A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION A
A.-M. C HARBONNEL
Comportement semi-classique des systèmes ergodiques
Annales de l’I. H. P., section A, tome 56, n
o2 (1992), p. 187-214
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187
Comportement semi-classique des systèmes ergodiques
A.-M. CHARBONNEL U.R.A.-C.N.R.S. n° 758,
D.M.I. Faculté des Sciences et des Techniques Université de Nantes,
44072 Nantes Cedex 03, France
Vol. 56, n° 2, 1992, Physique théorique
RÉSUMÉ. - On considère ici v
opérateurs Qj (h) agissant
surdépen-
dant d’un
petit paramètre h,
et commutant deux à deux. On seplace
enune valeur fixée de
l’énergie, possédant
unvoisinage compact
necontenant pas de valeur
critique
dusymbole principal joint
qo desopéra-
teurs, et dont
l’image réciproque
par qo estcompacte.
Sousl’hypothèse
que le flot
global
des hamiltoniensqô, i =1,
... , v estergodique
sur lafibre
1 (À),
on démontre l’existence d’une famille de fonctions propres(~r (h))h ~ o, normalisées,
communes auxopérateurs
associées à unefamille de valeurs propres
(~, (h))h ~ o,
telles que~, (h)
converge vers Àquand
h tend vers0,
vérifiant pour tout ouvert D de le résultat suivant :où
d~~ désigne
la mesure de Liouville sur la fibre1 (À).
Ce résultat de concentration des fonctions propres a été obtenu par Y. Colin de
Verdiére,
A. Schnirelmann et S. Zelditch pour leLaplacien
sur une variété Riemannienne
compacte,
et par B.Helffer,
A. Martinez et D. Robert pour unopérateur agissant
sur [R".ABSTRACT. - We consider hère v
operators acting
ondepen- ding
on a smallparameter h,
andcommuting together.
Let be afixed value of the energy which has a
compact neighbourhood
V with nocritical value of the
joint principal symbol
qo and such thatc~~ 1 (V)
iscompact.
We assume that theglobal
flow 03A6t of the hamiltoniansqô,
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique - 0246-0211
~’== 1,
..., v isergodic
on the surface1 (À).
Then we prove the existence of afamily
of normalizedeigenvectors (~(~>o.
associated with afamily of eigenvalues (?~ (h))~ > o, (~(~)e~),
such that lim~(/ï)=~,
andsatisfying
for ail open set D of the
following
result:where dénotes the Liouville measure on
1 (À).
This concentration result for the
eigenvectors
was obtainedby
Y. Colinde
Verdière,
A. Schnirelmann et S. Zelditch for theLaplacian
on a Rie-mannian
compact manifold,
andby
B.Helffer,
A. Martinez et D. Robert for oneoperator acting
on [R".INTRODUCTION
Considérant le
laplacien
sur une variété riemanniennecompacte,
Y.Colin de Verdière
[C.V.]
aprouvé,
à la suite des travaux de A. Schnirelman[Sch]
et de S. Zelditch[Ze],
un résultat de concentration des fonctions propres, traduisantl’ergodicité
du flotgéodésique
sur la variété. B.Helffer,
A. Martinez et D. Robert
[He-Ma-Ro]
ont démontré unanalogue
de cerésultat dans le cadre
semi-classique,
i. e. pour les valeurs propres d’unopérateur pseudo-différentiel agissant
surn, dépendant
d’unpetit paramè-
tre
h,
situées dans une zoned’énergie compacte
danslaquelle
le flotclassique
del’opérateur
estergodique.
Nous étudions ici leproblème analogue,
pourplusieurs opérateurs qui
commutent entre eux.Nous
considérons
unsystème
de vopérateurs pseudo-différentiels
surfR"(v~), dépendant
d’unpetit paramètre h, proportionnel
à la constantede Planck en
mécanique quantique (cf [He-Ro] [1]),
soit :commutant deux à
deux ;
de manièreplus précise,
on suppose que leursymbole
deWeyl qi
admet undéveloppement asymptotique
sous la forme :~o=(~ ."~) désigne
lesymbole principal joint.
On seplace
enune valeur de
l’énergie,
non valeurcritique
de qo, telle que sur laAnnales de l’Institut Hercri Poinearé - Physique théorique
variété
~x = c~~ 1 (~,), supposée compacte,
le flotglobal
des hamiltoniens(R’ô)~=1, ... , ~
soitergodique (c.f’,
parexemple, [Ar-Av]).
