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Théorie cinétique des plasmas interaction matière-rayonnement III. Interaction entre un rayonnement intense et un plasma par effet compton induit

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Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00206726

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00206726

Submitted on 1 Jan 1968

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Théorie cinétique des plasmas interaction matière-rayonnement III. Interaction entre un rayonnement intense et un plasma par effet compton

induit

J. Peyraud

To cite this version:

J. Peyraud. Théorie cinétique des plasmas interaction matière-rayonnement III. Interaction entre un

rayonnement intense et un plasma par effet compton induit. Journal de Physique, 1968, 29 (10),

pp.872-876. �10.1051/jphys:019680029010087200�. �jpa-00206726�

(2)

THÉORIE CINÉTIQUE DES PLASMAS

INTERACTION MATIÈRE-RAYONNEMENT

III.

INTERACTION ENTRE

UN RAYONNEMENT INTENSE ET

UN PLASMA

PAR EFFET

COMPTON

INDUIT

Par

J. PEYRAUD,

Laboratoire de Physique des Plasmas, Faculté des Sciences, Orsay.

(Reçu

le 29 mars

1968.)

Résumé. 2014 Cet article fait suite à deux articles

précédents [1],

[2] où l’on a montré que l’interaction

Compton

n’était pas

négligeable

pour les rayonnements

monochromatiques

intenses.

On étudie

plus spécialement

l’interaction entre un

plasma

et un rayonnement laser. On

prévoit

un

décalage

vers les basses

fréquences

du faisceau laser

(perte d’impulsion

des

photons)

et un

chauffage

des électrons, lors de la traversée du

plasma

par le faisceau laser. On compare

qualitativement

l’effet

Compton

et le «

bremsstrahlung

» sur les neutres.

Abstract. 2014 This paper is the continuation of two

previous

papers

[1], [2]

where we have

shown that the

Compton

interaction was not

negligible

for intense monochromatic radiation.

Here, we

mainly study

the interaction between a

plasma

and a laser radiation. We

predict

a shift to the low

frequencies

of the laser beam

(photon

momentum

loss)

and a

heating

of the electrons

during

the interaction between the

plasma

and the laser beam.

We compare

qualitatively

the

Compton

effect and the inverse

bremsstrahlung

on the

neutrals.

Cet article fait suite

(1)

a deux articles

prece-

dents

[1]

et

[2].

11

reprend

les memes notations et la

meme num6rotation des formules.

On fait les

hypotheses

fondamentales suivantes :

a)

La fonction de distribution

electronique

est iso-

trope

et sa

temperature cin6tique

moyenne est fixée par le bilan

energetique;

b)

Le

rayonnement

est suffisamment intense pour que les termes d’6mission induite

(cf. § 1.2)

soient

dominants.

Avec ces

hypotheses,

la formule

(80) qui

fixe le

transfert

6nerg6tique Compton

s’6crit :

(1)

Il constitue le § IV de l’etude

entreprise

en

[1]

et [2].

et la relation

(76)

caractérise 1’action des electrons sur

la distribution

N(v)

des

photons (2) :

I V.I. Cas des

rayonnements

tres monochroma-

tiques.

- Pour un

rayonnement

absolument mono-

chromatique (N(v)

=

N(9) 8(v

-

vo)),

les calculs

precedents (cf. §§ I,

II et

III) qui portent

sur des

d6veloppements

limites par

rapport

a l’infiniment

petit :

ne sont pas valables.

(2)

Le flux dO de

photons

traversant un element dS

a pour

expression :

(xz

est le vecteur unitaire defini par v =

vn).

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019680029010087200

(3)

873

Soient Av la

dispersion

en

frequence, 200 l’ouverture angulaire

et

Qo

l’étendue solide

(00

=

27r (1 -

cos

00))

du

rayonnement

consid6r6. Les

int6grales (98)

et

(99) qui donnent B a W,, at )9

et

J,,[N(v)] portent

sur les termes

d’6missions induites

(termes

en

N(v) lV (v’)

des rela-

tions

(11)

et

(62)),

et on ne doit retenir que les inter- actions

Compton qui

satisfont

l’in6galit6 :

La relation

(100)

montre que pour les

rayonnements

laser usuels où

/iv

>

hV2)

la relation

(101) peut

s’ecrire :

( v mc ) (

(20

est

F angle (n, 92’)

et

Pilla

composante de p

paral-

lèle a

12 - 12’).

Le nombre

An,,

d’61ectrons par unite de volume

qui

satisfont a la relation

(101)

est :

FIG. 1. - Geometrie de l’interaction.

Cette relation se

simplifie

si l’on suppose :

et l’on obtient :

electrons par unite de volume

qui

satisfont a la condi-

tion

(101).

Les relations

(98)

et

(99) s’appliquent

a

ces

An,, electrons,

il convient donc

d’y remplacer ne

LE JOURNAL DE PHYSIQUE. - T. 29. No 10. OCTOBRE 1968.

par

flne

ou, ce

qui

revient au

meme,

à en

prendre

la fraction :

Inf

signifie

que l’on

prend

le

plus petit

des deux

nombres

figurant

dans 1’accolade.

