Ministère De L’enseignement Supérieur Et De La Recherche Scientifique
Université Mohammed Seddik Ben Yahia Jijel
Faculté Des lettres et des langues
Département de lettres et langue française
Mémoire présenté en vue de l'obtention du diplôme de master
Option : Littérature et Civilisation
Intitulé
Analyse des personnages dans Nulle autre voix
De Maissa Bey
Mémoire présenté par : Sous la direction de :
Mlle BOUYAKOUB Meriem M. AZIBI Arezki
Devant le jury :
Président : Mme Abdelaziz Radhia Examinateur : Mlle Bouhadjar Rima
Rapporteur : M Azibi Arezki
Remerciement
Je remercie en premier lieu Dieu de m’avoir accordé la
force et la volonté pour finir ce travail.
J’adresse mes remerciements également à mon directeur
de recherche M. Azibi Arezki pour sa patience, ses conseils, et
surtout pour ses orientations enrichissantes et sa disponibilité.
Je voudrais également remercier les membres de jury
d'avoir accepté l'évaluation de mon travail.
Mes vifs remerciements à Mlle Nardjes Djerourou pour
son aide et le courage qu'elle m'a donné pour réaliser ce travail.
Je remercie du fond du cœur mes parents, ma petite
famille, mes proches, à tous ceux et celles qui ont participés de
prés ou de loin, par leurs orientations et leurs conseils.
Je dédie ce travail à :
A mes chers parents, Boulaid et Fadila ;
A mes chers frères, Boudjemaa et Yakoub ;
A toutes mes chères soeurs, Houria et son époux Hamid, Eldjouher et son
époux Hichem ;
KHadidja ;
A mes petites chères nièces Arinas et Massilia.
A mon cher Yasser et ma belle-mère Farida.
A toutes mes chères amies : Manel, Bochra, Dalal, Sabah,
Hadjer, Nardjes, Fadia, Romaissa, Aicha, Imen.
A mes chers oncles, tantes, leurs époux et épouses.
A mes chers cousins et cousines Samir, Mouna, Hiba, Nesrine, Yousra,
Khaddouja Diyaa, Youcef, Adem et Ayoub.
A mes chères amies de promo littérature et civilisation pour les moments
agréables que nous avons passés ensemble.
Introduction générale...07
Chapitre I : Présentation de l'auteure et de son œuvre...11
1. Biographie de l'auteure...12
2. L'œuvre de Maissa Bey...14
3. Résumé détaillé du roman Nulle autre voix...16
Chapitre II : Personnage et paratexte...25
1. La porte de l'œuvre littéraire...26
1.1. La notion du paratexte...26
1.2. Les fonctions du paratexte...27
2. Les composants du paratexte...28
2.1. Le noir et blanc de la première de couverture...28
2.2. La symbolique du noir et blanc...29
2.3. Interface de fond vert et blanc...31
2.4. Le titre comme voix silencieuse...32
2.5. Appel à Marguerite Duras...33
2.6. La grâce des enfants...34
2.7. Le prologue...35
Chapitre III : Classification et analyse sémiotique des personnages...36
1. Qu'est ce qu'un personnage : ...37
* . La fonction du personnage dans le roman :………...39
2. Classification des personnages ...39
2.1. Les personnages référentiels...40
2.2. Les personnages embrayeurs...41
2.3. Les personnages anaphores...42
3. Le personnage vu sous un angle sémiotique...43
3.1. Le portrait physique du personnage ...44
3.3. La hiérarchie des personnages... 45
4. Le personnage comme axe de sa quête...46
5. Le caractère de l'héroïne...47
5.1. Le mode explicite...47
5.2. Le mode implicite...49
Chapitre IV : Le personnage principal vu sous l'angle psychanalytique....50
1. Les concepts de la psychanalyse...51
2. Etude psychanalytique de la femme criminelle...54
3. La notion du héros problématique...57
Conclusion générale...62 Références bibliographiques...65 Résumés………69 Résumé français………..………..70 Résumé arabe………71 Résumé anglais ………..………..72
L'écriture est la littérature, elle peut être considérée comme une démarche universelle, en tant qu’elle est le fond de tout effet littéraire ; elle est aussi un plaisir et une thérapie. Le contenu de l'œuvre s'explique par des détails donnés, aussi la société qui a un rôle très important sur la qualité du livre car tout change; les lois, les valeurs, les thèmes du livre et même la pensée de l'auteur participent à la reconstitution de l'institution appelée la littérature .
La littérature met l'oxygène au corps humain. Selon Roland Barthes « La
littérature ne permet pas de marcher mais elle permet de respirer ».1La littérature est le résultat d'activité culturelle et sociale et le texte littéraire garde toujours sa littérarité malgré l'existence du réel.
La littérature maghrébine d'expression française se divise du mot "Maghreb" et
de l'expression "langue française", se sont deux champs culturels qui se convergent, se confrontent et s'enrichissent l'un de l'autre. Elle est le lieu des ouvertures et des métissages culturels. elle se représente comme le point d'intersection entre la France et le Maghreb, riche en quantité et en qualité, elle a pu assurer une place dans la littérature internationale, et cette distinction a eu comme conséquence l'émancipation des écrivains qui ont été marginalisés pour longtemps .
Cette littérature compte plusieurs auteurs masculins ainsi qu'auteures féminins, tels Assia Djebbar, Leila Sebbar, Malika mokaddem et Maissa Bey présentée comme l'une des écrivaines qui ont donné ouverture au statut de la femme algérienne qui est un sujet abordable et présent presque dans toutes les productions littéraires.
De son vrai nom, Samia Benameur, M. Bey est une femme âgée de 69ans. Elle a enseigné le français dans l’ouest algérien où elle est l'animatrice de l'association culturelle « Paroles et écritures ». Elle est l’auteure de plusieurs romans, récits, nouvelles, pièces de théâtres, poèmes et essais. Maissa Bey est une romancière à sensibilité particulière, elle se caractérise par son style d’écriture, une écriture mobile, sombre avec un rythme lent et poétique. Son écriture exprime ses visions et son combat contre le désespoir. D’ailleurs, elle dit : « Ecrire pour ne pas sombrer, écrire aussi est
surtout contre la violence du silence, contre le danger et l’oubli et l’indifférence »2
1 BARTHES, Roland, Littérature et signification, (1963), Essais critiques , Seuil, 1964, p. 264 2
TERNOVEN, Taina, Journal intime et politique, Algérie 40 ans après, éd, l’Aube, 15/03/ 2019. www.africulture.com)php
Nulle autre voix est le dernier roman de Maissa Bey, publié en mois d'aout 2018, comme toujours elle donne une œuvre originale pour parler d'une femme sortie de prison après quinze années de réclusion criminelle à cause du meurtre de son mari .
Le roman s'articule autour de quatorze lettres écrites par la criminelle à une femme écrivaine, très peu présente physiquement dans le roman, contrairement à son influence morale, qui était toujours présente, comme elle était le réceptacle idéal, dans lequel tout ce qui vient à son esprit est versé dedans. L'écriture est donc son acte libérateur, sa plume est devenue son arme .
Dans ce roman, l'auteure raconte, décrit et relate la simple vie d'une femme depuis son enfance lorsqu'elle était petite quand elle jouait à la marelle jusqu'au moment ou elle s'est mariée avec un homme étranger, qui doit être son mari, sa main droite dans la vie, mais malheureusement ce n'était pas le cas, il était seulement le partenaire de la maison, car il lui tourne le dos, il l'entend pas et il ne la voit non plus, il ne lui a jamais donné de la valeur ni de l'importance comme si elle est transparente, comme si elle n'existe plus .
Ce qui nous a poussée à choisir ce thème, c'est d'abord, pour étudier ce récent roman qui n'a été jamais traité auparavant et aussi pour la valeur, l'importance que donne Maissa Bey à la femme pour tenir une bonne place dans la société algérienne et enfin c'est pour partager la curiosité de cette auteure connue et reconnue dans le monde littéraire .
