Sup
Analyse 1
5 octobre 2013
En bref
∗ Borne supérieure
∗ Axiome de la borne supérieure
∗ Applications à l’étude des limites de suites
Droite réelle achevée
Définition
R:=R∪ {−∞} ∪ {∞}=« la droite réelle achevée »
Ordre, opérations dansR
(liste non exhaustive)
∗ −∞ ≤x ≤ ∞,∀x ∈R
∗ ±∞ ∓ ∞,±∞/± ∞et 0· ±∞n’ont pas de sens (opérations « illicites »)
∗ x · ∞=
(∞, six >0
−∞, six <0
Définition
SoitA⊂R
∗ M ∈Rest unmajorantdeAsi
M ≥x, ∀x ∈A
∗ m ∈Rest unminorantdeAsi
m ≤x, ∀x ∈A
∗ Une partie A⊂Ra toujours un majorant (∞) et en a, en général, plusieurs
∗ Aestmajorées’il existe un majorantréeldeA:∃M ∈R tel queM ≥x,∀x ∈A. (Notion analogue :minorée)
∗ Par exemple, siA=]0,1[, alors 1,2,3, . . ., sont des majorants de A.]0,1[est majoré
∗ Intuitivement, 1 est un majorant spécial de cetA, au sens où il semble être le plus petit de tous les majorants possibles
Définition
SoitA⊂R
∗ M ∈Rest lesupremumou laborne supérieuredeA(et on écritM =supA) siM est le plus petit majorant de A, càd
M majorant deAet :∀M0 majorant deA,M ≤M0
∗ m ∈Rest l’infimumou laborne inférieuredeA(et on écritm =infA) simest le plus grand minorant deA, càd
m minorant deAet :∀m0 minorant deA,m≥m0
∗ Par contraposée de la définition du supA: siM =supA et siM0 <M, alorsM0 n’est pas majorant deA
∗ Càd : il existex ∈Atel quex >M0
Axiome de la borne supérieure
Toute partie non videA⊂Rpossède (exactement) une borne supérieureM =supA∈R
Si, de plusA⊂RetAest majorée, alors supAest un réel
Preuve de l’unicité.
SiM1 etM2sont des sup deA, alors :M1 majorant deA, d’oùM2 ≤M1. De même,M1 ≤M2. D’oùM1=M2
Exercice
SiA⊂Rnon vide, alors Aadmet exactement un inf. Plus précisément, infA=−sup(−A)
Solution.
SoientB :=−AetM =supB [But :−M =infA]
∗ On aM ≥b,∀b∈B, cadM ≥ −a,∀a∈A, d’où
−M ≤a,∀a∈A
∗ Sim0 ≤a,∀a∈A, alors−m0 ≥ −a,∀a∈A, càd
−m0 ≥b,∀b∈B, d’où−m0 ≥M, ou encorem0 ≤ −M
∗ Donc−M est (l’unique) infA
Exercice
SiA⊂B, alors supA≤supB
Solution.
SoitM :=supB. AlorsM majorant deB =⇒M majorant deA =⇒M ≥supA, càd supB ≥supA
Exercice
On a sup[0,1] =1
Solution.
∗ SoitM :=sup[0,1]. AlorsM ≥1 (car 1∈[0,1])
∗ Par ailleurs, 1 majorant de[0,1], d’oùM ≤1
∗ D’où sup[0,1] =1
Exercice
On a supN=∞(évident ?)
Solution.
∗ On aM :=supN≥0, d’où supN∈[0,∞]
∗ Si (par l’absurde)M <∞, alorsM−1<M
∗ D’oùM−1 n’est pas majorant de N
∗ D’où∃n∈Ntel quen>M−1
∗ D’oùn+1∈Netn+1>M
∗ DoncM =∞
∗ Au passage : siM0 <∞, alorsM0 <supN, et donc il existe n0∈Ntel quen0>M0
∗ Nous verrons plus tard que ceci implique lim
n→∞n=∞ (évident ?)
∗ On se donneε >0. En prenantM0 := 1
ε, il existen0 ∈N tel quen0> 1
ε, d’où il existen0∈Ntel que 1 n0
< ε
∗ Nous verrons plus tard que ceci implique lim
n→∞
1 n =0 (évident ?)
