a élevé sur un bloc de marbre du Gothard en forme pyramidale de 2 m. 20 de hauteur, le tout sur un large piédestal ; l'ensemble est de très bon goût.
La colonne de marbre porte celte inscription : A Ferdinand Berthoud,
Horloger-mécanicien de la Marine, Membre de l'institut de France
et de la
Société royale de Londres, Chevalier de la Légion d'honneur, Né à Plancemont, le 13 mars 1727, Décédé à Groslay — France, — le 20 juin 1807.
Office fédéral des assurances sociales Sous ce titre, la Feuille officielle suisse du commerce publie un grand article à allure officielle, dont n o u s reproduisons l'essentiel :
Le Conseil fédéral a adressé, le 29 octobre dernier, un message à l'Assemblée fédérale, con- cernant la création d'un office fédéral des assu- rances sociales, qui aura son existence propre à côté du bureau chargé de la surveillance des en- treprises privées en matière d'assurance.
Le Conseil fédéral esquisse comme suit les tâches qui incomberaient à la nouvelle institu- tion : Si ce bureau doit, surtout dans les pre- miers temps, savoir se montrer conciliant vis-à- vis des caisses-maladie, cela ne doit pas se faire au hasard, mais de manière à atteindre un but déterminé. Pas plus dans l'exécution des lois so- ciales existantes que dans les propositions d'a- mender ces lois ou d'en promulguer de nouvelles, ne doit régner un dilettantisme, ne tenant aucun compte des expériences et des calculs. C'est ici, au contraire, qu'on devra examiner sérieuse- ment les conditions de succès et les conséquences économiques de toutes les mesures. Nous vou- drions donc créer un office qui, d'une manière générale et notamment au point de vue techni- que, soit à la hauteur de sa tâche, dont les direc- teurs et collaborateurs ne soient pas inférieurs à ceux du bureau de surveillance des entreprises privées d'assurance. Sur un point, la lâche de l'office fédéral des assurances sociales parait même plus compliquée. Le nouvel office n'est pas seulement appelé à surveiller, mais encore à exécuter et à innover. Il doit donc faire preuve d'esprit d'initiative dans l'exécution' des lois et
ordonnances existantes aussi.bien que dans la préparation de la législation future.
« En ce qui concerne l'assurance en cas d'ac- cidents, qui a reçu une organisation complète et appropriée par la création d'un établissement spécial, il ne saurait évidemment être question de porter atteinte à son autonomie. Les autorités ont une latitude beaucoup plus grande dans l'exé- cution de l'assurance en cas de maladie. La lé-, gislation avait pour but de la fortifier et de la dé- velopper. Ce but doit rester le principal objectif de l'autorité executive. Nous croyons devoir faire observer encore que l'application des dispo- sitions sur l'assurance en cas de maladie, qui, elles, n'ont pas trouvé d'adversaires dans la cam- pagne référendaire, dirigée contre la loi, rend absolument nécessaire la création d'un office spé- cial. Les relations avec les nombreuses caisses- maladie, la procédure de reconnaissance, l'ap- plication des dispositions légales sur le libre pas- sage, les prestations d'assurance, les rapports avec les médecins et les pharmaciens, l'alloca- tion des subsides et enfin l'examen des comptes annuels, qui implique aussi celui de la sécurité des caisses, constituent même en temps normal un grand labeur, qui revêt encore une impor- tance particulière dans la période d'introduc- tion. Mais malgré le surcroit de travail, ces fonc- tions ne doivent pas être exercées machinale- ment. Les matériaux obtenus et les expériences faites, doivent être utilisés dans l'intérêt de l'exé- cution et du développement de l'assurance en cas de maladie. Nous rappelons à ce propos que nous ne possédons en Suisse, par exemple, que des données insuffisantes sur les maladies dont sont atteintes nos populations. Pour les caisses- maladies et les autorités en particulier, une con- naissance plus exacte de la situation à cet égard serait hautement désirable (nombre et durée des maladies, classification des cas de maladie et des jours de maladie d'après l'âge, le sexe et la pro- fession du malade). Il sera bien permis de dire que la législation actuelle sur l'assurance en cas de maladie est encore, plus que tout autre, sus- ceptible d'être développée, et ne peut être consi- dérée comme définitive. La tâche de la modifier et de la compléter sur la base des expériences faites, demeure réservée aux années à venir.