Donc, elle l' a tué pour se libérer, elle se tait, elle accepte le verdict et part en
prison. Quinze longues années de prison avec peu ou pas de visites, à devoir supporter les conditions difficiles et à se taire toujours « Là-bas, dans la maison d’arrêt, l’écriture
m’a sauvée »1, elle est devenue presque invisible, transparente et sans aucune valeur « par l'acte que j'ai commis, j'ai effacé mon identité et le prénom que mes parents ont choisi pour moi le jour de ma naissance»2, mais elle a toujours une force d'espoir dans
tout cela : l’écriture la libère un peu, elle est devenue « écrivain public » pour les autres détenues.
1 Bey. M, Nulle autre voix, Ed. barzakh, 2018, p90 2
Après avoir sortie de prison, elle est revenue à son ancien appartement ou le crime a été commis, donc elle s'applique à ne pas déranger personne, elle sort tôt le matin et elle ne bouge plus de chez elle le reste de toute la journée, donc elle a construis une nouvelle prison.
Nulle autre voix est un roman épistolaire, rédigé sous forme de quatorze lettres
écrites à un destinataire qui est la femme écrivaine.
En ce sens, la problématique à laquelle nous tenterons de répondre, dans l'exemple de notre recherche intitulé Analyse des personnages dans Nulle autre voix de Maïssa Bey se présente ainsi :
Tout comme une personne, nous pouvons identifier le nom du personnage, son sexe, ses origines, son portrait physique et psychologique, sa parole et ses actions. Tomacheveski note que : « Le personnage est utilisé par l’écrivain pour capter l’attention du lecteur en représentant un point de convergence dans l’amoncellement des motifs1. Il est lui-même caractérisé par un certain nombre de motifs »2
Ces raisons nous ont poussés à poser les problématiques suivantes :
•
1
/ Le personnage du roman peut-il sortir de l'ordinaire ?• 2 / Comment se construit l'identité du personnage?
• 3 / Comment se présente le héros problématique dans Nulle autre voix de Maissa Bey ?
A travers ce roman, nous tenterons de répondre à ces questions. D'abord, par le biais de son personnage principal, ensuite à travers les autres personnages principaux du roman ( la mère, le mari et la femme écrivaine, le père, le frère et les femmes détenues.)
En suivant notre plan, et en faisant références aux illustrations tirés du texte, nous essayons au fur et à mesure, de répondre à notre problématique posée.
Ce travail va suivre une méthode, nous signalons qu'il s'agit d'une méthode analytique, des questions auxquelles nous allons répondre aux questions posées dans la problématique.
1
Dans l’œuvre littéraire le motif est une toile de fond, un concept large désignant soit une certaine attitude par exemple la révolte soit une situation de base impersonnelle dont les acteurs n’ont pas encore individualisé.
2 ACHOUR, Christiane, BEKKAT, Amina, Clefs pour la lecture des récits, Convergences critiques 2, Tell, Blida, 2002.p.45
En concluant, nous allons dégager une sorte de synthèse récapitulative pour faire apparaitre la particularité et la spécificité du roman de façon globale et du pesonnage principal d'une façon précise. De ce fait, notre plan de travail sera divisé en quatre chapitres :
Le premier chapitre, va être une présentation de l'écrivaine Maissa Bey, nous examinerons sa biographie, sa bibliographie et le résumé détaillé de son roman.
Dans le second chapitre, sera consacré à une étude para-textuelle, nous nous intéressons à la description de la forme du roman, ses parties extérieures et leurs relations avec le sujet.
Dans le troisième chapitre, on va se concentrer sur l'analyse des personnages, leur classification, leur analyse sémiologique et le schéma actanciel.
Dans le quatrième chapitre, en nous s’appuyant sur la théorie psychanalytique chez FREUD qui va nous permettre ensuite de faire une analyse psychanalytique du héro problématique au niveau de ses réflexions, ses pensées et son rôle.
Chapitre I :
Présentation de l'auteure et
de son œuvre
Ecrire un roman est une réalisation faite par une personne qu'on appelle écrivain. Et le réalisateur de ce projet aura l'importance autant que le roman. Donc, on ne peut pas passer à l'analyse du roman sans jeter un coup d'œil sur la vie de cette personne. C'est pour cela que dans notre sujet intitulé Analyse des personnages dans Nulle autre
voix de Maissa Bey, le premier chapitre, va d'abord se concentrer sur la biographie pour
comprendre l'influence de sa vie sur on œuvre, ensuite on passe à sa bibliographie afin de citer quelques écrits d'elle et pour finir le chapitre, on va rédiger le résumé détaillé du roman pour même si le lecteur ne lit pas l'histoire, à travers ce résumé détaillé , il va comprendre et déchiffrer toute l'histoire.
1. Biographie de l'auteure :
Avant d'entamer l'analyse du roman, nous commençons par la biographie de l'auteure Maissa Bey, qui est l'une des écrivaines connues dans la littérature maghrébine et notamment dans la littérature algérienne. Pour pouvoir comprendre le contenu du roman, il faut d'abord avoir une idée sur cette écrivaine qui a donné la lumière à ce roman en mois d'aout 2018, qui par cela elle présente son propre opinion sur les conditions de la femme algérienne dans notre société.
L'écrivaine Maissa Bey est née en 1950 à Ksar El Bokhari, son père était instituteur, donc c'est grâce à lui qu'elle a appris la langue française avant qu'il fut arrêté par les soldats pendant la guerre de libération et après deux jours de son arrestation, il se trouvait mort sous une torture féroce et ça a vraiment laissé une trace et un mauvais souvenir et c'est ce qui a beaucoup influencé ses écrits et surtout dans Entendez-vous
dans les montagnes.
Elle a étudié dans le lycée Fromentin à Alger ou elle a aussi poursuivi ses études universitaires de lettres et langue française. Actuellement, elle est enseignante du français à Sidi Bel Abbès dans l'ouest algérien ou elle réside en même temps. De plus, elle préside l'association " paroles et cultures " qui s'intéresse beaucoup à la littérature. Et du côté familial, elle est mère de quatre enfants.
C’est ma mère qui a pensé à ce prénom qui avait déjà voulu me le donner à la naissance (…) et l’une de nos grand-mère portait le nom de Bey (…) c’est donc par des femmes que j’ai trouvé ma nouvelle identité ce qui me permet aujourd’hui de dire, de raconter, de donner à voir sans être immédiatement reconnue 1
Maissa Bey est une femme folle de lecture, elle la considère comme son
partenaire préféré et c'est elle même qui a déclaré que la lecture était pour elle un bon moyen pour dépasser des moments de souffrances, des douleurs et des périodes difficiles dans sa vie. Son écriture exprime le sentiment de la liberté et le combat contre le désespoir.
Son style différent lui a permis de gagner de nombreux prix comme : le grand prix de la nouvelle de laïcité en 1998 pour le recueil Nouvelle d'Algérie, le prix des Libraires Algériens pour l’ensemble de toutes ses œuvres, le prix Marguerite Audoux pour le roman cette fille-là, le grand prix du Roman francophone ( Sila 2008 ) pour son roman pierre, sang, papier ou cendre et enfin le Prix de l’Afrique méditerranée/Maghreb en 2010.
Elle a aussi publié plusieurs réflexions telles que ses participations à des œuvres collectives comme Le journal intime et politique ( Algérie 40 ans après) qui est écrit par cinq écrivains : Mohamed Kacimi, Nourredine Saadi, Boualem Sansal, Leila Sebbar et Maissa bey en 2003. Aussi l’Ombre d’un homme qui marchait au soleil sur Albert Camus en 2004.
Maissa Bey fait de la société algérienne la véritable source de ses écrits , elle s'exprime et se met à la place de toutes les femmes algériennes et ressent également leurs souffrances.