Limites de suites
Soient(xn)⊂Retl ∈R. Nous allons donner un sens à
n→∞lim xn=l (ouxn →l quandn→ ∞)
Définition
∗ Sil ∈R, alorsxn →l ⇐⇒ ∀ε >0,∃n0∈Ntel que
|xn−l|< ε,∀n≥n0
∗ xn → ∞ ⇐⇒ ∀M ∈R,∃n0∈Ntel quexn>M,
∀n≥n0
∗ xn → −∞ ⇐⇒ ∀M ∈R,∃n0∈Ntel quexn<M,
∀n≥n0
Remarque
L’inégalité|xn−l|< εest équivalente à
l−ε <xn<l +ε
Exercice
On a lim
n→∞n=∞
Solution.
∗ On posexn :=n
∗ SoitM ∈R. Déjà vu :∃n0∈Ntel quen0>m
∗ Alorsxn =n ≥n0 >M,∀n≥n0
∗ D’oùxn >M,∀n≥n0
Exercice
On a lim
n→∞
1 n =0
Solution.
∗ On posexn := 1 n
∗ Soitε >0. Déjà vu :∃n0∈Ntel que 1
n0
< ε
∗ Alors 0<xn= 1 n ≤ 1
n0
< ε,∀n ≥n0
∗ D’où|xn−0|< ε,∀n ≥n0
Exercice (Enlever des termes ne change pas la limite)
Si la suite(xn)n≥0 a la limitel, il en est de même pour la suite(xn)n≥k
Solution.
∗ Cas à étudier :l =−∞,l =∞,l ∈R
∗ On étudie le cas oùl ∈R
∗ Soitε >0. Soitn0tel que|xn−l|< ε,∀n≥n0
∗ Soitn1:=max(n0,k)
∗ Alors|xn−l|< ε,∀n≥k tel quen≥n1
Théorème
Une suite croissante(xn)⊂Ra comme limite sup{xn; n∈N}
Enoncé analogue pour une suite décroissante
Démonstration.
∗ SoientA:={xn; n∈N}etl :=supA. On doit mq xn →l
∗ 3 cas à distinguer :l =−∞,l =∞,l ∈R
∗ On examine le cas oùl ∈R
∗ Soitε >0. Alorsl−ε <l, d’oùl −εn’est pas majorant
deA:∃n0tqxn0 >l −ε
∗ D’oùl −ε <xn0 ≤xn ≤l,∀n ≥n0
∗ D’où|xn−l|< ε,∀n≥n0
Corollaire
Sixn %l, alorsxn ≤l,∀n Enoncé analogue sixn &l
Corollaire (Recherche du sup à l’aide des suites)
SoientA⊂RetM ∈R. Si
∗ M majorant deA
∗ ∃(xn)⊂Atqxn %M alorsM =supA
Enoncé analogue pour l’inf
Démonstration.
∗ SoientB :={xn; n∈N}etN :=supA
∗ On aM ≥N
∗ On aB ⊂A, d’où supB≤supA
∗ Or, supB = lim
n→∞xn=M, d’oùM ≤N
∗ D’oùM =N
Exemple
On a inf]0,1[=0
Solution.
∗ SoientA:=]0,1[ etxn = 1
n,n ≥2
∗ 0 est minorant de A
∗ On a(xn)n≥2⊂A,(xn)n≥2 décroissante, etxn→0
Le résultat suivant est plus général que le corollaire, et sera admis
Proposition
SoientA⊂RetM ∈R. AlorsM =supA ⇐⇒ [M majorant deAet∃(xn)⊂Atqxn→M]
Remarque
En particulier, la suite(xn)n’est pas supposée monotone
Limites et inégalités
Proposition (Les inégalités larges passent à la limite)
Sixn →l etxn ≥a,∀n, alorsl ≥a Ou encore :[xn ≥a,∀n] =⇒ lim
n→∞xn≥a Enoncé analogue pour «≤»
Mais pas pour «>» ou «<»
Plus généralement : sixn→l,yn→Letxn ≥yn, alors l ≥L
Démonstration.
