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Allergie aux β-lactamines

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Academic year: 2022

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D. Comte S. Petitpierre F. Spertini P.-A. Bart

introduction

Les antibiotiques dont la base biochimique est constituée d’un anneau bêta-lactame, en particulier les pénicillines, sont les médicaments les plus fréquemment responsables d’allergie.

Cinq à 10% des patients rapportent spontanément une allergie à la pénicilline. Cependant, seuls 10 à 15% de ceux-ci présen- tent des tests cutanés positifs pour les pénicillines et sont réel- lement allergiques. Les 85 à 90% autres patients tolèrent en principe les dérivés de la pénicilline. L’incidence des allergies aux b-lactamines est difficile à évaluer, par contre l’incidence d’anaphylaxie sévère est estimée entre 0,015 et 0,0004%.1

typesderéaction

L’allergie médicamenteuse est définie par une réaction immunologique spéci- fique lors de la prise du médicament. Il existe quatre types de réaction d’hyper- sensibilité qui ont été définis anciennement par Gell et Coombs.2 En ce qui concerne les allergies aux b-lactamines, les quatre types de réaction peuvent surve nir. Toutefois, ce sont les réactions d’hypersensibilité de type immédiat (type I) et les atteintes cutanées de type retardé (type IV) qui sont les plus fré- quentes. Les atteintes de types II (anémies hémolytiques et autres cytopénies) et III (maladie sérique, vasculite d’hypersensibilité…) ne seront pas abordées dans cet article.

Les réactions de type immédiat débutent en principe dans l’heure qui suit l’administration du médicament. Parfois, notamment lors de prise orale de b-lac- tamines durant un repas, l’absorption du médicament peut être retardée et la réaction survenir jusqu’à 4 heures plus tard. Les réactions de type I sont caracté- risées par le développement d’immunoglobulines E (IgE) dirigées contre les composants de l’antibiotique administré. Ces IgE sont parfois dirigées contre l’antibiotique dans son ensemble, mais plus souvent contre les produits de dé- gradation de l’anneau b-lactame liés de manière covalente aux protéines plasma- b-lactam antibiotics allergies

b-lactam antibiotics allergies are common. Up to 10% of the population describe a former al- lergy to penicillins. However only 10 to 15% of these individuals are actually allergic. In most cases, b-lactam antibiotics will be avoided and replaced by other antibiotics such as quino- lones. This fear of a serious allergic reaction has an economic impact and may lead to the emergence of antibiotic resistance. A thorough allergic work-up can accurately determine true allergic patients. Most of the patients with a proven allergy will be able to tolerate other antibiotics belonging to the b-lactam family.

This article focuses on the management of b-lactam allergic patients.

Rev Med Suisse 2012 ; 8 : 836-42

Les allergies aux antibiotiques à base d’un anneau b-lactame sont fréquentes. Cinq à 10% des patients décrivent un antécé- dent d’allergie à la pénicilline. Or seuls 10 à 15% de ces indivi- dus sont réellement allergiques à ce médicament. Ces patients seront dans la majorité des cas privés de tout anti bioti que appartenant aux b-lactamines, au profit de quinolones notam- ment. Cet excès de prudence a un impact sur le coût des traite- ments mais aussi sur l’émergence de résistances des micro or ga- nismes. Un bilan allergologique qui comprend une anamnèse précise, des tests cutanés et parfois des tests de provocation permet dans la majorité des cas d’éclaircir la situation. Même en cas d’allergie avérée à un type de b-lactame, la plupart des patients pourront tolérer d’autres antibio tiques appartenant à cette famille.

Cet article décrit l’attitude à adopter face à un antécédent anamnestique ou avéré d’allergie à une b-lactamine.

Allergie aux b -lactamines

pratique

Drs Denis Comte, Stéphanie Petitpierre et Pierre-Alexandre Bart Pr François Spertini

Service d’immunologie et allergie CHUV, 1011 Lausanne

[email protected] [email protected] [email protected] [email protected]

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tiques ou tissulaires. Ces derniers sont regroupés sous forme de deux préparations commerciales appelées déter- minant antigénique majeur et mélange de déterminants antigéniques mineurs qui sont utilisées pour les tests cutanés. Plus rare- ment, les allergies peuvent survenir à l’occasion d’une sensi- bilisation aux chaînes latérales des antibiotiques (figure 1).