La relation

(105)

est une relation

approch6e qui

donne une valeur

semi-quantitative

pour les

intégrales

consid6r6es.

IV. 2. Action du

rayonnement

sur la

tempdrature électronique.

- Conform6ment aux

hypotheses

sim-

plificatrices

de

depart,

nous supposerons que la tem-

p6rature electronique

est fixée par le bilan

6nerg6tique (ce

cas est celui des «

plasmas

intermediaires »

[3]).

Le terme de

gain d’6nergie

par effet

Compton

s’6crit a 1’aide des relations

(98)

et

(105) :

Pour un

rayonnement

uniformément

r6parti

dans un

cone

d’angle

solide

Qo,

d’ouverture

200 petite,

on

peut prendre :

et la relation

(106)

s’6crit :

La

poursuite

du calcul demande la connaissance de

N(v) mais,

vu les

approximations faites,

il est

logique

d’ecrire :

En introduisant l’intensit6 totale

Io [flux d’6nergie] :

La relation

(107)

devient :

IV . 2 .1. APPLICATION A DEUX CAS PARTICULIERS. -

Dans ces deux

applications,

on

n6glige

les termes

d’6change d’6nergie

autres que 1’effet

Compton,

ce

(4)

qui

revient a écrire que la

temperature electronique

6volue suivant la loi :

L’ensemble des

6quations (111)

et

(110)

permet de calculer une

fréquence

de transfert de

1’6nergie

par effet

Compton

et par suite de chiffrer

l’importance

de

cet effet.

IV.2.1

a)

Cas d’un

rayonnement presque parallèle.

-

QO

est alors tr6s

petit

et l’on choisit [J. =

1,

de sorte

que :

11

Pour un laser a verre au

n6odyme

dont les carac-

t6ristiques

seraient :

on obtient :

ce

qui

est tr6s faible.

IV . 2 .1

b)

Au

foyer

d’une lentille de courte distance

focale.

- Dans ce cas :

Avec le meme

laser,

pour une tache focale de

0,1

mm,

on

peut prendre :

ce

qui

donne :

IV . 2 . 2. CONCLUSION. - La relation

(115)

montre

que 1’effet

Compton prend

des

proportions impor-

tantes aux hautes densites

d’6nergie.

11 est int6ressant de comparer

l’importance

de 1’effet

Compton

a celle

du «

bremsstrahlung »

inverse.

Pour chiffrer

l’importance

relative du « brems-

strahlung »

inverse et de 1’effet

Compton,

il est int6-

ressant de comparer les

temps caractéristiques

pour

qu’un

electron

d’énergie

nulle

puisse

atteindre 1’6ner-

gie

d’ionisation

(p6riode

de

multiplication).

Le

temps

Tb relatif au «

bremsstrahlung »

inverse

propose

par

Wright [4]

a pour

expression,

dans les cas

qui

nous interessent :

Uex : 6nergie d’excitation,

no : densite des neutres,

a : section efficace moyenne pour les collisions elec- tron-atome.

Le

temps

r,, relatif a 1’effet

Compton

se calcule à

partir

de la formule

(114) :

et on obtient :

Dans le cas de

F argon

et pour un laser a verre au

n6odyme

avec

Qo - 1,

on

peut prendre :

On obtient alors :

(no : cm-3 ; 10 : W/cm2).

10

>

0,32

X 10-6 no : effet

Compton dominant, 10 0,32

X 10-6 no : «

bremsstrahlung »

dominant.

Comparaison

entre 1’effet

Compton

et le «

bremsstrahlung ».

IV . 2.3.

CLAQUAGES

LASER CONTROLES PAR L’EFFET

COMPTON. - Le

temps

de

cascade Tc

de l’effet

Comp-

ton ne

depend

pas de no. Dans le cas des

claquages

à

basse

pression,

on

peut

obtenir un critere de

claquage

(5)

875

independant

de la

pression

en 6crivant que si le nombre :

est au moins

6gal

au nombre de cascade n6cessaire pour ioniser le

plasma

considere

(de

35 a 45 suivant

la

pression),

on

peut

avoir

claquage.

11 est ais6 de v6rifier que si cette condition est

remplie

l’intensit6

Io

est telle que le

probl6me

de la

creation des electrons initiaux ne se pose pas.

On est donc conduit a penser que si :

on

peut

avoir

claquage,

et ceci

pratiquement ind6pen-

damment de la valeur de la

pression (3).

Pour un laser au

n6odyme

avec :

on obtient

numériquement :

Si le

profil IO(t)

est une

gaussienne,

on 6crira :

ce

qui

donne la condition :

Pour At - 30 ns

(3

X 10-8

s)

et

toujours

pour un diametre focal de

0,1

mm, la

puissance

crete

critique

du laser est de 170 MW.

Si l’on note U la densite

d’énergie

dans la tache

focale,

on obtient comme critere :

Ces resultats montrent que 1’effet

Compton

induit

joue

un role

important

aux hautes densites

d’énergie

et aux faibles

pressions.

