1 Pour le département de l'Ardèche, les faits les plus marquants en 2018 sont les suivants :
une explosion du Sphaeropsis des pins dans tous les peuplements de pins noirs de la moitié sud du département. A un niveau plus faible, ce pathogène s'est également manifesté en nord Ardèche. L’expression de ce pathogène est en lien direct avec la sécheresse intense de 2017
l'extension de la pyrale du buis, qui est dorénavant présente dans toutes les zones de buis du département, à des niveaux divers selon les secteurs, mais souvent très fort avec des défoliations totales.
le développement très important du Bombyx Disparate dans les Gorges de l'Ardèche ainsi que dans d'autres secteurs, comme la vallée de l'Eyrieux. Grâce aux pluies abondantes du mois de juin, l'impact paysager a été très modéré.
la poursuite du dépérissement des châtaigniers lié à l’encre sur des centaines d'hectares des versants de la vallée de l'Ardèche. Très nombreuses mortalités sont présentes avec un im- pact paysager très important.
de nouvelles mortalités significatives sur douglas liées à la sécheresse importante de l'été.
Bilan de la santé des forêts Ardèche
- 2018 -
Indicateurs de la santé
Etat de santé des
essences Principaux problèmes
Châtaignier Cynips, sécheresse, encre, dépérissements
Frêne Sécheresse
Douglas Sécheresse
Epicéa Sécheresse, fomès
Pins Processionnaire du pin, Sphaeropsis sapinea, sé- cheresse
Sapins Pissode
Cèdres Dépérissement
Mélèzes Chancre
Etat de santé : = bon = moyen = médiocre
Faits marquants
2 L’année 2018 a été très contrastée sur le plan
climatique :
des pluies abondantes au cours du premier semestre avec, au mois de mars, un record de pluviométrie depuis 1992.
une sécheresse importante au cours de l’été avec, au mois de septembre, un record de déficit hydrique depuis 1992.
En plus de ces contrastes, il a été observé :
une canicule assez longue de juillet à août.
de nombreux cas de mortalité ou de fai- blesse sur plusieurs essences, cas directe- ment liés aux sécheresses de 2017 et 2018.
Les essences les plus vulnérables semblent être le douglas en dessous de 500 m d’alti- tude, le chêne vert dans certaines zones, les érables, le frêne et le robinier dans la vallée de l’Eyrieux.
plusieurs épisodes de grêle en montagne début mai. des gels assez sévères en fin d’été au- dessus de 1400 m.
des bris de branches sur le massif du Coiron liés à un épisode de neige lourde fin octobre.
A noter que ces dégâts ont plus impacté les feuillus que les résineux.
Suivi des principaux problèmes
Evénements climatiques de 2018
2014 2015 2016 2017 2018 Toutes
essences
Sécheresse estivale
Dégâts de gel tardif au printemps
Feuillus
Défoliateurs précoces du chêne Bombyx disparate
Oïdium du chêne
Résineux
Processionnaire du pin Typographe de l’épicéa Maladie des bandes rouges Rougissement printanier Sphaeropsis sapinea Tordeuse grise du mélèze Peupliers Rouilles des peupliers
Puceron lanigère Chalarose du frêne Invasifs
Pyrale du buis
Problème absent ou à
un niveau faible
Problème nettement présent,
impact modéré
Problème très présent, impact fort
Mortalité du douglas par la sécheresse
Des mortalités de douglas sont observées dans certains secteurs de l’ Ardèche depuis l’épisode de sécheresse et de canicule de l’été 2003. De- puis cette année-là, le phénomène est plus ou moins marqué selon les années.
Elles restent toujours très présentes dans la
basse et haute vallée de l’Eyrieux ainsi qu’en Cé- vennes, et systématiquement en dessous de 500 m d’altitude, limite en dessous de laquelle il est impératif de ne plus introduire cette essence.
Ce problème s’est aggravé au printemps 2018 sur ces mêmes secteurs.
3 Pour mémoire, le bombyx disparate avait provo-
qué d’énormes défoliations entre 2005 et 2007 dans les Gorges de l’Ardèche. La pullulation des chenilles était telle que quelques infrastructures touristiques, dont des campings, avaient dû fer- mer au cours de l’été.
Une tournée, réalisée le 16 mai 2018, a permis de constater l’ampleur de la nouvelle attaque.
Celle-ci permettait de penser qu’elle entraînerait une défoliation très importante, voire totale au cours de l’été dans certaines zones des Gorges.