La similitude des chaînes latérales entre les différentes classes d’antibiotiques à base d’anneau b-lactame, notam- ment entre les pénicillines et les céphalosporines, peut être la source de réactions croisées. La présentation clini- que des réactions de type immédiat est définie par quatre stades selon la gravité de l’atteinte (tableau 1).3

Les réactions de type retardé apparaissent classique- ment après trois jours de traitement au moins, mais sont

décrites déjà après une heure. Dans la majorité des situa- tions, elles se traduisent par une éruption maculo-papu- leuse morbilliforme, d’évolution favorable en quelques jours à quelques semaines après l’arrêt du traitement, et le dé- cours est habituellement bénin. L’aspect de l’atteinte cuta- née peut varier d’un patient à l’autre et il arrive que l’érup- tion soit atypique, avec notamment des lésions d’aspect urticarien. Occasionnellement, des atteintes plus sévères peuvent survenir avec développement de fièvre, de lésions de type exanthème pustuleux aigu généralisé (AGEP : Acute generalized exanthematous pustulosis) ou d’atteintes muco-cuta- nées plus sévères (syndrome de Stevens-Johnson ou né- crolyse épidermique toxique – TEN : Toxic epidermal necrolysis).4 Les atteintes systémiques sévères, de type DRESS (Drug rash with eosinophilia and systemic symptoms), restent redoutées mais ne sont que rarement provoquées par la prise d’anti- biotique à base d’anneau b-lactame.

investigationd

uneallergie

àune

b -

lactamine

Celle-ci commence par une anamnèse précise (tableau 2).

L’antibiotique administré, la date de survenue de la réac- tion, la chronologie entre la prise du médicament et la pré- sentation clinique sont des informations anamnestiques souvent difficiles à obtenir de manière précise, particuliè- rement lors de consultations à l’âge adulte pour des réac- tions survenues dans l’enfance.

Le mode d’administration est également important. Les réactions de type immédiat surviennent plus fréquemment et plus rapidement lors d’administration intraveineuse du médicament que lors de prise orale. Cette donnée est éga- lement importante en cas de réalisation de protocoles de provocation. Elle permet de reproduire le plus fidèlement possible la situation à laquelle le patient a été exposé.

Des facteurs confondants doivent également être re- cherchés. Par exemple, la prise concomitante d’AINS doit systématiquement être évoquée, en raison de réactions d’intolérance fréquentes à ces substances, avec des pré- sentations cliniques souvent proches de celles observées lors de la prise de b-lactamines.

L’anamnèse familiale est d’importance moindre en ce qui concerne l’allergie aux b-lactamines. Il n’existe en effet pas de preuve claire démontrant un lien héréditaire pour ces réactions.

Tests diagnostiques

Les tests cutanés apportent une aide considérable au diagnostic lors d’allergies aux antibiotiques à base d’an- Figure 1. Classes d’antibiotiques à base d’anneau

b-lactame

La caractéristique commune à ces antibiotiques est un noyau b-lactame (en rouge). En dehors des monobactames, l’anneau b-lactame est couplé à un autre cycle propre à chaque classe d’antibiotiques (pénicillines, cé- phalosporines, carbapénèmes). Au sein d’une classe d’antibiotiques, les chaînes latérales (R, R’ et R’’) permettent de distinguer les différentes molécules. Il peut exister des chaînes latérales similaires entre différentes classes d’antibiotiques.

Stades Symptômes

I Urticaire généralisée, prurit, malaise, anxiété

II Angiœdème, oppression thoracique, vertiges, symptômes digestifs (nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales)

Avec ou sans les symptômes du stade précédent

III Dyspnée, sibilances, stridor, dysphagie, dysarthrie, dysphonie, faiblesse, confusion, sensation de mort imminente

Avec ou sans les symptômes des stades précédents

IV Hypotension, état de choc, perte de connaissance, perte de selles/urines, cyanose

Avec ou sans les symptômes des stades précédents Tableau 1. Classification des réactions anaphylac- tiques selon H. L. Müller

Adapté de Müller UR. Insect Sting Allergy : Clinical picture, diagnosis and treatment. Ed. Gustav Fischer ; 1990.

