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Submitted on 1 Jun 2020
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Etude analytique de la locomotion du dindon de chair.
Comparaison entre dindons sains et dindons atteints de troubles locomoteurs
C. Resh-Magras, Yan Cherel, Monique Wyers, A. Abourachid
To cite this version:
C. Resh-Magras, Yan Cherel, Monique Wyers, A. Abourachid. Etude analytique de la locomotion du dindon de chair. Comparaison entre dindons sains et dindons atteints de troubles locomoteurs.
Veterinary Research, BioMed Central, 1993, 24 (1), pp.5-20. �hal-02702079�
Article de recherche
Étude analytique
de la locomotion du dindon de chair.Comparaison
entre dindons sains et dindons atteints de troubles locomoteursC
Resch-Magras
Y Chérel MWyers
A Abourachid1
École nationale vétérinaire de Nantes, Laboratoire d’anatomie pathologique (Unité associée INRA), CP 3013, 44087 Nantes Cedex 03;
2Muséum d’histoire naturelle, Laboratoire d’anatomie comparée, 55, rue Buffon, 75015 Paris, France
(Reçu le 27 février 1992; accepté le 11 juin 1992)
Résumé ― La locomotion de dindons de chair âgés de 13 semaines a été étudiée en analysant, à partir d’enregistrements vidéo des déplacements des animaux, la façon dont les mouvements des membres se succèdent et se coordonnent dans l’espace et dans le temps. Cette étude analytique a
été réalisée chez des dindons sains, puis en analysant les différences chez des dindons atteints de troubles locomoteurs. L’allure du dindon sain est une marche. Les mouvements locomoteurs sont
parfaitement symétriques et répétables. L’étude de 5 dindons atteints de troubles locomoteurs a
montré des anomalies de la coordination spatio-temporelle des mouvements des membres. Ces anomalies, bilatérales mais non symétriques, induisent une dissymétrie, à la fois temporelle et spa- tiale, des mouvements des membres, dont l’intensité est liée à l’intensité du handicap clinique de
l’animal. On observe une irrégularité dans les mouvements qui montre le caractère intermittent et in- constant des anomalies. Néanmoins, une anomalie du mouvement du segment de la jambe (réduc-
tion de l’amplitude du mouvement vers l’avant) apparaît constante chez les 5 dindons, mais d’inten- sité variable.
dindon 1 locomotion / boiterie
Summary ― Locomotion analysis of male commercial turkey - a comparative study of healthy and lame turkeys. A comparative locomotion analysis of healthy and lame male commer-
cial turkeys was carried out. Walking turkeys were filmed from both right and left lateral views. Video films were analysed. The coordination and the succession of hind limb movements were studied with time and space components. The gait of healthy turkeys was a walk with perfectly symmetrical and repeatable hind limb movements. All lame turkeys’ movements showed abnormalities in space-time
coordination. These abnormalities were bilateral but non-symmetrical, intermittent, and non-
systematic. Their intensity increased with increase in the degree of clinical handicap. However, in all lame turkeys, the degree of an abnormal tibial movement was observed, ie a shorter amplitude of
forward movement with variable intensity.
turkey / locomotion / lameness
*Correspondance et tirés à part
INTRODUCTION
Les troubles locomoteurs constituent ac-
tuellement un problème d’importance ma- jeure en aviculture, où ils sont respon- sables de pertes économiques par l’intermédiaire des saisies et surtout des retards de croissance qu’ils entraînent.
Chez le dindon de chair en croissance, les troubles locomoteurs sont définis par leur caractère non infectieux et leur mo- ment d’apparition vers 10 semaines d’âge.
Une précédente étude (Chérel et al, 1991), a montré qu’il existe des troubles caractérisés par des anomalies exclusive- ment dynamiques (tremblements des membres, couchés fréquents, etc) et des
troubles caractérisés par des anomalies de position de la totalité ou d’une partie du
membre (déviations latérales du membre, écartement uni- ou bilatéral des genoux,
déplacements du pied, etc). Ces anoma-
lies ne sont pas associées chez le dindon à des déformations osseuses telles qu’on peut les observer dans le syndrome de varus-valgus du poulet, et ne s’accompa- gnent pas de lésions musculaires, articu- laires ou nerveuses, constantes ou spécifi-
ques.
