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ÉVALUATION D UNE RADIOCOMMANDE POUR TREUIL DE DÉBARDEUR À CÂBLE*

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Academic year: 2022

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Résumé

FERIC a étudié l’utilisation d’une télécommande Falard RC008 sur un débardeur à câble avec simple tambour, pour déterminer son potentiel à améliorer l’ergonomie et la productivité du débardage durant une opération de coupe partielle de feuillus. Des augmentations de productivité de 15 et de 26 % ont été obtenues à deux endroits, et l’opérateur était suffisamment satisfait de l’amélioration sur le plan de l’ergonomie pour acheter la télécommande à la fin de la période d’étude.

Introduction

En 1997, Falard Industries, un fabricant français de radio- commandes industrielles, a demandé à FERIC de l’aider à introduire sa télécommande modèle RC008 pour treuil de débardeur, auprès des entrepreneurs forestiers. À ce moment, son produit était sur le marché mondial depuis 10 ans et sur le marché québécois depuis les quatre derniè- res années, mais il n’avait été installé que sur des mini- débardeurs Turboforest de Nova Sylva Inc. et jamais sur de gros débardeurs au Canada. Étant déjà intéressé à pro- mouvoir l’utilisation des télécommandes dans les opéra- tions de débardage, FERIC a accepté d’évaluer une unité RC008 dans des conditions contrôlées.

À l’époque, FERIC et Tembec Inc., division Mattawa (Ontario) examinaient également des moyens de réduire le coût de récolte dans des opérations de coupe partielle de feuillus, où les débardeurs à câble peuvent avoir une faible productivité. Une étude antérieure (Hamilton, 1997) avait

montré que les treuils commandés à distance présentaient certains avantages par rapport aux unités régulières, mais comme cette étude avait porté sur un treuil à double tam- bour équipé d’une télécommande, il était difficile de défi- nir clairement la valeur de la télécommande elle-même.

Pour éprouver le concept de façon plus rigoureuse et fami- liariser les entrepreneurs de Tembec avec la technologie, FERIC a installé une télécommande RC008 sur un débar- deur à câble Timberjack 350 équipé d’un simple tambour (figure 1), appartenant à Jamie Enright, un sous-contrac- tant de Tembec. L’essai a duré un an (se terminant en février 1999) et le présent rapport décrit les résultats de l’étude.

Figure 1. Utilisation de la télécommande à la jetée pour étendre la charge avant de libérer les colliers étrangleurs.

L’opérateur ne monte qu’une seule fois dans la cabine.

Fiche Technique FT FT----294 FT FT 294 294 294 Octobre 1999

ÉVALUATION D’UNE

RADIOCOMMANDE POUR TREUIL DE DÉBARDEUR À CÂBLE*

J.-M. Golsse, ing.**

* Traduit de l’anglais par Thérèse Sicard, ing.f.

** Jean-Marie Golsse, ing., M.FE., est un chercheur de la Division de l’Est.

MOTS CLÉS : Débardage, Débardeur à câble, Treuils, Télécommande, Évaluation, Productivité, Ergonomie, Feuillus, Systèmes de coupe partielle, Télécommande modèle RC008 de Falard.

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Radiocommandes dans les opérations de débardage

Les radiocommandes sont courantes en Europe de l’Ouest, où elles sont utilisées tant sur les treuils à double tambour qu’à simple tambour; d’après l’expérience européenne, il semble que ces commandes offrent des avantages opéra- tionnels considérables dans des opérations de coupe par- tielle. Elles facilitent l’accumulation d’une pleine charge préalablement au débardage et allègent la tâche de l’opé- rateur tout en permettant des productivités élevées. Elles augmentent aussi considérablement la productivité et la sécurité dans les opérations à un seul homme parce que l’opérateur doit retourner au débardeur moins souvent pendant la préparation d’une charge.

Au Canada, la technologie des télécommandes a été appli- quée dans des opérations forestières à petite échelle effec- tuées à l’aide de treuils montés sur tracteur agricole, mais elle a rarement, sinon jamais, été utilisée avec de gros dé- bardeurs. Une des raisons, est un manque général de connaissances parmi les entrepreneurs au sujet de la dis- ponibilité et de l’utilité de ces dispositifs; une autre raison tient à la réticence des fabricants de débardeurs à importer une technologie européenne qui pourrait être perçue comme une cause de responsabilité légale éventuelle aux États-Unis, puisque l’opérateur demeure en dehors de la cabine durant le treuillage à l’aide d’une télécommande.

