R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
P H . D. A LEVIZOS
A. M ORINEAU
Tests et valeurs-tests : application à l’étude de mastics utilisés dans la fabrication des vitraux
Revue de statistique appliquée, tome 40, n
o4 (1992), p. 27-43
<http://www.numdam.org/item?id=RSA_1992__40_4_27_0>
© Société française de statistique, 1992, tous droits réservés.
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27
TESTS ET VALEURS-TESTS :
APPLICATION À L’ÉTUDE DE MASTICS UTILISÉS
DANS LA FABRICATION DES VITRAUX
Ph. D.
Alevizos(1),
A.Morineau(2)
(1) Université de Patras,
Département
deMathématiques,
Patras, Grèce (2) Centre International deStatistique
etd’Informatique Appliquées,
Saint-Mandé, FranceRev.
Statistique Appliquée,
1992, XXXXRÉSUMÉ
On
dispose
d’un tableau de donnéesnumériques
concernant 56 vitraux. Ces vitraux sontmastiqués
à l’aide de différents matériaux et sont soumis à desépreuves
de vieillissement accéléré sous des conditions variées afin d’étudier laqualité
des mastics. Les données recueillies pourchaque
vitrail sont constituées de 30couples
de valeurs successivesqui
donnent d’une part la
pression
du vent exercée sur le vitrail et d’autre part la flèche résultante, c’est-à-dire la déformation subie sous l’effet de lapression.
Uneexpérience
sur un vitrailest donc une
trajectoire
reliant 30points-observations
dans leplan «flèche-pression»
et sonpoint
moyenqui
caractérise la localisation dans ceplan.
Dans cet article on examine s’il y a une liaison entre la localisation despoints
dans leplan
et les facteurs contrôlés del’expérience.
Dans un article ultérieur onanalysera
la forme destrajectoires
en fonction de leur localisation et des facteursexpérimentaux.
Mots-clés : Tests par simulations, Valeur-test.
ABSTRACT
A numerical table concerns 56 stained
glass
windows in which different adhesive materials have been used fortheir joints.They
haveundergone
an artificialageing
test undervariable conditions. The collected data for each window make up 30
couples
of successive values, whichgive
the wind pressure and the deformation caused under the effect of the pressure.By representing
the 56 averagepoints
in a two-dimensionalplane
"deformation-pressure"
we try toexplain
thedispersion
of the averagepoints.
In this paper we examine if there is arelationship
between theposition
of the averagepoints
in theplane
and theconditions of the artificial
ageing
test. A further paper will deal with thescattering
of thepoints
around their 56mean-points.
Key-words :
Monte Carlo test, Test-value.1. Présentation du
problème
et des données1.1 Introduction :
Expérimentation
et MesuresL’emploi
du mastic traditionnel(à
base de carbonate de calcium et d’huile delin)
pour lemasticage
des panneaux de vitraux ancienspeut
être àl’origine
dedégradations importantes.
Ceci a conduit le L.R.M.H(Laboratoire
de Recherche des MonumentsHistoriques)
àentreprendre
l’étude de mastics élastomèressusceptibles
de
remplacer
le mastic traditionnel(J.M. Bettembourg
etal., 1984).
Des essais de
fatigue
et de vieillissement des panneaux destinés à simuler l’action du vent sur les vitraux ont été définis defaçon
à cequ’ils représentent
d’une manière accélérée l’influence de l’environnement de ces oeuvres sur leur conservation.
Pour simuler l’action du vent
naturel,
un banccomportant quatre
caissons d’essai a été réalisé. Les vitraux sont soumis à unepression
de forme sinusoïdalecorrespondant
à différentes vitesses de vent. Le choix de lafréquence
des solli-citations du vent simulé est un
compromis
entre la nécessité de simuler 300 ansenviron en un
temps
relativement court(environ
4 moisici)
etl’obligation
de serapprocher
duphénomène
naturel sans que «l’accélération dutemps»
n’altère la nature des contraintesmécaniques.
Les 56 vitraux soumis à
l’épreuve, reproduction
d’un panneau des vitraux du XVIe siècle del’église
de Saint-Vincent deRouen,
sontmastiqués
au moyen de différents matériaux. Pour certains d’entre eux, une série dequatre
panneaux est réalisée simultanément afin d’étudier les éventuellesdisparités
de fabrication.Les données recueillies au cours d’un essai sur un panneau sont constituées de 30
couples
de valeurs successives :a)
lapression
danschaque
caisson(mesurée
par unecapsule manométrique
dont le
signal électrique
estenvoyé
à ungalvanomètre incorporé
dans unenregis- treur).
b)
laflèche,
c’est-à-dire ledéplacement
sous l’effet de lapression (mesurée
à l’aide d’uncomparateur).
