S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
C LAUDE C HEVALLEY
Le théorème fondamental de la multiplication complexe
Séminaire N. Bourbaki, 1958, exp. n
o138, p. 19-31
<
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19
LE
THÉORÈME
FONDAMENTAL DE LA MULTIPLICATIONCOMPLEXE.
EICHLER
par Claude CHEVALLEY
Séminaire
BOURBAKI(Décembre 1956)
1. L’invariant j . Correspondances
modulaires.Soit E le
demi-plan supérieur ;
le groupe modulaire~’ opère dans E ,
ety dé-
finit par suite une relationd’équivalence
R(la
relation~’)
est : ilexiste un.
ser
tels. ~ ). Soit Q = E/R ; appelons holomorphes
cellesdes
fonctions g
surQ
à valeurscomplexes qui possèdent
lapropriété
suivante :f
étant l’application canonique
de E surQ, g
o f est une fonction holomor-phe
surE ;
les fonctionsholomorphes
surQ
sont doncdétemminées
par les fonctionsholomorphes
sur Equi
sont invariantes parF .
Nous admettrons les faits suivants : il existe une fonctionholomorphe j
qurQ qui
est une bi-jection
deQ
sur leplan complexe,
et toute fonctionholomorphe sur Q
se metsous la forme d’une fonction
entière
admet undévelop-
pement
de Fourier de la formeoù les
c v
sont des nombres rationnels dont lesdénominateurs
ne font intervenirqu’un
nombre fini de nombrespremiers (dits
dans la suiteexceptionnels ) :
on aSi
n est unentier > 0 ~
nousdésignerons
parn l’ensemble
dessubstitutions a ~ b ~ c ~ d
sont des entiers et ad - bc = n . Il y a un nombre finid’éléments
si (1
~i r)
der n
telsque r; = Si x E. E/R , l’ensemble S(x)
des
f(s t, ) ~
pour et’~ (x) ,
est fini.Introduisons
uneindéterminée
X et posons
ce
polynôme
en X à coefficients fonctionsholomorphes
sur E nedépend
pas du choix desreprésentants si ;
ses coefficients sont invariantspar ~ .
Onpeut
doncécrire
où les sont des fonctions
entières :
on aoù la
première
sommation estétendue
auxensembles,
et la seconde aux suites de k entiers distincts... , ik
entre 1 et r.THEOREME
1. - Les Hn;k
sont despolynômes
àcoefficients
rationnels :les dénominateurs
de cescoefficients
ne font intervenir que des nombrespremiers exceptionnels.
Soit Eo l’ensemble
des 03C4 tels quez 1/2,
Ln03C4>~ ;
si ë est assezpetit,
on af(Eo) = E/R .
On saitqu’on peut prendre
commereprésentants s
les substitutions
holographiques ~
-~w~(u~
+v) ,
où u ~ v , w sont desentiers 0 ,
uw = n et0
v w . Dans cesconditions,
si tend versl’infini
danss~ garde
unepartie réelle bornée,
et sapartie imagi-
naire vaut u
Or,
si taugmente indéfiniment
engardant
unepairie réelle
estasymptotique
àe-2i03C0 ;
on conclut alorsimmédiatement
des
expressions (1)
queH(z)
resteborné
par unepuissance
dejzj quand jzt l
augmente indéfiniment,
cequi
montre que est unpolynôme.
Nous allons utiliser la secondeexpression (1)
pour montrer que les coefficients deH n,
sont rationnels.
Supposons
que s, soit la substitution~w-1i(ui
+v.) ;
°nous ferons d’abord la sommation
par rapport
aux suites(i1 , .... i )
pourlesquelles w~ ~
... ,w,
ont des valeursdonnées
a. ,
... ,a (d ’ où uiq =na-1q).
Cette sommepartielle s’écrit
où la seconde sommation est
étendue
aux suites~b1 ~ ... ~ b )
d’entiersvéri-
fiant les conditions suivantes : on a 0 ~ b q a q et
b ~
qb .
q si .a q =a , ; q
la
première
sommation estétendue
à toutes les suites(~~...~~.)
de kentiers - 1 ,
etP() = 03A3kq=1 na Vq .