Aujourd’hui, écrire, parler, dire simplement ce que nous vivons n’est plus une condition nécessaire et suffisante pour être menacée (…) Combien d’hommes, de femmes et d’enfants continuent d’être massacrés dans des conditions horrible alors qu’ils se pensaient à l’abri, n’ayant jamais songé à déclarer publiquement leur rejet de l’intégrisme ? Il est certain qu’en écrivant en rompant le
1
silence, en essayant de braver la terreur érigée en système, je me place en premier rang dans la catégorie des personnes à éliminer .Pour moi, pour toute ma famille, j’essai1e de préserver mon anonymat du moins dans la ville où j’habite 1
A tout ceux qui le demande pourquoi j’écris, je réponds, tout d’abord qu’aujourd’hui, je n’ai plus le choix parce que l’écriture est mon ultime rempart, elle me sauve de la déraison et c’est bien en cela que je peux parler de l’écriture comme d’une nécessité vitale 2
D'après ces déclarations de l'écrivaine, nous conclurons que pour Maissa Bey
le mot écriture est devenu une matière vivante et indispensable pour elle. Elle se sent comme responsable de toutes les femmes, c'est elle qui défend les droits des femmes à qui on a interdit de parler et même de s'exprimer avec une façon claire et nette. Elle s'intéresse beaucoup plus par les sujets du coté féminin. Donc, elle est une écrivaine engagée au coté de la femme.
Ses écrits sont nombreux avec Au commencement était la mer ; Cette fille-là
ou encore sous le jasmin la nuit, ce dernier roman est un recueil de onze nouvelles et qui parle de femmes victimes qui souffrent des règles imposées par les hommes et aussi du silence que leur impose leur condition de vie.
Dans ses écrits, L’écrivaine aborde aussi d’autres thèmes, elle a écrit sur la guerre d’Algérie et aussi la guerre civile. En conclusion, Maissa Bey touche tous les sujets de la société algérienne, d’un peuple qui a souffert , qui souffre encore et qui ne sait pas comment mettre fin à cette souffrance .
1.2. L'œuvre de Maissa Bey :
Maissa Bey est une écrivaine parmi celles qui ont marqué l'histoire de la littérature algérienne. Le nombre et la diversité des sujets dans ses écrits lui donne une bonne réputation dans le monde littéraire. Parmi ses écrits, on cite :
Entendez-vous dans les montagnes, est présenté comme le premier roman de l'écrivaine Maissa Bey, il est apparu en 2002, il a fait un grand succès pour l'écrivaine. Dans cet ouvrage, la romancière parlait d’un évènement important de son existence, qui
1
id, www.arabesques-editions.com 2
est la mort de son père, qui a été assassiné par les français en 1957, et cela nous fait comprendre que l’auteure a choisi le thème de la guerre de libération, Elle écrit à la troisième personne du singulier dans un récit autobiographique ou elle met l'accent sur trois personnages : une jeune fille s'appelle Marie, un homme et une femme qui se retrouvent par coïncidence dans le même compartiment d’un train en plein nuit en voyage à Marseille, ces trois personnes que personne ne connait l'autre ont tous une chose en commun : l’Algérie. La jeune fille est une orpheline d’un père torturé et assassiné pendant la guerre de libération, un homme âgé de soixante ans avait pour fonction de mettre à mort les condamnés au temps de la guerre, et enfin le dernier personnage du prénom de Marie est la petite fille d’un pied noir, alors que tout semblait parfaitement calme, commence une discussion entre eux au cours de la nuit ou les souffrances et les souvenirs douloureux ont trouvé une voix qui les écoute.
L’ouvrage qui a marqué à jamais le parcours de Maissa Bey est Cette fille-là qui a permis à cette écrivaine d'obtenir le prix de Marguerite Audoux, ce roman raconte l’histoire d’une jeune fille algérienne à la recherche de soi dans une pension familiale, ou pour vieillards, les filles, les mères, survivre est un défi quotidien, l'héroïne « Malika » tente de reconstruire l’histoire de la femme en Algérie et se concentre sur le travail de l’effacement de la mémoire.
Pierre, sang, et papier ou cendre un titre emprunté d'un poème de Paul Eluard composé de vingt-cinq tableaux, plein de sensibilités, de créativités et de description, il est sans doute un roman historique, qui tisse les évènements essentiels de l’histoire de l’Algérie, ce dernier est rédigé dans une prose mélangée avec la poésie, établit à travers « l’enfant » qui se présente dans le roman comme protecteur de la mémoire, il offre l'image d'une vie pleine de torture et de souffrance, c'était la vie réelle des algériens pendant les cent trente-deux ans de colonisation française.
« Et celle de madame La France, vêtu de probité candide et de l’in blanc … qui
avance dans sa mission civilisatrice et sa belle conscience à coup de discours et d’exaction.»1
Bleu, Blanc, Vert est un roman considéré comme le témoin de l’histoire de
l’Algérie entre la période 1962-1992, il revoit l’histoire de l’Algérie, ces trente années à travers le couple « Ali et Lila » au début, ces personnages sont des adolescents à l'âge
1
de treize ans, qui sont encore naïfs et innocents, ils grandissent par la suite, et ont pour but d'être responsable de son soi et de la construction de son pays, leur histoire s’achève en 1992 lorsque le FIS gagne les élections et que tout est sous contrôle en Algérie.
Les nouvelles d’Algérie est le premier recueil de l’auteure publié en 1998 au
moment lorsque la guerre civile s'est déclenchée (décennie noire), les personnages principaux de ce recueil sont présentées comme victimes de torture et des traditions de la société et c’est à ce moment-là que l’écrivaine a choisi son sujet et parler du combat de ces femmes.
Sous le jasmin la nuit est le second recueil de Maissa Bey parut en 2004, il se présente par onze nouvelles et chacune appartient à un ensemble de femmes, une épouse, une mère, une fille dont la violence, l’amour et la solitude sont les thèmes qui sont traités dans ce recueil et encore la présence de l’Algérie, elle relate l’histoire d’une fille qui s’est retrouvée dans un camp de terroristes fanatiques et enceinte à cause de nombreux viols collectifs et qui malgré cette horreur éprouve de la culpabilité !
« Si mon père et mes frères étaient encore en vie, il m’auraient tuée pour ne pas avoir à affronter le déshonneur, j’ai déshonoré ma famille ! »1
1. 3. Résumé détaillé du roman Nulle autre voix :
La violence physique et verbale entraînent une femme à commettre un acte irréparable, comme le meurtre de son mari.
Maïssa Bey dans Nulle autre voix écrit dans une langue simple qui véhicule une charge émotionnelle très forte, le roman présente une très belle réflexion sur le silence .
La forme épistolaire exige la présence d’un ou plusieurs destinateurs et destinataires dans le roman pour dire qu’il se présente dans le genre épistolaire. Le destinateur des lettres ou bien l’émetteur dans Nulle autre voix , est représenté par le personnage principal du roman qui est la femme criminelle, une femme qui a tué son mari à qui ses parents l'ont a mariée de force, sans pitié et sans regret. Le roman contient deux cent deux pages divisées en quatorze lettres :
1 / La première lettre ( de la page 36 jusqu'à la page 41 ) : dans cette lettre, la femme criminelle écrit à cette femme écrivaine ces lettres parce qu'elle veut approfondir leurs conversations. Au début, elle a regretté de l'avoir ouvert la porte, elle
1
avait honte de dire l'horreur de l'acte qu'elle a commis. Cette femme innocente avait le courage pour pouvoir venir chez une telle femme, criminelle, folle. Elle déclare que cette femme écrivaine est devenue très importante pour elle. Elle dit qu'elle tient des carnets, chaque soir elle écrit sur des pages, leurs conversations en laissant sa plume fouiller.
