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D´ ecomposition de Dunford

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Universit´ e PAUL SABATIER 2019-2020 M1 ESR - Fiche d’exercices 1

Exponentielles de matrices non diagonalisables.

Rappel de cours

D´ ecomposition de Dunford

Soient n ∈ N

, A ∈ M

n

( R ) et u l’endomorphisme de R

n

dont A est la matrice dans la base canonique. Soit χ

u

(X) = det (u − XI ) le polynˆ ome caract´ eristique de u (ici et dans la suite, on note I l’endomorphisme identit´ e et I

n

la matrice identit´ e). Il se factorise dans C sous la forme

χ

u

(X) = (−1)

n

Π

ki=1

(X − λ

i

)

ni

o` u les λ

i

sont des nombres complexes distincts.

Par le th´ eor` eme de Cayley-Hamilton,

χ

u

(u) := Π

ki=1

(u − λ

i

I )

ni

= 0.

On en d´ eduit par le lemme des noyaux

1

que

R

n

=

k

M

i=1

ker (u − λ

i

I )

ni

. (1)

On note V

i

:= ker (u −λ

i

I)

ni

le sous-espace caract´ eristique associ´ e ` a la valeur propre λ

i

. Comme u commute avec (u−λ

i

I )

ni2

, on v´ erifie que V

i

est stable par u. Dans une base (ε

1

, . . . , ε

n

) adapt´ ee

`

a la d´ ecomposition R

n

= L

k

i=1

V

i

, l’endomorphisme u a donc une repr´ esentation matricielle de la forme

∆ =

1

. ..

k

 . (2)

La matrice A est semblable ` a ∆ : A = P ∆P

−1

, o` u P est la matrice de passage de la base canonique ` a (ε

1

, . . . , ε

n

). Chaque ∆

i

est une matrice carr´ ee d’ordre s

i

:= dim V

i

qui repr´ esente u|

Vi

(dans la sous-famille des ´ el´ ements de (ε

1

, . . . , ε

n

) qui sont dans V

i

).

Puisque (λ

i

−X)

ni

est un polynˆ ome annulateur de u|

Vi

, on sait que λ

i

est la seule valeur propre de u|

Vi

et aussi de ∆

i

. Donc le polynˆ ome caract´ eristique χ

i

de ∆

i

est χ

i

(X) = (−1)

si

(X − λ

i

)

si

. Observant que χ

= Π

ki=1

χ

i

, il vient

(−1)

n

Π

ki=1

(X − λ

i

)

ni

= (−1)

Pki=1si

Π

ki=1

(X − λ

i

)

si

. Comme les λ

i

sont tous distincts, on en d´ eduit s

i

= n

i

, pour tout i = 1, . . . , k.

Puisque ((u − λ

i

I )|

Vi

)

ni

= 0, on a (∆

i

− λ

i

I

ni

)

ni

= 0. En d’autres termes, la matrice ∆

i

− λ

i

I

ni

est nilpotente d’indice un entier r

i

≤ n

i

.

Ecrivons

i

= λ

i

I

ni

+ (∆

i

− λ

i

I

ni

) Notons Π

i

la projection sur V

i

parall` element ` a l’espace L

j6=i

V

j

. La d´ ecomposition de Dunford de u est u = d + v o` u

d =

k

X

i=1

λ

i

Π

i

, v = (u − d) =

k

X

i=1

(u − λ

i

I ) ◦ Π

i

. (3)

1

Si

P1, . . . , Pk

sont des polynˆ omes premiers entre eux deux ` a deux et

P

=

P1. . . Pk

, alors Ker

P

(u) = Ker

P1

(u)

⊕ · · · ⊕

Ker

Pk

(u).

2

Dans toute la suite, il sera utile de se rappeler que deux polynˆ omes quelconques en

u

commutent.

(2)

Exercice 1 Justifier que d est un endomorphisme diagonalisable et que v est un endomorphisme nilpotent.

On peut en fait montrer que les Π

i

sont des polynˆ omes de u. C’est l’objet de l’exercice suivant.

Exercice 2 Pour tout i = 1, . . . , k, on note Q

i

(X) = Π

`6=i

(X − λ

`

)

n`

. Les Q

i

´ etant premiers dans leur ensemble, le th´ eor` eme de Bezout implique qu’il existe des polynˆ omes U

i

tels que

1 = U

1

Q

1

+ · · · + U

k

Q

k

. (4) On pose alors P

i

= U

i

Q

i

et le but de l’exercice est de montrer que Π

i

= P

i

(u).

1. Montrer que pour tout i 6= j, (P

i

P

j

)(u) = 0 et P

j

(u)|

Vi

= 0.