« En attendant, l'office fédéral des assurances sera en mesure de prêter aide et assistance aux cantons qui, en pionniers de l'assurance obliga- taire, rejetée avec le premier projet de loi, veu- lent, soit par eux-mêmes, soit par les communes, créer des caisses publiques et obligatoires, et il pourra donner son préavis sur les dispositions cantonales à édicter. Bien des cantons seront sans doute heureux de savoir à qui s'adresser, pour être conseillés en connaissance de cause.
D'autre part, la collaboration de l'office fédéral aura pour effet d'assurer, dans une certaine me- sure, l'uniformité désirable des dispositions can- tonales.»
Après avoir constaté que la Confédéra- tion est le plus grand employeur du pays et que la loi d'assurances l'intéresse parti- culièrement, l'article trace le rôle futur de l'office fédéral, qui sera de réaliser l'assu- rance d'autres catégories de risques.
« Il faut dire aussi que les tendances qui ont amené l'introduction des assurances sociales, n'ont pas obtenu une satisfaction complète avec la loi fédérale de 1911. Sans doute, c'est la mé- thode suisse, et elle est excellente, de ne rien précipiter, de procéder lentement et avec pru- dence et de terminer l'œuvre commencée avant d'en entreprendre une autre. Aussi l'exécution libérale et bienveillante de l'assurance en cas de maladie et d'accidents et son développement constituent-ils pour le moment la tâche la plus pressante. C'est à elle que l'office fédéral des as- surance sociales devra se consacrer en première ligne. Mais il ne faut pas perdre de vue cepen- dant que l'opinion publique s'occupe déjà vive- ment d'autres genres d'assurances, en particu- lier de l'assurance en cas de vieillesse et de l'as- surance en cas d'invalidité, qui existe déjà à l'é- tranger et qui ont déjà fait l'objet d'essais dans notre pays. Une nation progressiste ne peut pas se refuser à recueillir les matériaux de cette branche d'assurance et à les étudier. Nous de- vons notamment nous tenir au courant des ex- périences faites à l'étranger et les adapter, le cas échéant, à nos besoins particuliers. Toutefois, une étude de ce genre exige des années d'un la- beur assidu, si l'on veut obtenir un résultat cer- tain et inspirant la confiance. En ce moment, le
Conseil fédéral ne possède pas d'organe chargé dé suivre les événements dans le domaine de l'assurance publique, comme c'est le cas ailleurs.
Mais s'il veut être en mesure — et c'est là une chose indispensable pour un gouvernement — de prendre lui-même l'initiative à un moment donné ou de se prononcer en connaissance de cause sur des propositions faites dans les conseils législatifs, celle lacune doit être comblée. Gela peut se faire aujourd'hui, sans qu'il en résulte un surcroît appréciable de dépenses, comme com- plément à d'autres fonctions qui exigent impé- rieusement la création d'un nouvel office.
« Si nous insistons sur ce point et si nous at- tachons une importance particulière à cette der- nière tâche de l'office fédéral des assurances so- ciales, nous le faisons pour un motif purement objectif. 11 ne peut nous venir à l'idée — la dé- mocratie ne le permettrait d'ailleurs pas —d'im- primer une marche plus rapide à la législation sociale. Mais si l'Etat, par le moyen des assu- rances sociales, veut amener les citoyens à se préoccuper d'un avenir lointain et à se prémunir contre toutes les éventualités, il doit donner l'exemple.»
Si ces prévisions passent d u d o m a i n e des intentions dans celui des faits, la Confé- dération aura réalisé l'assurance contre tous les risques quelconques qui peuvent atteindre un citoyen suisse.
Nous a u r o n s augmenté d'une façon con- sidérable, le n o m b r e déjà grand des fonc- tionnaires et notre pays vivra complète- ment sous le régime du socialisme d'Etat.
Il sera intéressant de suivre la marche de cette évolution, qui mettra plus d'une fois aux prises le libéralisme romand et l'étatisme de la Suisse allemande.
A la verrerie ouvrière d'AIbi
— Du correspondant particulier du Matin.—
Dimanche, les ouvriers et ouvrières de la ver- rerie d'AIbi se sont réunis pour entendre le compte rendu de leurs délégués à l'assemblée générale des actionnaires qui s'est tenue à Paris le di- manche 3 novembre.