2 / La deuxième lettre ( de la page 42 jusqu'à la page 59 ) : C'est le début du
mois de mai, l'écrivaine est absente pendant une semaine, elle est partie en vacances avec sa petite famille, son mari et son enfant, la criminelle ne sait pas beaucoup de chose sur sa vie privée. Elle n'y allait pas en vacances seulement une fois avec son frère et son épouse et leurs deux enfants grâce à un concours de circonstances familiales, son mari n'était pas jaloux parce qu'il considérait qu'il n'avait aucune raison de l'être, car il a accepté ce mariage parce qu'il a vu que le coté matériel et les avantages qu'une alliance avec sa famille pourrait représenter pour lui.
Cette femme criminelle a souvent essayé de se suicider, elle voulait mettre fin à une vie qui, à chaque fois son mari levait sa main sur elle, chaque fois il l'insultait et l'humiliait, mais elle savait que le suicide est interdit en Islam. Alors, elle a décidé de le supprimer, dès la première bouffée de haine, elle a souhaité sa mort, elle en a rêvé une maladie incurable ou n'importe quel accident , elle a souhaité de toutes ses forces qu'il finisse en enfer. Elle décrit la femme écrivaine, elle parlait des conditions de la prison.
Le 27 mai 2011 , il y a eu des manifestations non pacifiques mais sanglantes en Kabylie, son mari, ces événements l'inquiètent, il est devant la télévision, sa femme le tue, elle appelait son frère, le lendemain elle est partie en prison. La présence de la femme écrivaine est presque dans chaque page, elle ressent qu'elle est devenue indispensable car c'est grâce à elle qu'elle écrit. Ses voisins l'appellent la femme invisible parce qu'elle ne pale à personne, elle ne voit personne...
3 / La troisième lettre ( de la page 60 jusqu'à la page 69 ) : dans cette lettre, la
femme écrivaine lui a posé une question sur son enfance, alors, elle lui a répondu que l'enfance se termine à l'âge de dix ou douze ans, sa mère ne levait jamais la main sur elle, seulement elle levait sa voix pour lui donner des ordres, et tellement la peur elle urine elle-même et ça lui est arrivé aussi une fois en classe, et elle a portée le nom de '' pisseuse '' pendant des semaines, elle avait toujours peur de sa mère, elle était très sévère avec elle, et même avec ses clientes autant que couturière, sa voix change de l'une à l'autre. Alors, elle n'a pas supporter les comportements de sa mère, à dix ans, elle avait persuadé ses camarades en classe et même ses deux frères qu'elle était une enfant
adoptée . A vingt-sept ans elle s'est mariée avec cet homme présenté comme un homme brave, tranquille et sérieux.
Quand elle était en prison, une femme envoyée en mission pour une institution officielle soit disant qu'elle est chargée de faire un questionnement avec les femmes victimes de violence, est venue chez elle, elle lui a posé beaucoup de questions mais comme d'habitude elle est toujours silencieuse. Cette femme ressemble à son amie proche Yasmine qui travaillait avec elle dans le laboratoire, malheureusement, elle ne lui a jamais visité en prison. Elle parle de son mari, de ses coups verbales qui n'ont pas une trace physique apparente, et malgré ça, sa mère lui a prévenue qu'il n'est pas question qu'elle revienne à la maison familiale.
4 / La quatrième lettre ( de la page 70 jusqu'à la page 78 ) : dans cette lettre, la
criminelle parle toujours de la méchanceté de sa mère, quand elle était petite, jeune fille et même après son acte. Elle ne l'a jamais visité en prison, elle a interdit toute la famille de lui rendre visite et même de prononcer son nom devant elle. Après le crime de sa
fille, elle n'a pas tardé à fermer son atelier et renvoyer ses clientes. Elle est son esclave, elle ne pouvait plus parler avec son père seulement à l'absence de sa mère. Elle était trop calme au point que son avocat voulait faire naitre des doutes sur sa santé, même pour tous, elle n'était pas dans un état normal au moment ou elle commis cet acte, et quand le verdict est prononcé, elle n'a eu aucune réaction ni prières ni regrets, elle a du être qualifiée de dangereuse criminelle .
5 / La cinquième lettre ( de la page 79 jusqu'à la page 85 ) : Son amie proche en
prison Nassima condamnée à huit ans de réclusion criminelle, sa victime était une collègue qui essaye de draguer son mec, elle lui a fait apprendre la langue française ,elle lui a dit qu'elle peut l'empoisonner secrètement sans le tuer tant qu'elle était travailleuse dans un laboratoire pharmaceutique. Depuis le 27 mai 2001, elle est soumise, disciplinée, silencieuse, obéissante, mais libre, elle ne sentait pas peur. Baisser la tête, se taire, obéir n'était pas nouveau pour elle.
6 / La sixième lettre ( de la page 86 jusqu'à la page 94 ) : dans cette lettre, elle
parle de la prison, elle s'est habituée à la vie de la prison et même aux ses règlements . Elle raconte ce qui se passe en prison, de tout type de filles, elles sont vraiment considérées comme les saletés de la société, combien de viols avaient-elles subis...
La plupart des détenues qui écopaient de peines légères, elles revenaient quelques mois après, elle site Samira( 20 ans), Souad ( 25 ans ) et Hamida ( 40 ans ). La femme
criminelle écrit pour sa survie, pour se faire acceptée. elle décrit son apparence physique. En prison, cette femme criminelle est devenue Katiba pour les détenues et même pour les autres femmes qui travaillent autant que surveillantes. Elle écrit des silences, des lettres d'amour, des lettres de désespoir et de colère, vives et écarlates, elle a appris jusqu'ou peut aller une femme pour l'amour d'un homme, que l'amour d'une mère ne peut jamais être enlevé...
7 / La septième lettre ( de la page 95 jusqu'à la page 109 ) : dans cette lettre, le cap
est mis sur le mariage de la femme criminelle, sa mère était heureuse d'avoir un deuxième homme sous la main après son mari, elle lui avait pressé pour qu'il leur trouve un appartement, même après le mariage, cette femme criminelle a pu continuer à travailler tout simplement parce qu'elle s'occupait de tous les frais de la maison. Dix-huit ans plus tard, une lettre écrite de son père, une lettre dont il lui apprend qu'elle est propriétaire de son logement, il lui informait qu'il a accompli toutes les formalités pour l'achat de son appartement...Il lui a laissé une dernière phrase dont il demande de lui pardonner de n'avoir pas su la protéger car il sait bien que qu'il a fait manquer beaucoup de choses pour sa fille...
Elle raconte le jour ou les policiers lui emmenaient les menottes aux poignets, les yeux pleins de haine et de curiosité des hommes et femmes ...c'est une femme, oui une femme qui vient de tuer son mari !...Le jour de sa sortie est venu, tout le monde se souvient d'elle et personne n'a oublié ce qu'elle a fait.
Plus d'un an après son installation, rien n'est oublié, elle est toujours celle qu'on montre du doigt...elle sort tôt le matin pour faire ses courses. Son frère se charge de tous ses affaires, son père a payé les frais du procès et les honoraires de l'avocat, il versait mensuellement une somme d'argent sur son compte bancaire jusqu'à sa mort, malheureusement il ne l'a jamais rendu visite en prison. Elle parle de sa vie ordinaire, ses sorties, de la femme de ménage Fatiha.
Elle parle de cette femme écrivaine, elle lui a même avoué qu'elle était la première femme sortie de prison qu'elle a contactée, elle lui a donné le nom de la femme hors norme, elle lui a demandé la permission de prendre notes en l'écoutant. La femme criminelle est devenue plus en plus bavarde contrairement qu'auparavant quand elle était silencieuse.
