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Cancer du sein : voir et guérir

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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La revue pour l’histoire du CNRS 

24 | 2009

Soixante-dixième anniversaire du CNRS

Cancer du sein : voir et guérir

Stéphanie Pitre

Édition électronique

URL : https://journals.openedition.org/histoire-cnrs/9088 DOI : 10.4000/histoire-cnrs.9088

ISSN : 1955-2408 Éditeur

CNRS Éditions Édition imprimée

Date de publication : 5 octobre 2009 ISSN : 1298-9800

Référence électronique

Stéphanie Pitre, « Cancer du sein : voir et guérir », La revue pour l’histoire du CNRS [En ligne], 24 | 2009, mis en ligne le 05 octobre 2009, consulté le 20 mai 2021. URL : http://journals.openedition.org/

histoire-cnrs/9088 ; DOI : https://doi.org/10.4000/histoire-cnrs.9088 Ce document a été généré automatiquement le 20 mai 2021.

Comité pour l’histoire du CNRS

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Cancer du sein : voir et guérir

Stéphanie Pitre

1 C’est à l’occasion d’un stage au Bureau national de métrologie en basse température, que des physiciens font découvrir à Stéphanie Pitre1 le domaine de l’instrumentation et suscitent chez la jeune étudiante un vif intérêt. Arrivée en maîtrise, elle choisit des options qui lui permettront d’étudier l’interface entre la médecine, la physique et la biologie. En 1998, la notion d’interdisciplinarité était encore très peu développée dans les cursus universitaires. Aussi, construit-elle son propre cursus et opte pour un DEA intitulé Champs particules et matières.

2 En 1999, une équipe d’Orsay l’accueille en thèse pour développer le second prototype2 d’une mini-caméra (POCI) avec un champ de vue de 40 mm. Il en existait déjà un au laboratoire. Aussitôt son doctorat en poche en 2002, S. Pitre réussit le concours d’entrée au CNRS en 2003 : « Je pense que j’avais avant tout envie d’être chercheuse plus que d’entrer au CNRS et n’avais pas réellement conscience de l’institution. Aujourd’hui, ma vision a bien sûr changé. Il suffit de discuter avec nos collègues étrangers qui nous envient notre système de recherche car nous sommes un des rares pays où nous pouvons faire essentiellement de la recherche en choisissant ou non d’enseigner. C’est d’ailleurs important car les étudiants se retrouvent avec des interlocuteurs qui ont fait ce choix », dit-elle. Cette structure d’accueil lui convient parfaitement et répond à ses besoins de formation en informatique, en langues... « Nous disposons d’un vrai confort pour ne nous concentrer que sur nos recherches car nous sommes entourés par du personnel qualifié garantissant la gestion administrative, financière des projets et notre quotidien », souligne-t-elle.

3 S. Pitre s’est lancée dans ce domaine de recherche car son sujet de thèse mettait en parfaite adéquation ses envies d’instrumentation et son intérêt prononcé pour le monde médical. « Pour développer l’imagerie de POCI, j’ai utilisé l’imagerie de physique nucléaire. En mêlant toujours recherche fondamentale et appliquée, j’ai pu côtoyer l’univers de l’instrumentation avec les physiciens et l’univers médical avec les cliniciens, deux univers très enrichissants aussi bien sur le plan humain qu’intellectuel », s’enthousiasme-t-elle. Pour que POCI soit évaluée cliniquement, il fallait un protocole d’étude inscrit dans le cadre d’un programme hospitalier de la recherche clinique et pris en charge par l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP). Tel un VRP, S. Pitre a démarché plusieurs

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hôpitaux de l’APHP avant d’obtenir le protocole. Il devait être validé par un Comité d’éthique et le détecteur devait répondre aux normes médicales spécifiées par l’AFSSAPS3 et à la loi Huriet du 25 juillet 1994. Sa persévérance a payé et les essais cliniques sur 200 patientes réalisés de janvier 2006 à fin février 2008 se sont révélés plutôt concluants. En parallèle, elle a initié un projet de développement d’un nouveau détecteur, suite logique de POCI, et élaboré sur une nouvelle technologie pour faciliter un transfert industriel.

4 Aujourd’hui jeune maman, S. Pitre s’interroge parfois sur l’évolution de son travail.

Sera-t-elle capable, comme beaucoup d’autres femmes, de mener de front une carrière professionnelle et une vie privée bien remplies ? Pour autant, elle n’a pas rencontré de difficultés majeures du fait de sa condition de femme et n’a pas encore croisé le

« plafond de verre » dont on parle souvent au CNRS. Pour l’heure, elle s’active à

« former des thésards en leur donnant une belle vision de la recherche en équipe. Je sais que je ne vais pas sauver des vies, mais si je peux contribuer même ne serait-ce qu’un peu à l’avancée de la recherche médicale, je serai très contente. J’ai de la motivation à revendre et la persévérance est mon moteur », résume- t-elle en riant.

5 Localisation des ganglions sentinelles avec la sonde POCI (Per Opérative Compact Imager), caméra miniature haute résolution comportant un dispositif détectant les rayons gamma et utilisable en bloc opératoire. Ce dispositif d’imagerie médicale permet de cibler des lésions tumorales préalablement marquées de manière radioactive. C’est une des nouvelles méthodes diagnostiques et thérapeutiques testées sur des patientes présentant un cancer du sein. © CNRS Photothèque/Hubert Raguet

NOTES

1. Stéphanie Pitre a été récompensée par de nombreux prix et distinctions, notamment le trophée Femmes en or 2008 dans la catégorie « recherche et innovation », ainsi que le prix des ingénieurs de l’année dans la catégorie «Début prometteur », décerné par le mensuel Usine Nouvelle en 2007.

2. La première thèse d’instrumentation avait été réalisée par Laurent Ménard avec un premier POCI dont le champ de vision était de 25 mm.

3. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.

RÉSUMÉS

Spécialiste de physique nucléaire et de physique des particules, Stéphanie Pitre explique comment elle a peu à peu orienté sa carrière vers l’instrumentation médicale.

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AUTEUR

STÉPHANIE PITRE

Stéphanie Pitre est physicienne au Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse.

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