Feuille d’exercices du Chap. 6
Les exercices sans(∗)sont des applications directes du cours. Les exercices marqu´es(∗)sont un peu plus difficiles, mais quelques exercices de ce genre pourront aussi figurer dans les ´evaluations.
Exercice 1 (question de cours). Montrer que toute forme quadratique d´efinie positive surRn est non d´eg´en´er´ee. La r´eciproque est-elle vraie ?
Exercice 2 (tr`es classique). Soit n ∈ N∗ et soient x1, . . . , xn ∈ R. En utilisant l’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz dans Rn muni du produit scalaire standard, montrer que (x1+· · ·+xn)2 ≤ n(x21+· · ·+x2n). Dans quel cas a-t-on l’´egalit´e ?
Exercice 3(CC 2010–11). En utilisant l’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz dansR5 muni du produit scalaire standard, montrer que pour tousx1, . . . , x5∈R, on a
|x1+ 2x2+ 3x√3+ 4x4+ 5x5|
55 ≤
q
x21+· · ·+x25. Dans quel cas a-t-on l’´egalit´e ?
Exercice 4 (CC 2009–10). 1) Soient x, y, z ∈R tels quex2+y2+z2 ≤ 1. Montrer que(x+ 2y+ 5z)2≤30; dans quel cas a-t-on(x+ 2y+ 5z)2= 30?
2) Soientx, y, z∈Rtels quex2+ 2y2+ 5z2≤1. Montrer que(x+y+z)2≤17/10; dans quel cas a-t-on(x+y+z)2= 17/10?
Exercice 5 (∗). Soient a < b dans R et soit E = C([a, b],R) l’espace des fonctions continues f : [a, b]→R. Pour toutf ∈E, montrer que
Z b a
|f(t)|dt2
≤(b−a) Z b
a
f(t)2dt .
Pour quelles fonctions a-t-on l’´egalit´e ? Indication : remarquer que|f(t)|2=f(t)2.
Exercice 6 (CC 2011-12). SoitV leR-espace vectoriel des fonctions continuesf : [0,1]→R, muni du produit scalaire d´efini par
(f |g) = Z 1
0
f(t)g(t)dt.
On notekfk=p
(f |f) la norme euclidienne associ´ee. Soite0 ∈V la fonction constante1 et, pour toutp∈N×, soitep∈V la fonctiont7→√
2 cos(2πpt). On admet que :
(∗) ∀p, q∈N, (ep|eq) =
(1 sip=q, 0 sinon.
Soitf ∈V. Pourq, n∈N, on posecq(f) = (eq |f)puisSn(f) =
n
X
q=0
cq(f)eqetRn(f) =f−Sn(f).
1) Pour toutn∈N, montrer que(ep|Rn(f)) = 0pour toutp= 0,1, . . . , n.
2) En utilisant le th´eor`eme de Pythagore, montrer que pour toutn∈N, on a
n
X
p=0
cp(f)2≤ kfk2= Z 1
0
f2(t)dt.
3) (bonus) En utilisant l’´egalit´ecos(θ) cos(ϕ) = 1
2 cos(θ+ϕ) + cos(θ−ϕ)
, d´emontrer la formule (∗).
Exercice 7(CC 2010–11). SoitA=1 3
−7 4 −4
4 5 −2
−4 −2 5
∈M3(R).
1. Citer un th´eor`eme du cours assurant queAest diagonalisable.
2. D´eterminer les valeurs propres deA(pour calculerPA(X), on pourra faire des op´erations sur les colonnes pour faire apparaˆıtre au moins un z´ero), puis une base orthonorm´eeC de R3form´ee de vecteurs propres deA.
3. En d´eduire la signature de la forme quadratiqueQ(x, y, z) = −7x2+ 8xy−8xz+ 5y2− 4yz+ 5z2.
Exercice 8. Diagonaliser dans une base orthonorm´ee deR3 les matrices suivantes : A=
2 −4 2
−4 2 2
2 2 5
, B =
1 0 −1
0 1 √
2
−1 √ 2 −1
.