2. En utilisant que I = P

k

j=1

P

j

(u), montrer que P

i

(u) est un projecteur.

3. Montrer que Im P

i

(u) = V

i

.

4. Conclure que P

i

(u) est bien la projection sur V

i

parall` element ` a P

j6=i

V

j

.

L’exercice pr´ ec´ edent donne une m´ ethode effective pour calculer la d´ ecomposition de Dunford.

En effet, il suffit de d´ eterminer des polynˆ omes U

i

v´ erifiant (4) ; on en d´ eduit alors P

i

, puis Π

i

= P

i

(u) et enfin d = P

k

i=1

λ

i

Π

i

et v = P

k

i=1

(u − λ

i

I ) ◦ Π

i

. Pour cela, on peut d´ ecomposer en ´ el´ ements simples la fraction rationnelle

1 χ

u

(X) =

k

X

i=1 ni

X

`=1

a

il

(X − λ

i

)

`

. On pose U

i

= (−1)

n

P

ni

`=1

a

il

(X − λ

i

)

ni−`

. On v´ erifie alors

k

X

i=1

U

i

Q

i

= (−1)

n

k

X

i=1 ni

X

`=1

a

i`

(X − λ

i

)

ni−`

Π

j6=i

(X − λ

j

)

nj

= (−1)

n

k

X

i=1 ni

X

`=1

a

i`

1

(X − λ

i

)

`

Π

j

(X − λ

j

)

nj

= χ

u

(X)

k

X

i=1 ni

X

`=1

a

il

(X − λ

i

)

`

= 1.

Exercice 3 Calculer la d´ ecomposition de Dunford de l’endomorphisme u dont la matrice dans les bases canoniques est donn´ ee par :

A =

1 4 −2 0 6 −3

−1 4 0

On peut ´ egalement montrer que la d´ ecomposition de Dunford est unique au sens suivant : Exercice 4 L’objet de l’exercice est de montrer l’assertion suivante :

Si d

0

est un endomorphisme diagonalisable et v

0

un endomorphisme nilpotent qui commute avec d

0

, et si u = d

0

+ v

0

, alors d = d

0

et v = v

0

(les endomorphismes d et v sont ceux donn´ es par (3)).

1. En observant que d

0

et v

0

commutent avec u, montrer que chaque V

i

est stable par d

0

et par v

0

.

2. En d´ eduire que d

0

et d commutent puis que v

0

et v commutent.

3. Montrer que d − d

0

est diagonalisable et nilpotente puis conclure.

(3)

Calcul de l’exponentielle d’une matrice

On rappelle que l’exponentielle d’un endomorphisme u est donn´ ee par

exp u =

+∞

X

j=0

u

j

j! .

On d´ efinit de mani` ere analogue l’exponentielle d’une matrice carr´ ee A :

exp A =

+∞

X

j=0

A

j

j! .

Pour calculer l’exponentielle de A, on peut commencer par r´ eduire A en une matrice diagonale par blocs comme en (2) puis ´ ecrire :

A = P exp ∆P

−1

= P

exp ∆

1

. ..

exp ∆

n

 P

−1

avec pour tout i = 1, . . . , k,

exp ∆

i

= exp(λ

i

I

ni

+ (∆

i

− λ

i

I

ni

)) = exp(λ

i

I

ni

) exp(∆

i

− λ

i

I

ni

) = e

λi

exp(∆

i

− λ

i

I

ni

).

Dans la ligne pr´ ec´ edente, on a utilis´ e que les matrices λ

i

I

ni

et ∆

i

− λ

i

I

ni

commutent. En exploitant la nilpotence de ∆

i

− λ

i

I

ni

, il vient donc

exp ∆

i

= e

λi

ri−1

X

`=0

(∆

i

− λ

i

I

ni

)

`

.

On rappelle qu’on a not´ e r

i

l’indice de nilpotence de ∆

i

− λ

i

I

ni

. Lorsque n

i

≤ 3, on peut se contenter de ce qui pr´ ec` ede pour calculer exp ∆

i

. Sinon, on peut chercher ` a r´ eduire encore chaque matrice ∆

i

. Comme ∆

i

= λ

i

I

ni

+ N

i

o` u N

i

= ∆

i

− λ

i

I

ni

est une matrice nilpotente d’ordre r

i

, il suffit de r´ eduire N

i

. L’objet de la section suivante est d’expliquer comment r´ eduire une matrice nilpotente.