En
principe
les conditions de mesure sontidentiques
pour tous les essais :la même
pression
estappliquée,
et les mesures sontprises
aux mêmes intervalles detemps.
On obtient donc pourchaque
panneau de vitrail unecourbe
dessinéeavec 30
points.
Cettecourbe,
outrajectoire,
est le résultat finaldes quatre
mois d’observation sur le vitrail.1.2 Les
facteurs expérimentaux
Les
principaux
facteurs sont :2022 le matériau utilisé pour le
masticage : l’expérimentation
a mis enjeu
10 matériaux distincts pour lemasticage
des panneaux. Ces mastics sont classés en 4catégories
etil leur
correspond
un moded’application particulier.
Ces informationsapparaissent
dans le tableau 1 :
29
APPLICATION À L’ÉTUDE DES MASTICS DANS LA FABRICATION DES VITRAUX TABLEAU 1
Les conditions du vieillissement accéléré
(ou types d’essai) :
ondistingue
7types
de vieillissement artificiel distinctsappliqués
aux divers panneaux. Lescaractéristiques
en sont brièvement données ci-dessous :
type
1 : réalisé àtempérature
ambiante(20°C),
type
2 : réalisé sur des vitraux soumis simultanément à des variationsthermiques
et
hygrométriques,
type
3 :analogue
autype 1,
mais réaliséaprès
unvieillissement
«artificieltotal », type
4 :analogue
autype 1,
mais réaliséaprès
un vieillissement «brouillardsalin», type
5 :analogue
autype 1,
mais réaliséaprès
un vieillissement detype
2 accom-pagné
de brouillardsalin,
type
6 :analogue
autype 1,
mais réaliséaprès
un vieillissement naturel de 20mois, accompagné
d’un essaitype
1après
vieillissement naturel d’un an,type
7 :analogue
autype 1,
mais réaliséaprès
un vieillissement de mêmetype
et vieillissement naturel de 2 ans.L’expérience
meten jeu également
d’autres facteurs dont on doit chercher à isoler les effetssystématiques
éventuels. Enparticulier chaque expérience
s’effectueavec 4 caissons simultanément : le banc d’essai
comporte
4 caissons etchaque
caisson
porte
un panneau de vitrail soumis auxépreuves.
D’autrepart
un groupe de 8 panneaux met enjeu
des verresd’épaisseur
double. On notera que le vieillissement detype
6 a étéappliqué
sur les vitraux en verre double.1.3
Doublons, Répliques, Reprises
On
appelle couple
de doublons uncouple
de panneauxmastiqués
avec lemême matériau et soumis simultanément
(dans
2 caissonsdistincts)
à la mêmeépreuve
de vieillissement. On trouve 8couples
de doublons dansl’expérience.
On
appelle couple
derépliques
uncouple
de panneauxmastiqués
avec lemême matériau et soumis à la même
catégorie d’épreuve
de vieillissement mais aucours d’essais distincts. Ainsi on trouve les
couples
de doublons dans des caissons différents du même essai alors que lesrépliques
sont observées au cours de deuxessais distincts. Il y a 12
couples
derépliques.
Il faut s’attendre à ce que les observations diffèrent peu entre les doublons
(seuls
les 2 panneaux diffèrentmatériellement)
et un peuplus
entre lesrépliques (puisque
les mesures sont faites au cours d’essaisdistincts).
Par ailleurs certains vitraux subissent successivement
plusieurs types
de vieillissement et sont observésaprès chaque
vieillissement. Onparle
alors dereprises.
2. Etude de la localisation dans le
plan «flèche-pression»
2.1 Introduction
Les données recueillies au cours d’un essai sont
constituées,
comme on l’a vu, de 30couples
de valeurs successivesflèche-pression
dessinant unetrajectoire,
résultat final de
quatre
mois d’observations. Onsynthétise
ces observations de lafaçon
suivante : pour chacun des 56vitraux,
on calcule la flèche moyenne et lapression
moyenne. Cés valeurs donnent laposition
moyenne du vitrail dans leplan
« flèche-pression »
défini par la flèche en abscisse et lapression
en ordonnée. Lafigure
1 fournit lareprésentation
des 56points
moyens dans ceplan.