Exercice 9 (tr`es classique). Soit A ∈ Mn(R) (n ≥ 2) la matrice sym´etrique dont tous les
coefficients sont1, sauf les coefficients diagonaux qui sont nuls :A=
0 1 · · · 1 1 . .. ... ...
... . .. ... 1 1 · · · 1 0
.
1. D´eterminer les valeurs propres de A (cf. Feuille n◦2), puis en d´eduire la signature et le rang de la forme quadratique surRn : q(x1, . . . , xn) =X
i<j
2xixj.
2. Plus g´en´eralement, d´eterminer en fonction dea∈Rla signature de la forme quadratique surRn :
Qa(x1, . . . , xn) =a(
n
X
i=1
x2i) +X
i<j
2xixj.
Exercice 10(Exam 8/6/2012). Soitn∈N× et soitB= (e1, . . . , e2n)la base canonique deR2n. On note V1 (resp. V2) le sous-espace vectoriel engendr´e par la famille C1 = (e1, . . . , en) (resp.
C2= (en+1, . . . , e2n)), de sorte que R2n =V1⊕V2.
1. SoientS1, S2∈Mn(R)deux matrices sym´etriques r´eelles etSla matrice diagonale par blocs S1 0
0 S2
∈ M2n(R). Pouri = 1,2, soit φi la forme bilin´eaire sym´etrique sur Vi telle queMatCi(φi) =Si, et soitφla forme bilin´eaire sym´etrique surR2ntelle queMatB(φ) =S.
On note(pi, qi)la signature deφi pouri= 1,2; exprimer la signature deφen fonction de p1, p2, q1, q2. (Indication : pouri= 1,2, consid´erer une baseDi deVi telle queMatDi(φi) soit diagonale.)
2. SoitJ =Jn ∈Mn(R)la matrice dont tous les coefficients valent1. D´eterminer les valeurs propres et espaces propres deJ et montrer queJ est diagonalisable.
3. On fixeλ, µ∈Rtels queλ <0< µ. Soitqla forme quadratique surR2n d´efinie par : q(x1, . . . , x2n) =
n
X
i=1
(1 +λ)x2i + X
1≤i<j≤n
2xixj+
2n
X
i=n+1
(1 +µ)x2i + X
n+1≤i<j≤2n
2xixj
et soitφsa forme polaire. ´Ecrire la matriceA= MatB(φ).
4. En utilisant les questions pr´ec´edentes, d´eterminer en fonction des valeurs de λ et µ la signature deq. (On indiquera en particulier dans quel casqest d´eg´en´er´ee.)
Exercice 11 (Exam 29/6/2012). 1. Soientα, β∈Ret soitA∈Mp(R)une matrice diagona- lisable. Montrer queαA+βIpest diagonalisable et exprimer ses valeurs propres en fonction des valeurs propresλ1, . . . , λp deA.
2. Soientn∈N×,B= (e1, . . . , e2n)la base canonique deR2n,qla forme quadratique surR2n d´efinie par :
q(x1, . . . , x2n) = 2(x1xn+1+x2xn+2+· · ·+xnx2n) =
n
X
i=1
2xixn+i,
et soitφla forme polaire deq. ´Ecrire la matriceA= MatB(φ).
3. On suppose dans cette question que n= 1. ´Ecrire dans ce cas la matriceA et d´eterminer ses valeurs propres et une base orthonorm´ee(f, g)de vecteurs propres.
4. On revient au cas n arbitraire. Soit u l’endomorphisme de R2n associ´e `a A et, pour i = 1, . . . , n, soitPi le plan deR2n engendr´e pareieten+i. Montrer quePi est stable paruet, en utilisant la question pr´ec´edente, construire une base orthonorm´ee(fi, gi)dePiform´ee de vecteurs propres deA. Puis ´ecrire la matrice deudans la baseC= (f1, . . . , fn, g1, . . . , gn) deR2net d´eterminer ainsi les valeurs propresλ1, . . . , λ2ndeA(compt´ees avec multiplicit´e).
5. Soient α, β∈R, avecα >0, soit Qla forme quadratique surR2n d´efinie par : Q(x1, . . . , x2n) =
2n
X
i=1
β x2i+α q(x1, . . . , x2n) =
2n
X
i=1
β x2i+2α(x1xn+1+x2xn+2+· · ·+xnx2n),
et soitψsa forme polaire. ´Ecrire la matriceB= MatB(ψ).