Dans le but de compléter cette étude clinique et d’envisager une explication de
la pathogénie des anomalies observées,
nous avons entrepris une étude analytique
de la locomotion des dindons.
L’étude analytique de la locomotion uti- lise l’enregistrement des déplacements de
l’animal pour pouvoir décomposer dans le temps et dans l’espace les mouvements mis en oeuvre. Elle a été conduite sur des dindons de 13 semaines atteints de troubles locomoteurs en comparaison avec
des dindons sains de même âge. Elle avait
pour objectif de mieux caractériser les troubles locomoteurs du dindon de chair en
décelant objectivement les anomalies loco- motrices et en les quantifiant.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Animaux
Sept dindons mâles de souche chair âgés de 13 3
semaines ont été utilisés : 2 dindons témoins
(T1 et T2), sans anomalie locomotrice, et 5 din-
dons atteints de troubles locomoteurs. Trois de
ces dindons (B1, B2, B3) étaient atteints par
une boiterie discrète caractérisée principale-
ment par des tremblements des membres. Un dindon montrait des troubles locomoteurs mar-
qués (B4) s’exprimant cliniquement par une dé- viation médiale du pied et une démarche rapide
avec entrecroisement des pieds. Enfin, un din- don, très fortement handicapé (B5), était carac-
térisé par un écartement bilatéral des genoux
(type «cow-boy»). Il se déplaçait avec beaucoup
de difficultés, les ailes écartées servant de ba- lancier pour maintenir un équilibre instable.
Réalisation des prises de vue
Les dindons ont été filmés en vidéo lors de leurs
déplacements spontanés selon des prises de
vues latérales droites et gauches.
Au préalable, des repères anatomiques cons-
titués de points de couleur ont été placés sur la
peau des animaux, après plumaison, en regard
des reliefs articulaires. Des repères spatiaux ap- partenant au plan de tournage (lignes du carre- lage au sol et au mur) ont permis de mesurer
les distances parcourues. Enfin, le repère tem- porel a été obtenu par un chronomètre numéri- que de précision au 10e de seconde adapté sur
le camescope et dont l’affichage apparaît au bas
de l’image.
L’ensemble de ces repères a permis la me-
sure et l’analyse des déplacements du dindon
dans l’espace en connaissant la durée néces- saire pour franchir cet espace.
Méthodes d’analyse
La locomotion apparaît comme la répétition
dans l’espace et dans le temps de mouvements élémentaires cycliques, coordonnés des
membres, qui conduisent à deux actions : le levé et le posé.
Le levé est l’action durant laquelle le membre quitte son contact avec le sol pour atteindre un autre contact situé plus loin.
Le posé est l’action durant laquelle l’extrémi-
té distale du membre reste en contact avec le sol.
Elle est étudiée en deux phases : 1 ) l’analyse
de la locomotion dans le temps; 2) l’analyse de
la locomotion dans l’espace.
Les données nécessaires à ces études sont fournies par les enregistrements.
Lecture des films
Les films (format U-Matic) ont été lus, image par
image, à l’aide d’un magnétoscope 3/4 de pouce permettant la lecture de 10 images par seconde.
Sur l’image fixée, les repères anatomiques et spatiaux sont relevés et les instants d’entrée en action des membres (moment du levé, moment
du posé) sont notés grâce à l’affichage du chro-
nomètre.
Analyse de la locomotion dans le temps L’analyse dans le temps permet l’étude de la ré-
pétition au cours du temps des mouvements ef- fectués par chacun des membres et la durée re-
lative du levé et du posé.
La méthode utilisée dérive de celle mise au
point par Hildebrand en 1966, chez des quadru- pèdes et reprise par Abourachid (1990) chez le
dindon mâle adulte, sain.
Les paramètres étudiés ont été au nombre
de deux.
Le cycle
Il se définit comme le déroulement des événe- ments entre deux posés successifs du même membre. Il se compose du levé et du posé (fig 1 ).
La durée du cycle a été calculée à partir du
relevé de l’affichage du chronomètre au moment des posés du membre. Plusieurs cycles ont été sélectionnés lors de la lecture des films.