Tableau 2. Eléments importants de l’anamnèse en cas d’allergie à une b-lactamine

• Antibiotique administré

• Date de survenue de la réaction

• Délai entre la prise du médicament et la réaction

• Caractéristiques cutanées ou systémiques de la réaction

• Voie d’administration du médicament, per os ou intraveineuse

• Facteurs confondants : autres médicaments, maladie associée, alimentation

• Reprise d’une b-lactamine par la suite

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neau b-lactame. Ceux-ci comprennent les tests cutanés par pricks (introduction de l’allergène dans le derme avec une lancette), et par intradermoréactions ou IDR (injection in- tradermique de l’allergène à différentes concentrations) et, en cas de réaction de type retardé, les tests épicutanés ou patch tests (application du médicament de manière oc- clusive sur la peau saine). Si les prick-tests sont utiles uni- quement en cas de réaction de type immédiat, les tests par IDR peuvent être lus 20 minutes après leur application pour les réactions de type immédiat, mais également à 48 et 72 heures après leur application, en cas de réaction de type retardé.

Ces tests sont bien standardisés et leur valeur prédictive négative est excellente en cas de réaction de type immédiat.

Pour des raisons éthiques, la valeur prédictive positive des tests cutanés en présence de réaction de type immédiat, n’a jamais pu être évaluée dans le cadre d’études.4

En ce qui concerne les réactions de type retardé, les tests par IDR sont plus sensibles mais moins spécifiques que les patch tests. Ils ont également une bonne valeur prédictive négative.5 La valeur prédictive positive des tests n’est pas connue chez les adultes. Par contre, une étude récente, réalisée chez des enfants, a montré l’absence de corrélation entre les tests cutanés et la survenue d’une réaction lors d’une provocation orale. Selon cette étude, seul un test de provocation oral permet d’écarter une réac- tion allergique de type retardé, devant une éruption cutanée bénigne qui pourrait également être d’origine virale.6

Chez les patients ayant présenté une réaction sévère telle qu’un choc anaphylactique ou une réaction systémi- que, une certaine prudence s’impose lors de la réalisation de ces tests. Il existe en effet plusieurs descriptions de réactions allergiques sévères lors de leur réalisation.7 En cas de réaction cutanée exfoliative (Stevens-Johnson ou nécrolyse épidermique toxique) et lors de DRESS, les tests cutanés ou épicutanés sont mal validés et les IDR peuvent s’avérer dangereuses.

Dans certaines situations, les tests cutanés peuvent être ininterprétables. En effet, ils peuvent être faussement né- gatifs s’ils sont réalisés trop tôt après la survenue de la réaction. Il est donc recommandé d’attendre au moins quatre semaines pour réaliser les investigations. Par ailleurs, cer- tains médicaments diminuent la sensibilité des tests. Ceux- ci comprennent notamment les antihistaminiques et les corticostéroïdes, mais aussi les antidépresseurs tricycliques et les neuroleptiques. D’autre part, chez les patients hos- pitalisés pour une maladie aiguë avec défaillance multi- organique, les tests peuvent être faussement négatifs. Fina- lement, chez les patients souffrant de dermographisme urticarien ou d’urticaire chronique, les tests cutanés en lec- ture immédiate peuvent être faussement positifs.

En pratique, les allergènes utilisés pour les tests par prick et IDR sont la pénicilline G, l’amoxicilline, l’antibiotique utilisé lors de la réaction (autre pénicilline, céphalosporine ou carbapénème) ainsi que les produits de dégradation de l’anneau b-lactame, qui sont appelés déterminants antigéni- ques majeurs (PPL : pencilloyl-polylysine) et mineurs (MDM : minor determinant mixture) et qui existent sous forme de préparations commerciales. La réalisation de tests pour les déterminants majeurs et mineurs en plus des formulations

complètes d’antibiotiques permet d’améliorer la sensibilité des tests. En effet, jusqu’à 21% des patients ayant présenté une allergie de type immédiat à une pénicilline auront des tests positifs uniquement pour ces préparations.8 Par con- tre, en présence d’une allergie de type retardé, l’emploi des déterminants majeurs et mineurs dans la réalisation des tests cutanés s’avère inutile.9

Tests in vitro

Les tests in vitro comprennent le dosage d’IgE spécifi- ques par ELISA ou RAST. Ceux-ci sont disponibles en routine clinique pour l’amoxicilline, l’ampicilline, la pénicilline G et la pénicilline V.10 Leur spécificité est excellente mais ils sont peu sensibles (45%). De plus, ils ne sont que très ra- rement positifs en présence de tests cutanés négatifs. Les autres tests in vitro sont les tests d’activation des basophi- les et les tests de prolifération lymphocytaire, dont l’utilité clinique est encore mal définie.

allergieàla pénicilline

Dans la majorité des cas, il s’agit d’une histoire de réac- tion cutanée. S’il est utile de distinguer une réaction de type immédiat d’une réaction retardée, ceci est difficile en pratique, particulièrement si la réaction remonte à plusieurs années, voire plusieurs décennies.