Comme
conséquence
du résultatprincipal
de cetravail,
nous prouverons l’existence d’une famille de fonctions propres(t~ (h))~ ~ ~,
communes auxopérateurs Qi (h),
pour~==1,
..., v,normalisées,
associées à une famillede valeurs propres
(7~ (h))h ~ o, ?~ (h) ~ ~‘’,
telles que~, (h)
converge vers Àquand
h tend vers0, vérifiant,
pour tout ouvert D de le résultat suivant :où crÀ est la mesure de Liouville sur
LÀ.
Dans sa thèse
(cf [V 0 ]),
A. Voros étudie lespropriétés
desystèmes ergodiques quantiques,
c’est-à-dire desystèmes d’opérateurs
dont le flotclassique
estergodique, possédant
une résolutionspectrale régulière,
etdont le
spectre
satisfait en outre à despropriétés
de nondégénérescence (cf [V 0],
définition9.2.1).
Dans le cas où v est strictement inférieur à n, l’existence de telssystèmes
ne semble pas encore mise en évidence(voir cependant
des travaux récents de A. Knauf[Kn]), peut-être
parce que la reconnaissance du caractèreergodique
d’unsystème physique
n’est pasaisée ;
l’étude de leurspropriétés pourrait permettre
d’obtenir des critères decomportement ergodique
pour unsystème physique.
Par contre, si v estégal
à n, le flotglobal
estergodique
dès que lesystème
satisfait auxconditions du théorème de Liouville
(systèmes complètement intégrables,
dont les surfaces
d’énergie
sontcompactes
etconnexes),
et l’existence des coordonnéesaction-angles
nouspermet
de démontrer directement(R)
pour toute famille de fonctions propres(~ (h))~ > o, normalisées,
communes auxopérateurs
pourz = l,
..., v, associées à des valeurs propres?~ (h~
convergeant
vers Xquand
h tend vers O.Nous obtenons ce résultat de concentration des fonctions propres à
partir
de l’estimation d’uneexpression analogue
à la fonction decomptage
des valeurs propres dans uncompact dépendant
de h théorème1. 2).
1. CONTEXTE ET
RÉSULTATS
On considère v
opérateurs pseudo-différentiels
fortement h-admissibles(cf [He-Ro] [1] et [Cha]).
soiti =1,
..., v, associés à unh-symbole
de WeI
de la
façon
suivante :Les
symboles
vérifient leshypothèses
de h-admissibilitéforte,
soit :Le
symbole qi
del’opérateur Qi (h)
admet undéveloppement
~asymptotique
sous la forme :au sens des
opérateurs
fortementadmissibles ;
enparticulier :
où
S (p)
est la classe desymboles
dont onrappelle
la définition : DÉFINITION 1.1. - Classe desymboles .f’ortement
admissibles. - SoitC,
cp : f~n X !Rn ~[R+
des fonctionspoids
au sens de Beais(cf. [Be])
tellesque la
métrique
associéesatisfasse aux
hypothèses
de Hôrmander(cf [Ho]).
On suppose de
plus
l’existence de constantes 8:08~ 1, Co> 0, C1 >0,
telles que l’on ait :
On se donne aussi une
fonction p
continue de dansM~, qui
soit03C3-tempérée
au sens de Hörmander pour lamétrique g : (cf [Ho]).
Alorson
désigne
par81>, p (p)
la classe dessymboles :
On suppose que les
opérateurs
commutent deux à deux :Par
ailleurs,
on seplace
en une valeur À del’énergie
vérifiant : Àpossède
unvoisinage compact Ko
ne contenant pas de valeurcritique
de ... , tel queq~
soitcompact. (A)
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
On suppose que les
symboles principaux
desopérateurs
sontminorés. On sait dans ce cas que les
opérateurs possèdent
dansune réalisation
autoadjointe unique,
que l’on note encoreQi (h).
Nousavons étudié ce contexte dans
[Cha] ;
nous avons montré que, sous leshypothèses (Hl)
et(H2),
les mesuresspectrales
de ces réalisations com-mutent deux à
deux ;
nous avons défini alors dans ce cadre une notion despectre conjoint,
noté pour lesv-opérateurs,
etprouvé
que lapartie
de située dans le
compact Ko
estpurement discrète,
etcomposée
d’une suite de valeurs propres que nous avons
localisées,
sous certaines
hypothèses,
auvoisinage
despoints
d’un réseau. On noteune famille de fonctions propres normalisées
associées,
com-munes aux
opérateurs Q 1 (h)),
... ,Pour ~K0,
on noteS
la mesure euclidienne sur la fibre03A3 = q-10 (a),
et la mesure de Liouville sur cette même fibre :
où
... /Best
la norme euclidienne dansl’espace
des v-formes linéaires alternées sur duproduit
extérieur desgradients
des hamilto- niensqô.
Soit le flot
global
des hamiltoniens(qô)~ =1, ... , ~ ~
où
03A6tii désigne
le flot de l’hamiltonien e.quand ti
décrit[R, (x, ç)
décrit la courbe
intégrale
duchamp
hamiltonien depoint
initial(x, ~).