Le levé et le posé, pour chaque cycle, sont
caractérisés par leur durée en temps réel (en secondes) et en temps relatif (en pourcentage
du cycle).
Le décalage de temps entre les débuts
des posés des deux membres
au cours du cycle
Il a été calculé, en pourcentage du cycle, par la différence entre le moment où débute le posé
droit et le moment où débute le posé gauche au
sein d’un cycle (noté décaPD-PG) (fig 1). Il per- met de déterminer l’ordre dans lequel intervien-
nent les mouvements des deux membres. Sa valeur caractérise l’allure de la locomotion
(marche, saut, course...). Hayes et Alexander
(1983) définissent la marche comme une allure où le décaPD-PG est égal à 50% du cycle.
Analyse de la locomotion dans l’espace L’analyse dans l’espace permet l’étude de l’évo- lution dans l’espace de l’animal (mesure des
distances parcourues au cours du cycle) et les
différents mouvements des segments du membre mis en jeu au cours du levé et du posé (analyse des variations des angles formés par les segments du membre).
Les paramètres étudiés ont été au nombre
de 4.
Le diagramme d’espace est la représentation graphique de la trajectoire et des distances par- courues au cours d’un déplacement (fig 2). Il a
été réalisé lors de la lecture des films. Les posi-
tions successives des pieds droit et gauche (fi- gurés par une empreinte schématisée) par rap- port au quadrillage du carrelage du sol définissent le sens et la direction de la trajec-
toire. Les pas et les enjambées ont été mesurés et reportés sur le diagramme.
Le diagramme d’espace permet l’étude com- plète d’un déplacement, depuis le démarrage jusqu’à l’arrêt du dindon, et permet de visualiser des variations de l’enjambée et des pas au
cours de ce déplacement.
L’enjambée est la distance parcourue par le
pied au cours d’un cycle (fig 2). Elle a été mesu-
rée directement sur les images. Le repère utilisé
est le dallage du sol. L’élément de référence est l’extrémité du doigt médian (doigt III).
Le pas a été défini comme la projection sur
l’axe du déplacement de la distance mesurée entre le pied qui vient de se poser et le pied op-
posé (fig 2). La somme du pas droit et du pas
gauche représente l’enjambée. Chez l’animal
sain, le pas droit est égal au pas gauche et vaut
une demi-enjambée car les mouvements des deux membres sont parfaitement symétriques (Gasc, 1989).
Le pas permet de connaître la participation
du membre à la progression de l’animal et de détecter des anomalies dynamiques (amplitude
accrue ou diminuée des mouvements, anomalie dans le déroulement des mouvements, etc).
L’analyse graphique des variations angu- laires des segments du membre et de l’axe du corps permet la construction des courbes repré-
sentant les variations des angles au cours du cycle et la décomposition des mouvements des trois segments du membre (fémur, tibiotarse, tarsométatarse). Elle repose sur la mesure des
angles formés par ces segments par rapport à l’horizontale (fig 3). Ils sont notés pour le fémur
(Fé/H), pour le tibiotarse (Tb/H) et pour le tarso- métatarse (Tm/H). ).
L’angle formé par l’axe du corps (segment re-
liant la pointe de l’ischion à l’entrée de la poi- trine) par rapport à l’horizontale a été également
relevé et étudié.
Les angles ont été mesurés à partir des rele- vés, image par image, des silhouettes et des re-
pères, sur plusieurs cycles, en vues latérales
droites et gauches. Les variations des angles au
cours d’un cycle ont été représentées graphique-
ment. Une courbe moyenne des variations a été obtenue pour chacun des angles (fig 4). L’ampli-
tude (a) du mouvement d’un segment au cours
du cycle est calculée par la différence entre la va- leur maximale de l’angle par rapport à l’horizon- tale et sa valeur minimale. Afin de mieux décom- poser les différents mouvements du segment étudié, nous avons représenté, sur des cercles
trigonométriques, les positions successives du
segment par rapport à l’horizontale. Le mouve- ment entre deux positions successives est dit
«vers l’avant&dquo; lorsque le déplacement de l’extré- mité distale du segment se fait dans le même
sens que le déplacement de l’animal. Le mouve- ment inverse est dit «vers l’arrière».
