Chrysanthemum atratiim Saxifraga biflora Ranunculus alpestris Viola cenisia
Salix retusa Anthyllis Vulneraria Oxytropis montana Gypsophila repens Leontodon montanus Poa cenisia
Linaria alpina Galium helveticum
Dans un autre éboulis près de Dorbagnon, nous avons noté encore le Crépis pygmaea.
Nous remercions encore M. Mariétan de nous avoir fait connaître cette région riche et intéressante qui mériterait d'être étudiée plus en détail.
SAVIESE : APERÇU HISTORIQUE
Conférence donnée à la séance de la Murithienne au pied du glacier de Tsanfleuron
par Luyet Fernand
Monsieur le Président, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Merci d'avoir choisi le Sanetsch pour votre sortie d'automne. Il est regrettable que le Mont-Brun ait eu l'idée saugrenue de se parer d'écharpes inopportunes et que la Tour de St-Martin n'ait pas préféré
« la pourpre » d'un beau soleil levant à ce linceul grisâtre qui vous rendrait moroses et tristes sans cette sympathie, celle cordialité, cette amitié et cette simplicité qui vous animent et qui me font aimer votre agréable compagnie.
Je suis certain que M. le Président François Luyet se serait fait un honneur et un plaisir de venir vous accueillir ici, la channe à la main, s'il avait été prévenu de votre arrivée.
Je prends la respectueuse liberté de le « remplacer » et vous sou- haite, au nom de Savièse, la plus cordiale des bienvenues.
(Au fond il ne vous arrive pas souvent d'être accueilli par un simple paysan. Aussi la rareté du fait doit vous faire oublier le peu de « qua- lités civiques » de votre humble serviteur.)
Je suis très heureux de vous dire quelques mots de Savièse. Je
regrette mon insuffisance car ma chère Commune mériterait mieux
que mes modestes propos.
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J e vous souhaite patience et courage et j ' e s p è r e q u e la d u r e t é des lapiés ne se fera pas t r o p sentir...
Des chartes du Xe siècle m e n t i o n n e n t Savièse sous le n o m de Saviesi, Savisia, Saviesia. C'est le n o m d ' u n e g r a n d e c o m m u n e et d'une paroisse c o m p r e n a n t 6 villages et 6 h a m e a u x avec St-Germain c o m m e
« capitale ».
Au moyen âge, Savièse relevait de la Mense épiscopale, sauf la p e t i t e m a j o r i e de D r ô n e i n c o r p o r é e à la Châtellenie savoyarde de Conthey.
P l a c é en vedette à la frontière, Savièse repousse, à C h a n d o l i n en 1211, u n e a t t a q u e des t r o u p e s du duc de Z a e h r i n g e n . Sur son sol, à la Soie près de Granois, s'élève en 1219 la plus i m p o r t a n t e forteresse du pays. Au sommet d'un é p e r o n r o c h e u x s'abaissant b r u s q u e m e n t j u s q u ' à la Morge, le c h â t e a u construit p a r l'évêque L a n d r i du M o n t é t e n d a i t res puissants r e m p a r t s sur u n e l o n g u e u r de plus de 300 mètres et du h a u t de la t o u r de l'ouest le regard plongeait sur le b o u r g de Conthey.
Les évêques devaient c e r t a i n e m e n t a p p r é c i e r ce site merveilleux car ils ont fait de la Soie, p e n d a n t 2 siècles, leur résidence d'été.
Cette position d'avant-garde imposa de l o u r d s sacrifices à nos an- cêtres mais l e u r valut aussi b e a u c o u p de privilèges car les évêques ont su a p p r é c i e r u n e fidélité et u n courage à t o u t e é p r e u v e et Savièse disposa, de t e m p s i m m é m o r i a l , de larges franchises. Des assemblées c o m m u n a l e s avaient déjà lieu au X l I I e siècle. Elles s'occupaient de la vie é c o n o m i q u e de la c o m m u n a u t é et la confrérie du St-Esprit j o u a , en ce temps-là, un rôle de t o u t p r e m i e r p l a n . Au X l V e siècle appa- raissent les syndics et les p r o c u r e u r s saviésans et le 9 février 1347 Savièse envoie ses délégués à la g r a n d e assemblée des p a t r i o t e s à N a t e r s .