Exercice 5 Pour calculer l’exponentielle de A, il n’est pas n´ ecessaire de calculer la matrice de passage P ni les matrices ∆

i

. On peut aussi utiliser la m´ ethode sugg´ er´ ee ` a la suite de l’exercice 2. On rappelle que u = d + v avec d = P

k

i=1

λ

i

Π

i

, v = P

k

i=1

(u − λ

i

I ) ◦ Π

i

et Π

i

= (U

i

Q

i

)(u).

1. Justifier que

exp d =

k

X

i=1

e

λi

Π

i

.

2. Justifier que

exp v =

k

X

i=1 ri−1

X

`=0

(u − λ

i

I)

`

`!

!

◦ Π

i

.

3. En d´ eduire que

exp u =

k

X

i=1

e

λi

ri−1

X

`=0

(u − λ

i

I)

`

`!

!

◦ Π

i

Exercice 6 Calculer l’exponentielle de la matrice donn´ ee ` a l’exercice 3.

(4)

R´ eduction de Jordan des endomorphismes nilpotents Elle est fond´ ee sur l’exercice suivant :

Exercice 7 Soit v : E → E un endomorphisme nilpotent non nul sur un espace vectoriel E.

On note r ≥ 1 l’indice de nilpotente de v : Ker v

r−1

6= E et Ker v

r

= E.

1. Montrer que

{0} ( Ker v ( Ker v

2

( · · · ( Ker v

r

= E.

2. Justifier que v(Ker v

i

) ⊂ Ker v

i−1

, pour tout i = 1, . . . , r.

3. Soit x 6∈ Ker v

r−1

. Montrer que la famille {x, v(x), . . . , v

r−1

(x)} est libre.

4. Montrer que le sous-espace F = Vect(x, v(x), . . . , v

r−1

(x)) est stable par v.

5. Montrer que la matrice de l’endomophisme v|

F

dans la base (v

r−1

(x), . . . , v(x), x) est

J

r

:=

0 1 0 · · · 0 0 0 1 · · · 0 .. . . .. ... ... ...

0 · · · · · · · · · 1 0 · · · · · · · · · 0

 .

Exercice 8 Notons v un endomorphisme nilpotent d’un espace vectoriel E ; on note r son indice.

1. Soit i ∈ {2, . . . , r − 1}. Montrer que si G est en somme directe avec Ker v

i

dans Ker v

i+1

, alors v(G) est en somme directe avec Ker v

i−1

dans Ker v

i

.

2. Montrer qu’il existe des sous-espaces G

1

, . . . , G

r

dans E tels que pour tout i = 2, . . . , r, on a

Ker v

i

= G

i

⊕ v(G

i+1

) ⊕ v

2

(G

i+2

) ⊕ · · · ⊕ v

r−i

(G

r

) ⊕ Ker v

i−1

.

Indication : on pourra commencer par i = r puis proc´ eder par r´ ecurrence descendante.

3. On pose H

1

= G

1

, H

2

= G

2

⊕ v(G

2

) et plus g´ en´ eralement pour tout i ∈ {1, . . . , r}, H

i

:= G

i

⊕ v(G

i

) ⊕ · · · ⊕ v

i−1

(G

i

).

Montrer que chaque H

i

est stable par v (on pourra observer que G

i

⊂ Ker v

i

) et que E = H

1

⊕ · · · ⊕ H

r

.

4. On fixe i ∈ {2, . . . , r} et on se donne une base (a

i,1

, . . . , a

i,`i

) de G

i

. Montrer que pour tout j ∈ {1, . . . , i − 1}, (v

j

(a

i,1

), . . . , v

j

(a

i,`i

)) est une base de v

j

(G

i

). En d´ eduire qu’une base de H

i

est donn´ ee par

(v

i−1

(a

i,1

), . . . , a

i,1

; v

i−1

(a

i,2

), . . . , a

i,2

; . . . , v

i−1

(a

i,`i

), . . . , a

i,`i

).

Quelle est la matrice de v|

Hi

dans cette base ?

5. Donner une base de E dans laquelle la matrice de v a tous ses coefficients nuls, ` a l’exception de quelques ´ el´ ements au-dessus de la diagonale qui sont ´ egaux ` a 1.

Exercice 9 On consid` ere les matrices suivantes

A =

1 4 −2 0 6 −3

−1 4 0

 , B =

1 1 −1 0

0 1 0 1

0 0 1 1

0 0 0 1

, C =

3 −5 2 −6

0 5 0 4

−2 7 −1 11

0 −4 0 −3

 .

Ecrire chacune de ces matrices sous la forme P J P

−1

o` u P est une matrice inversible et J une

matrice dont tous les coefficients sont nuls sauf les coefficients diagonaux et les coefficients situ´ es

juste au-dessus de la diagonale. On explicitera P et J mais on ne demande pas de calculer P

−1

.

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