Or le nombreest un nombre
rationnel ;
eneffet,
si h est un entierpremier
àn ~ l’applica-
tion
qui,
à toute suite... ~ b~)
faitcorrespondre
la suite(b’1 ,
... ,b’k) ,
oùb’q
estle
reste de la division dehb q
parn , permute
entre elles les suites satisfaisant aux conditions
imposées,
cequi
montre que lenombre en
question
est invariant par lesautomorphismes
du corpsengendré
pare zi 9~n~1 .
On en conclut que admet undéveloppement
de Fourier ds la forme_u _ ..~ _,
où m est un entier ~ 0 et où les sont des nombres rationnels : comme
H n,k
est unpolyn8me,
on sait d’ailleurs quedv = 0
si(mod n). Utilisons
maintenant la
première expression (1)
deH k(j(~)) ;
on voit alors que lesd» s’expriment
commepolyn8mes
en lesc~ à
coefficients entiers dans le corps Zengendré
p are
. sidonc
p est un nombrep remier
nonexceptionnel,
etsi p
est unidéal premier
de Z au-dessus de p , lesd y
sont entiers pour~
dans le corps Z : comme ce sont des nombresrationnels,
leursdénominateurs
ne sont pas divisibles par p. Le
théorème
1 sedéduit facilement
delà.
On
peut
doncécrire Fn (X ; ~ ) ~ ~ Fn tX ~ ~ ( ~ ) ) ~
oùFn
est unpolyn8me
en2 lettres à coefficients
rationnels,
lesdénominateurs
de ces coefficients nefaisant intervenir que les nombres
premiers execptionnels.
, ~
THEOREME 2. - Soit p un nombre
premier
nonexceptionnel 3
. on a alorsSoit , l’unique idéal premier
du corps Zengendré
parqui divise p ;
siA ~
A’ sont deux fonctionsholomorphes
sur Equi peuvent
sedévelopper
enséries
de Fourier en àcoefficients ?-entiers
dansZ ~
nousécrirons (mod ~)
si les coefficients de A~ -A sont divisiblespar xy (ou, plus exactement,
par l’idéalpremier
maximal de l’anneau deséléments
~-entiers).
On sait que 1appartient à ~ ;
si donc s est lasubstitution ~
-+w"~(u
~v) (avec
uw =p ~ 0 ~
v.w) ~
on aj(s~) ~ j(w" (mod ~) .
On a ici r = p +1 ; utilisant
lesmunies
notationsque dans la
démonstration
duthéorème 1,
nous supposerons queu
=1 . w
=P , v~
= 1 -1 ,
si1 ~ i ~p ~ u~
=p , ~
=1 , v~
= 0 . Soit ~- un ensemble~ i~ ~
... ,i~
de k entiersdistincts
entre 1 et p +1 ~
si cet ensemble contientp ~ 1 ,
ona j(s~ ~ ) ~. j(s~ (j(p~ ~ ))~ j(p ~) ;
dansle cas
contraire,
on afiJ )
...) ~ (j(p-1 ))k .
Le nombredes 03C3 qui contiennent
p + 1 est lecoefficient binomial (p k-1) , qui
estdivisible
parP si nombre des
03C3 qui
ne contient pas p + 1 est(p k) , qui
est
divisible
par p si0 ,
p. Parailleurs,
on a en vertu dupremier théorème
deFerwat, j (p ~C) ~(j~))P , (j(p"~ ))~E j(~) .
Il vient doncd’.ù le
résultat.
Les
polynSmes Fn définissent
descorrespondances
sur la droiteprojective,
qu’on appelle
lescorrespondances
modulaires. Il est clair queX) =
0si n est
carré ;
parcontre~
si n n’est pas uncarrée
on aF n (X ~ X) ~ 0 .
les
notationsétant
lesmêmes
queplus haut,
il suffit de montrer que sis ~ r ~
la
fonction j() - j(s )
n’est pasidentiquement
nulla..Or, si 03C4 est
tel quen
tel que
ser et
comme n n’est pas un
carré,
s nepeut être l’identité ;
commer
est n’aqu’un
ens embledénombrable
dezéros
dans E . 2.Classes d’isomorphismes.