On se donne un
opérateur
associé par la formule( 1. 1 )
àun
h-symbole
deWeyl a: (x, ç)
~a (x, ~), appartenant
à Coo(1~2n)
et bornéainsi que toutes ses dérivées. On note
S (1)
la classe dessymboles
de cetype.
On se donne aussi une famille decompacts ayant
la forme suivante :où
KI désigne
uncompact fixe,
d’intérieur nonvide,
contenantl’origine,
r est un réel tel que :
0fl,
etV (h)
unvoisinage
del’origine
contenudans une boule de rayon
9(/~~),
avec r’>0.Remarque. -
Lescompacts K(h)
sont centrés aupoint À
où on faitl’étude,
et doivent se contracter surÀ, quand
h tend vers0 ;
il est naturelde choisir des
compacts K (h) - ~, qui
soient ou bien des dilatés d’uncompact fixe,
ou bien des transformés pardifféomorphisme
de tels com-pacts.
Par
ailleurs,
étant donné ce que l’on sait de la localisation duspectre
conjoint
de telsopérateurs,
il aurait été naturel depouvoir
obtenir desestimations de
quantités
comme le nombre d’éléments de situés dansun
compact,
pour descompacts
de « taille »puisque
le réseauauprès duquel
se situe lespectre conjoint,
au moins sous certainesconditions,
aune maille de l’ordre de h.
Néanmoins,
les calculs faitsici,
enparticulier
la démonstration de la
proposition 3 .4,
utilisent de manière cruciale la condition r 1. Pour démontrer un résultatanalogue
dans le cas où r estégal
à1,
il faudrait raffiner encore lesestimations,
en utilisant des argu-ments du même
type
que ceux de V. Petkov et D. Robert[Pe-Ro].
Pourun seul
opérateur,
B.Helffer,
A. Martinez et D. Robertdémontrent, grâce
aux résultats de
[Pe-Ro],
une estimation comme celle du théorème1.2,
pour un
compact
de taille h. Par contre, les résultats ne sontpropablement
pas tout à fait les
mêmes,
pourplusieurs opérateurs,
dans le cas r 1 etdans le cas Y =
1,
où il semblequ’un
termesupplémentaire
vienneperturber
le terme
principal.
Nous allons démontrer le résultat suivant :
THÉORÈME 1.1. - Sous-les
hypothèses (Hl), (H2), (A) et (HK),
pouY toutsymbole a ES (1),
.’Grâce à ce
théorème,
nous prouvons, sousl’hypothèse d’ergodicité,
lerésultat
(R)
annoncé dans l’introduction sur la concentration des fonctions propres communes ausystème d’opérateurs (cf.
théorème2 . 8, § 2).
Pour démontrer le théorème
1. 1,
nous allons faire uneestimation,
pour h tendant vers0,
de la somme~ (
avec unÂ. j E AQ ~h~ n K (h)
reste
égal
à un(9(/!’"volK(A)),
que nous obtenons par un calcul directinspiré
de[He-Ro] [2].
Nous démontrons ainsi le résultat suivant :
THÉORÈME 1. 2. - Sous les
hypothèses (Hl), (H2), (A) et (HK),
pourtoute fonction a ES (1),
on a l’estimation suivante : .’avec R
(h)
= o K(h)].
Plus
précisément,
si K était uncompact fixe,
on aurait : .’Annales de l’Institut Poillèaré - Physique ’ théorique ’
Mais la constante
CK
n’est pas bornée si K décrit unefamille
decompacts
se contractanx sur À. Sous
l’hypothèse (HK),
on obtienht :pour tout s tel que et 1.
Le théorème 1.1 est une
conséquence
directe de ce résultat.Dans ce
paragraphe 2,
nous nousplaçons
dans le contexteergodique :
nous étudions d’abord le cas des
systèmes intégrables
où le résultat estune
conséquence
directe de l’existence des coordonnéesaction-angles ; puis,
dans le cas où v est strictement inférieur
à n,
nous démontrons le résultat(R)
àpartir
du théorème 1.1.Enfin,
dans le dernierparagraphe,
nousdémontrons le théorème
2,
et nous en déduisons le théorème 1.1.2. LE CONTEXTE
ERGODIQUE
On suppose que le
système d’opérateurs
satisfait àl’hypothèse d’ergodi-
cité
(HE) :
Le flot
global
des hamiltoniens i, ... , v estergodique
sur~~,
i. e. :pour presque tout
(x, ~) E ~~ (au
sens de la mesure et pour toutoù
B(0, R) désigne
la boule de centrée en 0 et de rayon R.Lorsque
l’on a un contexte deplusieurs opérateurs qui
commutent, le flot de chacun d’eux ne
peut
pas êtreergodique, puisqu’il
existe alors des
fonctions,
non constantes presquepartout, qui
sontconstantes sur ses
trajectoires.