Des pluies abondantes au cours du mois de juin ont heureusement démenti ces pronostics, et les défoliations furent beaucoup moins importantes que prévues.
Seuls les secteurs de Vallon-Pont-D'arc et de la grotte Chauvet ont été défoliés entre 80 et 100 %. Pour le reste des Gorges, les défoliations furent assez irrégulières mais néanmoins impor- tantes sur de vastes surfaces. La nouvelle feuil- laison sortie juste après les consommations de
feuilles a considérablement réduit l’impact pay- sager.
La dynamique du bombyx disparate dure en gé- néral trois ans. Il est hautement probable qu’une nouvelle pullulation ait lieu en 2019.
Le bombyx disparate
Attaque de bombyx disparate — Vincent DIDIER Suite à la sécheresse particulièrement sévère de
l’été 2017 (9 mois sans précipitation dans la ré- gion du Bas-Vivarais), le sphaeropsis des pins s’est de nouveau manifesté dans la majorité des peuplements de pins noirs d’Autriche du sud de l’Ardèche.
Ce pathogène, qui avait déjà sévi à deux re- prises depuis une dizaine d’années dans cette région, a littéralement explosé entre l’automne 2017 et le printemps 2018.
L’attaque a surpris à la fois par son ampleur et son intensité :
son ampleur, parce que l’immense majorité des peuplements de pins noirs d’Autriche et Laricio sont atteints dans la moitié sud du département.
son intensité, parce que, pour la première fois, l’attaque concerne toutes les classes
d’âge : du semis à l’arbre âgé et ce dans des proportions considérables.
Des coupes sanitaires importantes, rases ou d’éclaircies, ont été entreprises en forêts pu- bliques. La forêt privée, par contre, à cause du contexte local, a réalisé très peu de coupes sa- nitaires.
Sphaeropsis sapinea
Attaque de Sphaeropsis sapinea — DSF
4
Vos interlocuteurs en 2019
[email protected] 04 75 94 80 69 [email protected] 04 75 65 21 66 [email protected] 04 75 66 70 77
Document rédigé conjointement par les correspondants-observateurs du département et le pôle Santé des Forêts
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Le dépérissement des châtaigneraies a été ob- servé de façon nette en 2015, surtout sur les ver- sants des vallées de l’Ardèche et de la Fontau- lière.
Plusieurs centaines d’hectares de taillis de châ- taigniers, issus le plus souvent d’anciens vergers à l’abandon, sont aujourd’hui morts. Ces taillis sur souches vieillissantes sont situés le plus souvent sur des sols squelettiques. Le phénomène qui affecte toutes les situations topographiques est maintenant bien visible avec un impact paysager important.
L’étude précise du phénomène conduite en 2017
a permis de confirmer que ces dépérissements sont en lien direct avec l’encre du châtaignier, un phytophtora.
Par ailleurs, les peuplements sont toujours affec- tés par le chancre (Cryphonectria parasatica) malgré la présence importante de la souche hy- povirulente.
L’observation des CO en 2018 a permis de cons- tater l’extension du dépérissement.
A noter que les châtaigneraies à fruits se sont nettement dégradées en 2018, avec une perte de production significative.
Les dépérissements du châtaignier
Pôle Santé des Forêts Auvergne-Rhône-Alpes
Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt Service Régional de l’Alimentation
16b, rue Aimé Rudel 63370 LEMPDES Tél : 04.73.42.14.97 La pyrale du buis (Cydalima perspectalis) est pré-
sente en Ardèche depuis 2015 où les premiers dégâts dans le milieu naturel ont été constatés dans la vallée du Rhône, notamment sur le site de Crussol à Saint-Péray. Le phénomène s’est ensuite étendu par les vallées perpendiculaires au Rhône.
En 2017, la pyrale s’est développée très large- ment dans le département.
Des défoliations totales ont été constatées fin juin dans de très nombreux secteurs, provoquant une vive inquiétude de la population, à laquelle les CO ont répondu par de nombreux moyens de communication. La presse nationale s’est même fait l’écho des ravages de la pyrale en Ardèche.
Sans surprise, la pyrale a continué en 2018 sa progression, couvrant ainsi la totalité des zones
de buis du département. Les défoliations sont plus ou moins fortes selon les secteurs. Dans les nouveaux territoires investis, les CO ont continué leur mission d’information, notamment dans la région d’Aubenas où la gêne des papillons fut très importante à certaines périodes.
La pyrale du buis
Buis totalement défolié par la pyrale — Vincent DIDIER
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