Nous désignerons
dans cequi
suit par K un corpsimaginaire quadratique,
par o un sous-anneau des entiers de K admettant K comme corps desfractions,
parNh l’algèbre
des matrices dedegré
2 à coefficientsrationnels,
par~r
l’anneaudes
matrices de ~iqui
sont à coefficients entiers.Pour tout
élément inversible «
de nous
désignerons
parS(o~)
lasubstitution homographique
03C4
~ (a 03C4
+ +d )-i ,
THEOREME 3. - Soit 03C6
unisomorphisme
de K sur un sous-corps del’ensemble
deséléments ~
0de
K . Il existe alors un nombre ~ et un seul dudemi-plan supérieur est invariant par
toutes lesopérations S( 03C6(x)) ,
x E
K* ; ~ (K~)
est l’ensemble deséléments inversibles.
o~de ~
telss oit
laissé
fixe parS ( oc j .
Soit x
ungénérateur
du corps K : lepolynôme caractéristique
de~(xo) qui
est de
degré 2,
estégal
aupolynôme
minimal dexO;
ses racines sont doncimaginaires,
cequi
montre que lespoints
fixes deS(
sontimaginaires J S(
a donc unpoint
fixe et un seul dans ledemi-plan supérieur, soit 1; .
Si
a est unélément
inversible dedonné
par(2),
une conditionnécessaire
et suffisante pour queS ( o~ )
laisse 1:1 fixe est que l’on ait +(d - a) ~ -
b = 0.L’ensemble
des matrices dont les coefficients satisfont à cette relation est unsous-espace vectoriel de dimension
2,
soitV ,
de;fit . Comme {1 , xo}
estune base de
K ~
on a~(K*) cV ;
comme est un espace vectoriel de dimension2,
on af (K)
= V .Le nombre ~
duthéorème 3
seradésigné par t ( f) .
Si
p( est unélément
inversible nousdésignerons
par~’( o~ j
l’automor-phisme intérieur
u -~ de3tt . Si
det0 ~ l’ opération S(o()
transfor~me le
demi-plan supérieur
enlui-même :
on a donc alors :La relation "il existe
un ~ ~ tel
quedet ~ =
1 etf’= J( E ) 0 ’f n
est unerelation
d’équivalence
entreisomorphismes 03C6
etK
sur des sous-corps de3M w
Nousappellerons
classesd’isomorphismes
les classes relativement à cette relationd’équivalence. Soit 03A6
une classed’équivalence ;
les nombres03C4(03C6)
pour tous sont
transformés
les uns des autres par lesopérations
Bdu groupe modulaire
f ;
lesnombres j( ~ (
pour tous sont doncégaux J
nousdé si gnerons
leur valeur commun6par j ( ~ ) ; j(~) s’appelle
l’invariant de la
classe ~ .
Soit 03C3 l’automorphisme
distinct dol’identité
du corps K : pour tout isomor-phisme f
de K sur un sous-corps de nousdésignerons par l’isomorphisme 03C6
o 03C3 .Si 4f
est une classed ’ isomorphismes,
lesisomorphismes pour 03C6 ~ 03A6
forpent évidemment
uneclasse,
que nousdésignerons par $ ~
LEMME 1. -
Soient $’
deux cassesd’isomorphismes
de K sur des sous-corps de
pour que l’onait j($)=j($’) ,
il f aut e t il suffit que l’onait
ou bienb’=:B
ou bien~’==~ .
Soient 03C6
etreprésentations
de03A6 et 03A6 respectivement.
Si~’=~ (resp. ~ ‘- ~ } ~
onpeut prendre ’ ~ ~ (resp. ~’= j~) ; dans
lesdeux cas, on a
c~’ (K} ~
d’où ilrésulte
que~) ==r(~’) , j(~) ~= j(~) .
.Supposons réciproquement que j (~) = j
AlorsZ’(t~")
esttransformé
de par uneopération
du groupemodulaire,
donc par uneopération
S(~} ~
oùt
est unélément
dedéterminant
1 de(9 . Remplaçant 03C6
parJ (f) o 03C6 ,
onpeut
supposer que’~(c~‘) ;
ilrésulte
alors duthéorème 3
quedonc que s est un
automorphisme
deK,
cequi achève
ladémonstration
du lemme.On observera que,
si 03C6
est unisomorphisme
de K sur un sous-corps de3M
et x un
élément
de K tel quelf(x)
E~~
, on a encore pour toutc~ ~
de la classe de(~ .
