EXPRESSION
DE LAVARIABILITÉ GÉNÉTIQUE
ENTRE
ÉTABLES
DANSL’APTITUDE GÉNÉRALE
DES MALES DE RACE A VIANDE AU CROISEMENT DEPREMIÈRE GÉNÉRATION
J.-C. MOCQUOT. -
Station deGénétique quantitative
etappliquée, C.N.R.Z., !8-Jouy-en-Josas.
Le choix traditionnel des
reproducteurs
bovins mâles estbasé,
engrande partie,
sur larépu-
tation de l’étable où ils sont nés. Ceci est, en
particulier,
le cas des taureaux destinés àengendrer
des veaux de boucherie par croisement depremière génération (la plupart
dutemps
en dehors de lazone de sélection
proprement
dite de leurrace).
Onpeut apprécier objectivement
l’intérêt d’une sélection de cetype, d’après
la valeur estimée de lapart
de la variancegénétique
liée à des dif- férences entre établesd’origine.
Les méthodes de RosFaTSOV etR ENDEL ,
1954(J. Agric. Sci., 44, 184-192)
et de M.G ILLIARD ,
1952(Ph.
D. ThesisAmes, Iowa, U.S.A.)ne pouvaient être appli- quées, puisqu’elles supposent
que les descendants d’unreproducteur
mâle sontrépartis
dansplu-
sieurs étables et contrôlés en même
temps
que des animauxcontemporains,
cette dernière condi- tion n’étant pas réalisée pour notre échantillon de calcul.La méthode
proposée
consiste à utiliser les valeurs d’index de descendance calculées par ailleurs et àprocéder
à unedécomposition
de la variance de ses index a entre !> et e intra » établed’origine
desreproducteurs mâles,
en admettant leshypothèses classiques
pour le modèle mathé-matique
dereprésentation
de l’index(en particulier
action additive etindépendance
des facteursgénétiques
et dumilieu).
Ensupposant
connus les effectifs de descendants parreproducteur
et lecoefficient d’héritabilité du caractère
étudié,
onpeut
ainsi estimer lapart
de la variancegénétique
liée à l’étable
d’origine
parrapport
à la variancegénétique
totale.Une
application
a été faite sur les index depoids
à 2-3 mois pour des taureaux de race limou- sine utilisés en insémination artificielle.Compte
tenu d’une valeur d’héritabilité de0,16,
on a estimé que l’établed’origine expliquait
20 p. 100 de la variancegénétique,
résultatqui
demandeà être confirmé sur un
plus grand
nombre de données.PHÉNOMÈNES D’INTERACTION GÉNOTYPE
X MILIEU DANSL’ÉLEVAGE
DES BOVINS A VIANDE EN ZONES DE MONTAGNEB. VISSAC. Station de
Génétique quantitative
etappliquée, C.N.R.Z., 7 8-Jou y -en-Josas.
C. BÉRANGER. -
C.R.Z.V., 6 3 -Theix par St-Genès-Champanelle.
Les
montagnes
d’Aubrac constituent une zone depâturages
d’altitude(800-1
300m)
où vitun
cheptel
autochtoneexploité
suivant lesystème
ancien danslequel
le veau, attaché à lafemelle,
amorce et conclut la traite manuelle
(production
laitière moyenneglobale
de 2 000kg
par lacta-tion).
Lasuppression progressive
de cettedernière,
l’extension du croisement avec des taureaux de race à viande(charolais surtout) impliquent
que soitprécisé
l’intérêt de ce croisement suivant que lesélevages pratiquent
ou non la traite et dans le deuxième cas suivant lespotentialités fourragères
desmontagnes,
variables avec la naturegéologique (granit, basalte)
du sol et avecla
pluviosité (comprise
entre 500 et 1 300 mmd’eau).
En
1965,
sur 158 veaux, on a étudié l’effet du croisement(Aubrac
X charolais vs AubracX
Aubrac)
sur la croissancejournalière
moyenne des veaux à l’estive(début
mai-débutoctobre)
dans le cas desmontagnes qui pratiquent
encore 2 traites parjour :
- 39 grammes pour lesrrrr (P
>0,05)
et - 10 grammes pour les (i)(1(P
<0,05)
et dans le cas de celles où on a abandonnécomplètement
la traite : + 91 grammes pour lesrrrr (P
<0,01)
et + 112 grammes pourles §i (P
<
0,01).