Il est important de rappeler qu’en cas de réaction de type immédiat, 80% des patients perdent leur hypersensi- bilité après dix ans.11,12 De même, une réaction retardée avec éruption cutanée maculo-papuleuse est plus fréquem- ment d’origine virale qu’allergique, particulièrement si elle est survenue dans l’enfance.6

Dès lors, si l’allergie remonte à plus de dix ans, et qu’il s’agit uniquement d’une éruption cutanée, que ce soit une urticaire ou un rash morbilliforme, sans atteinte systémi que plus sévère, nous ne préconisons aucune investigation com- plémentaire et autorisons la reprise d’antibioti ques à base d’anneau b-lactame. En dehors de ce cas de figure, il est important de distinguer les réactions de type immédiat des réactions de type retardé.

Réaction de type immédiat à la pénicilline

Les investigations diagnostiques en cas d’allergie de type immédiat aux pénicillines sont résumées dans les figures 2 et 3, selon la possibilité ou non de réaliser des tests cuta- nés, en fonction des limitations mentionnées plus haut.

Si les tests cutanés sont réalisables, la démarche diag- nostique en dépendra. S’ils sont positifs, le diagnostic d’al- lergie à la pénicilline est retenu, ce qui impose l’éviction des pénicillines. Les autres antibiotiques à base d’anneau b-lactame peuvent par contre être utilisés sans risque dans la majorité des cas (cf. ci-dessous).

Si les tests sont négatifs, en cas de réaction peu sévère (stade I ou II), on pourra envisager de donner directement l’antibiotique en surveillant le patient durant 2 heures lors de la première prise. En cas de réaction sévère, il est re- commandé de procéder à un test de provocation avant d’écarter l’allergie à la pénicilline. En l’absence de réaction, l’allergie de type immédiat à la pénicilline est alors raison- nablement exclue.

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Dans les cas où les tests cutanés ne sont pas réalisables, il est important de stratifier le risque (figure 3), afin de dé- finir l’attitude. Si nous prenons l’exemple d’une réaction décrite comme une urticaire et un angiœdème il y a plus de dix ans suite à l’administration d’amoxicilline, la prise d’une nouvelle pénicilline devrait se faire selon un protocole de provocation sous surveillance. Par contre, l’administration d’une b-lactamine autre qu’une pénicilline (céphalospo- rine, carbapénème) peut être effectuée sous forme d’un challenge, c’est-à-dire en donnant directement la dose adé- quate du médicament, sous surveillance.

Si, malgré des tests positifs ou un risque intermédiaire à élevé de réaction allergique, il n’existe pas d’alternative

et qu’une pénicilline doit absolument être utilisée, un pro- tocole de désensibilisation devrait être discuté. Celui-ci consiste à induire une tolérance vis-à-vis de la substance en l’administrant sur plusieurs heures et en débutant par des doses infimes qui seront augmentées au fil du temps.

Il faut tenir compte des réactions possibles lors de la réex- position et donc le réaliser sous surveillance étroite (ser- vice de soins continus). Suite à la désensibilisation, l’admi- nistration quotidienne de l’antibiotique est nécessaire, la tolérance persistant seulement 24 à 48 heures après l’arrêt du traitement.

Réaction de type retardé à la pénicilline

La prise en charge de ces réactions est résumée dans la figure 4. Les tests effectués comprennent des IDR et/ou des patch tests en lecture non immédiate, soit 48 et 72 heures après leur application. Les IDR sont plus sensibles que les tests épicutanés pour la détermination d’allergies de type retardé à la pénicilline et permettent en outre d’écarter une réaction de type immédiat. La valeur prédictive négati- ve de ces tests est bonne. Les réactions retardées sévères sont rares. Néanmoins, des atteintes de types syndrome de Stevens-Johnson, TEN, AGEP ou DRESS sont des con tre- indications absolues à tout nouvel emploi de pénicilline et nécessitent des investigations spécialisées.