.Nous désignerons
par~
l’ensemble desclasses
d’isomorphismes
telles que lacondition 03C6~03A6 entraîne 03C6(O)
CO.
Soient §
unélément
de.~ ~ c~
unreprésentant
de laclasse ~
et Oc unidéal
de 0 .L’ensemble 03C6(03B1) engendre
unidéal
àgauche 03C6(03B1)
dans.
Or,
on sait que lesidéaux
àgauche
def.9
sontprincipaux
3 deplus, (~
contientun
élément
inversible dedéterminant -1 ;
il y a donc unélément (~
tel que03C6(03B1) = O03B1
et det03B1 0 ;
commeM03C6(03B1) = 3M ,
oc est inversibledans
et on a det o( >0 ;
ex estdéterminé
à lamultiplication
àgauche près
par unélément
dedéterminant
1 de Posonst~’ ~
J(a}
oc~ :
on a alors~’ ( ~ }
C19 ;
en
effet,
est 11 ensemble des vtels
que03C6(03B1)v = 03B1v ~ O;
or ,
cet ensemble contient03C6(O) , puisque 03C6(03B1) 03C6(O) = 03C6(03B1) .
Unefois 03C6 et 03B1 donnés, c~’
1 n’est pasentièrement déterminé,
mais sa classe l’est : eneffet,
si onremplace
ce oùdet ~
=1 ~ Cf’
estremplacé
parJ (~}
o’ .
De
plus, pour 0~ donné,
la classe det~’
nedépend
que Posons eneffet,
fl = J(él) 03C6 où ~1 ~ O , det ~1 = 1 ;
on on a doncÛ 1 ((~)
=Ucc
or on aJ (a. çl)
o =~’ ,
cequi démontre
notreassertion.
Nousdésignerons
la classe deCf’
par8 ( ~ ) . ~ .
Il est clair que
0(a). ~ _ e(a;}..
LEMME 2 . - On a
0 ( 4é à # .
En
effet, soit ~
unreprésentant
de laclasse & .
Si on avaitA~cx).~ _ ~
il y aurait un
élément
inversible o~ de~’1
tel quer (x)
= pourx E
K ;
or c’estimpossible,
car il est bien connu que lesreprésentations ~
et 03C6
del’algèbre
K sontinéquivalentes.
THEOREME 4. -
Soient Ç
unélément de A et
03B1 unidéal
de Q ; u(avec
u E0 ( ~, ) , ~ _
supposons maintenant quel’ o- n ait
03C6 ( Q ) _ 03C6(K)~
sialors
siA( =03A6 ,
03B1 estengendré
par unélément
de p .Soit ~
unélément de § ,
Si a = 0u ~
u Eo ~
on atx)
= c~~(u) ~
det 03C6 (u) .>
0 . Comme commute avec leséléments
de03C6(K) ,
il enrésulte
que
0 (~ ). ~ _ ~ , Supposons
maintenant que l’on et que03B8(03B1). 03A6 = 03A6 .
Soit oC unélément de
telque Q
= 03B1, det 03B1 > 0 . Il existe parhypothèse
unélément
E tel que = 1 etJ
( F ) o 03C6
= J( 03B1)
o. Remplaçant
apar ~-1
03B1 , onpeut
supposer que l’on aJ(a ) o ~ - ~ .
Celasignifie
que oc commute avec tous leséléments
decomme est une
sous-algèbre
commutative maximale de~ ~
on a aE~(K) ;
avec u E
K ,
d’où et par suite uE o ;
on a =
C~ ~ .
Nous allons endéduire
quece
= Ou .Si
x E on a~ (x ) _ ~1 ~ (u )
avec1 E ~;
il enrésulte
que vE 4 ~
et x = vu ; on a donc
b u ,
oùb
est unidéal
de0 ;
on a03C6 ( b ) _ O .
Posons
O’ = f ( ~ ) ~ b = ~ ( ~3 j ;
alors, m est uno’
-modulefini ;
soit -.=
’ 03B61
+ , , , + avec03B61
=1 .