Les télécommandes sont également considérées par cer- tains comme un article de luxe relativement coûteux dont les opérateurs de débardeurs ne devraient pas avoir besoin;

ainsi, leur achat peut paraître un gaspillage d’argent dure- ment gagné. Généralement, ce n’est que lorsque les opéra- teurs font eux-mêmes l’essai d’une unité que la perception d’un achat frivole se dissipe. Il est intéressant de noter que l’entrepreneur dans l’étude de FERIC a acheté le dispositif à la fin de la période d’essai.

Bien que les opérations à un seul homme soient mentionnées dans ce rapport, plusieurs compa- gnies forestières ne recommandent pas (et sou- vent découragent) ce type d’opérations pour des raisons de sécurité. Non seulement cette pratique expose le travailleur solitaire aux dangers habituels d’une opération de coupe et débardage, mais elle risque aussi de l’empêcher de rece- voir des soins appropriés en temps opportun après un accident.

Le fait que l’opérateur puisse rester en dehors de la cabine pendant le treuillage de la charge pourrait paraître non sécuritaire à quelques-uns.

Cependant, comme l’opérateur est mieux à même de sur- veiller et de contrôler la charge tirée jusqu’au débardeur, l’opération peut en fait devenir plus sécuritaire pour l’opérateur ainsi que pour les abatteurs travaillant à proxi- mité. En outre, en diminuant la nécessité de grimper fré- quemment dans la cabine pour le treuillage, la télécom- mande réduit considérablement le risque de glisser et de tomber de la machine. Dans l’ensemble, cette combinaison d’avantages peut rendre ces opérations de débardage plus sécuritaires que celles dans lesquelles on n’utilise pas de télécommandes.

Description de la télécommande

La télécommande RC008 consiste en un émetteur fonc- tionnant à pile et transporté par l’opérateur, un récepteur sur la machine (figure 2), et les composantes électro- hydrauliques associées qui forment l’interface entre le récepteur et les commandes du débardeur. L’unité portable est installée sur une ceinture avec une antenne de transmis- sion intégrée; un chargeur de piles séparé complète l’équipement. Cet émetteur avait une portée de plus de 100 m sous couvert forestier.

Figure 2. Le récepteur Falard dans la cabine d’un débardeur à câble Timberjack 350.

Dans cette installation particulière, les interrup- teurs dans la boîte à gauche de la photo action-

nent le treuil depuis l’intérieur de la cabine.

La télécommande possède jusqu’à huit options de canaux de commande disponibles simultanément, mais l’essai de FERIC n’utilisait que quatre canaux; ils servaient à démarrer le moteur, à contrôler la vitesse du moteur, et à actionner les fonctions de freinage et d’embrayage du treuil. Les autres canaux de commande seraient normalement utilisés pour contrôler les mêmes fonctions avec le second tambour d’un treuil à double tambour.

L’émetteur de 0,8 kg, monté dans une boîte en aluminium avec fini anticorrosion, utilisait des boutons-poussoirs et des interrupteurs de catégorie militaire, notamment un interrupteur d’urgence pour le treuil.

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La pile rechargeable assure 10 heures de fonctionnement continu. Elle peut être rechargée durant la nuit en la rac- cordant au circuit domestique, mais on peut également utiliser le courant continu disponible sur n’importe quel véhicule. Tant que la température ambiante demeure au- dessus de 5°C, les utilisateurs peuvent la recharger durant la nuit directement à partir de la batterie d’un débardeur ou d’un camion.

Le récepteur et son antenne se montent à l’intérieur de la cabine du débardeur pour plus de protection. Dans la con- figuration la plus simple, le récepteur est raccordé aux batteries, à la valve de commande du treuil, à l’interrupteur arrêt-marche du moteur, et au régulateur de vitesse du mo- teur. Avec les débardeurs plus récents, l’installation peut être aussi simple que de brancher deux fils dans les connections électriques de la valve du treuil (si le débar- deur est équipé de commandes électro-hydrauliques).

Diverses autres options d’interface sont disponibles. Par exemple, pour des débardeurs avec valves de contrôle uni- quement hydrauliques, le fabricant peut fournir un élec- troaimant relié au levier manuel de la valve du treuil. Cet arrangement permet de commander le treuil à distance depuis l’extérieur de la cabine (en actionnant électrique- ment l’électroaimant) et de le commander manuellement de l’intérieur de la cabine. La sélection d’un arrangement approprié dépend principalement de l’âge et de la configu- ration du débardeur.