On note que les 56
points
ne sont pasrépartis
uniformément dans leplan.
D’une
façon globale,
la flèche croît avec lapression
et deplus
ladispersion
croîtavec les valeurs de flèche ou de
pression :
le nuage des 56points
moyenss’élargit
en éventail à
partir
del’origine.
La
dispersion
despoints
moyens peut être due àplusieurs facteurs,
ou combi-naisons des
facteurs,
dont certains sont «contrôlés» au cours del’expérimentation.
Les facteurs influant sur la localisation des
points peuvent
être :1)
le matériauutilisé,
2)
les conditions devieillissement,
3)
le panneau lui-même(défauts
de fabrication parexemple,
donc défautd’étanchéité),
4)
le caissonéventuellement, 5)
effets aléatoiresrésiduels,
6)
d’autres effetssystématiques
non identifiés.On veut savoir si certains
facteurs,
ou combinaisons defacteurs,
ont des effetssystématiques
etprévisibles.
On vaprocéder
alors à ladescription
de la localisation despoints
en deuxétapes :
a)
Dans lapremière étape
on essaie derépondre
à laquestion : peut-on
dire que la localisation despoints
est liéeglobalement
aux facteurs del’expérience ?
(est-ce qu’il
existe un effet « localisation »?).
31
APPLICATION Á L’ÉTUDE DES MASTICS DANS LA FABRICATION DES VITRAUX
FIGURE 1 Les 56
points-moyens
b)
Sioui,
dans la deuxièmeétape
onprécisera
les facteurs influant sur la localisation.2.2 Première
étape :
Simulations et testsL’inspection
des localisations desdoublons,
desrépliques
et desreprises
doitdonner des
renseignements
sur lapart
des facteurs contrôlés et celle des aléas dans les résultats.Considérons le nuage des 56
points
moyens dans leplan flèche-pression.
Onmarque avec une
étiquette
« D » lescouples
d’observations réalisées en« doublons »,
c’est-à-dire dans les mêmes conditions
expérimentales (tous
les facteurs contrôlés sontidentiques).
Les distances entre doublons sont alors attribuables aux seuls facteurs noncontrôlés;
elles devraient être donc attribuables au «hasard» seul. Laquestion
est donc : ces distances sont elles«significativement» plus petites
que le reste des distances entrecouples ?
Le
problème peut
être résolu en effectuant des simulations. On choisit commestatistique
du test la moyenne des distances entre lescouples
depoints marqués
«D».
Considérons les 8
couples
de doublons del’expérience.
On calcule les distances entre cescouples,
et soitXo
la distance moyenne. Pour savoir si cette distance est« significativement petite»
on va la comparer à la moyenne des distances entre un même nombre decouples
depoints
tirés au hasardparmi
l’ensemble des
points
nonmarqués.
Onrépétera
cetteopération
detirages
ungrand
nombre de
fois,
et oncomptabilisera
combien de fois les distances « simulées » sont inférieures ouégales
à la distance observéeXo.
Si ce nombre est trèsfaible,
onrejettera l’hypothèse
que la valeurXo
est due au hasard.On calcule les distances entre
couples
depoints
àpartir
des variables centrées et réduites pour fairejouer
le même rôle aux deux variables(en
réalité on calcule ces distances en utilisant les coordonnées sur les deux axes del’analyse
encomposantes principales
des 56points,
effectuée avec les deux variables flèche etpression.
Laconfiguration
des 56points
est exactement reconstituée dans leplan
factoriel de cetteanalyse).
Lafigure
2 montrel’histogramme
des 1540 = 56 x55/2
distancesentre
couples
calculées àpartir
des 56points.
La distance moyenne entrecouples
est
4,07. L’écart-type
vaut3,88.
La distribution est trèsdissymétrique.
Dans
la figure 3
onreprésente
les 56points
dans leplan « flèche-pression
»,en identifiant par : « D » les
doublons,
par « R » lesrépliques,
par « RP » lesreprises
et par « * » les autres
points.
On a relié entre eux lesdoublons, répliques
etreprises.
On a rassemblé les résultats des simulations dans le tableau 2. On remarque
sur
la figure 3
que, sur les 8couples
dedoublons,
7 sont trèsproches.
La distancemoyenne
1,173
est notablement inférieure à la distance moyennegénérale 4,07 (tableau 2). Après
1000tirages
au hasard de 8couples parmi
les 1540couples,
on trouve seulement 5 cas où la distance moyenne est inférieure ou
égale
à1,173.