6. En utilisant la question 1), d´eterminer en fonction des valeurs de β la signature de Q(on rappelle queα >0). On indiquera en particulier dans quels casQest d´eg´en´er´ee.
Exercice 12 (Partiel 9/4/10). On munitR2du produit scalaire usuel :(x|y) =x1y1+x2y2si x=
x1
x2
ety=
y1
y2
, et on noteB0= (e1, e2)la base canonique.
1. SoientDla droite deR2d’´equationx1+ 2x2= 0etsDla sym´etrie orthogonale par rapport
`aD. Donner une base orthonorm´eeB= (f1, f2)deR2 telle quef1∈D et ´ecrire la matrice B = MatB(sD). Puis, en utilisant la matrice de passage P = MatB0(B), d´eterminer la matriceAdesDdans la base canonique.
2. Soit n un vecteur non nul orthogonal `a D. Citer une formule du cours exprimant, pour x∈R2 arbitraire,sD(x)en fonction dexet den, puis en appliquant cette formule `ae1 et e2, calculer directementA= MatB0(sD).
3. SoitA= 1 2
q
2 +√ 2 −
q 2−√
2 q
2−√ 2
q 2 +√
2
. Montrer queA∈SO(2)et calculerA2. En d´eduire les caract´eristiques g´eom´etriques deA.
4. Soient (p, q) ∈ Z2− {(0,0)} et soit B = 1 p2+q2
p2−q2 2pq 2pq q2−p2
∈ M2(R). Montrer queB∈O(2) et d´eterminer ses caract´eristiques g´eom´etriques.
Exercice 13 (CC 2010–11). On munit E = R3 du produit scalaire standard ( | ) et de la norme euclidienne associ´ee kxk = p
(x|x). Soit B0 = (e1, e2, e3) la base canonique et soit E∗= HomR(E,R)l’espace dual. Pour toutx∈E, soitφx∈E∗ l’applicationw7→(x|w).
1. Montrer que l’applicationθ:E→E∗,x7→φxest lin´eaire et bijective.
2. Pour toutu, v∈E, montrer qu’il existe un unique vecteurf(u, v)∈Etel qued´etB0(u, v, w)
= (f(u, v)|w)pour toutw∈E. On notef(u, v) =u∧v et on l’appelle le produit vectoriel deuet v.
3. ´Ecrivantu=
u1
u2
u3
,v=
v1
v2
v3
et prenant w=e1, puisw=e2 et w=e3, d´eterminer les coordonn´ees(f1, f2, f3)deu∧v dans la baseB0.
4. Montrer que l’applicationE×E →E,(u, v)7→u∧v est bilin´eaire, et qu’elle est altern´ee (i.e.u∧u= 0pour toutu∈E).
5. Soientu, v, w∈E. Pour toute base orthonorm´ee directeBdeE, montrer qued´etB(u, v, w) = d´etB0(u, v, w).
6. Soientu, v∈E deux vecteurs unitaires orthogonaux et soitp∈E l’unique vecteur tel que B= (u, v, p) soit une base orthonorm´ee directe deE. En utilisant la question pr´ec´edente montrer que, pour toutw∈E, on a(u∧v|w) = (p|w). Que peut-on en conclure ? 7. Soit A =
u1 v1 t1
u2 v2 t2
u3 v3 t3
∈ O(3) et soient C1, C2, C3 les colonnes de A. D´eduire de la question pr´ec´edente queA∈SO(3)⇔C3=C1∧C2, et donc aussi queA∈O−(3)⇔C3=
−C1∧C2. (Remarque : On a doncC3= d´et(A)C1∧C2.)
Si par exemplet36= 0, en d´eduire, en utilisant la formule explicite pourC1∧C2 obtenue en 3, queA∈SO(3)⇔u1v2−u2v1=t3 (et doncA∈O−(3)⇔u1v2−u2v1=−t3).