Lecture du rapport sténographié, qui ne com- prenait pas moins de soixante-seize pages, fut donnée par le citoyen Tanlôt, membre du conseil syndical.
Les colères se déchaînèrent à certains passages, surtout à celui où le citoyen Hamelin, du livre, déclare: « Le meilleur des verriers ne vaut rien».
Et l'assemblée décida de dresser séance tenante un nouveau cahier de revendications.
A la journée de 5 fr. 40 proposée par la com- mission de réorganisation du travail est opposée une journée de 6 fr. 75, réclamée par les souf- fleurs.
Pour les gamins, on revendique des sandales.
Les vieux verriers demandent le rembourse- ment immédiat des sommes par eux avancées depuis 1896.
Toutes ces revendications ont été adoptées à une grosse majorité et envoyées immédiate- ment à Paris, pour être soumises à la ratifi- cation du conseil d'administration des action- naires.
Et pour clore le tout, l'assemblée décréta qu'au cas où satisfaction ne serait pas donnée sur tous ces points, la grève, votée en principe, devien- drait, de par ce seul fait, effective.
— D'AIbi le 12 novembre, on annonce que les ouvriers de la verrerie se sont bornés à enregis- trer les décisions prises par l'assemblée générale des actionnaires. M. Spinella a repris la direc- tion technique, et le travail continue normale- ment.
Le commerce d'articles argentés en Afrique anglaise du Sud
Les articles argentés et les services en étain ainsi que l'orfèvrerie de toutes provenances trou- vent une bonne vente, la plupart du temps, par l'intermédiaire de maisons de commission de Londres.
On conseille de traiter directement avec la co- lonie et de se passer des intermédiaires à Lon- dres. L'envoi d'un voyageur serait une garantie de succès.
En ce qui concerne l'orfèvrerie, l'article le plus en vogue est celui de 9 à 16 carats.
Facilités de transport accordées en Au- triche-Hongrie aux voyageurs de com- merce pour les colis d'échantillons.
A teneur d'une communication de la légation d'Autriche-Hongrie à Berne, le ministre autri- chien des chemins de fer a dressé de nouveaux formulaires de cartes de légitimation etd'itentité, permettant aux voyageurs de commerce de bé- néficier des réductions de tarif pour le transport des colis d'échantillons sur les chemins de fer autrichiens, hongrois et de Bosnie-Herzégovine.
Ces nouveaux formulaires, mentionnant les mo- difications de texte survenues au cours des an- nées, sont destinés à obtenir la concordance exacte des cartes de légitimation, émanant de l'étranger et du pays même.
Conformément à la décision ministérielle, les dits formulaires sont seuls employés déjà pour les cartes valables en 1913. En conséquence, nos offices cantonaux (chancelleries d'Etat) en ont été pourvus.
Les cartes de légitimation sont soumises à un droit de timbre d'une couronne. Les porteurs ont à les présenter, munies du timbre (s'adresser aux offices ad hoc dans les gares-frontière), lors de leur première entrée annuelle en Autriche- Hongrie, au bureau de douane ou d'impôt en vue de l'annulation du timbre.
Consulat
L'exequatur est accordé à M. Alberto de Sa- rak, consul honoraire des Etats-Unis du Mexi- que, en résidence à Lausanne, avec juridiction sur le canton de Vaud.
Hausse de l'escompte
La Banque d'Empire d'Allemagne a élevé à 6 pour cent le taux de son escompte et à 7 pour cent celui des avances sur titres.
Rectification
Dans notre numéro 78, nous avons reproduit des extraits de rapports des consuls de France sur le commerce de la bijouterie et de l'horloge- rie en Espagne. L'un de ces rapports, dans un passage ayant trait à la grosse horlogerie impor- tée en Espagne, contenait la phrase suivante:
«...La maison Didisheim-Goldschmidt a établi une succursale à Madrid, dans laquelle sont cen- tralisés les modèles introduits — tout le fait sup- poser — par pièces séparées, ou sous une forme qui permet d'échapper en partie aux droits de douane.»
La maison visée a déjà protesté dans notre numéro 79 contre cette affirmation du rapport consulaire qui autorisait, selon elle, des suppo- sitions défavorables sur son compte, en annon- çant qu'elle en demanderait la rectification à son auteur.