Après
4000tirages
on ne trouve que 12 cas(3
pour1000).
Ces résultats sontconsignés
dans la colonne « COMPTAGE » du tableau 2. Les simulations montrent que les doublons sont effectivementplus proches
que descouples
d’observationspris
au hasard.En ce
qui
concerne lescouples
derépliques,
on observe que 10 des 12couples
sont très
proches (figure 3).
La distance moyenne des 12couples
vaut1,07 (tableau
2). Après
4000simulations,
on n’observe aucun cas où la distance moyenne est33
APPLICATION Á L’ÉTUDE DES MASTICS DANS LA FABRICATION DES VITRAUX
FIGURE 2
Histogramme des 1540 distances entre les 56 courbes dans le
plan flèche-pression Moyenne - 4, 07. Ecart-type = 3, 88.
inférieure à
1,07.
Ici encore lesrépliques apparaissent beaucoup plus proches
que lescouples
tirés au hasard.Dans le cas des 4
couples
dereprises,
les résultats sontanalogues (tableau 2)
et confirment
l’hypothèse qu’une part
essentielle de la localisation des courbes dans leplan « flèche-pression »
est due aux facteurs contrôlés del’expérience (matériaux, types
devieillissement, etc...).
Pour les 4
couples
dereprises,
on a tracé sur lafigure
3 une flècheindiquant
le
déplacement
dupoint
moyen des observations entre lapremière épreuve
et laseconde. On remarquera que dans les 4 cas, la
reprise
conduit à une flèche moyenneplus petite
au second passage. Ceci sembleindiquer
que lafatigue supplémentaire
d’un panneau se traduit par une diminution
d’ampleur
de la flèche(sans
doute le fait d’uneperte
desouplesse
dupanneau).
Ces simulations montrent que la localisation des
points
moyens destrajec-
toires dans le
plan « flèche-pression »
nepeut
pas être attribué au hasard.FIGURE 3
Doublons,
Répliques
etReprises
(Plan :flèche-pression)
35
APPLICATION Á L’ÉTUDE DES MASTICS DANS LA FABRICATION DES VITRAUX TABLEAU 2
Tests sur les doublons,
répliques
et reprises5/1000
signifie
que la moyenne observée a étédépassée
dans 5 des 100 tirages)2.3
Points-moyens
et valeurs-testsLes 56 observations constituées par les
points
moyens de localisation destrajectoires
sontrepérables
selon les divers facteursexpérimentaux.
Parexemple,
le facteur «matériaux» définit une
partition
des 56points
en 10 groupesdisjoints.
Dans
quelle
mesure la moyenne de la flèche et de lapression
danschaque
groupe diffère-t-elle de la moyennegénérale?
L’effet d’un facteur sur la localisation destrajectoires
sera à la mesure de la nonhomogénéité
de ces moyennes.On
procédera
comme pour un testclassique
en choisissant commestatistique
du test la moyenne. On va associer à
chaque point
moyen d’un groupe depoints
la valeur d’un critère
qui permette d’apprécier
dansquelle
mesure la flèche et lapression
diffèrent de leur moyennegénérale.
Considérons le cas de la flèche par
exemple.
Soit X la moyenneempirique
des 56 valeurs de
flèches,
etS2
leur varianceempirique.
SoitXk
la moyenne des flèches associées à un facteurk, auquel correspond
nkpoints parmi
les n = 56points. L’hypothèse Ho
de travail d’un facteur «sans influence» est traduite parun
tirage
au hasard sans remise des nkpoints parmi
les 56points.
Sous cettehypothèse
la variable aléatoireXk
a pourespérance mathématique
et pour variancerespectivement :
Si on
approche
la distribution de la moyenneXk
par une loi deLaplace-Gauss,
onpeut
considérer la variable :comme une variable de
Laplace-Gauss
centrée et réduite. Plus cettequantité
estgrande
en valeurabsolue, plus
l’effet du facteur sur la flèche est vraisemblable(dans
ce cas en effet
l’hypothèse
dutirage
au hasard estincompatible
avec la moyenneobservée).
Onappellera
«valeur-test» cettequantité (A. Morineau, 1987).
Ellemesure en
quelque
sorte la distance entre les deux moyennes en nombre d’écarts-types,
sousl’hypothèse Ho.
Si la valeur-test estpositive (resp. négative),
le groupe des nkpoints
est caractérisé par des valeursplutôt supérieures (resp. inférieures)
à la moyenne
générale.