8 / La huitième lettre ( de la page 110 jusqu'à la page 119 ) : dans cette lettre, la femme criminelle réfléchissait à la constatation de cette femme écrivaine, c'est comme elle n'est pas sortie de prison. Pourquoi ? parce qu'elle sent qu'elle est toujours en prison, pour elle le mot Libération se signifie rien : car les femmes sont toujours privées de tous leurs droits. Elle n'a même pas pensée à demander une réintégration dans le laboratoire ou elle travaillait, ni cherchait un autre travail parce que déjà la constitution du dossier comporte une copie du casier judiciaire.
Elle raconte, et dit qu'elle n'a eu qu'une seule obsession, de se soustraire aux regards, se soustraire au monde, comme si le crime qu'elle a fait est dessiné sur son visage, cela n'a rien à voir avec la peur ou la honte , il faut chercher au côté de la culpabilité qui ne provient pas d'une prise de conscience tardive de la portée de son acte , parce qu'elle est plus profonde et bien plus ancienne.
Son mari lui frappait, le sang coulait abondamment...Elle revient pour parler de la prison, là-bas la lumière est toujours allumée de jour comme de nuit, c'était l'enfermement bien sur, mais surtout la solitude d'une cellule, comme une chambre à soi. Les femmes criminelles comme elles suscitaient un peu de respect , surtout quand elles arrivaient aussi démunies, il se crée une sorte de solidarité. Encore un détour par l'enfance, c'est elle qui s'occupait à son petit frère. Elle décrit sa mère qui semble parfaite aux yeux d ses amies.
9 / La neuvième lettre ( de la page 120 jusqu'à la page 126 ) : dans cette lettre,
elle écrit encore pour cette femme écrivaine, elle dit qu'elle a fait irruption dans sa vie, elle avouait qu'elle la veut parce qu'elle attend son arrivée avec un sentiment qu'elle n'a pas éprouvé depuis longtemps : l'impatience.
Elle n'était pas jalouse d'elle, de son élégance, elle la veut pour ce qu'elle est. Elle la prendrait pour sa fille, elle ne sait pas son âge. Quand elle était petite, ses camarades la reprochaient, on lui disait regarde toi ! On dirait une trainée ! Plus de quinze années après les faits, le souvenir du meurtre est encore présent dans la mémoire des habitants du quartier et le restera sans doute pour longtemps. Elle, est une femme discrète, polie, mais un peu hautaine, elle ne parlait à personne . Et lui, le malheureux, Un homme sérieux et travailleur. On le voyait jamais trainer dans les cafés, après ses heures de travail, il rentrait directement chez lui.
C'est le visible et le caché, deux socles sur lesquels repose la société. Ce qui ne se sent pas n'existe pas. Elle disait que tout le monde a des histoires, mais la plupart des gens les cachent derrière des sourires, des humours ...Et même l'écrivaine a des histoires.
10 / La dixième lettre ( de la page 127 jusqu'à la page 138 ) : dans cette lettre, la femme criminelle a fait un changement, depuis son retour chez elle, elle a pris un bain, elle a rempli la baignoire ( qu'elle utilisait auparavant comme un réservoir d'eau parce que les coupures d'eau étaient très fréquentes les années 1980/1990 ). Par contre, en prison c'était une douche hebdomadaire dans des conditions plus que dangereuses, eau froide été comme hiver, au point que son plus cher vœu était : aller au bain .
Après sa remise en liberté, elle n'est jamais allée au hammam. Alors, un matin, sans vraiment réfléchir à ce qu'elle faisait, elle s'est déshabillée, elle a ouvert les robinets et laissé couler l'eau jusqu'aux trois-quarts de la baignoire . Voila, elle a franchi un seuil . Un autre. Elle parle de son corps, plus exactement, elle décrit des sensations qui se vivent seule dans une salle de bain. Elle n'a jamais connu la jouissance...Quand elle sortait de la baignoire, elle est restée longtemps debout devant le miroir, elle s'est séchée, coiffée ...elle a fait un changement remarquable.
Elle dit que c'est grâce à cette écrivaine qu'elle découvre la formidable liberté de l'écriture, elle devient une libératrice de la parole, ou les mots viennent sans qu'on ait besoin d'aller les chercher ou les retenir . Elle sera bientôt un personnage de roman, qui aurait pour mots-clefs : femme. Meurtre. Prison. Violence. Silence . Avec des personnages principaux : la femme criminelle et d'autres secondaires : la mère, l'homme, le père, le frère, ses compagnes de détention. Elle ne sais pas c'est quoi l'amour, par contre, elle peut décrire toutes les manifestations de la haine. L'écrivaine veut faire de sa vie, un roman réel...
11 / La onzième lettre ( de la page 139 jusqu'à la page 166 ) : dans cette lettre, la femme criminelle disait que les lettres qu'elle a écrit pour la femme écrivaine ne sont pas datées, elle écrivait tout ce qu'elle n'a pas pu dire à vive voix. Elles n'étaient pas mises en ordre, s'il est nécessaire pour la cohérence, l'écrivaine peut les classer. l'écrivaine, l'a remerciée pour les autres nouvelles lettres, et ça s'affirmait quand elle l'a serrée dans ses bras en ouvrant la porte. L'objectif de la femme écrivaine est d'écrire un roman sur l'histoire, la vie de cette femme, ses collaborations vont finir, elle sera la
seule bénéficiaire. C'est le succès d'un livre : femme battue, harcèlement moral, et plus largement : condition de la femme sans oublier quelques scènes de sexe.
Elle se souvenait quand elle était à l'université, elle croyait qu'elle aimait un camarade à elle, elle notait les cours pour lui, elle payait les photocopies pour qu'il la regardait, elle l'aidait en examen, elle était bosseuse, ses résultats étaient satisfaisants...
Elle répondait à une question que l'écrivaine a posé il ya longtemps : pourquoi son frère, à la différence des autres membres de sa famille, a continué à la visiter, à s'occuper d'elle.
D'abord, elle avait deux frères, l'ainé, Abdelhak, est mort. Assassiné dans un faux-barrage au milieu des années 1990...Amine, le petit frère, il avait douze ans lors des faits, dans la période des condoléances elle et son frère sont restés dans une chambre vide pendant quatre jours, c'est elle qui allait rapporter pour qu'il mange, il dormait serré contre elle...Donc le lien qui les a unis ces jours-là ne s'est jamais rompu, rien n'a réussi à l'entamer, ni la démesure de sa mère ni l'acte qu'elle a commis. Elle a essayé plusieurs fois de lui parler sur ses problèmes de couple, c'était la seule personne qui pouvait l'entendre, mais elle voulait qu'il garde la bonne image de sa sœur.
Un ensemble d'images et de sensations revient la visiter, elle imagine que son mari est toujours là, mais elle n'a plus peur de lui. Quand elle parle de lui, elle dit toujours « l'homme qui », il avait sa façon à lui de prononcer son nom, les règles de cohabitation ont été définies et appliquées dès les premiers instants, alors qu'ils faisaient à peine connaissance...Elle était là pour lui servir pas pour lui tenir compagnie, elle était qu'un instrument multifonctions. La cuisine était toujours son repaire...
Une enfance solitaire, sans amour, une mère autoritaire , abusive parfois, des frères qui portaient leurs attributs de mâles avec une assurance tranquille, un père absent, déconnecté de la réalité, une difficulté à trouver sa place dans la famille puis dans la société et enfin un mari qui correspond presque exactement au portrait-robot des hommes classés dans la catégorie des violents.
Elle fait une comparaison sur l'apparence physique entre elle et la femme écrivaine, entre elle et les autres filles. Son apparence physique a beaucoup influençait sa personnalité de son enfance jusqu'à présent. La relation entre elle et l'écrivaine s'est
évoluée au point qu'elle lui a demandé de faire des courses ensemble. Elle disait une autre fois, si un jour elle avait une fille, elle l'aurait appelé Nada.