Résultats de l’étude

Les essais ont débuté à Mattawa en février 1998 mais, vers la fin de mai 1998, l’entrepreneur s’est rapproché de sa base d’activité près de Pembroke (Ont.). FERIC a assuré un suivi de l’opération par le biais d’études de productivité par poste de travail ainsi que d’études détaillées de courte durée aux deux endroits, afin d’évaluer le potentiel du produit dans une gamme variée de conditions de fonction- nement. Les études de courte durée comparaient les ni- veaux de productivité avec et sans la télécommande, alors que les études de longue durée évaluaient la fiabilité du dispositif dans les conditions forestières canadiennes. La

première étude détaillée a eu lieu en mai 1998 sur le terri- toire de coupe de Tembec au nord de Mattawa, dans une opération de coupe partielle de feuillus. La seconde étude détaillée, dans des conditions similaires, a eu lieu près de Pembroke en octobre 1998. La collecte des données sur une longue durée s’est étendue du début d’août 1998 à la fin de janvier 1999, soit un total de 89 jours de travail.

Les résultats des études chronométriques détaillées appa- raissent au tableau 1. Sur les deux sites, la télécommande offrait des gains de productivité importants, allant de 15 % à Mattawa à 26 % à Pembroke. Le volume moyen des arbres, la densité du peuplement et le volume de la charge étaient en moyenne constants sur chaque site d’étude; les charges étaient en moyenne de 4,0 arbres à Mattawa et de 6,2 à Pembroke.

Le tableau 2 montre que tous les éléments du cycle de travail étaient plus courts avec la télécommande que sans elle. Les temps de chargement dans le peuplement (qui comprenaient les manœuvres, le déroulement du câble, l’élingage et l’enroulement du câble) étaient environ 2 % plus courts à Mattawa et 18 % plus courts à Pembroke. Les temps à la jetée (qui comprenaient les déplacements à la jetée, le décrochage, l’empilage et le retour dans le peu- plement) étaient 9 % plus courts à Mattawa et 18 % plus courts à Pembroke. Le décrochage prenait au moins 20 % moins de temps avec la télécommande aux deux endroits.

Les gains de temps plus importants à Pembroke étaient vraisemblablement dus à la familiarité accrue de l’opéra- teur avec la télécommande.

Quand il travaillait dans le peuplement sans la télécom- mande, l’opérateur montait dans la cabine en moyenne trois fois à Mattawa et quatre fois à Pembroke durant cha- que cycle de travail. Avec la télécommande, ce nombre diminuait d’environ 40 % sur chaque site. À la jetée, cette amélioration était encore plus forte (48 % à Mattawa et 62 % à Pembroke). Monter dans la machine et en descen- dre est une activité physiquement exigeante qui augmente également le risque de glisser et de tomber, lequel repré- sente une source majeure d’accidents particulièrement par mauvais temps ou quand l’opérateur est fatigué.

Tableau 1. Résultats de productivité pour les deux études chronométriques détaillées

a

Mattawa (0,80 m³/tige) Pembroke (0,75 m³/tige) sans

télécommande avec

télécommande sans

télécommande avec

télécommande

Durée de l’étude (HMP) 6,2 5,2 8,2 7,4

Nombre de cycles 23 22 18 22

Nombre d’arbres débardés 91 88 116 132

Temps moyen du cycle (min) 16,07 14,10 27,21 20,19

Productivité

arbres/HMP 14,8 17,0 14,2 17,8

m³/HMP 11,8 13,6 10,6 13,4

Augmentation de productivité

m³/HMP +1,8 +2,8

% +15 +26

a Pour une distance de débardage standard de 150 m.

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Tableau 2. Résultats des études détaillées de temps et mouvements avec et sans la télécommande

a

Mattawa Pembroke

Télé- commande

non active

Télé- commande

active Différence Télé- commande non active

Télé- commande

active Différence Élément de temps (min)

Déplacement à vide 2,18 1,76 0,42 2,19 1,62 0,57

Chargement 4,30 4,19 0,10 10,18 8,33 1,84

Déplacement en charge 3,77 3,55 0,22 2,31 2,15 0,16

Jetée (comprend le décrochage) 2,57 2,35 0,22 4,86 3,98 0,88

Décrochage 0,93 0,69 0,24 1,86 1,47 0,39

Temps morts 3,25 2,25 1,00 7,67 4,11 3,56

Entrée dans la cabine (nombre de fois)

Dans le peuplement 3,0 1,8 1,2 4,1 2,6 1,6

À la jetée 1,9 1,0 0,9 2,7 1,0 1,7

a Pour une distance de débardage standard de 150 m.