L'évêque G u i c h a r d Tavelli avait fait de la Soie u n refuge d o n t il n'osait guère s'éloigner. E t c'est p o u r t a n t là, dans ce nid d'aigle, q u e son e n n e m i m o r t e l , A n t o i n e de la T o u r vint le f r a p p e r . S'introduisant dans le c h â t e a u p a r ruse, il fit p r é c i p i t e r le vieil évêque de « la c h a m b r e s u s p e n d u e » dans le val de D o r b i n le 8 août 1375. Savièse p a r t i c i p a à la c a m p a g n e q u i écrasa les de la T o u r .
Les Saviésans p r i r e n t u n e p a r t active à la l u t t e contre la noblesse en général et contre les de R a r o g n e en p a r t i c u l i e r . Cette famille s'était réfugiée à la Soie. Les p a t r i o t e s b l o q u e n t la place. Les de R a r o g n e p r o m e t t e n t de q u i t t e r le pays. Ils -abandonnent la Soie en 1417 et se r e n d e n t à B e r n e . E t le fier castel est livré au pillage et à l'incendie. Les Saviésans b a t t e n t en 1419, à C h a n d o l i n , les t r o u p e s bernoises « accou- rues » u n peu t a r d i v e m e n t , il est vrai, au secours de G u i c h a r d de R a r o - gne, bourgeois de B e r n e .
La belle commune de Savièse ne serait qu'une steppe désertique sans l'eau fécondante de ses bisses. Mais le Tsampé, le Déjour et le Bourzi qui prennent leur source au Drabin et à la Sionne étaient nettement insuffisants pour irriguer tout le territoire communal et nos aïeux ont dû construire un autre acqueduc le long du flanc nord du Prabé afin de profiter de l'eau combien plus abondante de la Morge. On ignore la date de construction de ce bisse qui s'appellera plus tard « i torin viou » ou encore « i croué torin », torrent vieux ou mauvais torrent.
Lorsque les difficultés surgirent entre l'évêque de Sion et le duc de Savoie celui-ci pensera trouver un moyen bien simple pour affaiblir Savièse qui, sentinelle toujours vigilante, montait la garde au seuil du Valais episcopal: s'assurer la possession du grand pâturage de Bertzé et de ses alentours et empêcher ainsi le ravitaillement de Savièse en eau. Les arrangement de 1304, de 1361, de 1436 et l'arbitrage du 20 octobre 1438 (écrit sur un parchemin de 133 x 64 cm.) ne parvinrent pas à trouver une solution satisfaisante au problème posé par un antago- nisme séculaire. La duchesse Yolande employa finalement la manière forte pour chasser les Saviésans des territoires contestés. C'était mal connaître nos pères et la victoire de Bertzé nous assura la possession des alpages de la Morge et Savièse étendit son territoire jusqu'au glacier de Zanfleuron. La bataille eut lieu sur l'alpage du Bertzé, vaste pente gazonnée au-dessus des mayens Sur le Sex et le pâturage de L'Infloria.
Les Saviésans plus âgés étaient montés par la vallée de la Morge, les Savoyards pouvaient les voir venir et se préparer à leur tomber dessus.
Ils ignoraient que les jeunes Saviésans étaient montés par la vallée de la Sionne, la Combe d'Arbaz, Donin, Le Four, avaient traversé le Col de Chable Court à 2581 m., puis étaient descendus sur Tza di Faye pour attaquer depuis la montagne. L'effet de surprise doit avoir été total, et la victoire resta aux Saviésans. Et l'eau si nécessaire au dévelop- pement de la communauté allait couler plus abondante encore sur le plateau saviésan car la construction d'un nouveau bisse avait été entre- prise en 1430. Ce travail formidable ne fut achevé qu'en 1448.
Mais la Savoie n'attend qu'une occasion favorable pour reprendre
la lutte. Les Saviésans le savent fort bien; ils sont toujours armés lors-
qu'ils se rendent aux mayens, aux alpages ou au Fornion pour travailler
la vigne, fond du Château de la Soie. Réunis à la Soie en 1462 ils nom-
ment leur capitaine, un homme de Chandolin, et prennent toutes sortes
de dispositions et le « cellier de Claroan » perpétue le souvenir de
quelques-unes de celles-ci. Le cellier de Claroan est une grande caverne
creusée dans le rocher, bien dissimulée, près de la chapelle de Ste-
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M a r g u e r i t e , afin d'y cacher des provisions de réserve. Il y en avait d'autres. Y o l a n d e de Savoie, alliée de Charles le T é m é r a i r e , désirant s'assurer de bonnes c o m m u n i c a t i o n s avec le Milanais e n v a h i t , avec 10 000 h o m m e s , le Valais episcopal. Un d é t a c h e m e n t i m p o r t a n t , com- m a n d é p a r A m é d é e de Gingins a t t a q u e Savièse p a r surprise et le ravage p a r le feu. L ' e n t r e p r i s e était facile et les soldats saviésans assistèrent, la m o r t dans l'âme du h a u t des r e m p a r t s de Sion à l'anéantissement de leurs foyers car de grandes fumées n o i r â t r e s couvraient tout le p l a t e a u de Savièse... Mais lorsque la b a t a i l l e finale s'enpagea à la P l a n t a nos soldats firent p a y e r cher aux Savoyards leur dévastations et leurs cruautés (Ian to b r é k a !). Grâce à l ' a p p u i des Bernois et des Soleurois les t r o u p e s de l'évêque Supersaxo écrasèrent la Savoie et la chassèrent p o u r toujours de la vallée du R h ô n e et u n e ère u n peu plus paisible allait s'ouvrir p o u r Savièse.