12 / La douzième lettre : ( de la page 167 jusqu'à la page 185 ) : dans cette lettre, la femme criminelle décrit les gestes de l'écrivaine, quand elle parle, elle utilise ses mains qui sont deux jolies mains...rares sont les mains de femme aussi soignées, parce que les femmes les femmes pétrissent du pain, lavent la vaisselle et les vêtements..., ensuite, elle passe à ses mains...se sont des mains de femme, qui ont donné la mort, tachées de sang à jamais, qui ont un jour saisi un couteau dans un corps d'homme par trois fois.
Pour elle, écrire pour soi, écrire sur soi est une activité dangereuse. Quand elle écrit, la souffrance se tait, elle parlait du mot crime, elle l'écrit sans cesse, il est entre ses mains, sous sa plume et tatoué sur sa peau...
Elle rêvait qu'elle tuait la femme écrivaine avec le foulard de sa mère qui l'obligeait de le porter sur la tête en sortant de la maison, et elle se souvenait du rêve malgré que depuis qu'elle a tué son mari, elle n'a eu aucun souvenir de ses rêves. Cette femme écrivaine a aidé la criminelle de sortir de sa maison pour la première fois depuis sa sortie de prison.
13 / La treizième lettre ( de la page 186 jusqu'à la page 191 ) : dans cette lettre, elle sait bien et elle le disait à l'écrivaine qu'elle ne viendra pas, elle est toute une autre femme, avec de nouvelles réflexions, de nouvelles sensations, elle a mis ses chaussures, vérifié sa coiffure dans le miroir, et elle est sortie sans aucun objectif que de sortir, de marcher, respirer, c'est grâce à cette échappée au bord de la mer, qu'elle a pu sortir ...elle faisait une promenade en remarquant les différents changements...
14 / La quatorzième lettre : ( de la page 192 jusqu'à la page 202 ) : dans cette lettre, la femme écrivaine a déjà écrit les premières pages du roman, une distance s'est installée entre les deux femmes. La criminelle a compris que l'écriture libère bien plus que la parole, elle avouait qu'elle a menti en quelques questions, et qu'elle a accepté de la laisser entrer lorsque elle a évoqué la possibilité d'écrire un roman sur sa vie, pas une biographie, un roman dont elle sera le personnage principal.
L'écrivaine a nommé la femme criminelle par la femme hors normes, qui, au lieu de se présenter devant les juges comme victime, de pleurer, de supplier...a opposé à
tous, un silence sec, un comportement tout à fait inhabituel dans telles circonstances. Elle a forcé le trait pour coller aux théories des psychologues...Elle disait qu'elle écrit ce roman pour elle.
Plus d'une semaine qu'elle n'est pas venue, dix-jours, deux semaines, elle écrivait qu'elle va à la fac pour la chercher, il y a encore beaucoup de choses qu'elle n'a pas encore dit, aussi pour lui remettre une dernière lettre.
Dans cette dernière petite lettre, elle disait qu'elle allait à la fac, elle la cherchait au département de français, elle a interrogé plusieurs personnes, personne ne la connait, mais elle n'a pas perdu l'espoir, elle va revenir. Elle a pris un bus, puis un taxis, elle est aussi entrée dans un magasin pour acheter des paire de chaussures, elle fait des progrès ! ...Elle disait qu'elle vont se revoir un jour ! et que ce roman appartient à l'écrivaine autant qu'à elle .
A la fin de ce chapitre, on peut conclure que, Maissa Bey est une écrivaine qui a écrit beaucoup de romans, lesquels ce nouveau et récent roman qui n'a pas été traité auparavant et qui va être notre objet d'étude.
Chapitre II :
Les composants extérieurs de l'ouvrage ont une signification très importante qui entre dans l'analyse intérieure du roman, pour cela le deuxième chapitre sera consacré sur une étude paratextuelle qui aide bien à comprendre le contenu du roman.
1. La porte de l'œuvre littéraire :
1.1. La notion de paratexte :Un certain nombre de productions, elles-mêmes verbales ou non,
comme un nom d'auteur, un titre, une préface, des illustrations, dont on ne sait pas toujours si l'on doit ou non considérer qu'elles [...] appartiennent [au texte ], mais qui en tout cas l'entourent et le prolongent, précisément pour le présenter 1
Un paratexte renvoie à tout ce qui entoure le texte sans être le texte proprement dit. Le paratexte se voit dans les parties extérieurs de l'ouvrage. Ces composants paratextuels sont des outils et des moyens très importants pour que le lecteur puisse comprendre le contenu de l'histoire. Le paratexte se met toujours au service de son texte.
Grâce au paratexte, la réception de l'œuvre sera plus efficace dès le premier clin d'œil, il est considéré comme un outil nécessaire et important pour additionner le tout de l’œuvre littéraire, Le paratexte son image copiée. Entre le paratexte et le contenudu texte se fonde une relation de complémentarité. Le présence du paratexte a pour objectif d'affecter l'attention du lecteur en lui aidant à comprendre l'œuvre, de faire agir et bouger les réflexions du lecteur et de tenter, de modifier ou bien changer complètement ses pensées, ses représentations ou ses réflexions dans un autre chemin. Son rôle est d'influencer le lecteur et d'essayer de prendre toute son attention et aussi de donner un sens de compréhension à sa lecture. Un échange d'informations se crée entre le paratexte et le texte. Les constituants paratextuels sont pris comme reflet du texte. «..Le paratexte, en donnant les indications sur la nature du livre, aide le lecteur à se placer dans la perspective adéquate..Un titre comme Madame Bovary invite le lecteur à accorder une importance particulière à la situation conjugale de l'héroïne. »2
Cela explique que le paratexte permet à deviner le sens visé et le contenu de l'ouvrage selon sa nature, parce que ça change d'un roman policier à un roman
1 GERARD Genette, cité par VINCENT, Jouve, poétique du roman, Ed. Armand Colin, 2007, p 07.
2
historique, d'un autre réaliste ou fantastique puisqu'ils ne suscitent pas les mêmes attentes et ne respectent pas les mêmes règles...etc.
1.2. Les fonctions du paratexte :
Le paratexte se caractérise par une place très importante surtout dans la distribution, la circulation et la réception du livre, il reste beaucoup de fonctions qui servent à faire agir sur le lecteur à ajouter, car on ne peut pas tout citer. Parmi les fonctions identifiées : la fonction d’information, la fonction d'apprentissage, la fonction
de représentation, la fonction esthétique, et la fonction diaphonique :
- La fonction d’information : Relatif aux informations liées à l'identité du livre comme le titre de l’œuvre, le nom de l’auteur, la bibliographie et le résumé de l’œuvre.
- La fonction de représentation : c’est une fonction de ressemblance complète, elle se base sur les images ou sur certaines parties du paratexte pour aider le lecteur dans sa compréhension.
- La fonction d’apprentissage : cette fonction simplifie la lecture aux instruits. De plus, elle est parmi les techniques d’enseignement très efficace pour l'assimilation du contenu d’un texte littéraire
.
- La fonction diaphonique : indique tout paratexte présenté sous forme d'un fragment du texte.
- La fonction esthétique : à pour rôle de clarification par rapport au texte. pour faire élargir ses pensées et ses réflexions.
Le paratexte avec ses fonctions conduit le lecteur vers le bon sens avec des accessoires et des illustrations et des informations sur l'ouvrage et sa forme. On peut dire que le paratexte est un moyen de compréhension très utile.