On a parhypothèse
des relations de laforme 03B6i = 03A3rj=1 b’ij 03B6j’ ~’
; la matrice et lamatrice
unité
dedegré
r ; on a doncdat(I - B) . ’~ i
= 0(1
~i ~ r j ~ et,
enparticulier, det(I - B.)
= 0 . Mais il est clair quedet(I - B)
estun élément
de a’
qui
est ~ 1(mod b’) ;
on a donc1 ~ ,
d’oùSoit 0
o l’anneau des entiers de K.
Alors 0
o
possède
une base sur Zde la forme
(1 , ô) ;
il enrésulte
tout de suitequ’il
existe un entier f > 0 et un seul tel que( 1 , fx)
soit une base de o ;l’idéal f i f
p 0s’appelle
le conducteur de O ; c’ est l’ensemble des x
o tels que x
po
G p , Eneffet,
il est clair que
D ;
soitréciproquement
x = a +bxo
tel xQo
scomme x E on a b ~ 0
(mod f) ,
d’où bx E f’ et a oo C o ,
.d 1 oùaxo ~
a et a ~ 0(mod f) .
Si p est un nombrepremier,
nousdésignerons
parZ l’anneau
des nombres rationnels dont losdénominateurs
ne sont pas divisibles par p : il est bien connu que Z[Do]
est un anneau àidéaux principaux, Si
p ne divise pasf ,
onZ , d’où Z [o
= Z[Q] .
Nous poserons-w
0 = Z [0 ~ ~ ~a )
est unidéal (resp. (0) ,
~
(resp.
O est l’intersection desidéaux 0:
4(resp.
~,~~ ) ) qu’il engendre
p o op
dans les divers anneaux d p
(resp. (4 ~ )
si tx(resp,
estpremier
op O 1
on
peut
dans l’assertionprécédente
se limiter aux nombrespremiers
pqui
nedivisent pas f. Il en
résulte
que,si ce
est unidéal
de 0premier
àf ,
etOE o
l’idéal de O
o
qu’il engendre,
on demême,
si est unidéal
de ~po
premier
à estl’idéal engendré
parSi
ce est unidéal
de apremier
àf ,
nousappellerons
norme de et la norme del’idéal
~x~ qU’il engendre
dansp o ~
c’ est un entierpremier
à f . Si pest un nombre
premier
ne divisant pasf ~
la contribution dep
àpeut
se calculer conne suit :03B1op
est unidéal principal a Op ,
etN.
est lacontribution de p au nombre rationnel
N(a) . Si 03C6
est unisomorphisme quelconque
de K sur un sous-corps de
N(a)
estégal
à~ta~ , Supposons
que(~ ( ~ ) ~ (~ ~
etsoit ~ ~ ( j)
=C~ ~~ det
o( >0 ;
soitC~
pl’anneau
engendré
par Z utilisant lesmêmes
notations queciooodessus,
a= C~ o~ ;
il en~p P P
résulte
que Np ~C~~
est aussi la contribution de p à det oC. Parailleurs,
si p divisef ,
on aOp 03B1 = Op ,
et det ol estpremier
à p.Puisque det 03B1 > 0 ,
on a
N(03B1)
= det 03B1 .THÉOREME 5. - Soit §
une classeappartenant
à, et soit
03B1 unidéal
de ppremier
au conducteurf ; si
n =on a Fn(~ (9~~ ).~ ) ~ j ( ~) )
= 0 .Soit ~
unreprésentant
de laclasse ~ ;
posons ’~ _’~ ( ~ ) .
Soit oc unélé-
ment tel que det oC
? 0 ~ ~ ~( ~t ~ _
et soit~’
=J ( ~ ) o ~ ; ~
‘appartient
donc à la c las se Parailleurs,
on a’~ ( ~’ )
=(formule (3 ) ) ;
comme det a = n ~S ( oc ) appartient
àrn
et estpar suite divisible par X - J
(S ~ ~c ),’~ ) ~
cequi démontre
le ’théorème 5.