Même si on ne s’y attendait pas, les temps de déplacement (en charge et à vide) ont également diminué avec l’utilisation de la télécommande, le déplacement à vide montrant les plus grandes économies de temps (19 % à Mattawa et 26 % à Pembroke). Il est possible que le dépla- cement représente la seule partie du cycle de travail régu- lier durant lequel les opérateurs peuvent reprendre leur souffle, ce qui était moins nécessaire quand la télécom- mande était en usage. Comme dans le cas des temps de déplacement, les temps morts étaient réduits quand la télé- commande était utilisée. Comme cette diminution des temps morts ne semblait pas avoir de lien avec une cause en particulier, il est possible ici encore que l’opérateur ait cherché à reprendre son souffle, quand et où il le pouvait, lorsqu’il n’utilisait pas la télécommande.

Le tableau 3 montre les données de productivité pour l’étude de longue durée. Le diamètre des arbres était en moyenne d’environ 35 cm, et le volume moyen par tige était approximativement de 0,8 m³. La télécommande a été utilisée pendant toute la période de l’étude et, durant ce temps, elle n’a jamais fait défaut ni causé aucun problème à l’entrepreneur. Le taux d’utilisation du débardeur n’était que de 77 %, même si la disponibilité mécanique de la télécommande était de 100 %. Des essais effectués par le fabricant à la fin de la période d’étude ont montré que ni l’usure ni les fluctuations de température dans le cours de l’année n’avaient causé de changement dans la fréquence du signal de l’émetteur, et que toutes les composantes élec- troniques fonctionnaient à leur efficacité maximale.

Tableau 3. Données de production à long terme, d’août 1998 à janvier 1999

Total Moyenne journalière

Heures-machines prévues (HMPv) @ 9 h/jour 801 s.o.

Durée de l’étude (HMP) 616 6,9

Nombre de cycles 1142 12,8

Nombre d’arbres 9138 103

Productivité

arbres/HMP 14,8

m³/HMP @ 0,8 m³/tige 11,9

Utilisation du débardeur (%) 77

Disponibilité mécanique de la télécommande (%) 100

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Les commentaires de l’entrepreneur ont été consignés dans les rapports journaliers et sont résumés ci-dessous.

L’entrepreneur croyait que la télécommande contribuait à augmenter sa productivité mais sa satisfaction, une fois devenu familier avec l’utilisation de la télécommande, tenait également aux raisons suivantes :

• Un régime d’activité moins ardu et une fatigue réduite à la fin de la journée; en moyenne, sans la télécom- mande, l’opérateur entrait dans la cabine 2,1 fois plus souvent par cycle à Mattawa et 3,2 fois plus souvent à Pembroke.

• Une plus grande facilité à élinguer et à décrocher les arbres; en particulier, il n’était pas nécessaire d’avancer la machine ni de monter dans la cabine pour dégager les colliers étrangleurs vides coincés sous une charge partielle aux points de collecte inter- médiaires; l’opérateur utilisait simplement la télé- commande pour treuiller les arbres et les dégager;

l’élingage et le décrochage demandaient par consé- quent 0,32 et 0,39 minute de plus par cycle, respecti- vement, sans la télécommande.

• Moins d’effort requis de la machine, et une plus grande facilité à positionner le débardeur pour ramas- ser une charge d’arbres. Déterminer exactement la po- sition la plus favorable pour la machine dans le peu- plement n’est pas aussi critique parce que l’opérateur peut utiliser la télécommande pour treuiller les arbres provenant d’une zone de travail étendue à l’arrière de la machine; cela lui permet de ramasser plusieurs charges partielles indépendantes (plutôt qu’une seule grosse charge, auquel cas la machine doit être posi- tionnée aussi soigneusement que possible). Ces ma- nœuvres prenaient en moyenne 0,86 minute de plus sans la télécommande.

• Les efforts exercés sur le câble tracteur et la machine sont moindres, et le câble tracteur ainsi que les colliers étrangleurs durent plus longtemps parce que les tira- ges en ligne sont plus nombreux. Les câbles peuvent être enroulés sans subir trop de dommages, mais une courbure brusque et répétée autour du guide-câble (comme cela se produit durant le treuillage à angle aigu) use rapidement les câbles. La disponibilité de la télécommande favorise les tirages en ligne pour ame- ner les arbres situés à des angles différents par rapport à l’axe de la machine. Même si cela implique un plus grand nombre de tirages du câble tracteur par l’opé- rateur, la tâche dans l’ensemble est moins fatigante pour lui, et requiert moins d’effort de l’équipement.