L'évêque de Sion n ' o u b l i a pas les Saviésans qui avaient tout p e r d u le 12 n o v e m b r e 1475. Des secours affluèrent de toutes p a r t s . Les « tailles et les servis » furent d i m i n u é s et les Saviésans eurent des droits étendus sur certaines contrées de l ' E n t r e m o n t et, faveur insigne, W a l t e r Super- saxo leur r e m i t en 1476 u n e m a g n i f i q u e b a n n i è r e « de gueules à l'épée d'argent et poignée d'or ».
Mais Savièse mit l o n g t e m p s à se relever de ses ruines. L'église n e fut r e c o n s t r u i t e en style g o t h i q u e q u ' e n 152.3 p a r Ruf finer. La base du clocher et u n e p a r t i e du c h œ u r sont les seuls vestiges de l ' a n c i e n n e église r o m a n e d é t r u i t e en 1475.
E n 1540, les sept dizains s u p p r i m è r e n t la m a j o r i e de D r ô n e et ce village fut i n c o r p o r é à la c o m m u n e de Savièse.
La maison c o m m u n a l e s'éleva en 1580 t a n d i s q u e le XVTIe siècle verra s'édifier de c h a r m a n t e s chapelles dans les p r i n c i p a u x villages de la paroisse.
Les r a p p o r t s avec Sion furent parfois t e n d u s et en 1621 de sérieuses difficultés surgirent au sujet de certains privilèges. Mais l'évêque Hilde- b r a n d Jost confirma en 1622 les libertés de Savièse et fit don à n o t r e c o m m u n e d'une nouvelle b a n n i è r e qu'elle conserve p r é c i e u s e m e n t .
Au p o i n t de vue m i l i t a i r e Savièse était r a t t a c h é à la g r a n d e b a n n i è r e de Sion mais formait u n e sous-bannière avec ses officiers p r o p r e s : le b a n n e r e t , le c a p i t a i n e et le l i e u t e n a n t . Cette ancienne organisation est encore conservée m a i n t e n a n t p o u r la p a r a d e de la Fête-Dieu.
Lors de l'invasion du Haut-Valais p a r les armées françaises, les Saviésans c o m b a t t i r e n t h é r o ï q u e m e n t à C h a n d o l i n le 17 m a i 1798. Le
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bataillon de Moiit-Serrat eut plus de trois cents hommes tués et tous les survivants étaient blessés. Vaincus par le nombre, les Saviésans furent l'objet de durs traitements et eurent à livrer, dans les 48 heures, 1800 louis d'or sous peine de « mise à feu et à sang ».
Savièse résista farouchement aux ordres de Turreau et fut finale- ment occupé par deux compagnies.
En 1815, Savièse fit partie du district d'Hérens mais revint dans le district de Sion en 1839 après une votation mémorable...
En 1880, le Rd curé Juillard fit agrandir l'église de St-Germain et les « tsapaoété » datent de cete époque. (Deux bras de la croix latine de l'église).
En 1885, le bisse du Torrent-Neuf fut prolongé par la canalisation de la Zandra taillée dans le rocher et c'est probablement à cette époque qu'a été percé le tunnel du Mougérin.
Il faut aussi mentionner les belles propriétés acquises par les Savié- sans, au cours des âges, sur les territoires bernois et vaudois. Elles font encore aujourd'hui leur fierté.
La vie active menée par Savièse durant tout le moyen âge a imprimé à notre commune un caractère propre qu'elle a conservé jusqu'à nos jours. La sérénité dégagée par cette terre, la beauté de ce plateau baigné de lumière ont attiré les peintres et Ritz, Bieler, Valette, Vir- chaux, van Muyden, Fay, Roten ont chanté ses paysages, l'agreste poésie de ses villages, la beauté de ses filles en costume et de ses gars au fier maintien. « L'Ecole de Savièse » semble avoir fait son temps mais elle demeurera toujours le témoin d'une belle époque. Le grand peintre Bieler, bienfaiteur de notre église, a reçu la bourgeoisie d'honneur en 1934 et plus près de nous le talentueux artiste qu'est Albert Chavaz honore Savièse par ses magnifiques réalisations.