Nulle autre voix de Maissa Bey fait l'exemple de plusieurs données paratextuelles, surtout les aspects typographiques (Le nom de l’auteur, le titre, l'épigraphe, la dédicace, le prologue ) et les aspects iconographiques (la première et la quatrième de couverture). Et cela veut dire que tout ce qui est autour de ce livre prouve la présence du paratexte dans presque toutes les différentes parties de l'œuvre. Ces éléments paratextuels participent beaucoup dans la compréhension et la clarification du roman. Alors, ces éléments vont être analyser dans ce qui suit :
2. Les composants du paratexte :
2.1. Le noir et blanc de la première de couverture :
La première de couverture est la première page extérieure d'un livre. Elle est aussi appelée « plat de devant » dans le cas des livres cartonnés. Elle n'est pas numérotée et accueille généralement le titre et le nom de l'auteur de l'ouvrage. Il ne faut pas la confondre avec la 4ede couverture.1
La première de couverture appelée « le recto de l’œuvre ». est la première page extérieure d'une œuvre. Elle n'est pas numérotée et elle contient :
Le titre, le nom de l'auteur, la maison d’édition, et même des illustrations. La première de couverture est le première liaison du lecteur avec le livre, il ouvre et active sa curiosité. Toutes les informations données permettent et aident le lecteur à imaginer le déroulement des événements de l'histoire et en même temps il propose des hypothèses et solutions et cela motive le lecteur à vérifier ses expectations.
1
Les accessoires apportés avec une œuvre sont pris comme moyen qui facilite la compréhension de l'œuvre après l'étude et la découverte du sens caché derrière.
Dans la première de couverture de ce roman, se trouve le nom et le prénom de l'auteure Maissa Bey son pseudonyme , ils sont écrits en police normale et avec une couleur blanche, et même le titre Nulle autre voix en police normale mais avec la couleur verte sur un fond noir, .L’édition est de Barzakh, aussi cette édition est écrite en police normale de couleur blanche, insérée entre deux crochets. La couverture occupe toute la page avec un détail d'un immeuble tout sombre avec un homme debout devant une petite porte fenêtre qui fait entrer du soleil et de lumière et des rayons en blanc, c'est ce qu'on peut associer avec notre thème de prison et d'enfermement et l'acte d'écrire qui fait libérer et soulager les esprits .
Dans cette photo prise par Sonia Merabet, aérohabitat, 2010 l’auteure n’a pas dessiné une plume et une feuille ou un carnet, mais d'après le sens caché on peut distinguer dans l’illustration de l'ombre et la lumière. Le fond de cette couverture est noir avec la couleur blanche et aussi en haut il y a une porte balcon ouverte, en bas il y a un petit chat. Que symbolise cette image ? Est quelle est le rôle de cette image noire mise en première de couverture ?
2.2. La symbolique du noir et blanc :
Nous allons proposer une analyse sémiologique de l'image de la première de couverture, son image nous donne des signes qui élargissent notre imagination et nous orientent vers la compréhension de l'œuvre en tant que lecteur. La réception de l'image c'est déjà un point positif, car la signification de photo se joue dans les différentes capacités d'observation chez les lecteurs en fonction de leur propre imaginaire, chacun déchiffre l'image selon ses connaissances personnelles et ses différences culturelles. Selon le dictionnaire Larousse, l’image est une : « Représentation d’un être ou d’une
chose par les arts graphiques, la photographie, le film, etc. »1. Au lieu que Le
dictionnaire des symboles et des thèmes littéraires définit l’image comme suit :
La physique voit dans le spectre des couleurs une suite continue de grandeurs mesurables, la perception et l’imagination instaurent sur cette continuité des découpages arbitraire, mais commodes : il faut
1
bien que le langage dénomme les différences, même si la nature les produits par degrés insensible.1
L’image qui apparait sur la première de couverture du roman Nulle autre voix, contient quelques couleurs. Tels que le noir, le blanc et le vert.
Une photo de couverture avec un fond tout en noir, la couleur noir est une couleur qui symbolise l'élégance, la modernité et en même temps des valeurs contradictoire comme la mort, la tristesse, la peur et le deuil : «nous pensons à ses aspects négatifs : les peurs enfantines, les ténèbres, et donc la mort, le deuil »2, comme le montre le passage suivant:
« Tout à l'heure, après son départ, je me suis regardée dans le miroir un peu plus attentivement que d'habitude : une femme en état de déclin avancé me faisait face. Une femme terne, triste, visiblement marquée par la vie. »( N.A.V, p152)
Aussi la couleur blanche qui a marqué sa présence dans le nom de l'auteure, qui a plusieurs perceptions comme : la pureté, la virginité, l'innocence, la sagesse et la paix
:« le blanc associé à l’absence, au manque […] le blanc a une autre idée : celle de la pureté et de l’innocence »3, comme le montre le passage suivant :
Je suis tentée d'écrire que la première erreur a été de vous ouvrir ma porte. Je le pensais quand, assise en face de vous confrontée à votre « innocence », je devais chercher les mots pour dire l'horreur que j'ai commis, Combien de fois avez-vous dissimuler votre dégoût, votre pitié, mais aussi votre peur ? Comment peut-on ne pas avoir peur d'une femme aussi dangereuse que moi ? ( N.A.V, p37 )
« En général, le vert est la couleur de l'équilibre, de l'harmonie et de la croissance.»4
A partir de cette citation, on peut comprendre que la couleur verte représente plusieurs émotions : la nature, l'espérance, l'équilibre, la croissance, la liberté, la chance, la permission, comme le montre l’extrait suivant :
A partir du 27 mai 2011, je n'ai vécu que dans l'attente du jour suivant. Je me suis contentée de faire ce qu'on me demandait.
1
CLAUDE, Aziza/ OLIVIERI, Claude / SCTRICK, Robert, Dictionnaire des symboles et des thèmes littéraire, Édition Fernand Nathan, France, 1978, p. 66.
2
PASTOUREAU, Michel, SIMONNET, Dominique, Le petit livre des couleurs, Édition du Panama, Paris, p 41
3
Ibid. p 76
4
Soumise. Craintive. Docile. Disciplinée. Silencieuse. Obéissante. Mais libre. Libérée de la peur. De la honte. Du dégout du soi. De la haine. De la colère sourde tapie dans les entrailles. ( N.A.V, p.85 ).
Donc, l’image complète le titre; elle le précise. Il s'agit d'une femme était enfermée en prison et après une quinzaine d'année de réclusion criminelle, elle a eu sa liberté grâce à l'écriture. Cette image avec ses couleurs désigne une chambre fermée entre l’obscure et la sérénité c’est une chambre d’une femme détenue silencieuse en prison.
2.3. Interface de fond vert et blanc :
La quatrième de couverture appelée « le verso d’un livre » est la dernière page extérieure d'un livre. Elle n'est pas numérotée généralement il est écrit sur cette page un passage représentatif de l'auteur avec un extrait du contenu, plus quelques informations sur la maison d'édition, un code à barre...etc.
La rédaction de ce passage a pour but d'inciter à l'achat de ce livre car cette quatrième de couverture aide le lecteur à faire et à prendre une idée sur le contenu du livre.
La quatrième de couverture est la dernière page extérieure d'un livre. Elle est aussi appelée « plat verso » dans le cas des livres cartonnés. Elle n'est pas numérotée et accueille généralement une note de
présentation de l'ouvrage (ou un extrait représentatif) et une
présentation de l'auteur, avec ou sans photo1.
Cette page verte est l'espoir d'une autre vie nouvelle et une amélioration même dans la façon de penser, faire des pas vers l'avant c'est un grand changement par rapport à la vie du personnage principal du roman.
2.4. Le titre comme voix silencieuse :
La première chose vue dans la première de couverture de l'ouvrage, il joue un rôle primordial dans le pacte de lecture romanesque :
Le rôle fondamental du titre dans la relation du lecteur au texte n'est pas à démontrer. En l'absence d'une connaissance précise de l'auteur, c'est souvent en fonction du titre qu'on choisira de lire ou non un roman : il est des titres qui « accrochent » et des titres qui rebutent, des titres qui surprennent et des titres qui choquent, des titres qui enchantent et des titres qui agacent.2
Le titre est un élément autoritaire dans le texte, parce qu'il a une place très importante dans la réception de l'œuvre, car il sert à mettre le lecteur à comprendre le sens de l'œuvre et à déchiffrer le message caché qu’il véhicule, c'est le titre qui programme, guide et oriente la lecture. Il localise une lecture par rapport à l'autre, ouvre le texte, l'identifie et le désigne. C'est la partie la plus vue dans un texte ou dans une œuvre, donc la plus lue. Le titre est le « nom » du livre, il sert à le nommer. De ce fait, on peut distinguer plusieurs types de titres, qui attirent l'attention du lecteur, d'autres qui seront refusés par le lecteur et d'autres qui lui font peur...etc.