• La capacité d’améliorer les temps de treuillage, tout en causant moins de dommages au peuplement rési- duel. Quand les opérateurs doivent parcourir de lon- gues distances pour atteindre les arbres, il est tentant d’en treuiller plusieurs simultanément, même quand ils ne sont pas en ligne droite. Cela augmente le risque de dommages causés aux arbres résiduels par le câble et les arbres débardés; l’opérateur trouvait que la télé- commande lui permettait au contraire des parcours plus droits du câble et réduisait les temps de treuillage d’une moyenne de 0,39 minute.

• L’abattage ou l’ébranchage peuvent être optimisés pour chaque arbre, puisque les abatteurs peuvent de- mander à l’opérateur du treuil de les aider à bouger les arbres difficiles ou mal placés. Même si cela est déjà une pratique courante, la disponibilité d’une télé- commande rend la tâche plus facile et c’est certaine- ment moins une corvée pour l’opérateur du débardeur.

La communication visuelle et verbale peut être accrue entre les deux travailleurs quand ils sont éloignés de la machine. C’est particulièrement utile durant les cou- pes partielles d’été dans des peuplements feuillus, où le feuillage peut constituer une barrière visuelle dan- gereuse pour les membres de l’équipe. Ainsi, la télé- commande favorise également le travail d’équipe et la sécurité.

• Les télécommandes permettent aux travailleurs d’uti- liser des débardeurs plus gros et de transporter ainsi des charges plus fortes, sans pour autant causer plus de dommages au peuplement qu’avec un débardeur plus petit sans télécommande. L’opérateur peut mieux utiliser la combinaison câble-treuil au lieu du débar- deur lui-même pour construire une charge; des ma- nœuvres moins nombreuses de la machine et une force brute réduite pendant le treuillage produisent moins de dommages dans le peuplement. Avec une grosse machine, le fait de monter moins souvent dans la cabine est un avantage particulièrement important.

• Les opérations à un seul homme sont habituellement moins productives que celles à deux hommes à cause des fréquents va-et-vient entre la scie à chaîne et le débardeur. Ces opérations sont donc plus exigeantes physiquement et peuvent être très dangereuses. Avec une télécommande, un travailleur peut treuiller les tiges directement depuis la souche pour construire les charges, sans avoir à retourner aussi souvent jusqu’au débardeur.

• Le tri des produits à la jetée n’a pas été effectué dans l’étude de FERIC, mais le tri de produits multiples est courant dans d’autres opérations. La séparation des produits en arrière du débardeur n’est jamais facile mais, d’après les commentaires de l’opérateur, il sem- ble que la télécommande peut accélérer le triage en facilitant le procédé de décrochage.

Discussion et application

L’utilisation de la télécommande a augmenté la productivi- té de 15 % à Mattawa et de 26 % à Pembroke. La diffé- rence entre ces valeurs est probablement reliée à la compé- tence accrue de l’opérateur avec la télécommande à Pembroke, après 10 mois d’utilisation du dispositif. Après ce temps, l’opérateur et l’abatteur étaient tous deux plei- nement conscients des capacités du dispositif et savaient comment régler leur travail de façon à produire un volume satisfaisant sans fatigue inutile pour eux ni effort indu pour la machinerie.

Les résultats de l’étude ont montré que l’utilisation d’une télécommande de bonne qualité en coupe partielle peut améliorer la productivité et faciliter le travail pour

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l’opérateur et l’abatteur. Les dommages dus au débardage pendant l’utilisation de la télécommande n’ont pas été étudiés ici en détail. Cependant, des inspections visuelles et les commentaires de l’entrepreneur semblent indiquer que les niveaux de dommages dus au débardage étaient plus faibles avec la télécommande que sans elle. Ces résul- tats ne sont pas étonnants, car cette technologie est large- ment utilisée ailleurs dans le monde dans des conditions similaires, précisément pour ces raisons. Ainsi, incorporer l’usage d’une télécommande dans des opérations de dé- bardage par câble est fortement recommandé, malgré l’important investissement financier requis. Les fabricants nord-américains de débardeurs devraient reconnaître l’utilité des télécommandes et les offrir en option sur leurs machines.