La population de Savièse qui était de 400 habitants en 1447 de 1093 en 1798 et de 2259 en 1900 se monte actuellement à 3200 âmes.
Aussi le Révérend Doyen Pierre Jean, curé de Savièse, dut-il réaliser un nouvel agrandissement de l'église en 1934. En 1935, grâce à la prévoyance de l'administration présidée par M. Cyprien Varone, Savièse fêtait dans l'allégresse l'inauguration du tunnel du Prabé qui assurait la relève du vieux Torent-Neuf devenu insuffisant.
Et maintenant Savièse continue à cheminer sur la voie du progrès.
Une nouvelle canalisation empruntant le tunnel du Prabé couvre tous
les besoins en eau potable de ses habitants, tandis qu'un vaste rema-
niement parcellaire et la construction de la route de Sénin facilitent
leur travail.
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La génération actuelle de la c o m m u n e de Savièse recueille u n héri- tage p r é c i e u x : la piété, les qualités de c œ u r et d'esprit des générations précédentes. Il faut s o u h a i t e r q u e les facilités d o n t elle j o u i t présente- m e n t n ' é t i o l e n t pas en elle l'esprit de foi, d ' e n t r a i d e et de p r o b i t é , et n e feront pas oublier les vieilles t r a d i t i o n s et son p a r l e r , ni p e r d r e le sens de l'économie et le goût du travail.
QUELQUES MOTS SUR LE SANETSCH...
Le col du Sanetsch a j o u é et j o u e encore u n rôle i m p o r t a n t dans la vie c o m m u n a l e de Savièse.
A d m i r a b l e m e n t situé en face de la D e n t B l a n c h e , du Cervin, de la Dent d ' H é r e n s , du R o t h o r n de Zinal, du Weisshorn, du G r a n d C o m b i n , et de la R u i n e t t e , il a u n e a l t i t u d e de 2230 m. et n'est c o n n u à Savièse q u e sous le n o m de Sénin.
P o i n t de d é p a r t d'excursions faciles il p e r m e t p a r e x e m p l e au voyageur de se r e n d r e en deux h e u r e s au Sublage d'où l'on j o u i t d'une vue s p l e n d i d e sur toutes les Alpes valaisannes, du massif du S i m p l o n au Mont-Blanc.
Les h a u t e s vallées de la Morge et de la Sarine se sont rencontrées au gré d ' u n e p r o m e n a d e géologique et le p o i n t c u l m i n a n t du passage est i n d i q u é p a r la Grand-Croix.
Ici la frontière e n t r e le Valais et B e r n e ne suit pas la ligne du p a r t a g e des eaux. Ce fait n'est pas dû à un h a s a r d . Les Saviésans avaient utilisé depuis l o n g t e m p s le vallon s u p é r i e u r de la Sarine, mais il n'y avait pas de d o c u m e n t écrit. E n 1873, les Bernois r e v e n d i q u è r e n t la ligne de p a r t a g e des eaux. U n e délégation bernoise et u n e valaisanne se r e n c o n t r è r e n t au col. Après de longues discussions, à force d'énergie et de persuasion, la l i m i t e fut é t a b l i e là où la t r a d i t i o n l'avait fixée.
Les Saviésans avaient f i n a l e m e n t et définitivement conservé l e u r col.
Tel fut l ' a r b i t r a g e de 1873.
F o r m a n t u n e vallée l o n g u e de plus de 4 km., Sénin est u n alpage si r é p u t é p o u r ses fromages que Jes 5 consortages de p â t u r a g e s de Savièse ont c h a c u n u n e p o r t i o n de ce t e r r i t o i r e bourgeoisial et ce fait r é d u i t c o n s i d é r a b l e m e n t la d u r é e de l'estivage dans la région. Ce sont les alpa- ges de Tsanfleuron, de L'Infloria, de La Lé, de La Cretta, de Genièvre.
Des formations géologiques p a r t i c u l i è r e s j a l o n n e n t le p a r c o u r s du S a n e t s c h : les lapiez, m u r a i l l e des Malins, P i e r r e s bénites ou P a s du C a p u c i n s : on d o n n e ce n o m à u n e p i e r r e p o r t a n t en relief u n e surface