Il y a plusieurs types de titres: le titre thématique, le titre mixte, le titre ambigu et le titre rhématique, pour Vincent Jouve, le titre remplit trois fonctions essentielles qui en font un élément paratextuel de grande importance :
- La fonction d’identification : le titre sert à désigner l’œuvre, c’est-à-dire le nommer, selon Vincent Jouve, le titre se présente comme une carte d’identité de l’œuvre.
- La fonction descriptive : le titre fournit et donne des informations sur le contenu et même sur la forme de texte.
- La fonction séductive : le titre vise à mettre en valeur l'ouvrage et a pour but aussi de séduire plusieurs attentions chez le lecteur et accrocher son regard.
Nous avons constaté que le titre de notre corpus Nulle autre voix est un titre incomplet, car il y a un mot qui manque qui est le mot « de femme ». Le titre Nulle
1
https://fr.wikipedia.org/wiki/Quatri%C3%A8me_de_couverture
2
autre voix a deux fonctions l'une séductive et l'autre descriptive car il explique très bien
le contenu de l’œuvre, l’histoire d'une femme criminelle. C’est en effet un titre thématique plus exactement : parce qu’il désigne l’évènement du texte. Il laisse le lecteur ( plus précisément la catégorie de la femme) vivre la même situation et ressentir les mêmes sentiments que l'écrivaine autant qu'une femme. Nous signalons que l'auteure de cette histoire met le lecteur dans un cadre limité et particulier, celui qui marque la rencontre du silence « nulle » et de la parole « voix » mais parfois l’adjectif « nulle » désigne le manque de la valeur, aussi peut indiquer le niveau de quelqu’un ou de quelque chose mais dans notre cas « nulle part » désigne la non-existence de la voix . Le cadre est celui du silence .
Et en faisant référence à notre histoire, nous comprenons que le thème principal est le silence. A travers le décodage et l’analyse du titre nous voyons qu’il y a toute une opposition entre le premier adjectif « nulle » qui indique qu'il n' ya aucune voix et le deuxième adjectif qui le suit directement « autre » qui trouve une négation et une interdiction de l'apparition d'une autre voix . Maissa Bey raconte l'histoire d'une femme après et avant sa réclusion criminelle.
2.5. Appel à Marguerite Duras :
« L'épigraphe est une pensée, sentence placée en tête d'un ouvrage, d'un chapitre pour en résumer l'esprit »1
« Dans une épigraphe, l'essentiel bien souvent n'est pas ce qu'elle dit, mais l'identité de son auteur, et l'effet de caution indirecte que sa présence détermine à l'orée d'un texte – caution moins coûteuse en général que celle d'une préface, et même que d'une dédicace, puisqu'on peut l'obtenir sans en solliciter l'autorisation. »2
L'épigraphe, est une phrase en prose ou en vers placée en tête d'un livre, d'un ouvrage ou d'un chapitre, pour en annoncer ou résumer le contenu, ou pour éclairer les intentions de l'auteur. Et dans notre cas, c'est une citation d'un autre auteur.
L'épigraphe, c’est une courte citation, mise en haut d’un texte ou d’un ouvrage. Elle est présentée aux lecteurs comme un élément très important et essentiel du paratexte, parce qu'elle est utile pour comprendre l’intention et le but de l’auteur.
1
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais
2
L'épigraphe donne aussi une idée sur le message que veut transmettre l'auteur à travers son livre.
Le roman Nulle autre voix contient une épigraphe, qui se présente comme une citation de Marguerite Duras, elle est une manière brillamment succincte de présenter l'idée que incarne l'auteure dans ce roman. A travers cette citation, Maissa Bey donne son opinion privée, partage la même réflexion que Marguerite, elle prévient et communique ses idées aux lecteurs. L'épigraphe de ce roman est une partie qui englobe une idée principale de ce texte, qui est l'écriture comme acte libérateur des histoires terribles qui ne s'avouent jamais ( les histoires silencieuses ). Dans cette épigraphe, l’auteure étale bien la raison de l’existence de ce roman.
Dans l'épigraphe de Nulle autre voix, le nom de l’auteure « Maissa Bey » est absent, il est remplacé par le nom de Marguerite Duras avec un extrait de son livre
Emily. L, l’écrivaine donne des indices sur le contenu du roman, elle démasque l’idée
principale de l’œuvre, la vie sociale dans la société algérienne . Maissa Bey dans son roman joue le rôle de porte paroles des femmes algériennes silencieuses, qui ont été privées de tous leurs droits. A travers cet élément paratextuel, l'écrivaine donne le sens ou bien l'objectif caché de cette histoire, essaie de sensibiliser les femmes de faire extraire leurs sentiments qu'ils se soient de haine ou d'amour par l'écriture ou par la voix pour ne pas commettre des actes irréparables comme l'exemple de l'histoire Nulle
autre voix : une femme a tué son mari . Elle a mis beaucoup de preuves pour appuyer
l'idée. Pour cette raison, l’auteure a choisi cette histoire.
2.6. La grâce des enfants :
« Hommage qu'un auteur fait de son œuvre à quelqu'un en la lui dédiant par une mention imprimée en tête du livre. »1
« Formule qu'une personnalité (en particulier un artiste, un auteur) écrit sur une photo, un ouvrage qu'elle offre à des admirateurs. »2
La dédicace : est une phrase ou plusieurs phrases écrites en prose qui se placent juste après le titre et le nom de l'auteur, des phrases écrites en italique destinées à d'autres personnes.
A Leila, Sarah, Yanelle et Riadh, mes enfants de cœur.
1
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais 2 Ibid
Dans cette dédicace placée juste après la page du titre et du nom de l'auteure, écrite au milieu de la page, l'écrivaine dédie cet ouvrage à ces quatre chers enfants qui les aime et apprécie beaucoup.
Les enfants sont une Grâce de Dieu, le fait d'avoir même un seul enfant, c'est un trésor .
Cette dédicace fait signe au cas de cette femme criminelle qui n'a pas d'enfant. Elle a toujours souhaité avoir des enfants plus précisément une fille, elle l'aurait donné le prénom de Nada parce qu'il est très léger sur la bouche. Malheureusement, elle est une femme stérile qui ne peut pas avoir d'enfants.
2.7. Le prologue :
« Ce qui prépare, annonce quelque chose, prélude, préliminaire.»1 « Petite pièce qui précède et introduit la pièce proprement dite »2
Une partie du roman très importante, placée au début du roman, elle suit directement la page de l'épigraphe avec un titre en haut de la page écrit toute en majuscule.
Le prologue commence de la page ( 11 jusqu'à la page 35 ) : l'auteure a rédigé un résumé de l'histoire en le mettant au début du livre pour l'introduire. Cela résume et donne le plus essentiel, elle parle de l'acte qu'elle a commis, de l'écrivaine venue chez elle en voulant écrire l'histoire de la dé-nommée.
Après avoir étudié le paratexte du roman, nous avons constaté que cette partie du roman qui se réalise dans quelques feuilles, peut avoir de différentes interprétations, cela se fait selon chaque lecteur, chacun a ses propres pensées et ses réflexions. Mais le plus important c'est que ces éléments paratextuels aident les lecteurs à comprendre le contenu du roman dès le premier coup d'œil et déclenchent la curiosité surtout étant mystérieux.
1
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais 2 Ibid