Avec plus de 500 de ses unités RC008 en service à travers le monde, Falard Industries est un chef de file dans le domaine des télécommandes. Falard a également introduit la télécommande RC006, qui offre jusqu’à 16 canaux de commande. Cette unité peut opérer la gamme complète de fonctions d’un débardeur sans qu’il n’y ait personne dans la cabine, à une distance allant jusqu’à 600 m pourvu que l’opérateur puisse voir le débardeur. Plusieurs machines de production fonctionnent avec succès à l’aide de télécom- mandes RC006, surtout sur des sites escarpés ou dange- reux.

Rendement de l’investissement

L’aspect économique de l’utilisation d’une télécommande est simple. Le prix demandé par le distributeur canadien pour ce dispositif est de 8000 à 9000 $ (installation com- prise), dépendant de la configuration du débardeur et du matériel requis. L’analyse de coût de FERIC a comparé le coût direct de fonctionnement du débardeur avec et sans la télécommande, lors de l’utilisation d’un débardeur neuf; le modèle 1998 du débardeur à câble Timberjack 360, plus puissant, a été choisi parce qu’il se rapprochait des caracté- ristiques du modèle discontinué Timberjack 350, utilisé par l’entrepreneur. Il est à noter que les données de productivité de la présente étude qui ont été utilisées dans cette analyse sous-estiment probablement le potentiel véri- table de la machine plus récente. De plus, même si une installation appropriée par du personnel formé par le dis- tributeur est préférable, quelqu’un possédant des connais- sances de base en électronique et en hydraulique pourrait sans doute installer la télécommande à un coût réduit. Ce- pendant, toute erreur d’installation pourrait annuler les garanties liées au produit.

Avec une durée de vie prévue de la machine de 5 ans à raison de 2000 heures-machines prévues par an, et un taux d’utilisation de la machine de 77 %, le coût horaire direct total de l’équipement (comprenant la main-d’œuvre mais excluant la supervision, le transport, les autres frais géné- raux et les profits) était de 95,58 $/HMP sans la télécom- mande et de 98,11 $/HMP avec la télécommande, soit un coût additionnel de 2,53 $/HMP pour l’utilisation de la télécommande.

Compte tenu d’un taux de paiement de 12,00 $/m³ en bordure de route et d’une augmentation de productivité de 1,8 m³/HMP avec la télécommande (tel qu’enregistré dans le pire scénario à Mattawa), le rendement financier de la télécommande serait de 12,00/m³ × 1,8 m³/HMP = 21,60 $/HMP. Le temps requis pour rembourser l’in- vestissement de 9000 $ dans la télécommande serait 9000 $÷21,60 $/HMP = 417 HMP. À un taux d’utilisation de 77 %, cela représente un peu moins de 550 heures- machines prévues. Dans ces conditions, la télécommande se paierait en quelques mois. En outre, les divers autres facteurs que l’entrepreneur considérait importants fournis- sent une motivation additionnelle pour acheter la télé- commande.

Renseignements additionnels

Pour plus de renseignements : Turboforest Nova Sylva Inc.

73, chemin St-George N.

Asbestos (Québec) J1T 3M7

Tél. : (819) 879-4343 ou 1-800-567-7318 Téléc. : (819) 879-4999

À l’attention de : Pierre Roy Directeur des ventes et du marketing C. élec. : [email protected] Jamie Enright

M.J. Enright & Sons Logging Dacre, Ont. K0J 1N0 Tél. : (613) 649-2544

Référence

Hamilton, P.S. 1997. Essais d’un treuil à double tambour commandé à distance dans une coupe partielle de feuillus. Inst. can. rech. en génie for. (FERIC), Pointe-Claire, Québec. Fiche technique FT-266. 6 p.

Mise en garde

Le présent rapport est publié uniquement à titre d’infor- mation à l’intention des membres de FERIC. Il ne doit pas être considéré comme une approbation par FERIC d’un produit ou d’un service à l’exclusion d’autres qui peuvent être adéquats. Même si tous les efforts ont été faits pour présenter les meilleures connaissances possibles, FERIC n’offre aucune garantie quant à la précision ni à l’inté- gralité de l’information contenue dans ce rapport. En outre, n’ayant aucun contrôle sur les modifications apportées à la machine, non plus que sur son entretien et son fonction- nement ultérieurs, FERIC n’assume aucune responsabilité à l’égard du mauvais fonctionnement ou du bris éventuel de l’équipement, ni de blessures personnelles, ni de toute autre perte qui pourrait être encourue. Toute modification à une machine sans l’accord du fabricant peut annuler la garantie et entraîner des dommages à la machine ou des blessures à l’opérateur.

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