Pour la mêmeraison,
le flotglobal
d’uncertain nombre d’hamiltoniens ne
peut
pas êtreergodique
si on a oubliéun hamiltonien en involution avec eux. Il est donc nécessaire de considérer le flot
global
du nombre maximal d’hamiltoniensindépendants
en involu-tion.
Suivant que le nombre des
opérateurs
considérés est strictement inférieurou bien
égal
à ladimension
del’espace, l’hypothèse d’ergodicité
a desconséquences
différentes.PROPOSITION 2.1. ~
(i) Sous l’hypothèse (HE),
pour presque tout(x, ç)
E03A303BB (au
sens de la mesure03C303BB),
latrajectoire
duflot global
issue de(x, ç)
est partou dense dans(ii)
Sousl’hypothèse (HE), si
v est strictementinférieur à
n, l’ensembledes
points
de lafibre
d’oùpart
unetrajectoire périodique
est de mesure 03C303BBnulle.
Démonstration. -
(i)
Eneffet,
soit(x, ç) E LÀ
tel que l’on aitl’égalité
de
(HE).
Supposons
l’existence d’unpoint (y, possédant
unvoisinage
Wdans
LÀ
ne rencontrant pas latrajectoire
du flotglobal passant
par(x, ~).
On
peut
alors construire une boule non vide V contenue dansW,
et une fonction acontinue, positive, égale
à 1 sur V et àsupport
dans W. On aurait alors :ce
qui
estimpossible.
(ii)
Si v est strictement inférieur à n, alors unetrajectoire périodique
nepeut
pas être dense dans lafibre, puisque
l’on a :ce
qui implique :
alors que la codimension de la fibre est
égale
à v.Sous
l’hypothèse (HE),
l’ensemble despoints
de la fibre d’oùpart
unetrajectoire périodique
est donc de mesure nulle.PROPOSITION 2 . 2. - Si v est
l’hypothèse (HE)
estvéri, f ’iée
dèsque le
système d’opérateurs (Q 1 (h),
...,satisfait
auxhypothèses du
théorème de
Liouville,
i. e. si c’est unsystème intégrable
compacteset connexes, tel que le déterminant des
périodes
soit non nul.Démonstration. - Dans le contexte du théorème de
Liouville,
onpeut
définir l’action 1 dusystème
auvoisinage
de1~.
Alors lesystème d’opéra-
teurs
... , Qv)]j=1, ... , 03BD
a un flotglobal 03A6 périodique,
depériode égale
à(2 ~,
...,27r).
désigne
le flotglobal
des hamiltoniens pour~=1, ... , v.)
Si le déterminant
1..-
est non nul auvoisinage
de la fibreLÀ’
alors onpeut
utiliser les coordonnéesaction-angles,
et on obtient :où
(cpl,
...,(pj désignent
lesangles
et(y l’
...,y n)
unsystème
decycles
de base du tore
auquel
la fibre estdifféomorphe;
onpeut
d’ailleurs choisircomme
cycles
de base lestrajectoires
des nouveaux hamiltoniensAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
~ô)~ _ ~ , ... , n.
Deplus
la mesure(2 71:)"
/B ... /Bdcpn
coïncideavec
lamesure de Liouville sur la
fibre, puisqu’elles
sont obtenues toutes les deuxen normalisant la mesure
quotient
de pardpô
/B ... /Bdpô. (2 . 5)
devient alors :
où
6~ désigne
la mesure de Liouville sur la fibreE~
1[1 (À)], qui
coïncide avec 6~.
On en déduit alors aisément de
(2.6) l’égalité
de(HE)
pour tout(x, ç)ELÀ .
Nous allons maintenant démontrer le résultat annoncé dans l’introduction Tout d’abord nous allons faire une réduction au cas où le
symbole
aest à
support compact
auvoisinage
de la surfaced’énergie
À :LEMME 2 . 3 . - Soit
W (h)
unefonction
propre commune auxopérateurs (Qi (h))i=1,
..., v’normalisée,
associée à la vapeur propre À(h)
telle que À(h)
converge vers À
quand
h tend vers 0.Alors,
pour toutsymbole
a E S( 1 )
tel que supp an q~
1(À)
=0,
on a :Preuve. - Soit
v
Z ~) - ~,i (h)] 2
est minorée par une constante strictementpositive
i= 1
pour h suffisamment
petit, quand (x, ç)
décrit lesupport
de a.Alors
opwhbh
définit unopérateur pseudo-différentiel
fonction deQ1 (h),
...,d’après
le calcul fonctionnel h-admissible établi dans[Cha].