8. Soient x, y ∈ E deux vecteurs lin´eairement ind´ependants, et soient r =kxk et r′ =kyk. SoitP le plan engendr´e par xet y, soit(u, v)une base orthonorm´ee de P, o`uu= 1
rxet soitθl’unique ´el´ement deR/2πZtel quey=r′(cos(θ)u+ sin(θ)v). Montrer quekx∧yk= rr′|sin(θ)|.Indication : Utiliser la question 4 pour exprimerx∧y en fonction deu∧vpuis, notant B la base orthonorm´ee directe (u, v, u∧v), calculer d´etB(x, y, x∧y) et utiliser la question 5.
9. Montrer qu’une base orthonorm´ee C= (u, v, f) est directe si et seulement si la baseD= (f, u, v)est directe.
10. Soient f ∈ E un vecteur unitaire et P le plan orthogonal `a f. Soient a, b ∈ R tels que a2+b2 = 1 et soit θ l’unique ´el´ement de R/2πZ tel quecosθ=a et sinθ =b. SoitR la rotation d’axeRf orient´e parf et d’angleθ. Montrer que :
(∗) ∀y∈P, R(y) =a y+b f∧y,
(siy= 0c’est clair, et siy6= 0´ecrirey=r uavecuunitaire etr=kyk), puis que : (∗∗) ∀x∈E, R(x) = (x|f)f +a π(x) +b f∧π(x) = (x|f)f+a π(x) +b f∧x, o`uπ(x) =x−(x|f)f est la projection orthogonale dexsurP. Enfin, sif =
p q t
, ´ecrire
MatB0(R)sous la formeaI3+ (1−a)S+bA, pour deux matricesS, A `a d´eterminer.
Exercice 14. 1. Montrer que les matrices suivantes sont orthogonales : A= 1
3
1 −2 −2
−2 1 −2
−2 −2 1
, B=1 3
1 −2 2
−2 1 2
−2 −2 −1
,
C=1 3
1 2 2
−2 −1 2
−2 2 −1
, D =1 3
−1 2 2 2 −1 2
2 2 −1
.
2. Soit B0 = (e1, e2, e3) la base canonique de R3. Pour chacune des matrices de 1., d´ecrire g´eom´etriquement l’isom´etrie deR3 correspondante.
Exercice 15. Soient(|)le produit scalaire usuel surR3,B0= (e1, e2, e3)la base canonique de R3,P le plan d’´equation x+y+z= 0 etσla sym´etrie orthogonale par rapport `aP.
Citer une formule du cours exprimantσ(x)en fonction de x et de n, o`u n est un vecteur 6= 0 orthogonal `aP, puis en appliquant cette formule `ae1, e2, e3, calculerMatB0(σ).
Exercice 16. Appliquer la m´ethode d’orthonormalisation de Gram-Schmidt dans les cas sui- vants :
1. v1=
1 2
−2
,v2=
0
−1 2
,v3=
−1 3 1
dansR3muni du produit scalaire usuel.
2. P= 1,Q=X,R=X2 dansR[X]muni du produit scalairehf, gi= Z 1
0
f(t)g(t)dt.
Exercice 17(Exam 29/6/2012).On admet que, pour toutB∈Mn(R), on aexp(tB) =texp(B).
On noteAn(R)le sous-espace vectoriel deMn(R)form´e des matricesAqui sont antisym´etriques (i.e.tA=−A).
1. SoitA∈ An(R). Montrer, en le justifiant soigneusement, queexp(A)∈O(n).
2. SoitA∈ An(R). On admet que la fonctionφ:R→R,t7→d´et(exp(tA))est continue. En utilisant ceci, montrer queexp(A)∈SO(n).
3. Soit A =
0 −1 0
1 0 0
0 0 0
∈ M3(C) et soit u l’endomorphisme de C3 d´efini par A. Soit (e1, e2, e3)la base canonique deC3. D´eterminer les valeurs propres deA et une baseC de C3form´ee de vecteurs propres deA, puis ´ecrire les matricesA′= MatC(u)etP = MatB(C).
4. Calculer P−1 puis, en utilisant que P−1exp(tA)P = exp(tA′) pour tout t ∈ R, calculer exp(tA)et montrer que c’est la matrice d’une rotation que l’on pr´ecisera.