Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable
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N° 46 Mai 2012Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
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Veille météo et climat
Déficit pluviométrique en France métropolitaine
Selon le BRGM, 80% des réservoirs affi chaient au 1er mai 2012 un niveau inférieur à la normale.
Déficit pluviométrique en France métropolitaine
Conditions générales durant la période de recharge
Les précipitations recueillies entre septembre 2011 et mi-mars 2012, période propice à la recharge des nappes souterraines, ont été défi citaires sur la quasi totalité du territoire. Les défi cits sont très marqués sur l’Ouest et le Sud-Ouest atteignant 30 % sur la Basse- Normandie, la Bretagne, les Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes, l’Aquitaine et jusqu’à 50 % sur Midi-Pyrénées. A l’échelle de la France, la période de recharge est défi citaire de près de 20 % : le défi cit atteint est sensiblement plus sévère qu’en 2011 et proche de celui de 2005.
Conditions durant l’automne (septembre-octobre- novembre)
Les pluies de l’automne ont été très contrastées. Elles ont été nettement excédentaires sur les zones méditerranéennes, mais très largement défi citaires partout ailleurs. Dans l’Ouest, le Sud-Ouest et le Nord-Est, les défi cits de précipitations ont été souvent supérieurs à 50 %, parfois même à 60 %.
Conditions durant l’hiver (décembre-janvier-février)
Sur l’ensemble de l’hiver, le bilan pluviométrique est extrêmement défi citaire sur les régions méditerranéennes avec des cumuls de pluie souvent inférieurs à 20 % de la normale : cet hiver s’y classe parmi les plus secs depuis 1959. Sur le reste de la France, le bilan est contrasté.
Les défi cits sont très marqués sur le Sud-Ouest où les cumuls de pluie ne correspondent parfois qu’à la moitié des normales. Ils sont importants sur la Bretagne et les Pays-de-la-Loire avec des cumuls de l’ordre de 80
% des normales. Ailleurs, les pluies ont été plus proches des moyennes de référence, voire parfois excédentaires sur le nord et le nord-est de la France.
Conditions de mars et avril 2012 (décembre-janvier- février)
Les précipitations ont été rares durant la première quinzaine de mars, seul l’extrême nord ayant connu des pluies conséquentes. En revanche, les précipitations durant ce mois d’avril ont été excédentaires de 70 % par rapport à la normale, situant ce mois au 5ème rang des mois d’avril les plus pluvieux depuis 1959. Alors que le pourtour du golfe du Lion a été peu arrosé avec moins de 10 jours de pluie, de la façade atlantique au Limousin, le cumul pluviométrique atteint 2 à 3 fois la normale avec plus de 16 jours de pluie en Bretagne et 0 à 26 jours du sud de l’Aquitaine au sud-ouest de l’Auvergne.
Le bilan des nappes
Cette situation pluviométrique conduit à observer pour ce mois d’avril 2012 une évolution des ressources en eau souterraine vers la stabilité voire la hausse pour la très grande majorité des points de suivi (75%).
Seule une partie désormais plus réduite des points (25%) est encore baisse en ce mois d’avril. La période habituelle de recharge des nappes de début d’année a été peu effi cace jusqu’en mars mais les pluies d’avril ont sensiblement amélioré la situation.
Les niveaux demeurent encore le plus généralement inférieurs aux normales. Le niveau des nappes à fi n avril 2012 est en hausse pour 35% d’entre elles, en baisse relative pour 25% et stable pour les 40%
restant.
L’état de remplissage des aquifères se maintient très majoritairement sur des valeurs inférieures à la normale en cette fi n avril 2012. Il est assez peu contrasté : inférieur à la moyenne pour 77 % des points suivis, égal à la moyenne pour 12 % et supérieur à la moyenne pour les 10 % restants.
Les précipitations des prochaines semaines seront sans doute déterminantes pour éviter un détériotation de la situation.
Evolution récente En hausse
En baisse
Trés supérieur à la normale Supérieur à la normale Niveau normal Inférieur à la normale Trés inférieur à la normale
Terrain sédimentaire à nappes de grandes capacité Terrain sédimentaire sans grandes capacité Terrain cristallin sans grandes nappes Zones alluviales sans grandes nappes Stable
Niveau des nappes Type d’aquifère
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N° 46 Mai 2012Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
www.developpement-durable.gouv.fr La grande variabilité des précipitations au sein d’un système orageux ne permet
pas encore la prévision fi ne des quantités de pluie. Par exemple, lors du dramatique épisode du Var de juin 2010, on a mesuré, en un point, un maximum de précipita- tion dépassant 400 mm sur l’épisode et moins de 100 mm à quelques dizaines de kilomètres. L’état de l’art en la matière permet seulement d’indiquer un « potentiel
» de pics ponctuels très forts. Face à cette diffi culté, le service APIC (Avertissement aux pluies intenses à l’échelle des communes) permet d’évaluer en temps réel le niveau de sévérité des précipitations observées.
