Thématique :
L’inscription du Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais au Patrimoine Mondial de l’Unesco en 2012 apporte un nouvel éclairage sur un territoire en déclin depuis la fermeture des sites d’exploitation miniers. Cette reconnaissance patrimoniale met en relief la notion de « paysage culturel évolutif vivant » ; elle s’inscrit dans la lignée d’une série d’actions menées par l’Etat et les collectivités territoriales pour redynamiser une région en crise. Cependant, cette nouvelle visibilité, qui s’appuie essentiellement sur le patrimoine et le renouveau culturel, n’est pas sans poser question à un moment où les indicateurs sociaux et économiques restent préoccupants.
Cette séance visera à interroger les effets et les paradoxes qu’engendre la reconnaissance patrimoniale d’un territoire en déprise et à questionner le rôle de l’architecture et l’action de l’architecte dans un tel contexte.
Mots clés : Conception, architecture, patrimoine, Unesco, territoire
De la pratique à la recherche, de l’architecture au territoire
Philippe Prost
, architecte, professeur à l’ENSA Paris-Belleville, laboratoire IPRAUS.
Travailler à la réhabilitation d’une cité minière, à la fois protégée au titre des Monuments Historiques et inscrite au titre du Bien Unesco en tant que "paysage culturel évolutif et vivant » amène à questionner différemment l’intervention de l’architecte sur le patrimoine, et surtout à placer le bâti patrimonial au centre d’une approche dynamique au travers notamment des problématiques de la transition énergétique.
Dans le cadre du Concours Architecture Bas carbone, le projet d’abord, le chantier ensuite sont devenus des temps forts de réflexion pour finalement déboucher sur le développement d’un projet de recherche spécifique : avec l’architecture comme outil, comme point de départ d’une approche qui pour faire sens doit être développée à l’échelle des territoires.
Philippe Prost est architecte et urbaniste, diplômé de l’école de Chaillot, professeur à l’ENSA Paris- Belleville et chercheur au sein du laboratoire IPRAUS.
Il mène actuellement le chantier de la réhabilitation de la cité des électriciens à Bruay-la-Buissière pour le compte de la Communauté d’Agglomération de Béthune-Bruay Artois Lys Romane ainsi que l’étude pour l’identification des pressions urbaines et la protection de la valeur universelle du Bassin
Mercredi 6 mars 2019 14h30-17h30
salle Jean Challet (1er étage)
Séminaire doctoral 2018-2019 domaine conception
Conception, patrimoine et territoire Le cas bassin minier du Nord-Pas-de-Calais
Conception et organisation : Frank Vermandel, architecte HDR Responsable du domaine conception du LACTH Chercheur invité : Philippe Prost, architecte, professeur à
l’ENSA Paris Belleville, laboratoire IPRAUS
Chercheure associée au LACTH : Béatrice Mariolle, architecte, docteure en architecture, professeure à l’ENSAP Lille
Discutante : Céline Barrère,
sociologue et ethnologue, maître de conférence à l’ENSAPL, chercheuse LACTH, domaine Territoire
Doctorante LACTH : Noémie Devaux, architecte
LACTH — École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille 2 rue Verte | 59650 Villeneuve d'Ascq | www.lille.archi.fr
Tél. +33 (0)3 20 61 95 78|Fax. +33 (0)3 20 61 95 51 |[email protected] http://www.lille.archi.fr/seminaire-doctoral__index--2036459.htm
2 Minier du Nord-Pas-de-Calais, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, pour le compte de la Mission Bassin Minier et réalise enfin un travail de recherche intitulé « Le Bassin Minier, territoire à projets ; la question architecturale et sociale face aux enjeux énergétiques et patrimoniaux de la transition territoriale à l’œuvre », pour la Caisse des dépôts.
Il est l’auteur de nombreux articles et de plusieurs ouvrages dont notamment Vauban, le style de l’intelligence, Une oeuvre source pour l’architecture contemporaine (Archibooks, Paris, 2007), Pas de création sans mémoire – Leçon inaugurale de l’école de Chaillot (Editions Cité de l’architecture &
du patrimoine, Paris, 2016), « Les nouveaux territoires : la Cité des Électriciens, un projet pilote pour des enjeux régionaux » dans Le patrimoine industriel au XXIè siècle, nouveaux défis (Actes du congrès TICCIH Lille-Région 2015, 2018).