On a en
particulier
ce
qui
démontre le lemmepuisque
l’on a évidemmentEn itérant la construction
précédente,
on démontre en fait que(A), ~ (/!) )
est un 0Dans ce
qui suit,
nous allons utiliser unargument
detype Egorov
que "l’on déduit facilement par itération du cas d’un seul
opérateur (cf [Ro]) :
PROPOSITION 2 . 4. - Pour tout
a E S (1)
et pour tout t~1£
on a :avec le 0
uniforme
sur tout borné par rapport à t et Oû t . Qy ~h>désigne l’opérateur e‘h 1 t1.
Q1 (h) o ... oeih-1tv.
Q(h),
et leflot global l>tl
. .. oI>~
v .Pour démontrer le résultat annoncé dans
l’introduction,
la démarcheest différente suivant que l’on est dans le cas v n ou dans ie cas v = n.
Nous allons commencer par étudier le cas v = n, pour
lequel
nous allonsnous
placer
dans le contexte du théorème de Liouville. Le résultat(R)
enest alors une
conséquence
directe:Premier cas: v = n
Si le
système d’opérateurs
estintégrable,
à fibrescompactes
et connexes, et s’ilpossède
des coordonnéesaction-angles, l’hypothèse (HE)
est satis-faite. On se
place
dans ce contexte, et on démontre. le résultat annoncé(R)
pour toute famille de fonctions propres normalisées communes auxopérateurs (Qt (h))i =1,
... , ~, associées à une famille de valeurs propresconvergeant
vers Àquand
h tend vers 0 :THÉORÈME 2 . 5. - S’i v=n, sous les
hypothèses (H 1 ) (H2)
et(A),
et si lesystème d’opérateurs satisfait
aux conditions du théorème deLiouville, alors,
pour toute
famille (cp
defonctions
propresnormalisées,
communesaux
opérateurs (Q~ (h))~ =1,
... , n- associées à des valeurs propres(À (h))
tellesque la
famille
À(h)
converge vers Àquand
h tend vers0,
on a, pour toutsymbole
a E S( 1 ) :
Dans le contexte du théorème de
Liouville,
on note1 une fonction
appartenant
àC~ (fR"),
à valeurs dans coïncidant avecl’action dans un
voisinage
de À. Alors la relation ...,Qn), pour j = 1,
..., n, définit unopérateur pseudo-différentiel
h-admissible.On note po =
(pô,
...,pô)
les nouveauxhamiltoniens, ~t
leur flotglobal,
dont on sait que les
trajectoires
sontpériodiques
depériode (2 71:,
..., 2Tt).
Alors,
en notant lecomposé
desopérateurs
~~‘~ pourj = l,
... , n, et en utilisant laproposition 2 . 4,
onpeut écrire,
pourtoute fonction propre
(p(A) normalisée,
commune auxopérateurs
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
où B
(h) désigne l’opérateur
D’après
le lemme2.3,
onpeut toujours
supposer a àsupport compact
au
voisinage
de1~.
On a alors :où~=~(~)[~.(2.6)].
Alors
(2.7) peut s’écrire,
sia(x, 1;) désigne
lesymbole r
JE~
car
â (P)
a poursymbole principal
Maisâ (P) cp (h) = a (I (~,)) cp (h),
et on a donc :
Le second membre de
(2 .10)
converge versquand
h tend vers0,
cequi
donne le résultat.Remarque. -
Comme lesuggère
lerapporteur,
onpeut
aussi démontrer le théorèmeci-dessus,
et même lepréciser,
par une méthode BKW :En
effet,
onsait, cf. [Cha],
que lapartie
duspectre conjoint
desopéra-
teurs ... ,
Qn) qui
se trouve dansl’image
par l’action 1 ducompact Ko,
se situeprès
despoints
du oùY
= (Y;); =1, ... n~ Yj
étantl’opposé
de la moyenne, sur unetrajectoire
duflot hamiltonien de ... , du
lagrangien
de cethamiltonien,
et a E et que, «
près »
dechaque point
du réseauappartenant
à 1(Ko),
se trouve un élément et un seul de ce
spectre conjoint.
,De
plus,
pour touttriplet (Il,
’t,h)
EKo x
~n x] 0, ho]
satisfaisant auxconditions de
quantification
on
peut
construire(cf. [Fe-Ma]),
sous leshypothèses
du théorème deLiouville,
desquasi-modes °~r~~, ~, h~
normalisés dans22, approchant
lesfonctions propres communes, au sens où il existe une vraie fonction propre
et une
seule,
commune auxopérateurs (Q~)~ -1, ... n,
soit~~~, ~, h~,
vérifiant :où le (9 est uniforme par
rapport
à(~,,
’t,h)
vérifiant(*).