IV. 3. Action des electrons sur le

rayonnement.

- IV . 3 .1. CALCUL DU TERME D’INTERACTION. - En

tenant

compte

de la relation

(105),

la formule

(75)

s’ecrit :

(3)

A condition toutefois que les libres parcours moyens des electrons soient

petits

devant les dimensions du

plasma (ce qui

est en

general

realise aux

pressions supe-

rieures a 1 cm de

mercure).

Avec les

hypotheses du §

IV. 2

(rayonnement

uni-

form6ment

r6parti

dans un cone

d’angle

solide

Qo)’

on obtient :

L’équation

d’evolution du

rayonnement

s’6crit :

En

regime stationnaire,

et dans le cas ou

N(v)

ne d6-

pend

que de la

coordonnee x,

les

equations (124)

et

(125)

permettent d’6crire -

toujours

en

supposant °0 petit :

11 est commode d’introduire dans cette

equation 1’intensite

du faisceau lumineux :

ce

qui

donne

1’equation (4) :

Lorsque

l’on suppose y constant, cette

equation

est

un cas

particulier

de

1’6quation

de

Korteweg-de

Vries.

Sa solution

g6n6rale

est :

La donnee de la condition initiale

determine f

de

façon unique

par :

On

peut déterminer I(v, x)

à

partir

de

f (v)

par

v

la construction

graphique

suivante :

v

FIG. 3. - Construction

de 11 (V, x).

v

a est défini par

tg

a =

1 lAx.

(4)

Pour des raisons évidentes, on r6introduit ici la

dépendance spatiale

de I.

(6)

Cette construction montre que la

largeur

de la

bande de

frequence

n’est pas alteree

(ce qui justifie

que l’on ait

choisi u constant).

La valeur du maximum

de - I(v, x)

reste constante, et la valeur du

déplacement

v p

de

frequence

est :

c’ est-à-dire :

11 est clair que si

1 lAx

est

plus petit

que la

pente

minimale de la

fonction f( v),

il existe des valeurs de v

auxquelles correspondent plusieurs

valeurs de

I(v, x).

L’interprétation

d’un tel resultat est delicate. 11 est

inacceptable physiquement

d’obtenir des fonctions

I(v)

multivalentes ou discontinues.

Un artifice

classique

en theorie de la

propagation

non lin6aire consiste a

ajouter

a

1’6quation primitive

un terme interdisant a la fonction I de devenir multi- valente. Un choix

simple

consiste a écrire :

Ce choix

respecte

le

changement

x - - x, il permet d’obtenir des solutions

analytiques

de

1’6quation (132),

et par

ajustage

de la constante K on peut astreindre les solutions de

l’equation

a une condition du

type :

ce

qui

assure la coherence des calculs

precedents.

La discussion de

1’6quation (132)

est

longue

et

detaillee;

elle a ete faite par

Zabusky

et Kruskal

[5].

Leur etude diffère de la notre par le seul fait que l’on

a ici une «

propagation »

du

profil I(v, x)

dans

1’espace

des x, alors que dans 1’etude

pr6cit6e

la

propagation

a lieu en fonction du

temps.

On retiendra des resultats de

Zabusky

et Kruskal

que la «

propagation »

du

profil I(v, x)

le

long

de Ox

am6ne une dissociation de ce

profil

en

plusieurs profils Ia,... independants,

dont

l’équation

est :

avec :

Vrx

depend

de x par la relation :

La relation

(136)

montre que ces

profils

se « pro-

pagent »

sans alteration de

forme,

c’est-a-dire que la

frequence

maximum diminue lin6airement avec x, et ceci

proportionnellement

a

l’amplitude

du

profil

consid6r6.

La relation

(136)

montre

egalement

que

l’équa-

tion

(131)

reste valable en ordre de

grandeur

car

l’amplitude A«

des

profils

est du meme ordre de

grandeur

que

l’amplitude

de l’onde

incidente,

et on

6crira pour un

deplacement

de

frequence

moyen

(5) :

11 est int6ressant de définir une

longueur

caract6-

ristique

du

phénomène

par la valeur L de x pour

laquelle

le

deplacement

de

frequence

8v est

6gal

a la

largeur

Av de la bande de

frequence

du rayonnement considere :

IV.3.2. APPLICATIONS. - IV.3.2

a)

Cas d’un

rayonnement presque parallèle.

-

00

est

petit

et l’on peut

prendre

f1. =

1,

avec les mêmes donn6es

qu’au

§

3.2. 1

a),

on trouve :

IV . 3 . 2

b)

Cas d’un

rayonnement convergent.

- Avec la valeur de fL donn6e par

(105) :

En choisissant X - 1 y;

kTe N

10 eV et

Qo - 1,

on obtient

numériquement :

(5)

Relation

qui

s’obtient directement a l’aide d’un bilan

6nerg6tique

realise sur

l’equation (110)

en tenant

compte

de la conservation du flux de

photons.

BIBLIOGRAPHIE

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PEYRAUD

(J.), J. Physique,

1968, 29, 88.

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PEYRAUD

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et KRUSKAL

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