Chaire partenariale Bassin minier
Béatrice Mariolle, architecte, docteure en architecture, professeure à l’ENSAP Lille, LACTH Promues par le Ministère de la Culture, les chaires partenariales entendent fédérer les acteurs de l’enseignement, de la recherche, du monde professionnel et de l’entreprise autour de thématiques portées par la Stratégie Nationale pour l’Architecture (SNA) qui fait de la recherche un levier prioritaire pour donner une impulsion nouvelle à l’architecture. Site fragilisé, remarquable par son patrimoine (Patrimoine Mondial de l’Unesco en 2012 au titre des paysages culturels évolutifs vivants), en situation de grande précarité énergétique, sociale et économique, le Bassin Minier Nord-Pas-de- Calais offre de multiples situations où l’expérimentation des transitions vers une société post-carbone trouve particulièrement sa pertinence.
Béatrice Mariolle est architecte, docteure en architecture, professeure TCAU à l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille, chercheure à l’UMR AUSser et chercheure associée au LACTH. Ses recherches portent sur les transformations architecturales et environnementales des territoires en crise, particulièrement dans les quartiers populaires (les quartiers Label XX° siècle, le Grand Paris des quartiers populaires, Le Bassin Minier Nord-Pas-de-Calais).
Elle est co-auteure de plusieurs ouvrages: Densifier-dédensifier, penser les campagnes urbaines, (avec Jean-Michel Leger, ed. Parenthèses, 2018), Territoire Frugal La France des campagnes à l'heure des métropoles (avec Francis Beaucire et Antoine Brès, Métis Presses 2017), Subagglo en représentations (2011) Subagglo 2030 (2012) et Subagglo 2030 et Tourisme. Grand Paris hors les murs (2016) (avec Philippe Villien).
Architecture, valorisation patrimoniale et développement territorial dans le Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais
Noémie Devaux, architecte, doctorante au LACTH
Le paysage du Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais a été modelé par des siècles d'exploitation houillère. Ce territoire a été un véritable laboratoire architectural et social dont l'héritage est toujours présent, plusieurs décennies après la disparition de l'industrie minière. L'importance et la richesse de ce passé sont aujourd'hui reconnues, notamment grâce à l'Inscription au Patrimoine Mondial de
LACTH — École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille 2 rue Verte | 59650 Villeneuve d'Ascq | www.lille.archi.fr
Tél. +33 (0)3 20 61 95 78|Fax. +33 (0)3 20 61 95 51 |[email protected] http://www.lille.archi.fr/seminaire-doctoral__index--2036459.htm
3 l'Unesco, qui met en avant la Valeur Universelle Exceptionnelle du Bassin Minier du Nord-Pas-de- Calais comme Paysage culturel évolutif vivant. Ce territoire en déprise est aujourd’hui en recherche de nouvelles dynamiques, en besoin d'adaptations aux exigences actuelles qui se doivent également de respecter sa valeur patrimoniale.
Mais on peut remarquer que malgré ces enjeux de renouvellement, de précarité énergétique et sociale, malgré l'ampleur de la dimension patrimoniale et architecturale, le rôle de l'architecte s'estompe sur un territoire en profond besoin de renouveau, dans lequel il a longtemps tenu une place prépondérante.
Il demeure que l'architecte maîtrise les outils et la conception du projet qui peuvent être bénéfiques au processus d'évolution du Bassin Minier. Ce travail se propose donc de replacer la dimension architecturale au cœur des problématiques patrimoniales et sociales du Bassin Minier par une réflexion sur le rôle de l'architecte et du projet dans le développement du territoire.
Noémie Devaux est architecte, doctorante en 1ère année au laboratoire LACTH à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille (ED SHS Lille 3), sous la co-direction de Franck Vermandel et Béatrice Mariolle. Sa recherche, intitulée « Architecture, valorisation patrimoniale et développement territorial dans le Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais », porte sur la dimension architecturale dans les problématiques sociales, patrimoniales et territoriales du Bassin Minier, et ce par une réflexion sur le rôle de l’architecte et du projet d’architecture dans le développement de ce territoire.