On
peut
alors retrouver le résultat du théorème2.5,
et mêmeun résultat
plus précis
à savoir undéveloppement asymptotique
de( oph a
cp(h),
cp(A) )
au lieu de la limiteseule,
endéveloppant ( oph a °Bf1Üt, ’r,
h~,°~r~~, ~, h~ ~
par la méthode de laphase
stationnaire[Du]).
"
Deuxième cas : v n
Interprétation
du résultatLes résultats de
[He-Ma-Ro] permettent d’interpréter
le résultat du théorème 1 . 1 comme une convergence au sens des mesures de Radonsur
f~2n :
On note
u~
la mesure deprobabilité
définie de lafaçon
suivante :où
opAwh a désigne l’opérateur
deh-symbole
anti-wickégal
à a.opAwh a
vérifie les
propriétés
suivantes :LEMME
2 . 6 (cf .
parexemple [He-Ma-Ro]). - (1)
Laanti-wick respecte la
positivité :
.’(2)
Pour toutsymbole
a E S( 1 ),
on a : .’Le résultat du théorème 1.1
peut
s’énoncer alors de lafaçon
suivante :PROPOSITION 2.7. - Sous les
hypothèses (Hl), (H2), (HK) on a :
.’au sens de la convergence vague des mesures de Radon sur
~2n,
où S(K, h) désigne
l’ensemble desindices j
tels que03BBj
EAQ n
K(h).
Annales de l’Institut Herzri Poincaré - Physique théorique
Nous obtenons
alors,
sur la concentration des valeurs propres, le résultat suivant :THÉORÈME 2 . 8. -
Alors,
sous leshypothèses (Hl), (H2), (A), (HK)
et(HE),
il existe unensemble d’indices M
(h)
c S(K, h)
tel que: .’(2)
Pour tout a E S( 1 )
et pour touteapplication
ona:
la convergence étant
uniforme par rapport à
’l’application j.
(3)
II est laprojection :
.’(x,
pourtout ouvert D de 1£ .-
pour toute
application j : .’ /ïe]0, hl] ~ j (h) E M (h).
Démonstration du théorème 2 . 8
Point
(3).
Le résultat de concentration(3)
découle facilement despoints ( 1 )
et(2) :
Grâce au lemme
2 . 3,
onpeut
supposer D relativementcompact.
Alors pour tout
8>0,
il existe une fonctionidentique
à 1sur
D,
telle queavec
pour h suffisamment
petit,
et pour touteapplication j
à valeurs dans S(K, h).
L’application
dupoint (2)
ausymbole
a(x, ç)
= x(x)
donne alors:pour h suffisamment
petit.
Démonstration des
points (1)
et(2)
On utilise le résultat du théorème 1.1.
En suivant la démarche de
[He-Ma-Ro],
on démontre laproposition
suivante :
PROPOSITION 2.10. - S’ous les
hypothèses (H 1 ), (H2), (A),
vest strictement
inférieur à n,
on aOn
reprend
celle de[He-Ma-Ro],
à ceciprés qu’on
utilise le flot
global
des hamiltoniensqô,
...,qô.
On introduit la fonction
FR égale
à :où
désigne
le flotglobal
des hamiltoniensqô,
... ,qô.
On a alors :Le
premier
terme estégal
à :Mais on
peut écrire ( opAwh a Pj (h), (/ï) )
sous la forme :ce
qui, d’après
laproposition 2 . 4, permet
d’avoir :Soit alors T
(K, h, £)
l’ensemble desindices j
pourlesquels
on a :Annales ’ de l’Institut Henri Poincaré - Physique ’ théorique ’
#T(K, h, s)
vérifie :où
c, R désigne
le second terme de(2 .17).
Notons
On a :
En
effet,
si on choisit une suite croissante de nombrespositifs,
soiton note
An l’ensemble
suivant :on forme ainsi une suite croissante d’ensembles pour
lesquels
on a :Par
ailleurs, l’ergodicité
du flotglobal
surLÀ
prouve l’existence d’unepartie
B cLÀ
vérifiant(2 . 24)
et(2.25) :
On a donc
~ U L
cequi
conduit à(2.21).
ne ~
Nous pouvons alors écrire :
En
effet,
pour tous8>0, 8>0, R>0,
on construit une fonction continue~4,
E vérifiant :Par
ailleurs, d’après (2.21),
on a :et l’estimation du théorème 1 . 1
permet
d’écrire :pour R fixé ~
R§
t.On a ainsi
(2.26).
En
effet,
onpeut
écrire :et on a donc :
ce
qui
donne(2. 30).