Nous avons, dans un premier temps, effec- tué une analyse graphique descriptive des mou-
vements de chacun des segments des membres. Une analyse comparative des critères graphiques (allure des courbes et superposition)
a permis ensuite l’étude de la symétrie des mou-
vements dans l’espace. Elle permet de mettre
en évidence des modifications éventuelles de
l’amplitude, de la vitesse ou du sens du mouve- ment ainsi que des modifications de position
des segments à un moment donné du cycle.
Les variations des angles articulaires résul- tent de la somme des variations des deux seg- ments qui forment l’articulation. Leur étude est, de ce fait, rendue trop complexe pour obtenir des résultats significatifs.
Pour le dindon B5, l’analyse des variations
angulaires sur les vues gauches n’a pas pu être réalisée. L’animal maintenait l’aile gauche pen- dante afin de conserver son équilibre, et celle-ci masquait les repères du membre.
La vitesse de déplacement quantifiée par les données de durée du cycle et d’enjambée a également été estimée.
Une étude clinique a été menée parallèle-
ment aux études analytiques dans le temps et dans l’espace afin d’apporter des informations
complémentaires sur le comportement du din- don au cours de ses déplacements spontanés
et au cours des phases de début et d’arrêt du
déplacement. Elle a permis également de déter-
miner le degré de handicap clinique du dindon
et de décrire les différentes anomalies présen-
tées.
À l’issue des observations et des enregistre- ments, les dindons ont été euthanasiés et au-
topsiés. Des examens histologiques systémati-
ques des muscles, des os et des nerfs ont été réalisés.
L’analyse statistique a été menée à l’aide d’un micro-ordinateur Macintosch Ilci et du logi-
ciel Statview II. Les tests utilisés ont été : le test t de Student de comparaison de moyennes; le test de comparaison de plusieurs moyennes par
l’analyse des variances (ANOVA); le calcul du coefficient de corrélation et de la droite de ré-
gression; le test de comparaison de pentes de régression; le test U de Mann-Whitney.
RÉSULTATS
Le nombre de cycles et de diagrammes d’espace étudiés par dindon figure au ta-
bleau 1. Les variations entre dindons sont dues à la fréquence plus ou moins grande
de leurs déplacements spontanés.
Étude clinique de la locomotion Chez les témoins
Les 2 animaux témoins ont présenté les
mêmes caractéristiques cliniques. Ils se déplaçaient fréquemment et calmement, le
cou bien tendu, la tête portée haute, droit
devant eux. Ils étaient bien dressés sur
leurs pattes et maintenaient les ailes pla- quées le long du corps.
L’axe du corps est plus ou moins obli- que selon la vitesse de déplacement. En effet, plus le dindon se déplace rapide- ment, plus l’axe du corps se rapproche de
l’horizontale et plus le cou est animé de
mouvements de va-et-vient.
Les mouvements des membres appa- raissaient réguliers, continus, sans raideur et sans brusquerie, parfaitement symétri- ques et répétables.
Chez les dindons atteints de troubles locomoteurs
Trois dindons ont présenté des tremble- ments des membres : du membre gauche
pour Bl et B3, et des deux membres pour B2. Ces tremblements étaient observables
sur les animaux en déplacement. Ils
étaient compatibles avec l’exécution des mouvements volontaires et n’ont pas sem- blé perturber le déroulement des sé- quences locomotrices (posés et levés).
Néanmoins les mouvements sont apparus raides, moins continus et moins réguliers, plus particulièrement pour le dindon B3.
Ces trois dindons n’ont pas présenté
d’autres modifications de leur habitus.
Les dindons B4 et B5 ont été caractéri- sés par des troubles plus marqués avec
des malpositions d’un ou des deux membres, des mouvements nettement saccadés et raides. Le déroulement des séquences locomotrices (levés et posés)
semblait normal, bien que les mouvements des membres soient apparus dissymétri-
ques et perturbés par des anomalies inter- mittentes.
Aucun déplacement lent n’a été observé chez ces 2 dindons (animal qui observe
autour de lui en marchant), car ils ne pou- vaient pas maintenir leur équilibre à cette
vitesse lente. Ces dindons se déplaçaient
très rapidement sur de courtes distances.