COROLLAIRE. - Pour toute classe
03A6 d’isomorphismesde
K sur des sous-corpsde ( )
est un nombrealgébrique
Soit 03C6
unreprésentant
et soit o l’anneau des x e K tels que~(x)~ ~ ;
il admet K comme corps des fractions.Soit
f~o sonconducteur J
ilrésulte
duthéorème
de laprogression arithmétique qu’il
y a uneinfinité d’idéaux
premiers
dupremier degré
de}’anneau o
des entiers de Kqui
sontreprésentés
par des nombres » 1(mod
f0 ) . Soient po
l’un de cesidéaux premiers, po = o x ,
avec x ~ 1(mod
fao) ,
p 16 nombrepremier
divisible par
~ 4 x ;
on a p =N( ~ )
et9 (,~ ) . ~ ~ ~ .
Il enrésulte
que FP ( j 0 ( ~’) ~ j ( ~ ) ) = 0 0 ;
or Fp (X ~ X)
est unpolynôme 1:
0 à coeffi- cients rationnels(cf.
n°1).
La
même démonstration
montre que l’ensembledes j ( ci) ,
pour~E fi,
estfini,
et par suite
(en
vertu du lemme1)
est fini.3. Démonstration
duthéorème
fondamental.Nous
emploierons
lesmêmes
notations queci-dessus 3
ondésignera
notammentpar O
o l’anneau des entiers de K et par f le nombre entier + 0 tel que le conducteur de 0 soit f
Oo .
Si L est un corps de nombres
algébriques,
ondésignera
parE(L)
l’anneau desentiers de L : si p est un nombre
premier,
ondésignera
parE p (L)
l’anneauengendré
par Z et parE(L) . Rappelons qu’un idéal premier ~J
deE(L)
estdit
être
dupremier degré
si toutélément
deE(L)
est congru modulo~
à un entierrationnel : si p est le nombre
premier appartenant à
les assertionssuivantes sont
équi va. lentes : .;pest
dupremier degré :
la norme(absolue) de :-?
est p ; pour
tout ~~Ep (L) ,
on a~p ~ ~ (modDEp (L) ) .
Soit
L’/L
une extension dedegré
n deL ~
etsoit 33
unidéal premier
deE(L) .
Unidéal premier D’
deE(L’)
est ditêtre
"au-dessus"de il si p
estcontenu
dans ~’ .
On dit que~ estcoDlplètement décomposé
dans L’s’il
y a nidéaux premiers
distincts deE(L’)
au-desssusde p ;
pourqu’il
en soit ainsiil faut et suffit
que,
pour toutidéal premier E(L’)
au-dessus de toutélément
de soit congru(mod J~’)
à unélément
deE(L)
etque,
deplus, ~
ne soit pasramifié
dansE(L’) (i.e.
n’est divisible par 16carré
d’ aucund’idéal premier).
Iln’ya qu’un
nombre fini d’idéauxpremier s de E (L)
qui
soient ramifiés dansE(L~) ;
siif
est un idéalpremier
dupremier degré
de
E(L)
nonramifié
dansE(L’) ~
pourqu’il
soitcomplètement décomposée
ilfaut et il suffit que tout
idéal premier
deE(L’)
au-dessus de30
soit dupremier degré.
SoitS)
unidéal premier quelconque
deL ~ . désignons
parL~
la
complétion p-adique
de L 1 pour queP
soitcomplètement décomposé
dansL’ ,
ilfaut
et suffit quel’algèbre L~
L’ soit somme directe de corpsisomorphes
à ilrésulte immédiatement
de cecritère que,
pourque p
soitcomplétement décomposé
dansL’,
il faut et suffitqu’il
le soit dans laplus petite
extension normale de L contenant L’ .La
théorie
transcendante des corps de nombresalgébriques permet d’établir que.
siL’/L
est une extension dedegré
n>-1 , il
y a uneinfinité d’idéaux premiers
du
premier degré
de Lqui
ne sont pascomplètement décomposés
dansL’ .
Indi- quonsrapidement
comment onprocède.