Mais, pour j~S03B4,
on a :Choisissons alors Õ tel que
,~
On en
déduit,
pour R convenablementchoisi ~
que l’on a :La
proposition
2.10 est ainsi démontrée. []Le travail fait dans
[He-Ma-Ro],
sans aucunemodification, permet
deconstruire,
pour a donné dansS ( 1 ),
un ensemble d’indicesM (h) qui
satisfait aux
propriétés
suivantes :Annales de ’ l’Institut Henri Poincaré - Physique ’ théorique ’
pour toute
application j:h ~ j(h)~M(h), puis
de construire un ensemble d’indices convenant pour toutOn obtient ainsi le
théorème 2.8. []
3. DES
THÉORÈMES
1.1 ET 1.2(i)
Démonstration du théorème 1.2.’ On seplace
sous leshypothèses
du théorème
1.2,
et on cherche à estimerOn commence par ramener l’estimation de cette
quantité
à celle d’uneexpression
du même genre avec unopérateur pseudo-différentiel
dont lede
Weyl
est minoré par un nombre strictementpositif,
etqui peut
alorss’écrire,
module6~ (A),
comme le carré d’unopérateur pseudo-
différentiel.
LEMME 3.1
(Réduction). - On peut
ramener laquantité à
estimerà celle
expression
du type :où C
(h)
est unopérateur pseudo-différentiel
h-admissible : C(h)
= e, dantle
symbole
eappartient
à ta classe S(1),
et est minoré surR2n
par une constanteCo
strictementpositive.
est minoré par une constante ao. Choisissons
ôo
telque a~, +
00
soit strictementpositif.
On obtient alors:vérifie la condition
requise,
et est de la mêmeforme avec un
symbole égal
à1,
donc vérifiant les bonnes conditions.On écrit alors
a + b~, = c~,
où on choisitc ~x, ~) ~
pour tout(x, ~).
est unopérateur auto-adjoint
dans ets’écrit :
Quitte
àrestreindre,
par une troncature, lesupport
de c à unvoisinage
d’un
compact
fixe contenant tous lesK (h),
onpeut
supposer queD (h)
est lui aussi borné dans
L2 (W),
avec une normemajorée indépendamment
de h.
On obtient ainsi :
avec 1 R1 (h) 1 majorée
par un terme de la formeDo
hNK (h),
où
Do
est une constante.Étude
del’expression
On utilise la démarche de
[He-Ro] [2] qui
est basée sur une estimationfine de
l’expression :
où xh
EC~ (~V)
estégale
à 1 sur K(h),
et a sonsupport
dans unvoisinage U (h)
deK (h)
que l’on choisit de la forme :où B
(0, T) désigne
la boule de centre 0 et de rayonT,
et où s vérifie :et
La différence entre S
(h)
et ~(h)
est donnée par le lemmesuivant :
LEMME 3.2 :
Plus
précisément RK (h) satisfait à
’ lamajoration :
.’où
Co
est une constante strictementpositive.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
.
Pour démontrer le
lemme,
etégalement
pour estimer S(h),
on introduitdes fonctions p et e
possédant
lespropriétés
suivantes :On
désigne
par6~
la fonctionégale
à :Toute cette
partie s’appuie
sur laproposition
suivante:PROPOSITION 3.3. - Soit
f
EC~ (f~‘’),
0-f _ 1, égale
à 1 sur un bornéU 0
contenant lessupports
desfonctions
xh pourh _- ho,
et ne contenantaucune valeur
critique
de qo[cf. (A)].
On a l’estimation suivante:N
où le 0 est borné ’
uniformément
parrapport à "C quand
"C décrit un borné.De
plus
Démonstration. - Notons
1~ (h) l’expression
àestimer,
soit :I (h)
estégal :
où
t. Q (h)]
est la trace, au sens des distributionssur
1£
del’opérateur
Onpeut
encore écrire :On
approche
1 t . Q ch~par un
opérateur intégral
de Fourier dont
l’amplitude
est àsupport compact,
de sorte que sa trace estl’intégrale
du noyau sur ladiagonale.
L’étude ducomportement
decette
intégrale quand
h tend vers 0 est alors tout à faitidentique
à cellequi
a été faite dans[Cha]
pour obtenirl’expression
desmultiplicités
deséléments du
spectre conjoint.
Elle se fait en utilisant le théorème de laphase stationnaire;
l’étude de la variétécritique
montre que t est nécessaire-ment une
période
du flotglobal
deshamiltoniens
pourz== 1,
... , v. On choisit alors lesupport
de p defaçon
à cequ’il
ne contienne commepériode
que t = o. On obtient alors :où les
fonctions
sont bornées sur toutcompact,
et le 0 est uniformepar
rapport
à ’t dansDo.