Les troubles du dindon B4 étaient ca-
ractérisés par une malposition du membre
droit due à une déviation médiale du pied
entraînant un léger chevauchement des
doigts. Lors des déplacements, on a pu observer un entrecroisement des pieds. Le
dindon avait les ailes écartées mais non
pendantes pour maintenir son équilibre et
l’axe du corps tendait vers l’horizontale. Le début de chaque déplacement était préci- pité avec un petit saut et des mouvements rapides de la tête. Au bout de 1 à 2 cycles, l’équilibre semblait retrouvé, les mouve-
ments de la tête cessaient mais la vitesse de déplacement restait élevée. Les mouve-
ments sont apparus saccadés. Les doigts
restaient en extension au cours du levé. Le
pied droit était toujours ramené sur le pied
gauche, alors que ce dernier était posé
latéralement et devant le pied droit. La patte gauche est apparue de ce fait
comme le membre qui assure majoritaire-
ment la progression de l’animal. Malgré
ces anomalies, les déplacements ont été fréquents.
Le dindon B5 a présenté les troubles les plus graves, avec un écartement bilatéral des genoux (articulations fémorotibio-
tarsiennes) compensé par une déviation bilatérale médiale de la jambe et du seg- ment du tarsométatarse. Ses doigts ne se
chevauchaient pas. La région antérieure
du corps était basculée vers l’avant. L’axe du corps était horizontal. Le dindon se tenait bas sur ses pattes, les ailes écar- tées plus ou moins pendantes. Ses
mouvements étaient très saccadés et brus- ques notamment lors du levé. Le pied était
levé moins haut et immédiatement repo- sé. Au cours de la prise d’appui sur le
membre on a pu voir un mouvement de
rejet latéral de l’articulation du jarret (arti- culationtibiotarsométatarsienne). Le début
et l’arrêt des déplacements ont été carac- térisés par des pertes d’équilibre avec un piétinement et des battements des ailes.
Les déplacements ont été rares et très
courts.
L’étude nécropsique et les examens his- tologiques n’ont révélé aucune lésion cons-
tante et significative.
Une lésion bilatérale de dyschondropla-
sie tibiale (bloc de cartilage hypertrophique persistant au niveau de la plaque de crois-
sance proximale du tibia) a été notée chez le dindon B4. Cette lésion n’est pas consi- dérée comme un facteur déterminant de troubles locomoteurs chez le dindon en
croissance (Chérel et al. 1990).
Au niveau cutané, quelques lésions lé- gères de pododermatite (inflammation du
revêtement cutané plantaire) ont été ob- servées, aussi bien chez les dindons té- moins que chez les dindons boiteux.
Étude analytique de la locomotion Analyse dans le temps (tableau 11)
L’étude de la locomotion des deux dindons témoins n’a révélé aucune différence signi-
ficative entre eux. Les durées moyennes droites et gauches, respectivement des
levés et des posés, n’ont pas été statisti-
quement différentes. Les pentes des
droites de régression en fonction de la durée du cycle ont été identiques (p = 0,92
et 0,95 pour les posés droit et 0,92 et 0,96
pour les posés gauches; p = 0,04 et 0,05 pour les levés droits, et 0,05 et 0,08 pour les levés gauches). Les mouvements des deux membres ont été symétriques et ré- pétables dans le temps.
On a observé également une superpo-
sition des courbes des variations angu-
laires, et l’égalité des pas droits et gauches. Les mouvements des deux membres étaient symétriques et répé-
tables dans l’espace. C’est pourquoi les
données obtenues pour les 2 membres des 2 dindons ont été regroupées pour
l’analyse.
Le décalage entre les débuts des posés
des membres au cours du cycle (décaPD- PG) était égal à 50% du cycle. L’allure nor-
male du dindon de chair à 13 semaines
d’âge est donc une marche (Hayes et Alexander, 1983).
Chez les dindons atteints de troubles lo- comoteurs, il était statistiquement non dif-
férent de 50% du cycle. Leur allure était
une marche présentant des anomalies.
Le posé a duré plus des trois quarts (77%) du cycle chez le dindon sain. Il aug- mente proportionnellement avec l’accrois-