Lafonction ’~ ~
dusur-corps
estdonnée
r (~) ~ ~ (1 -(N(~’))~)~ ~
leproduit étantLétendu
à tous lesidéaux premiers ~’ de
L’ , Si onétend
seulementle produit
auxidéaux premiers
dupremier degré
de L’qui
ne sont pasramifiéspar rapport
àL,
onobtient
unefonction 5£, qui
nediffère
que par un facteurqui
resteholomorphe
pour s =
1 ,
or il estclair que ’5’L’(s) = (’0’(
1 -N ( ) )‘~ )~ ~
où leproduit
est ici étendu
auxIdéaux premiers
dupremier degré 3?
de Lqui
sontcomplète-
ment décomposés
dansL’ , Or, 03B6L’
a unpôle
d’ordre 1 en s =1 ;
il en est doncde
m&1e
de’~ L ~ ;
parailleurs,
lafonction ~ï ( 1’ .-~N ( )~ )r1 ~
où leproduit
est maintenant
étendu
à tous lesidéaux premiers
dupremier degré
deL ~
admetégalement
unpôle
d’ordre 1 en s = 1 : il enrésulte immédiatement qu’il
y aune
infinité d’idéaux premiers
dupfemier degré
de Lqui
ne sont pasoomplètement décomposés
dans L’ .Il
résulte
de làque,
si L’ et L" sont des extensions finies deL ~
L"étant
deplus galoisienne,
si presque tous(i.e.
tous sauf un nombrefini)
lesidéaux premiers
dupremier degré
de Lqui
aedécomposent complètement
dansL" se
décomposent complètement
dansL’ ,
on a L’ CLn J
eneffet,
dans lecas
contraire,
il y aurait uneinfinité d’idéaux premiers
dupremier degré
de Lnqui
ne sedécomposeraient
pascomplètement
dans le corpsLY engendré
par Ln etL’ ;
il y aurait donc uneinfinité
d’idéauxpremiers
dupremier degré
de Lqui
sedécomposeraient complètement
dans L" mais non dansL~ (car,
si unidéal premier
de L" est dupremier degré,
il en est demême
de tous ceuxqui
sont au-dessus dumême idéal
de L que car ils sontconjugués
de~~’
par
rapport
àL). Or,
c’estimpossible,
car ces idéauxpremiers
ne sedécomposeraient
pas
complètement
dans L’(un idéal premier 1P qui
sedécompose complètement
dans L’ et dans
L" , se décompose
aussicomplètement
dansLi puisque
et
L~ © L L~
sont tous deux des sommesdirectes
de corpsisomorphes
à
d’oh ilrésulte qu’il
en est demême
de’~
Rappelons
que deuxéléments
a, a’ t de K sont ditsêtre
congrus l’un à l’autremodulo f
si leurdifférence peut
se mettre sous la formebc 1
oùb,
c sontdes entiers tels que
b e f
et que 0 soitpremier
àf . Les idéaux principaux
fractionnaires de K
qui
sontreprésentables
par un nombre uqui
estcongru à
unentier
rationnelmodulo f
etqui
sontpremiers
àf
forment un groupemultipli-
oatif que nous
désignerons
par H. Ilrésulte
de lathéorie
du corps de classesqu’il
existe une extensionabélienne
Z de K et uneseule,
telle que lesidéaux
premiers, premiers
àf,qui
sontcomplètement décomposés
dans Z soient exactementceux
qui appartiennent à
l’ensembleH ;
Zs’appelle
le corps de classes pour le groupe H. On notera que lesidéaux premiers
de H sont les idéauxpremiers , premiers à f~qui
sontengendrés
par deséléments
de l’anneau o(o
se compose eneffet,
de deux des entiers de Kqui
sont congrus à des entiers rationnels modulo,f).
Ceciétant,
lethéorème
fondamental de lamultiplication complexe
est lesuivant 1
THEOREME
6. - Le
corps de classes Z pour le groupe Hdéfini
ci-dessus est le corpsengendré
paradjonction
à K desnombres j (~ ) ~
pour toutes lesclasses ~ d’isomorphismes
de K sur des sous-corpsde m
telles que la condition03C6
entraîne ~ ( o ) C R~ .
Soient 03B61 , ... , 03B6
m les nombres distincts de laforme j(03A6) ,
où ona donc L =
K( 03B61 , ... , 03B6m ) . Soit
A... , 03B6m];
il amême
corps des fractions que
L ~
d’où ilrésulte qu’il
y a un entier a ~ 0 tel que aA CE~L) ~ aE(L)
C.A ;
si p est un nombrepremier
ne divisant pas a ~ on a(A)
=Z[E(L)] . Soient ~
unidéal premier
deE(L)
contenant p, et soit3)
l’idéal qu’il engendre
dansE p (L)
= supposons deplus
quel’idéal
premier po
dep o
contenudans P
soit dupremier degré.