De cette
proposition découlent,
pour l’estimation deS(~),
les résultatssuivants :
f
étant une fonction comme dans laproposition 3. 3,
on noteNh
la mesureégale
à :Si
~h désigne
la fonction x -~ x~( - x),
onpeut
écrire S(h)
sous la forme :[on rappelle
que xh est la fonction définie en(3.4)].
PROPOSITION 3.4. - Avec les notations
précédentes,
on obtient les estimations: .’où
(Ij
*xh) (0),
et oùRN (h)
estmajoré indépendamment
de h pourh ~ h0, ho suffisamment petit,
et est de lasi
RN (h, t’)
est le reste dans laproposition
3 . 3.Nous allons commencer par démontrer le lemme 3
.2, puis
iaproposition
3 .
4,
et nous en déduirons le théorème 1. 2.Démonstration du lemme 3 . 2. - Il découle du lemme suivant:
LEMME 3.5. - Pour tout borné
Uo
contenantK(h)
pour tout pour toutU 0’
et pour toutefonction f
EC~0(Rv),
telle que o_, f’_ l,
on aAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
.’
où le 0 est
uniforme
’ parrapport à
T dansDo.
Démonstration du lemme ’ 3.5. - Les
propriétés
des fonctions 8permet-
tent
d’écrire,
pour tout ’t :Recouvrons la boule de centre i et de rayon h par un nombre fini N
£2
de boules de rayon £2 h. On obtient :
On estime alors le second membre en utilisant la
proposition 3. 3,
cequi
donneavec un (9 uniforme par
rapport
à ’t dansUo.
La somme semajore
paret on obtient ainsi le lemme 3.5. []
Revenons alors au lemme 3 . 2 :
On recouvre par un de boules de rayon /ï.
On obtient ainsi
Par
ailleurs,
onpeut
trouver un recouvrement de U(~~~K ~~~
vérifiantla condition suivante : il existe
Co > 0
tel que l’on ait :En
effet,
l’union des boules de "rayon h
recouvre " une bande " débordantde
(U(~)BK(/!))
d’un volume " auplus égal
où C est uneconstante. On en déduit la
majoration (3.11),
car on a :(3 . 10)
et(3 . 11 )
donnent surRK (h),
lamajoration :
qui
fournitbien, puisque
le volume deK (h)
estsupérieur
à lerésultat du lemme 3 . 2. .
Démonstration de la
proposition
3 . 4. -Soit ~
unparamètre indépendant
de
h;
on considère la famille decompacts K(~),
et les donnéesqui
luisont associées S
()
et U(~)
en(3 . 4)
et(3 . 5),
danslesquelles
onremplace
h par . Soit alors
S~(A)==(~ ~N~)(0).
Nous allonsestimer, quand
h tendvers
0,
lecomportement
duproduit
de convolution(~ ~ Nh) (m),
où mdécrit un
voisinage
de 0 dans [R"Estimation de
[6h * (~ ~ Nh)] (m)
Comme toutes les convolutions ont un sens, on
peut
écrire :La
proposition
3 . 3 donne l’estimation de(6h * (’r) :
d’où l’on déduit :
etona:
En effet :
x~
estmajorée
par 1 et àsupport
dansUo,
et T,- m)
est bornécar T décrit V +
Uo
où V est levoisinage
de 0 décrit par m.Pour
[0~(x~~)](~
on a undéveloppement asymptotique
modulo(9
(h (0),
dont les coefficients sontégaux
à(1 j * x~) (m). 1
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
Estimation de
(8h
*~) (m) - [eh
*(~
*(m)
Posons
Mh = (~ ~ Nh).
On aalors,
en notant A(m)
laquantité
à estimer :Si on pose ’t = cr
h,
il vient :Maisona:
et donc :
L’expression
entre crochets vautp(0)-p(/~)=l-p(/~).
On obtientalors:
Après changement
de variable :On a donc :
Or
XI’ appartient
à !/(!R").
On vapouvoir
estimert03B1 h|03B1| XI’ (-t h) et en
déduire une estimation de A
(m)
en fonction de /! etde :
Chaque
dérivation faitperdre ~ ~~.
On en déduit alors :où
Ca
est une constantepositive.
Cequi
donne :Utilisons l’estimation
(3 . 17)
dans(3.15).
Nous obtenonsalors, puisque 1- p (t)
estidentiquement
nul dans la boule de centre 0 et de rayon El’la
majoration :
soit:
Comme
/
est àsupport
dans uncompact fixe,
une estimationgrossière
de ta montre
qu’elle
estégale
à un0(/~").
/
~~~2 -v
Par ailleurs 1
+-*2014 ( 1- 03C1(t))
estintégrable
sur[RB
etl’intégrale
estmajorée
parCv h2v, car 1-
p(t)
est àsupport
dans lecomplémentaire
dePhysique théorique