Réactions croisées de type immédiat avec les céphalosporines, les carbapénèmes et les monobactames

Les réactions croisées de type immédiat entre pénicil- lines et céphalosporines apparaissent soit par sensibilisa- tion à l’anneau b-lactame, soit, moins fréquemment, par sensibilisation aux chaînes latérales qui peuvent être simi- laires entre les pénicillines et les céphalosporines. Jusque dans les années 80, les céphalosporines produites étaient contaminées par des traces de pénicilline. Ainsi, les étu- des réalisées jusqu’à cette époque surestimaient les réac- tions allergiques croisées de type immédiat. En considé- rant uniquement les études ultérieures à 1980 et celles où l’allergie à la pénicilline est prouvée, soit par tests cutanés, Figure 3. Démarche diagnostique en cas d’allergie

de type immédiat à une pénicilline

Adaptée de Torres et al. Allergy 2003;58:961-72. TC : tests cutanés.

* Challenge : dose totale d’emblée sous surveillance.

** Provocation : dose croissante du médicament sous surveillance dans un service de soins continus.

Patient avec réaction allergique immédiate à la pénicilline TC impossibles

Stratification du risque

IgE

Elevé Bas

Réaction L 10 ans Histoire peu claire

Provocation **

pénicilline OU Challenge*

autre b-lactame

Désensibilisation pénicilline OU Provocation **

autre b-lactame

Eviction des pénicillines OU Désensibilisation céphalosporine OU

Challenge*

carbapénème Réaction l 10 ans

Réaction stade I-II Réaction stade III-IV à la pénicilline Intermédiaire

Figure 2. Démarche diagnostique en cas d’allergie de type immédiat à une pénicilline

Adaptée de Torres et al. Allergy 2003;58:961-72. TC : tests cutanés – qui comprennent la pénicilline G, l’amoxicilline, les déterminants antigéniques majeurs et mineurs (PPL, MDM).

Patient avec réaction allergique immédiate à la pénicilline

Positifs

Eviction des pénicillines Donner une céphalosporine

(désensibilisation en cas de réaction sévère) ou un autre b-lactame

Administration d’une pénicilline possible (provocation si réaction sévère)

Autre b-lactame Négatifs

+ TC possibles -

Figure 4. Démarche diagnostique en cas d’allergie de type retardé à une pénicilline

Adaptée de Romano et al. Allergy 2004;59:1153-60. TC : tests cutanés ; IDR : intradermoréactions. * Concerne uniquement les réactions retar- dées avec atteinte cutanée non exfoliative isolée.

Patient avec réaction allergique retardée* à la pénicilline

Positifs

Eviction de la molécule Donner un autre b-lactame, sauf en cas de réaction sévère

Administration d’une pénicilline possible

(test de provocation orale) Négatifs

+ -

Adulte Enfant

TC possibles (patchs, IDR à lecture tardive)

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soit par provocation, le taux de réactions allergiques croi- sées, de type immédiat, entre pénicillines et céphalospo- rines est d’environ 2%. Ainsi, la majorité des patients ayant présenté une réaction allergique à une pénicilline sup- portent une céphalosporine. Les tests cutanés permettent de prédire de manière sensible et spécifique les patients qui réagiront. En présence de tests cutanés négatifs pour la pénicilline et pour ses déterminants (figure 2), les céphalo- sporines peuvent en principe être utilisées. Certains au- teurs recommandent d’ajouter un test cutané pour la cé- phalosporine que l’on désire prescrire. En présence de tests tous négatifs, la prescription est possible, en passant éven- tuellement par un test de provocation en cas d’antécédent de réaction sévère (stade III ou IV selon Müller).13-15

Les réactions allergiques croisées, de type immédiat, entre pénicillines et carbapénèmes sont encore moins fré- quentes qu’entre les pénicillines et les céphalosporines.