Montrons par exemple le dernier résultat
∗ 9 cas à considérer, en combinant les 3 possibilités (−∞,∞et réel) pourl etL
∗ Considérons le cas où l,L∈R
∗ Par l’absurde :l <L
∗ Soitε:= L−l
2 , de sorte quel +ε =L−ε
∗ Soientn0,n1 tq|xn−l|< ε,∀n ≥n0, et|yn−L|< ε,
∀n≥n1
∗ Soitn:=max(n0,n1)
∗ Alorsxn <l +ε =L−ε <yn
Limites et opérations
Résultat provisoirement admis
Proposition (Enoncé vague)
Les limites des suites commutent avec les opérations licites
Exemple
Sixn →l etyn →L, alors(xn+yn)→l+Lsil+Lest licite Càd, sauf dans les cas exceptionnelsl+L=±∞ ∓ ∞
Exercice
Etudier le comportement de la suite(xn)n≥0 donnée par x0 ∈Ret la récurrencexn+1= (xn)2+1,∀n≥0
Solution.
∗ Monotonie ?
xn+1?xn ⇐⇒ (xn)2+1?xn ⇐⇒ (xn)2−xn+1?0
∗ On ax2−x +1>0,∀x ∈R, d’où « ? »=«>». Donc suite (strictement) croissante
∗ Soitl := lim
n→∞xn
∗ On al ≥x0, d’oùl ∈R∪ {∞}
∗ On axn+1= (xn)2+1 =⇒ l =l2+1 (tout est licite !)
∗ D’oùl =∞
∗ Conclusion :xn% ∞
Suites adjacentes
Définition
Deux suites(xn),(yn)⊂Rsont adjacentes si :
∗ xn %
∗ yn &
∗ yn−xn→0
Suites adjacentes
Théorème (des suites adjacentes)
Si(xn),(yn)sont adjacentes, alors(xn)et(yn)convergent vers la même limite (finie)
Solution.
∗ Commeyn−xn &0, on ayn−xn ≥0
∗ Soientl := lim
n→∞xn etL:= lim
n→∞yn
∗ Commexn ≥x0, nous avonsl ≥x0>−∞. De même, L<∞
∗ On obtient quel−La un sens
∗ Commeyn−xn →0, on obtientL=l ∈R
Exercice
Soitzn :=1− 1 2 +1
3 − 1
4 +. . .+ (−1)n+11
n,∀n≥1 On posexn :=z2n etyn :=z2n−1,∀n≥1
Montrer que les suites(xn)n≥1et(yn)n≥1convergent vers la même limite
Remarque
La suite(zn)n≥1 se « casse » donc en deux parties convergeant vers la même limitel ∈R
Nous verrons plus tard que ceci impliquezn→l (principe du « recollement » des morceaux)
Solution.
∗ On ayn−xn= 1 2n →0
∗ On axn+1−xn = 1
2n+1 − 1
2n+2 >0
∗ De même, yn+1−yn= 1
2n+1− 1 2n <0
Travail individuel
Exercice (Décaler une suite ne change pas la limite, et variations)
Si la suite(xn)n≥0 a la limitel, il en est de même pour la suite(xn+j)n≥0,∀j ∈N
Même conclusion pour(xkn+j)n≥0, aveck ∈N∗ etj ∈N
Travail individuel
∗ Refaire les preuves portant surM =supAetm=infA quandM =∞oum=−∞
∗ Refaire les preuves portant surl = lim
n→∞xn quand l =−∞oul =∞
∗ Approfondissement : caractérisation du sup à l’aide des suites (sans supposer la monotonie). Notes de cours, Prop. 3.3, p. 25, et Prop. 6.18, p. 49
Travail individuel
∗ Opérations avec les limites des suites. Notes de cours, Prop. 5.1–5.6, pp. 35–37
∗ Approfondissement : preuve de la Prop. 5.3, p. 36
∗ Les inégalités passent à la limite : Prop. 5.8–5.10, p. 38
∗ Unicité de la limite : la limite d’une suite, si elle existe, est unique : Exo 3.14, p. 27