Il ne s’agit pas d’une prévision. Mais l’expérience acquise par Météo-France indique que le franchissement de certains seuils de quantités de précipitation est un bon précurseur de conséquence hydrologiques de type ruissellement en zone urbaine ou crues soudaines de petits cours d’eau. Le délai entre l’identifi cation du carac- tère exceptionnel des précipitations et les problèmes de terrain est souvent court, mais il peut néanmoins permettre l’activation des mesures appropriées aux cas d’inondation rapide, notamment pour les communes dotées d’un Plan communal de sauvegarde (PCS). Face à la rapidité d’évolution de la situation dans les cas de pluies orageuses extrêmes, le service APIC est actuellement la meilleure réponse possible pour avertir les communes sans délai. Tout d’abord, le réseau de radars hydro-météorologiques, toujours en amélioration, fournit une estimation en temps réel des quantités de précipitations.
Les récents progrès de la méthode d’évaluation des lames d’eau à partir des radars,
tirant parti des capacités de mesure polarimétrique et de la réduction des problèmes d’artefacts, de propagations exceptionnelles ou d’atténua- tion, permettent, là où la qualité de la donnée radar est suffi sante, une estimation des pluies au sol à la résolution du kilomètre-carré. Avec le réseau radar actuel, plus de 75 % des communes de métropole ont d’ores et déjà une couverture radar de qualité suffi sante pour être éligible au service APIC. L’extension du réseau en zone montagneuse et en plaine, en projet, permettra l’extension de la couverture du service APIC. La commune doit avoir une étendue suffi sante pour disposer au minimum d’une dizaine de pixels radar de 1 km2.
Pour chaque pixel et en temps réel, la quantité de précipitations au sol, évaluée par le radar, est comparée aux quantités pré-calculées corres- pondant à certaines durées de retour. Ainsi, selon sa durée de retour, on peut qualifi er le niveau de sévérité de la précipitation en cours. Enfi n, si plusieurs pixels radar font apparaître des pluies exceptionnelles, un avertissement en direction des responsables de la commune est automatique- ment généré. Il est transmis sous forme de message vocal, de SMS sur téléphone portable et de courrier électronique. Si ce dernier maillon de la chaîne est une affaire de télécommunication, il n’en reste pas moins un réel défi technique. L’ensemble de la « chaîne APIC » est automatisé et fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Au cours de l’été 2011, une expérimentation a été menée avec des communes volontaires. Elle a permis de vérifi er le bon fonctionnement du système de bout en bout, notamment lors des épisodes orageux de fi n d’été. Mieux encore ! L’expérimentation a montré que, le plus souvent, les APIC émis correspondaient à des problèmes d’inondation locale, révélés a posteriori par des informations de terrain. Le service APIC est opération- nel depuis la fi n de l’année 2011. Le service est gratuit. Il revient aux communes de s’abonner et de renseigner les coordonnées des destinataires des avertissements. Un site Internet dédié leur est réservé à cet effet : https://apic.meteo.fr/
Pour les précipitations du trimeste mai, juin et juillet 2012, il n’est pas possible de privilégier un scénario d’évolution, sauf pour la Polynésie et Wallis et Futuna
Au cours du prochain trimestre, les températures de surface de la mer devraient poursuivre leur réchauffement dans l’océan Pacifi que tropical où la question du développement d’un évènement « El Niño » devient pertinente pour le second semestre 2012.
En France métropolitaine, les températures moyennes devraient être supérieures aux normales de saison. Pour les cumuls de précipitation, aucun scénario ne se dégage.
Aux Antilles, pour les températures comme pour les cumuls de précipitation, aucun scénario ne se dégage. Le début de la saison cyclonique devrait connaître une activité proche de la normale. En Guyane, les températures moyennes devraient être conformes aux normales de saison alors qu’aucun scénario n’est privilégié pour les cumuls de précipitation.
À La Réunion, les températures moyennes pourraient être supérieures aux normales de saison et il n’y a pas de scénario privilégié pour les précipitations.
À Mayotte, pour les températures comme pour les cumuls de précipitation, aucun scénario ne se dégage.
En Nouvelle Calédonie, les températures moyennes devraient être supérieures aux normales saisonnières mais il n’y a pas de scénario privilégié pour les précipitations.
À Wallis et Futuna, les températures moyennes et les cumuls de précipita- tion devraient être supérieurs aux normales saisonnières.
En Polynésie, les cumuls de précipitations devraient être inférieurs aux nor- males de saison mais aucun scénario ne se dégage pour les températures moyennes.
Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable 92055 La Défense cedex Tél. 33 (0)1 41 81 64 20 Collège Gestion Intégrée de l’Eau, Collège Energie et Climat
Responsable de la publication : Dominique Marbouty Rédacteur en chef : Philippe Boiret
Comité de rédaction : Henry Boyé, Daniel Burette, Bernard Flury-Hérard, Patrick Marchandise Assistance mise en page et PAO : Françoise Crémona, SG/SPSSI/ATL2 Benoit Cudelou
APIC (Avertissement aux pluies intenses à l’échelle des communes) est un service gratuit d’avertissement de pluie intense réservé aux responsables des communes.
2012 A-M-J M-J-J
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France métropolitaine > ? > ?
Antilles = ? ? ?
Guyane = ? = ?
Réunion > ? > ?
Mayotte = ? ? ?
Nouvelle-Calédonie > > > ?
Wallis et Futuna ? < > >
Polynésie = ? ? <
St-Pierre et Miquelon > ? > ?
T : température RR : précipitations Gris : pas de scénario privilégié Orange : chaud ou sec Bleu : froid ou humide Vert : norma