Nous avons sous les yeux une lettre de ce der- nier, M. Ch. de Valicourt, ancien consul de France à Valence, lequel autorise la dite maison à faire rectifier son article ou à en supprimer complètement le membre de phrase incriminé, et qui ajoute :
« L'expression échapper aux. droits de douane, signifie en langage courant, éviter les droits de douane, et cette tournure, employée dans tous les rapports, n'a jamais donné lieu à aucune critique. Je puis vous assurer qu'il ne m'est jamais venu à l'esprit de supposer ou de publier que vous et d'autres se livraient à la contrebande.»
Donfacte.
Exposition à bord d'un navire Comment les Américains s'ouvrent des
débouchés.
L'«American Manufacturers' Export Associa- tion» se propose d'envoyer dans les pays de l'Amérique latine d'abord, puis plus tard dans le monde entier, un navire à bord duquel une ex- position sera organisée, démontrant le dévelop- pement rapide et la force de production de l'in- dustrie américaine, et pour permettre aux pre-
mières" maisons d'exportation des Etats-Unis d'Amérique de nouer des relations directes avec les commerçants de l'étranger.
M. John J. Finell, directeur del'ccUnited Sta- tes Marine Exposition», organisée par l'associa- tion sus-mentionnée, a fait, à un reporter, les dé- clarations suivantes sur l'état de cette entreprise.
«Nous ne pouvons qu'enregistrer des résultats très favorables dans l'accomplissement de l'en- treprise, pour autant que nous tiendrons compte, avec la plus grande prudence, des expériences faites, afin d'éviter toutes les erreurs commises, qui furent les causes de la faillite d'une première et semblable entreprise. L'encouragement à no- tre entreprise du département de l'Etat, qui délé- guera un fonctionnaire comme envoyé spécial, nous impose en même temps une grande res- ponsabilité. La surveillance sur toute l'entreprise est assumée par l'«American Manufacturers' Ex- port Association » et par un comité consultatif, composé d'industriels les plus réputés des Etats- Unis. Il ne sera admis comme exposants que les maisons pouvant fournir une garantie complète quant à leur réputation et solvabilité. Pour le moment, nous avons déjà reçu tant de demandes de places que, si nous voulions les concéder, il s'agirait de contrats de passé un demi-million de dollars. Parmi les demandes de places, figurent des maisons d'industrie et d'exportation les mieux connues du pays; les Chambres de commerce et
«Board of Trade» des divers départements, ont assuré leurs concours à l'entreprise. Nous som- mes en pourparlers, pour l'achat d'un navire, avec la «International Mercantile Marine Co.»
«Le départ du navire de New-York est prévu pour le mois de mars 1913. Le programme de route est établi comme suit :
«1e r voyage. — Indes occidentales, côtes ouest et est de l'Amérique centrale et du sud, et se ter- minera probablement à San-Francisco.
«2mc voyage. — De cette dernière ville, le na- vire fera escale dans les principaux ports de l'Australie, Chine, Japon, Iles Philippines, Indes et Siam.
«3m c voyage- — De New-York, le navire se rendra probablement dans les ports sur les côtes de l'Afrique du Sud et ouest, de l'Espagne, des pays sur la Méditerranée, de la France, Angle- terre, Allemagne, Hollande, Belgique, Norvège, Suède et Russie.
«Le représentant à bord du gouvernement, servira d'intermédiaire pour la mise en relations directes avec les autorités et les commerçants des pays à visiter par nous.
« C'est une vaste entreprise, qui a pour base principale de permettre à nos industriels de se renseigner sur les articles que l'industrie améri- caine peut fournir à l'étranger, et d'ouvrir ainsi de nouveaux débouchés dans le monde entier. »
Syndicat obligatoire
Sous le titre «Agitation o u v r i è r e » , n o u s avons parlé, dans notre n u m é r o du 26 oc- tobre, de certaines initiatives prises par la F . O. I. H. La question du syndicat obli- gatoire y était mentionnée comme faisant l'objet de démarches auprès des fabricants loclois.
Nous a p p r e n o n s que les ouvriers syndi- qués de la fabrique H. Moser & Co, au Locle, ont d o n n é leur quinzaine, au nom- bre de 70 environ, et qu'ils ne r e p r e n d r o n t le travail que si leurs camarades non-syn- diqués entrent dans la Fédération ouvrière.
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