Dans le cas où
l’hypothèse
de travail est vraie(facteur
sansinfluence),
il fauts’attendre à trouver une valeur-test inférieure à 2 en valeur absolue dans 95 % des
épreuves
si onrépète l’épreuve
indéfiniment. Une valeursupérieure
à 2 est doncprésomption
de facteur« significatif ».
. Dans le tableau 3 on
présente
les résultats des calculs des valeurs-tests pour tous les groupes d’observations associées aux facteurs del’expérience,
ainsi que les moyennes dechaque
groupe et les moyennesgénérales.
Dans les deux colonnes de droite dutableau,
les valeurs-testspermettent d’apprécier
si un écart à la moyennegénérale
est«petit» (et
attribuable au hasardseul),
ou«grand» (donc
attribuableau
facteur).
On constate
qu’il
y a peu de« grands »
écarts. L’écart leplus
notable concernela
pression
mesurée sur les verresd’épaisseur
double : elle est considérablementplus
forte que lapression
moyennegénérale (alors
que la flèche restemoyenne).
Ceci
correspond
autype
d’essai 6. Il ne semble pas y avoir d’effetsystématique
dû au caisson. Certains des 14 essais sont assez
dispersés
sans être réellement trèséloignés (à l’exception peut-être
de l’essai1, qui présente
de fortes flècheset
pressions,
et des essais 7 et 9 caractérisés par de faiblesvaleurs).
En cequi
concerne les
matériaux,
le mastic traditionnel est caractérisé par despressions
fortes
(et
des flècheslégèrement supérieures
à lamoyenne) ;
lerhodorcyl (silicone)
est caractérisé par des flèches
supérieures
à la moyenne, et le M50(butyl)
par des flèches inférieures à la moyenne.Pour
interpréter
la localisation despoints
moyens desprincipaux
facteurs(matériaux, types
dematériaux, types
devieillissement),
il est commode de lesreprésenter
dans leplan «flèche-pression»
à l’aide des valeurs-tests(figures
4et
5).
Lespoints «significatifs»
sont hors du«carré» marqué
sur lafigure
auxcoordonnées
égales
à +2 ou -2.Le Mastic Traditionnel est assez nettement caractérisé par une
pression
élevée. Les Silicones sont caractérisés par une flèche forte à cause du
Rhodorcyl.
Les
Butyls
sont assez bien caractérisés par despressions
et flèches faibles par lejeu
des
caractéristiques
concourantes desquatre composantes :
le M50 et le M50 dilué ont une flèche faible et le M50 unepression légèrement
inférieure à la moyenne ; leSeurabutyl
et leSeurabutyl
dilué ont unepression
assez faible et une flèchelégèrement
inférieure à la moyenne. Enfin lesAcryliques
sont mal caractérisés du fait descaractéristiques divergentes
des troiscomposantes
sur la flèche et de la faible caractérisation par unepression légèrement
inférieure à la moyenne.En ce
qui
concerne lestypes
devieillissement,
letype
6 est constitué des essais 12 et13, qui
sont les seuls essais effectués avec des verres doubles. Ils sontcaractérisés,
comme on l’a vu, par des fortespressions.
Letype
2 est constitué des37
APPLICATION Á L’ÉTUDE DES MASTICS DANS LA FABRICATION DES VITRAUX TABLEAU 3
Analyse
des localisationsessais 5 et
6,
tous deux caractérisés par une flèche un peu forte. Lestypes 3, 4,
5et 7 sont constitués chacun d’un seul essai. Le
type
1 est constitué de 6 essais auxcaractéristiques
assezdivergentes;
enparticulier opposition
de l’essai 1(flèche
etpression fortes)
et de l’essai 7(flèche
etpression faibles).
En fait les essais de
type 1, correspondant
aux conditionsambiantes,
couvrent uniformement le domaine des variations des flèches et despressions.
Tous les types de matériaux ont été utilisés dans les essais dutype
1. Pour les autresessais,
lesTABLEAU 3 (suite)
Analyse
des localisations(les types de matériaux sont
définis
dans le tableau 1)observations sont en
général plus localisées,
cequi
est àrapprocher
du faitqu’ils
nemettent pas en
jeu
tous lestypes
de matériaux. Il estprobable
que les observations obtenues résultent des effets combinés destypes
de vieillissement et des matériauxutilisés,
sansqu’il
soitpossible d’expliciter
encore cette combinaison.3.