Il est alors clairque,
pour que l’on ait~p ~ ~ (mod ’)
pourtout ~~Ep(L) (i.e.
pour queg)
soit du
premier degré
il faut et suffit que cette condition soit satisfaite pour lesnombres !? == Si (1
~i -~ m) .
Leproduit
des normes absolues des nombres~ " ~ (i ~ j )
est un nombrerationnel,
dont nousdésignerons
lenumérateur
par
a’ ;
si un nombrepremier
p ne divise pasaa’ ,
aucun deséléments
~- ~. (i ~ j)
n’est contenu dans;?’.
Soit P un ensemble fini de nombrespremiers qui
contient tous les diviseurspremiers
doaa’f,
tous les nombrespremiers exeptionnels (cf.
n°1)
etqui
est tel que,si po
est unidéal premier
de
o qui
estramifié
soit dans Z soit dansL ~
le nombrepremier
contenu dans,~
o soit dans P.Soi t
unidéal premier
dupremier degré
de 0 otel que le nombre
premier
pappartenant à q/
o ne soit pas dansP ;
nousallons
montrerqu’une condition nécessaire
et suffisante pour que soitcomplètement décomposé
dans L estque po appartienne
àH ,
1.e. soit com-plètement décomposé
dans Z . Il enrésultera d’abord,
en vertu de cequi précède
que L
c.Z ,
donc que est une extensiongaloisienne,
et par suite que ZC L ; l’égalité
L = Z sera ainsiétablie.
Nousposerons p = po
on adonc
N(~?) ~
p ,et,
pour il faut et suffitque ft
soit unidéal
principal
de 0 . Nousdésignerons par ~
l’unquelconque
desidéaux premiers
deL au-dessus on a
... , 03B6m]=Ep(L) ;
nousdésignerons par p
l’idéal premier engendré par ;p
dans Nous avons à montrerqu’une
conditionnécessaire
et suffisante pour que l’oni
(mod ;D )
estque
soitun
idéal principal
de ~p .Soit ~
unélément de £ ;
nous’~’ = j (9(~ ).~ ~ .
On ad~nc
F p ( ~’~ ~ )
= 0(théorème 5).
Parailleurs,
les coefficients de F psont
~dans Z (théorème 1)
et ilrésulte
duthéorème 2
que l’on aSupposons
d’abord soit unidéal principal
de o . Ilrésulte
alors duthéorème
4 que~‘ _ ~ ;
on a Ceciétant
vrai pour-
est unidéal
dupremier degré ; po
est donc dans ce cas com-plètement décomposé
dans L .Supposons
maintenantque f
ne soit pas unidéal principal
de 0 . . Observonsalors qu’il
existe au moins unisomorphisme ~
de K sur un sous-corps de tel que~( ô )
Soit en effet( 1 ~ y)
une basede 0 ;
si x EK ,
posons x = a +
by ~ xy = c + dy ; l’application qui
faitcorrespondre
à x lamatrice a c b d
est unisomorphisme ~
de K sur un sous-corps de3!M .
Commeré ciproquement,
si a et b sont entiers d’où, x E 0 . Soit ~
la classe del’isomorphisme lf ;
elleappartient à
et ona
A{~t), ~ ~ ~?
en vertu duthéorème 4 ;
nousprendrons pour "3
l’invariant de laclasse 03A6
que l’on vient de construire. On a03B8(f).03A6 ~ 03A6 (lemme 2 ) ;il
en
résulte que 03BE’ = j(03B8( ).03A6) ~ 03BE
en vertu du lemme 1. Ilrésulte
alors de la formule(4) qu’il
estimpossible
que l’on ait à la fois’~ p ~ ~’ (mod 2?’)
et,
~‘p T’ (mod ,~1~ ) :
cela entraînerait en effet31
ce
qui
n’est paspuisque ’~~~ ~
etpuisque
p ne divise pas a’. On en conclutque 1P
n’est pas dupremier degré,
cequi achève
ladémonstration
duthéorème 6.
BIBLIOGRAPHIE