En effet, les données de la littérature font état de réactions croisées de l’ordre de 1% environ.15,16

Finalement, en cas de réactions d’hypersensibilité de type immédiat aux pénicillines, l’aztréonam, seul mono- bactame actuellement disponible, est une alternative sûre qui ne présente pas de réaction croisée significative avec les pénicillines.15

allergiesauxcéphalosporines

etréactionscroisées aveclesautres

b -

lactamines

La plupart des concepts décrits pour les allergies aux pénicillines sont valables également pour les allergies aux céphalosporines (figure 5). Il existe néanmoins certaines spécificités propres aux sensibilisations aux céphalospo- rines que nous détaillons ici.

Comme déjà mentionné, les allergies de type immédiat aux céphalosporines peuvent survenir suite à une sensibi- lisation à l’anneau b-lactame ou, moins fréquemment, à une sensibilisation aux chaînes latérales, dont certaines sont communes avec les pénicillines.

Les tests diagnostiques reposent sur les mêmes démar- ches que lors d’allergies aux pénicillines, en ajoutant la céphalosporine utilisée aux tests par prick, IDR et patch, selon le type de réaction présenté. S’il existe moins d’étu- des que pour les tests cutanés aux pénicillines, ceux-ci semblent présenter une bonne sensibilité, qui diminue toutefois au fil du temps. En effet, certains auteurs décrivent des tests faussement négatifs déjà un an après la survenue de la réaction. Ainsi, il est recommandé de réaliser les in- vestigations dans les mois suivant la réaction.17

Une étude récente explore les allergies croisées avec les autres antibiotiques de la famille des b-lactamines, en présence d’une hypersensibilité de type immédiat à une céphalosporine.18 Celle-ci inclut 98 patients ayant présenté une allergie immédiate à une céphalosporine prouvée par tests cutanés, dosage d’IgE spécifiques ou provocation en cas de tests négatifs. Les résultats ont montré que 25% des patients avaient des tests positifs pour les pénicillines, 3,1% pour l’aztréonam, 2% pour l’Imipenem/Cilastatin et 1%

pour le Meropenem. Par conséquent, en cas d’allergie aux céphalosporines, il est utile de réaliser des tests allergiques

car la majorité des patients toléreront d’autres antibioti- ques de type b-lactamines, et pour la majorité d’entre eux, les pénicillines pourront être utilisées.

Finalement, l’emploi d’aztréonam est en principe sûr en présence d’allergie aux céphalosporines. Une exception im- portante à cette règle est la sensibilisation à la ceftazidime, qui comporte une chaîne latérale similaire à l’aztréonam, qui met les patients à risque de réactions croisées entre ces deux antibiotiques.19

conclusions

L’allergie aux b-lactamines et en particulier à la pénicil- line est souvent rapportée par les patients. Dans la plupart des cas, elle n’est pas avérée. Les investigations de ce type de réaction sont relativement bien standardisées. Un bilan allergologique est donc indiqué chez tout patient ayant présenté une allergie à une b-lactamine. En cas d’al- lergie avérée, les investigations permettent dans la plupart des situations de donner des recommandations claires quant à l’emploi de b-lactamines autres que celles impli- quées dans la réaction.

Implications pratiques

En cas d’allergie anamnestique ou avérée à un antibiotique de type b-lactamine, un bilan allergologique est indiqué, afin de confirmer le diagnostic et de donner des directives pour tout traitement ultérieur

Les tests allergologiques cutanés sont bien standardisés dans le cadre de réactions allergiques aux antibiotiques de type b-lactamines

Les allergies sévères, de type retardé, à une classe de b-lac- tamines sont une contre-indication absolue à toute réexpo- sition ultérieure à cette classe

En présence d’une allergie de type immédiat à une b-lacta- mine (par exemple : pénicillines), les tests allergologiques permettent dans la plupart des cas l’emploi sûr d’autres b-lactamines (par exemple céphalosporines, carbapénèmes)

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Figure 5. Démarche diagnostique en cas d’allergie de type immédiat aux céphalosporines

Adaptée de Romano A. Allergy 2002;57(Suppl. 72):52-7.

Allergie type immédiat à une céphalosporine

Bilan pénicillines - céphalosporine +

Bilan pénicillines + céphalosporine +

Eviction céphalosporines Donner un autre

b-lactame (provocation si réaction

sévère)

Emploi d’une autre classe d’AB

Eventuellement désensibilisation

Céphalosporine possible (provocation si réaction

sévère) Autre b-lactame

- Tests cutanés : bilan pénicillines et céphalosporine impliquée

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* à lire

** à lire absolument

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