Comparaison
avecl’analyse
de la varianceAfin d’effectuer des
comparaisons
avec les indications données par le critère desvaleurs-tests,
on a effectué desanalyses
de la variance. On aappliqué l’analyse
39
APPLICATION Á L’ÉTUDE DES MASTICS DANS LA FABRICATION DES VITRAUX
FIGURE 4
Plan des valeurs-tests pour les matériaux
de la variance sur le tableau des
points
moyensplutôt
que sur le tableau des 1680 observations(30
mesures de la flèche et de lapression
pour chacun des 56panneaux)
car les mesures surchaque
panneau ne sont pas desrépétitions
faitespour étudier les
dispersions
des observations. Aucontraire,
àchaque
nouvelleFIGURE 5
Plan des valeurs-tests pour les essais
observation on voit varier
systématiquement
lapression correspondant
à une flèchedifférente.
Utilisant le modèle le
plus simple,
on a retenu les seuls facteursqui
se sontdéjà
révélés lesplus importants
et dont on a vuqu’ils
«contiennent» les autres :41
APPLICATION Á L’ÉTUDE DES MASTICS DANS LA FABRICATION DES VITRAUX
les
types
d’essais et lestypes
de matériaux. On écrit un modèle des effets sur la flèched’abord, puis
sur lapression.
L’analyse
de la variance donne des indicationsanalogues
à cellesqui
sontfournies par les valeurs-tests : ce sont les mêmes éléments
qui paraissent
avoirdes effets
significatifs.
Il fautsignaler qu’en
utilisant lesvaleurs-tests,
on se trouve dans un contextenon-paramétrique
et on évite donc d’avoir à fairel’hypothèse
de«normalité» du vecteur résiduel nécessaire dans le cadre
classique
del’analyse
devariance.
A titre
d’exemple,
on donne dans les tableaux 4 et 4-suite les résultats del’analyse
de la variance effectuée sur le tableau des 56 observations classées ici selon les deux critères lesplus importants :
lestypes
d’essais et les matériaux.TABLEAU 4
Analyse
de variance pour laflèche
flèche
= types d’essai + matériaux + constanteTABLEAU 4 (suite)
Analyse
de variance pour laflèche flèche
= types d’essai + matériaux + constante4. Conclusions
Les tests effectués par simulation sur les observations réalisées en
doublons, répliques
etreprises
nous assurentqu’il
y a un effetsignificatif
des facteurs contrôlés au cours del’expérimentation.
Construits sur la notionsimple
et intuitivede distance entre
points,
ils sont bienadaptés
auproblème
et deplus
sont non-paramètriques.
Pour
apprécier
l’effetséparé
des facteurscontrôlés,
le critère trèssimple
des valeurs-tests permet de
pointer rapidement
les éléments influents et décrit simultanément la force et le sens de cette influence.43
APPLICATION Á L’ÉTUDE DES MASTICS DANS LA FABRICATION DES VITRAUX
Lorsque l’analyse
met enjeu
comme ici deux variablesjouant
le mêmerôle,
on notera
qu’une représentation
comme celle dela figure 5 permet d’apprécier
aupremier
coup d’oeil la force et la nature des facteurs influant surchaque paramètre.
Les effets des interactions sont
figurables
de la mêmefaçon
que les effets directs.Il faut noter que
chaque point correspond
à l’effet du facteur seul(et
non en cohabitation avec d’autres facteurs comme dans un modèle
d’analyse
dela
variance).
Tester les effets concommitants nécessitetoujours
d’introduire deshypothèses
sur leseffets, l’hypothèse
traditionnelle laplus simple
enanalyse
devariance étant l’additivité des effets.
On terminera cette note sur une remarque concernant le
dispositif expérimen-
tal. On
peut
supposer que la variation depression
est due à des défauts d’étanchéité.Suivant le panneau, et
peut
être en fonction du masticutilisé,
des fissurespeuvent
se créer au cours de
l’expérience (qui
dure 4 moisenviron).
Aucontraire,
des déformationspeuvent
obturer certaines défauts d’étanchéité. Lapression
devraiten fait être
contrôlée,
constante et la même pour tous les panneaux soumis auxépreuves.
Undispositif expérimental
« idéal » devrait assurer unepression indépen-
dante de l’état du panneau
(la pression
du vent sur un vitrail réel n’est pas fonction du panneau surlequel
ils’exerce).
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des Données etl’Informatique
del’INRIA,
Versailles.
SINGER B.