Ces résultats traduisent une interaction hautementsignificative
entre l’effet du croise- ment et celui du moded’exploitation
des femelles. En1966,
on aanalysé
l’effet du croisement surles «
montagnes
a nepratiquant plus
la traite à cetteépoque :
90 p. 100 du total environ(N
=2
132),
en fonction de laqualité
de la« montagne
»appréciée subjectivement d’après
le milieunaturel ou artificiel
d’élevage (apport
d’alimentsconcentrés) :
4 classes ont été considérées. Les différences de croissancejournalière
moyenne(Aubrac
x charolais vs Aubrac XAubrac)
étaientrespectivement
dans l’ordre dequalité
décroissante desmontagnes
de + 178 g, -f- 107 g, -!- 106 g et + 24 g pour lesaa;
+ 121 g, + 60 g, + 54 g et - 38 g pour les QQ. Ces résultatsindiquent
encore une interaction croisement x milieu
d’élevage
dans lesmontagnes
où le veau consommela totalité du lait de sa mère. Cette même
année,
on a pu en outre comparer sur desmontagnes
de bonnequalité
la croissance de veaux Aubrac XAubrac,
Aubrac Xcharolais,
croisés de retoursur charolais et charolais x charolais soit des
génotypes possédant 0,50,
75 et 100 p. 100 de sang charolais. Les valeurs moyennes de croissancejournalière
étaientrespectivement
pour ces 4 caté-gories
de 995 g, 1 013 g, 1 009 g, et 902 g chez les- 3 C;
de 778 g, 767 g, 806 g, 746 g chez lesn.
Tous ces résultats traduisent des différences
génétiques d’adaptation
au milieu(maternel
pour le veau,
physique
pour lecouple mère-veau) qu’il
convientd’analyser.
Ils conduisent à compa-rer l’efficacité
économique
de diversesstratégies d’exploitation
des croisements entre lecheptel
autochtone et les mâles de races à
viande,
àspécialiser
enfinl’élevage
danschaque
zone en fonc-tion du
génotype
le mieuxadapté
auxcaractéristiques
de la zone. On a pu observer d’ores etdéjà
sur le terrain des directions
privilégiées
d’extension ducroisement,
directionsqui
sont fonction despotentialités
du milieu.Sous notre
direction,
cette recherche afait l’objet d’un document de fin
d’éludes de l’École supé-
rieure
d’Agriculture
dePurpan
par A. Gauthier(196 y , ronéoté). Elle s’intègre
par ailleurs dans le cadre des travaux de la R.C.P. Aubrac(Recherche coopérative
surProgramme) organisés
par le C.N.R.S.UTILISATION
DE TAUREAUX CHAROLAIS, LIMOUSINS ETPIÉMONTAIS
POUR LE CROISEMENT INDUSTRIEL EN SARDAIGNE
S. CASU. - Istituto Zootecnico e Caseario
per
laSardegna,
Sassari.Durant 3 années
(1964-65 - 66),
150 vaches de racessardo-modicana,
bruno-sarda et métisse ont étéaccouplées
à 4 taureauxcharolais,
2 limousins et 4piémontais
pour laproduction
deveaux de 15 mois
(«
vitellone»). Après
un sevrage à 6mois,
lesproduits
croisés contrôlés(85
cha-rolais,
89 limousins et 74piémontais)
ont reçu une ration à base de foin et d’aliment concentréjusqu’à l’abattage.
Par uneanalyse
de moindrescarrés,
on a montré lasupériorité pondérale
desmâles à tout
âge
parrapport
aux femelles :1,600 kg
à lanaissance, 8,270 kg
au sevrage,41,100 kg
à 12
mois, 81,700 kg
àl’abattage, 52,800 kg
en carcasse(avec 3,80 %
et0,54 %
de gras et d’osen
moins).
L’année de naissance a une influencesignificative
sur lepoids
à tous lesâges
et sur lepoids
et laqualité
des carcasses. Lesproduits
des vaches bruno-sarda et sardo-modicana ont.une meilleure vitesse de croissance et des carcasses
plus
lourdes que lesproduits
des vaches métisses. La race des taureaux n’a pas d’influence sur lepoids
au sevrage, mais àl’abattage
les.. veaux croisés charolais sont
plus
lourds de 20kilogrammes
que les autres. La différence despoids
de carcasses n’est toutefois que de 10
kilogrammes :
les croiséspiémontais
ont le meilleur rende- ment àl’abattage,
leur carcasse étant de meilleurequalité (gras
et os moinsimportants,
pour-centage plus
élevé de morceauxnobles), supériorité
due enpartie
au caractère culard des taureauxpiémontais
utilisés. Les taureaux charolais etpiémontais
en croisement industriel avec des vaches locales donnent donc des carcasses de meilleure valeur bouchère(poids
etqualité)
que les taureaux limousins et serévèlent,
parconséquent,
lesplus
intéressants pour laproduction
de« vitellone » dans les conditions moyennes